Bombe volcanique de juillet 2018 : Le propriétaire de « Lava Boat Tours » accusé de négligence // July 2018 lava bomb : « Lava Boat Tours » owner accused of negligence

Rappelez-vous: en juillet 2018, lors de l’éruption du Kilauea, une explosion a eu lieu à Kapoho, sur la côte de la Grande Ile, là où la lave s’écoulait dans l’océan. Comme cela se produit de temps en temps, une explosion soudaine et violente, causée par le contact entre la lave et l’eau de mer, a projeté une pluie de bombes dont certaines ont atterri sur un bateau affrété par une agence de voyage et blessé des touristes à bord. Une jeune femme originaire de l’Illinois, âgée de 20 ans, a été grièvement blessée. Aujourd’hui, sa famille poursuit en justice l’agence de voyage et son propriétaire en les accusant de négligence. Les autres passagers du bateau ont subi des brûlures et des blessures sans gravité.

La jeune femme a été frappée par une bombe d’un diamètre estimé entre 30 et 60 centimètres qui lui a brisé un fémur, un tibia et le bassin, ainsi que d’autres blessures qui ont nécessité trois interventions chirurgicales dans un hôpital d’Honolulu. La famille a déclaré devant le tribunal que les frais médicaux dépassaient 400 000 dollars. D’autres soins et donc d’autres fais devraient intervenir dans un proche avenir.
Sans surprise, cette affaire entraîne une bataille juridique. L’agence de voyage – Lava Ocean Tours – et son propriétaire sont accusés de négligence et de s’être approchés trop près de l’entrée de la lave dans l’océan, et de ne pas avoir suffisamment averti les passagers de l’embarcation des dangers potentiels de l’excursion. Selon les avocats de la famille de la victime, le propriétaire avait demandé et obtenu l’autorisation de naviguer dans une zone de sécurité de 300 mètres à partir de l’entrée de lave dans la mer, distance qui avait été décrétée par la Garde côtière américaine pour des raisons de sécurité. De plus, les garde-côtes avaient prévenu le propriétaire de Lava Ocean Tours qu’en pénétrant à l’intérieur de la zone de sécurité, il devrait «assumer tous les risques et responsabilités qui y sont associés, notamment les blessures, la mort et les dommages aux personnes et aux biens ». Le propriétaire de l’agence a déclaré à la presse en juillet qu’il se trouvait à environ 240 mètres de l’entrée de la lave dans l’océan et qu’il était en train de quitter la zone au moment de l’explosion.
Les plaignants allèguent que pendant plus d’un an avant l’accident, les garde-côtes et le HVO avaient averti Lava Ocean Tours « que la lave a tendance à exploser lorsqu’elle se déverse dans les eaux froides de l’océan et que l’on sait, au vu des données historiques à Hawaii, que de telles explosions peuvent projeter des blocs jusqu’à un mètre de diamètre sur des distances allant jusqu’à 250 mètres. » Par ailleurs, un document fourni par l’accusation démontre que l’agence de voyage continuait à effectuer ses excursions avec des approches à moins de 250 mètres des points d’entrée de la lave dans l’océan, ce qui mettait forcément en danger la santé et la sécurité des passagers en les exposant au risque d’explosion.
Les avocats de l’agence de voyage ont qualifié l’accident d’ »événement volcanique imprévisible en mer… qui s’est produit sans prévenir. » Ils ont ajouté que « les blessures, dommages et / ou pertes… occasionnés au cours de l’excursion susmentionnée n’ont été causés ni par une faute, ni par une négligence de la part de ”Lava Ocean Tours. » Ils on également ajouté « que la partie adverse avait elle aussi fait preuve de négligence dans les poursuites engagées » contre Lava Ocean Tours.
Les avocats de la jeune femme ont déposé une requête en rejet de la plainte déposée par l’agence de voyage. La requête inclut une déclaration écrite du propriétaire de l’agence de voyage à la Garde côtière, en date du 2 juin 2017, dans laquelle il contestait la zone de sécurité: « Pendant le temps passé devant les coulées de lave, je ne me suis jamais senti en danger ou menacé. […] Les bateaux d’excursion de lave ne sont pas une exception. Il existe de nombreuses autres agences proposant des excursions extrêmes en bateau, qu’il s’agisse de descendre les rapides d’une rivière en jet-boat, de naviguer près des glaciers, ou de faire de surf sur de grosses vagues. »
Document à l’appui, le père de la jeune femme a déclaré qu’il « n’avait d’aucune manière été averti du risque d’explosion de la lave au cours de l’excursion, ainsi que du risque de blessure pour les passagers ». Il a ajouté: « J’avais mes trois filles avec moi. Deux d’entre elles étaient de jeunes adolescentes. Je n’aurais jamais acheté cette excursion… si on m’avait prévenu que la lave pourrait exploser. »
Source: Journaux hawaïens.

On peut tirer plusieurs conclusions de cet accident du mois de juillet 2018. Il montre qu’une telle excursion devant l’arrivée de la lave en mer comporte des risques et qu’une explosion peut se produire. D’ailleurs, le HVO et la Protection Civile hawaiienne ont mis constamment en garde sur ce risque d’explosion le long du littoral.

Le propriétaire de la compagnie est bien sûr en tort car il s’est approché trop près (240 mètres) du site où la lave arrivait dans la mer alors que les gardes-côtes imposaient une distance de sécurité de 300 mètres. Aux Etats-Unis, on ne plaisante pas avec la loi !

Je pense aussi qu’il est nécessaire, avant d’entamer ce genre d’excursion, de faire signer une décharge aux clients en les invitant à dégager l’agence de toute responsabilité en cas de problème. Cela suppose, bien sûr, que l’organisateur de l’excursion respecte les normes de sécurité, ce qui ne semble pas avoir été le cas au moins de juillet 2018.

En tout état de cause, je conseille vivement aux participants d’un voyage aux Etats-Unis de posséder une assurance et de vérifier les modalités de prise en charge en cas d’accident. Il n’y a pas de sécurité sociale aux Etats-Unis au sens où on l’entend en France. En cas d’hospitalisation, il faut payer les frais médicaux directement à l’hôpital.

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Remember: in July 2018, during the Kilauea eruption, an explosion occurred at Kapoho, on the shore of Hawaii Big Island, in the place where lava was flowing into the ocean. As this may occur from time to time, a sudden violent explosion, caused by the contact between lava and sea water, hurled a profusion of bombs some of which landed on a tour boat and injured tourists on board. A 20-year-old Illinois woman was seriously injured and her family is now suing the tour company and its owner in state court. The other passengers in the tour boat suffered minor burns and scrapes. The tour boat company has now to go to court and is accused of negligence by the young woman’s family.

The young woman was hit by a lava bomb estimated at between 30 end 60 centimetres in diameter. It broke her thigh bone, tibia and pelvis and left her with other injuries that required her to undergo three surgeries at a hospital in Honolulu. The family said in court filings her medical expenses are “in excess of $400,000.” The woman is expected to continue accruing additional medical expenses for the foreseeable future.

The tour company – Lava Ocean Tours – and its owner are accused of negligence in piloting the sightseeing boat too close for safety to the lava ocean entry and not adequately warning potential passengers of the tour’s potential hazards. According to the suit, the owner had applied for and was granted permission to navigate his vessels inside a 300-metre safety zone from lava ocean entry points the U.S. Coast Guard had established to protect people and vessels from exploding molten rock. However, the Coast Guard had warned the owner of Lava Ocean Tours that by entering the safety zone he would have to “assume any and all risks and liabilities associated therewith, including but not limited to: injury, death and damage to persons or property.” The owner told the press in July he was about 240 metres from the lava ocean entry and was in the process of leaving the zone when the explosion occurred.

The plaintiffs allege that for more than a year before the incident, the Coast Guard and Hawaiian Volcano Observatory had warned Lava Ocean Tours “that lava has a propensity to explode when it flows into cool ocean waters, and that historical data in Hawaii showed such explosions had been known to hurl lava rocks as much as a metre wide across distances as great as 250 metres. Nevertheless, according to a document, the boat tour company continued to take their tours much closer than 250 metres to lava entry points, thereby gambling with their passengers’ health and safety and exposing passengers to the risk of exactly the kind of explosion that occurred.

The tour company’s lawyers called the incident “an unforeseeable offshore volcanic event … which occurred without warning” and added, “any injuries, damages and/or losses resulting … or otherwise arising out of the aforementioned voyage were neither caused nor contributed to, by any fault, negligence or neglect on the part of” Lava Ocean Tours. It also alleged “that any claimants were themselves negligent in and about the matters alleged in any related claims or actions” against Lava Ocean Tours.

The young woman’s lawyers have filed a motion to dismiss the tour company’s complaint. The motion includes written testimony by the owner of the boat tour company to the Coast Guard in opposition to the lava safety zone, dated June 2nd, 2017, in which he said: “During my time at the lava flows I have never experienced a moment where I felt unsafe or threatened. … Lava tour boats are not alone there are many operations who provide extreme boat tours whether you want to go jet boating river rapids, cruise up next to glaciers, go big wave surfing.”

In a supporting document, the woman’s father said he was “given no warning about any risk that the lava we would be seeing might explode or possibly injure the passengers in some other way.” He added: “I had my three daughters with me. Two of them were young teens. I would never have taken on this trip … if I had been warned that the lava could explode.”

Source: Hawaiian newspapers.

L’arrivée de la lave en mer est très spectaculaire, mais elle peut devenir explosive et présenter un danger (Photos: C. Grandpey)

Histoire de banquettes, deltas et plates-formes à Hawaii // A story of benches, deltas and shelves in Hawaii

L’histoire en question est celle des entrées de lave sur la Grand Ile d’Hawaii, comme celle que l’on pouvait encore observer il y a quelques jours sur le site de Kamokuna. Plusieurs mots ou expressions ont été utilisés pour désigner la formation de cette nouvelle terre.
Il y a quelques années, « banquette » était le terme communément utilisé pour désigner l’accumulation de lave à son entrée dans l’océan. Les géologues ont abandonné ce mot parce que la définition géologique d’une banquette ne correspond pas au processus par lequel de nouvelles terres se forment quand la lave entre dans la mer.
« Delta de lave » est maintenant le terme géologique accepté. Toutefois, comme le mot « banquette » a été utilisé pendant de longues années, il est parfois difficile d’adopter un nom différent pour désigner la nouvelle terre en formation lors de l’entrée de la lave dans l’océan.
Dans un article intitulé Volcano Watch, publié régulièrement sur le site web de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO), les scientifiques tentent de mettre fin à la confusion entre les termes désignant l’entrée de la lave dans l’océan. Ils en profitent aussi pour décrire les processus par lesquels les deltas de lave se forment et évoluent.
« Banquette » n’est pas un terme approprié. En effet, pour les géologues, les banquettes sont des éléments d’érosion, alors que les deltas sont des éléments de dépôt, formés par l’accumulation de nouveaux matériaux.
Les banquettes côtières sont des terres presque horizontales formées généralement par l’érosion des vagues sur de longues périodes. Ces structures plates et étroites se forment à la base des falaises près du niveau de marée haute. À Hawaii, Hanauma Bay (l’un de mes spots de snorkelling préférés !) est l’exemple d’une banquette qui a découpé la paroi sud d’un anneau de tuf tout près de Koko Head sur l’île d’Oahu. En outre, le mot banquette est également utilisé pour désigner le niveau de lave dans un tunnel.
«Plate-forme» est un autre terme fréquent, mais erroné, utilisé pour décrire l’entrée de la lave dans l’océan. Une plate-forme est une élévation peu profonde et presque horizontale de la croûte continentale qui s’étend au-dessous du niveau de la mer au large des côtes à partir du continent. On peut observer de telles plates-formes au large des îles d’Hawaii, mais elles sont généralement beaucoup plus vastes que les deltas de lave.
Contrairement à l’origine érosive d’une banquette, un « delta de lave » est un dépôt construit par accumulation de lave près de la base de la falaise littorale, au niveau de l’entrée dans l’océan. Pour comprendre ce processus, il faut imaginer un delta, comme celui du Mississippi.  Il se forme lorsque les alluvions sont transportées le long de la rivière, puis se déposent là où la rivière pénètre dans un plus grand corps d’eau stagnante ou plus lente, comme un océan. La lave qui circule dans un tunnel se comporte comme une rivière; elle circule jusqu’à la côte où elle pénètre dans l’océan.
Lorsque la lave à une température d’environ 1140°C s’écoule dans l’océan, elle se refroidit rapidement, créant une interaction potentiellement explosive. De petites explosions et les assauts des vagues décomposent la lave en petits morceaux de roche et de sable qui se déposent ensuite au fond de la mer au-dessous de l’entrée de la lave dans l’océan. L’accumulation de ces matériaux forme la base instable sur laquelle reposent les deltas de lave.
Au fur et à mesure que le delta de lave continue de croître, son front peut commencer à s’affaisser, car le poids croissant du delta déstabilise ses fondations. Quand un delta de lave devient trop lourd, ou se brise par gravité, il s’effondre, partiellement ou complètement.
Au cours de ce processus, des explosions se produisent fréquemment, avec des projections de matériaux incandescents à la fois vers l’intérieur des terres et vers la mer, avec des risques pour les visiteurs. Ces dangers ont déjà été expliqués à plusieurs reprises.
Source: USGS / HVO.

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The story deals with lava entries on Hawaii Big Island, like one that could be observed at Kamokuna a few days ago. Several words or expressions have been used to refer to this formation of a new land.

A few years ago, “bench” was the term commonly used for the accumulation of lava at an ocean entry. But geologists have moved away from that word, because the geologic definition of a bench does not agree with the process by which new land forms when lava enters the sea.

“Lava delta” is now the accepted geologic characterization. But, because the word “bench” was used for so long, it can be hard to transition to a different name for the new land formed at an ocean entry.

In an article entitled Volcano Watch which is regularly released on their website by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO), scientists try to help resolve any confusion about what new land at an active ocean entry should be called, and to describe the processes by which lava deltas form and evolve.

Bench” is considered as a wrong word. Indeed, to geologists, benches are erosional features, whereas deltas are depositional features, formed by the accumulation of new material.

Coastal benches are nearly horizontal terrains commonly formed by wave erosion over long periods of time. These flat and narrow features form at the base of sea cliffs near the high tide mark. In Hawaii, Hanauma Bay is an example of a bench that cut into the southeast wall of a tuff ring next to Koko Head on the Island of Oahu. Besides, the word bench is also used to refer to the level of lava within a tunnel.

Referring to a lava delta as a “shelf” is another common, but misguided, term that is used to describe the ocean entry feature. A shelf is a nearly horizontal, shallow ledge of continental crust that extends below sea level off the coast of a land mass. Island shelves can be found off the coast of the Hawaiian Islands as well, but they are generally much larger than lava deltas.

In contrast to the erosional origin of a bench, a “lava delta” is a depositional feature built by the accumulation of lava near the base of the sea cliff at an ocean entry. To understand this process, one should picture a river delta, like that of the Mississippi. It forms when alluvium is transported down the river and then deposited where the river enters a larger body of standing or slower-moving water, such as an ocean. Molten lava insulated in a tube is like a river. It is transported to the coast, where it enters the ocean.

As the approximately 1140-degree Celsius (2080-degree Fahrenheit) lava flows into the ocean, it quickly cools, creating a potentially explosive interaction. Small explosions and surf action break the lava into smaller pieces of rubbly rock and sand, which are then deposited onto the sea floor beneath the ocean entry. The accumulation of this unconsolidated material produces the unstable foundation on which lava deltas are built.

As a lava delta continues to grow, its front can begin to subside, because the increasing weight of the delta causes its rubbly foundation to shift. When a lava delta becomes too heavy, or is undercut downslope, it collapses, either partially or completely.

When a lava delta collapses, it can trigger explosions that throw blocks of solid rock and fragments of molten lava both inland and seaward, with hazards to the visitors. They have been explained many times before.

Source: USGS / HVO.

Delta de lave sur la Grande Ile d’Hawaii

Hanauma Bay, sur l’île d’Oahu

(Photos: C. Grandpey)

La sécurité sur le site de Kamokuna (Hawaii) // Safety at the Kamokuna lava entry (Hawaii)

Comme je l’ai écrit précédemment, le delta de lave sur le site de Kamokuna est susceptible de s’effondrer à tout moment et sans prévenir. Le HVO indique que plusieurs grandes fractures parcourent le delta sur toute sa largeur, parallèlement au littoral. Il est évident que ces fractures augmentent la probabilité d’un effondrement du delta. Une vidéo illustre la situation:
https://youtu.be/rt8rDdT5wO0

La Garde côtière continue d’assurer la sécurité des eaux navigables autour de l’entrée de lave. La zone de sécurité englobe toutes les eaux s’étendant à 300 mètres de l’entrée de la lave dans l’océan, dans toutes les directions.
Selon le HVO, d’importantes projections accompagnent les effondrements et peuvent aller dans toutes les directions, y compris dans la mer. En conséquence, un rayon de 300 mètres a été défini comme zone de danger autour du point d’entrée de la lave dans l’océan, que ce soit à l’intérieur des terres ou dans l’océan.
Sur terre, la zone de sécurité a été délimitée par des cordes. Toute personne non autorisée y pénétrant s’expose à des amendes allant jusqu’à 88 000 dollars ou un délit de catégorie D.
La mise en place de la zone de sécurité a débuté le 28 mars et devrait expirer le 28 septembre 2017.

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As I put it before, the lava delta at the Kamokuna lava entry might collapse at any moment and without warning. HVO indicates that several large cracks have developed in the lava delta, running parallel to the coastline and spanning the width of the delta. A video illustrates the situation:

https://youtu.be/rt8rDdT5wO0

The Coast Guard continues to enforce the temporary Kamokuna Lava Delta Safety Zone for the navigable waters surrounding the lava entry. The safety zone encompasses all waters extending 300 metres in all directions around the entry of the lava flow into the ocean.

According to HVO, large and dense fragments ejected during delta collapses can be thrown in all directions from the point of collapse, including out to sea. As a consequence, a radius of 300 metres was determined as a reasonable minimum high hazard zone around a point of ocean entry, inland or out to sea.

On land, the safety zone has been cordoned off. Anyone getting into the safety zone could face fines up to $88,000 or a Class D felony.

Enforcement of the safety zone began March 28th and is set to expire onn September 28th 2017.

Crédit photo: HVO

Première approche de l’entrée de lave dans le Pacifique // First approach of the lava entry in the Pacific Ocean

L’arrivée de la lave en mer sur le site de Kamokuna est un spectacle extraordinaire, même si la cascade – le fameux « firehose » – a cessé de déverser ses millions de mètres cubes de magma dans l’Océan Pacifique. A l’heure actuelle, ce sont plusieurs ruisseaux de lave qui arrivent sur le littoral où ils ont commencé à façonner une nouvelle banquette.

On peut apercevoir la lave depuis le point d’observation aménagé par le Parc des Volcans à environ 800 mètres du site, mais le meilleur moyen de profiter du spectacle est d’acheter une excursion en bateau dans l’une des agences qui sont nées au cours des derniers mois. Il vous en coûtera entre 180 à 300 dollars (sensiblement l’équivalent en euros), selon la compagnie et selon l’heure choisie.

J’ai approché la lave en bateau pour la première fois en février 1998. A l’époque, les agences locales n’existaient pas. Je m’étais rendu à Hawaii en compagnie de Guy de St Cyr* et quelques autres volcanophiles. La lave arrivait dans l’océan et Guy s’était mis en tête (son entêtement est remarquable !) d’aller faire une virée en bateau pour assister au spectacle. Profitant de mon bilinguisme, il m’a carrément ordonné de trouver un pêcheur ou un plaisancier susceptible d’effectuer cette excursion. Une visite au port de Hilo m’a permis de rencontrer un couple de retraités sur leur bateau. Il leur était impossible de nous conduire devant la lave mais ils m’ont conseillé de me rendre dans un petit port de pêche dans le district de Puna, sur la côte sud-est de la Grande Ile. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous sommes arrivés dans ce petit port près duquel pousse la mangrove et où les tortues nagent paisiblement, tandis que les vagues déferlent sur le rivage, pour le plus grand bonheur de quelques surfeurs locaux. Un petit air de paradis. Continuant ma mission, j’ai accosté un pêcheur qui radoubait un bateau et lui ai fait part de notre désir de voir la lave entrer dans l’océan. Il m’a conseillé d’aller voir son patron qui travaillait sur une autre embarcation à quelques centaines de mètres de là. Le pêcheur connaissait ce genre d’excursion en mer car quelques années auparavant il avait conduit une équipe de télévision devant la lave. Il avait toutefois des doutes sur le sérieux de ma demande et je dus insister pour lui prouver que nous n’étions pas des rigolos. Il me demanda le nom de mon hôtel et le numéro de ma chambre et me dit qu’il me téléphonerait le soir même à 22 heures. Si je répondais, il nous donnait rendez-vous dans ce même lieu le lendemain à 10 heures. Nous sommes convenus du prix qui, autant que je me souvienne, devait tourner autour de 50 dollars par personne. Le soir même, le téléphone sonnait dans ma chambre et c’est ainsi que notre petit groupe – qui (avec autorisations) avait bien failli ne pas ressortir du Pu’uO’o la veille** – eut la chance de pouvoir admirer la lave en mer. Guy me demanda de ne pas divulguer les coordonnées du pêcheur, ce qui lui permit d’être le premier à proposer cette prestation à ses clients. Depuis 1998, le choses ont beaucoup changé…et les tarifs aussi

* Agence Aventure et Volcans.

**anecdote racontée par Guy de St Cyr dans son livre D’un volcan à l’autre.

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The lava entry at the Kamokuna site is an extraordinary sight, even if the famous « firehose » has now stopped spilling millions of cubic meters of magma into the Pacific Ocean. At present, several streams of lava arrive on the coast where they began to build a new bench.
The lava can be seen from the observation point set up by the Park about 800 meters from the site, but the best way to enjoy the show is to buy a boat trip from one of the agencies that appeared in the past few months. It will cost you between 180 to 300 dollars (substantially the equivalent in euros), depending on the company and according to the chosen time.
I approached the lava by boat for the first time in February 1998. At the time, local agencies did not exist. I went to Hawaii with Guy de St Cyr * and a few other volcanophiles. The lava arrived in the ocean and Guy had decided (his stubbornness is remarkable!) to go on a boat trip to watch the show. Taking advantage of my bilingualism, he ordered me to find a fisherman or a boater capable of making this excursion. A visit to the port of Hilo allowed me to meet a couple of retirees on their boat. It was impossible for them to take us to the lava, but they advised me to go to a small fishing port in the Puna district on the southeast coast of the Big Island. No sooner said than done. We arrived in this small harbour near which the mangrove grows and where the turtles swam peacefully, while the waves surged on the shore, to the delight of a few local surfers. A little air of paradise. Continuing my mission, I met a fisherman who was refitting a boat and told him of our desire to see the lava enter the ocean. He advised me to go and see his boss who was working on another boat a few hundred meters away. The fisherman knew this type of excursion at sea because a few years before he had led a television team in front of the lava. He had doubts, however, about the seriousness of my request and I had to insist on proving that we were not joking. He asked me the name of my hotel and the number of my room and told me that he would call me that same evening at 10 pm. If I answered, he would give us an appointment in the same place the next day at 10 o’clock. We agreed on the price, which, as far as I can remember, was about $ 50 per person. That same evening, the phone rang in my room and so our little group – which (with permits) had almost failed to come out of the Pu’uO’o the day before – could admire the lava flowing into the sea. Guy asked me not to divulge the fisherman’s contact details, which enabled him to be the first to offer this service to his clients. Since 1998, things have changed a lot … and prices too!

* Aventure et Volcans.
** anecdote narrated by Guy de St Cyr in his book D’un volcaan à l’autre.

 

Photos: C. Grandpey

Avec une pensée pour le regretté Alain de Toffoli qui faisait partie de notre petit groupe.