Grindavik (Islande) : entre incertitude et angoisse // Grindavik (Iceland) : between uncertainty and anxiety

Comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises, tant que les éruptions ont lieu dans des zones désertiques, l’importance de la prévision volcanique est relative. Mais lorsque de la lave menace de percer la surface à proximité d’infrastructures essentielles ou de zones habitées, il est intéressant de savoir comment va se comporter un volcan. Les derniers événements survenus sur la péninsule islandaise de Reykjanes en sont la preuve. Une centrale électrique et un port de pêche sont menacés par des séismes et des coulées de lave.

 

La centrale de Svartsengi alimente en électricité et en eau chaude quelque 30 000 habitants (Photo: C. Grandpey)

Grindavik (3 700 habitants) a été évacuée le 10 novembre 2023 car la sismicité était très forte et des fractures s’étaient ouvertes jusque dans la ville, avec le risque de voir de la lave sortir de ces fissures.
Une évacuation est toujours une situation très difficile. Il faut aller vivre ailleurs et parfois laisser derrière soi l’endroit où on est né et où on a passé toute sa vie. On peut lire sur le site Iceland Monitor le témoignage d’un couple qui a été contraint de quitter sa maison à Grindavik. L’homme et son épouse racontent les événements des dernières semaines et essayent d’envisager l’avenir.
Le couple vit depuis 35 ans à Grindavik, où le mari est né et travaille comme pêcheur. Le 10 novembre 2023 est une date qui restera à jamais gravée dans la mémoire des habitants de Grindavík. La sismicité était très forte, avec des secousses particulièrement violentes. La fille cadette du couple participait à un entraînement sportif qui a dû être annulé car tout tremblait. La jeune femme raconte aujourd’hui qu’en voiture elle avait « l’impression de rouler sur des vagues ! Devant moi, il y avait une voiture qui avançait à 30 kilomètres heure; je pensais qu’il s’agissait d’étrangers qui avançaient très lentement, mais ensuite une partie de la chaussée s’est ouverte devant leur voiture. Je suis arrivée en ville avant la fermeture de la route qui a été coupée en deux. »

 

Crédit photo: Protection Civile islandaise

Le soir du 10 novembre, tous les habitants de Grindavík reçurent l’ordre d’évacuer la ville. Le couple pense que c’était la bonne décision. Ils avaient l’impression que la terre pouvait littéralement les engloutir.
La dernière éruption a commencé le 14 janvier, 2024. La femme a déclaré : « Nous nous attendions à cet événement et maintenant nous attendons toujours que quelque chose d’autre se produise. Il y a toujours cette attente et cette incertitude. » L’éruption s’est produite juste au nord des digues de protection et un peu à l’intérieur de celles-ci, mais elles ont tout de même montré leur efficacité. Autrement, la lave aurait recouvert des zones beaucoup plus vastes de la ville.

 

La lave est partiellement retenue par les digues de terre (image webcam)

Le couple vit désormais dans un appartement au sous-sol d’une maison à Arnarnes, gracieusement prêté par des amis. Ils ne savent pas s’ils rentreront un jour chez eux, à Grindavík, même si l’espoir est toujours là. Leur avenir est incertain, comme celui des autres habitants du petit port de pêche. Ils sont reconnaissants d’avoir pu obtenir ce petit appartement et que toute leur famille soit en sécurité. La catastrophe a également eu des conséquences psychologiques. Parfois, les gens ont des crises de déprime et d’angoisse. « Certains jours, on se sent lourd et impuissant. Il y a toute cette incertitude. On ne sait rien ! »  Le couple se demande où il a envie de vivre. Une chose est sure: ils ne retourneront pas à Grindavík dans un avenir proche. Ils espèrent pouvoir rentrer chez eux un jour, mais pas avant plusieurs années.
Source : Iceland Monitor.

Dernière minute : le 29 janvier 2024, les autorités ont autorisé les habitants de Grindavík à entrer dans la ville et à récupérer certaines de leurs affaires. Ils ont été autorisés à rentrer en petits groupes et ont disposé de trois heures pour récupérer leurs biens les plus importants. Des règles strictes étaient imposées lors de leur visite. Par exemple, ils n’étaient pas autorisés à régler le chauffage de leur maison, à utiliser les salles de bain ou à se déplacer dans la ville. Il y a toujours de nombreuses crevasses béantes et des infrastructures restent endommagées.
Source  : Iceland Review..

 

Grindavil reste sous la menace de la lave (Crédit photo: Iceland Review)

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A lire aussi à propos de cette éruption :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/islande-je-pense-raisonnablement-que-d-ici-a-trois-semaines-il-va-y-avoir-une-nouvelle-eruption-selon-ce-volcanologue-2911868.html

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As I have explained several times before, as long as eruptions take place in desert areas, the importance of volcanic predition is limited. But when lava emerges close to infrastructure or residential areas, it is essential to know how a volcano will behave. The latest events on the Icelandic Reykjanes peninsulaare the proff of this. Both a power station and a fishing port are under the threat of earthquakes and lava flows.

Grindavik (pop. 3,700) was evacuated on Nevember 10th, 2023 because seismicity was elevated and fissures were opening right into the town, with the risk of seeing lava emerge from the cracks.

An evacuation is always a very difficult situation for the people who have to go and live somewhere else, and sometimes leave behind them the place where they were born or had spent all their life. We can read on the website Iceland Monitor the testimony of couple who was forced to leave their house in the small fishing port. They recount the events of the last few weeks and predict the future.

The couple have lived for 35 years in Grindavik where the husband was born and has been worhing as a fisherman. November 10th,  2023 is a date that will forever be carved into the memory of  residents of Grindavík. Seismicity was very high and the ground was shaking. The couple’s youngest daughter was participating in a sport’s training session which had to be cancelled because everything was shaking. The young woman reports today that “the road was just rolling up in waves! A few cars before me was a car travelling at 30 kilometres, and I thought there were some foreigners moving very slow, but then the tarmac opened on the road in front of them. I just got into town before the road was closed.”

On the evening of November 10th, all the residents of Grindavík were then ordered to evacuate the town. The couple say it was the right decision. They felt as if the earth could literally swallow them.

The last eruption began on January 14th, 2024. The woman said : “We had been waiting for this to happen and now we are still waiting for something more to happen. There’s always this wait and uncertainty.” The eruption occurred just north of the defense walls and a little bit inside them, but the walls still proved their value. Otherwise, lava would have covered much larger parts of the town.

The couple now live in a basement apartment in Arnarnes, which an acquaintance graciously lent to them. They don’t know if they will ever go back home to Grindavík, even though hope is still there. Their future is uncertain, as for other residents of Grindavík. They are grateful that they have been able to get a small apartment and that all their family is safe. The disaster has taken on a mental toll. Sometimes people are overwhelmed with depression and anxiety. “Some days you’re quite heavy. There’s all this uncertainty. You don’t know anything!” The couple are now trying to figure out wherethey want to live. However, they are both sure that they are not going to Grindavík in the near future. They hope they will be able to return home someday, but not in the next few years.

Source : Iceland Monitor.

Last minute : on January 29th, 2024, authorities gave permission for Grindavík residents to enter the town and pick up some of their belongings. Residents were allowed re-entry in groups and had three hours to collect their most important possessions, They had to follow strict rules during their visit. For instance, they were not allowed to adjust the heating in their homes, use bathrooms, or move around the town. Many open crevasses remain across the area and infrastructure is damaged.

Source : Iceland Review.

Le pouvoir destructeur des coulées de lave // The destructive power of lava flows

Un récent article « Volcano Watch » diffusé par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (le HVO) explique que la dernière éruption en Islande, en janvier 2024, est un rappel des dangers liés aux coulées de lave. Les scènes de destruction observées en Islande ressemblent à celles subies par les habitants d’Hawaii, à plus grande échelle, lorsque leur vie a été bouleversée par l’éruption dévastatrice du Kilauea en 2018, avec la destruction de quelque 700 structures.

 

Crédit photo: HVO

Un scénario identique s’est déroulé en janvier 2024 en Islande. Une éruption a débuté le 14 janvier sur la péninsule de Reykjanes, avec une menace pour le port de pêche de Grindavik. Des fissures se sont ouvertes à quelques centaines de mètres en amont de la ville. Elles ont émis une coulée de lave qui est entrée dans une zone habitée et a détruit plusieurs maisons.

 

Image webcam

Le lendemain, le front de coulée s’est arrêté et l’éruption a pris fin. Le système magmatique a immédiatement provoqué un nouveau soulèvement du sol, signe qu’une nouvelle éruption pourrait se produire dans un avenir proche.
Ce n’est pas la première fois que l’Islande est confrontée à des coulées de lave destructrices. En 1973, une éruption a envoyé de la lave à travers Heimaey, dans les îles Vestmann, et la coulée a atteint le rivage. Cette éruption a été particulièrement remarquable par l’utilisation de canons à eau pour tenter de refroidir la lave et d’arrêter sa progression avant qu’elle ne bloque l’entrée du port de pêche. Près de la moitié de la ville a été détruite et aujourd’hui, il existe un « cimetière » de maisons à la surface de la coulée de lave de 1973, avec des bornes en pierre, illustrées d’un petit croquis, pour indiquer l’emplacement de chacune des habitations.

 

Crédit photo : HVO

L’éruption de janvier 2024 en Islande n’est pas la seule activité éruptive récente dans ce pays. Au cours des trois dernières années, cinq éruptions se sont produites sur la péninsule de Reykjanes. La plupart d’entre elles ont eu lieu loin des zones habitées. Des milliers de touristes ont pu admirer de très près les fontaines de lave.

 

Image webcam

Malheureusement, les données géologiques montrent que d’autres éruptions sont susceptibles de se produire dans un avenir proche sur la péninsule. La dernière phase éruptive dans cette partie de l’Islande s’est produite il y a 800 ans, avec des phases éruptives qui ont duré des décennies ou plus. Les éruptions des cinq dernières années pourraient n’être que le début d’une activité qui pourrait persister pendant plusieurs années. Cette perspective ne peut qu’angoisser encore davantage les habitants de Grindavik.

 

Crédit photo: Iceland Review

D’une certaine manière, la dernière activité éruptive sur la péninsule de Reykjanes n’est pas sans rappeler celle observée sur le Kilauea. La caldeira sommitale de ce volcan est dans une phase de remplissage qui fait suite à l’effondrement et à l’affaissement du plancher de la caldeira lors de l’éruption de 2018. Cinq éruptions ont eu lieu depuis 2020. La différence avec l’Islande, c’est que sur le Kilauea, cette phase éruptive est restée confinée à la caldeira sommitale, sans menace pour les zones habitées.
L’éruption de 2024 en Islande et celle du Kilauea en 2018 sont deux exemples récents qui mettent en évidence la nature destructrice des coulées de lave. En 2021, l’éruption du Cumbre Vieja à La Palma, dans les îles Canaries, a , elle aussi, produit des fontaines et des coulées de lave qui ont atteint l’océan, en traversant des zones habitées et en détruisant plus d’un millier de bâtiments.

 

Eruption de la Cumbre Vieja (image webcam)

Plus tôt la même année, une éruption latérale du Nyiragongo, en République Démocratique du Congo, a envoyé des coulées de lave dans plusieurs villages, détruisant environ un millier de maisons et tuant 32 personnes. Des milliers d’habitants ont été déplacés.
Que ce soit en Islande, à Hawaï, aux îles Canaries ou au Congo, l’impact des éruptions s’étend bien au-delà des seules coulées de lave. De nombreux habitants ont été déplacés et leur vie a été gravement perturbée, même si la lave a épargné leurs biens. Il faut du temps pour s’adapter à un paysage modifié. Les effets des coulées de lave peuvent persister des années après la fin de l’éruption.

Photo: C. Grandpey

Les progrès en matière de surveillance et de prévision de l’activité éruptive ont, certes, amélioré notre capacité à avertir les populations, mais les zones habitées restent vulnérables. Que la dernière éruption ait eu lieu il y a 800 ans ou 5 ans, il est important de connaître les aléas volcaniques susceptibles d’impacter les habitants qui doivent prendre les mesures nécessaires pour se protéger eux-mêmes, mais aussi leur famille et de leurs biens.
Source : USGS/HVO.

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A recent ‘Volcano Watch‘ article by the Hawaiian Volcano Observatory explains that Iceland’s recent eruption is a reminder of lava flow hazards. The scenes of destruction observed in Iceland are similar to those suffered by Hawaii residents, at a larger scale, when their lives were affected by the destructive 2018 eruption of Kilauea, with the destruction of 700 structures or so.

A similar scenario occurred in January 2024 in Iceland. A new eruption on the Reykjanes Peninsula began on January 14th, threatening the small fishing village of Grindavik. Fissures opened just a few hundred meters upslope of the town, sending a lava flow into residential areas. The flow inched into the edge of town and destroyed several houses.

By the next day, the flow front had stalled, and the eruption was ending. But the magmatic system has been reinflating beneath the surface, indicating another eruption could happen in the near future.

This is not the first time that Iceland has dealt with destructive lava flows. In 1973, an eruption sent lava right through Heimaey in the Vestmann Islands, with the flow creeping into the nearby bay. That eruption was most notable for the use of water cannons to try to cool the flow and arrest its advance before it blocked the entrance to the fishing harbor. Nearly half of the town was destroyed and today, a house “graveyard” is present on the surface of the 1973 lava flow that covered the town, with stone markers showing the location of each owner’s house accompanied by a small sketch of the residence.

The eruption of January 2024 in Iceland has not been the only recent eruptive activity there. Over the last three years, five different eruptions have occurred on the Reykjanes Peninsula. Most of these have been a safe distance from residential areas. Thousands of tourists were drawn to the up-close views of spectacular lava fountaining.

Unfortunately, the geologic record suggests that more eruptions could occur in the near future on the peninsula. The last eruptive phase in this part of Iceland occurred 800 years ago, but eruptive phases have lasted decades or longer. This suggests that the past five eruptions may be just the start of activity that could persist for years. This adds to the anxiety of Grindavik residents.

In a way, this recurrent eruptive phase in the Reykjanes Peninsula is reminiscent of the current era that is observed at Kilauea. The summit caldera of the volcano has been in a multi-year phase of crater refilling, following the collapse and subsidence of the caldera floor during the 2018 eruption. Five eruptions have occurred since 2020. However, at Kilauea, this multi-year eruptive phase has been safely contained within the summit caldera, with no threat to residential areas.

The 2024 eruption in Iceland and the 2018 Kilauea eruption are just two of several recent examples that highlight the destructive nature of lava flows. In 2021, the eruption of Cumbre Vieja at La Palma, in the Canary Islands, produced lava fountains and flows that reached the ocean, cutting through residential areas and destroying over a thousand buildings.

Earlier that same year, a flank eruption of Nyiragongo volcano, in the Democratic Republic of the Congo, sent lava flows through several villages, destroying about a thousand homes and killing 32 people. Thousands of residents were displaced.

In each of these places, whethze in Iceland, in Hawaii, in the Canary Islands, or in Congo, the impact of the eruption extends far beyond the margins of the lava flow. Large numbers of nearby residents have been displaced, and their lives severely disrupted, even if the flow spared their property. Residents and communities take time to adjust to a changed landscape. The effects of the lava flows can linger for years after the eruption ends.

While advances in monitoring and forecasting of eruptive activity have improved our ability to provide warning to stakeholders before an eruption; residential areas around the world are still vulnerable. Whether it’s been 800 years or 5 years since the last eruption where you live, it is important to know the volcanic hazards that could impact you and make a plan for taking care of yourself, your family, and your property.

Source : USGS / HVO.

Grimsvötn (Islande) : bilan de la crue glaciaire du 11 janvier 2024 // Grimsvötn (Iceland): assessment of the glacial flood of January 11th, 2024

Un séisme de M 4,3 s’est produit sur le Grímsvötn (Islande) le 11 janvier 2024. Il marquait le début d’une crue glaciaire qui a atteint son pic les 13 et 14 janvier. Depuis lors, le niveau de l’eau de la rivière Gígjukvísl a diminué et est désormais comparable à ce qu’il était avant la crue. La sismicité a également diminué et est revenue à un niveau normal.
Lors de la crue glaciaire du Grímsvötn en 2021, un chaudron de glace s’est formé au sud du Grímsfjall. La dépression se trouve près du trajet emprunté par l’eau de fonte sous le glacier. Le personnel du Met Office islandais a identifié une autre dépression semblable au chaudron de glace de 2021, dans le même secteur. Les images satellite ont confirmé la présence de ces deux chaudrons au sud du Grímsfjall. L’un d’eux s’est formé lors de la crue glaciaire de 2021. L’autre est peut-être un nouveau chaudron formé lors de la récente crue glaciaire, ou bien un chaudron plus ancien qui a réapparu. Les chaudrons de glace se trouvent à proximité des voies d’accès au glacier à l’est du Grímsfjall, et il est conseillé d’éviter le secteur de ces chaudrons.
La couleur de l’alerte aérienne, qui était passée au Jaune lors de crue glaciaire, va repasser au Vert.

Le Met Office explique qu’au cours des cinq derniers mois, la sismicité sur le Grimsvötn a été supérieure à la normale. Si une éruption devait se produire sous le glacier, elle serait probablement annoncée par une hausse de l’activité sismique, mais le laps de temps avant l’éruption pourraait être très court.
Source : Met Office.

Source: Icelandic Met Office

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An M 4.3 earthquake occurred at Grímsvötn (Iceland) on 11 January 2024. It marked the start of a glacial outburst flood that reached its peak on January 13th-14th. Since then, the water level of the river Gígjukvísl has been decreasing and is now comparable to what it was before the flood. The seismic tremor has also declined and is now back to normal levels.

During the glacial flood from Grímsvötn in 2021, an ice cauldron formed south of Grímsfjall. The cauldron is located near the flood path, where water drains beneath the glacier. Staff of the Icelandic Met Office have identified another depression similar to the 2021 ice cauldron in the same location. Satellite images have confirmed that two cauldrons south of Grímsfjall can be observed. One of them is confirmed to be the cauldron that formed in the 2021 flood, but the other may either be a new cauldron that formed during the recent flood or an older cauldron that has re-emerged. The ice cauldrons are near the route east of Grímsfjall, and it is advisable to avoid the cauldrons when traveling along those routes.

The aviation color code, which was raised to Yellow during the flood, will return to Green.

The Met Office specifies that long-term monitoring of seismic activity at Grímsvötn reveals that, in the last five months, the number of earthquakes has been higher than the typical background seismicity. If an eruption were to occur in Grímsvötn, an increase in seismic activity may be expected before the eruption begins, but warning times may be short.

Source : Met Office

Islande : la géothermie au cœur d’un volcan // Iceland : geothermy at the heart of a volcano

Des chercheurs et des scientifiques ont élaboré un projet visant à repousser les limites de l’énergie renouvelable en forant au cœur de la chambre magmatique d’un volcan. Initié en 2014, l’ambitieux projet, baptisé Krafla Magma Testbed (KMT), vise à exploiter la chambre magmatique du Krafla, dans le nord de l’Islande, d’ici 2026.

Pour mener le projet à son terme, KMT recherche un financement de 100 millions de dollars et prévoit de commencer les forages d’ici 2027. KMT est une alliance internationale qui vise à réaliser « la première entreprise de recherche sur le magma pour effectuer des études et des expériences de pointe ». Le projet est porté par des scientifiques et des ingénieurs de 38 instituts de recherche et entreprises de onze pays dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France. Si elle réussit, cette stratégie permettra une production d’énergie géothermique sans précédent et ouvrira la voie à une alimentation énergétique illimitée dans toute l’Islande.
Le Krafla présente une caldeira volcanique d’une dizaine de kilomètres de diamètre et une zone de fissures de 90 kilomètres de long. Le volcan est l’un des systèmes géothermiques les plus étudiés. C’est le site de la première centrale géothermique du pays.

La chambre magmatique du Krafla se trouve à une profondeur relativement faible, entre 1,5 et 3 km seulement sous la surface, avec des températures atteignant 1 300°C. Elle  a attiré l’attention de manière tout à fait inattendue en 2009 lors d’un projet de forage géothermique pour le compte de la société Landsvirkjun. Un trépan a rencontré par hasard une poche magmatique près du Krafla, à 2,1 km de profondeur. L’incident n’a pas provoqué d’éruption volcanique, ce qui montre qu’un forage directement dans le magma peut être effectué en toute sécurité. A des kilomètres sous terre, la roche atteint des températures si extrêmes que les fluides rencontrés sont dits « supercritiques », c’est-à-dire au comportement intermédiaire entre l’état liquide et gazeux. L’énergie produite y est cinq à dix fois plus importante qu’avec un puits conventionnel. Lors de l’accident de 2009, la vapeur remontant à la surface a atteint 450°C. Deux puits supercritiques suffiraient pour atteindre la puissance de 60 mégawatts, ce que génère la centrale actuellement avec 18 puits conventionnels.
Le financement de 100 millions de dollars permettra d’accélérer l’avancement de ce projet grâce à l’acquisition des équipements de forage les plus performants, capables de résister à des températures extrêmement élevées. KMT a également l’intention de déployer un ensemble de capteurs haute technologie pour surveiller en permanence différents paramètres du magma, notamment sa température. L’équipe KMT s’est fixé un calendrier ambitieux, visant à exploiter la chambre magmatique du Krafla d’ici 2026.
D’un coût de 25 millions de dollars, la première phase de forage prévoit plusieurs trous d’exploration autour  du magma. Le forage, maintenu ouvert, permettra ensuite d’atteindre le magma et de prélever des échantillons. Grâce à cette exploration directe, les scientifiques de KMT espèrent améliorer leur compréhension du magma et de ses propriétés. KMT prévoit de procéder ensuite à un deuxième forage pour examiner la faisabilité de l’exploitation de l’énergie géothermique.
L’énergie géothermique est utilisée en Islande depuis plusieurs années grâce à un processus qui suppose des forages dans des régions dont le sous-sol est à haute température afin d’exploiter la chaleur naturelle de la Terre. La chaleur en provenance de l’intérieur de la Terre chauffe l’eau des réservoirs souterrains et la transforme en vapeur. Cette vapeur est ensuite canalisée à l’aide d’une tuyauterie vers des turbines reliées à des générateurs qui convertissent l’énergie en électricité. En Islande, cette stratégie s’est avérée efficace pour produire de l’électricité et répondre à une grande partie des besoins énergétiques de la population.

Avec la réussite du projet, l’Islande anticipe un bouleversement de son paysage énergétique. Le projet KMT pourrait non seulement transformer la production d’énergie en Islande, mais aussi servir de modèle pour d’autres régions volcaniques à travers le monde, tant sur terre qu’en mer.
Source  : Interesting Engineering.
Remarque personnelle : le projet KMT est ambitieux, mais il ne devra pas oublier que le Krafla est un volcan actif dont les éruptions peuvent être très spectaculaires. Le choix des emplacements des forages et des infrastructures devra se faire avec le plus grand soin pour éviter leur destruction par un accès de colère du volcan.

Photos: C. Grandpey

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Researchers and scientists have worked out a project to transform the renewable energy landscape by drilling into the heart of a volcano’s magma chamber. Initiated in 2014, the ambitious Krafla Magma Testbed (KMT) project aims to tap into the magma chamber of Krafla in northern Iceland by 2026.

To make this vision a reality, KMT is actively seeking 100 million dollars in funding, with plans to begin drilling by 2027. KMT is an international initiative that seeks to construct the « world’s first magma research facility for advanced studies and experiments. » The project is led by scientists and engineers from 38 research institutes and companies from eleven countries including the United States, the United Kingdom and France. If successful, this strategy would allow for unparalleled geothermal energy output, opening the path to provide a limitless energy supply to houses across Iceland.

Krafla evinces a volcanic caldera with a diameter of around ten kilometers and a 90-kilometer-long fissure zone. It is recognized as one of the most extensively studied geothermal systems. It is the site of the country´s first geothermal power station.

Krafla’s magma chamber is located at a relatively short depth of only 1.5 – 3 km below the surface, with temperatures reaching 1,300°C.

The shallow depth of Krafla’s magma chamber gained attention unexpectedly in 2009 during a geothermal drilling project for the Iceland energy company Landsvirkjun. The project unexpectedly encountered a magma chamber near the Krafla volcano, at a depth of 2.1 km. The fact that the crew was not immediately faced with a volcanic eruption provided reassuring evidence that drilling into magma could be done safely. Kilometers underground, the rock reaches temperatures so extreme that the fluids encountered are called « supercritical », that is to say with intermediate behavior between the liquid and gaseous state. The energy produced there is five to ten times greater than in a conventional well. During the 2009 accident, the steam rising to the surface reached 450°C. Two supercritical wells would be enough to reach the power of 60 megawatts that the plant currently generates with 18 conventional wells.

The 100-million-dollar funding will expedite the advancement of this project by enabling the acquisition of advanced drilling equipment capable of withstanding higher temperatures.  KMT also intends to deploy a set of high-tech sensors to continually monitor different magma parameters, including temperature.

The first phase of drilling should be carried out by 2026 or 2027. Costing $25 million, it includes several exploration holes around and below the magma. The drilling, kept open, will make it possible to reach the magma and take samples.

The first borehole is likely to be drilled by either 2026 or 2027. Through this direct exploration, KMT scientists aim to enhance their understanding of magma and its properties. Following this, KMT plans to drill a second borehole to examine the feasibility of harnessing geothermal energy.

Geothermal energy has been utilized in Iceland for several years through a process that involves drilling into hot underground regions to tap into the Earth’s natural heat. The heat from the Earth’s interior causes water in these underground reservoirs to become hot and turn into steam. This steam is then channeled to drive turbines connected to generators, converting the energy into electricity. In Iceland, this strategy has proven effective in producing power and meeting a large amount of the country’s energy requirements.

As the project unfolds, Iceland anticipates a revolutionary shift in its energy landscape, harnessing the power of volcanoes to provide a renewable and sustainable source of electricity for homes and industries. The KMT project could not only transform energy production in Iceland, but also serve as a model for other volcanic regions around the world, both on land and at sea.

Source : Interesting Engineering.

Personal note: the KMT project is ambitious, but it should not forget that Krafla is an active volcano whose eruptions can be very spectacular. The choice of drilling and infrastructure locations should be made with the greatest care to avoid their destruction by the volcano’s anger.