Visite ministérielle à la Mer de Glace

Manuel Valls et Ségolène Royal étaient aujourd’hui à Chamonix. Une visite à la Mer de Glace leur a permis de voir à quel point le glacier était victime du réchauffement de notre planète. Au cours de cet événement qui avait lieu en marge de la prochaine conférence sur le climat, le Premier Ministre a déclaré : « Cette Mer de glace est le révélateur des effets du réchauffement climatique. » A noter que les ministres et autres officiels ne sont guère allés plus loin que la gare du Montenvers. Si, comme je l’ai fait il y a quelques jours, ils avaient survolé l’ensemble des glaciers du Mont Blanc, ils auraient eu une vue beaucoup plus révélatrice de la catastrophe qui se profile à l’horizon.
Voir mon article du 11 septembre intitulé « La lente agonie des glaciers du Mont Blanc » ainsi que la galerie de photos sur ce même sujet dans la colonne de droite de ce blog.

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Vue de la Mer de Glace le 9 septembre 2015.

On aperçoit en bas de la photo la gare du Montenvers.

(Photo: C. Grandpey)

La lente agonie des glaciers alpins // The slow death of Alpine glaciers

drapeaufrancaisJe viens de passer quelques jours dans les Alpes, dans la région de Chamonix où j’ai eu, une fois de plus, la confirmation de la fonte ultra rapide des glaciers du massif du Mont Blanc.
Une visite aux glaciers des Bossons et du Taconnaz m’a permis de constater que la célèbre « Jonction » entre les deux glaciers n’existe plus. Je conseille aux randonneurs de faire cette excursion (environ 3h30 de montée et 2 heures de descente) au départ du Chalet du Glacier que l’on atteint par un télésiège aux village des Bossons. Cette superbe randonnée permet de longer le glacier des Bossons et de constater qu’il se réduit comme peau de chagrin. En dehors de sa séparation avec son homologue du Taconnaz, l’un des derniers événements marquants a été l’effondrement du front du glacier en mai 2013, avec un volume d’environ 200 000 mètres cubes de glace qui s’est détaché et est descendu sur un distance d’environ 1 km. Comme l’a fait remarquer un glaciologue, il y a maintenant « un risque important à se promener dans la moraine de ce glacier, sous le front.» Voici une photo du front du Glacier des Bossons prise le 8 septembre 2015.

Bossons 2015

(Photo: C. Grandpey)

Le 9 septembre, j’ai eu l’occasion d’effectuer un survol de l’ensemble des glaciers du massif du Mont Blanc. Leur disparition à court terme ne fait plus de doute. Les longues rivières de glace que l’on pouvait admirer il y a seulement quelques décennies ont été remplacées par de tristes moignons en voie de disparition. La célèbre Mer de Glace est méconnaissable. Le blanc et le bleu des crevasses ont été remplacés par le marron des matériaux d’éboulements. Les glaciologues font remarquer que la masse de glace à sa source est en train de s’amenuiser. On peut se demander pendant combien de temps encore on pourra assister à la réunion du glacier de Leschaux avec la Mer de Glace.

Mer de Glace blog

(Photo: C. Grandpey)

Le réchauffement climatique ne fait aucun doute dans les Alpes. Je me garderai bien de chercher les responsables. S’agit-il d’un cycle climatique naturel comme le prétendent certains? L’être humain est il responsable comme le prétendent d’autres? Peu importe, même si les relevés de CO2 dans l’atmosphère que j’ai pu observer dans l’Observatoire du Mauna Loa à Hawaii donnent une réponse assez claire. Les glaciers fondent et le phénomène va poser de graves problèmes aux pays dont le mode de vie dépend de leur eau, que ce soit pour la vie quotidienne ou pour l’alimentation en électricité.

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drapeau anglaisI have just spent a few days in the Alps, in the Chamonix area where I had, once again, the confirmation of the ultra-fast melting of the Mont Blanc glaciers.
A visit to the Bossons and Taconnaz glaciers allowed me to see that the famous « Junction » between the two glaciers is now a thing of the past. I advise hikers to do this excursion (about 3 hours 30 minutes for the climb and 2 hours for the descent) from the Chalet du Glacier which is reached by a chairlift from the village of Les Bossons.This beautiful hike gives great views of the Glacier des Bossons. Apart from its separation with the neighbouring Taconnaz Glacier, one of the last major events was the collapse of the front of the glacier in May 2013 with a volume of about 200,000 cubic meters of ice that broke off the glacier front and descended on a distance of about 1 km. As noted by a glaciologist, there is now « a significant threat to walk along the moraine of this glacier, below the front. » Here is a picture of the front of the Glacier des Bossons taken on September 8th, 2015.

On September 9th, I had the opportunity to fly over all the Mont Blanc glaciers. Their short-term disappearance is no longer in doubt. The long rivers of ice that we could see a few decades ago have been replaced by sad stumps which are ready to disappear too.The famous Mer de Glace is unrecognizable. The white and blue crevasses have been replaced by the brown materials of landslides. One may wonder how long the Leschaux glacier will meet the Mer de Glace. Here are some shots of the Alpine glaciers made on September 9th, 2015.

Global warming is obvious in the Alps. I won’t try to find who is responsible for it. Is this a natural cycle, as some scientists say? Or are humans to blame, as others claim? I don’t know, even if the readings of CO2 in the atmosphere I observed in the Mauna Loa Observatory in Hawaii give a fairly clear answer. Glaciers are melting and the phenomenon will pose serious problems for countries whose way of life depends on their water, be it for everyday life or for electricity supply.

Islande: Le Jökulsarlon en sursis? // Iceland: Is Jökulsarlon condemned to disappear?

drapeau-francaisL’Islande n’échappe pas au réchauffement climatique. Des observations récentes ont révélé que les glaciers islandais couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Beaucoup de glaciers ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres. Officiellement, la superficie totale des glaciers islandais est de 11 922 km2, soit 11 à 12% de la surface totale de l’Islande. Toutefois, ces chiffres semblent s’appuyer sur des mesures anciennes qu’il faudrait mettre à jour. Le glacier Hofsjökull, par exemple, couvre officiellement 925 km2. Les images du satellite Spot en 2006 ont montré que sa superficie n’était plus que de 864 km2. Les dernières photos de l’été 2014 donnent une superficie de 827 km2. Le Hofsjökull a donc perdu 10% par rapport aux chiffres officiels.
De la même façon, selon les chercheurs du South East Iceland Nature Research Centre, le célèbre Jökulsarlon n’aura probablement plus le même aspect dans 4 ou 5 ans. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer l’Esjufjallarönd, une moraine qui longe le glacier Breiðamerkurjökull et le sépare d’une autre langue glaciaire, le Norðlingalægðarjökull qui vient finir sa course dans les eaux du Jökulsarlon en donnant naissance à une foule de petits icebergs. Le Breiðamerkurjökull est en train de reculer rapidement sous l’effet du réchauffement climatique. Au fur et à mesure que le Norðlingalægðarjökull déverse ses icebergs dans le lagon, le niveau de la glace diminue et le glacier voisin a tendance à se déplacer vers la dépression ainsi créée. Il en résulte que la moraine Esjufjallarönd se déplace régulièrement vers l’est. (voir le document ci-dessous) et cette amas de débris va probablement atteindre le Jökulsarlon d’ici 3 à 5 ans. Le spectacle ne sera plus du tout le même !

Source : Iceland Review.

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drapeau-anglaisIceland is not immune to global warming. Recent observations have revealed that the Icelandic Glaciers cover 12% less than previously thought. Many glaciers have retreated several hundred metres, some even several kilometres. Officially, the total area of ​​glaciers in Iceland is 11 922 km2, or 11-12% of the total area of ​​Iceland. However, these figures seem to rely on old data that should be updated. The Hofsjökull glacier, for example, officially covers 925 km2. SPOT satellite imagery in 2006 showed that its area was only 864 km2. The latest pictures of the summer of 2014 give an area of ​​827 km2. Hofsjökull has lost 10% compared to official figures.
Similarly, according to researchers from the South East Iceland Nature Research Centre, the famous Jokulsarlon will probably not look the same in 4 or 5 years. To realize this, one needs to observe Esjufjallarönd, a moraine along the Breidamerkurjokull glacier and that separates it from another glacial tongue, Norðlingalægðarjökull, which ends up in the waters of Jökulsarlon, giving birth to a host of small icebergs. Breidamerkurjokull is retreating quickly under the effect of global warming. Gradually, as Norðlingalægðarjökull pours its icebergs into the lagoon, the ice level falls and the nearby glacier tends to fill the depression that was created. As a consequence, the Esjufjallarönd moraine regularly moves eastward. (see document below) and the ridge of debris will probably reach the Jökulsarlon in the next 3-5 years. The show will be quite different!
Source: Iceland Review.

Les mouvements glaciaires autour du Jökulsarlon (Source: SE Iceland Nature Research Center)

La beauté du Jökulsarlon (Photo: C. Grandpey)

Obama en Alaska

drapeau-francaisLe Président Obama est arrivé à Anchorage pour une visite de trois jours en Alaska destinée à montrer que la fonte du pergélisol et l’érosion des côtes annoncent de grandes catastrophes à venir si le monde ne fait rien pour ralentir le changement climatique.
A seize mois de la fin de son mandat et avant le sommet à Paris en Décembre, Obama voudrait encourager la mise en place d’une nouvelle règlementation plus stricte sur les émissions de carbone par les centrales électriques. « Aucun des pays représentés ici ne réagit vite. Cette année, à Paris, il faut que ce soit l’année où le monde finisse par se mettre d’accord pour protéger notre planète pendant qu’il en est encore temps », a déclaré Obama au cours d’une réunion rassemblant les ministres des affaires étrangères des pays ayant des intérêts dans l’Arctique. Le but principal de son voyage est d’attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur l’Etat d’Alaska, de convaincre les Américains de réduire l’utilisation des combustibles fossiles et de stimuler la production d’énergies renouvelables.
Avant de s’envoler vers l’Alaska dimanche, Obama a annoncé qu’il allait redonner au Mont Mc Kinley, la plus haute montagne d’Amérique du Nord, le nom traditionnel autochtone de Denali. Forcément, cette annonce a fait des mécontents! Elle a provoqué un début de polémique à Washington. Des élus de l’Ohio, d’où était originaire le président McKinley, assassiné en 1901 au début de son deuxième mandat, ont dénoncé « une insulte » pour tous les habitants de leur Etat.
Le Président a passé une partie de son vol de sept heures à converser avec le gouverneur Bill Walker qui a remercié Obama pour sa récente décision de permettre à la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell de forer dans la mer des Tchouktches. Les groupes écologistes ont hurlé en apprenant cette décision (voir ma note du 5 août 2015) qui contredit le message d’Obama sur le climat. « Shell Non! » a crié un petit groupe de manifestants devant le bâtiment où se tenait le sommet de l’Arctique, en agitant des crânes imitant le logo de la société.
Mardi et mercredi, Obama prévoit de quitter Anchorage et de se rendre à Seward devant l’Exit Glacier qui est en train de reculer. Il ira aussi visiter le centre de pêche au saumon de Dillingham avant de s’envoler au nord du cercle polaire arctique vers la petite ville de Kotzebue, victime du réchauffement climatique et de l’érosion du rivage.
Source: Alaska Dispatch News.

En Alaska, en plus des écologistes, tout le monde n’attend pas Barack Obama à bras ouverts. Le pétrole y occupe une place centrale, avec le gigantesque oléoduc trans-alaskien qui traverse l’Etat du nord au sud, entre Prudhoe Bay et Valdez. La « transition énergétique » que le président américain appelle de ses voeux inquiète. Nombre d’habitants du 49ème Etat redoutent que le Président, les yeux rivés vers la conférence de Paris, en oublie les difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés.

La visite intervient dans un contexte d’autant plus difficile que la chute des prix du brut en a sensiblement amputé les ressources budgétaires de l’Etat. L’Association des producteurs de gaz et de pétrole d’Alaska (AOGA) a rappelé à Obama que ce secteur représentait 110 000 emplois directs et indirects, et l’a appelé à trouver un « équilibre raisonnable » dans ses choix énergétiques.

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drapeau-anglaisPresident Obama has arrived in Anchorage for a three-day visit of Alaska aimed at showing how the state’s melting permafrost and eroding coastlines are a preview of bigger disasters to come unless the world does more to slow climate change.

With 16 months left in office, Obama is trying to build support for tough new rules on carbon emissions from power plants ahead of the summit in Paris in December. « None of the nations represented here are moving fast enough. This year, in Paris, must be the year that the world finally reaches an agreement to protect the one planet we’ve got while we still can, » Obama told a meeting of foreign ministers from countries with Arctic interests. But the main purpose of his trip is to draw attention to the threats facing the state to convince Americans to reduce fossil fuel use and boost renewable energy production.

Before flying to Alaska on Sunday, Obama announced he would rename North America’s tallest mountain as Denali, restoring the traditional Alaska native name to what maps and tourists currently call Mount McKinley.

The President spent part of his seven-hour flight to Alaska talking with Governor Bill Walker, who said he thanked Obama for a recent decision to allow Royal Dutch Shell to drill in the Chukchi Sea. Environmental groups have howled about that move (see my note of August 5th 2015), saying it contradicts Obama’s message on climate. « Shell no! » a small group of protesters shouted outside the Arctic summit, waving skulls made to look like the company’s logo.

On Tuesday and Wednesday, Obama plans to head out of Anchorage to hike the receding Exit Glacier in Seward, visit the salmon fishing center of Dillingham and then fly north of the Arctic Circle to the small town of Kotzebue, one of the victims of climate change with the erosion of its shores.

Source : Alaska Dispatch News.

In Alaska, in addition to the environmentalists, everyone does not welcome Barack Obama with open arms. Oil occupies a central place, with the gigantic trans-Alaskan pipeline that crosses the State from north to south, from Prudhoe Bay to Valdez. The « energy transition » advocated by the US President is a cause of concern in Alaska. People in the 49th State fear that the President, with the paris conference in mind, may forget the economic difficulties they have to face.
The visit comes in a difficult period as the fall in crude oil prices has significantly cut the budgetary resources of the State. The Association of gas and oil producers of Alaska (AOGA) has reminded Obama that this sector accounts for 110,000 direct and indirect jobs, and asked him to find a « reasonable balance » in his energy choices.

Lutte contre le réchauffement climatique et préservation des intérêts économiques de l’Alaska: Un sacré défi pour le Président Obama.

(Photos: C; Grandpey)