Les conséquences très inquiétantes du réchauffement climatique // The very disturbing consequences of climate change

De nombreuses études sur le réchauffement climatique ont été publiées ces derniers mois et toutes montrent clairement que, même si les pires conséquences de la hausse des températures ne sont pas forcément imminentes, la crise provoquée par les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique a déjà commencé.

Les années passent et les températures continuent de grimper, ainsi que les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, comme on peut le voir sur la courbe de Keeling à laquelle je fais souvent référence.

Voici un bref résumé des études qui ont été publiées ces derniers mois. Elles montrent à quel point la situation est devenue grave.

 

Une étude publiée le 2 mai 2021 dans la revue Nature par des chercheurs de l’Université du Minnesota a révélé qu’en raison de la hausse des températures, le niveau d’oxygène a chuté dans tous les lacs de la planète, ce qui va forcément entraîner des pertes parmi les espèces qui sont sensibles au manque d’eau froide et d’oxygène, mais aussi une augmentation de la charge des eaux en éléments nutritifs, avec intensification de l’eutrophisation et de la proliférations d’algues nuisibles. On assistera probablement aussi à une accumulation et un dégazage ultérieur de méthane.

Les chercheurs font remarquer que depuis 1980, le niveau d’oxygène à la surface des lacs d’eau douce a chuté de 5,5 % et de 18,6 % dans les eaux plus profondes.

Une étude publiée en juin 2021 dans Nature Climate Change a utilisé des données collectées dans 43 pays et indique que 37% des décès liés à la chaleur entre 1991 et 2018 peuvent être attribués au réchauffement climatique. L’étude montre qu’aux Etats Unis quelque 1 100 personnes meurent chaque année de la chaleur causée par le changement climatique. L’étude donne l’exemple du Maricopa County (Arizona) où se trouve Phoenix. En 2020, le comté a établi un record, avec 323 personnes victimes de la chaleur. Ce chiffre représente une augmentation de 62% par rapport à 2019.

De nombreuses études ont prouvé que les températures plus chaudes font se multiplier les incendies de forêt dans plusieurs régions du monde. L’une d’elles, publiée en septembre 2020, a révélé un risque accru d’incendies de forêt dans l’ouest des États-Unis et du Canada, le sud de l’Europe, la Scandinavie et l’Amazonie, en partie à cause d’une végétation plus sèche résultant de températures plus élevées.

L’étendue des feux de forêt a été multipliée par huit à dix au cours des quatre dernières décennies, en raison du réchauffement climatique. L’étude a également clairement indiqué que l’élimination des forêts, comme l’avait suggéré Donald Trump comme moyen de prévenir les incendies de forêt, n’était pas une solution.

Un rapport du National Park Service a révélé que 10% de la population de séquoias géants du nord de la Californie ont été détruits lors du Castle Fire en 2020. Les forêts de séquoias sont particulièrement nécessaires pour éliminer le dioxyde de carbone de l’atmosphère. Il a été prouvé qu’un seul séquoia peut absorber autant de carbone que 250 arbres communs.

La fumée générée par les feux de forêt doit également être prise en compte. Une étude publiée en janvier 2021 dans les Proceedings de la National Academy of Sciences a révélé que la fumée des incendies de forêt représentait ces dernières années jusqu’à la moitié de la pollution par les particules aux Etats Unis, avec des effets nocifs pour la santé.

Une étude publiée en avril 2021 dans la revue Nature a révélé que la majorité des glaciers du monde fondent de plus en plus vite en raison du réchauffement climatique. En conséquence, environ 328 milliards de tonnes d’eau de fonte viennent s’ajouter à celles des océans du monde chaque année.

Comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises, l’énorme glacier Thwaites en Antarctique inquiète les scientifiques car sa fonte totale pourrait déstabiliser d’autres glaciers situés en amont. Ce phénomène entraînerait une élévation globale du niveau de la mer de plus de 3 mètres. Le Thwaites fond rapidement en raison de l’arrivée d’eau de plus en plus chaude qui le sape par en dessous. Alors que l’on continue à parler de l’élévation du niveau de la mer en millimètres, cela pourrait changer car la situation est de plus en plus inquiétante. Déjà, pliusieurs villes côtières des États-Unis ont été obligées de reloger certains habitants ou de construire des digues pour freiner les ardeurs de l’océan. Si la fonte du glacier Thwaites se poursuit, ces mesures deviendront rapidement inadaptées.

Les tempêtes et les ouragans sont de plus en plus fréquents et coûteux. Selon la NOAA, la fréquence des événements extrêmes et les coûts des dégâts qu’ils occasionnent ont augmenté en même temps que la température de la planète. 2020 a établi un nouveau record ; les catastrophes météorologiques et climatiques ont coûté 22 milliards de dollars, ce qui bat les précédents records annuels de 2011 et 2017. 2020 a été la sixième année consécutive au cours de laquelle 10 catastrophes d’un milliard de dollars ou plus se sont produites aux États-Unis. 13 violentes tempêtes, sept cyclones tropicaux, une sécheresse et un incendie de forêt en 2020 ont coûté 95 milliards de dollars. Ces événements ont entraîné la mort de 262 personnes.

2020 restera dans les mémoires pour la crise sanitaire et économique déclenchée par la pandémie de COVID-19. Si la COVID-19 a été une rude épreuve pour la société et l’économie, elle a une date d’expiration et prendra fin ou jour ou l’autre alors que le réchauffement climatique continuera son œuvre de destruction.

Source : Yahoo News.

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Many studies about climate change have been released in recent months and all of them are making clear that while the worst consequences of rising global temperatures may still be years away, the crisis caused by man-made greenhouse gas emissions has already begun.

With each passing year, global average temperatures have continued to climb, together with carbon dioxide levels as can be seen on the Keeling Curve to which I am often referring..

Here is a short summary of the studies that emerged in the last months. They show how serious the situation has become.

A study published on May 2nd, 2021 in the journal Nature by researchers at the University of Minnesota has found that, because of rising temperatures, oxygen levels in lakes around the world have plummeted, which may portend “future losses of cold-water and oxygen-sensitive species, increased internal nutrient loading, which exacerbates eutrophication and the formation of harmful algal blooms, and potentially increased storage and subsequent outgassing of methane.”. The researchers warn that since 1980, oxygen levels at the surface of freshwater lakes have dropped 5.5 percent, and 18.6 percent in deeper water.

Another study published in June 2021 in Nature Climate Change uses data collected from 43 countries and concludes that 37 percent of heat-related deaths between 1991 and 2018 can be attributed to climate change. The study shows that the number of people in the U.S. who die annually from heat death caused by climate change is approximately 1,100.

The study gives the example of Maricopa County (Arizona) which includes Phoenix. In 2020, the county set a record high for heat deaths at 323. That figure represents an increase of 62 percent from 2019.

Numerous studies have concluded that warmer temperatures are worsening wildfires in several areas of the world. A research published in September 2020 found increased risk of wildfires in the “western U.S. and Canada, southern Europe, Scandinavia and Amazonia,” due in part to drier vegetation resulting from higher global temperatures.

The extent of wildfires has increased eight to ten-fold in the past four decades, because of climate change. The study also made clear that raking forests, as former President Donald Trump suggested as a way to prevent wildfires, was not a solution.

A report by the National Park Service has found that 10 percent of the giant sequoia population in Northern California was destroyed in the 2020 Castle Fire. Redwood forests are desperately needed to help remove carbon dioxide from the atmosphere. It has been proved that a single redwood can absorb as much carbon as 250 trees of an average species.

The smoke generated by the wildfires should also be taken into account. A study published in January 2021 in the Proceedings of the National Academy of Sciences found that wildfire smoke accounted for up to half of all health-damaging small-particle pollution in the western U.S. in recent years.

A study published in April 2021 in the journal Nature found that the majority of the world’s glaciers were melting faster because of climate change. As a result, roughly 328 billion tons of meltwater is being added to the world’s oceans each year.

As I exlained several times, the massive Thwaites Glacier in Antarctica worries scientists because its collapse could destabilize other glaciers, resulting in more than 3 metres of global sea-level rise. The Thwaites has been melting faster than previously suspected due to the flow of warm water beneath it.

While annual sea-level rise continues to be measured in millimetres, the trend line is going in a worrisome direction. Already, coastal communities in the U.S. have been forced to make hard choices about relocating residents or building extensive barriers to try to keep the ocean from encroaching further. Should the deterioration of the Thwaites Glacier continue, those responses would quickly become inadequate.

Storms and hurricanes are becoming more frequent and costly. According to NOAA, the frequency and damage costs of major weather events have been increasing as global temperatures continue to rise. 2020 set a new record with 22 billion-dollar weather and climate disasters, shattering the previous annual record of 16 events in 2011 and 2017. 2020 was the sixth consecutive year in which 10 or more billion-dollar disaster events occurred in the U.S. There were 13 severe storms, seven tropical cyclones, one drought, and one wildfire event in 2020, for a total cost of $95 billion. These events resulted in the deaths of 262 people.

2020 will be remembered for the global health and economic crisis triggered by the COVID-19 pandemic. But while COVID-19 was a stress test for society and the economy, it has an expiry date while climate change does not.

Source : Yahoo News.

La fonte et disparition du glacier Thwaites aurait un impact majeur sur le niveau des océans (Source : BAS)

Geldingadalur (Islande) : un cimetière pour drones // Geldingadalur (Iceland) : a cemetery for drones

  Un nombre incalculable de drones ont fini leur course dans la lave islandaise depuis le début de l’éruption dans la Geldingadalur, comme dans cette vidéo :

https://youtu.be/j18ECUhkeY0

Beaucoup pensent que le coupable est le champ magnétique irrégulier, à cause des métaux à haute température émis par le cratère, mais la chaleur est forcément, elle aussi, l’une des principales causes de la mort des drones.

Selon un fabricant, «le champ magnétique affecte fortement le drone. La boussole de l’appareil est perturbée, de sorte que le drone perd sa connexion GPS. Il passe en mode ATTI (abréviation de ATTitude), maintient une certaine altitude mais pas sa position. Le contrôleur de vol devient inactif et le drone commence à s’éloigner.» Il continue de voler jusqu’à ce que sa batterie se vide. Il tente alors d’atterrir en descendant lentement vers le sol. C’est ce qui est arrivé aux drones que l’on rencontre ici et là sur le site de l’éruption dans la Geldingadalur ou ailleurs. Afin d’éviter de perdre son drone, il est conseillé de le faire voler contre le vent, au cas où la connexion serait coupée. Ensuite, le drone reviendra vers son ou sa propriétaire, au lieu de s’en éloigner.

À côté de la perturbation du champ magnétique, la chaleur de l’éruption risque fort de faire fondre la carcasse en plastique sur laquelle est fixé le moteur du drone, ce qui entraîne rapidement son arrêt et la chute dans la lave.

Un autre danger pour les drones, ce sont les turbulences qui apparaissent lors des éruptions du cratère dans la Geldingadalur. Une éruption, au même titre qu’un incendie de forêt, génère son propre climat. Un drone qui se trouve pris dans de telles turbulences ne peut pas s’en sortir.

Les drones amateurs, qu’ils s’appellent Phantom ou Mavic, n’ont pas été conçus pour faire face à des conditions de vol extrêmes. De plus, ils sont souvent beaucoup trop légers. Personnellement, je n’enverrai jamais mon drone dans ou au-dessus d’un cratère volcanique. En premier lieu, l’enceinte n’est pas suffisamment étanche et robuste pour faire face aux gaz agressifs qui attaquent rapidement l’électronique. Il suffit de regarder ce qui arrive à un appareil photo. Si on ne l’enveloppe pas dans une poche étanche, il faut s’attendre à des dysfonctionnements.

À Hawaï, le personnel du HVO a utilisé des UAS – Unmanned Aircraft Systemps – autrement dit des drones spécialement conçus pour faire face à l’éruption de 2018. Les appareils étaient beaucoup plus robustes que les drones que l’on trouve habituellement dans le commerce. L’application la plus élémentaire de ces drones a été la réalisation de vidéos et leur diffusion en continu. Les images ont permis d’identifier les endroits où de nouvelles coulées de lave apparaissaient ou étaient susceptibles d’apparaître. Certains drones étaient dotés de caméras thermiques. Les appareils étaient également équipés de capteurs multi-gaz pour identifier toute nouvelle source de dégazage. L’approche à pied des fractures éruptives était trop dangereuse. Des applications plus techniques des images fournies par les drones ont consisté à créer des modèles numériques d’élévation (MNE) et de mesure des vitesses d’écoulement de la lave dans les chenaux

Plusieurs scientifiques du HVO sont devenus des pilotes de drones qualifiés, ce qui a permis au HVO d’avoir une compétence supplémentaire en matière de surveillance volcanique.

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Countless drones have been engulfed in lava since the start of the eruption in Geldingadalur,

like in this vidéo :

https://youtu.be/j18ECUhkeY0

Engineers think the irregular magnetic field might be to blame, because of the hot metals that emit from the craters, but the heat is probably the main cause of the drones’deaths.

According to a drone manufacturer, “what is happening is that the magnetic field is truly affecting the drone. The drone’s compass gets confused, causing the drone to lose its GPS connection. This makes the drone switch to the ATTI (short for ATTitude) Mode where the drone maintains a certain altitude but not position. This means that the flight controller stops assisting the pilot and the drone starts drifting away.” When this happens, the drone keeps flying until its battery dies, and at that point, the drone attempts to land by gliding down to earth. This is what happened to drones that are found scattered here and there, be it at the eruption site in Geldingadalur or elsewhere. In order to avoid losing one’s drone, it is recommended to fly it against the wind, in case the connection is cut. Then the drone will drift back to its owner, instead of away from him or her.

Beside the magnetic field, heat from the eruption causes the plastic enclosure, to which the drone’s motor is attached, to melt. As a consequence, drones end up in the lava stream.

Another hazard to the drones is the turbulence that appears during an eruption of the crater in Geldingadalur. An eruption, in the same way as a wildfire, generates its own climate. A drone caught in such turbulences cannot survive.

Amateur drones, whether they are Phantom or Mavic, have not been designed to face extreme flight conditions. Personally, I will never fly my drone in or over a volcanic crater. First of all the enclosure is not tight and robust enough to face the aggressive gases that rapidly attack the electronics. Just see what happens to a camera. If you do not set up a protection around it, you are sure to be confronted with dysfunctions.

In Hawaii, the HVO staff used Unmanned Aircraft Systems (UAS) specially designed to face the 2018 eruption. The machines were far sturdier than the conventional commercial ones.  The most basic capability of the UAS was simple video imaging and streaming. The images helped identify where new lava breakouts were happening or were likely to occur. Some of the UAS were outfitted with thermal cameras. The drones were also equipped with a multi-gas sensor to identify any new degassing sources. The fissures would have been too dangerous for geologists to approach on foot. More technical applications of UAS-based imaging included the creation of digital elevation models (DEMs) and measurements of lava flow speeds within channels. Several HVO staff members have become licensed UAS operators, allowing HVO to add UAS capabilities to its monitoring repertoire.

Crédit photo : HVO

Islande : Hécatombe de drones sur le site de l’éruption // Many losses of drones on the eruption site

En tant qu’aéromodéliste et propriétaire de plusieurs drones, mon attention a été attirée par un article publié sur le site web Iceland Review à propos de la perte de drones sur le site de l’éruption islandaise.

Depuis le début de l’éruption dans la Geldingadalur, de nombreux drones ont fini leur course sur le champ de lave qui a signé leur arrêt de mort. L’une des victimes d’une telle mésaventure pense que le responsable est avant tout le champ magnétique qui présente des irrégularités. Un ingénieur pense que la chaleur du champ de lave contribue elle aussi à la perte des drones.

En ce qui concerne le champ magnétique, on peut lire que la boussole du drone est perturbée, ce qui fait que le drone perd sa connexion GPS. Le drone passe alors en mode ATTI [abréviation de Attitude] ; le contrôleur de vol cesse de venir en aide au pilote et le drone commence à s’éloigner.

En outre, la chaleur de l’éruption est susceptible de faire fondre le capot en plastique qui recouvre le moteur et l’électronique du drone. Au final, ce dernier se retrouve dans les coulées de lave.

Pour éviter cette mésaventure, il est conseillé de faire voler les drones contre le vent, au cas où la connexion radio serait coupée. An procédant ainsi, le drone revient vers vous, au lieu de s’éloigner.

J’ajouterai personnellement qu’un autre problème avec les drones lors d’une éruption réside dans les turbulences causées par le mélange de gaz, de chaleur et de vent. Tous ces éléments donnent naissance à une sorte de microclimat qui rend difficile le contrôle d’un drone.

Enfin, les propriétaires de drones ne doivent pas trop se fier à la vitesse du vent à laquelle l’avion est censé résister. La vitesse de vent indiquée dans les notices d’utilisation est souvent exagérée.

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As a model aircraft user and the owner of several drones, I was interested in an article released on the Iceland Review website about the loss of drones on the Icelandic eruption site.

Since the start of the eruption in Geldingadalur, many drones have been devoured by the lava flows. One of the victims says he suspects that the irregular magnetic field is to blame. An engineer thinks the heat of the lava field is also responsible for the loss of drones. :

As far as the magnetic field is concerned, one can read that the drone’s compass gets confused, causing the drone to lose its GPS connection. This makes the drone switch to a so-called ATTI [short for Attitude] Mode, meaning that the flight controller stops assisting the pilot and the drone starts drifting away.

Besides, the heat from the eruption causes the plastic enclosure, to which the drone’s motor and electronics are attached, to melt. As a result, drones end up in the lava stream. To avoid the disaster, it is advisable to fly the drones against the wind, in case the connection with them is cut. Then the drone will drift back to you, instead of away from you.

I will add that another problem with the drones during an eruption lies with the turbulences caused by the mixture of gases, heat and wind. All these elements give birth to a kind of microclimate that makes it difficult to control a drone.

At last, the owners of drones should not trust too much the official wind speed the aircraft is supposed to resist. The wind speed indicated in the instruction manual is often exaggerated.

Photo : C. Grandpey

Record de chaleur océanique en 2020 // Ocean heat hit record highs in 2020

Beaucoup de navigateurs ont profité du Vendée Globe pour récolter des informations précieuses sur les fonds marins. Ainsi, la navigatrice Alexia Barrier (à bord de TSE-4myplanet) avait emporté dans son bateau une multitude d’instruments, comme un dispositif permettant de mesurer en continue la température et la salinité de l’océan. Alexia a aussi déposé des balises, dans les océans Indien et Pacifique. Ils vont étudier la température de l’eau et les courants afin de cartographier l’océan. À Brest (Finistère), des scientifiques récupèrent ces données afin d’étudier les bouleversements climatiques.

Il y a de quoi s’inquiéter. Une nouvelle étude publiée en janvier 2021 montre que la température des océans a atteint des niveaux record en 2020. C’est la deuxième année consécutive marquée par un record de chaleur océanique. Il ne faudrait pas oublier que plus de 90% de l’excès de chaleur dû au réchauffement climatique est absorbé par les océans. Le réchauffement des océans reflète donc en grande partie le déséquilibre énergétique de la Terre.

En 2020, le contenu en chaleur de l’océan entre 0 et 2000 mètres a de nouveau battu un record pour atteindre un niveau sans précédent depuis le début de l’ère instrumentale. Le record avait déjà été battu en 2017 et en 2019.

Le réchauffement à long terme de l’océan fournit un aperçu des changements à venir en raison de l’inertie thermique des océans. L’augmentation du contenu thermique des océans et l’élévation du niveau de la mer, principalement par expansion thermique et fonte de la glace sur la terre, sont des témoins majeurs du changement climatique. On sait déjà que de nombreuses régions littorales seront exposées aux tempêtes, aux vagues de submersion, aux inondations, et ne seront plus habitables.

Voici quelques données qui en disent long sur la situation actuelle :

Sur la période 1960-2020, 40.3%, de la chaleur a été stockée entre 0 et 300 mètres, 21.6% entre 300 et 700 mètres, 29.2% entre 700 et 2000 mètres, 8.9% entre 2000 mètres et le fond de l’océan.

Avant 1992, le réchauffement de l’océan profond peut être considéré comme négligeable.

Par rapport à la période 1981-2010, le réchauffement concerne quasiment toutes les régions du globe avec des taux plus élevés dans l’Atlantique nord et sud (sauf au sud-est du Groenland) et dans certaines zones du Pacifique, des Océans Indien et Austral.

Sur le long terme, le réchauffement est plus ou moins important selon les régions.

Dans l’Atlantique Nord tropical, où les ouragans se produisent et se développent, les augmentations thermiques sont très significatives depuis le début des mesures.

La mer Méditerranée est clairement affectée par le réchauffement climatique avec une hausse importante depuis 2010.

Dans le nord de l’océan Indien, le réchauffement est abrupt depuis 2000.

L’Océan Austral connaît un réchauffement continu depuis le début les années 1960.

Le réchauffement plus marqué des océans dans les couches supérieures par rapport aux eaux profondes a provoqué une augmentation de leur stratification au cours des 50 dernières années. Ensuite, tout s’enchaîne. Avec une stratification accrue, la chaleur du réchauffement climatique pénètre moins efficacement dans l’océan profond, ce qui contribue à un réchauffement supplémentaire de la surface. Il s’ensuit une réduction de la capacité de l’océan à stocker du carbone, ce qui exacerbe le réchauffement de la surface de la planète. En outre, le réchauffement climatique entrave les échanges verticaux de nutriments et d’oxygène, avec pour conséquence un impact sur l’approvisionnement alimentaire de l’ensemble des écosystèmes marins.

Source : France Info, global-climat.

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Many sailors have taken advantage of the Vendée Globe to gather valuable information on the seabed. Thus, Alexia Barrier (aboard TSE-4myplanet) had taken in her boat a multitude of instruments, such as a device for continuously measuring the temperature and salinity of the ocean. Alexia has also left beacons in the Indian and Pacific Oceans. They will study the water temperature and the currents in order to map the ocean. In Brest (Finistère), scientists are collecting this data in order to study climate change.

There is cause for concern. A new study published in January 2021 shows that ocean temperatures reached record highs in 2020. This is the second year in a row marked by a record high ocean heat. It should not be forgotten that more than 90% of the excess heat due to global warming is absorbed by the oceans. The warming of the oceans therefore largely reflects the energy imbalance of the Earth.

In 2020, the heat content of the ocean between 0 and 2,000 metres again broke a record and reached a level never seen since the beginning of the instrumental era. The record had already been broken in 2017 and 2019.

The long-term warming of the ocean provides a glimpse of the changes to come due to the thermal inertia of the oceans. The increasing heat content of the oceans and the rise in sea level, mainly through thermal expansion and melting ice on land, are major evidence to climate change. We already know that many coastal regions will be exposed to storms, submersion, floods, and will no longer be habitable.

Here is some data that says a lot about the current situation:

Over the period 1960-2020, 40.3% of the heat was stored between 0 and 300 metres, 21.6% between 300 and 700 metres, 29.2% between 700 and 2000 metres, 8.9% between 2000 metres and the ocean floor .

Before 1992, the warming of the deep ocean can be considered negligible.

Compared to the period 1981-2010, warming affects almost all regions of the globe with higher rates in the North and South Atlantic (except south-eastern Greenland) and in certain areas of the Pacific, of the Indian and Southern Oceans.

In the long term, the warming is more or less significant, depending on the region. In the tropical North Atlantic, where hurricanes occur and develop, thermal increases have been very significant since the start of measurements.

The Mediterranean Sea is clearly affected by global warming with a significant increase since 2010.

In the northern Indian Ocean, warming has been steep since 2000.

The Southern Ocean has experienced continuous warming since the early 1960s.

The greater warming of the oceans in the upper layers compared to the deep ones has caused an increase in their stratification over the past 50 years. Then it all comes together. With increased stratification, the heat of global warming penetrates less efficiently into the deep ocean, which contributes to further warming of the surface. The result is a reduction in the ocean’s capacity to store carbon, which exacerbates the warming of the planet’s surface. In addition, global warming hampers the vertical exchange of nutrients and oxygen, with consequent impact on the food supply of all marine ecosystems.

Source: France Info, global-climat.

Evolution du réchauffement des différentes couches océaniques [en zettajoules (ZJ =1021 Joules] au cours des 6 dernières décennies (Source : global-climat)

https://global-climat.com/