KMT, un projet ambitieux en Islande // KMT, an ambitious project in Iceland

Dans deux notes publiés le 28 septembre 2021 et le 22 janvier 2024, j’expliquais qu’un nouveau projet – Krafla Magma Testbed (KMT) – est en cours de développement en Islande.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/09/28/voyage-au-centre-de-la-terre-journey-to-the-centre-of-the-earth-3/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/22/islande-la-geothermie-au-coeur-dun-volcan-iceland-geothermy-at-the-heart-of-a-volcano/

Un article publié le 23 mars 2024 sur le site Iceland Monitor nous informe que deux des principaux objectifs du projet sont « d’améliorer considérablement les prévisions des éruptions volcaniques dans le monde et de concevoir de nouvelles méthodes plus économiques pour la production d’énergie géothermique. »
La société KMT vise à construire dans les années à venir un centre de recherche international de recherche en matière de volcanisme et d’énergie dans la région du Krafla à Þingeyjarsveit. L’idée du projet est née du forage IDDP-1 qui, en 2009, a atteint de manière tout à fait inattendue une poche de magma dans la région du Krafla, à une profondeur de 2,1 km.
L’équipement utilisé en 2009 n’était pas capable de résister à la chaleur, à la pression et à la corrosion à proximité du magma, mais des informations importantes ont été recueillies au niveau du forage avant sa fermeture. Les scientifiques ont pu déterminer l’emplacement exact d’une chambre magmatique, une première mondiale, et le forage s’est avéré dix fois plus puissant que les forages traditionnels déjà réalisés dans la région du Krafla.
Quinze ans après le forage de 2009, l’objectif est de récidiver avec une nouvelle technologie mise au point par la société KMT.
Voici une vidéo de KMT (en anglais) expliquant le projet et ses ambitions :
https://youtu.be/Bf-yA_L8mZA

Photos: C. Grandpey

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In two posts released on September 28th, 2021 and January 22nd, 2024, I explained that a new project – Krafla Magma Testbed (KMT) – is being developed in Iceland.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/09/28/voyage-au-centre-de-la-terre-journey-to-the-centre-of-the-earth-3/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/22/islande-la-geothermie-au-coeur-dun-volcan-iceland-geothermy-at-the-heart-of-a-volcano/

An article published on March 23rd, 2024 on the website Iceland Monitor informs us that two of the main goals of the project are « to greatly improve global volcanic eruption predictions and design new and more cost-effective methods for the energy production of geothermal energy. »

KMT aims to build an international research center for volcanic and energy research in the Krafla area in Þingeyjarsveit in the coming years. The idea for the project stems from the Icelandic deep-water drilling project IDDP-1, where they unexpectedly drilled into magma at Krafla at a depth of 2.1 km in 2009.

The equipment used in IDDP-1 in 2009 was not able to withstand the heat, pressure, and corrosion closer to the magma but important information was gathered from the borehole before it was closed. Scientists were now able to determine the exact location of a base magma chamber, which is considered unique worldwide, and the borehole was found to be ten times more powerful than traditional production boreholes in Krafla.

Now fifteen years after the unexpected drilling of magma in Krafla, the aim is to do so again with a new instrumentation that KMT is developing.

Here is a video from KMT explaining the project and its ambitions:

https://youtu.be/Bf-yA_L8mZA

Les gaz volcaniques, un poison pour la péninsule de Reykjanes (Islande) // Volcanic gases, a poison for the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Comme je l’ai écrit précédemment, le Blue Lagoon n’ouvrira pas avant le 1er avril 2024. Il sera fermé pour Pâques et aucune décision n’a été prise quant à sa date de réouverture. Le directeur de la société qui gère le site explique que la décision de réouverture sera prise en collaboration avec les autorités.
La cause de la fermeture est la pollution par les gaz en provenance de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes. De nouveaux capteurs de gaz ont été installés, en particulier dans le secteur du Blue Lagoon afin qu’il soit plus facile d’évaluer la situation et de comprendre comment les gaz circulent.
Sur son site web, le Met Office islandais donne des détails sur la pollution par les gaz. Depuis le 22 mars 2024, deux stations supplémentaires ont été installées pour surveiller les concentrations de SO2 au sol autour du Blue Lagoon et dans la zone portuaire de Grindavík. Les deux stations envoient directement des données sur le site web de l’Agence pour l’Environnement.
Le 26 mars au matin, la station du Blue Lagoon a révélé un niveau de SO2atteignant 7 000 microgrammes par mètre cube. Le matin du 27 mars, celle de Grindavík a mesuré des concentrations allant jusqu’à 9 000 microgrammes/m3. De telles concentrations sont considérées comme dangereuses et il est recommandé aux personnes de suivre les instructions fournies par l’Agence pour l’Environnement. Le 26 mars, la station de Hafnir a également montré des concentrations élevées de SO2 atteignant parfois 2 000 microgrammes/m3. La quantité de SO2 émise par l’éruption et les conditions météorologiques dans la région créent toutes les conditions pour que persiste une forte pollution gazeuse sur la péninsule.
Comme je l’ai déjà indiqué, la pollution gazeuse est à prendre en compte par les plus vulnérables et les personnes souffrant de maladies respiratoires. La Protection Civile conseille aux habitants de la péninsule de Reykjanes de fermer les fenêtres et à éteindre la climatisation.
On sait que les gaz éruptifs et en particulier le SO2 peuvent provoquer des maux de tête, des irritations des yeux et de la gorge ainsi que d’autres affections respiratoires. Les plus petites particules en suspension (PM 1 et 2,5) sont dangereuses pour la santé car elles peuvent facilement pénétrer dans les poumons. Les enfants et les personnes souffrant de maladies cardiaques et pulmonaires ont intérêt à éviter les activités de plein air pendant de longues périodes.

Image du nuage de gaz au-dessus du site de l’éruption, avec le mont Þorbjörn au centre de la photo et le site de l’éruption à l’est. Les panaches de gaz se déplacent vers l’ouest, poussés par les vents d’est. (Crédit photo : Met Office).

Après deux semaines d’activité, l’intensité de l’éruption décline régulièrement, mais ne semble pas près de s’arrêter (Image webcam le 29 mars 2024 au soir)

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As I put it before, the Blue Lagoon will not open before April 1st, 2024. It will be closed over Easter and no decision has been made on when it will open again. The company’s director says that the decision to reopen will be made in collaboration with the authorities.

The cause of the closure is the gas pollution from the eruption on the Reykjanes Peninsula. The number of gas meters has been increased. The company received the Met Office to install meters in the area so it would be easier to assess the situation and understand how the gas flows through.

On its website, the Icelandic Met Office explains the situation concerning gas pollution. Since March 22nd, 2024, two additional stations to monitor the concentrations of SO2 at the ground have been installed at Blue Lagoon and in the harbour area in Grindavík. Both stations are streaming data to the Environment Agency ‘swebsite.

On March 26th in the morning, the Blue Lagoon station revealed levels of SO2 up to 7000 microgram/m3, and in the morning of March 27th, the station in Grindavík measured concentrations up to 9000 micrograms/m3. Such concentrations are considered dangerous and people are recommended to follow the instructions provided by the Environment Agency. On the March 26th, the station in Hafnir also showed high concentrations of SO2 up to about 2000 microgarm/m3. The amount of SO2 released by the eruption and the meteorology in the area are still creating the conditions for severe gas pollution in the peninsula.

As I put it before, gas pollution is quite unhealthy for the most vulnerable and those with underlying respiratory diseases. The Department of Civil Protection encourages residents of the Reykjanes peninsula to close windows and turn off ventilation.

It is well known that eruption gas and in particular SO2 can cause headaches, eye and throat irritation, and other respiratory symptoms. The smallest particles of suspended particulate matter (PM 1 and 2.5) are dangerous to health because they can easily reach deep into the lungs. Children and people with underlying heart and lung diseases should avoid outdoor activities for long periods.

Islande : suite de l’éruption et essaim sismique sur l’Askja // Iceland : the eruption continues ; seismic swarm at Askja

Alors que l’éruption se poursuit de manière assez stable sur la péninsule de Reykjanes, bien qu’en lent et régulier déclin de jour en jour, le Met Office indique que le 25 mars 2024 un essaim sismique comprenant une trentaine d’événements a été enregistré dans la partie nord-ouest de la caldeira de l’Askja.

Sur la Péninsule de Reykjanes, les mesures GPS de ces derniers jours montrent un soulèvement continu du sol dans le secteur de Svartsengi, mais à un rythme plus lent qu’auparavant. Cela laisse supposer que le magma continue de s’accumuler dans le réservoir malgré son évacuation par l’éruption en cours.

Image webcam de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes au cours de l’après-midi du 26 mars 2024

Le séisme le plus significatif sur l’Askja avait une magnitude de M3,5 à une profondeur d’environ 5 km. Dans l’ensemble, l’activité sismique sur l’Askja est restée assez stable d’un mois à l’autre et inchangée jusqu’au 25 mars 2024. Auparavant, des séismes d’une magnitude supérieure à M3 avaient été détectés en janvier 2022 et octobre 2021.
La déformation sur l’Askja s’est poursuivie de manière stable pendant deux ans à partir de la fin de l’été 2021. À l’automne 2023, une accélération de la déformation du sol a été enregistré par les instruments. Les mesures les plus récentes montrent que la déformation du sol a de nouveau augmenté, même si elle reste à un niveau inférieur à celui d’avant l’automne 2023.
Une image satellite acquise le 19 mars 2024 montre une vue classique du lac de l’Askja (Oskjuvatn) pendant l’hiver, avec la majeure partie du lac recouverte de glace à l’exception des deux zones bien connues où se produit une activité géothermique permanente.
Source : Met Office islandais.

Caldeira de l’Askja en été (Photo: C. Grandpey)

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While the eruption is going on in a fairly stable way on the Reykjanes Peninsula, although slowly declining day after day, the Met Office indicates that on March 25th, 2024 a seismic swarm including about 30 events occurred in the NW part of the Askja caldera.

On the Reykjanes Peninsule, GPS measurements in recent days indicate ongoing land rise in Svartsengi, but it exhibits a slower rate than before. This suggests that magma continues to accumulate in the reservoir despite the ongoing eruption.

The largest earthquake recorded in the Askja area had a magnitude M3,5 at a depth of about 5 km. Overall, seismic activity in the Askja had been quite stable between months and unchanged until March 25th. Looking back, earthquakes with magnitude above M3 were detected in January 2022 and October 2021.

Deformation at Askja continued in a stable way during two years starting at the end of summer 2021. In autumn 2023, a change in velocity was recorded bt the instruments. However, the most recent ground deformation measurements suggest that the rate has increased again, even though it remains at lower rates than before autumn 2023.

A satellite image acquired on March 19th, 2024 shows a typical winter view of Askja lake, where most of the lake is covered by ice except for the two well-known areas characterized by persistent geothermal activity.

Source : Icelandic Met Office.

Péninsule de Reykjanes (Islande) : nouvelles de l’éruption // Reykjanes Peninsula (Iceland) : news of the eruption

Les webcams montrent que l’activité au niveau de la fissure éruptive de Sundhnúksgíga, sur la péninsule de Reykjanes, diminue lentement et régulièrement depuis le 22 mars 2024, ce qui est confirmé par le tremor éruptif. La lave jaillit désormais principalement des deux plus grandes bouches éruptives, et avec moins de vigueur qu’auparavant.
La coulée de lave qui se dirigeait vers la Grindavíkurvegur semble s’être arrêtée après être entrée dans la carrière de gravier de Melhólsnáma. Le Met Office indique qu’il n’y a pas non plus d’activité en bordure de la Suðurstrandarvégur. L’éruption dure depuis 9 jours.
Source : Met Office.

Image webcam du 24 mars 2024 au soir

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The webcams show that activity at the eruptive fissure at Sundhnúksgíga on the Reykjanes Peninsula has been slowly declining since March 22nd, 2024, which is confirmed by the eruptive tremor. Lava now mainly erupts from the two largest craters, and with less force than before.
The lava tongue that was heading towards the Grindavíkurvegur road seems to have stopped after it went into the Melhólsnáma gravel mine. The Met Office indicates that there is no activity on the edge of the Suðurstrandarvégur road either. The eruption has been going on for 9 days today.

Source : Met Office.