Geldingadalur (Islande) : un cimetière pour drones // Geldingadalur (Iceland) : a cemetery for drones

  Un nombre incalculable de drones ont fini leur course dans la lave islandaise depuis le début de l’éruption dans la Geldingadalur, comme dans cette vidéo :

https://youtu.be/j18ECUhkeY0

Beaucoup pensent que le coupable est le champ magnétique irrégulier, à cause des métaux à haute température émis par le cratère, mais la chaleur est forcément, elle aussi, l’une des principales causes de la mort des drones.

Selon un fabricant, «le champ magnétique affecte fortement le drone. La boussole de l’appareil est perturbée, de sorte que le drone perd sa connexion GPS. Il passe en mode ATTI (abréviation de ATTitude), maintient une certaine altitude mais pas sa position. Le contrôleur de vol devient inactif et le drone commence à s’éloigner.» Il continue de voler jusqu’à ce que sa batterie se vide. Il tente alors d’atterrir en descendant lentement vers le sol. C’est ce qui est arrivé aux drones que l’on rencontre ici et là sur le site de l’éruption dans la Geldingadalur ou ailleurs. Afin d’éviter de perdre son drone, il est conseillé de le faire voler contre le vent, au cas où la connexion serait coupée. Ensuite, le drone reviendra vers son ou sa propriétaire, au lieu de s’en éloigner.

À côté de la perturbation du champ magnétique, la chaleur de l’éruption risque fort de faire fondre la carcasse en plastique sur laquelle est fixé le moteur du drone, ce qui entraîne rapidement son arrêt et la chute dans la lave.

Un autre danger pour les drones, ce sont les turbulences qui apparaissent lors des éruptions du cratère dans la Geldingadalur. Une éruption, au même titre qu’un incendie de forêt, génère son propre climat. Un drone qui se trouve pris dans de telles turbulences ne peut pas s’en sortir.

Les drones amateurs, qu’ils s’appellent Phantom ou Mavic, n’ont pas été conçus pour faire face à des conditions de vol extrêmes. De plus, ils sont souvent beaucoup trop légers. Personnellement, je n’enverrai jamais mon drone dans ou au-dessus d’un cratère volcanique. En premier lieu, l’enceinte n’est pas suffisamment étanche et robuste pour faire face aux gaz agressifs qui attaquent rapidement l’électronique. Il suffit de regarder ce qui arrive à un appareil photo. Si on ne l’enveloppe pas dans une poche étanche, il faut s’attendre à des dysfonctionnements.

À Hawaï, le personnel du HVO a utilisé des UAS – Unmanned Aircraft Systemps – autrement dit des drones spécialement conçus pour faire face à l’éruption de 2018. Les appareils étaient beaucoup plus robustes que les drones que l’on trouve habituellement dans le commerce. L’application la plus élémentaire de ces drones a été la réalisation de vidéos et leur diffusion en continu. Les images ont permis d’identifier les endroits où de nouvelles coulées de lave apparaissaient ou étaient susceptibles d’apparaître. Certains drones étaient dotés de caméras thermiques. Les appareils étaient également équipés de capteurs multi-gaz pour identifier toute nouvelle source de dégazage. L’approche à pied des fractures éruptives était trop dangereuse. Des applications plus techniques des images fournies par les drones ont consisté à créer des modèles numériques d’élévation (MNE) et de mesure des vitesses d’écoulement de la lave dans les chenaux

Plusieurs scientifiques du HVO sont devenus des pilotes de drones qualifiés, ce qui a permis au HVO d’avoir une compétence supplémentaire en matière de surveillance volcanique.

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Countless drones have been engulfed in lava since the start of the eruption in Geldingadalur,

like in this vidéo :

https://youtu.be/j18ECUhkeY0

Engineers think the irregular magnetic field might be to blame, because of the hot metals that emit from the craters, but the heat is probably the main cause of the drones’deaths.

According to a drone manufacturer, “what is happening is that the magnetic field is truly affecting the drone. The drone’s compass gets confused, causing the drone to lose its GPS connection. This makes the drone switch to the ATTI (short for ATTitude) Mode where the drone maintains a certain altitude but not position. This means that the flight controller stops assisting the pilot and the drone starts drifting away.” When this happens, the drone keeps flying until its battery dies, and at that point, the drone attempts to land by gliding down to earth. This is what happened to drones that are found scattered here and there, be it at the eruption site in Geldingadalur or elsewhere. In order to avoid losing one’s drone, it is recommended to fly it against the wind, in case the connection is cut. Then the drone will drift back to its owner, instead of away from him or her.

Beside the magnetic field, heat from the eruption causes the plastic enclosure, to which the drone’s motor is attached, to melt. As a consequence, drones end up in the lava stream.

Another hazard to the drones is the turbulence that appears during an eruption of the crater in Geldingadalur. An eruption, in the same way as a wildfire, generates its own climate. A drone caught in such turbulences cannot survive.

Amateur drones, whether they are Phantom or Mavic, have not been designed to face extreme flight conditions. Personally, I will never fly my drone in or over a volcanic crater. First of all the enclosure is not tight and robust enough to face the aggressive gases that rapidly attack the electronics. Just see what happens to a camera. If you do not set up a protection around it, you are sure to be confronted with dysfunctions.

In Hawaii, the HVO staff used Unmanned Aircraft Systems (UAS) specially designed to face the 2018 eruption. The machines were far sturdier than the conventional commercial ones.  The most basic capability of the UAS was simple video imaging and streaming. The images helped identify where new lava breakouts were happening or were likely to occur. Some of the UAS were outfitted with thermal cameras. The drones were also equipped with a multi-gas sensor to identify any new degassing sources. The fissures would have been too dangerous for geologists to approach on foot. More technical applications of UAS-based imaging included the creation of digital elevation models (DEMs) and measurements of lava flow speeds within channels. Several HVO staff members have become licensed UAS operators, allowing HVO to add UAS capabilities to its monitoring repertoire.

Crédit photo : HVO

Calbuco (Chili)

drapeau francaisMême si le risque d’une autre explosion majeure est faible, les autorités chiliennes ont mis en garde contre de nouvelles éruptions du Calbuco. Le Bureau Météorologique Chilien a indiqué qu’ »un vestige du panache de cendre affecte la région des lacs avec un plafond d’environ 4,5 km. »
La plupart des aéroports au Chili et en Argentine ont rouvert mais plus de 6000 personnes

restent évacuées dans un rayon de 20 kilomètres autour de Calbuco et l’alerte rouge est maintenue.
Les scientifiques sont inquiets car la pluie prévue pour les prochains jours pourrait se mélanger à la cendre et déclencher de dangereux lahars. On estime que le Calbuco a déversé quelque 210 millions de mètres cubes de cendre.
Les forces armées gardent la zone affectée par l’éruption, avec en particulier les villes de Puerto Montt et Puerto Varas
Le gouvernement chilien a annoncé samedi qu’il allait fournir une aide pour couvrir les énormes pertes financières subies par les agriculteurs locaux et pour aider à évacuer les 4000 moutons, 350 bovins et autres animaux domestiques piégés par la cendre à Ensenada.
Source: Médias chiliens.

La chaîne de télévision Al Jazeera a été invitée par le SERNAGEOMIN a survoler le Calbuco le 26 avril.

https://www.youtube.com/watch?v=zVsGVBh63G8

La vidéo montre que le volcan continue à déverser d’impressionnants nuages de cendre qui, au moment du survol, se dirigeaient vers l’Argentine et l’Uruguay.

La deuxième partie du reportage montre les dégâts subis par la petite ville d’Ensalada (4000 habitants) d’où les gens ont été évacués. Les personnes interviewées sont revenues chez elles le temps de constater des dégâts et craignent que ce qui reste soit pillé par les voleurs. Malgré cette catastrophe, la plupart des habitants sont déterminés à revenir vivre dans la région où ils sont nés. L’épaisse couche de cendre que les hommes s’efforcent d’évacuer des toits des maisons pourrait contribuer à déclencher des lahars quand les pluies arriveront.

On pense que l’éruption coûtera au Chili quelque 600 millions de dollars. Les principales pertes concernent le secteurs agricole et en particulier l’élevage. Une grande partie des pâturages est rendue inutilisable par la cendre.

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drapeau anglaisEven though the risk of another major explosion is low, Chilean authorities have warned of further eruptions of Calbuco volcano. The Chilean Meteorological Office has warned that « a remnant of the ash plume is affecting the Lake Region with an estimated ceiling of 4.5 kilometers. »

Most airports in Chile and neighbouring Argentina have reopened but more than 6,000 people living close to the volcano are still evacuated in a 20-kilometer radius around Calbuco and the Red alert is kept.

Scientists say they are also concerned that rain expected to fall in the next few days could mix with the ash to form dangerous lahars. Calbuco is estimated to have spewed out 210 million cubic metres of ash.

Armed forces are guarding the affected area, which includes the cities of Puerto Montt and Puerto Varas

On Saturday, the Chilean government announced it would provide aid to cover huge financial losses incurred by local farmers and to help evacuate some 4,000 sheep and 350 cattle and small animals trapped in ash-covered Ensenada.

Source: Chilean news media.

The Al Jazeera TV channel has been invited by the SERNAGEOMIN to fly over Calbuco on 26 April.
https://www.youtube.com/watch?v=zVsGVBh63G8

The video shows that the volcano continues to emit impressive ash clouds which, at the time of the video, were heading for Argentina and Uruguay.
The second part of the report shows the damage to the small town of Ensalada (pop. 4000) where people have been evacuated. Interviewees returned home time to see the damage and they fear that what is left will be looted by thieves. Despite this disaster, most people are determined to return to live in the area where they were born. The thick layer of ash that men are trying to evacuate from the roofs could trigger lahars in the valleys when the rains come.

It is thought the eruption will cost Chile some 600 million dollars. The main losses concern the agriculture and the cattle as most pastures have been covered with a thick layer of ash.

Calbuco

Crédit photo:  SERNAGEOMIN.

Les victimes du Sinabung (Ile de Sumatra / Indonésie) // Mount Sinabung’s victims

drapeau francaisC’est bien de montrer des photos spectaculaires des éruptions volcaniques ; c’est très médiatique et les gens s’extasient devant les gerbes incandescentes, les panaches de cendre et les coulées pyroclastiques. Ce qu’ils ont tendance à oublier – et beaucoup moins de photos sont mises en ligne pour l’illustrer – c’est que des milliers de gens souffrent et ont parfois tout perdu pendant les éruptions.

C’est ce qui se passe sur le Sinabung où la cendre a causé des dégâts considérables, que ce soit à la population ou à l’économie de la région, grosse productrice de fruits et légumes.

Suite à l’éruption – qui n’est toujours pas terminée – le gouvernement indonésien a décidé de reloger définitivement les 1255 habitants, soit 137 familles, qui occupaient trois villages (Sukameriah, Bekerah et Simacem) dans la zone de danger d’un rayon de 3 km autour du cratère du cratère. Les maisons ont été très sérieusement endommagées et la cendre a rendu la terre totalement impropre à la culture.

Les villageois seront déplacée en vertu de la même politique de relogement – le modèle Rekompak – adoptée lors de l’éruption du Merapi en 2010. Le projet prévoit d’accorder à chaque famille 100 mètres carrés de terre. Chaque maison possèdera un séjour, deux chambres et une salle de bain et sera construite en respectant les normes parasismiques et en prévoyant une bonne circulation de l’air.

A côté de cela, le Ministère de la Forêt a offert 9000 hectares de forêts aux réfugiés qui devraient recevoir prochainement 2300 têtes de bétail ainsi que des plants de légumes destinés à faire repartir l’agriculture. Il faut espérer que le gouvernement tiendra ses promesses.

L’éruption du Sinabung n’est pas la seule catastrophe à avoir frappé l’Indonésie ces derniers temps. Inondations et glissements de terrain ont entraîné d’autres évacuations de populations. On estime que 10 406 hectares de terres agricoles ont été endommagés par toutes ces catastrophes, avec des pertes financières considérables.

Source : Presse indonésienne.

A noter que la NASA a mis en ligne deux photos du Sinabung prises depuis l’espace par le satellite Earth Observing-1. Elles permettent de voir le volcan avant l’éruption (cliché du 7 juin 2013) et après (photo du 6 février 2014).

 http://earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazards/view.php?id=83080&eocn=home&eoci=nh

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drapeau anglaisIt’s very pleasant to show dramatic pictures of  volcanic eruptions; these are highly publicized and people marvel at the glowing ejections, ash plumes and pyroclastic flows. What they tend to forget – and very few photos are uploaded to illustrate it – is that thousands of people are suffering and have sometimes lost everything during the eruptions.
This is happening on Mount Sinabung where the ash has caused considerable damage, either to the population or to the economy of the region that produces huge amounts of fruit and vegetables.
Following the eruption – which is not over yet – the Indonesian government has decided to relocate permanently 1,255 inhabitants, or 137 families, who were living in three villages (Sukameriah , Bekerah and Simacem) in the danger zone with a 3-km radius around the Sinabung crater. The houses were seriously damaged and the ash made ​​the earth totally unfit for cultivation .
The villagers will be displaced according to the same relocation policy – the Rekompak model – that as adopted during the eruption of Mount Merapi in 2010. The project aims to give each family 100 square metres of land. Each house will have a living room, two bedrooms and a bathroom; it will be built in accordance with the seismic standards and provided good air circulation .
Besides this, the Ministry of Forestry has offered 9,000 hectares of forest to the refugees who should also receive 2,300 heads of livestock, as well as vegetable plants intended to give the  agriculture a new start. It is hoped that the government will keep its promises.
The eruption of Mount Sinabung is not the only disaster to have hit Indonesia in recent times. Floods and landslides have caused further evacuations of populations. An estimated 10,406 hectares of farmland have been damaged by these disasters, with considerable financial losses.

Source: Indonesian newspapers.

NASA has released 2 great photos of Mount Sinabung taken from space by the Earth Observing-1 satellite. They show the volcano before the eruption (7 June 2013) and after (5 February 2014).

 http://earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazards/view.php?id=83080&eocn=home&eoci=nh

Sinabung-2

Crédit photo:  NASA.