Hawaii : De la légende à la réalité // Hawaii : From legend to reality

drapeau-francaisLes légendes sont nombreuses à Hawaii et beaucoup sont centrées sur Pele, la déesse du feu hawaiien. Je recommande à ceux que ces légendes locales intéressent la lecture du livre de Dan Simmons « Fires of Eden » – Les Feux de l’Eden – où la mythologie hawaiienne est sans cesse présente.

Une légende hawaiienne fait entrer la déesse Pele et sa soeur cadette Hi’iaka. Lors de leur arrivée à Hawaii, Pele fit une longue recherche afin de trouver l’endroit idéal pour installer sa demeure et elle choisit le cratère du Kilauea, également connu sous le nom de Kalua o Pele, la fosse de Pele. Elle envoya ensuite sa jeune sœur Hi’iaka’aikapoliopele (généralement connue sous le nom de Hi’iaka) à la recherche son bien-aimé Lohi’au, avec la promesse de ne pas essayer de le séduire. Pele promit à Hi’iaka de ne pas envoyer la lave et le feu sur sa forêt, sur les pentes du Kilauea. Après avoir surmonté de nombreux obstacles, Hi’iaka réussit à ramener Lohi’au sur le Kilauea. Malheureusement, comme quarante jours s’étaient écoulés, Pele était devenue suspicieuse et, dans un moment de colère, elle avait brûlé la forêt de Hi’iaka. Cette dernière, voyant Pele et Lohi’au unis, devint tellement jalouse qu’elle se jeta dans les bras de Lohi’au, ce qui provoqua la colère de Pele. Elle déclencha une violente éruption qui tua son amoureux, tandis que sa sœur survécut.
Sur le terrain, on peut essayer d’établir un lien entre la tradition orale empreinte de mythologie et l’histoire de structures géologiques. On pense que la caldeira du Kilauea s’est formée dans les années 1470-1500 et que la coulée de lave Aila’au (nom d’une autre divinité hawaïenne), qui a recouvert le versant nord de Kilauea, date de 1470. Sa morphologie et le réseau de tunnels de lave laissent supposer qu’elle est apparue au cours d’une seule et longue éruption. Il est fort possible que cette puissante éruption ait été observée par les premiers colons et que son souvenir se soit transmis de génération en génération sous forme de légende. La destruction de la forêt de Hi’iaka par Pele pourrait correspondre à la destruction de la végétation autour du cratère. On pense qu’un laps de temps suffisamment long s’était écoulée entre la destruction de la forêt de Hi’iaka par Pele et l’éruption précédente pour permettre l’apparition d’une forêt dense. La dernière partie du mythe est également intéressante. On a vu que Hi’iaka avait dû affronter des obstacles dans sa recherche de Lohi’au ; elle jetait des pierres dans l’air, ce qui correspond peut-être à une éruption explosive avec une colonne de cendre ou des explosions de vapeur résultant du contact de la lave avec une nappe phréatique ou avec la mer.
Ce lien entre légendes et géologie montre que de violentes éruptions explosives ont eu lieu à Hawaï. Au moins deux d’entre elles, entre 2 700 et 2 000 ans, ont produit les dépôts d’Uwekahuna, vestiges d’une grande éruption phréato-magmatique qui a « arrosé » une zone de 600 kilomètres carrés sur le versant sud du Kilauea. Neuf autres dépôts éruptifs semblables sont aujourd’hui reconnus ; l’un d’eux date de1500 et nous rappelle donc la légende de Pele et Hi’iaka.

Source: Forbes.

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drapeau-anglaisLegends are numerous in Hawaii and many are centered on Pele, the Hawaiian goddess of fire and volcanoes. I recommend to those who are interested in these local legends the reading of Dan Simmons’ book « Fires of Eden »  where Hawaiian mythology is constantly present.

One myth involves the volcano goddess Pele and her youngest sister Hi‘iaka. They arrived on Hawai´i and after a long search Pele decided to settle in the crater of Kilauea, since then also known as Kalua o Pele or the pit of Pele. She then send her youngest sister Hi‘iaka‘aikapoliopele (generally shortened to Hi‘iaka) to search for her beloved Lohi‘au. As reward Pele promised to spare Hi‘iaka´s forest on the slopes of Kilauea from fire and lava. Hi‘iaka had to overcome many obstacles, but finally after many weeks she managed to bring Lohi‘au back to Kilauea. Unfortunately Pele had grown tired and in a moment of anger she burned Hi‘iaka´s forest to the ground.  Hi‘iaka for revenge take Lohi‘au and Pele, seeing the two united, became so envious that she killed Lohi‘au with a furious eruption. Hi‘iaka searched for many weeks the corpse of Lohi‘au, throwing the rocks send by Pele into the air.

Geomythology tries to link oral stories to geological features and the history behind the formation of such features. The formation of the caldera of Kilauea is dated to 1470-1500 and also the Aila‘au flow (named after another Hawaiian deity), a large lava flow covering the northern slope of Kilauea, formed around 1470. Morphology and a well developed network of lava tubes suggest it formed during a single, prolonged volcanic eruption. It is quite possible that this disastrous eruption was observed by the first settlers on the island and the memory of the eruption was passed from generation to generation in form of a myth. The destruction of Hi‘iaka´s forest by the furious Pele could describe the lava burning down the vegetation around the crater. The detail of Hi‘iaka´s forest suggests also that before the destruction enough time passed from the previous eruption to grow a dense forest. Also the last part of the myth is interesting. Hi‘iaka moves and throws rocks into air during her search, maybe the description of an explosive eruption with a column of ash or steam explosions resulting from the lava coming into contact with groundwater or the sea.

Geological evidence supports this reconstruction and shows that powerful and destructive explosive eruptions really happened on Hawai´i. At least two explosive eruptions between 2,700 and 2,000 years ago produced the Uwekahuna Ash, evidence for a large ash eruption that covered an area of 600 square kilometres on the southern slope of Kilauea. Nine other such layers are nowadays recognized, one layer also dated to 1500 and so overlapping with the myth of Pele and Hi‘iaka.

Source: Forbes.

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Pele dans la Volcano House du Kilauea.

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Activité explosive littorale à Hawaii.

(Photos: C. Grandpey)

Quand le Kilauea fume la pipe… // When Kilauea Volcano smokes the pipe…

On peut voir sur le site web Big Island Now une photo très intéressante prise par un habitant de Kalapana à 11h25 le mercredi 5 avril 2017. Elle montre un anneau de vapeur ou de gaz en train de flotter au-dessus de l’entrée de lave de Kamokuna. L’anneau est resté visible au moins 30 secondes avant de se dissiper. Selon le photographe, l’anneau présentait un diamètre de «plusieurs centaines de pieds».
C’est la première fois que je vois un anneau de vapeur ou de gaz sur le Kilauea. J’ai eu l’occasion de prendre des photos de tels anneaux sur l’Etna et Haroun Tazieff m’avait expliqué dans une lettre, schéma à l’appui, comment ils se formaient.

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One can see on the website Big Island now a very interesting photo taken by a Kalapana resident at 11:25 a.m. on Wednesday, April 5th, 2017. It shows a steam or gas ring drifting above the Kamokuna lava entry. It persisted at least 30 seconds before dissipating.  According to the photographer, the ring was “hundreds of feet across”.

It is the first time I have seen a steam or gas ring on Kilauea Volcano. I could take photos of similar rings on Mount Etna and Haroun Tazieff explained me in a letter how they were formed.

Crédit photo : Joe Fisher.

Anneaux de gaz sur l’Etna et leur bouche d’origine (Photos: C. Grandpey)

Du Kilauea (Hawaii) au Bogoslof (Iles Aléoutiennes / Alaska) // From Kilauea Volcano (Hawaii) to Bogoslof Volcano (Aleutians / Alaska)

Situé au cœur des Iles Aléoutiennes en Alaska, le Bogoslof est loin d’Hawaii, mais pas si loin que cela d’un point de vue volcanologique. En 1907, Thomas Jaggar, le fondateur de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) s’est rendu au chevet du Bogoslof  au cours d’une expédition organisée par le Massachusetts Institute of Technology. Son but était l’exploration des volcans de l’Alaska et la recherche de minéraux. Le rapport de l’expédition concernant l’évolution du Bogoslof se trouve dans le Bulletin of the American Geographical Society publié en juillet 1908.
Thomas Jaggar était un observateur avisé et ses notes sur le Bogoslof prennent en compte le récit de l’activité éruptive décrite par les marins pendant les années qui ont précédé 1907. En utilisant ces anciens récits et ses propres observations lors de l’exploration de l’île, Jaggar a compilé une série de cartes montrant les changements intervenus sur l’île, de la même façon que le font les géologues de l’Observatoire des Volcans d’Alaska (AVO) aujourd’hui.
Il a également montré le mécanisme qui anime les éruptions du Bogoslof et a trouvé des similitudes entre les formations de lave mises en place par ce volcan et celles qu’il avait observées sur la Montagne Pelée à la Martinique en 1902. Il a également noté des preuves de l’élévation de l’île et a réfléchi aux causes de ce phénomène.
A l’issue de son voyage, Jaggar a rappelé la nécessité de créer des observatoires pour étudier les volcans, les séismes et d’autres phénomènes naturels. Il était convaincu que leur étude attentive et systématique était essentielle pour vivre en toute sécurité sur notre planète.
Un tel réseau d’observatoires volcanologiques existe aujourd’hui dans une grande partie du monde. Ils fonctionnent grâce à des données envoyées par les satellites qui passent plusieurs fois par jour au-dessus des volcans. A côté de cela, le réseau mondial de détection de la foudre envoie des alertes quelques minutes après que des éclairs aient été détectés à proximité du Bogoslof ; ils coïncident souvent avec des explosions de cendre. Enfin, des ondes infrasoniques ou de pression de l’air produites par les explosions sont détectées par des capteurs sismiques et infrasoniques sur les volcans Okmok et Makushin situés pas très loin du Bogoslof.
Source: USGS / HVO.
Vous obtiendrez plus d’informations sur l’activité éruptive du Bogoslof en vous connectant au site Internet de l’AVO : www.avo.alaska.edu.

La dernière mise à jour d’AVO (en date du 5 avril 2017) indique qu' »aucune nouvelle activité n’a été observée sur les données  sismiques ou infrasoniques du Bogoslof depuis une petite explosion le 13 mars. La dernière éruption significative a eu lieu le 8 mars 2017 et les images satellitaires ne révèlent pas d’activité éruptive depuis cette époque. Au vu de l’absence d’activité volcanique au cours des trois dernières semaines, l’AVO a décidé d’abaisser l’alerte aérienne à la couleur Jaune. »

A noter qu’un bulletin similaire vient d’être diffusé à propos du volcan Cleveland pour lequel l’alerte aérienne a également été abaissée à la couleur Jaune.

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Located in the Aleutians in Alaska, Bogoslof Volcano is far from Hawaii but not far from a volcanological point of view. In 1907, Hawaiian Volcano Observatory (HVO) founder Thomas Jaggar sailed to this very island volcano in Alaska on an expedition from the Massachusetts Institute of Technology. Their objectives to explore Alaska’s volcanoes and search for mineral deposits led to a report on the evolution of Bogoslof published in the Bulletin of the American Geographical Society in July 1908.

Jaggar was a keen observer and his notes on Bogoslof chronicle the record of eruptive activity summarized by mariners in the century leading up to 1907. Using these data and his own observations while exploring the island, Jaggar compiled a sequence of maps of the changing island in a manner very similar to Alaska Volcano Observatory (AVO) geologists today.

He also surmised the mechanism of Bogoslof eruptions and found similarities in the extrusive lava formations with those he had seen at Mount Pelee in the Caribbean in 1902. He also noted evidence of uplift of the island and pondered its significance.

Jaggar used his trip to renew his call for the establishment of Earth observatories to study volcanoes, earthquakes and other earth processes. He was convinced that careful and systematic study of these phenomena was essential to living safely on our planet.

Such a network of volcano observatories exists today for much of the world. They act with data sent by satellites in Earth orbit that peer down at the volcano multiple times per day. The World Wide Lightning Location Network provides automated alerts within minutes of lightning near Bogoslof that often coincides with explosions of ash. Moreover, infrasound or pressure waves from explosions are detected on seismic and infrasound sensors at nearby Okmok and Makushin volcanoes.

Source : USGS / HVO.

You will get more news about the ongoing eruption at Bogoslof by following the Alaska Volcano Observatory at www.avo.alaska.edu.

AVO’s latest update (April 5th) indicates that “ No new volcanic activity has been observed at Bogoslof Volcano in satellite, seismic or infrasound data since a small explosion was detected on March 13. The last major explosive event occurred on March 8, 2017, and satellite images have shown no eruptive activity since that time. Based on the absence of detected activity over the past three weeks, AVO is lowering the Aviation Colour Code to Yellow. »

A similar update has just been released about Cleveland Volcano whose aviation colour code has been lowered to Yellow.

Crédit photo: Alaska Volcano Observatory

Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles // Latest news

La situation est relativement stable sur le Kilauea. Le sommet traverse en ce moment un épisode déflationniste. La surface du lac de lave est à environ 25 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater.
Un petit lac de lave est toujours actif dans la partie occidentale du Pu’uO’o.
La coulée de lave 61g entre dans l’océan à Kamokuna, où un petit delta a commencé à se former.
La compagnie Paradise Helicopters a survolé le volcan le 29 mars 2017. Quelques coulées de surface ont été aperçues jusqu’à 3 km en aval du Pu’uO’o. Aucune lave active n’a été observée sur la plaine côtière ce jour-là, mais il semble que la situation ait changé.
La lave continue à entrer dans l’océan, mais le fameux «firehose» a disparu et est maintenant remplacé par une entrée plus classique, avec des dizaines de ruisseaux de lave qui contribuent à créer un nouveau delta. On peut apercevoir cette activité depuis le point d’observation aménagé à l’est de Kamokuna, à environ 800 mètres du point d’entrée. Il est demandé en permanence aux visiteurs de ne pas aller au-delà des cordes et des balises installées autour de l’entrée de la lave, pour des raisons de sécurité évidentes.
Voici le lien vers la vidéo de Paradise Helicopters:

https://youtu.be/ck56Ta-spFs

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The situation is quite stable on Kilauea Volcano. The summit is currently going through a deflationary episode. The lava lake surface is approximately 25 metres below the rim of the Overlook Vent.

A small lava lake is still active in the western part of Pu’uO’o.

The 61g flow is still active and entering the ocean at Kamokuna, where a small delta has begun to form.

Paradise Helicopters flew over the volcano on March 29th 2017. A few new outbreaks on the surface were found as far down as 3 km from the vent. No active lava was observed on the coastal flats on that day, but it seems the situation has changed.

The ocean entry continues, but the “firehose” has disappeared and has now reverted to a more traditional wide entry, with dozens of lava rivulets flowing into the water and helping to create a new lava bench. Some of the activity can be seen from the overlook to the east approximately 800 metres from the entry point. Visitors are asked again and again not to go beyond the ropes and beacons around the lava entry, for obvious safety reasons.

Here is the link to the Paradise Helicopters video :

https://youtu.be/ck56Ta-spFs

Photo: C. Grandpey