Nouvelles photos de l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Mon ami Christian Holveck vient de me faire parvenir de nouvelles photos de l’éruption en cours du Piton de la Fournaise. Christian précise qu’il faut maintenant avoir un peu de chance pour découvrir des choses intéressantes en surface. De temps en temps, on observe une résurgence ou la vue de la lave par une lucarne.

Photos: C. Holveck

Surveillance des petits geysers de Yellowstone // Monitoring of the small geysers of Yellowstone

Le Parc National de Yellowstone aux États-Unis possède la plus grande concentration de geysers au monde. Le plus populaire est sans aucun doute le Vieux Fidèle – Old Faithful – dont les éruptions se produisent de manière régulière. D’autres geysers comme le Castle Geyser ou le Steamboat Geyser se manifestent, eux aussi, de manière spectaculaire, mais il est plus difficile de prévoir ces événements. Les autres geysers du parc entrent en éruption quand ils en ont envie. Ces éruptions peuvent se produire soudainement et violemment et devenir un danger pour les visiteurs qui se trouveraient à proximité.
Le principe de fonctionnement des geysers est bien connu. L’eau de surface (pluie ou neige) s’infiltre dans la terre. Lorsqu’elle s’approche d’une source de chaleur comme une chambre magmatique, elle est peu à peu portée vers son point d’ébullition, mais les conditions de pression qui règnent en profondeur sont si extrêmes qu’elles empêchent l’eau d’entrer en ébullition et de s’évaporer. A l’approche de la surface, la pression chute considérablement et l’eau peut alors entrer subitement en ébullition. Se faisant, elle se change rapidement en vapeur et occupe tout d’un coup un volume bien plus important qu’elle ne le faisait à l’état liquide. Cela se traduit en surface par des jets de vapeurs et fumerolles, par des bassins d’eau bouillonnante, mais aussi par des éruptions d’eau et de vapeur : les geysers !

Le Porkchop Geyser dans le Norris Geyser Basin était autrefois une petite source chaude qui se manifestait parfois sous forme d’un geyser. Cependant, en 1985, le comportement du geyser a changé. Il a commencé à envoyer des panaches d’eau à 6 ou 10 mètres de hauteur à partir d’un cratère sec le plus souvent. On entendait parfois le grondement des explosions à plus d’un kilomètre de distance et, en hiver, les panaches de vapeur formaient des cônes de glace de plus de 6 mètres de hauteur. Puis, dans l’après-midi du 5 septembre 1989, le geyser a de nouveau changé son comportement avec des jets d’eau chaude de 15 à 25 mètres de hauteur. Puis il a carrément explosé. L’explosion a arraché des roches et envoyé des matériaux plus petits à plus à 60 mètres de distance, laissant derrière elle un cratère de 3 mètres de diamètre. Heureusement, il n’y avait personne à proximité et il n’y eut aucun blessé.
Les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone, de l’Université de l’Utah et de l’Université du Wyoming ont mis en place un réseau de sismomètres, de stations GPS et de jauges dans les rivières du parc. L’objectif est de comprendre comment se comporte la caldeira de Yellowstone et de prévoir tout changement significatif.
Aujourd’hui, les volcanologues de Yellowstone veulent essayer de mieux comprendre les zones géographiques plus réduites comme le Norris Geyser Basin qui présentent plus de risques que les manifestations éventuelles et peu probables du super volcan. Cela fait partie d’un nouveau plan décennal de l’Observatoire visant à améliorer la surveillance et l’évaluation des risques liés à l’activité volcanique, hydrothermale et sismique à Yellowstone. Ce plan se décompose en deux volets : « backbone » et suivi de l’activité hydrothermale.
La surveillance backbone ou «épine dorsale» comprend le renforcement du système déjà en place à l’échelle de la caldeira. Le suivi de l’activité hydrothermale est nouveau. Son objectif est de contrôler l’activité dans les zones hydrothermales de Yellowstone afin de mieux la prévoir.
Dans les zones de petits geysers, les données de surveillance satellitaire indiquent que le sol peut se soulever pendant l’été lorsqu’il y a plus d’eau présente dans le sous-sol et s’affaisser à la fin de l’été lorsque cette eau s’est évacuée. Une surveillance plus étroite permettra de confirmer ce phénomène, mais indiquera aussi si un geyser isolé présente un comportement anormal comme ce fut le cas pour le Porkchop Geyser. De telles explosions hydrothermales se produisent lorsque l’eau se transforme en vapeur et doit immédiatement s’échapper vers la surface. Selon les scientifiques de Yellowstone, de telles explosions sont relativement courantes et se produisent une ou deux fois par an dans l’arrière-pays. Il s’agit d’un « risque sous-estimé » dans le Parc proprement dit et « bien plus important d’un point de vue humain qu’une éruption volcanique ». L’Observatoire Volcanologique de Yellowstone espère installer la première station de surveillance dans le Norris Geyser Basin en 2023.
Adapté d’un article du Jackson Hole News & Guide.

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Yellowstone National Park in the United States has the largest concentration of geysers in the world. The most popular is undoubtedly Old Faithful whose eruptions occur in a regular way. Other geysers like Castle Geyser or Steamboat Geyser erupt in a dramatic way but it is more difficult to predict these events. The other geysers in the park erupt when they feel like it. These eruptions may occur suddenly and violently and become a danger to visitors that would stand close by.

The operating principle of geysers is well known. Surface water (rain or snow) seeps into the ground. When it approaches a heat source such as a magma chamber, it is gradually brought to its boiling point, but the pressure conditions prevailing at these depths are so extreme that they prevent water from boiling and evaporating. Approaching the surface, the pressure drops considerably and the water can then suddenly boil. In doing so, it quickly changes into vapour and suddenly occupies a much larger volume than it did in the liquid state. This is reflected on the surface by jets of steam and fumaroles, by pools of bubbling water, but also by eruptions of water and steam called geysers.

The Porkchop Geyser in the Norris Geyser Basin was once a small hot spring that occasionally erupted. However, in 1985 the geyser’s behaviour changed. It started sending plumes of water 6 to 10 meters high from a mostly dry crater. The roaring sound of the explosion could occasionally be heard from more than one kilometer away, and in winter the spray created ice cones more than 6 meters high. Then, on the afternoon of September 5th, 1989, the geyser changed again with jets of hot water 15-25 meters tall. Then the geyser exploded. The blast uprooted rocks and sent smaller material more than 60 meters away, leaving a 3-meter-wide crater. Fortunately there was no one close enough to be hurt.

Scientists at the Yellowstone Volcano Observatory, thz University of Utah and University of Wyoming have set up a network of seismometers, GPS stations and stream gauges which measure the temperature, flow and chemistry of the park’s rivers. The goal is to understand how the Yellowstone Caldera is acting and predict any substantial changes.

Today, Yellowstone volcanologists are gearing up to try to better understand smaller geographies like the Norris Geyser Basin that pose a greater risk to human health and safety than less likely large-scale super volcano activity. This is part of the Volcano Observatory’s new 10-year plan to improve monitoring and hazards assessments of volcanic, hydrothermal and earthquake activity in the Yellowstone Plateau. That plan is broken down into two parts: “backbone” and hydrothermal monitoring.

“Backbone” monitoring includes beefing up the larger, caldera-wide system already in place. The hydrothermal monitoring is new. Its aim is to track activity within Yellowstone’s individual thermal areas and geyser basins in order to better forecast their activity.

In smaller geyser basins, satellite monitoring data indicates that the ground may rise during the summer when there’s more water present and fall in late summer when that water drains away. More detailed monitoring could confirm that, but also indicate that an individual geyser basin is doing something weird, like getting ready to explode, like Porkchop Geyser did. Such hydrothermal explosions are caused by water flashing to steam and immediately having to escape its container. According to Yellowstone scientists, such explosions are relatively common, happening once every year or two in the backcountry. They are an “under-appreciated hazard” in the front country and “one that’s far more important on human time scales than a volcanic eruption.” The Yellowstone Volcano Observatory hopes to set up the first geyser basin monitoring station in Norris Geyser Basin in 2023.

Adapted from an article in the Jackson Hole News & Guide.

Photos: C. Grandpey

Le point sur l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) // Update on the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

Il aura fallu attendre 6 jours pour voir la couverture nuageuse se dissiper et obtenir enfin une vue de l’éruption du Piton de la Fournaise. Ce sont malheureusement les heures les plus spectaculaires qui sont restées invisibles. La webcam du Piton de Bert permet aujourd’hui de voir seulement un panache de gaz qui s’échappe d’une bouche éruptive.

Selon les dernières informations fournies par l’OVPF, l’amplitude du trémor éruptif est stable et se situe à environ 20% de son niveau initial. Les fontaines ont disparu et l’écoulement de la lave se fait principalement en tunnel, avec deux axes d’écoulement. Le front de lave actif se situe dans le secteur du cratère Château-Fort, vers 2 000 m d’altitude. On estime que depuis le début de l’éruption, le 19 septembre, le volume de lave émis est de l’ordre de 1,2 à 2,6 millions de mètres cubes. Le débit actuel est assez faible, entre 1 et 3 mètres cubes par seconde.

L’accès à l’Enclos reste interdit. L’éruption est visible depuis le Piton de Bert que l’on atteint à partir du parking Foc-Foc. Comme je l’ai écrit précédemment, un plan de circulation est mis en place depuis le 23 septembre afin d’éviter les embouteillages.

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It took the clouds 6 days to dissipate and finally offer a view of the eruption of Piton de la Fournaise. Unfortunately, the most spectacular hours could not be seen. Today, the Piton de Bert webcam allows to see a gas plume coming out of an eruptive vent.
According to the latest information provided by OVPF, the amplitude of the eruptive tremor is stable at about 20% of its initial level. The fountains have disappeared and the flow of the lava is mainly in tunnels, with two axes. The active lava front is located in the area of the Château-Fort crater, around 2,000 m above sea level. It is estimated that since the start of the eruption on September 19th, the volume of lava emitted has been about 1.2 to 2.6 million cubic meters. The current lava output is low, between 1 and 3 cubic meters per second.
Access to the Enclos remains prohibited. The eruption can be observed from Piton de Bert, which can be reached from the Foc-Foc car park. As I wrote previously, a traffic plan has been in place since September 23rd to avoid traffic jams.

Vue de l’éruption grâce à la webcam du Piton de Bert

Éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : la fin des embouteillages?

L’éruption du Piton de la Fournaise, débutée le 19 septembre 2022, ne devrait pas rester dans les annales. En grande partie gâchée par le mauvais temps, elle ne présente pas une grande intensité. La pression du magma dans les conduits d’alimentation ne semble pas très forte.

Même si l’accès à l’Enclos Fouqué est strictement interdit, une éruption de la Fournaise attire toujours les foules au Pas de Bellecombe-Jacob, avec son cortège d’embouteillages sur la route qui conduit aux parkings. Ce sont souvent plus de 1000 véhicules qui se précipitent vers le site, avec des automobilistes qui se garent n’importe où le long du chemin, au risque parfois de bloquer la circulation et le passage de véhicules de secours.

Afin que ces embouteillages prennent fin, l’ONF et la mairie du Tampon ont pris des mesures pour réguler la circulation. Elles devaient entrer en vigueur dès le 23 septembre 2023. .

En cas de forte affluence, la circulation sera régulée par des patrouilles de gendarmerie et de police depuis le chemin de la Grande Savane, à Bourg-Murat. Le dispositif prévoit également la mobilisation d’agents municipaux au niveau des parkings Bellecombe-Jacob et Foc Foc afin de contrôler le flux de véhicules et faire en sortent qu’ils ne bloquent pas la circulation. Le parking du Pas de Bellecombe a une capacité de 300 places tandis que le Foc Foc peut accueillir 250 véhicules.

L’ONF a émis un arrêté qui interdit aux bus transportant plus de 23 passagers d’emprunter la route forestière n°5. La mesure est en fait en vigueur depuis le déclenchement de la phase d’alerte 2-1 « Eruption dans l’Enclos ».

Il est par ailleurs demandé à la population de respecter le site en utilisant les poubelles et sanitaires sur le parking Foc Foc.

Source: Réunion la 1ère.

Photo: C. Grandpey