Planchón-Peteroa (Chili / Chile): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

Suite à une augmentation de la sismicité accrue et d’un dégazage plus intense, le SERNAGEOMIN a fait passer le niveau d’alerte du complexe volcanique Planchón-Peteroa de Vert à JAUNE le 6 juillet 2018..
La Protection Civile conseille aux visiteurs de respecter la zone de sécurité de 3 km autour des cratères actifs.
La dernière éruption de ce volcan a eu lieu entre février et juin 2011, avec un VEI de 3.
Le SERNAGEOMIN indique que la sismicité inclut des événements volcano-tectoniques d’une magnitude maximale de M 1,3, à des profondeurs d’environ 5 km dans la partie nord-ouest du complexe volcanique. En outre, des événements LP sont enregistrés, correspondant à la dynamique des fluides à l’intérieur du système volcanique. Enfin, on observe une augmentation du tremor volcanique depuis le début de l’année 2016.
Le Planchón-Peteroa est un volcan complexe de forme oblongue situé le long de la frontière Chili-Argentine. Il présente plusieurs caldeiras qui se chevauchent.
Source: SERNAGEOMIN.

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Due to increased seismicity and more intense degassing, SERNAGEOMIN raised the alert level from Green to YELLOW  for the Planchón-Peteroa volcanic complex on July 6th, 2018. .

Civil Defense advises visitors to respect the safety zone of 3 km around th active craters.

The last eruption took place between February and June 2011. It was given a VEI of 3.

SERNAGEOMIN indicates that seismicity includes volcano-tectonic events with a maximum magnitude of M 1.3 at depths of about 5 km in the NW part of the volcanic complex. Besides, LP events are recorded, corresponding to the dynamics of fluids inside the volcanic system. At last, there has been an increase in the volcanic tremor since the beginning of 2016.

Planchón-Peteroa is an elongated complex volcano along the Chile-Argentina border with several overlapping calderas.

Source: SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

Mont Agung (Bali / Indonésie)

Dans son dernier bulletin hebdomadaire, la Smithsonian Institution résume les rapports publiés en indonésien (il serait souhaitable que certains d’entre eux soient rédigés en anglais!) par le Département de l’Énergie et des Ressources minérales (PVMBG) à propos de l’activité du Mont Agung.
Selon le bulletin du GVN, la sismicité continue d’être dominée par les événements basse fréquence. Le nombre de séismes est passé de 15 par jour le 25 juin à 69 par jour le 28 juin. Un tremor harmonique est apparu le 27 juin, jour où un événement a généré un panache de cendre qui s’est élevé de 2 km au-dessus du cratère. Les émissions de gaz et de cendre ont été continues les 28 et 29 juin et atteignaient environ 2 km de hauteur. L’incandescence se reflétait dans le panache et les données satellitaires ont confirmé que de la lave à haute température (1200°C) s’épanchait au fond du cratère. L’intensité de l’anomalie thermique du 29 juin était la plus importante enregistrée sur l’Agung depuis le début de l’éruption le 21 novembre 2017. Les panaches de cendre du 28 juin ont obligé certaines compagnies aériennes à annuler leurs vols vers Bali et des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs villages.
La lave continuait à se répandre  dans le cratère et, le 1er juillet, le volume estimé de lave nouvellement produite était de 4-5 millions de mètres cubes, de sorte que le volume total de lave émise depuis le 21 novembre 2017 atteint 27-28 millions de mètres cubes, soit 50% du volume total du cratère. La différence de hauteur entre la partie la plus basse du cratère (côté SO) et la partie la plus haute de la surface de la lave au centre du cratère était de 85-90 mètres le 1er juillet 2018. Les données satellitaires montrent que l’intensité de l’anomalie thermique a diminué entre le 28 juin et le 2 juillet, tout en restant à un niveau élevé. A 21h04 le 2 juillet, une explosion a généré un panache de cendre qui s’est élevé jusqu’à 7-9 km au-dessus de la lèvre du cratère ; elle a éjecté des matériaux incandescents jusqu’à 2 km sur les flancs du volcan (voir ma note à propos de cet événement). Les matériaux incandescents ont provoqué des feux de forêt sur les flancs supérieurs et l’événement a incité environ 700 personnes à quitter leurs habitations. Un autre événement explosif à 04h13 le 3 juillet a généré un panache de cendre qui a atteint environ 2 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et la zone d’exclusion conserve un rayon de 4 km.
Source: Global Volcanism Network.

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In its latest weekly update, the Smithsonian Institution summarizes the reports released in Indonesian (it would be great if some of them could be written in English!) by the Department of Energy and Mineral Resources (PVMBG) about the activity at Mt Agung.

Seismicity continues to be dominated by low-frequency events. The number of earthquakes increased from 15 per day on June 25th to 69 per day on June 28th. Harmonic tremor emerged on June 27th, the day when an event generated an ash plume that rose 2 km above the crater. Gas-and-ash emissions were continuous on June 28th and 29th, rising around 2 km, and incandescence was reflected in the plume; satellite data confirmed that high-temperature (1,200°C) lava flowed onto the crater floor. The intensity of the thermal anomaly on June 29th was the largest recorded at Mt Agung since the beginning of the eruption on November 21st 2017. The ash plumes on June 28th caused some airlines to cancel flights to Bali, and ashfall was reported in several villages.

Lava continued to effuse, and by July 1st, the estimated volume of new lava was 4-5 million cubic metres, making the total volume erupted since November 21st, 2017 around 27-28 million cubic metres (50% of the total crater volume). The height difference between the lowest part of the crater rim (SW side) and the highest part of the lava surface (in the centre of the crater) was 85-90 metres. Satellite data showed that the intensity of the thermal anomaly decreased between June 28th and July 2nd, though still remained at a high level. At 21 :04 on  July 2nd, an explosion generated an ash plume that rose 7-9 km above the crater rim, and ejected incandescent material as far as 2 km onto the flanks (see my post abou this event). The deposits caused forest fires on the upper flanks, and the event prompted about 700 people to evacuate. Another explosive event at 04:13 on July 3rd generated an ash plume that rose around 2 km. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the exclusion zone is stable at a 4-km radius.

Source: Global Volcanism Network.

L’activité de l’Agung le 28 juin 2018 vue par la webcam

La sismicité à Mayotte (Archipel des Comores) // Seismicity in Mayotte (Comoro Islands)

Il y a quelques semaines, un de mes amis m’a indiqué qu’une sismicité persistante affectait l’île de Mayotte (250 000 habitants) dans l’archipel des Comores. Sa fille est médecin dans un hôpital et elle s’inquiète quand elle ressent les secousses, que ce soit à l’hôpital ou à son domicile. À l’hôpital, elle reçoit la visite de patients qui souffrent de crises d’angoisse. Aucune blessure grave n’a été signalée mais des dégâts plus ou moins importants ont été observés sur les bâtiments. Plusieurs familles ont dû être évacuées à cause des fissures apparues dans leurs maisons. Beaucoup de gens ont préféré dormir dans les rues au début du mois de mai, ne sachant pas si la sismicité allait empirer, avec le risque de voir leurs maisons s’effondrer.

Selon le journal Africa Times, les pompiers de Mayotte se livrent à des exercices de simulation de sauvetage de personnes prises au piège d’un glissement de terrain. Par ailleurs, la population est invitée à vérifier l’évolution des fissures sur les murs des maisons.
En fait, cette sismicité dure depuis près de deux mois, et personne n’en connaît exactement la cause. Les épicentres des essaims sismiques ont été localisés à une cinquantaine de kilomètres à l’est de l’île. L’événement le plus significatif jusqu’à présent a atteint une magnitude de M 5,8 le 15 mai 2018. Selon les scientifiques du BRGM qui ont été envoyés à Mayotte, les événements enregistrés dans l’essaim actuel sont du même ordre de grandeur que ceux de 1981 et décembre 1985. Ils font partie d’une sismicité connue et modérée dans le Canal du Mozambique (voir image ci-dessous).
En raison de la situation géographique des Comores, la sismicité à Mayotte pourrait avoir une double origine volcanique et tectonique qui traduit d’une part la position géodynamique de l’archipel sur un point chaud actif et, d’autre part, sa position probable sur le front de la déformation du rift est-africain.
Mayotte est la plus ancienne île volcanique des Comores et ne possède pas de volcan actif. Aujourd’hui, l’activité volcanique se limite au volcan Karthala sur l’île de Grande Comore.
Source: BRGM, African Times, The Watchers.

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A few weeks ago, a friend of mine alerted me to the seismicity that is affecting the island of Mayotte (pop. 250,000) in the Comoros. His daughter is a doctor in a hospital and she is getting anxious when she feels the tremors both in the hospital and in her house. At the hospital, she is visited by patients who suffer from anxiety attacks. No serious injury has been reported but minor damage to buildings has been observed. Several families had to be evacuated because of the damage caused to their homes. Many people slept in the streets during first days in May as they did not know if the earthquakes would become worse and potentially collapse their homes.

According to the newspaper Africa Times, Mayotte’s firefighters are conducting drills designed to simulate rescuing people trapped by a landslide, and emergency experts are teaching the local population to check their homes for cracked walls.

Actually, this seismicity is been going on for nearly two months, and nobody knows exactly what the cause is. The epicentres of the seismic swarms have been located about 50 km to the east of the island. The largest event so far reached M 5.8 on May 15th, 2018. According to BRGM experts who have been sent to Mayotte, the events in the current swarm are of the same order of magnitude as those of 1981 and December 1985. They are part of a known and moderate seismicity in the Mozambique Channel (see figure below).

Due to the geographic situation of the archipelago of Comoros, the seismicity in Mayotte might have a double volcanic and tectonic origin which translates both their geodynamic position on an active hot spot and their probable position at the front of the deformation of the East African rift.

Mayotte is the oldest volcanic island of Comoros and has no active volcano. Today, volcanic activity is restricted to the Karthala volcano at Grande Comore.

Source: BRGM, African Times, The Watchers.

 

Sismicité à Mayotte et dans toute la région (Source: BRGM)

Contexte tectonique de la région (Source: BRGM)

Angoisse à Volcano (Hawaii) // Anxiety in Volcano village (Hawaii)

Ceux qui ont visité le Parc National des Volcans d’Hawaï sont probablement passés par Volcano, un village situé sur la Highway 11, à quelques kilomètres de l’entrée du parc. Personnellement, j’adore cet endroit et j’ai eu l’occasion de séjourner dans un très joli B & B au coeur d’une forêt de fougères arborescentes. Aujourd’hui, un tel séjour serait moins agréable qu’il y a quelques mois. En effet, en raison de l’éruption du Kilauea et de l’effondrement du cratère de l’Halema’uma’u, toute la zone sommitale connaît une sismicité élevée, avec de nombreux événements ressentis par la population.
Les habitants de Volcano sont capables de définir la magnitude des séismes en fonction de leurs effets sur leurs maisons. Ainsi, si les lustres oscillent, c’est une magnitude de 3. Si l’eau déborde du bassin de récupération des eaux pluviales, c’est une magnitude de 5. Ils sont aussi capables de dire quels sont les événements inoffensifs et ceux auxquels il faut porter une plus grande attention.

Le problème est que personne ne sait quand l’éruption va s’arrêter. Comme l’a dit un géologue du HVO: «Nous ne savons pas si c’est le début, le milieu, ou si nous approchons de la fin.» Comme je l’ai déjà précisé, la sismicité peut continuer même après la fin de l’éruption, le temps pour la caldeira sommitale de se stabiliser.
Pendant plusieurs semaines, les affaissements enregistrés dans la caldeira sommitale suite à la disparition du lac de lave ont fait augmenter le volume du cratère d’environ 10 millions de mètres cubes par jour. Cette subsidence s’accompagne d’explosions provoquées par la libération de la pression lors de l’évacuation des gaz. Elles sont plus ou moins régulières  et s’accompagnent de vibrations qui ressemblent à des séismes d’une magnitude pouvant atteindre M 5,4. Les explosions se produisent à peu près une fois par jour. Après une explosion, l’activité sismique diminue pendant un certain temps, mais reprend de la vigueur par la suite jusqu’à ce qu’une nouvelle explosion secoue le volcan.

Ce cycle constant est particulièrement éprouvant pour les habitants du village. Certains d’entre eux préfèrent rester dehors tout le temps parce qu’ils ne supportent pas de sentir leur maison trembler. D’autres disent que les secousses à répétition causent des dégâts, avec l’ouverture de fissures sur les murs et les plafonds.
Un habitant de Volcano a déclaré que des fractures sont apparues à la surface de Piimauna Drive, la seule route d’accès à sa subdivision. Bien que la route soit toujours praticable, des fractures sont apparues à sa surface et se sont élargies depuis le début de l’activité sismique. Il se demande maintenant si sa maison pourra toujours disposer d’une voie d’accès.

Au cours d’une récente réunion qui s’est tenue à Volcano, un ranger du Parc des Volcans a déclaré qu’il était confiant quant à la réouverture du Parc qui se modifie à vue d’œil. Le cratère qui ne cesse de s’agrandir a déjà avalé un parking, et le Musée Jaggar est susceptible de connaître le même sort.  Cependant, les représentants du HVO ont rassuré les habitants en leur indiquant que l’effondrement de la caldeira ne devrait pas se propager loin du sommet. Les fractures sur les routes autour de Volcano sont causées par des contraintes répétées ; ce  ne sont pas des fractures volcaniques ou des affaissements de terrain.

La population de Volcano reste inquiète. Il y a beaucoup moins de visiteurs à l’heure actuelle étant donné que le Parc des Volcans est fermé. Les habitants et les propriétaires d’entreprises commerciales sont impatients de voir la situation redevenir normale.
Adapté d’un article du Hawaii Tribune Herald.

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Those who have visited Hawaiian Volcanoes National Park probably drove along Volcano, a village located on Highway 11, a few miles before the park entrance. Personally, I love the place and I happened to stay in a very nice B&B amid a forest of tree ferns. However, today, such a stay would be less pleasant than a few months ago. Indeed, because of the current Kilauea eruption and the collapse of Halema’uma’u Crater, the whole summit area is going through elevated seismicity, with many events that can be felt by the population.

People in Volcano are able to define the magnitude of the quakes according to their effects in their homes. If the lights by the window shake, it’s a magnitude 3. If the water sloshes out of the catchment tank, it’s a magnitude 5. Thus, they can determine which quakes are nothing to worry about and which ones might be something more.

The problem is that nobody knows when it will stop. As one HVO geologist put it: “We don’t know if this is the beginning, the middle or if we’re getting close to the end.”  As I put it before, seismicity may continue even after the end of the eruption, time for the summit caldera to stabilise.

For several weeks, ground subsidence around the summit caldera following the recession of the lava reservoir has caused the volume of the crater to expand by approximately 10 million cubic metres per day. This subsidence is accompanied by semi-regular pressure explosions, and tremblors which register as earthquakes with magnitudes up to M 5.4. The explosions happen roughly once per day. Following an explosion, seismic activity lessens for a time, but additional tremors of increasing intensity occur throughout the day until another explosion shakes the volcano.

This constant cycle is nerve-wracking for the village’s inhabitants. Some residents had rather stay outside all the time because they can’t stand listening to their houses shake. Others say the repeated quakes are causing damage to their homes with the opening of fissures on the walls and the ceiling.

A Volcano resident said cracks have appeared at the surface of Piimauna Drive, the only road in or out of her subdivision. While the road is still passable, cracks in the surface have developed and expanded since the quakes began, leading her to worry that eventually she might have no way out.

During a recent meeting held in the village, a ranger for Hawaii Volcanoes National Park said he was confident that the park will reopen eventually, although the park will be drastically changed when it does. The ever-widening crater already has swallowed a parking lot, with Jaggar Museum likely to follow. However, HVO representatives reassured residents that the caldera collapse is not expected to spread far from the summit. Cracks in Volcano road surfaces are entirely caused by repeated stress rather than volcanic fissures or sinking land.

Residents remain uneasy though, and with far fewer visitors to Volcano now that the park is closed, residents and business owners are eager to see the situation  return to normal.

Adapted from an article in the Hawaii Tribune Herald.

Crédit photo: USGS