Islande : éruption…ou pas éruption ? // Iceland : will there be an eruption ?

Les volcanologues islandais sont peut-être « très calés » (dixit un chercheur du laboratoire Magmas et Volcans de Clermont-Ferrand), mais des articles parus sur le site Iceland Monitor montrent que leurs points de vue divergent quant à la situation sur la péninsule de Reykjanes et à la probabilité d’une éruption.
Le volcanologue Þorvaldur Þórðarson explique qu’il est impossible de prédire si et quand une nouvelle éruption se produira sur la péninsule, car les hypothèses utilisées jusqu’alors pour effectuer des prévisions ne sont plus fiables. La dernière éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar a débuté le 20 novembre 2024 et a duré jusqu’au 9 décembre. Cependant, les prévisions concernant la date d’une nouvelle éruption se sont jusqu’à présent révélées inexactes.
Þórðarson a noté que l’inflation, qui montrait une hausse régulière, a considérablement ralenti en mars. « La courbe s’aplatit maintenant. Cela signifie peut-être que la situation est sur le point de se terminer. » Malgré ce ralentissement apparent, le volcanologue souligne que les modèles antérieurs de chronologie des éruptions ne sont plus valables. « Une éruption peut tout aussi bien commencer demain, la semaine prochaine, ou ne pas avoir lieu du tout. »

Quelques jours avant Þorvaldur Þórðarson, Páll Einarsson, professeur émérite de géophysique à l’Université d’Islande, avait proposé une approche différente de la situation sur la péninsule de Reykjanes. Selon lui, l’inflation continue et les séismes fréquents montrent qu’une nouvelle éruption pourrait être imminente. « L’inflation se poursuit, et les séismes se produisent en conséquence. » Tout porterait donc à croire qu’une intrusion magmatique se produira sous peu. Einarsson a ajouté que la plupart des paramètres montre que la huitième éruption à Sundhnúkagígar est imminente.
Bien que le moment précis de l’éruption reste incertain, le scientifique souligne que rien ne permet de prédire quand elle se produira. « La situation montre qu’elle pourrait se déclencher à tout moment, mais elle pourrait aussi être retardée. »
Depuis l’éruption de décembre 2023, l’intervalle entre les éruptions est de plus en plus long. Selon lui, ce retard est susceptible de provoquer une éruption plus puissante que les précédentes.
Il explique que divers scénarios sont possibles après la prochaine éruption, notamment un déplacement du flux magmatique vers d’autres zones de la péninsule de Reykjanes.

À la lecture des avis des deux scientifiques, on peut conclure que la meilleure chose à faire est d’attendre et voir. La Nature décidera de ce qui se passera. Il pourrait y avoir une éruption… ou pas d’éruption. En écrivant ceci, je ne dénigre pas les deux volcanologues islandais (comme le chercheur de Clermont m’en a accusé) qui font de leur mieux. Je confirme simplement ce que j’ai déjà écrit à plusieurs reprises : « Nous ne sommes pas capables de prévoir les éruptions volcaniques.»
Source : Iceland Monitor.

La lave coulera-t-elle à nouveau sur la péninsule de Reykjanes?

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Icelandic volcanologists may be highly qualified (so told me a researcher at the Magma et Volcans Lab in Clermont Ferrand), but in Iceland they hold different points of view about the situation on the Reykjanes Peninsula and the likemihood of an eruption.

Volcanologist Þorvaldur Þórðarson cautions that it is impossible to predict if or when another eruption will occur on the peninsula, as the assumptions previously used to forecast eruptions are no longer reliable. The last eruption in the Sundhnúkagígar crater row began on November 20, 2024, and lasted until December 9. However, predictions about the timing of a new eruption have so far proven inaccurate.

Þórðarson has noted that inflation, which had been steadily increasing, has slowed considerably in March. “The curve is now flattening. Maybe that means this is just about to end.” Despite the apparent slowdown, the volcanologist emphasizes that previous models for eruption timing are no longer valid. “An eruption could just as easily begin tomorrow, next week, or not at all.

A few days before Þorvaldur Þórðarson, Páll Einarsson, professor emeritus of geophysics at the University of Iceland, held a different approach to the situation on the Reykjanes Peninsula. In his opinion, the ongoing inflation and frequent earthquakes on the Reykjanes Peninsula suggest that a new eruption may be imminent. « The inflation continues, and earthquakes are occurring correspondingly. Everything points to a magma run before too long. » Einarsson added that most indicators suggest that the eighth eruption in the Sundhnúkagígar crater row is about to occur. T

While the precise timing of the eruption remains unclear, the scientist emphasizes that there are no definitive signs to predict when it will occur. « The situation suggests that it could erupt at any time, but it could also be delayed. »

Since the December 2023 eruption, the period between eruptions has been longer than ever before. Einarsson does not rule out the possibility that this delay could result in a more powerful eruption than those preceding it.

Einarsson explained that various scenarios are possible after the next eruption, one of which is that the magma flow could shift to other areas on the Reykjanes Peninsula.

Reading the opinions of the two scientists, we can conclude that the thing to do is to wait and see. Nature will decide what will happen. There may be an eruption…or no eruption. Writing this, I am not denigrating the two Icelandic volcanologists (as the Clermont researcher accused me of doing) . I’m just confirming what I wrote severakl times before : We are not yet able to predict eruptions.

Source : Iceland Monitor.

La Photo de l’Année en Islande // Photo of the Year in Iceland

Le 14 janvier 2024, une fracture éruptive s’est ouverte à quelques centaines de mètres des habitations au nord de Grindavík, au pied du mont Hagafell. Le même jour, une autre fracture s’est ouverte à 20 mètres des habitations les plus proches. Un homme, Lúðvík Pétursson, a été porté disparu après être tombé dans l’une d’elles. Il travaillait à compacter le sol dans une crevasse lorsqu’il a fait une chute à l’intérieur. Une opération de secours et de recherche impliquant plus de 200 personnes a été organisée, mais le malheureux n’a jamais été retrouvé. Les recherches ont été interrompues pour des raisons de sécurité.
Eggert Jóhannesson, photographe pour le journal islandais Morgunblaðið, a reçu le prix de la Photo d’actualité de l’année 2024 décerné par l’Association islandaise des photographes de presse. Ce prix prestigieux lui a été décerné pour sa photo prise en janvier 2024 lors des recherches entreprises pour retrouver Lúðvík Pétursson.
Le jury a particulièrement apprécié la photo dans laquelle Jóhannesson a su capturer le moment où toute l’Islande a pleinement pris conscience de la gravité de la situation à Grindavík. Selon le jury, « la photo capture l’intensité de l’instant, tout en soulignant l’ampleur et la difficulté des opérations de sauvetage. Elle traduit les immenses défis auxquels sont confrontés sauveteurs et photographes dans des conditions extrêmement dangereuses. La capacité du photographe à cadrer l’instant avec tant de force traduit parfaitement la tension et le danger présents sur les lieux. L’image rappelle également avec force que la fracture ne se trouvait pas en milieu ouvert, mais à côté d’une maison, qui semble vaciller au bord du néant.» Le jury a également félicité le photographe pour avoir exploité les conditions défavorables afin d’accentuer la profondeur de l’image. Ainsi, l’humidité sur l’objectif ajoute une impression tangible de l’environnement périlleux. « Bien que la scène puisse paraître calme vue d’en haut, une lourdeur sous-jacente s’en dégage. Les drapeaux rouges ajoutent une touche symbolique, nous rappelant la gravité de la situation. »
Source : Iceland Monitor, où vous trouverez une image en haute résolution.

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Sur le terrain, on attend l’éruption…qui ne vient pas. Initialement prévue fin janvier 2025 par les volcanologues islandais, puis le 20 mars, elle ne s’est toujours pas déclenchée. Dans son dernier bulletin du 18 mars, le Met Office indique que le soulèvement du sol se poursuit à Svartsengi, bien qu’à un rythme légèrement réduit. Effectivement, les graphiques montrent une stabilisation du phénomène, avec une courbe qui tend à devenir horizontale. Selon le Met Office, le volume de magma accumulé n’a jamais été aussi important depuis le début de la série d’éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur en décembre 2023.

Évolution de l’inflation au cours des derniers mois (Source: Met Office)

Il semble que, pour le moment, la pression des gaz ne soit pas suffisante pour permettre à la lave de percer la surface. De plus, la sismicité est faible. Se dirige-t-on vers une éruption avortée, comme cela s’est déjà produit en Islande ? La lave sortira-t-elle dans le secteur de Sundhnúkur, ou bien optera-t-elle pour celui où a eu lieu le dernier essaim sismique ? Le magma restera-t-il sous terre pour former un dyke ? Autant de questions auxquelles personne n’est capable de répondre. Dans la mesure où des vies humaines ne sont pas menacées, l’issue de cette situation importe peu. Si une éruption avec importante émission de lave devait avoir lieu, les seules structures menacées seraient la centrale géothermique et le Blue Lagoon. Si éruption il y a, il faut espérer que les digues de terre éviteront des conséquences fâcheuses pour l’alimentation en eau chaude et en électricité de cette partie de l’Islande.

Depuis la fin de la dernière éruption de décembre 2024, les scientifiques du Met Office et de l’Université d’Islande ont émis de nombreuses hypothèses sur la situation dans la péninsule de Reykjanes. Certains affirment aujourd’hui que l’importante accumulation de magma pourrait provoquer une éruption plus puissante que les précédentes sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur . Des scientifiques du Met Office ont récemment déclaré que la période éruptive actuelle sur la péninsule de Reykjanes pourrait durer des siècles et alterner entre les systèmes volcaniques. À côté de cela, on pouvait lire il y a quelques semaines que la prochaine éruption, si elle se produit, sera probablement la dernière de la série. Un autre scientifique a déclaré qu’avec la lente accumulation actuelle du magma, il pourrait s’écouler plusieurs mois, voire des années, avant que suffisamment de magma s’accumule pour déclencher la neuvième éruption à Sundhnúkur. Le volcanologue a ajouté : « Cela rend plus difficile la prévision du moment de la prochaine éruption avec plus de quelques mois de précision, et on ne sait même pas s’il y aura une éruption. »

L’exemple le plus récent d’une telle situation, avant les éruptions sur la péninsule de Reykjanes, concerne le volcan Krafla dans le nord-est de l’Islande, qui est entré en éruption de 1975 à 1984. Il y a eu neuf éruptions, et vers la fin de la série, l’afflux de magma dans la caldeira a considérablement ralenti. Le soulèvement du sol s’est arrêté pendant trois ans après la dernière éruption. Il a repris pendant deux ans et s’est terminé en 1990 sans autre éruption. J’étais en Islande à ce moment-là. La sismicité était élevée ; le sol avait gonflé d’environ un mètre à la centrale géothermique, mais l’éruption a finalement avorté.

Éruption du Krafla en septembre 1984 (Source: Smithsonian Institution)

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On January 14th, 2024, an eruptive fissure opened just a few hundred meters from homes north of Grindavík, at the foot of Hagafell Mountain. That same day, another fissure opened 20 meters from the nearest homes. A man, Lúðvík Pétursson, was missing after falling into a crack in the ground. He had been working to compact soil into a crevasse when he fell into it. A search and rescue operation involving more than 200 people was organised but they could never find the missing person. The search was called off for safety reasons..

Eggert Jóhannesson, a photographer for the Icelandic newspaper Morgunblaðið, has been awarded the News Photo of the Year 2024 by the Icelandic Press Photographers Association. The prestigious award was presented for his striking photograph taken in January 2024 during the search efforts in Grindavík for Lúðvík Pétursson, .

The jury praised Jóhannesson’s image for capturing the moment when the whole of Iceland fully grasped the gravity of the situation in Grindavík. « The photo captures the poignancy of the moment, highlighting the vast scope and difficulty of the rescue operations, » the jury said. « It conveys the immense challenges faced by rescuers and photographers alike in extremely hazardous conditions. The photographer’s ability to frame the moment so powerfully speaks to the tension and danger present at the scene. The image is also a stark reminder that the crack was not in an open field, but next to a house, one that seems to be teetering on the edge of nothingness. » The jury further commended the photographer for using the adverse conditions to enhance the image’s depth, noting the wetness on the lens that added a tangible sense of the perilous environment. « Though the scene may seem calm from above, there is an underlying heaviness. The red flags add a symbolic touch, reminding us of the gravity of the situation. »

Source : Iceland Monitor where you will see a higher resolution image.

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On the field, everybody is waiting for the eruption… which hasn’t happened yet. Initially predicted by Icelandic volcanologists for late January 2025, then on March 20th, it still hasn’t occurred. In its latest bulletin dated March 18th, the Met Office indicates that ground uplift is continuing at Svartsengi, albeit at a slightly reduced rate. Indeed, the graphs show a stabilization of the phenomenon, with a curve tending to become horizontal. According to the Met Office, the volume of accumulated magma has never been this large since the beginning of the series of eruptions along the Sundhnúkur crater row in December 2023.
It appears that, for the moment, the gas pressure is not sufficient to help the lava to break through the surface. Moreover, seismicity is low. Are we heading towards an aborted eruption, as has already happened in Iceland? Will the lava erupt in the Sundhnúkur area, or will it choose the area where the last seismic swarm was observed? Will magma remain underground to form a dike? These are all questions no one can answer. As long as human lives are not at risk, the outcome of this situation matters little. If an eruption with significant lava flows were to occur, the only structures threatened would be the geothermal power plant and the Blue Lagoon. If an eruption does occur, it is to be hoped that the earth dikes will prevent adverse consequences for the hot water and electricity supply in this part of Iceland.

Since the end of the last eruption of December 2024, scientists at the Met office and the University of Iceland have released numerous predictions about the situation on the Reykjanes Peninsule. Some are saying today that beacuse a large quantity of magma has accumulated, the next eruption in the Sundhnúkur crater row could be stronger than the previous ones. Dcientists at the Met Office recently declared that the current eruptive period on the Reykjanes peninsula could last for centuries and shift between volcanic systems. One could read a few weeks ago that the next eruption, if it occurs, would be the last of the series. Another scientists has declared that with the current slow magma accumulation, many months or even years could pass before enough magma builds up to trigger the ninth eruption in the Sundhnúkur crater row. The volcanologist added : « This also makes it more difficult to predict the timing of the next eruption with more than a few months’ accuracy, or whether it will even erupt at all. » The most recent example before the eruptions on the Reykjanes peninsula is the one of Krafla volcano in north-east Iceland, which lasted from 1975 to 1984. There were nine eruptions, and towards the end, magma inflow into the Krafla caldera slowed significantly. Ground uplift halted for three years after the last eruption but resumed for two years and ended in 1990 without further eruptions. I was in Iceland by that time. Seismicity was elevated ; the ground had inflated by about one meter at the geothermal power station, but the eruption finally aborted.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le Fuego (Guatemala) est entré en éruption le 10 mars 2025 avec des fontaines de lave de 300 m de hauteur. La cendre est montée jusqu’à 5 km d’altitude et les coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs du volcan sur 5 à 7 km. Les autorités ont évacué près de 300 familles, soit environ 1 000 personnes, tout en avertissant que 30 000 autres personnes de la région pourraient être en danger et devraient évacuer elles-mêmes si nécessaire. Des bus ont amené les évacués avec leurs effets personnels jusqu’à une mairie transformée en abri temporaire. Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat.
Une alerte a été lancée par les autorités le 9 mars afin de coordonner les secours et les mesures préventives. Le gouvernement a suspendu les activités scolaires dans la région et fermé une route traversant le village qui relie le sud du pays à Antigua, la destination touristique la plus populaire du Guatemala. L’INSIVUMEH a recommandé aux compagnies aériennes de prendre des précautions en raison des cendres qui se sont répandues sur une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Fuego.

L’activité a ensuite commencé à diminuer et, le 10 mars à 11h30 (heure locale), les explosions n’étaient plus continues. L’INSIVUMEH a publié un rapport à 18h00 indiquant que l’activité et la sismicité étaient revenues à la normale. De grandes quantités de cendres n’étaient plus observéesées dans l’air. Les anomalies thermiques n’étaient plus, non plus, détectées dans les données satellitaires.

La dernière éruption du volcan remonte à juin 2023. Une éruption en 2018 a officiellement tué 194 personnes et fait 234 disparus, mais le bilan réel est bien plus lourd. .
Source : INSIVUMEH, Conred.

 

Image webcam du Fuego le 10 mars 2025

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Toujours pas d’éruption en Islande, même si le soulèvement du sol à Svartsengi a dépassé celui des éruptions précédentes. Certains volcanologques pensent que le cycle éruptif actuel sur le chaîne de cratères de Sundhnúkagígar touche à sa fin. D’autres se demandent si l’activité éruptive ne risquait pas de migrer vers le secteur de Krysuvik qui a connu deux essaims sismiques ces derniers jours. Cette hypothèse est critiquée par d’autres scientifiques qui pensent que l’éruption pourrait se produire fin mars dans la même zone que lors des derniers événements. C’est le point de vue du Met Office qui fait état d’une hausse de la sismicité et pense que l’éruption (si éruption il y a) aura lieu, comme précédemment, sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur.

Toujours un gonflement du sol….mais pas d’éruption! (Source: Met Office)

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Le mont Spurr (Alaska) présente toujours des signes d’activité. Lors de récents survols, les scientifiques de l’AVO ont observé d’importantes émissions de gaz provenant de fumerolles récemment réactivées au niveau de Crater Peak. L’activité sismique et la déformation du sol se poursuivent. L’augmentation des émissions de gaz confirme l’intrusion de nouveau magma dans la croûte terrestre sous le volcan et indique qu’une éruption est probable, mais pas certaine, dans les prochaines semaines ou les prochains mois. Si elle se produit, il s’agira probablement d’une éruption explosive, comme celles de 1953 et 1992, qui ont duré quelques heures et produit des nuages ​​de cendres provoquant de légères retombées sur les localités de la partie centre-sud de l’Alaska. Source : AVO.

Source: AVO

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Comme je l’ai indiqué dans ma note du 12 mas 2025, l’épisode 13 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé à 15h13 (heure locale) le 11 mars 2025. La bouche nord a brusquement cessé ses fontaines de lave à 15h11. Par la suite, la fontaine au niveau de la bouche sud est devenue instable et a également cessé son activité à 15h13. L’épisode 13 a duré 12 heures et 37 minutes, et les coulées de lave ont recouvert plus de 60 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
Comme précédemment, un tilt déflationniste a été observé pendant l’épisode, et l’inflation a repris à 15h13 après la fin des fontaines, signe probable d’un 14ème épisode éruptif.
Les émissions de SO2 ont atteint environ 40 000 tonnes par jour lorsque les fontaines de lave étaient les plus actives. Des retombées de cheveux de Pele ont été signalées à Pahala, à environ 40 kilomètres sous le vent, au sud-ouest de l’Halemaʻumaʻu. Chaque épisode éruptif du Kilauea depuis le 23 décembre 2024 a duré de 13 heures à 8 jours et les épisodes ont été séparés par des pauses de moins de 24 heures à 12 jours.

Fontaines de lave de l’épisode 13 (image webcam)

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L’activité éruptive est toujours intense sur le Poás (Costa Rica) et se poursuit à un niveau élevé. Début mars, de fréquentes éruptions phréatiques éjectaient des matériaux jusqu’à 50 m au-dessus du plancher du cratère. Ces éruptions étaient quasi continues au niveau de la Boca C et sporadiques à la Boca A. Une déformation radiale et une inflation étaient détectées dans et autour du cratère. Le 7 mars 2025, le niveau d’alerte a été relevé à 3 sur une échelle de 4 niveaux et la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Dans un rapport spécial publié le 9 mars, l’OVSICORI a signalé que deux ondes de choc avaient signalé un événement éruptif. Des panaches de vapeur s’élevaient alors à plusieurs centaines de mètres de hauteur et des matériaux étaient probablement éjectés jusqu’à 200 m au-dessus de la bouche la plus active, bien que la confirmation visuelle ait été masquée par les panaches. Les éruptions phréatiques généraient des panaches de gaz et de vapeur s’élevant jusqu’à 1 km de hauteur.
L’activité s’est poursuivie les 9 et 10 mars, principalement depuis la Boca C. Les éruptions phréatiques éjectaient des matériaux à 200-400 m au-dessus du fond du cratère et généraient des panaches de vapeur et de gaz s’élevant jusqu’à 1 km de hauteur. Des blocs atteignant 1 mètre de diamètre retombaient sur le plancher du cratère.
L’activité éruptive se poursuivait le 11 mars à des niveaux similaires. Des séismes d’intensité modérée à élevée sont toujours enregistrés et l’inflation se poursuit.
Source : OVSICORI.

Image webcam de l’activité du Poas en mars 2025

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Une forte anomalie thermique a été détectée au-dessus du Bezymianny (Kamchatka) sur des images satellites entre le 28 février et le 6 mars 2025. Des avalanches de débris incandescents dévalaient quotidiennement le flanc sud-est et l’incandescence sommitale était visible au cours de la nuit. Des panaches de cendres générés par les avalanches de débris s’élevaient jusqu’à 2,2 km au-dessus du sommet. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

Fuego (Guatemala) erupted on March 10th, 2025, with lava fountains 300 m high. The ash rose up to 5 km above sea level and pyroclastic flows rushed down the flanks of the volcano over 5 to 7 km. Authorities have evacuated nearly 300 families or about 1,000 people, while warning that another 30,000 people in the area could be at risk and should evacuate themselves if necessary. Buses brought evacuees carrying belongings to a town hall turned into a temporary shelter.There is no immediate report of casualties.

An alert was issued by the authorities on March 9th in order to coordinate the response and preventive measures.The government suspended local school activities and closed a road through the village that links the south of the country to Antigua, Guatemala’s most popular tourist destination. INSIVUMEH recommended that air traffic take precautions due to ash that has spread about 50km west of Fuego.

Activity began to decrease and by 11:30 (local time) on March 10th explosions were no longer continuous. INSIVUMEH issued a report at 18:00 noting that activity and seismicity had returned to normal levels. Large amounts of ash were no longer detected in the air. Thermal anomalies were also no longer detected in satellite data.

Fuego last erupted in June 2023. A 2018 eruption officially killed 194 people and left another 234 missing, but the real death toll was much higher. .

Source : INSIVUMEH, Conred.

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Still no eruption in Iceland, although ground uplift at Svartsengi has exceeded that of previous eruptions. Some volcanologists believe that the current eruption cycle on the Sundhnúkagígar crater row is coming to an end. Others wonder whether eruptive activity could not migrate to the Krysuvik area which has experienced two seismic swarms in recent days. This hypothesis is criticized by other scientists who believe that the eruption could occur by the end of March in the same area as during the last events. This is the view of the Met Office which reports an increase in seismicity and believes that the eruption (if there is one) will take place, as previously, on the Sundhnúkur crater row.

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Mt Spurr (Alaska) is still showing signs of unrest. During recent overflights, AVO scientists observed elevated gas emissions from newly reactivated fumaroles at the volcano’s Crater Peak vent. Elevated seismic activity and ground deformation continue. The increase in gas emissions confirms that new magma has intruded into the Earth’s crust beneath the volcano and indicates that an eruption is likely, but not certain, to occur within the next few weeks or months. If it happens, it is likely to be an explosive eruption like those that occurred in 1953 and 1992 which lasted a few hours and produced ash clouds that caused minor ashfall on southcentral Alaska communities.

Source : AVO.

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As I put it in my post of 12 March 2025, Episode 13 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended at 3:13 p.m. (local time) on March 11 2025.  The north vent ceased fountaining abruptly at 3:11 p.m. Subsequently, the south fountain became unsteady and also ceased activity by 3:13 p.m. Episode 13 lasted for 12 hours and 37 minutes, and lava flows have covered more than 60% of Halemaʻumaʻu crater floor.

Like previously, deflationary tilt was observed during the episode, and inflation resumed at 3:13 p.m. after fountaining ceased, the sign of a likely 14th eruptive episode. .

SO2 emissions reached about 40,000 tonnes per day during high fountaining. Peleʻs hair was reported falling in the town of Pahala about 40 kilometers downwind to the southwest of Halemaʻumaʻu.

Each episode of Halemaʻumaʻu lava fountaining since December 23, 2024, has continued for 13 hours to 8 days and episodes have been separated by pauses in eruptive activity lasting less than 24 hours to 12 days.

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Eruptive activity is still intense at Poás (Costa Rica) and continues at a high level. In early March, requent phreatic eruptions ejected material as high as 50 m above the crater floor. The phreatic eruptions were almost continuous at Boca C and sporadic and Boca A. Radial deformation and inflation were detected in and around the crater. On 7 March 2025, the Alert Level was raised to 3 pon a scale of 4 levels and the Aviation Color code was raised to Orange (the second highest color on a four-color scale).
In a special report issued on 9 March, OVSICORI reported that two shock waves signalled an eruptive event. Steam plumes rose several hundred meters and material was likely ejected as high as 200 m above the vent, though visual confirmation was obscured by the plumes. Phreatic eruptions generated gas-and-steam plumes that rose as high as 1 km.

Activity continued during 9-10 March mainly from Boca C. The phreatic eruptions ejected material 200-400 m above the crater floor and generated steam-and-gas plumes that rose as high as 1 km. Blocks up to 1 meter in diameter were ejected from the vents onto the crater floor.

Eruptive activity continued on 11 March at similar levels, moderate- to high-level tremor was recorded, and inflation continued.

Source : OVSICORI.

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A strong thermal anomaly over Bezymianny (Kamchatka)was identified in satellite images during 28 February-6 March 2025. Incandescent debris avalanches descended the SE flanks daily and summit incandescence was visible during dark hours. Ash plumes generated from debris avalanches rose as high as 2.2 km above the summit. The Aviation Color Code remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Éruption en Islande : le Met Office dans le brouillard // The eruptive situation in Iceland puzzles the Met Office

La situation éruptive sur la péninsule islandaise de Reykjanes fai se poser beaucoup de questions aux scientifiques du Met Office islandais et de l’Université d’Islande. Faisant référence au soulèvement du sol dans la région de Svarsengi, qui est désormais plus important qu’avant les éruptions précédentes, ils ont d’abord déclaré qu’une éruption était imminente. Aujourd’hui, l’un des volcanologues vient de déclarer que si une éruption se produit sur la péninsule de Reykjanes, elle se déclenchera probablement vers le 20 mars 2025. Cependant, il souligne que « la prévision d’une éruption reste incertaine, et il est également possible que du magma s’accumule à l’ouest du lac Kleifarvatn ».
Le scientifique ajoute que si une éruption se produit, elle suivra probablement le schéma familier des événements passés ; elle commencera au mont Stóra-Skógfell avant que des fissures progressent dans une ou les deux directions. « L’éruption pourrait durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines. »

Le volcanologue pense également que les éruptions le long de la chaîne de cratères Sundhnúkagígar sont sur le point de se terminer. « L’activité éruptive du mont Fagradalsfjall a duré pendant environ deux ans avant de se déplacer vers Sundhnúkagígar il y a un peu plus d’un an. Ces deux éruptions ont montré des différences ; par exemple, il y a eu moins d’inflation au mont Fagradalsfjall. Aujourd’hui, le cycle éruptif actuel semble se terminer, et je suis persuadé que les volcans de Sundhnúkar vont terminer leur activité cette année. »
Bien que le prochain essaim sismique puisse commencer à tout moment, son emplacement exact reste inconnu. Deux essaims dans les secteur de Krysuvik, à l’ouest du lac Kleifarvatn, les 7 et 9 mars 2025 indiquent que du magma s’accumule peut-être dans la région. Le volcanologue du Met Office déclare : « Le fait que ces événements se produisent à cinq kilomètres de profondeur laissent supposer que du magma s’accumule sous la région. Cela pourrait éventuellement conduire à une éruption dans le secteur, bien qu’il soit impossible de dire si cela se produira cette année, dans dix ans ou dans vingt ans. »
Il convient de noter qu’un autre scientifique du Met Office a interprété différemment l’activité sismique dans la région de Krysuvik. « L’activité sismique à Krýsuvík n’est pas liée aux événements sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar. Les essaims sismiques sont un phénomène naturel dans la région ; ils se produisent environ toutes les une à deux semaines. La péninsule de Reykjanes est connue pour son activité sismique périodique due au mouvement de la dorsale médio-atlantique, où les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine se rencontrent. » On peut aussi lire dans l’Iceland Monitor : « Les scientifiques continuent d’observer ces schémas pour évaluer tout changement potentiel de l’activité volcanique ou hydrothermale, d’autant plus qu’une nouvelle éruption à Reykjanes pourrait survenir à tout moment. »
Comme le disait le regretté François Le Guern au début de ses conférences :  »Je ne sais pas, nous ne savons pas prévoir les éruptions volcaniques ».
Source : Met Office, Iceland Review, Iceland Monitor.

Krysuvik site d’une  prochaine éruption? (Photo: C. Grandpey)

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The eruptive situation on the Reykjanes Peninsula in Iceland is puzzling scientists at the Icelandic Met Office and at the University of Iceland. Referring to the ground uplift in the Svarsengi area which is now more significant than before the previous eruptions, they first said that an eruption was imminent. Today, one of the volcanologists says that if an eruption occurs on the Reykjanes Peninsula, it is most likely to happen around March 20th, 2025. However, he emphasizes that  »predicting an eruption remains uncertain, and it is still possible that magma is accumulating west of Kleifarvatn Lake. »

The sacientist suggests that if an eruption does occur, it will likely follow the familiar pattern of past events, beginning at Mt. Stóra-Skógfell before cracks extend in one or both directions.  »The eruption could last for several days or even weeks. » The scientist also believes that eruptions in the Sundhnúkagígar crater row are nearing their conclusion.  »The Mt. Fagradalsfjall volcanoes were active for about two years before activity shifted to Sundhnúkagígar just over a year ago. These two eruptions have shown differences ; for instance, we saw less inflation at Mt. Fagradalsfjall. Now, the current eruption cycle appears to be winding down, and I firmly expect that the Sundhnúkar volcanoes will finish their activity this year. »

While the next seismic swarm could begin at any time, its exact location remains unknown. Two earthquake swarms west of Kleifarvatn Lake on March 7th and 9th suggest that magma may be accumulating in the area. The Met Office’s volcanologist says :  »The fact that these quakes are occurring five kilometers deep suggests magma is accumulating beneath. This could eventually lead to an eruption there, though whether that happens this year, in ten years, or in twenty is impossible to say. »

It should be noted that another scientist at th Met Office interpreted the seismic activity in the Krysuvik area differently.  »The earthquakes in Krýsuvík are not related to the events in the Sundhnúkagígar series. Seismic swarms are a natural occurrence in the area, happening roughly every one to two weeks. The Reykjanes Peninsula is known for its periodic earthquake activity due to the movement of the Mid-Atlantic Ridge, where the Eurasian and North American tectonic plates meet.  » One can also read in the Iceland Monitor :  »Scientists continue to observe these patterns to assess any potential changes in volcanic or geothermal activity, especially in light of the fact that a new eruption in Reykjanes could occur at any time. »

As the late François Le Guern used to say at the beginning of his conferences :  »I don’t know, we don’t know how to predict volcanic eruptions ».

Source : Met Office, Iceland Review, Iceland Monitor.