Le mot juste // The right word

Dans un article sur l’utilisation d’une terminologie précise en volcanologie, les scientifiques du HVO se demandent quel mot doit être utilisé pour désigner les masses de matériau basaltique que l’on observe au milieu du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u depuis le début de la dernière éruption du Kilauea.

Au début de l’éruption, ces masses de basalte se déplaçaient lentement dans le lac et s’élevaient à mesure que la lave s’accumulait dans le cratère. Ce  ne sont pas des îles qui sont, par définition, immobiles dans leur environnement. Il y a une centaine d’années, les volcanologues du HVO ont utilisé l’expression «îles flottantes» pour y faire référence, mais l’expression n’est pas vraiment exacte, elle non plus.

Pour plus de facilité, le HVO a utilisé le mot «île» pour décrire ces masses en mouvement dans le lac de lave actuel. Il semblerait toutefois que le mot «radeau» soit mieux adapté au vu de leur mobilité. Un radeau est généralement perçu comme une masse flottante avec un faible tirant d’eau, mais les géologues du HVO pensent (sans en être certains) que la grande île – ou le grand radeau? – que l’on observe actuellement dans le lac a un tirant d’eau relativement important qui expliquerait son lent déplacement.

Des scientifiques ont suggéré d’appeler ces masses flottantes des «bergs de basalte» par analogie avec les icebergs dont la majeure partie de la masse est submergée. Îles flottantes? Radeaux?  Bergs de basalte? Autre appellation? Seul le temps dira quel mot ou expression sera finalement retenu !

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In an article about the use of accurate terminology in volcanology, HVO scientists wonder what word should be used to refer to the masses of solid basalt material seen in the middle of the lava lake within Halema’uma’u Crater since the start of the new Kilauea eruption.

At the start of the eruption, these basalt masses moved slowly around in the lake and rose as the lake deepened. The masses are therefore not islands, which are stationary relative to their surroundings. HVO volcanologists 100 years ago used the phrase ‘floating islands’ for such features, an expressive but inaccurate phrase.

HVO used the word “island” to describe these drifting masses in Halema‘uma‘u’s current lava lake, though “raft” may be a better term to acknowledge their mobility. A raft, however, is usually perceived as a floating mass having a shallow draft, but HVO geologists suspect (admittedly with little confidence) that the largest current island/raft has a relatively deep draft reflecting a sluggish foundation.

It was suggested that the floating masses might be termed ‘basalt bergs’ by analogy with icebergs, which are mostly submerged. Floating islands, rafts, basalt bergs, or something else? Only time will tell what name finally sticks.

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Afin d’illustrer cet article, le HVO a publié deux photos du cratère de l’Halema’uma’u en 1917 et en 2021 avec la présence d’ « îles » à la surface des lacs de lave.

Le cliché panoramique de 1917 a été pris depuis le bord du lac de lave qui se trouvait alors à seulement une trentaine de mètres sous la lèvre de la caldeira de Kilauea.

L’île s’élevait à une vingtaine de mètres au-dessus de la surface et mesurait 100 mètres de large.

En janvier 2021, la plus grande île faisait environ 250 mètres de long, 135 mètres de large et environ 20 mètres de haut. L’île a effectué une rotation et s’est déplacée vers l’est et vers l’ouest depuis son apparition dès le premier jour de l’éruption. (Crédit photo: K. Mulliken)

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In order to illustrate the article, HVO has released two photographs of Halema’uma’u Crater from 1917 and 2021 showing islands floating in lava lakes.

The 1917 photographic panorama was taken from the edge of the lava lake, which was only about 30 metres below Kilauea caldera floor. The island rose about 20 metres from the surface and was 100 metres wide.

In January 2021, the largest island is about 250 metres long, 135 metres wide, and roughly 20 metres tall. The island has rotated and moved both eastward and westward since its formation on the first day of the eruption. (Crédit photo : K. Mulliken)

La Soufrière de St Vincent : la crainte des volcanologues // St Vincent’s La Soufriere: what the scientists fear

L’extrusion du dôme de lave se poursuit lentement dans le cratère de la Soufrière de Saint-Vincent. Les dernières mesures effectuées le 24 janvier 2021 révèlent un volume estimé à 4,5 millions de mètres cubes.

Pour l’instant, la masse dôme de lave est bien calée au fond du cratère de sorte qu’il n’y a aucun risque de le voir déborder et que des blocs dévalent les flancs du volcan.

Ce qui inquiète le plus les scientifiques qui surveillent La Soufrière, c’est la pression exercée par le dôme contre la paroi du cratère. Des techniques GPS et de mesure électronique de distance (EDM) sont en cours d’installation pour contrôler la situation.

Si la pression exercée par le dôme devenait trop élevée, il pourrait y avoir un risque d’effondrement d’une partie du cratère et cela deviendrait un réel danger pour les zones situées au pied du volcan.

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The extrusion of the lava dome is slowly continuing within the crater of St Vincent’s La Soufrière. The latest measurements performed on January 24th, 2021 reveal an estimated volume of 4.5 million cubic metres.

For the time being, the lava dome is still deep within the crater and there is no risk to see it overflow with blocks rolling down the slopes of the volcano.

What worries most the scientists observing La Soufriere is the pressure exerted by the dome against the crater wall. GPS and Electronic Distance Measurement (EDM) techniques are being installed to monitor the situation

Should the pressure exerted by the dome become too high, there might be a risk of collapse of a part of the crater and this would become a real danger to the areas at the foot of the volcano.

Crédit photo : UWI

Sismicité de 2020 dans la Péninsule de Reykjanes (Islande) // 2020 seismicity in the Reykjanes Peninsula (Iceland)

La sismicité enregistrée sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) en 2020 a soulevé pas mal de questions et beaucoup d’entre elles restent sans réponse.

Un article publié dans l’Iceland Monitor nous rappelle que l’année dernière, 22 000 secousses ont été enregistrées sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l’Islande. La plupart d’entre elles avaient des magnitudes inférieures à M 3,0. Il s’agit toutefois de la plus importante activité sismique depuis le début des mesures numériques en 1991.

L’activité sismique a commencé dans la ville de Grindavík le 26 janvier 2020. Elle a été suivie d’une inflation de la surface, d’abord de quelques centimètres, puis davantage. Les géologues islandais pensent que le phénomène était dû à l’accumulation de magma sous la surface. Cependant, curieusement, il n’y a pas eu d’émissions de gaz détectables pour confirmer cette hypothèse. Au moment du pic de sismicité, les scientifiques ont rappelé que la région est très complexe, avec la cohabitation d’une activité volcanique et tectonique potentielle.

Au début, l’activité sismique de l’année dernière est restée en grande partie concentrée dans une zone allant de la pointe sud-ouest de Reykjanes au lac Kleifarvatn à l’est. Cependant, au cours des derniers mois, la source des événements sismiques s’est déplacée vers l’est, en direction de Krýsuvík. Le 20 octobre 2020, l’épicentre d’un séisme de M 5,6 a été localisé à proximité du lac Djúpavatn. La limite entre les plaques tectoniques sur la Dorsale de Reykjanes s’étire d’ouest en est à travers la Péninsule de Reykjanes. C’est là que la plaque tectonique nord-américaine fait face à la plaque eurasienne, parfaitement visible au niveau du «Pont entre les Continents» près de Sandvík, un endroit très prisé des touristes.

En moyenne, les plaques tectoniques sur la Dorsale de Reykjanes s’écartent l’une de l’autre d’environ un centimètre par an, mais au cours des derniers semestres, l’accrétion dans certains secteurs de Reykjanes a atteint 16 cm.

Il semble que la pression s’accumule sous terre entre le lac Kleifarvatn et les montagnes de Bláfjöll, et cette pression s’évacue par l’intermédiaire d’un ou plusieurs puissants séismes. Deux d’entre eux se sont produits en 1929 et 1968, avec respectivement des magnitudes de M 6,3 et M 6,0. Leurs épicentres étaient situés près des montagnes de Brennisteinsfjöll, à l’est du lac Kleifarvatn.

Même si la sismicité a diminué dans la Péninsule de Reykjanes, la région est constamment sous surveillance. Une phase d’ « incertitude » (le niveau d’alerte le plus bas) restera en place tant que l’activité sismique restera au-dessus de la normale.

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The seismicity recorded on the Reykjanes Peninsula (Iceland) in 2020 raised quite a lot of questions and many of them remain unanswered.

An article in the Iceland Monitor reminds us that last year, a total of 22,000 earthquakes were registered on the Reykjanes peninsula in Southwest Iceland. Most of them had magnitudes less than M 3.0. It was the largest seismic activity since digital measurements began in 1991.

The seismic activity began in the town of Grindavík on January 26th, 2020. It was followed by an inflation of the surface, first by a couple of centimetres, then more. Icelandic geologists believed it was caused by magma accumulating under the surface. However, strangely enough, there were no detectable gas emissions to confirm this hypothesis. At the time of the seismicity, scientists reminded the public that the region was very complex, with a cohabitation of potential volcanic and tectonic activity.

At the beginning, last year’s seismic activity was for the most part concentrated  in the area from the southwestern tip of Reykjanes to Kleifarvatn lake in the east. However, during the past few months, the source of the events has been moving farther east, toward Krýsuvík. On October 20th, 2020, the source of an M 5.6 earthquake was not far from Djúpavatn lake.

The tectonic plate boundary of the Reykjanes Ridge runs from west to east across the Reykjanes peninsula. This is where the North-American tectonic plate faces the Eurasian one, sparking the idea for the so-called ‘Bridge Across Continents’ near Sandvík, a popular spot among tourists.

On average, the tectonic plates at the Reykjanes Ridge move away from each other by about one centimetre a year, but during the past semesters, the movement in certain areas in Reykjanes has been up to 16 cm.

It looks as if pressure is building up in the earth between Kleifarvatn lake and Bláfjöll mountains, and this pressure can only be released in one or several large earthquakes. Two of them occurred in 1929 and 1968, with magnitudes of M 6.3 and M 6.0, respectively. Their epicentres were located near Brennisteinsfjöll mountains, east of Kleifarvatn lake.

Even though the seismicity has declined in the Reykjanes Peninsula, the region is constantly being monitored. A phase of « uncertainty” (the lowest alert phase) will remain in place there while seismic activity is above average.

Zone géothermale à Krisuvik (Photo : C. Grandpey)

Lac  Kleifarvatn (Photo : C. Grandpey)

Volcans du monde (suite) // Volcanoes of the world (continued)

Le dernier rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution donne d’autres informations intéressantes sur l’activité volcanique dans le monde:

En Indonésie, des avalanches incandescentes  sont émises quotidiennement par le cratère Jonggring Seleko du Semeru. Elles parcourent de 200 à 1000 m dans la ravine Kobokan sur le flanc SE. Des matériaux incandescens sont éjectés à une cinquantaine de mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 1 km et des extensions à 4 km dans le secteur SSE.

L’éruption strombolienne du Lewotolo se poursuit avec des panaches de cendres s’élevant à 200-1 000 m au-dessus du sommet. Les explosions stromboliennes éjectent des matériaux à 100-600 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 4 km du cratère.

Source: PVMBG.

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Au Guatemala, les explosions du complexe de dômes du Santiaguito génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent de 600 à 900 m au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs et de cendres sont observées sur les flancs ouest et sud-ouest. Des retombées de cendres sont observées dans les zones sous le vent.

L’activité strombolienne et effusive se poursuit sur le Pacaya. Les explosions au niveau du cône dans le cratère Mackenney éjectent des matériaux jusqu’à 200 m de hauteur. Des coulées de lave restent actives sur les flancs S et SO où elles parcourent jusqu’à 1,7 km.

On enregistre en moyenne 5 à 11 explosions par heure sur le Fuego. Elles génèrentnt des panaches de cendres jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Les ondes de choc continuent de faire vibrer les bâtiments autour du volcan. Des avalanches de blocs descendent le long de plusieurs ravines et atteignent souvent la végétation. Des matériaux incandescents sont éjectés de 100 à 300 m au-dessus du sommet. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs secteurs.

Source: INSIVUMEH.

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On enregistre toujours une activité intense sur le Reventador (Equateur). La sismicité se caractérise par  42 à 106 explosions quotidiennes, des séquences de tremor volcano-tectoniques et harmoniques et événements longue période (LP). On observe souvent des panaches de gaz, de vapeur et de cendres. Une incandescence est visible au niveau du cratère et des blocs incandescents roulent  sur 600 à 800 m sur les flancs NE et S. Une nouvelle coulée de lave est apparue sur le flanc N.

Source : Instituto Geofisico.

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The Smithsonian Institution’s latest Weekly Report gives some more interesting news about volcanic activity around the world:

In Indonesia, daily incandescent avalanches are emitted by the Jonggring Seleko Crater at Semeru. They travel 200-1,000 m down the Kobokan drainage on the SE flank. Incandescent material is ejected 50 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), with a general exclusion zone of 1 km and extensions to 4 km in the SSE sector.

The strombolian eruption at Lewotolo continues with ash plumes rising 200-1,000 m above the summit. The strombolian explosions eject material 100-600 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 4 km away from the summer crater.

Source : PVMBG.

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In Guatemala, explosions at Santiaguito lava-dome complex generate ash plumes that rise 600-900 m above the summit. Block-and-ash avalanches are observed on the W and SW flanks. Ashfall is observed in downwind areas.

Strombolian activity and lava effusion continue at Pacaya. Explosions from the cone in Mackenney Crater eject material as high as 200 m above the crater. Lava flows are active on the S and SW flanks and  travel as far as 1.7 km.

An average of 5-11 explosions per hour is recorded at Fuego, generating ash plumes as high as 1.1 km above the crater. Shock waves keep rattling buildings around the volcano. Block avalanches descend several drainages, often reaching the vegetation. Incandescent material is ejected 100-300 m above the summit. Ashfall has been reported in several areas.

Source : INSIVUMEH.

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Elevated activity continues to be recorded at Reventador (Ecuador). Seismicity is characterized by 42-106 daily explosions, volcano-tectonic and harmonic tremor events, and long-period earthquakes. Gas, steam, and ash plumes are often observed. Crater incandescence and incandescent blocks rolling 600-800 m down the NE and S flanks are observed on some nights. A new lava flow has appeared on the N flank.

Source : Instituto Geofisico.