Prévision éruptive par les variations thermiques d’un volcan // Eruptive prediction through the thermal fluctuations of a volcano

On peut lire sur le site web The Watchers un article intéressant sur une nouvelle méthode imaginée par des scientifiques du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA et de l’Université de l’Alaska (UA) et qui pourrait être utilisée pour essayer de prévoir les éruptions volcaniques.

Les volcanologues s’appuient en général sur des signes avant-coureurs tels que l’augmentation de l’activité sismique, des changements dans les émissions gazeuses et la déformation du sol pour dire qu’un volcan est susceptible d’entrer en éruption. Cependant, la prévision éruptive est difficile car chaque volcan possède un comportement qui lui est propre. La situation est d’autant plus complexe qu’un petit nombre de volcans actifs dans le monde possèdent des systèmes de surveillance dignes de ce nom.

À l’aide de données satellitaires, les scientifiques du JPL et de l’UA ont proposé une nouvelle méthode qui pourrait rendre la prévision volcanique plus fiable. Elle se base sur une augmentation subtile mais significative des émissions de chaleur autour d’un volcan dans les années qui précèdent une éruption. Cela permet de constater qu’un volcan s’est réveillé, souvent bien avant l’apparition des autres signes mentionnés ci-dessus.

L’équipe scientifique a analysé plus de 16 années de données sur le rayonnement thermique capté par les instruments MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer) à bord des satellites Terra et Aqua de la NASA sur plusieurs types de volcans qui sont entrés en éruption au cours des 20 dernières années. En dépit du fait que l’on a affaire à différents types de volcans, les résultats sont identiques. Dans les années précédant une éruption, la température de surface émise par la majorité des volcans a augmenté de 1°C par rapport à son état normal. Elle a ensuite diminué après chaque éruption.

Les scientifiques pensent que cette hausse de température peut résulter de l’interaction entre les systèmes hydrothermaux et les réservoirs magmatiques. Lors de l’ascension du magma à l’intérieur de l’édifice volcanique, les gaz se diffusent à la surface et peuvent dégager de la chaleur. De même, ce dégazage peut favoriser la remontée des eaux souterraines et la circulation hydrothermale, ce qui peut faire s’élever la température du sol.

Cette approche pourrait fournir de nouvelles informations sur le comportement des volcans, en particulier si on l’associe à des informations provenant d’autres satellites et  d’autres modèles. Les chercheurs ont découvert que les données thermiques se superposaient aux données semblables de déformation, mais avec un certain décalage dans le temps.

Bien que cette nouvelle méthode de prévision éruptive ne réponde pas à toutes les questions, elle ouvre la porte à de nouvelles approches de télédétection, en particulier pour les volcans isolés ou éloignés, souvent dépourvus de systèmes locaux de surveillance. .

Il faut noter que les mesures InSAR de déformation de la surface du sol permettent également aux observatoires volcanologiques du monde entier d’identifier les volcans les plus susceptibles d’entrer en éruption, ainsi que ceux qui devraient être instrumentés pour des observations plus approfondies.

Référence: « Large-scale thermal unrest of volcanoes for years prior to eruption » – Girona, T., et al. – Nature Geoscience.

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One can read on the website The Watchers an interesting article about a new method that could be used to try and predict volcanic eruptions.

Scientists at NASA’s Jet Propulsion Laboratory (JPL) and the University of Alaska (UA) have developed a new method that may lead to earlier predictions of volcanic eruptions.

Up to now, volcanologists have referred to warning signs such as an increase in seismic activity, changes in gas emissions, and sudden ground deformation to say that a volcano was likely to erupt in the future. However, forecasting eruptions is difficult because each volcano displays its own behaviour. The situation is all the more complex as a small number of the world’s active volcanoes have monitoring systems in place.

Using satellite data, scientists at JPL and UA came up with a new method that might make volcanic prediction more reliable. It is is based on a subtle but significant increase in heat emissions over large areas of a volcano in the years leading up to its eruption. It allows to see that a volcano has reawakened, often well before any of the other signs have appeared.

The scientific team studied more than 16 years of radiant heat data from the Moderate Resolution Imaging Spectroradiometers (MODIS) instruments aboard NASA’s Terra and Aqua satellites for several types of volcanoes that erupted in the last 20 years. Despite the differences among the volcanoes, the results were the same. In the years leading up to an eruption, the radiant surface temperature over the majority of the volcanoes increased by 1°C from its normal state. Then, it decreased after each eruption.

Scientists believe that the thermal increase may result from the interaction between hydrothermal systems and magma reservoirs. When magma rises through a volcano, the gases diffuse to the surface and can give off heat. Similarly, this degassing can promote the up-flow of underground water and hydrothermal circulation, which can heat up soil temperature.

The new method may provide more insight into volcano behaviour, especially when combined with information from other satellites and models. The researchers found that the thermal time series very much mimicked the deformation time series but with some time separation.

Although the research does not answer all of the questions, it opens the door to new remote sensing approaches, especially for distant volcanoes which are devoid of local monitoring systems.

The InSAR ground-surface deformation measurements also help allow volcano observatories around the world to identify which volcanoes are most probably to erupt, as well as which should be instrumented for closer observations.

Reference : « Large-scale thermal unrest of volcanoes for years prior to eruption » – Girona, T., et al. – Nature Geoscience.

Image thermique du Parc National de Yellowstone (délimité en rouge). A gauche l’image du Parc en couleurs réelles. A droite l’image thermique avec les températures les plus élevées en blanc. (Source :  Goddard Space Flight Center de la NASA).

Yellowstone ne sera pas forcément le volcan le plus facile pour la détection des variations thermiques.

La Soufrière de St Vincent : un calme trompeur // St Vincent’s La Soufriere : a deceptive calm

Selon les scientifiques de l’UWI, la période actuelle est souvent celle qui cause le plus de décès lors d’une éruption. Ils insistent sur le fait que même si l’activité éruptive traverse une accalmie, cela ne signifie pas que l’éruption est terminée. La zone rouge reste extrêmement dangereuse, même pendant ces accalmies, car personne ne sait combien de temps elles vont durer. D’autres explosions peuvent se produire en quelques minutes sans aucun signe avant-coureur. Le meilleur exemple est l’explosion qui a secoué le volcan le 20 avril après une accalmie de 41 heures.

Les géologues de l’UWI préviennent que le volcan pourrait à nouveau entrer en éruption dans une semaine, que l’on assiste ou non à la formation d’un dôme, ce qui reste une possibilité. Ils pensent aussi que le volcan n’a émis que le tiers des matériaux qu’une telle éruption est susceptible de produire.

Les scientifiques expliquent que lorsqu’un volcan entre dans ce genre de schéma éruptif où il semble ne rien se passer, les gens ont tendance à baisser la garde et deviennent imprudents. C’est alors qu’ils se font surprendre par une explosion.

Il existe beaucoup de points de vue à St Vincent, que ce soit dans les secteurs sous le vent ou au vent, pour observer La Soufrière. Il ne faut surtout pas que les gens se rendent à Rabacca comme ils le font souvent. En effet, Rabacca est l’une des principales ravines empruntées par les coulées pyroclastiques, mais aussi les lahars. La zone est à éviter à tout prix.

Source: UWI.

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UWI scientists also warn that the current period is often the one that causes the most deaths during an eruption. Scientists insist that although eruptive activity is going through a lull, it does not mean the eruption is over. Everywhere in the Red Zone is extremely dangerous, even during these lulls because nobody knows how long they will last. More explosions may happen within minutes without any other indication. The best example is the explosion tht shook the volcano on April 20th after a 41-hour lull.

UWI geologists warn that the volcano could erupt again within a week, whether or not it succeeds in building a dome, as it seems to be trying to do. They believe the volcano has only emitted one-third of the new material it is supposed to produce during the current eruption.

The scientists explain that when a volcano goes into this sort of pattern where it seems not to be doing very much, people tend to drop their guard and they do things that they should not be doing and they get caught out, even though they have been evacuated before. There are plenty of vantage points on both the leeward and windward sides of St. Vincent to observe La Soufriere and people do not need to go to Rabacca as they often do. Indeed, Rabacca is one of the primary paths for pyroclastic flows to come down. It is also a primary path for lahars. The area should be avoided at all cost.

Source : UWI.

Crédit photo : UWI

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’UWI indique que l’activité éruptive à La Soufrière de Saint-Vincent continue de suivre le même schéma que ces derniers jours. Aucune explosion majeure n’a été observée, mais l’UWI précise que tout risque n’est pas écarté pour les prochains jours. Les scientifiques mettent en garde sur le risque de lahars qui pourraient se déclencher avec l’arrivée de la saison des pluies.  Le niveau d’alerte reste maximum (Rouge). 13 303 personnes ont été déplacées par l’éruption. 88 centres d’hébergement temporaire abritent 6208 personnes. 6567 autres logent chez des parents ou amis.

Panache éruptif de La Soufrière (Source : UWI)

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L’éruption se poursuit dans la Geldingadalir (Islande). Cela fait maintenant plus d’un mois que la lave est émise par des bouches qui s’alignent le long d’une fracture éruptive au cœur de la péninsule de Reykjaes. A noter que le double cône très spectaculaire qui s’était formé au début de l’éruption a cessé de fonctionner et se contente maintenant de dégazer.

Un séisme de M 4.1 a été enregistré sur la Péninsule de Reykjanes à 23 h 05 le 20 avril 2021. Il s’agit du séisme le plus significatif sur la péninsule depuis le début de l’éruption dans la Geldingadalur le 19 mars. Les scientifiques islandais expliquent que le séisme était probablement dû à «des mouvements de stress dans la croûte terrestre dus à l’éruption. »

Les autorités islandaises ont sécurisé le site de l’éruption avec des sentiers bien balisés et des parkings pour les véhicules. Cependant, les visiteurs doivent se méfier des gaz volcaniques.

Image webcam du superbe double cône au début de l’éruption

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L’OVPF indique que l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) se poursuit dans l’Enclos Fouqué avec deux bouches actives qui continuent d’émettre des fontaines et des coulées de lave. La lave n’avance pas et le front des coulées reste confiné sur le plateau au-dessus des Grandes Pentes (voir carte ci-dessous). A noter que la déflation du sommet a fait place à une légère inflation et que les émissions de CO2 dans les zones à proximité du volcan ont augmenté. Il se pourrait donc que l’éruption se poursuive encore un certain temps, voire s’intensifie. On estime à 7 millions de mètres cubes le volume de lave émis depuis le début de l’éruption.

Source: OVPF.

Evolution du champ de lave : en noir le 10 avril ; en jaune le 11 avril et en rouge le 20 avril 2021. Le trait blanc représente la fracture éruptive qui s’est ouverte le 9 avril 2021. (Source : OVPF)

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) continue sans changement significatif à l’intérieur de l’Halema’uma’u. Seule la partie ouest du lac de lave est active et alimentée par une bouche qui s’est ouverte dans la partie NO du cratère. La surface de la lave se trouve à environ 226 m de profondeur et reste invisible depuis les points d’observation au sommet du volcan. Les émissions de SO2 s’élèvent en ce moment à 950 tonnes par jour.

Source : HVO.

Vue du cratère e l’Halema’uma’u (Phoro : HVO)

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Le Pacaya (Guatemala) maintient un niveau d’activité élevé. On observe une colonne de dégazage de 200 mètres au-dessus du cratère, tandis que des panaches de cendres montent jusqu’à 2800 mètres. La coulée de lave sur le flanc ouest continue d’être active mais les différents fronts n’ont pas avancé de manière significative. S’agissant de la sismicité, on enregistre toujours des épisodes de tremor

Source : INSIVUMEH. .

Panache éruptif du Pacaya (Source : INSIVUMEH)

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 Au Kamchatka, le niveau d’alerte du Karymxky, du Sheveluch et de l’Ebeko est Orange, celui du Bezymianny est Jaune. Tous autres volcans de la péninsule sont au Vert.

Source : KVERT.

Vue du cratère de l’Ebeko en 2006 (Crédit photo: Wikipedia)

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

UWI indicates that eruptive activity at St Vincent’s La Soufrière continues to follow the same pattern as in recent days. No major explosion has been observed, but UWI says that all risks are not ruled out for the next few days. Scientists warn of the risk of lahars that could be triggered with the onset of the rainy season. The alert level remains at its maximum (Red). 13,303 people were displaced by the eruption. 88 shelters accomodate 6,208 people. 6,567 others are staying with relatives or friends.

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The eruption continues in Geldingadalir (Iceland). For more than a month now, lava has been emitted from vents that line up along an eruptive fissure in the heart of the Reykjaes Peninsula. The very spectacular double cone that formed at the start of the eruption is no longer active and is now only degassing.

An M 4.1earthquake was detected on the Reykjanes peninsula at 11.05pm on April 20th, 2021. It is the largest earthquake that has been detected on the peninsula since the eruption in nearby Geldingadalir began on March 19th. Icelandic geologists explain that the earthquake was likely due to “stress movements in the earth’s crust due to the eruption”.

Icelandic authorities have secured the eruption site with well-marked trails and parking spaces for vehicles. However, visitors should beware of volcanic gases.

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OVPF indicates that the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) continues in the Enclos Fouqué with two active vents which emit lava fountains and lava flows. The lava does not advance and the flow front remains confined to the plateau above the Grandes Pentes. The summit deflation has given way to slight inflation and CO2 emissions in areas near the volcano have increased. The eruption could therefore continue for some time or even intensify. The volume of emitted lava has been estimated at 7 million cubic metres since the start of the eruption.

Source: OVPF.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) continues without significant change within Halema’uma’u. Only the western part of the lava lake is active and fed by a vent that opened in the NW part of the crater. The lava surface is about 226 m deep and remains invisible from observation posts at the summit of the volcano. SO2 emissions have been measured at 950 tonnes per day.

Source: HVO.

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Pacaya (Guatemala) maintains a high level of activity. A degassing column 200 metres above the crater is observed, while ash plumes are rising up to 2,800 metres. The lava flow on the western flank continues to be active but the various fronts have not advanced significantly. Regarding seismicity, there are still episodes of tremor

Source: INSIVUMEH. .

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In Kamchatka the alert level for Karymxky, Sheveluch and Ebeko is Orange. The alert level for Bezymianny is Yellow. It is Green for the other volcanoes of the peninsula. .

Source: KVERT.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

L’éruption de La Soufrière de St Vincent en 1902 // The 1902 eruption of St Vincent’s La Soufriere

Je viens de lire dans les actualités un article intéressant sur l’éruption de La Soufrière en 1902 à St-Vincent-et-les-Grenadines. Bien que cette éruption présente des similitudes avec l’événement de 2021, il existe également des différences. Un élément important réside dans le fait qu’en 1902, il y avait un lac dans le cratère de La Soufrière. Il a contribué à transformer l’éruption en un puissant événement phréato-magmatique.

Le matin du 7 mai 1902, un groupe de marchands de poissons s’est approché de la Soufrière de Saint-Vincent. Selon un Rapport sur les éruptions de la Soufrière de St Vincent, en 1902 qui décrit leur aventure, «le sommet de la montagne était couvert de brouillard. Le premier marchand suivit le chemin jusqu’à la base du cône sommital. Les autres se sont approchés de la lèvre du cratère, jusqu’à l’atteindre réellement. Le spectacle qui s’offrit à leurs yeux aurait pu avoir raison des cœurs les plus solides.»

Malgré les mises en garde des vendeurs de poissons et les récits de ce qu’ils avaient vu – les épais nuages de vapeur, la végétation brûlée, l’odeur de soufre, les secousses permanentes – leurs témoignages ont été ignorés. «Ils ont été reçus avec incrédulité, et quand ils sont arrivés à Georgetown, ils ont été pris pour des imbéciles et des lâches.»

Les noms des vendeurs de poissons n’ont pas été notés dans le Rapport décrivant ce qui s’est passé à Saint-Vincent où une minorité blanche dominait une population qui comprenait des descendants d’autochtones et d’esclaves africains.

Avant l’éruption de 1902, les nuages empêchaient de voir le sommet de La Soufrière depuis les plantations de canne à sucre et depuis des endroits comme Georgetown dans la partie est de Saint-Vincent, de sorte que la population ne savait pas ce qui se passait sur le volcan. À l’ouest, les gens avaient compris. « Ils se préparaient à fuir en observant l’énorme colonne de vapeur et de cendre qui prenait la forme d’un champignon, avec des averses d’une matière noire et lourde, accompagnées d’éclairs et de tonnerre. »

Au plus fort de l’éruption de 1902, un «Grand Nuage Noir» a dévalé les pentes du volcan, balayant maisons et fermes, avant de se précipiter dans la mer. En même temps que la cendre brûlante, des pierres et des vapeurs sulfureuses s’abattirent sur des embarcations à bord desquelles des gens ramaient furieusement pour échapper à la catastrophe.

À l’est de Saint-Vincent, les ouvriers des plantations ont regardé avec étonnement le rideau noir qui descendait inexorablement vers eux, puis ils  se sont précipités à l’intérieur des maisons ou sont morts à l’extérieur. À Orange Hill, des dizaines de personnes se sont entassées dans une cave à rhum. On peut lire dans le Rapport: «Un homme était debout près de la porte et la tenait entrouverte pour laisser entrer tous ceux qui avaient fui les huttes du village. Ils étaient quarante dans la cave et tous ont été sauvés. Trente se trouvaient sur l’allée conduisant à la cave et ils ont tous été tués. Environ 1600 personnes sont mortes, mais ce cataclysme a été éclipsé par les éruptions bien pires de la Montagne Pelée, le 8 mai 1902, sur l’île de la Martinique. Au moins 29 000 personnes ont perdu la vie. La plupart des victimes de Saint-Vincent se trouvaient dans la partie est de l’île, peut-être parce que les travailleurs dans les grandes plantations n’ont pas été en mesure de prendre d’eux-mêmes la décision de fuir.

Les explosions continues de La Soufrière ont entravé les efforts de réparation menés pendant des mois par les Britanniques. Les éruptions ont participé au déclin de l’industrie sucrière, mais d’autres produits ont pris la relève dans les deux années qui ont suivi. De nouvelles plantes comme le cacao, la muscade et le café, ont été introduites. Cela a permis des innovations agricoles.

Les nuages de cendres volcaniques, qui s’étaient déplacés jusqu’à la Barbade, à environ 180 kilomètres de distance, ont nourri le sol. L’impact de la cendre sur la végétation est dévastateur à court terme mais bénéfique à long terme.

La marine britannique a apporté son aide en 1902. Le navire américain Dixie a également apporté des secours, ainsi que des scientifiques et des correspondants de presse qui ont fait connaître l’événement. Dans un récit de l’éruption, le Boston Globe a parlé d’ « un bruit comme celui des énormes canons de la marine mondiale en action perpétuelle ».

Les éruptions de 1902 et 2021 sont peut-être à égalité en puissance et en intensité, mais il est difficile de vraiment les comparer car un lac profond occupait le cratère de La Soufrière en 1902. Le Rapport explique que lorsque le magma est entré en contact avec le lac, sa vaporisation a créé « une énorme énergie supplémentaire qui a généré des coulées pyroclastique très rapides et mortelles, dès le début de la crise éruptive. »

Daniel Defoe, l’auteur de Robinson Crusoé, est l’auteur présumé du récit d’une éruption explosive à La Soufrière en 1718, époque où les habitants autochtones contrôlaient effectivement l’île.

L’éruption de 1812 a tué des dizaines de personnes, la plupart des Noirs réduits à l’esclavage. Avant avril 2021, la dernière grande éruption a eu lieu à Pâques 1979. Elle a provoqué des évacuations en grand nombre, mais aucun décès.

Les habitants de St Vincent peuvent tirer des leçons de l’histoire éruptive de La Soufrière. Elle les aidera à se reconstruire. Contrairement à leurs ancêtres, ils sont tenus au courant de l’évolution de l’éruption et sont conseillés en permanence quant à la conduite à tenir.

Source: Yahoo News.

Dans son rapport du 18 avril 2021, l’UWI indique qu’une éruption explosive s’est produite ce même jour à La Soufrière à 16h49. Des retombées de cendres étaient attendues ans les parties sud et ouest de l’île. L’éruption n’est pas terminée. Cependant, il semble que les explosions deviennent moins puissantes, avec des intervalles plus longs entre elles.

L’éruption continue avec une activité sismique typique de la croissance et de la destruction des dômes de lave. L’essaim sismique avec des événements longue période et hybrides se poursuit sans changement notable. De petits séismes volcano-tectoniques sont encore enregistrés de temps en temps.

Les émissions de SO2 de La Soufrière, mesurées le long de la côte ouest, ont révélé une moyenne de 232 et 391 tonnes par jour les 17 et 18 avril.

La NEMO indique que 88 abris hébergeant 4042 personnes sont maintenant opérationnels, tandis que quelque 5398 autres sont hébergées dans des maisons particulières.

Au total, 1 459 familles ont été déplacées à ce jour par l’éruption.

Le niveau d’alerte pour La Soufrière reste ROUGE.

S’agissant des prévisions (elles n’ont pas été très bonnes jusqu’à présent!), le scientifique à la tête de l’UWI a déclaré le 20 avril que si le schéma sismique actuel se poursuit, une autre éruption explosive pourrait se produire dans les sept prochains jours. La sismicité laisse supposer que le volcan essaie de construire un dôme, mais il n’y arrive pas car une explosion survient qui détruit cette tentative de formation d’un dôme. Le scientifique a déclaré: «Nous prévoyons qu’à un certain moment [le volcan] entamera la construction d’un dôme ; cela peut arriver cette semaine, mais si ce n’est pas le cas, nous allons assister à une autre explosion».

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I have just read in the news an interesting article about the 1902 eruption of La Soufriere at St-Vincent-and-the-Grenadines. Although this eruption bears similarities with the 2021 event, there are also differences. An important one was that in 1902 there was a lake within the crater of La Soufriere, which turned the eruption into a powerful phreato-magmatic event.

On the morning of May 7th, 1902, a group of nervous fish sellers got very close to St Vincent’s La Soufrière. According to a Report on the eruptions of the Soufrière  in St Vincent, in 1902 describing their experience, “the top of the mountain was covered in mist, and the foremost of them followed the path up to the base of the summit cone. Some went up to quite near the rim of the crater, or possibly even to the actual edge. What they saw there was enough to dismay the stoutest hearts.″

However, the warnings of the fish sellers who experienced the volcano up close – the thick steam, the scorched vegetation, the sulphurous smell, the constant shaking – were at first dismissed. ″They were received with incredulity, and when they came to Georgetown they were scoffed at as fools and cowards.″

The names of the fish sellers are not included in the Report about what happened on St. Vincent, where a white minority dominated a population that included the descendants of Indigenous inhabitants and enslaved Africans.

Clouds and a poor line of sight to the volcano top from the sugar cane plantations and places like Georgetown on the eastern side of St. Vincent contributed to uncertainty about what was happening. “To the west, people had no doubt. They prepared to flee while watching an enormous column of vapour billow into a mushroom-shaped cloud, accompanied by showers of black, heavy material, and lightning and thunder.”

In the 1902 climax, a ″Great Black Cloud″ raced down the volcano’s slopes, swept over homes and farms and surged out to sea, raining scalding ash, stones and sulphurous fumes on boats of people rowing furiously away.

On the east of St. Vincent, plantation workers gazed in amazement as the implacable black curtain descended toward them, then rushed indoors or died in the open. At Orange Hill, dozens crammed into a rum cellar. One can read in the Report: ″One man stood by the door holding it ajar, to admit any who fled from the huts in the village. Forty were in the cellar, and all were saved. Thirty were in the passage leading into the cellar, and they were all killed.″

An estimated 1,600 people died, though that cataclysm was eclipsed by eruptions, the worst on May 8, at Mount Pelée on the island of Martinique. At least 29,000 people died there.

Most of St. Vincent’s casualties were in the east, possibly and partly because workers on large plantations were less able to make an independent decision to flee.

La Soufrière’s continuing explosions hampered British-led recovery efforts for months. The eruptions accelerated the decline of the sugar industry, but other commodities recovered within a year or two. New plants, including cacao, nutmeg and coffee, were introduced. Experimentation led to agricultural innovation.

The volcanic ash, which then and now spread as far as Barbados, about180 kilometers away, nourished the soil. The impact on vegetation is devastating in the short term but beneficial in the long term.

The British navy delivered aid in 1902. The USS Dixie also brought relief, along with scientists and newspaper correspondents. In an account of the eruption build-up, The Boston Globe reported ‘’a noise like the monster guns of the world’s navy in perpetual action. »

The 1902 and 2021 eruptions are possibly on a par in power and intensity, but it’s difficult to make a direct comparison because a deep crater lake existed at the time of the earlier one. When magma hit the lake, vaporization created “a huge additional extra energy and it generated pyroclastic density currents that were very fast-moving and deadly, early on in the eruptive sequence.”’

Daniel Defoe, author of ″Robinson Crusoe,″ is the purported writer of an account of an explosive eruption at La Soufrière in 1718, when Indigenous inhabitants effectively controlled the island. An 1812 eruption killed dozens, mostly enslaved Black people. Prior to April 2021, the last big eruption was during Easter 1979, causing mass evacuations but no deaths.

La Soufrière’s history could inform St. Vincent’s residents as they recover. In the meantime, unlike their ancestors, they are getting continual updates and guidance.

Source : Yahoo News.

In its report for April 18th, 2021, UWI indicates that an explosive eruption occurred on that same day at La Soufriere at 4:49 pm. Ashfall was expected at the south and west of the island. The eruption has not ended yet. However, it looks as if the explosions are getting less powerful, with longer intervals between them.

The volcano continues to erupt with a pattern of seismic activity typical of the growth and destruction of lava domes. The swarm of long-period and hybrid earthquakes continues in a stable way. Occasional small volcano-tectonic earthquakes are still recorded.

Measurements of SO2 at La Soufriere volcano along the west coast revealed an average  of 232 and 391 tons per day on April 17th  and 18th.

NEMO says 88 shelters with 4042 occupants are now operational, while some 5398 persons are being housed in private shelter. A total of 1,459 families have been displaced so far by the eruption.

The alert level for La Soufriere remains RED.

As far as predictions are concerned (they have not been very good so far !) the UWI lead scientist said on April 20th that if the current seismic pattern continues, another explosive eruption could occur within the next seven days. The seismic patterns suggest that the volcano is trying to grow a dome. However, it does not succeed due to an explosion that destroys that formation. The scientist said: “We expect at some point [the volcano] would grow a dome, it can happen this week, but if it does not, we are going to have another explosion”.

Représentation graphique du cratère de La Soufrière de St Vincent en 1837 par le Lieutenant J.H. Caddy (Source : Pennymead.com)

Effet dévastateur de l’éruption de la Soufrière en 1902

(Source : York Museums Trust)