Ruapehu (Nouvelle Zélande / New Zealand)

Lors d’une visite à la zone sommitale du Ruapehu le 23 novembre 2017, les scientifiques de GeoNet ont pu mesurer les émissions de dioxyde de carbone qui atteignaient 2 290 tonnes par jour, l’une des valeurs les plus hautes enregistrées ces dernières années. La température du lac était de 37°C, vers le haut de la fourchette de température habituelle.
Le tremor volcanique reste à des niveaux modérés.
Le beau temps qui régnait sur le volcan a également permis de prélever des échantillons d’eau dans le cratère ; les analyses sont en cours.
Bien que les émissions de gaz et les températures soient plutôt élevées en ce moment, le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 1. En effet, ce genre de situation apparaît périodiquement et les scientifiques de GeoNet pensent que l’on devrait rapidement observer un retour à la normale.

Source: Manawatu Evening Standard.

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During a visit to Mr Ruapehu’s summit area on November 23rd, 2017, GeoNet scientists could measure carbon dioxide emissions which reached 2,290 tonnes per day, one of the largest values recorded in recent years. The lake temperature was 37°C, near the top of its usual range.

The volcanic seismic tremor remains at moderate levels.

The fine weather also allowed for water samples to be taken from the crater, and analysis of those was underway.

Although gas emissions and temperatures are rather high at the moment, the volcanic alert level is kept at 1. This kind of situation appears periodically and GeoNet scientists think the volcano should settle down shortly.

Source: Manawatu Evening Standard.

Lac de cratère du Ruapehu (Photo: C. Grandpey)

Le magma du Kilauea (Hawaii) // Kilauea’s magma (Hawaii)

A Hawaii où on a affaire à un point chaud de l’écorce terrestre, le magma en provenance du manteau atteint les « racines » du Kilauea à une température d’environ 1500°C. A partir de là, le magma se fraye un chemin vers une première chambre magmatique qui se trouve à environ 3,5 km sous le sommet du volcan. Ce trajet prend environ 8 ans, si l’on en croit une étude publiée récemment sur la chimie du magma du Kilauea.
Au moment où le magma atteint la chambre sommitale du Kilauea, il s’est considérablement refroidi. Les échantillons prélevés dans le lac de lave de l’Halema’uma’u, superbe fenêtre dans la chambre magmatique sommitale, indiquent que la température dans cette chambre est de l’ordre de 1200°C.
Si la lave atteint 1200°C au sommet du Kilauea, cela signifie que l’éruption a vraisemblablement pris sa source directement dans la chambre sommitale ou dans des zones encore plus profondes à l’intérieur du volcan.
Des températures d’émission plus basses peuvent résulter d’une phase d’étape dans l’ascension du magma, de son refroidissement et de sa transformation au fur et à mesure qu’il sort de la chambre sommitale et qu’il emprunte le système d’alimentation peu profond du volcan. [NDLR: Cela me rappelle les « magmas TGV  » en provenance directe du manteau et les « magmas omnibus » qui s’arrêtent en cours de route, chers au regretté Alain de Goër].
Par exemple, avant d’arriver dans le cratère du Pu’uO’o, le magma a effectué un parcours sous terre depuis le sommet du Kilauea et le long de l’East Rift Zone sur une distance d’environ 19 kilomètres. Pendant ce voyage, il se mélange avec du magma à moins haute température qui est stocké dans des poches le long de cette ligne de fracture. Au bout du compte, les échantillons de lave prélevés au niveau du Pu’uO’o indiquent actuellement une température d’environ 1150°C, soit une cinquantaine de degrés de moins que le magma qui se trouve dans la chambre sommitale du volcan.
Un passage de 1200 à 1150°C peut sembler négligeable. En réalité, le magma subit des changements importants au cours de cette baisse mineure de la température. À 1200°C, le magma dans la chambre sommitale est déjà suffisamment refroidi pour commencer à cristalliser un peu. À ce stade, il s’agit d’un mélange de magma liquide et de petites quantités d’olivine et de spinelle, des minéraux que l’on observe à haute température. Au moment où le magma atteint le Pu’uo’o, il s’est refroidi et cristallisé encore davantage et il s’y ajoute du pyroxène et du plagioclase, minéraux qui apparaissent à des températures légèrement plus basses.
Donc, pour résumer la situation, sur le Kilauea le magma peut avoir des températures allant de 1200°C à 1000°C. La première température fait référence à la roche fondue dans la chambre magmatique sommitale du volcan, tandis que la deuxième température révèle une roche solidifiée, mais encore très chaude. Le long de l’East Rift Zone, où le magma circule sous terre depuis le sommet jusqu’au Pu’uO’o, les températures oscillent autour de 1150°C.
Source: USGS / HVO.

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At Hawaii, a hotspot in the Earth’s crust, magma rises from the Earth’s mantle, into the roots of Kilauea, at temperatures of around 1500°C. From there, the magma eventually makes its way to a primary storage chamber that’s about 3.5 km beneath the summit of the volcano, a trip that takes about 8 years, according to a recently published study on Kilauea’s magma chemistry.

By the time magma reaches Kilauea’s summit storage chamber, it has cooled considerably. Samples collected from the lava lake within Halema‘uma‘u, which is a window into the summit storage chamber, indicate that temperatures within the chamber are around 1200°C.

If the lava erupted at the summit of Kilauea is 1200°C, this means the eruption likely tapped directly into the summit magma storage chamber or regions even deeper within the volcano.

Lower eruption temperatures can result from magma stalling, cooling, and mixing as it moves out of the summit storage chamber and through the volcano’s shallow plumbing system.

For example, at the Pu’uO’o vent, magma has been transported underground from Kilauea’s summit and through the East Rift Zone, a distance of about 19 kilometres. During this trip, it mixes with cooler magma stored in pockets along the rift. The result is that lava samples collected at the Pu’uO’o vent now indicate magma temperature of about 1150°C, roughly 50 degrees Celsius cooler than magma in the volcano’s summit storage chamber.

A drop from 1200 to 1150°C may seem small. However, a significant amount of change to the magma occurs during that minor decrease in temperature. At 1200°C, magma in the summit storage chamber has already cooled enough to crystallize a bit. At that point, it is a mixture of liquid magma and minor amounts of olivine and spinel, high-temperature mineral crystals. But, by the time the magma reaches Pu’uo’o, it has cooled and crystalized even further, adding pyroxene and plagioclase, slightly lower temperature mineral crystals, to the mix.

So, to put it in a nutshell, within Kilauea Volcano, magma can have temperatures from around 1200°C down to about 1000°C. The former temperature is indicative of molten rock within the summit storage chamber, and the latter temperature suggests solidified, but still very hot rock. On Kilauea Volcano’s East Rift Zone, where magma is being steadily transported underground from the summit to Pu’uO’o, temperatures hover around 1150°C.

Source : USGS / HVO.

Le magma entre le sommet du Kilauea et l’East Rift Zone (Source: USGS / HVO)

Le lac de lave de l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS / HVO)

Lac de lave dans le Pu’uO’o en 2007 (Photo: C. Grandpey)

Popocatepetl (Mexique / Mexico)

Les événements explosifs plus ou moins violents sont relativement fréquents sur le Popocatepetl. Cependant, l’explosion qui s’est produite le 23 novembre 2017, a été la plus forte depuis 2013. Des retombées de cendre ont été signalées dans les localités proches du volcan, principalement au sud et au sud-est.
L’éruption a commencé à 14h13 (heure locale), avec un panache de cendre qui s’est élevé à environ 1 800 mètres au-dessus du cratère.
Il est conseillé aux personnes vivant près du volcan de couvrir leurs réserves d’eau, de porter des masques de protection et de ne pas laisser la cendre s’accumuler sur les toitures légères. En outre, les habitants et les touristes ne doivent pas s’approcher du volcan, en particulier près du cratère, en raison du risque permanent de projections.

Source : CENAPRED.

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We are used to seeing More or less violent explosive events on Popocatepetl. However, the explosion that occurred on November 23rd, 2017, was the strongest since 2013. Ashfall was reported in nearby communities, mainly to the south and southeast.

The eruption started at 14:13 (local time), producing a plume of ash that rose about 1 800 metres above the crater.

Residents living near the volcano are reminded to cover their water sources, wear protective masks and not let ash accumulate on light roofs. Besides, residents and tourists should not go near the volcano, especially near the crater due to hazard caused by ballistic fragments.

Source: CENAPRED.

Source: CENAPRED

Le plan d’évacuation en cas d’éruption de l’Öræfajökull (Islande) // The evacuation plan in case of an eruption of Öræfajökull

Comme je l’ai indiqué dans une note publiée le 22 novembre 2017, un plan d’évacuation concernant l’Öræfajökull a été diffusé par la Protection Civile islandaise suite à l’augmentation d’activité montrée par le volcan au cours des derniers jours.
Selon le plan, si les ordres d’évacuation sont émis en raison d’une éruption imminente du volcan, les habitants de la zone concernée sont invités à se diriger immédiatement vers les trois points de rassemblement, les plus proches: Svínafell 1, Hof 1 ou Hnappavellir 2 (voir carte ci-dessous) et ils doivent attendre de nouvelles instructions en restant à l’intérieur de leurs véhicules.
Si la cendre ou les tepra émis par le volcan commencent à tomber, les gens sont invités à se mettre à l’abri dans le bâtiment le plus proche et à suivre les nouvelles instructions qui seront diffusées. Le plan d’évacuation d’urgence est accessible en cliquant sur ce lien:
http://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2017/11/22/emergency_evacuation_plan_for_oraefajokull_volcano/

Les autorités islandaises rappellent à la population que le volcan Öræfajökull, dans le sud-est de l’Islande, est la plus haute montagne du pays, avec 2 110 mètres d’altitude. Le volcan est entré en éruption à deux reprises, en 1362 et 1727. Le volcan a récemment montré un regain d’activité avec une hausse de la sismicité et, plus tôt ce mois-ci, un affaissement d’un kilomètre de diamètre dans la calotte glaciaire au-dessus de la caldeira du volcan. À ce jour, il n’y a aucun signe d’éruption imminente. Suite à la dernière hausse d’activité, le volcan est surveillé très attentivement par les scientifiques et les autorités islandaises.
Source: Iceland Review.

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As I put it in a note released on November 22nd 2017, an evacuation plan for the Öræfajökull volcano has been published by the Department of Civil Protection in Iceland in light of increased activity in recent days.

According to the plan, if evacuation orders are issued due to imminent eruption in the volcano, people in the area are instructed to immediately gather at three assembly points, whichever is closest: Svínafell 1, Hof 1, or Hnappavellir 2 (see map below) and wait in their vehicles for further instructions.

If volcanic ash or volcanic tepra starts falling, people are instructed to seek shelter in the nearest building and follow further instructions when they are issued. You will see the detailed emergency evacuation plan by clicking on this link:

http://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2017/11/22/emergency_evacuation_plan_for_oraefajokull_volcano/

Icelandic authorities remind the population that Öræfajökull volcano in South-East Iceland is the country’s highest mountain, at 2,110 meters.. The volcano has erupted twice since Iceland was settled, in 1362 and 1727. The volcano has shown some signs of unrest recently, increased seismic activity, and earlier this month a new ice-cauldron measuring one kilometer in diameter formed in the glacial ice-cap over the volcano’s caldera. As of now there is no sign of imminent eruption. But in light of increased activity, the volcano is monitored closely by scientists and Icelandic authorities.

Source : Iceland Review.

Vue du plan d’évacuation dans l’éventualité d’une éruption de l’Öræfajökull (Source: Protection Civile islandaise)