Éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Et maintenant ?

Si certains attendent avec impatience que la lave traverse la RN2, pour d’autres, la situation n’est guère réjouissante. La circulation a été interdite par la Préfecture entre Sainte Rose et Saint Philippe Cela signifie que les habitants de ces deux localités voient leurs déplacements chamboulés. Ils auront parfois à faire le tour de l’île pour atteindre leur destination ! Ainsi, ceux qui habitent à Saint-Philippe et travaillent dans l’Est se retrouvent dès aujourd’hui désemparés. Comme l’explique un article sur le site Réunion la 1ère, il existe deux solutions : aller jusqu’à la Plaine-des-Cafres et emprunter la route des Plaines, ou passer par le littoral et Saint-Denis. Peu importe laquelle, ces deux solutions rallongent le trajet de façon conséquente. On a l’exemple d’une professeure de SVT à Piton Sainte-Rose, mais qui habite Saint-Joseph. La fermeture de la route l’inquiète grandement, alors que la rentrée scolaire est prévue le 16 mars. Il y a la solution du covoiturage, mais qui n’est pas l’idéal non plus. La professeure envisage davantage de se faire héberger sur son lieu de travail le temps de l’interruption de la route par la coulée de lave. Ou bien elle essaiera d’btenir une emploi du temps avec des heures groupées, ce qui éviterait les aller-retour quotidiens.

Le même problème se pose dans l’autre sens, pour les gens qui habitent Saint Rose et voudraient se rendre dans le Sud. Les habitants qui travaillent sur Saint-Joseph vont être obligés de faire le grand tour. Comme je l’ai indiqué précédemment, la lave avait déjà coupé la RN2 en 2007.

Je me pose une autre question : La lave atteindra-t-elle la littoral qui n’est distant que de 800 ou 900 mètres de l’endroit où la route sera coupée. En extrapolant et en supposant que la coulée progresse à raison d’une vingtaine de mètres par heure, elle pourrait atteindre le trait de côte d’ici environ 48 heures, autrement dit dans la soirée du 14 mars. Toutefois, comme le fait remarquer Philippe Kowalski de l’OVPF, une telle prévision est hasardeuse car de nombreux facteurs peuvent intervenir et modifier le temps de parcours théorique.

Crédit photo: OVPF

Attention ! L’utilisation des drones est interdite, hormis quelques dérogations. Pour des raisons de sécurité et pour éviter le risque de collision entre drones et aéronefs, hélicoptères par exemple, une zone interdite temporaire de survols de drones est mise en place sur l’ensemble de l’Enclos jusqu’à 1000 mètres en mer. La restriction est applicable du jeudi 12 mars à 16h00 au lundi 16 mars à 16h00.

La centrale de Svartsengi bientôt sous la menace de la lave ? // The Svartsengi power plant soon under the threat of lava ?

Alors que l’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes, une nouvelle digue de terre est en cours d’édification et des tentatives de refroidissement de la lave sont également en cours pour contrôler trois coulées qui menacent de déborder d’une digue près de la centrale de Svartsengi. La lave avance lentement et ne présente pas de danger immédiat, mais les efforts se poursuivent pour l’empêcher d’atteindre les infrastructures critiques.

Les travaux ont commencé pour construire une nouvelle digue de protection (en jaune sur la carte ci-dessous) à l’intérieur d’un autre rempart au nord de la centrale de Svartsengi (en rose sur la carte) qui a été vaincu par la lave dans la soirée du 20 juin. Trois coulées de lave ont commencé à déborder de la digue de terre. Les pompiers ont alors tenté à nouveau de refroidir la lave en projetant de l’eau, comme ils l’avaient fait il y a quelques jours. Des moyens supplémentaires ont été acheminés pour une plus grande efficacité. En 1973, lorsque les Islandais ont décidé d’envoyer de l’eau sur le front de lave sur l’île d’Heimaey, avant l’arrivée des puissantes pompes fournies par l’armée américaine, Haroun Tazieff avait déclaré que c’était comme faire pipi sur un incendie de forêt et que l’opération était vouée à l’échec, une remarque qui n’avait pas été appréciée par les autorités islandaises. La situation actuelle sur la péninsule de Reykjanes montre qu’il n’avait pas complètement tort. En effet, les équipements utilisés jusqu’à présent à proximité de la centrale de Svartsengi se sont révélés largement insuffisants. De nombreux ouvriers, pompiers, policiers et autres secouristes se sont relayés toute la nuit pour tenter de contrôler la lave. Vers 2 heures du matin le 21 juin, une coulée avait été stoppée, mais de la lave épaisse et incandescente avançait toujours en trois endroits le long des digues de terre. La lave n’est qu’à environ un kilomètre des infrastructures de Svartsengi, mais elle se déplace très lentement ; il n’y a donc pas de danger immédiat, d’autant plus que, selon les dernières informations fournies par le Met Office le 22 juin 2024, l’éruption a beaucoup faibli au cours des dernières heures et pourrait bien être en phase terminale. Le soulèvement du sol à Svartsengi a ralenti lui aussi.

Source  : médias d’information islandais.

Sur le schéma fourni par la Protection Cicile, la croix montre l’emplacement du débordement de lave, le trait jaune le nouveau chanier de mise en place de didues de protection, et en rose les digues de protection existantes près de la centrale de Svartsengi.

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With the eruption continuing on the Reykjanes Peninsula, a new barrier is bung built and cooling measures are being applied to control three lava streams flowing over an existing barrier near the Svartsengi Power Plant. The lava is moving slowly, posing no immediate danger, and efforts continue to prevent it from reaching critical infrastructure.

Work has begun on the construction of a new protective barrier (marked in yellow on the map below) within another barrier north of the Svartsengi Power Plant (marked in pink) that was breached by lava on June 20th in the evening. Three lava streams began flowing over the barrier, prompting the resumption of lava cooling measures that firefighters had experimented with earlier this week; heavy machinery was used to limit the spread of the lava. In 1973, when Icelanders decided to spray water on the lava front in Heimaey, Before using the powerful pumps provided by the U.S. Army, Haroun Tazieff had said it was like peeing on a wildfire, a remark that was not appreciated by Icelandic authorities. The current situation on the Reykjanes Peninsula shows he was not completely wrong. As the equipment used close to the Svartsengi power plant has proved lragely insufficient up to now. Numerous workers, firefighters, police, and other emergency responders have been taking shifts throughout the night, attempting to control the lava. By 2:00 am on June 21st, one lava stream had been stanched, but thick, glowing lava was still flowing in three streams down the barriers. The lava flow is only about a kilometer away from structures in Svartsengi. The lava is moving very slowly, however, so there is no immediate danger, especially since, according to the latest information provided by the Met Office on June 22nd, 2024, the eruption has decreased significantly over the last few hours and could well be in the terminal phase. Ground UPLIFT AT Svartsengi has also slowed down.

Source : Icelandic news media.

Dernières nouvelles d’Islande // Latest news from Iceland

Le Met Office indique qu’aucune activité n’est observée dans les fissures au nord de Grindavík depuis 01h08 le 16 janvier 2024 et il semble que l’éruption soit terminée.
La fissure sud qui s’est ouverte près de Grindavik a cessé son activité le 15 janvier, après avoir détruit trois maisons.
La lave coulait toujours depuis la fissure nord, mais les digues de terre qui avaient été construites pour détourner la coulée de lave et protéger la ville se sont révélées efficaces. Cette coulée semble s’être définitivement arrêtée.
Les autorités locales sont préoccupées par la situation à Grindavik où se sont ouvertes de nombreuses nouvelles crevasses. Le sol de la ville bouge constamment ; de nouvelles crevasses apparaissent tandis que d’autres s’agrandissent. La ville a subi des dégâts considérables. Les dernières images thermiques obtenues à l’aide d’un drone montrent que les fissures précédemment cartographiées au sud-ouest de Grindavík se sont considérablement élargies.

La psychologie ne semble pas être le point fort de la police islandaise. Certains habitants de Grindavik se plaignent du comportement des forces de police qui contrôlent l’accès à la ville. Un couple d’habitants de Grindavik venu récupérer une vingtaine de moutons a été arrêté et sommé de partir immédiatement par une unité des forces spéciales de la police d’État. La discussion a été très violente et le comportement des policiers a été jugé « inacceptable » par le couple. Le mari a déclaré : « Le chef de la police d’État ne devrait pas avoir ces hommes pour entrer en contact avec des personnes en détresse. À quoi pensent-ils en les utilisant avec des personnes traumatisées ? Ils devraient les utiliser avec les trafiquants de drogue, mais ils ne savent tout simplement pas communiquer avec les personnes en détresse. « .
Source  : médias d’information islandais.

Retour apparent  au calme sur la péninsule de Reykjanes (Image webcam)

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The Met Office indicates that no activity has been observed in the fissures north of Grindavík since 1:08 am on January 16th, 2024 and it seems the volcanic eruption has come to an end

The southern fissure that opened up near Grindavik ceased erupting on January 15th, after having claimed three houses in town.

Lava still flowed from the northern fissure, but protective barriers that had been built to divert the lava flow away from the town had proven effective. This flow now appears to have stopped detinitely.

Local authorities are worried by the situation in Grindavik where there are many new crevasses. The ground is constantly shifting in the town, with new crevasses emerging while others grow larger. Considerable damage has been done so far. The latest thermal images from a drone show that fissures previously mapped southwest of Grindavík have significantly enlarged.

Some Grindavik residents complain about the behaviour of the polices forces that are controlling the access to the town. A couple of people who were coming o the town to collect 20 sheep or so were stopped and ordred to leave immediately by the special forces unit of the state police. The confrontation was severe and judged « inacceptable » by the Grindavik residents.“The State’s police chief shouldn’t have these men – to be in contact with people who are distressed. What are they thinking using them with people who are in a shock? They should be fighting with drug dealers, they just don’t know how to communicate with people who are in need.”

Source : Icelandic news media.

Confirmation de l’éruption du Nyiamulagira (RDC) // The eruption of Nyiamulagira (DRC) has been confirmed

L’Observatoire volcanologique de Goma (OVG) a confirmé l’éruption du Nyamulagira, avec un panache qui s’élevait à 1 500 m au-dessus du sommet. Contrairement au Nyiragongo, les éruptions du Nyamulagira se limitent principalement au Parc des Virunga et n’ont pas menacé la ville de Goma. Le volcan se trouve à environ 25 km au N du lac Kivu et à 15 km au NE du Nyiragongo.
Le VAAC de Toulouse a publié un rapport à 13h45 (UTC) le 14 mars 2023 confirmant la hauteur du panache, mais a indiqué que les nuages ​​de cendres n’étaient pas visibles sur les images satellite en raison de la couverture nuageuse. Par précaution, la couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Rouge.
Comme je l’ai déjà écrit, le 13 mars, une forte lueur a été observée au-dessus du volcan, accompagnée d’une activité sismique indiquant un mouvement de magma à faible profondeur vers le cratère central du Nyamulagira. L’OVG demandé aux habitants de Goma de rester calmes et de prendre des mesures de précaution en raison du risque de retombées de cendres sur la région.
L’OVG a indiqué que le lac de lave du Nyamulagira était resté actif du 13 au 19 février 2023, avec une faible sismicité et quelques séismes longue période détectés jusqu’à 15 km de profondeur le long de la fracture reliant le Nyamulagira et le Nyiragongo. De fortes concentrations de CO2 ont été mesurées dans les quartiers de Mazuku et du Lac Vert.
La Smithsonian Institution explique que le lac de lave dans le cratère sommital du Nyiamulagira est actif depuis au moins 1921. Il s’est vidangé en 1938 lors d’une éruption latérale majeure. Des coulées de lave récentes ont dévalé les flancs du volcans sur plus de 30 km jusqu’au lac Kivu. Elles ont couvert 1 500 km2 de la branche ouest du rift est-africain. Le volcan se trouve dans le Parc national des Virunga.

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The Goma Volcanic Observatory (OVG) has confirmed the eruption of Nyamulagira. A plume was observed rising 1 500 m above the summit. Unlike Nyiragongo, the eruptions of Nyamulagira have been primarily directed towards the Virunga Park or nearby roads and have been no threat to to town of Goma. The volcaano is located about 25 km N of Lake Kivu and 15 km NE of Nyiragongo.

The Toulouse Volcanic Ash Advisory (VAAC), released a report at 13:45 (UTC) on March 14th, 2023 that confirmed the plume’s height but noted that volcanic ash clouds were not visible on satellite imagery due to cloud cover. As a precaution, the Aviation Color Code was raised to Red.

As I put it before, on March 13th, a strong glow was observed at the volcano, accompanied by seismic activity indicating magma movement at shallow depths toward Nyamulagira’s central crater. The OVG urged Goma residents to remain calm and take precautionary measures because of the risk of ashfall on the rgion.

The OVG reported that Nyamulagira’s lava lake remained active from February 13th to 19th, 2023, with low seismicity and a few long-period earthquakes detected up to 15 km deep along the fracture connecting Nyamulagira and Nyiragongo. High concentrations of carbon dioxide were measured in the Mazuku and Lac Vert district areas.

The Smithsonian Institution explains that the lava lake in Nyiamulagira’s summit crater has been active since at least 1921. It drained in 1938, at the time of a major flank eruption. Recent lava flows extended down the flanks more than 30 km from the summit as far as Lake Kivu. They have covered 1 500 km2 of the western branch of the East African Rift. This volcano is located within the Virunga National Park.