Nouvelles conséquences du réchauffement climatique // More consequences of global warming

Bien que souvent occulté par la pandémie de Covid-19 dans le monde, le changement climatique affecte toujours durement notre planète Voici deux exemples de ses conséquences.

Le premier est vraiment tragique. Il s’agit de Madagascar qui est sur le point de connaître la première « famine liée au changement climatique » dans le monde. L’alerte vient des Nations Unies qui expliquent que des dizaines de milliers de personnes souffrent de « niveaux catastrophiques de faim et d’insécurité alimentaire après quatre années sans pluie. »
La sécheresse – la pire depuis quatre décennies – a dévasté des communautés agricoles isolées dans le sud du pays où les familles en sont réduites à manger des insectes pour survivre. Dans certains villages, les gens n’ont que les criquets comme seule nourriture. Un villageois dit que sa famille n’a plus rien à manger à part les feuilles de cactus.
Contrairement à d’autres pays, la famine à Madagascar est provoquée par le climat et non par des conflits armés. L’ONU estime que 30 000 personnes connaissent actuellement le niveau d’insécurité alimentaire le plus élevé – le niveau cinq – et il est à craindre que le nombre de personnes affectées augmente fortement alors que Madagascar entre dans la traditionnelle « saison de vache maigre » avant les récoltes.
L’impact de la sécheresse actuelle se fait également sentir dans les grandes villes du sud de Madagascar où de nombreux enfants sont contraints de mendier dans les rues pour obtenir de la nourriture. Les prix du marché s’envolent. Certains paysans vendent leur terre pour avoir de l’argent pour acheter de la nourriture. D’autres ont décidé de dormir dans leurs champs de manioc pour essayer de protéger leurs récoltes des vols par des personnes désespérées en quête de nourriture.

Google Maps

Un autre exemple des conséquences du réchauffement climatique est celui du Parc National du Denali (Alaska) où les glissements de terrain sont de plus en plus fréquents avec le dégel du pergélisol.
L’unique route qui traverse le parc national s’étire sur 148 kilomètres. Près de la moitié a été fermée le 24 août 2021 aux véhicules, piétons et vélos en raison des conditions dangereuses causées par un glissement de terrain.
Selon les autorités du parc, un glissement de terrain affecte le secteur depuis au moins les années 1960, mais il ne nécessitait alors qu’un entretien tous les deux ou trois ans.

Au cours des années 1990, le glissement de terrain, qui se produit sous la chaussée, ne provoquait que de petites fissures à la surface de la route.

En 2018, on est passé à des fractures de près de 1 centimètre par jour, puis à 9 centimètres par jour en août 2020.
Les pluies récentes semblent avoir contribué à intensifier le glissement de terrain qui atteint maintenant plus de 25 centimètres par jour.
A cause du changement climatique, un problème qui était auparavant résolu par le personnel d’entretien du parc ne peut plus l’être par des solutions à court terme. Les autorités du parc devront travailler avec d’autres organismes pour trouver une solution à long terme pour maintenir l’accès routier à travers lle parc du Denali qui a accueilli plus de 601 100 personnes en 2019.
Source : Yahoo News.

Photo: C. Grandpey

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Although hidden by the Covid-19 pandemic around the world, climate change is still severely affecting our planet Here are two examples of its consequences.

The first one is really tragic. It concerns Madagascar which is on the brink of experiencing the world’s first « climate change famine ». The warning comes from the United Nations which says tens of thousands of people are already suffering catastrophic levels of hunger and food insecurity after four years without rain.

The drought – the worst in four decades – has devastated isolated farming communities in the south of the country, leaving families to scavenge for insects to survive.In some villages, people are eating locusts to survive. One villager said they have absolutely nothing to eat except cactus leaves.

Unlike other countries, famine-like conditions in Madagascar are being driven by climate not conflict. The UN estimates that 30,000 people are currently experiencing the highest internationally recognised level of food insecurity – level five – and there are concerns the number affected could rise sharply as Madagascar enters the traditional « lean season » before harvest.

The current drought’s impact is now being felt in larger towns in southern Madagascar too, with many children forced to beg on the streets for food. The prices in the market are going up. Some people are selling their land to get some money to buy food. Many others have taken to sleeping in their cassava fields to try to protect their crops from people desperate for food.

 

Another example of the consequences of global warming can be seen in Denali National Park (Alaska) where landslides are getting more and more frequent with the thawing of permafrost.

The lone road through Denali National Park and Preserve spans148 kilometres. Nearly half it closed on August 24th, 2021 to nonessential vehicles, pedestrians and bikes because of unsafe conditions caused by a landslide.

According to the park authorities, slides have affected the area since at least the 1960s but used to require maintenance every two to three years.

During the 1990s, the landslide, which occurs below the roadbed, only caused small cracks in the road surface.

However, by 2018 the slumping increased to almost 1 centimetre per day, and then to 9 centimetres per day by August 2020.

Recent rains appear to have caused the rate to increase significantly, with much of the landslide moving downhill at over 25 centimetres per day.

Climate change has taken what was previously a problem solved by maintenance staff performing road repairs and made a challenge too difficult to overcome with short-term solutions. Park authorities will have to work with other agencies on a long-term solution to maintain road access through the Park which welcomed more than 601,100 people in 2019.

Source: Yahoo News.

Le morcellement de Madagascar // The fragmentation of Madagascar

En mars 2018, j’indiquais sur ce blog qu’une impressionnante faille de 15 mètres de profondeur et 20 mètres de large avait tranché la route entre Mai Mahiu et Narok, dans le Sud du Kenya, à quelques kilomètres de la capitale Nairobi. Autour de cette route, les plaines fertiles et les terres arables avaient, elles aussi, vu apparaître soudainement des fissures dans le sol.

En septembre 2005, une fracture géante s’était déjà ouverte dans la croûte terrestre au nord de l’Afar. Cet événement s’est produit en même temps qu’une série de séismes et une éruption sur le flanc du volcan Dabbahu. Depuis cette époque, une dizaine d’autres fissures plus modestes se sont ouvertes au sud de la région. Selon les scientifiques, cet épisode géologique de l’automne 2005 marque sans doute l’instant zéro de l’ouverture d’un océan dans cette partie du monde.

Ce chamboulement tectonique a des répercussions jusque sur l’île de Madagascar qui, selon une étude publiée dans la revue Geology, se divisera également en îles plus petites. L’étude confirme que le continent africain se sépare lentement en plusieurs grands et petits blocs tectoniques le long du système du rift est-africain.

Cette évolution des plaques tectoniques africaines est au cœur d’un travail mené par un groupe de chercheurs du Département de Géoscience du Virginia Tech. Pour parvenir à leur conclusion, les géologues ont effectué des relevés GPS à la surface de Afrique de l’Est, à Madagascar et sur plusieurs autres îles de l’Océan Indien. Ils ont constaté que l’île de Madagascar était en train de se morceler. Le sud, porté par la plaque Lwandle, se détache du reste de l’île tandis que le centre, porté par la plaque Somalienne, se déplace dans une autre direction.

Le reste de Madagascar est également soumis à un processus complexe de morcellement et de division qui s’étend jusqu’aux Comores, et qui s’achèvera par la formation d’archipels. Ce n’est toutefois pas pour tout de suite. Comme pour l’ouverture du rift est-africain, la séparation se fait à un rythme très lent, à raison de quelques millimètres par an. Les grands bouleversements prévus n’auront donc pas lieu avant quelques millions d’années. L’écartement des terres donnera alors naissance à de nouveaux océans.

En attendant, ce travail permettra de mieux appréhender l’activité sismique et volcanique dans les Comores, avec la naissance d’un nouveau volcan sous-marin à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Mayotte.

Pour mémoire, rappelons que la dernière campagne océanographique menée du 1er au 26 octobre 2020 a permis d’identifier au nord-ouest du volcan de nouvelles coulées de lave sur le fond marin, signe que l’activité éruptive se poursuit.

Source : Yahoo News, Science & Avenir.

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In March 2018, I indicated on this blog that an impressive 15-metre-deep and 20-metre-wide fissure had slashed the road between Mai Mahiu and Narok, in southern Kenya, a few kilometres from the capital Nairobi. Around this road, the fertile plains and the arable land had suddenly seen cracks appear in the ground.

In September 2005, a giant fissure had already opened in the earth’s crust north of Afar. This event occurred together with a series of earthquakes and an eruption on the side of the Dabbahu volcano. Since that time, a dozen other smaller cracks have opened in the south of the region. According to scientists, this geological episode in the autumn of 2005 probably marks the zero moment of the opening of an ocean in this part of the world.

This tectonic upheaval has repercussions as far as the island of Madagascar, which, according to a study published in the journal Geology, will also be divided into smaller islands. The study confirms that the African continent is slowly separating into several large and small tectonic blocks along the East African Rift System.

This evolution of the African tectonic plates is at the heart of a work carried out by a group of researchers from the Department of Geoscience at Virginia Tech. To reach their conclusion, geologists carried out GPS surveys on the surface of East Africa, Madagascar and several other islands in the Indian Ocean. They found that the island of Madagascar was in the process of being fragmented. The south, carried by the Lwandle plate, is detached from the rest of the island while the center, carried by the Somali plate, moves in another direction.

The rest of Madagascar is also subject to a complex process of fragmentation and division which extends to the Comoros, and which will end with the formation of archipelagos. However, this is not for now. As with the opening of the East African Rift, the separation is happening at a very slow pace, at the rate of a few millimetres per year. The major upheavals will therefore not take place before a few million years. The separation of the land will then give birth to new oceans.

In the meantime, this work will make it possible to better understand seismic and volcanic activity in the Comoros, with the birth of a new submarine volcano about fifty kilometres east of Mayotte.

As a reminder, the last oceanographic campaign conducted from October 1st to 26th, 2020 identified new lava flows on the seabed to the northwest of the volcano, a sign that eruptive activity is continuing.

Source: Yahoo News, Science & Avenir.

Cadre sismotectonique des Comores (Source : CCGM et UNESCO, 2002)