Le pluie a-t-elle déclenché l’éruption du Kilauea (Hawaii) en 2018 ? // Did rain trigger the 2018 Kilauea eruption (Hawaii) ?

On peut lire sur le site de The Guardian un article particulièrement surprenant. Selon une nouvelle étude, l’éruption du Kilauea en 2018 à Hawaii aurait été déclenchée par les très fortes pluies qui se sont abattues sur l’archipel au cours des mois précédents. L’influence des précipitations ou de la fonte de la neige a été observée ponctuellement sur certains volcans comme l’Etna. En percolant, l’eau peut atteindre le magma de sorte que les éruptions peuvent parfois devenir phréato-magmatiques, donc plus explosives, en raison de l’interaction entre l’eau et la roche en fusion. Quant à provoquer une longue éruption comme celle du Kilauea, c’est une autre affaire!
S’agissant du Kilauea, les auteurs de l’étude pensent que le dérèglement climatique, en provoquant des conditions météorologiques extrêmes, peut entraîner une augmentation des éruptions dans le monde.
On se souvient que la dernière éruption du Kilauea a été spectaculaire, avec l’ouverture de fractures, des explosions et des effondrements sommitaux, sans oublier un séisme de magnitude M 6,9 qui a provoqué d’importants dégâts. Cependant, jusqu’à présent, les volcanologues n’avaient pas déterminé la raison pour laquelle l’éruption avait été si intense.
Les auteurs de l’étude expliquent que plusieurs mois de précipitations anormalement fortes ont précédé l’éruption, avec un record pour une période de 24 heures à l’échelle des Etats-Unis. Les scientifiques pensent que toute cette eau s’est probablement infiltrée dans les fissures et les pores des roches du volcan, jusqu’à 2,9 km de profondeur. Ils ont calculé que ce phénomène avait poussé la pression interstitielle à l’intérieur des roches à un niveau jamais observé depuis près de 50 ans. Les roches ont donc été fragilisées, ce qui a facilité l’ascension du magma vers la surface..
Les scientifiques ont également étudié les éruptions du Kilauea depuis 1790 et ont constaté que ces événements étaient deux fois plus susceptibles de se produire pendant la saison des pluies. Selon eux, ce n’est pas la pression exercée de bas en haut par le magma qui a déclenché l’éruption, car la surface de l’édifice volcanique s’est à peine déformée. [NDLR : l’absence d’inflation ou de déformation significative de l’édifice volcanique est probablement due à la présence d’un grand lac de lave dans le cratère de l’Halemau’uma’u, au sommet du Kilauea. Ce lac de lave, avec des variations de niveau, a contribué à atténuer la pression exercée par le magma sur l’ensemble du volcan, de sorte qu’il y a eu peu de déformation]. Les chercheurs ont également éliminé l’attraction gravitationnelle du soleil et de la lune, qui sont, selon eux, également susceptibles de déclencher des éruptions – même si [NDLR] cette influence extérieure n’a jamais été clairement prouvée.
Avec le changement climatique, les périodes prolongées de précipitations extrêmes devraient être de plus en plus fréquentes dans de nombreuses régions du monde, de sorte que de plus en plus de phénomènes volcaniques pourraient être déclenchés par les précipitations. Cependant, cette hypothèse doit être confirmée par l’observation d’un plus grand nombre d’éruptions.
Source: The Guardian.

Cette étude qui fait reposer le déclenchement de l’éruption du Kilauea en 2018 sur un excès de précipitations me laisse sur ma faim. Si l’on observe l’évolution du comportement du volcan au cours des dernières années, on se rend compte que la dernière éruption n’est pas forcément une surprise et qu’elle a très bien pu se déclencher sans l’aide de l’ouverture des vannes célestes. Si l’inflation n’a pas été significative dans les mois qui ont précédé l’éruption, elle était enregistrée par les tiltmètres depuis plusieurs années (voir la courbe ci-dessous) , avec une certaine accélération dans les semaines qui ont précédé la sortie de la lave dans l’East Rift Zone.. Les tracés montraient une croissance régulière qui trahissait clairement une accumulation progressive du magma sous l’édifice volcanique.

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Quite surprisingly, an article published in The Guardian explains that, according to a new study, the 2018 Kilauea eruption (Hawaii) was triggered by extreme rainfall in the preceding months. The influence of rainfall or snow melting has been occasionally observed on some volcanoes like Mount Etna. The percolating water may reach the magma so that the eruptions may at times become phreatomagmatic and more explosive because of the interaction between water and magma. But triggering a long eruption like Kilauea’s in 2018 needs to be proved.

As far as Kilauea is concerned, the authors of the study raise the possibility that climate breakdown, which is causing more extreme weather, could lead to an increase in eruptions around the world.

One can remember that the last eruption of Kilauea was dramatic with rifts opening, summit explosions and collapses, and an M 6.9 earthquake that caused heavy damage. However, up to now, volcanologists had not analysed what made the eruption so intense.

The researchers who published the study explain that several months of unusually high rainfall preceded the eruption, with one 24-hour period setting a record for the entire US. They think this flood of water probably percolated down into fissures and pores in the rocks of the volcano, as far as 2.9 km below the surface. The scientists calculated this pushed up the pore pressure inside the rocks to the highest level in almost 50 years, weakening them and allowing magma to push up from below.

The scientists also looked at eruptions of Kilauea since 1790 and found that these historical events were twice as likely to happen in the rainy season. They ruled out magma pressure from below triggering the eruption, because the surface had barely deformed. [Editors note: The lack of significant inflation and deformation of the volcanic edifice was probably due to the existence of a large lava lake in Halemau’uma’u Crater, at the summit of Kilauea. This pond of lava contributed to alleviating the pressure exerted by the magma on the whole volcano so that there was little deformation]. The researchers also eliminated the gravitational pull of the sun and moon, which are also said to trigger eruptions – even though this external influence has never been clearly proved (editor’s note). .

As climate continues to change, the occurrence of prolonged periods of extreme rainfall is predicted to increase in many parts of the world, increasing the potential for rainfall-triggered volcanic phenomena. However, this hypothesis needs to be confirmed by more observations of other eruptions.

Source: The Guardian.

This study, which bases the onset of the Kilauea eruption in 2018 on excess precipitation, is quite disconcerting. If we observe the evolution of the behaviour of the volcano in recent years, we realize that the last eruption is not necessarily a surprise and that it could very well have started without the help of the rain. Although inflation was not significant in the months before the eruption, it had been recorded by tiltmeters for several years, with an acceleration during the weeks that preceded the eruption in the East Rift Zone. The plots showed a regular increase which clearly betrayed a gradual accumulation of magma beneath the volcanic structure.

Image de l’éruption de 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

Exemple de l’inflation du Kilauea déjà présente en 2013 (Source: HVO)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité éruptive dans le monde

Un séisme de magnitude M 4,8 a été enregistré la partie nord-est de la caldeira du Bárðarbunga (Islande), sous la calotte glaciaire du Vatnajökull, le 20 avril 2020 à 3 h 54 ce matin. L’événement a été suivi de plusieurs répliques. Aucune activité volcanique n’a été détectée. Une secousse de magnitude M 4,5 avait déjà été enregistrée dans ce secteur le 5 janvier de cette année.
L’activité sismique s’est bien calmée ces derniers jours sur  la Péninsule de Reykjanes. La région reste toutefois sous contrôle étroit. On se souvient que l’on a observé récemment une activité sismique intense accompagnée d’une inflation. Les scientifiques islandais pensent que le phénomène a été provoqué par trois intrusions magmatiques sur la Péninsule de Reykjanes. Il semble que deux d’entre elles aient eu lieu à une profondeur de 3 à 4 km, au nord-ouest du Mont Þorbjörn, tandis que la troisième se serait produite à une profondeur de 8 à 13 km, sous le Mont Sýrfell plus à l’ouest. Le conditionnel est de rigueur car ces intrusions n’ont jamais été vraiment démontrées.
Source : IMO.

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Au Pérou, le niveau d’alerte volcanique est maintenu à la couleur Orange sur l’Ubinas et le Sabancaya. L’IGP précise que l’activité éruptive se maintient à un niveau bas sur l’Ubinas et à un niveau modéré sur le Sabancaya où l’on observe toujours quelques phases explosives.

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Comme je l’ai indiqué précédemment, l’activité éruptive reste intense en ce moment sur le Stromboli (Sicile), sans toutefois être exceptionnelle. Dans son dernier bulletin hebdomadaire, le Laboratorio Geofisico Sperimentale fait état de fortes explosions stromboliennes, avec une quinzaine d’événements chaque heure, localisées principalement dans le Cratère NE, tandis qu’un dégazage continu est observé dans la zone cratèrique Centre / Sud-ouest. Les émissions de SO2 et de CO2 restent stables sur des valeurs faibles. On observe parfois des débordements de lave qui génèrent des effondrements sur la Sciara del Fuoco.    .

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L’Etna (Sicile) a connu un bref épisode éruptif le 19 avril 2020 au matin. La webcam thermique a montré un épisode de fontaine de lave et un panache de cendre issu de la zone sommitale du volcan. Dans le même temps, le tremor montrait une hausse soudaine. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge à 07:24 (GMT) et ramenée à l’Orange à 12:26. L’événement avait pour siège le secteur du cratère sud-est, dans la « selle » entre l’ancien et le nouveau cratère SE. L’INGV indique que le panache de cendre s’est élevé à environ 5 km au-dessus du niveau de la mer avant de dériver vers l’est. De petites retombées ont été signalées à Zafferana Etnea.

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L’OVSICORI indique qu’une puissance explosion hydrothermale a été observée sur le Rincon de la Vieja (Costa Rica) le 19 avril 2020 à 10h16 (heure locale). Le nuage de vapeur et de cendre est monté jusqu’à environ 1500 mètres au-dessus du cratère.  L’événement a duré environ une minute. Des telles éruptions hydrothermales se produisent périodiquement sur le Rincon de la Vieja. Elles projettent de l’eau et des sédiments sur les hautes pentes du volcan.

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En raison d’une hausse de la sismicité depuis quelques jours, la couleur de l’alerte aérienne a été portée au Jaune pour le Lokon-Empung (Indonésie). Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Il est rappelé aux habitants et aux touristes de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 1,5 km.
Source: CVGHM.

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On observe toujours une belle activité éruptive sur le Semeru (Indonésie) avec la projection de matériaux incandescents au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est rappelé au public de rester en dehors du rayon de 1 km du sommet et de 4 km sur le flanc SSE.
Source: CVGHM.

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GeoNet indique qu’il n’y a eu aucun survol de White Island (Nouvelle-Zélande) au cours des trois dernières semaines. Les instruments sur l’île révèlent qu’il n’y a pas eu de changements significatifs dans les émissions de SO2, que la sismicité reste faible et que l’activité dans la zone des bouches actives semble ne pas avoir évolué depuis début mars. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Jaune. L’accès de l’île reste interdit aux touristes.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est Orange pour le Klyuchevskoy et le Sheveluch et Jaune pour le Bezymianny. Elle reste Orange pour l’Ebeko dans les Kuriles du Nord
Source: KVERT.

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Here is some news of eruptive activity around the world

An M 4.8 earthquake was recorded in the northeast part of the Bárðarbunga caldera (Iceland), under the Vatnajökull ice cap, on April 20th, 2020 at 3:54 am. The event was followed by several aftershocks. No volcanic activity was detected. An M 4.5 earthquake had already been recorded in this area on January 5th of this year.
Seismic activity has decreased in recent days on the Reykjanes Peninsula. However, the region is still closely monitored. One should not forget that an intense seismic activity was recorded recently, accompanied by inflation. Icelandic scientists believe the phenomenon was caused by three magmatic intrusions on the Reykjanes Peninsula. Two of them seem to have taken place at a depth of 3 to 4 km, north-west of Mount Þorbjörn, while the third one probably occurred at a depth of 8 to 13 km, under Mount Sýrfell, further west. The conditional is essential because these intrusions have never been really demonstrated.
Source: IMO.

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In Peru, the volcanic alert level is kept at Orange on both Ubinas and Sabancaya. IGP specifies eruptive activity is at a low level on Ubinas and moderate on Sabancaya where there are still some explosive episodes.

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As I put it before, eruptive activity remains intense on Stromboli (Sicily), even if it is not exceptional. In its last weekly bulletin, the Laboratorio Geofisico Sperimentale reports strong strombolian explosions, with around fifteen events per hour, located mainly in the NE Crater, while continuous degassing is observed in the Central / Southwest crater area . SO2 and CO2 emissions remain stable at low values. There are sometimes lava overflows which generate block collapses on the Sciara del Fuoco. .

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Mt Etna (Sicily) went through a short eruptive episode on April 19th, 2020 in the morning. The thermal webcam showed an episode of lava fountain and an ash plume rising from the summit area of ​​the volcano. At the same time, the tremor showed a sudden increase. The aviation color code was raised to Red at 07:24 (GMT) and was lowered to Orange at 12:26. The event was located in the Southeast crater area, in the « saddle » between the old and the new SE crater. INGV reported that the ash plume rose approximately 5 km above sea level before drifting east. Minor ashfall was reported in Zafferana Etnea.

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OVSICORI informs us that a strong hydrothermal explosion took place at Rincon de la Vieja (Costa Rica) at 10:16 (local time) on April 19th, 2020. A steam and ash plume rose about 1500 m above the crater. The eruption lasted approximately 1 minute.

Hydrothermal explosions periodically occur at the volcano  They usually eject water and sediment onto the upper flanks of the volcano.

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Because of an increased number of volcanic earthquakes over a few days the Aviation Color Code was raised to Yellow for Lokon-Empung (Indonesia). The volcano Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4). Residents and tourists are reminded not to approach the crater within a radius of 1.5 km.

Source: CVGHM.

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Eruptive activity is still observed on Semeru (Indonesia) with incandescent material ejected above the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay outside the 1-km radius from the summit and 4 km on the SSE flank.

Source: CVGHM.

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GeoNet indicates that there have been no overflights of White Island (New Zealand) during the past three weeks. The instruments on the island reveal there were no significant changes in SO2 emissions, that seismicity remains low, and that the active vents area appear unchanged since early March. The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Color Code remains at Yellow. Tourist visits to the island are prohibited.

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In Kamchatka the Aviation Color Code is Orange for Klyuchevskoy and Sheveluch and Yellow for Bezymianny. It is Orange for Ebeko in the Northern Kuriles

Source: KVERT.

Klyuchevskoy (Kamchatka)

Le KVERT indique qu’une éruption explosive modérée est en cours sur le Klyuchevskoy (Kamchatka). Le 18 avril 2020, une coulée de lave a été observée sur le flanc sud-est du volcan. Le panache de cendre s’étendait sur une centaine de kilomètres vers le NE du volcan et s’élevait à 5,5 km au-dessus du niveau de la mer.
Comme d’habitude, le KVERT prévient que l’activité du Klyuchevskoy peut perturber le trafic aérien.
La couleur de l’alerte aérienne reste Orange

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KVERT indicates that a moderate explosive eruption is under way at Klyuchevskoy (Kamchatka). On April 18th, 2020, a lava flow was observed on the southeastern flank of the volcano. An ash plume was extending about 100 km to the NE of the volcano and rising up to 5.5 km above sea level.

As usual, KVERT warns that Klyuchevskoy’s ongoing activity could disturb air traffic.

The Aviation Color Code remains Orange

Episode éruptif sur le Klyuchevskoy le 18 avril 2020 (Crédit photo : KVERT)

Coulée de lave sur le flanc SE du Klyuchevskoy sue par le satellite Copernicus EU/Sentinel-2 le 19 avril 2020. .

Il y a 10 ans, l’Eyjafjallajökull… // Ten years ago, Eyjafjallajökull…

Aujourd’hui, les avions sont cloués au sol à cause de la pandémie de COVID-19. Il y a dix ans à la même époque, ils ne pouvaient pas voler à cause d’une éruption volcanique. Elle s’est produite sous Eyjafjallajökull, un glacier qui recouvre un volcan – l’Eyjafjöl – dans le sud de l’Islande. Avant cela, le 20 mars; 2010, une activité éruptive avait commencé à proximité, dans le Fimmvörðuháls, entre les glaciers Eyjafjallajökull et Mýrdalsjökull. L’éruption sous l’Eyjafjallajökull s’est poursuivie jusqu’au 22 mai et a connu un succès planétaire.
Pendant des jours, tout le trafic aérien en Europe a été réduit à néant, avec des milliers de passagers en perdition. Après l’événement, des promesses ont été faites concernant le contrôle de la cendre dans le ciel afin d’éviter que se reproduise un tel chaos. Plusieurs expériences ont même été réalisées ; certains systèmes ‘renifleurs de cendre’ ont été testés sur certains avions, mais aujourd’hui la situation ne s’est guère améliorée et elle reste plus ou moins au point mort. Si une nouvelle éruption du même type que celle de 2010 se produit en Islande, le problème sera le même pour les compagnies aériennes. Lorsque le mont Agung est entré récemment en éruption sur l’île de Bali (Indonésie), le trafic aérien a été sévèrement perturbé par les nuages ​​de cendre vomis par le volcan. En particulier, de nombreux vols ont été annulés en provenance et à destination de l’Australie.
En 2014, au moment de l’éruption islandaise dans Holuhraun, je voyageais vers l’ouest des États-Unis à bord d’un Boeing de la British Airways et l’avion est passé à proximité des côtes islandaises. Je pouvais voir au loin la couche noirâtre de fumée causée par l’éruption. J’ai demandé au steward si le pilote savait qu’il y avait une éruption en cours en Islande. Quelques minutes plus tard, le pilote (ou copilote?) est venu me voir et m’a demandé ce qui se passait. Il avait vu le nuage sombre au loin mais ne savait pas qu’une éruption avait lieu en Islande. Il m’a également dit qu’il n’y avait pas de système de détection de cendre à bord de son aéronef.
L’activité éruptive de 2010 en Islande a certainement permis aux compagnies aériennes de comprendre comment la cendre volcanique se propage à haute altitude et comment elle affecte le trafic aérien, mais ça s’arrête là!
L’éruption de 2010 a profondément affecté le tourisme en Islande. L’année précédant l’éruption, le pays avait accueilli 500 000 touristes étrangers et, afin d’empêcher un déclin dans ce secteur, un projet baptisé Inspired by Iceland a été mis sur pied. Son objectif était de profiter de l’engouement que l’éruption avait suscité. Fin 2010, 488 000 touristes étrangers avaient voyagé en Islande. Les années qui ont suivi ont vu une explosion importante du tourisme. Malheureusement, la pandémie de COVID-19 a brutalement mis un frein à cette tendance.
Source: Islande Review.

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Today, planes are grounded because of the COVID-19 pandemic. Ten years ago they could not fly because of a volcanic eruption. It began in a crater under the ice cap of Eyjafjallajökull glacier, South Iceland. Prior to that, on March 20th; 2010, an eruption had begun in the nearby Fimmvörðuháls, between Eyjafjallajökull glacier and Mýrdalsjökull glacier. The eruption in Eyjafjallajökull continued until May 22nd, attracting world attention.

For days, all air traffic in Europe was cancelled, affecting passengers worldwide. After the event, promises were made about ash control in the sky in order to avoid a similar air traffic mess in the future. Some experiments were made, some systems were tested on some planes, but today the situation has not much improved. Should a new dirty eruption occur in Iceland, the problem will be the same for air companies. When Mount Agung recently erupted on the island of Bali (Indonesia), air traffic was severely disrupted by the ash clouds spewed by the volcano. In particular, many flights were cancelled to and from Australia.

In 2014, during another Icelandic eruption in Holuhraun, I was travelling to western USA with British Airways and the plane was flying close to Iceland. I could see in the distance a black layer of smoke caused by the eruption. I asked the steward if the pilot knew there was an eruption under way in this country. A few minutes later, the pilot (or co-pilot?) came to see me and asked me what was happening in Iceland. He had seen the dark layer in the distance but had not been warned about the eruption. He also told me that there was no ash detection system on board his plane.

The 2010 eruptive activity in Iceland certainly taught air companies about how volcanic ash spreads at high altitudes and how it impacts air traffic and modern society, but this is all!

The 2010 eruption affected tourism in Iceland in a major way. The year prior to the eruption, the country had received half a million foreign tourists, and in an effort to prevent a decline in that sector, a project called Inspired by Iceland was launched. Its aim was to take advantage of the attention the eruption had created. By the end of 2010, 488,000 foreign tourists had travelled to Iceland. The years that followed saw a major explosion in terms of tourist numbers. Unfortunately, the COVID-19 pandemic has suddenly stopped this tendency.

Source : Iceland Review.

Vue du nuage de cendre islandais en 2010 (Crédit photo: Wikipedia)