Réchauffement climatique : un avenir inquiétant

Concentrations de CO2 : 430,56 ppm (23 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Exceptionnelle, historique. Les médias manquent d’adjectifs pour qualifier la vague de chaleur qui frappe la France en ce mois de juin 2026, après une première alerte caniculaire en mai. En fait, on vient de vivre le printemps et le début d’année les plus chauds jamais observés. Et ce n’est probablement pas terminé. Selon le président du GIEC, l’Europe va « inévitablement » connaître d’autres épisodes de chaleur extrême à l’avenir. Et d’ajouter:  « Le réchauffement actuel dans certaines régions ou les océans va au-delà des prévisions des scientifiques. »

Les météorologues ont déjà repéré des réserves de chaleur assez importantes au sud de l’Europe et en Afrique. Dès que le vent va tourner au sud, sous l’effet de la moindre dépression sur l’Atlantique, une vague de chaleur déferlera à nouveau sur la France. Météo-France indique qu’il y a de fortes probabilités pour qu’à partir de la semaine du 6 juillet 2026 , notre pays connaisse à nouveau des chaleurs extrêmes jusqu’au 14 juillet. Dans un tel contexte, on peut se poser des questions quant au déroulement du Tour de France qui débute le 4 juillet à Barcelone.

Il ne fait guère de doute que les canicules à répétition que nous observons depuis les années 1970 sont liées au réchauffement climatique et à l’accélération du phénomène ces dernières années.

Les relevés que je diffuse quotidiennement (voir ci-dessus) montrent que les concentrations de CO2 et de CH4 dans l’atmosphère ne baissent pas et rien, ou pas grand chose, n’est fait pour inverser la Courbe de Keeling.

A cela s’ajoute le retour du phénomène El Niño qui réchauffe la planète de manière globale. Ses effets directs touchent surtout le Pacifique, mais on sait que de nombreuses régions du globe en subissent les conséquences.

Source: Copernicus

En France, il faut s’attendre à un hiver 2026-2027 particulièrement doux et une année 2027 ponctuée de nouvelles canicules. Est-ce à dire que les 40°C et plus relevés en juin 2026 paraîtront une température raisonnable en 2050 ? Il est trop tôt pour le dire, mais à la vitesse à laquelle le climat se réchauffe, cette hypothèse ne saurait être écartée. Le nombre de jours à 40 °C a été multiplié par 20 depuis l’an 2000! Ce n’est pas le futur, c’est notre réalité. La question désormais, c’est de savoir si ce sont les étés à 45 °C qui vont devenir la norme. Et ce n’est pas du tout la même chose pour la Nature. À 40 °C, un végétal ou un animal se met en position de lutte et veut résister. À 45 °C, les conséquences biologiques sont bien plus dramatiques.

Des étés à 45°C seraient très problématiques. Je ne cesse de rappeler sur ce blog que nos glaciers représentent une source majeure d’alimentation en eau. S’ils fondent et disparaissent, des milliards de gens auront soif ! On va me rétorquer que d’ici là on aura développé les usines de dessalement de l’eau de mer. Certes, mais ce ne sera pas suffisant pour alimenter en eau potable l’ensemble de la planète. Des mesures de restriction d’alimentation en eau commencent à être prises et elles vont se multiplier. En 2026, on devrait avoir une très grande partie de la France en alerte sécheresse. À l’heure actuelle, l’eau de surface n’existe plus dans les sols agricoles.

Que font nos gouvernants devant cette accélération du réchauffement climatique ? Rien ou pas grand chose. Politique et accélération sont deux mots qui cohabitent difficilement. Les gouvernements sont habitués à prendre des mesures sur le court terme et pas sur le long terme. Comme je l’ai déjà écrit, ils adorent pratiquer la politique de l’autruche et de la patate chaude. On s’en aperçoit en constatant qu’on continue de construire des hôpitaux, comme à Nantes, sans climatisation intégrée. De la même façon, aucune anticipation n’a été faite quant à l’adaptation des établissements scolaires au réchauffement climatique. Les travaux ont été effectués à petite échelle, parfois dans l’urgence. Lors de la rénovation très récente du lycée de Limoges dans lequel j’enseignais, la climatisation des salles de classe n’a pas été prévue. De toute évidence, le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine n’a pas intégré la notion de réchauffement climatique. Aucune politique digne de ce nom n’a été mise en place dans nos écoles. Cela prouve que personne n’a compris ou voulu croire les climatologues quand ils annonçaient la crise actuelle, et maintenant nous en payons les pots cassés.

Mai 2026, 2ème mois de mai le plus chaud // May 2026, second hottest May on record

Concentrations de CO2 : 430,56 ppm (22 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Le service Copernicus sur le changement climatique (C3S) nous informe que mai 2026 a été le deuxième mois le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, sur terre comme en mer. Ce mois a été marqué par des températures de surface de la mer exceptionnellement élevées dans le Pacifique tropical, tandis que le Pacifique équatorial poursuit sa transition vers des conditions El Niño, qui devraient se développer dans les mois à venir. Ce phénomène est susceptible d’entraîner des conditions météorologiques extrêmes à l’échelle mondiale.

En Europe, le mois a été marqué par une transition rapide entre des conditions bien plus fraîches que la moyenne et l’une des vagues de chaleur les plus intenses jamais observées aussi tôt dans l’année en Europe occidentale. Cette vague de chaleur a vu de nombreux records de température battus pour un mois de mai en France, au Royaume-Uni, en Irlande et au Portugal.

Bien que remarquable, cet événement est cohérent avec le réchauffement rapide en Europe et la tendance à long terme vers des vagues de chaleur plus fréquentes, plus intenses et plus précoces (voir ma note du 20 juin 2026).

De vastes régions d’Europe occidentale, centrale et orientale – dont l’Italie et l’Espagne – ont connu des conditions plus sèches que la moyenne au cours du mois. À l’inverse, des inondations ont touché la Turquie, la Bulgarie et la Moldavie. Certaines régions du nord-ouest de l’Europe continentale, du nord de la Scandinavie, de la Finlande, de la Turquie et de la région de la mer Noire ont connu des précipitations supérieures à la moyenne.

La France confirme ce classement. Avec une anomalie thermique nationale de +2,0°C, le mois de mai 2026 se classe au 2ème rang des mois de mai les plus chauds observés depuis 1930, derrière l’exceptionnel mois de mai 2022. Malgré une période fraîche à la mi-mai, la fin du mois a été marquée par un épisode de chaleur exceptionnel qui a propulsé les températures à des niveaux inédits pour la saison.

Dans l’Arctique, l’étendue moyenne de la banquise en mai était inférieure d’environ 4 % à la moyenne. Elle se classe au quatrième rang des plus faibles pour ce mois. Dans l’Antarctique, l’étendue de la banquise en mai 2026 était inférieure d’environ 9 % à la moyenne de mai. Elle se classe au septième rang des plus faibles pour ce mois, un niveau proche de celui observé au cours des deux dernières années.

Anomalies thermiques en mer en mai 2026

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The Copernicus Climate Change Service (C3S) informs us that May 2026 was the second warmest on record globally across land and sea, The month saw exceptionally high sea surface temperatures in the tropical Pacific, as the equatorial Pacific continues its transition towards El Niño conditions, expected to develop in the coming months. This phenomenon is likely to drive extreme weather globally.

Across Europe, the month was marked by a rapid transition from much cooler-than-average conditions to one of the most intense heatwaves ever observed this early in the year in western Europe. The heatwave saw numerous temperature records broken for May with France, the UK, Ireland and Portugal. While remarkable, the event is consistent with Europe’s rapid warming and the long-term trend towards more frequent, more intense and earlier-season heatwaves.

The month saw large parts of western, central and eastern Europe – including Italy and Spain – experience drier-than-average conditions. Conversely, there was widespread flooding in Türkiye, Bulgaria and Moldova. Parts of northwest continental Europe, north Scandinavia, Finland, Türkiye and the Black Sea region were wetter than average.

France confirms this ranking. With a national temperature anomaly of +2.0°C, May 2026 ranks as the second warmest May observed since 1930, behind the exceptional May of 2022. Despite a cool period in mid-May, the end of the month was marked by an exceptional heat wave that pushed temperatures to unprecedented levels for the season.

In the Arctic, the average sea ice extent in May was about 4% below average, ranking fourth lowest for the month

In the Antarctic, the monthly sea ice extent was about 9% below the May average, ranking seventh lowest for the month, close to values observed in the past two years.

Des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses

Concentrations de CO2 : 431,32 ppm (18 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Dans un article dédié aux vagues de chaleur de ces dernières semaines, France Info explique qu’après un premier épisode de températures inédites durant le mois de mai, nous vivons à la mi-juin la première vague de chaleur de l’année 2026, selon la définition de Météo-France. Il s’agit du 52ème événement de ce type dans l’Hexagone depuis 1947, mais depuis quelques années, leur fréquence et leur intensité ont fortement augmenté, comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous où la taille des cercles correspond à la durée de la vague de chaleur.

L’article de France Info nous explique que depuis 1947 et le début de relevés précis de Météo-France, « la moitié des vagues de chaleur ont eu lieu avant 2010 – donc en 60 ans – et l’autre moitié après 2010 – donc en 15 ans. »

D’autres agences climatiques comme Copernicus ont une approche différente et préfèrent prendre 1970 comme année de référence car c’est dans les années 1970 que l’on a observé les premiers signes du réchauffement climatique. On voit d’ailleurs très clairement sur le graphique la concentration et l’intensité des vagues de chaleur depuis cette époque. La carte traduit parfaitement l’accélération du réchauffement climatique au cours des dernières décennies.

Il est intéressant d’adjoindre à ce graphique la Courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Le graphique ci-dessous montre la progression fulgurante de ces concentrations entre les années 1950 – 1970 et aujourd’hui.  La concentration de 316 ppm en 1959 est passée à environ 370 ppm en 2000, à 425 ppm en 2024 et plus de 431 ppm aujourd’hui. La NOAA fait remarquer que les concentrations moyennes ont augmenté de 1,3 à 1,4 ppm par an jusqu’au milieu des années 1970, et elles augmentaient de plus de 2 ppm par an dans les années 2010.

Source: NOAA

Il est bien évident que les gaz à effet de serre (CO2 et méthane, par exemple) d’origine anthropique sont largement responsables de la hausse des températures que nous connaissons depuis les années 1970. Avec l’accumulation des événements extrêmes et la hausse du niveau des océans, pendant combien de temps encore pourrons nous faire face au dérèglement du climat de notre planète?

Dégel du pergélisol : les rivières d’Alaska virent toujours à l’orange // Thawing permafrost : rivers in Alaska are still turning orange

Concentrations de CO2 : 431,74 ppm (8 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

Dans une note publiée le 27 juin 2024, j’expliquais que les rivières et les ruisseaux de l’Alaska changent de couleur, passant d’un beau bleu à un orange rouille, en raison des métaux toxiques libérés par le dégel du pergélisol.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Crédit photo: USGS

Aujourd’hui, en 2026, des scientifiques alertent une nouvelle fois sur le dégel du permafrost provoqué par la hausse des températures dans le monde. Le phénomène libère des métaux dans les cours d’eau. Dans la chaîne de montagnes de Brooks (Brooks Range), des chercheurs ont constaté que le dégel du pergélisol transforme des rivières autrefois limpides, avec une menace pour les poissons, les systèmes alimentaires et les populations en aval.
Une étude publiée dans Communications Earth & Environment a révélé que le dégel du pergélisol est responsable de la coloration orangée observée dans les rivières et les ruisseaux du nord de l’Alaska. Les chercheurs ont identifié deux mécanismes par lesquels la hausse des températures et le dégel des sols gelés anciens transportent le fer dans ces cours d’eau.
Le premier mécanisme se situe en altitude, où le dégel expose des roches riches en pyrite à l’air et à l’eau, déclenchant une pollution par des matériaux acides, généralement associée à l’exploitation minière.
Le second mécanisme se développe dans les zones humides de basse altitude, où le dégel dilate des sols gorgés d’eau et pauvres en oxygène.
Dans ces conditions, les microbes produisent du fer dissous qui s’oxyde ensuite dans les cours d’eau, leur donnant une couleur orange rouille. Les cours d’eau et leurs lits sont recouverts de sédiments orangés. Selon un chercheur ayant participé à des travaux sur le terrain en 2019, cela ressemblait initialement à des « eaux usées. » L’équipe scientifique a ensuite établi un lien entre ces observations et les relevés de température souterraine ainsi que la chimie des cours d’eau, démontrant que le dégel des sols est à l’origine de cette contamination.
Les chercheurs expliquent que de fines particules de fer peuvent rester en suspension dans l’eau sur plus de 100 kilomètres, réduisant sa clarté, enrobant les algues, perturbant les populations d’insectes et obstruant les branchies des poissons.
Ce phénomène exerce une pression sur l’ensemble des chaînes alimentaires, notamment sur le saumon qui dépend de gravières propres et d’écosystèmes aquatiques sains. Les communautés qui dépendent de la pêche pourraient être confrontées à des menaces sur leur sécurité alimentaire et leurs pratiques culturelles à mesure que la crise climatique s’aggrave.
Ce type de pollution est difficile à endiguer. Contrairement à la contamination à proximité d’une mine, la corrosion diffuse causée par le dégel du pergélisol peut se propager sur de vastes territoires. Les chercheurs pensent que des risques similaires pourraient apparaître ailleurs dans le monde, là où le réchauffement climatique rencontre une géologie riche en métaux, notamment dans le nord du Canada, les Andes et les Alpes.

D’après des chercheurs de l’Université d’Alaska, le suivi des températures du sol pourrait permettre aux scientifiques de prédire les futurs problèmes de qualité de l’eau. Selon eux, bien qu’« il soit impossible d’y remédier une fois que le problème est apparu », alerter à l’avance les populations situées en aval pourrait contribuer à protéger les habitats encore épargnés.
Source : The Cool Down via Yahoo News.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

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In a post published on June 27, 2024, I explained that Alaska’s rivers and streams are changing color, shifting from a beautiful blue to a rusty orange, due to toxic metals released by thawing permafrost.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Today, in 2026, scientists warn again that rising global temperatures are thawing long-frozen ground and releasing metals into waterways. In Alaska’s Brooks Range, researchers found that permafrost thaw is transforming once-clear rivers in ways that could threaten fish, food systems, and communities downstream.

A study in Communications Earth & Environment found that thawing permafrost is responsible for the orange discoloration seen in rivers and streams across northern Alaska. The researchers identified two routes by which rising temperatures and the thawing of ancient frozen soil are bringing iron into these waterways.

One starts at higher elevations, where thaw is exposing pyrite-rich rock to air and water, setting off acid rock drainage, a type of pollution more often associated with mining.

The other is unfolding in lower-elevation wetlands, where thaw is expanding waterlogged, low-oxygen soils.

Under those conditions, microbes produce dissolved iron that later oxidizes in streams, turning the water rusty orange. Waterways and streambeds appear coated in orange sediment, a change one researcher said initially looked « like sewage » when it was spotted during fieldwork in 2019. The research team then linked those scenes to underground temperature records and stream chemistry, showing that thawing soil is driving the contamination.

Researchers explain that fine iron particles may remain suspended in the water for more than 100 kilometers, reducing clarity, coating algae, disrupting insect populations, and clogging fish gills.

That puts pressure on entire food webs, including salmon that depend on clean gravel beds and healthy aquatic ecosystems. Communities that rely on fish may face threats to food security and cultural practices as the climate crisis worsens.

This kind of pollution is difficult to stop. Unlike contamination near a mine, diffuse rusting caused by thawing permafrost can spread across vast, remote landscapes. Researchers say similar risks could emerge anywhere warming temperatures intersect with metal-rich geology, including northern Canada, the Andes, and the Alps.

According to University of Alaska researchers, tracking ground temperatures could allow scientists to predict future water-quality problems. While « there’s no fixing this once it starts, » providing downstream communities with advance warning could help protect habitats that are still intact.

Source : The Cool Down via Yahoo News.