En cas d’éruption du Mauna Loa (Hawaii)…. // Should Mauna Loa erupt….

Comme je l’ai écrit précédemment, le Mauna Loa montre des signes de réveil sur la Grande Ile d’Hawaii. Les scientifiques s’attendent à une éruption, mais ils sont incapables de dire quand elle se produira. Par précaution, une première rencontre vient d’être organisée avec les habitants d’Ocean View, une localité située à 600 mètres d’altitude sur le flanc SO du volcan. Le principal message reçu par les habitants d’Ocean View au cours de cette réunion à propos du Mauna Loa est : Tenez vous prêts!
Les personnes présentes à la réunion ont été informées de la situation sur le Mauna Loa et ont eu l’occasion de parler et de poser des questions à des responsables de la Protection Civile, du HVO et d’autres organisations locales.
Les géologues du HVO ont expliqué que le volcan est en niveau d’alerte Jaune – surveillance conseillée – depuis 2019. La hausse récente d’activité, avec un pic de sismicité et une augmentation de l’inflation sommitale, est due à un nouvel apport de magma à 3 – 8 km de profondeur sous le sommet du Mauna Loa. C’est une source d’inquiétude pour les personnes qui vivent sur les pentes du volcan. La dernière éruption du Mauna Loa remonte à 1984 et les scientifiques sont certains qu’il entrera à nouveau en éruption.
Au cours de la réunion publique, le HVO et la Protection Civile ont fait de leur mieux pour répondre aux questions des habitants à propos du Mauna Loa, volcan bouclier qui occupe 51% de la superficie de la Grande Île. Au final, il a été conseillé à la population de se préparer.
Bien que les scientifiques disposent aujourd’hui de plus d’instruments susceptibles de les informer du comportement du volcan, ils sont toujours incapables de prévoir avec précision quand le volcan entrera en éruption. Cela signifie qu’ils ne pourront pas dire si la lave est en train de dévaler l’une des zones de faille du Mauna Loa tant qu’elle n’aura pas percé la surface.
Heureusement, l’histoire du Mauna Loa montre que les éruptions commencent et restent limitées à la caldeira sommitale. La moitié des 33 éruptions passées sont restées confinées à la région de la caldeira. Un quart se sont produites dans la zone de rift nord-est du volcan, qui comprend des localités telles que Hilo, Volcano et Keaʻau. La majorité des autres éruptions se sont produites dans la zone de rift sud-ouest. C’est là que se trouvent Ocean View et d’autres localités telles que Pāhala.
Si une éruption devait se déplacer vers d’autres secteurs du volcan, ce serait une autre histoire. Lorsque la lave sort des fractures, les coulées peuvent se déplacer rapidement. Lorsque le Mauna Loa est entré en éruption en 1950 dans la zone du rift sud-ouest, la lave a atteint l’océan en seulement trois heures.
Le niveau d’alerte du volcan restera le même tant que le HVO ne saura pas avec certitude qu’une éruption va se produire. C’est pourquoi les gens doivent se tenir prêts à une possible évacuation car le temps de réaction dans cette situation peut être très court.
De nombreux organismes seront sur le terrain pour aider les habitants en cas d’éruption. Leur rôle sera de tenir les gens informés, leur indiquer toutes les voies de communication disponibles, ouvrir des abris d’urgence, aider les évacuations, ouvrir des voies d’évacuation supplémentaires, etc.
La diffusion d’informations durant une éruption est essentielle pour s’assurer que les gens savent ce qu’ils doivent faire. Les scientifiques et les autorités locales présents à la réunion ont fait de leur mieux pour répondre aux questions des habitants, les informer où ils doivent aller en cas d’évacuation et quelle est la meilleure police d’assurance à choisir pour protéger leurs biens.
La prochaine réunion d’information est prévue le 27 octobre 2022 au Kaʻū District Gym de Pāhala.
Source : Big Island Now.

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As I put it before, Mauna Loa is showing signs of unrest on Hawaii Big Island and scientists think an eruption might happen, although they are unable to say when. As a precaution, a first meeting has just been organised with Ocean View residents, a community that lies 600 meters above sea level on the SW flank of the volcano. The message Ocean View residents were told about Mauna Loa was : Be prepared.

Residents at the meeting got an update about Mauna Loa’s status and had a chance to speak with and ask questions of officials from Civil Defense, HVO and other local authorities.

HVO geologists explained that the volcano has been at the Yellow, or advisory, alert level since 2019. Recent increase in activity, including a spike in earthquake activity and inflation at the summit, is being driven by renewed input of magma 3 to 8 km below Mauna Loa’s summit. It has been a cause for concern for residents who live on the volcano’s slopes. The last time Mauna Loa erupted was in 1984 and scientists say it will erupt again.

HVO and Civil Defense did their best to answer the community’s questions about the shield volcano which takes up 51% of the Big Island’s surface area. In the end, the population was advised to be prepared.

Although scientists now have more instrumentation to tell them what the volcano is doing than during any prior period of unrest or eruption, there is still no way to accurately forecast when the volcano will erupt. That means scientists won’t be able to say if lava is coming down one of Mauna Loa’s rift zones until it is already advancing.

Fortunately, eruptions historically begin and stay confined to the volcano’s summit caldera. About half of Mauna Loa’s 33 past eruptions have remained confined to the caldera region. About a quarter have happened in the volcano’s Northeast Rift Zone, which includes communities such as Hilo, Volcano and Keaʻau, while the majority of the rest happened in the Southwest Rift Zone. This is the area where Ocean View and other communities such as Pāhala are located.

Whether an eruption moves to other locations on the volcano is a different story. But when lava breaks out of fissures, those flows can move rapidly. When Mauna Loa erupted in 1950 in the Southwest Rift Zone, lava made it to the ocean within three hours.

The volcano’s alert level won’t be changed until HVO knows with certainty an eruption is going to happen. This is why people need to be prepared as the amount of time to react in that situation can be very short.

A host of agencies will be on the ground to help residents when an eruption happens. That includes keeping people informed and updated via all available avenues of communication, opening emergency shelters, helping evacuation efforts, opening additional evacuation routes and more.

Messaging during an eruption will include as much information as possible to make sure people know what they need to do. Scientists and local authorities at the meeting did their best to answer the community’s questions, including where people should go if they have to evacuate to what is the best insurance to get to protect their property.

The next information meeting is scheduled on October 27th, 2022 at the Kaʻū District Gym in Pāhala.

Source: Big Island Now.

Zones de failles (rift zones) sur le Mauna Loa (Source: USGS)

Coulée de lave sur le flanc SO du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Système d’alerte sur le versant SO du volcan (Photo: C. Grandpey)

Les coulées de lave de Lanzarote (Iles Canaries) // Lanzarote lava flows (Canary Islands)

À l’extrémité nord-est des îles Canaries, Lanzarote est une destination touristique populaire. L’île contient la plus grande concentration de volcanisme juvénile des Canaries. On peut admirer des cônes de scories datant du Pléistocène et de l’Holocène ou encore des coulées de lave émises par des fractures orientées NE-SO dans toute l’île et sur la petite île de La Graciosa au nord.
La plus grande éruption historique des îles Canaries a eu lieu entre 1730 et 1736, lorsque des éruptions le long d’une fracture ont formé les Montañas del Fuego et émis de volumineuses coulées de lave couvrant environ 200 km2. Les coulées ont atteint la côte ouest avec un front de 20 km de large. Les villages de Maretas et Santa Catalina ont été détruits, ainsi que les vallées et les domaines les plus fertiles de l’île.
Une éruption en 1824 a produit une coulée de lave beaucoup plus petite qui a atteint la côte sud-ouest.
Une équipe internationale de chercheurs a utilisé des données satellitaires pour mesurer la vitesse à laquelle certaines parties des champs de lave de Lanzarote se tassent près de trois siècles après l’éruption de 1730-1736 qui a reçu un VEI 3. Leurs résultats montrent que lorsque plusieurs coulées de lave superposées deviennent très épaisses (à Lanzarote elles sont estimés à plus de 100 mètres d’épaisseur), elles sont susceptibles de continuer à se déformer des siècles plus tard.

À l’aide d’interférogrammes fournis par les satellites Sentinel-1 et ENVISAT, les chercheurs ont détecté un tassement des coulées sur plusieurs décennies. Ce tassement pouvait aller jusqu’à 6 mm par an sur une zone d’environ 20 km2 dans la partie centrale et occidentale de Timanfaya, sur des coulées mises en place il y a près de 300 ans. Le tassement le plus significatif correspond au refroidissement de coulées de lave de 100 à 150 mètres d’épaisseur.
L’éruption de 1730 à 1736 à Lanzarote a été l’une des plus importantes des îles Canaries. Si l’on prend en compte le volume de lave émis, il s’agit de la troisième plus grande éruption fissurale basaltique subaérienne identifiée au cours des 1 100 dernières années.
Dans leur rapport sur les coulées de lave de Lanzarote, les chercheurs écrivent que « les séries chronologiques établies à l’aide d’interférogrammes à intervalles courts du satellite Sentinel-1 ont montré par le passé des erreurs systématiques. En réalisant des interférogrammes de plus longue période, ces erreurs peuvent être atténuées. Nos observations sont cohérentes avec le refroidissement de laves d’une centaine de mètres d’épaisseur, donc deux fois plus épaisses que les estimations précédentes, ce qui montre que le volume global de lave émis par l’éruption de 1730-1736 a probablement été sous-estimé. Cela indique également que ces coulées épaisses qui se sont superposées peuvent continuer à se déformer de manière significative même trois siècles après leur mise en place. »
Les auteurs de l’étude rappellent que la dernière éruption des îles Canaries, celle de la Cumbre Vieja à La Palma a émis beaucoup moins de lave que l’éruption de Lanzarote, même si les dégâts ont été plus importants car elle a dévasté une zone densément peuplée. L’éruption a laissé des champs de lave d’une épaisseur allant jusqu’à 60 mètres.
Source : Source : Nearly three centuries of Lava Flow Subsidence at Timanfaya, Lanzarote – AGU Geochemistry, Geophysics, Geosystems – October 8, 2022 – https://doi.org/10.1029/2022GC010576.

Ces informations ont été obtenues par l’intermédiaire de l’excellent site web The Watchers.

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At the NE end of the Canary Islands, Lanzarote is a popular tourist destination. It contains the largest concentration of youthful volcanism in the Canaries. Pleistocene-and-Holocene cinder cones and lava flows erupted along NE-SW fissures can be seen throughout the island and on the small island of La Graciosa to the north.

The largest historical eruption of the Canary Islands took place during 1730-1736, when eruptions from a fissure formed the Montañas del Fuego and produced voluminous lava flows that covered about 200 km2. The lava flows reached the western coast along a 20-km-wide front. The villages of Maretas and Santa Catalina were destroyed, along with the most fertile valleys and estates on the island.

An eruption in 1824 produced a much smaller lava flow that reached the SW coast.

An international group of researchers has used radar satellites to measure how fast parts of the lava fields in Lanzarote are sinking nearly three centuries after the 1730-1736 eruption which was given a VEI 3. Their results show that when multiple stacked lava flows get very thick (here they are estimated at over 100 meters in thickness), they are still able to continue deforming centuries later. Using Sentinel-1 and ENVISAT interferograms, the researchers detected multi-decade subsidence of up to 6 mm per year associated with an area of about 20 km2 within the central and western portion of the Timanfaya lava flows emplaced almost 300 years ago. Peak subsidence is consistent with the cooling of 100 – 150 meter thick lava flows.

The 1730 – 1736 eruption on Lanzarote was one of the most significant volcanic eruptions to occur on the Canary Islands, with lava covering over 200 km2.. It is volumetrically the third largest known subaerial basaltic fissure eruption in the past 1 100 years.

In their report about Lanzarote lava flows, the researchers write that “time series constructed using Sentinel-1 short interval interferograms have previously been shown to suffer systematic biases. By making longer period interferograms, these biases can be mitigated. Our observations are consistent with the cooling of lavas on the order of one hundred meters, twice as thick as previous estimates, which suggests overall lava volume for this eruption may have been underestimated. This is also evidence that these cumulative thick flows can continue to deform significantly even three centuries after emplacement.”

As the authors themselves recall, the last eruption in the Canary Islands, that of Cumbre Vieja, of much lesser importance (although with greater damage, because it devastated a densely populated area) left lava fields with thicknesses of up to 60 meters.

Source : Nearly three centuries of Lava Flow Subsidence at Timanfaya, Lanzarote – AGU Geochemistry, Geophysics, Geosystems – October 8, 2022 – https://doi.org/10.1029/2022GC010576.

This information was obtained through the excellent website The Watchers

Photos: C. Grandpey

Personne ne sait si et quand le Mauna Loa (Hawaii) entrera en éruption // Nobody knows if or when Mauna Loa (Hawaii) will erupt

Le dernier article de la rubrique Volcano Watch du HVO commence par une question : « Une éruption est-elle en préparation sur le Mauna Loa ? » La réponse est : « La question n’est pas de savoir s’il y aura une éruption, mais quand. » Comme leurs collègues ailleurs dans le monde, les scientifiques américains ne sont pas en mesure de prévoir les éruptions. En regardant son histoire éruptive, ils sont sûrs que le Mauna Loa entrera à nouveau en éruption, mais ils sont incapable de dire quand.
Près de 40 années se sont écoulés depuis la dernière éruption du volcan; c’est la plus longue période de calme jamais observée. Au vu de la hausse d’activité sous la caldeira sommitale au cours du mois écoulé, les scientifiques du HVO se demandent si la prochaine éruption pourrait se produire bientôt.
L’Observatoire a signalé le 5 octobre 2022 que l’activité sismique avait atteint à 40 à 50 événements de faible magnitude par jour depuis la mi-septembre, avec un pic à plus de 100 secousses par jour les 23 et 29 septembre. Il s’agit d’une forte hausse par rapport aux 5-10 séismes par jour en juin, et même les 10-20 secousses par jour en juillet et août. La majeure partie de cette sismicité a été enregistrée sous Moku’āweoweo, la caldeira sommitale du Mauna Loa, à des profondeurs de 1,5 et 3 kilomètres. La plupart des séismes avaient des magnitudes inférieures à M 2. Le niveau d’alerte du volcan reste à ‘Advisory’ (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune. La récente augmentation de l’activité a incité le Parc national des volcans à fermer la zone sommitale du Mauna Loa jusqu’à nouvel ordre.
Cependant, tous ces événements ne signifient pas forcément qu’une éruption est susceptible de se produire à court terme. D’autres facteurs, tels que la présence d’un tremor indiquant qu’une éruption est imminente, n’ont pas été observés.
La hausse d’activité sismique s’est accompagnée d’une inflation de la chambre magmatique sous le sommet du Mauna Loa. Les scientifiques expliquent que l’activité observée actuellement est probablement due à un nouvel apport de magma dans le réservoir du sommital.
Le volcan est en niveau d’alerte  »Advisory’ depuis 2019; il a déjà montre une hausse de la sismicité et de l’inflation de la région sommitale entre fin janvier et fin mars en 2021, sans éruption. D’autres périodes d’activité plus intense se sont également produites au cours des 38 dernières années depuis la dernière éruption du Mauna Loa. La hausse d’activité actuelle a commencé fin 2014, puis a ralenti en 2017-2018, avant d’augmenter à nouveau en 2019.
Le Mauna Loa est entré en éruption 33 fois depuis 1843, avec en moyenne une éruption tous les cinq ans. Le volcan est resté relativement calme depuis sa dernière éruption dans les années 1980. C’est sa plus longue période de repos au cours des 200 dernières années.
Il convient de rappeler que la dernière éruption du Mauna Loa en mars 1984 a commencé avec une forte hausse de la sismicité atteignant 2 à 3 événements par minute le 24 mars. L’éruption a débuté au sommet du volcan à 1 h 30 le 25 mars. La principale crainte était que la lave atteigne Hilo. Il n’en fut rien. L’intensité de l’éruption a diminué et le 14 avril, aucune coulée ne s’étendait à plus de 2 kilomètres des bouches actives. L’éruption a pris fin le 15 avril 1984.
Le HVO indique que les événements rapides qui ont conduit à l’éruption de 1984 sont typiques des éruptions du Mauna Loa au cours des deux derniers siècles. Cependant, même si la technologie a progressé depuis la dernière éruption, l’Observatoire est forcé d’admettre que la prévision d’une éruption reste encore très difficile. La situation peut évoluer très rapidement sans prévenir.
Source : USGS/HVO.

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HVO’s latest Volcano Watch article begins with a question : « Is Mauna Loa getting ready to erupt? » The answer is : « It’s not a matter of if, but when. » Like their colleagues in other parts of the world, American scientits are not able to predict eruptions. Looking at its history, they are sure that the volcano will erupt again, but they can’t say when.

It’s been nearly 40 years since the volcano’s last eruption, the longest period Mauna Loa has gone without one. Looking at the heightened activity under the summit caldera during the past month, HVO scientists wonder whether the next eruption might occur soon.

The Observatory reported October 5th, 2022 that seismic activity has increased to 40 to 50 small-magnitude earthquakes a day since about mid-September, peaking at more than 100 events a day on September 23rd and 29th. This was a sharp increase compared with 5 to 10 earthquakes a day in June, and even10 to 20 quakes per day in July and August. Most of the quakes have occurred beneath Moku‘āweoweo, Mauna Loa’s summit caldera, at depths of 1.5 and 3 kilometers. The majority had magnitudes smaller than M 2. The alert level for the volcano remains at Advisory and the aviation color code is kept at Yellow. The recent uptick in activity caused Hawai‘i Volcanoes National Park to close the Mauna Loa summit area until further notice.

However, all these observations do not mean an eruption is likely to happen soon or that one is expected. Other signals, such as seismic tremor, that would indicate that an eruption is imminent, have not been observed.

The spike in seismic activity has been accompanied by an inflation of a magma chamber beneath Mauna Loa’s summit. Scientists explain that the current unrest is likely caused by renewed input of magma into Mauna Loaʻs summit reservoir system.

The volcano has been at the Advisory alert level since 2019 and displayed similar elevated activity and inflation of the summit region from late January to late March in 2021 with no eruption. Additional periods of increased activity have also happened during the past 38 years since Mauna Loa’s last eruption in the 1980s. The current episode of unrest actually began in late 2014 and then waned in 2017-18 before increasing again in 2019.

Mauna Loa has erupted 33 times since 1843, averaging one eruption every five years. The volcano has remained relatively quiet since its last eruption in the 1980s, its longest period of repose in the past 200 years.

It is worth remembering that Mauna Loa’s last eruption in March 1984 began with the number of earthquakes under the volcano rapidly spiking to 2 to 3 per minute on March 24th. The eruption began at 1:30 a.m. on March 25th at the summit. The main fear was that the lava from the eruption might reach Hilo. It did not. The intensity of the eruption decreased and by April 14th, no active flows extended more than 2 kilometers from the active vents. The eruption ended on April 15th, 1984.

HVO indicates that the rapid onset of extreme unrest leading to the 1984 eruption is typical of the Mauna Loa eruptions that have been observed in the last two centuries. However, even though technology has advanced since the last eruption, forecasting an eruption still remains difficult. The situation may change very rapidly without warning.

Source: USGS / HVO.

Le Mauna Loa vu depuis la zone de rift SO (Photo: C. Grandpey)

Sommet et zones de rift du Mauna Loa (Source: HVO)

La Palma (Iles Canaries) après l’éruption // La Palma (Canary Islands) after the eruption

L’éruption de la Cumbre Vieja, qui a duré 83 jours entre le 19 septembre et le 13 décembre 2021, est l’activité volcanique la plus longue et la plus destructrice jamais observée à La Palma, l’une des huit îles de l’archipel des Canaries.
Aujourd’hui, le volcan a cessé toute activité, mais les effets de l’éruption sont toujours très présents et le seront probablement pendant les années à venir. Dans sa progression vers la mer, la lave a détruit plus de 3 000 maisons et bâtiments, ainsi que Todoque, une ville d’environ 1 300 habitants avant l’éruption. Elle a aussi coupé un important axe de circulation sur l’île et édifié un nouveau delta. La lave est un excellent isolant et gardera sa chaleur pendant les années à venir, ce qui rendra difficile la remise en état des zones qu’elle a recouvert.
La source de l’éruption est une nouvelle bouche qui s’est ouverte sur le volcan Cumbre Vieja. Il a été décidé de lui donner un nom. Plusieurs options ont été envisagées, et en 2022, on a procédé à un vote. En juillet 2022, le nom du gagnant a été annoncé : Volcán de Tajogaite, d’après le nom Guanche de Montaña Rajada, la montagne fissurée.

L’éruption a bouleversé la vie de nombreux habitants de La Palma. Un groupe de victimes de l’éruption a indiqué que quelque 250 personnes vivent toujours dans des hôtels, tandis que 150 autres séjournent chez des amis et des parents. Selon les autorités régionales, seules cinq des 121 maisons préfabriquées achetées par le gouvernement ont été mises en place pour les personnes laissées sans abri par le volcan.
Une association de personnes victimes de l’éruption se plaint des lenteurs administratives et décrit la politique des autorités avec ces mots : « Vouloir oublier, rester silencieuses et être complaisantes. »
Jusqu’à présent, le gouvernement a alloué plus de 500 millions d’euros à la reconstruction, au nettoyage et à l’aide aux personnes qui ont perdu leur emploi. Selon les estimations du gouvernement des Canaries, le total des dégâts s’élève à 843 millions d’euros.
Dans les régions de Puerto Nao et de La Bombilla, les gaz volcaniques sont encore présents et ne permettent pas l’accès du public. Un an après la destruction causée par la lave, plus de 1100 personnes sont toujours en grande difficulté.

A côté de ce côté sombre, l’éruption a eu un impact positif sur La Palma. Elle a certes été un coup dur pour l’économie de l’île, mais la planète entière a entendu parler de La Palma et a réalisé qu’il s’agissait de l’une des îles Canaries, au large de la côte nord-ouest de l’Afrique.
Depuis l’éruption de la Cumbre Vieja, l’attrait de La Palma est en plein essor. L’île est normalement l’une des moins visitées des Canaries, mais en août 2022 le taux d’occupation des hôtels a atteint 90,9 %, bien au-dessus des attentes. Les touristes en provenance du reste de l’Espagne ont constitué l’essentiel des séjours.
Alors que les images diffusées pendant les 83 jours de l’éruption se concentraient sur la destruction causée par le volcan, les reportages ont également mis en évidence les charmes de la petite île, ce qui a incité de nombreuses personnes à se rendre à La Palma.
Surnommée « La Isla Bonita » ou « La belle île », La Palma est une réserve de biosphère reconnue par l’UNESCO, avec des forêts verdoyantes, des pics rocheux et des zones désertiques. Depuis l’éruption, le nombre de navires de croisière faisant escale sur l’île a augmenté, ainsi que le nombre de vols directs depuis l’Espagne continentale et ailleurs en Europe. Ryanair a ouvert sa première base à La Palma en mars 2022 et propose plusieurs vols directs par semaine vers trois villes espagnoles ainsi que vers Milan.
Tout va bien pour les voyagistes qui proposent des excursions d’une journée en ferry depuis Tenerife, l’île la plus grande et la plus visitée des Canaries. Selon une agence de voyage, « les gens veulent se rapprocher le plus possible du lieu de l’éruption. »
Le gouvernement considère désormais le tourisme comme la clé de la reprise économique de l’île. Il a beaucoup dépensé pour promouvoir les voyages à La Palma et a distribué 20 000 bons de voyage d’une valeur de 250 euros aux résidents espagnols, et qui peuvent être utilisés dans les hôtels et restaurants de l’île. Pour attirer davantage de touristes, les autorités ont inauguré une nouvelle tyrolienne et un centre d’accueil à l’observatoire astronomique du Roque de Los Muchachos.
Environ 3 000 des 8 000 lits destinés aux touristes à La Palma ont été soit détruits lors de l’éruption. Ils sont situés dans des zones qui restent interdites en raison des niveaux dangereux de gaz volcaniques, principalement à Puerto Naos sur la côte sud-ouest.
Comme La Palma, Hawaï et l’Islande ont connu une augmentation similaire du nombre de touristes après des éruptions volcaniques, mais l’intérêt des visiteurs a peu à peu diminué. Certains opérateurs touristiques de La Palma s’attendent à ce que la même chose se produise sur leur île.

Source: presse espagnole.

Voici une très bonne vidéo (52 minutes) de l’éruption et de ses conséquences diffusée par la chaîne ARTE :
https://www.arte.tv/en/videos/106654-000-A/la-palma-after-the-eruption/

Intitulée « Le volcan de La Palma – La vie après l’éruption », elle nous rappelle les principales phases de la dernière éruption et nous montre comment la faune et la flore se comportent dans le sillage d’une éruption.

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The eruption of the Cumbre Vieja volcano, which lasted for 83 days between September 19th and December 13th, 2021, is the longest and most damaging volcanic activity on La Palma, one of the Canaries’ eight islands.

Now the volcano has stopped, but its effects are still very much present, and likely will be for years to come. On its way to the sea, the lava flow destroyed more than 3,000 buildings, including Todoque, a town of some 1,300 prior to the eruption. It cut off a regional highway, and created a new peninsula. Below the volcano is a large swath of land that is covered completely in hardened lava. On top of that, this rock is a great insulator and helps keep the lava beneath it hot and liquid for years to come, making it difficult to restore the area.

The source of the eruption was a new vent of the Cumbre Vieja volcanic ridge. The new vent needed a name. Several options were considered, and in 2022, it was put to a vote. In July 2022, the winning name was announced: Volcán de Tajogaite, after the Guanche name for Montaña Rajada.

The eruption disrupted the lives of many people in La Palma. A volcano victims’ group reported that some 250 people are still living in hotels, while 150 are staying with friends and relatives. According to regional authorities, only five of the 121 prefabricated houses purchased by the government have been put in place for the people left homeless by the volcano.

An association of people affected by the volcano complains about the administrative delays and describes the authorities’ response in three ways: “Wanting to forget, silent and complacent.”

So far, the government has allocated more than 500 million euros to rebuilding, cleaning up and helping people who have lost their jobs. The total damage, estimated by the government of the Canary Islands, has been estimated at 843 million euros.

In Puerto Nao and La Bombilla areas, gases from the volcano are said to be lethal, and they are prohibited to the public. One year after the tragic destruction caused by the lava, over 1100 people are still stuck in desolation.

Beside this dark side, the eruption had a positive impact on La Palma. On the one hand, the volcano has been a misfortune, a huge blow to the island’s economy. On the other, the whole planet heard about La Palma and realised it was one of the Canary Islands, off Africa’s northwestern coast.

Since Cumbre Vieja erupted on September 19th, 2021, interest in visiting La Palma has been booming. The island is normally one of the less visited ones of the Canaries. In August 2022, the average hotel occupancy on the island hit 90.9 percent, well above expectations, with visitors from the rest of Spain accounting for the bulk of the stays.
While the images released during the 85-day eruption focused on the destruction caused by the volcano, news reports also highlighted the tiny island’s charms, which incited many people to travel to La Palma.
Nicknamed « La Isla Bonita » or « The Beautiful Island, » La Palma is a UNESCO-recognized biosphere reserve replete with verdant forests, rocky peaks and desert. Since the eruption, the number of cruise ships stopping at the island has increased, as well as the number of direct flights from mainland Spain and elsewhere in Europe. Ryanair opened its first base in La Palma in March 2022 and offers several direct flights per week to three Spanish cities as well as Milan.
Business is also booming for tour companies offering day trips by ferry from Tenerife, the largest and most visited island of the Canaries. According to a travel agency, « people want to get as close as possible to where the eruption happened. »

The government now sees tourism as key to the recovery of the island’s economy. It has spent heavily to promote travel to La Palma and has given away 20,000 travel vouchers worth 250 euros to residents of Spain that can be used in hotels and restaurants on the island. To help draw more tourists, the authorities have inaugurated a new zip-line and a visitors’ center at the Roque de los Muchachos astronomical observatory.
Around 3,000 of La Palma’s 8,000 tourist beds were either destroyed in the eruption, or are located in areas that remain off limits due to dangerous levels of volcanic gases, mainly in Puerto Naos on the southwestern coast.
Hawaii and Iceland saw a similar increase in tourists after they experienced volcanic eruptions but visitor interest eventually waned and some tourism operators in La Palma expect the same to happen.

Source: Spanish press.

Here is a good videao of the eruption and its consequences :
https://www.arte.tv/en/videos/106654-000-A/la-palma-after-the-eruption/

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L’éruption de la Cumbre Vieja (photo de Nathalie Duverlie) figure sur la couverture du livre « Histoire de Volcans – Chroniques d’éruptions » de Dominique Decobecq et Claude Grandpey, publié aux Editions Omniscience fin août 2022.

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