Quelques nouvelles de l’Etna (Sicile) [suite] // Some more news of Mt Etna (Sicily) [continued]

  3 janvier 2026 – 8 heures : Comme je l’ai indiqué précédemment, la coulée de lave dans la Valle del Bove ne présente pas, du moins pour le moment, de danger pour des zones habitées comme Milo ou Fornazo. La lave se trouve à plus de 5 km de ces localités. Les nombreuses images diffusées sur les réseaux sociaux étaient trompeuses. Un effet de perspective qui « aplatit » les photos et les vidéos donnait l’impression que la coulée était proche des maisons. Mais ce n’est pas le cas.

La coulée est issue d’une bouche effusive située à 2 100 mètres d’altitude. La lave a rapidement avancé jusqu’à 1 580 mètres en quelques heures, avant de se stabiliser environ 200 mètres plus bas. Le front de lave mesure environ 200 mètres de large et sept mètres de haut. L’INGV a précisé que, même avec le débit actuel ou un doublement de son intensité, aucun risque n’est à prévoir pour les zones habitées les plus proches.

En réalité, le flot de visiteurs inquiète plus les autorités que la coulée de lave proprement dite. La Protection Civile craint des répercussions possibles sur la circulation et le passage des véhicules de secours, ainsi que des risques pour la sécurité des randonneurs mal équipés qui tenteraient de s’approcher du front de lave. Pour cette raison, plusieurs maires ont adopté des arrêtés réglementant et interdisant l’accès au volcan. Le président du Parc de l’Etna a insisté sur la nécessité d’une communication plus efficace concernant les risques volcaniques et d’une signalétique plus claire. L’activation du poste de contrôle sur le sentier de Pietracannone, tenu par le Corpo Forestale, et une présence policière active ont également été confirmées.
À noter que l’activité du volcan n’a aucun impact sur l’aéroport de Catane, qui demeure pleinement opérationnel.

Par la voix de Boris Behncke, l’INGV explique que cette coulée de lave dans la Valle del Bove a surpris tout le monde. « Personne ne l’a vu venir. » Après l’activité éruptive de la fin de l’année 2025 au Cratère NE et sur le flanc de la Voragine, le tremor volcanique avait retrouvé des valeurs moyennes et rien n’indiquait que l’éruption allait se réactiver le 1er janvier 2026 dans la Valle del Bove. En plus, le début de l’éruption n’était pas visible car le flanc Est était enveloppé d’une épaisse couche de nuages. Ce n’est qu’au crépuscule qu’une forte lueur est apparue sur les images de certaines webcams.

Comme je l’indiquais il y a quelques jours, l’Etna serait un bon moyen de tester ‘Jerk’, la nouvelle méthode d’alerte précoce qui a donné des résultats mitigés sur le Piton de la Fournaise à la Réunion.

Source : INGV et presse locale.

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17 heures : D’après les images des caméras de surveillance et les relevés de terrain effectués par le personnel de l’INGV à l’aide de drones, le champ de lave de Valle del Bove est toujours alimenté et le front le plus avancé a lentement atteint une altitude d’environ 1 360 m. La lave a parcouru une soixantaine de mètres en 24 heures.
Le survol par drone a notamment permis de préciser que la zone la plus active du champ de lave se situe en amont de Rocca Musarra, entre 1 800 et 1 700 m d’altitude. Une coulée de lave, qui s’est superposée à celle des jours précédents alimente plusieurs coulées plus petites. Actuellement, le front de cette coulée superposée se situe à une altitude d’environ 1 600 m. Le débit ets d’environ 5 mètres cubes par seconde. Au train où vont les choses, la lave devrait restée confinée à l’intérieur de la Valle del Bove, sans aucune menace pour Milo ou Fornazzo.
Les images des caméras de surveillance montrent également que l’activité strombolienne se poursuit à des intensités variables au niveau de la Voragine, avec de faibles émissions de cendres.

D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du tremor volcanique montre toijours des valeurs moyennes, parfois élevées. La source du tremor semble se situer près du cratère Voragine, à une altitude d’environ 2 800 à 3 000 m.
Source : INGV.

Source: réseaux sociaux

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4 janvier 2026 – 13 heures : Les images des caméras de surveillance et les relevés de terrain effectués par le personnel de l’INGV montrent que le champ de lave dans la Valle del Bove est toujours actif. La coulée de lave, dont le front se trouvait hier une altitude de 1 360 m, n’avance plus et se refroidit. En revanche, la
coulée de lave sus-jacente, qui atteignait hier une altitude de 1 600 m, est active et
son front se situe actuellement à une altitude d’environ 1 400 m.

Parallèlement, l’activité strombolienne se poursuit avec une intensité variable au niveau de la Voragine, avec des émissions de cendres intermittentes et faibles.
L’amplitude du tremor volcanique, bien que présentant quelques fluctuations, se situe actuellement dans la moyenne. La source du tremor semble se situer dans une zone proche de la Voragine, à une altitude d’environ 2 800 à 3 000 m.

Source : INGV.

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5 janvier 2026 – 11 heures : D’après les images des caméras de surveillance et les relevés de terrain effectués par le personnel de l’INGV, le champ de lave dans la Valle del Bove est toujours actif. La coulée de lave, dont le front se situait hier à 1 400 m d’altitude, a atteint 1 360 m, rejoignant ainsi la coulée des jours précédents qui n’avance plus et est en cours de refroidissement.
De plus, plus en amont, à environ 1 500 m d’altitude, on observe une nouvelle coulée de lave active qui, elle aussi, se superpose aux précédentes.
D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du tremor volcanique a montré une augmentation lente et progressive à partir de 00h00 UTC le 5 janvier, avant de chuter soudainement. Elle se situe actuellement à des valeurs faibles. À noter qu’à 5 h 19 UTC, un signal sismique clairement visible a été enregistré, particulièrement aux stations sommitales, pendant environ 2 minutes. Ce signal ne peut être associé à une fracturation ou à une activité explosive, mais est vraisemblablement attribuable à un glissement de terrain.
Source : INGV.

Source: INGV

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6 janvier 2026 – 17 heures : Les conditions météo n’ont pas été bonnes sur l’Etna ces dernières heures et l’INGV diffuse ses bulletins d’après les iamges des webcams de surveillance et les visites de son personnel sur le terrzin.

Il ressort de ces observations que l’activité effusive continue dans la Valle del Bove. Le champ de lave reste actif ; le front de coulée le plus avancé se situe à une altitude d’environ 1 360 mètres. Plus en amont, entre 1 600 et 1 400 mètres d’altitude, d’autres coulées de lave se chevauchent, ce qui montre que la source de l’activité éruptive demeure bien alimentée.
L’amplitude du tremor volcanique se situe dans la moyenne, mais continue d’augmenter lentement. Cette tendance s’accompagne d’importantes fluctuations (voir ci-dessous).

Source : INGV.

Source: INGV

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23 heures : Dans un bulletin émis à 22 heures, l’INGV indique que la portion du champ de lave située entre Rocca Musarra et Rocca Capra n’est plus alimentée et que les fronts de lave sont stationnaires et en refroidissement. Cette situation est confirmée par la webcam L.A.V.E. Qui ne montre plus que quelques points d’incandescence. Finalement, c’est la coulée de lave qui va probablement mettre fin aux restrictions d’accès !

Source : INGV.

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January 3rd, 2026 – 8:00 am : As I put it earlier, the lava flow in the Valle del Bove does not pose any danger, at least not at the moment, to populated areas like Milo or Fornazo. The lava is more than 5 km from these towns. The numerous images released on social media were misleading. A perspective effect that « flattens » the photos and videos gave the impression that the flow was close to the houses. But this is not the case.
The flow originated from an effusive vent located at an altitude of 2,100 meters. The lava advanced rapidly to 1,580 meters in just a few hours, before stabilizing about 200 meters lower. The lava front is approximately 200 meters wide and seven meters high. The INGV has stated that, even with the current flow rate or a doubling of its intensity, no risk is expected for the nearest inhabited areas.
In reality, the influx of visitors is causing more concern for the authorities than the lava flow itself. The Civil Protection fears potential repercussions on traffic and the passage of emergency vehicles, as well as risks to the safety of poorly equipped hikers who might try to approach the lava front. For this reason, several mayors have issued decrees regulating and prohibiting access to the volcano. The president of Etna Park emphasized the need for more effective communication regarding volcanic risks and clearer signage. The activation of the checkpoint on the Pietracannone trail, manned by the Corpo Forestale, and an active police presence have also been confirmed.
It should be noted that the volcano’s activity has no impact on Catania Airport, which remains fully operational.

Boris Behncke (INGV Catania) explained that this lava flow in the Valle del Bove took everyone by surprise. « Nobody saw it coming. » After the eruptive activity at the end of 2025 at the Northeast Crater and on the flank of the Voragine, the volcanic tremor had returned to medium levels, and there was no indication that the eruption would reactivate on January 1, 2026, in the Valle del Bove. Furthermore, the beginning of the eruption was not visible because the eastern flank was shrouded in a thick layer of clouds. It was only at dusk that a strong glow appeared on some webcam images.
As I mentioned a few days ago, Mount Etna would be a good way to test ‘Jerk,’ the new early warning method that has yielded mixed results on Piton de la Fournaise on Réunion Island.”

Source: INGV and local press.

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5 p.m.: According to CCTV footage and field surveys conducted by INGV staff using drones, the Valle del Bove lava field is still being fed, and the most advanced front has slowly reached an altitude of approximately 1,360 meters. Lava has travelled about 60 meters in 24 hours.
The drone overflights have notably confirmed that the most active area of ​​the lava field is located upslope of Rocca Musarra, between 1,800 and 1,700 meters above sea level. A lava flow, superimposed on those of previous days, is feeding several smaller flows. Currently, the front of this superimposed flow is at an altitude of approximately 1,600 meters. The flow rate is about 5 cubic meters per second. At the current rate, the lava should remain confined within the Valle del Bove, posing no threat to Milo or Fornazzo.

Surveillance camera images also show that Strombolian activity continues at varying intensities at the Voragine, with low ash emissions.
From a seismic perspective, the average amplitude of the volcanic tremor remains moderate, sometimes high. The source of the tremor appears to be located near the Voragine, at an altitude of approximately 2,800 to 3,000 meters.
Source: INGV.

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January 4, 2026 – 1:00 PM: Surveillance camera images and field surveys conducted by INGV staff show that the lava field in Valle del Bove remains active. The lava flow, whose front was at an altitude of 1,360 m yesterday, has stopped advancing and is cooling. However, the overlying lava flow, which reached an altitude of 1,600 m yesterday, is active and its front is currently at an altitude of approximately 1,400 m.
At the same time, Strombolian activity continues with varying intensity at the Voragine, with intermittent and weak ash emissions.
The amplitude of the volcanic tremor, although exhibiting some fluctuations, is currently within medium vanies. The source of the tremor appears to be located in an area near the Voragine, at an altitude of about 2,800 -3,000 m.

Source: INGV.

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January 5th, 2026 – 11:00 am : According to surveillance camera images and field surveys conducted by INGV staff, the lava field in Valle del Bove remains active. The lava flow, whose front was at an altitude of 1,400 m yesterday, has reached 1,360 m, joining the flow from previous days, which is no longer advancing and is currently cooling.
Furthermore, further upslope, at about 1,500 m a.s.l., a new active lava flow has been observed, which is also superimposed on the previous ones.

From a seismic perspective, the average amplitude of the volcanic tremor showed a slow and gradual increase starting at 00:00 UTC on January 5, before dropping suddenly. It is currently at low levels. It should be noted that at 5:19 UTC, a clearly visible seismic signal was recorded, particularly at the summit stations, for approximately two minutes. This signal cannot be associated with fracturing or explosive activity, but was likely caused by a landslide.
Source: INGV.

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January 6, 2026 – 5:00 PM : Weather conditions on Mount Etna have been poor in recent hours, and the INGV is issuing bulletins based on images from monitoring webcams and visits by its staff to the site.
These observations indicate that effusive activity continues in the Valle del Bove. The lava field remains active; the most advanced flow front is located at an altitude of approximately 1,360 meters. Further upslope, between 1,600 and 1,400 meters, other lava flows overlap, demonstrating that the source of eruptive activity remains well-supplied. The amplitude of the volcanic tremor is at medium values but continues to increase slowly. This trend is accompanied by significant fluctuations (see above).
Source: INGV.

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11 PM: In a bulletin issued at 10 PM, the INGV indicates that the portion of the lava field located between Rocca Musarra and Rocca Capra is no longer being fed and that the lava fronts are stationary and cooling. This situation is confirmed by the L.A.V.E. webcam, which now only shows a few points of incandescence. Ultimately, it is the lava flow that will likely put an end to the access restrictions!
Source: INGV.

 

Renforcement de la sécurité sur l’Etna (Sicile) // Increased security on Mount Etna (Sicily)

Les mesures préventives ont été renforcées sur l’Etna suite à des signalements de personnes non autorisées s’approchant dangereusement du front de lave dans la zone touchée par l’activité effusive. Cette décision a été prise après une réunion convoquée par le préfet de Catane.

Comme je l’ai écrit précédemment, les communes de Milo, Sant’Alfio et Zafferana Etnea ont émis des arrêtés interdisant l’accès aux routes et sentiers menant à la Valle del Bove. Les excursions en groupe de dix personnes maximum, accompagnées de guides qualifiés, sont autorisées uniquement jusqu’à la tombée de la nuit. Même ces groupes ont l’interdiction formelle de s’approcher à moins de 200 mètres du front de lave.
Compte tenu du risque extrêmement élevé pour la sécurité lié au non-respect de la réglementation, le préfet a ordonné un renforcement des contrôles par la police et le Corpo Forestale. Les infractions aux arrêtés municipaux seront poursuivies en vertu de l’article 650 du Code pénal, qui prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois mois pour non-respect d’une mesure prise pour des raisons de sécurité publique.
Des drones seront également utilisés pour identifier les contrevenants qui mettent en danger leur propre sécurité et celle des secouristes.

Source : La Sicilia.

Crédit photo: réseaux sociaux

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Preventive measures have been reinforced on Mount Etna following reports of unauthorized individuals approaching the lava front in the area affected by effusive activity at dangerously close range. This decision was made after a meeting convened by the Prefect of Catania.
As I wrote previously, the municipalities of Milo, Sant’Alfio, and Zafferana Etnea have issued ordinances prohibiting access to the roads and trails leading to the Valle del Bove. Group excursions of up to ten people, accompanied by qualified guides, are permitted only until nightfall. Even these groups are strictly prohibited from approaching within 200 meters of the lava front.
Given the extremely high safety risk associated with non-compliance with the regulations, the Prefect has ordered increased patrols by the police and the Corpo Forestale. Violations of municipal ordinances will be prosecuted under Article 650 of the Penal Code, which provides for a prison sentence of up to three months for failing to comply with a measure taken for reasons of public safety.
Drones will also be used to identify offenders who endanger their own safety and that of rescue workers.
Source: La Sicilia.

Désastre climatique en Alaska // Climate disaster in Alaska

Les médias français ont à peine évoqué la catastrophe qui vient de frapper l’ouest et le sud-ouest de l’Alaska. Suite au passage du typhon Halong, qui a pris naissance dans le nord de la mer des Philippines le 5 octobre 2025, des inondations désastreuses ont ravagé des communautés isolées dans l’ouest de l’Alaska, avec des centaines d’évacuations qui pourraient durer encore plusieurs jours. Voici une vidéo illustrant la situation :

https://www.facebook.com/watch/?v=2321075508351194

Les restes du typhon Halong ont provoqué des inondations à grande échelle dans l’ouest de l’Alaska le week-end dernier.

La houle a fait s’élever le niveau de l’océan qui a recouvert les terres parfois sur une hauteur de deux mètres. Outre les inondations côtières, des rafales de vent ont atteint 80 à 160 km/h dans certaines des 49 localités touchées.

 

Les bourgades côtières isolées ont été les plus durement touchées par les inondations, notamment Kipnuk, située à environ 800 kilomètres d’Anchorage. 264 personnes avaient été évacuées par la Garde nationale d’Alaska le 16 octobre et 211 le 15 octobre dans les localités touchées par les inondations. Les évacuations se poursuivront pendant plusieurs jours, car il reste probablement des centaines de personnes en grande difficulté. Des agences locales et des charters privés sont mobilisés pour ces évacuations.
Au moins une personne est décédée et deux autres sont toujours portées disparues. Cependant, les autorités ont déclaré qu’il n’y avait actuellement aucune crainte de nouvelles disparitions. Des photos de la Garde nationale d’Alaska montrent environ 300 personnes déplacées entassées dans un avion C-17.


Selon la Fondation communautaire d’Alaska, au moins 2 000 personnes des zones rurales d’Alaska ont été déplacées. Le gouverneur de l’Alaska a déclaré avoir signé une demande de déclaration de catastrophe et demandé au président Trump de « déclarer l’état de catastrophe majeure pour l’Alaska, », ce qui permettrait d’avoir des aides fédérales Les évacuations se déroulent dans une course contre la montre car l’hiver s’est déjà installé en Alaska avec des températures très froides.

La crise humanitaire dans le sud-ouest de l’Alaska a attiré l’attention sur les coupes drastiques opérées par l’administration Trump dans les subventions destinées à aider les petits villages, majoritairement autochtones, à se préparer aux tempêtes ou à atténuer les risques de catastrophe.
Par exemple, une subvention de 20 millions de dollars accordée par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) à Kipnuk, inondée aujourd’hui par la montée de l’océan, a été annulée par l’administration Trump, une décision violemment contestée par les groupes environnementaux. Cette subvention était destinée à protéger les passages en caillebotis que les habitants empruntent pour se déplacer, ainsi que les équipements destinés à protéger la localité contre l’érosion de la rivière locale.
Bien sûr, la Nature est la plus forte et aucun projet n’était susceptible d’empêcher les dernières inondations qui montrent les effets du réchauffement climatique sur le niveau des océans. Cependant, les travaux visant à retirer les réservoirs de carburant abandonnés et autres matériaux afin d’éviter leur déversement dans la rivière auraient pu être réalisables en 2025 si les subventions fédérales n’avaient pas été supprimées. Selon les autorités locales, « la situation à Kipnuk illustre le coût réel du retrait du soutien fédéral qui avait été promis aux communautés les plus exposées aux tempêtes. Ces subventions étaient destinées à aider les collectivités locales à se préparer et à s’adapter aux effets croissants du réchauffement climatique. Le non-respect de cet engagement met en péril la sécurité, les habitations et l’avenir des populations. » Les autorités locales – de tendance politique républicaine – affirment également que, malgré ces inondations d’une ampleur record, les prévisions météorologiques étaient exactes et que les météorologues recevaient des données fiables. Cependant, comme je l’ai déjà expliqué, les coupes budgétaires ont empêché les météorologues locaux de disposer du nombre suffisant de ballons-sondes pour effectuer des prévisions plus précises.

Le principal obstacle pendant la tempête a été la distance et le manque de moyens de communication. Les routes sont très rares et elles ont toutes été inondées, ainsi que les pistes des quelques petits aéroports. Le seul moyen d’évacuer les personnes était la voie aérienne. Environ 300 personnes ont été transportées à Anchorage qui se trouve à environ 800 kilomètres à l’est des villages côtiers sinistrés. Certaines ont été accueillies dans un abri temporaire installé à l’Alaska Airlines Center, une salle omnisports d’Anchorage.

Source des différentes illustrations : presse américaine

Beaucoup de personnes ignorent si elles pourront un jour retourner dans leurs villages. Certaines maisons ne peuvent être réoccupées, même avec des réparations d’urgence, et d’autres pourraient ne plus être habitables d’ici l’hiver.
Source (texte et images) : médias d’information américains.

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French news media hardly mentioned the disaster that is occurring in western and southwestern Alaska. In the aftermath of Typhoon Halong, which originated in the northern Philippine Sea on October 5th, 2025, historic floodwaters have destroyed remote communities across western Alaska, causing hundreds of evacuations that could continue for days.Here is a video illustrating the situation :

https://www.facebook.com/watch/?v=2321075508351194

The remnants of the typhoon brought the massive flooding to these western regions of Alaska last weekend, sweeping across the west coast of the state on Monday and dumping nearly 2 meters of water in some areas. Along with coastal flooding, wind gusts reached 80 to 160 kmph in some of the 49 communities affected.

Remote, coastal towns have been hit the hardest by the floods, including Kipnuk which is about 800 kilometers from Anchorage. So far, 264 people were evacuated on 16 October and 211 on 15 October from these impacted communities by the Alaska National Guard. The evacuations of these flooded-out, smaller communities will continue « for days » as there are likely hundreds left to be evacuated. Both local agencies and private charters are being used for the evacuations.

At least one person has died from these floods, with two people remaining missing. But, officials said there is currently no concern that additional people may be missing. Photos from the Alaska photoNational Guard show around 300 displaced individuals taking shelter in a C-17 aircraft.

At least 2,000 people from rural Alaska have been displaced, according to the Alaska Community Foundation. Alaska’s Governor has said that he signed an application for a Presidential Disaster Declaration, asking President Donald Trump to « declare a major disaster for Alaska » as a result of this storm. The evacuations are arace against time as winter is arriving in Alaska with very cold temperatures.

The crisis unfolding in southwest Alaska has drawn attention to Trump administration cuts to grants aimed at helping small, mostly Indigenous villages prepare for storms or mitigate disaster risks.

For example, a $20 million U.S. Environmental Protection Agency grant to Kipnuk, which was inundated by floodwaters, was cancelled by the Trump administration, a move challenged by environmental groups. The grant was intended to protect the boardwalk residents use to get around the community as well as river from erosion.

Of course, no single project was likely to prevent the recent flood. However, work to remove abandoned fuel tanks and other material to prevent it from falling into the river might have been feasible during the 2025 construction season. According to local authorities, »what’s happening in Kipnuk shows the real cost of pulling back support that was already promised to front line communities. These grants were designed to help local governments prepare for and adapt to the growing effects of climate change. When that commitment is broken, it puts people’s safety, homes and futures at risk. »

Local authorities also say that while some of the flooding was record-level, the weather forecasting was accurate, and they received the normal weather predictions and had the right data. However, as I put it before,the administration cuts prevented local weather forecasters from having the adequate number of balloons to make more accurate predictions.

The major obstacle during the storm was the distance and the lack of means of communication. There are very fes roads and they were all inundated. The only way to evacuated people was by air. About 300 evacuees were brought to Anchorage, about 800 kilometers east of the battered coastline villages. Sme evacuees were received at a temporary shelter set up at the Alaska Airlines Center, an arena in Anchorage. Many of these persons do not know whethers they will ever be able to return to their villages. Some homes cannot be reoccupied, even with emergency repairs, and others may not be livable by winter.

Source : U.S. News media.

Climat : ça va mal, très mal // Climate : it’s getting worse and worse

Le 16 octobre 2025, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations Unies a publié son dernier Greenhouse Gas Bulletin, un rapport sur les émissions de gaz à effet de serre sur Terre. Sans surprise, ce rapport est extrêmement pessimiste. Vous le trouverez à l’adresse suivante :

https://wmo.int/publication-series/wmo-greenhouse-gas-bulletin-no-21

Le rapport explique que les concentrations moyennes de dioxyde de carbone à l’échelle mondiale ont augmenté de 3,5 parties par million (ppm) entre 2023 et 2024, soit la plus forte augmentation depuis le début des mesures en 1957. Même entre 2011 et 2020, l’augmentation moyenne n’était que de 2,4 parties par million par an. Les concentrations de CO2 sont actuellement mesurées à plus de 424 ppm sur le Mauna Loa (Hawaï), un niveau jamais observé auparavant.

 Source: Scripps Institution of Oceanography

Les résultats du rapport brossent un tableau de l’avenir de notre planète, soulignant une fois de plus l’empreinte environnementale dévastatrice laissée par l’Homme. Selon le Secrétaire général adjoint de l’OMM, « la chaleur emprisonnée par le CO2 et les autres gaz à effet de serre accélère notre climat et entraîne des phénomènes météorologiques plus extrêmes. Réduire les émissions est donc essentiel, non seulement pour notre climat, mais aussi pour notre sécurité économique et le bien-être des populations.»
Le dernier rapport de l’OMM fait suite aux conclusions des scientifiques, publiées début 2025, selon lesquelles il sera très probablement impossible d’atteindre l’objectif de l’Accord de Paris sur le climat visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Si cela devait se confirmer, l’humanité se trouverait en « territoire inconnu » et nous condamnerait probablement à un avenir marqué par des phénomènes météorologiques encore plus extrêmes, que ce soient les incendies de forêt et les vagues de chaleur meurtrières, ou encore les tempêtes dévastatrices et les inondations destructrices.

Un problème majeur réside dans le fait que la hausse des températures entraîne une diminution de l’absorption de CO2 par les océans. Même les grandes surfaces terrestres ne sont plus en mesure d’absorber autant de gaz qu’auparavant, ce qui accroît le risque de sécheresses sévères et plus persistantes. Le rapport met en garde contre une perte d’efficacité des puits de CO2 terrestres et océaniques, ce qui augmentera la quantité de CO2 restant dans l’atmosphère et accélérera le réchauffement climatique.

Selon l’OMM, le niveau record des concentrations de CO2 entre 2023 et 2024 est probablement dû aux très importantes émissions causées par les feux de forêt et à un puissant phénomène climatique El Niño, qui ont entraîné ensemble une réduction importante de l’absorption de CO2 terrestre et océanique. Le CO2 a une durée de vie extrêmement longue dans l’atmosphère terrestre, ce qui signifie que la planète en ressentira les effets durables pendant des siècles. Comme je l’ai déjà expliqué, à supposer que nous arrêtions les émissions de CO2 aujourd’hui d’un coup de baguette magique, il faudrait des décennies pour que ces concentrations diminuent et finissent par disparaître de notre atmosphère.

En plus du CO2, les concentrations de méthane (CH4) et d’oxyde nitrique (NO) ont également atteint des niveaux records. En 2024, l’OMM précise que les concentrations moyennes de méthane ont atteint 338 parties par milliard, soit une augmentation de 25 % par rapport au niveau préindustriel. La réaction du monde face à ces chiffres dévastateurs reste très insuffisante. Ainsi, les États-Unis, deuxième plus gros contributeur aux émissions de gaz à effet de serre après la Chine, mettent un frein à la réglementation visant à réduire la pollution et le gouvernement américain nomme en priorité des personnes liées au secteur des énergies fossiles. Début 2025, le président Donald Trump a annulé une décision historique qui autorisait uniquement l’Agence de protection de l’environnement (EPA) à fixer des normes d’émissions. Une telle décision compromet forcément la capacité du gouvernement à lutter contre le réchauffement climatique.
Ce n’est pas tout. L’administration Trump tente également activement de masquer la crise climatique en mettant à mal notre capacité à surveiller la situation qui se détériore rapidement. La Maison-Blanche a drastiquement réduit les moyens d’importants centres de recherche en sciences de la Terre. Par exemple, elle a ordonné à la NASA de supprimer deux satellites fournissant aux agriculteurs des informations détaillées sur la répartition des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, dont le CO2. Résultat : une très violente tempête n’a pas été anticipée et a détruit de nombreuses maisons dans l’ouest de l’Alaska le week-end dernier, faute d’instruments (principalement de ballons-sondes) suite aux restrictions imposées par l’administration Trump. Des centaines d’habitants ont été évacués par avion et réinstallés à quelque 800 km de chez eux. L’État d’Alaska est particulièrement exposé à la montée des eaux océaniques provoquée par le réchauffement climatique.
Par ailleurs, l’administration Trump vient d’annuler Esmeralda 7, le plus grand projet solaire américain au Nevada:

https://edition.cnn.com/2025/10/14/climate/trump-solar-project-nevada-electricity

Pendant ce temps, la Chine, premier pollueur mondial, redouble d’efforts pour produire de l’énergie propre. Cela s’est traduit par une baisse de ses émissions de CO2 pour la première fois cette année. Cependant, cette baisse des ÉMISSIONS n’a eu aucun impact, du moins jusqu’à présent, sur les CONCENTRATIONS de ce gaz dans l’atmosphère.
Source : Rapport de l’OMM.

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On 16 October 2025, the United Nations’ World Meteorological Organization (WMO) has released its latest Greenhouse Gas Bulletin, a report on global greenhouse gas emissions. Unsurprisingly, it is looking extremely pessimistic. You will find the report at this address :

https://wmo.int/publication-series/wmo-greenhouse-gas-bulletin-no-21

The report explains that the global average concentrations of carbon dioxide spiked by 3.5 parts per million (ppm) between 2023 and 2024, the biggest increase since modern measurements began in 1957. Even between 2011 and 2020, the average increase was a mere 2.4 parts per million per year. CO2 concentrations are currently measured at more tha 424 ppm on Mauna Loa (Hawaii), a level never seen before.

The results in the report paint a dire picture of our planet’s future, highlighting once again our species’ devastating environmental footprint. According to WMO deputy secretary-general, “the heat trapped by CO2 and other greenhouse gases is turbo-charging our climate and leading to more extreme weather. Reducing emissions is therefore essential not just for our climate but also for our economic security and community well-being.”

The news comes after scientists found earlier this year that meeting the Paris climate agreement goal of restricting global warming to 1.5 degrees Celsius will very probably not be feasible, putting us in ‘uncharted territory’, and likely doomed to a future filled with more extreme events, from severe wildfires and deadly heatwaves to devastating storms and destructive floods.

One major issue is that rising global temperatures are causing the Earth’s oceans to absorb less CO2. Even major land masses are unable to take in as much of the gas as before, resulting in a higher potential for severe and more persistent droughts. The report warns that “there is concern that terrestrial and ocean CO2 sinks are becoming less effective, which will increase the amount of CO2 that stays in the atmosphere, thereby accelerating global warming.”

According to WMO, the record growth in CO2 concentration between 2023 and 2024 was likely due to the major wildfire emissions and a strong El Niño climate pattern leading to major reductions in land and ocean CO2 uptake. It’s all cumulative. CO2 tends to have an extremely long lifetime in the Earth’s atmosphere, which means that the planet will feel lasting impacts for hundreds of years. As I put it before, even if we stopped CO2 emissions today with a magic wand, it would take concentrations decades to disappear from our atmosphere.

Beyond CO2, concentrations of methane and nitrous oxide have also increased to record levels. In 2024, global methane average concentrations reached 338 parts per billion, an “increase of 25 percent over the pre-industrial level,” per the WMO.

How the world will act in light of these devastating numbers remains to be seen. For one, the United States, the second biggest greenhouse gas emissions contributor after China, is actively putting the brakes on regulations to curb pollution and is instead nominating and appointing people with ties to the fossil fuel sector. Earlier this year, president Donald Trump scrapped a landmark finding that only allowed the Environmental Protection Agency to set emissions standards, effectively kneecapping the government’s ability to fight global warming.

The Trump administration is also actively attempting to obscure the climate crisis by undercutting our ability to monitor the rapidly deteriorating situation. The White House has focused its efforts on gutting important Earth sciences research, for instance, instructing NASA to scrap two satellites that provide farmers with detailed information about the distribution of planet-warming greenhouse gases including CO2. One result was that a storm destroyed scores of houses in western Alaska in during the past weekend because of a shortage of instruments (mostly balloons) because of the restrictions imposed by the Trump Administration. Hundreds of residents had be be airlifted to be evacuated.

Moreover, the Trump administration has just cancelled Esmeralda 7, the largest U.S. Solar project in Nevada.

https://edition.cnn.com/2025/10/14/climate/trump-solar-project-nevada-electricity

Meanwhile, China – the world’s largest polluter – is doubling down on clean power generation. This has caused its CO2 emissions to fall for the first time ever this year. However, this has not had any impact, at least until now, on the concentrations of this gas in the atmosphere.

Source : WMO Report.