Moins de neige en montagne : attention à la crise de l’eau ! // Less snow in the mountains : beware of the water crisis !

Même s’il est tombé un peu de neige en janvier 2024 (mais pas en décembre 2023) sur les montagnes françaises, cela ne veut pas dire que tout va bien au niveau du manteau neigeux. Loin de là ! La quantité de neige qui reste au sol diminue rapidement en raison du réchauffement climatique d’origine anthropique, et cela met en péril l’approvisionnement en eau de centaines de millions de personnes.
Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature, la hausse des températures, qui touche particulièrement les régions de haute montagne, a déjà réduit le manteau neigeux et affecté jusqu’à 80 pour cent de la population de l’hémisphère nord, une tendance qui devrait se poursuivre.
La neige qui s’est accumulée en altitude représente une réserve vitale d’eau douce lors de sa fonte au printemps. D’un point de vue scientifique, l’impact du réchauffement climatique sur le manteau neigeux est difficilement mesurable en raison de la variabilité naturelle d’une année à l’autre et de l’interaction complexe de la température et des précipitations. C’est pourquoi certaines régions reçoivent beaucoup neige tandis que d’autres en voient moins.
Les chercheurs préviennent que certaines populations qui dépendent de la fonte du manteau neigeux pour leur approvisionnement en eau doivent se préparer à un avenir sans neige.
Dans la nouvelle étude, des chercheurs de l’Université de Dartmouth (Angleterre) ont analysé quatre décennies de données sur les précipitations et le manteau neigeux dans l’hémisphère nord au mois de mars, lorsque le dégel printanier commence à transformer la neige en eau. L’équipe scientifique a utilisé des modèles climatiques pour mesurer l’impact des changements dans le manteau neigeux, avec et sans intervention humaine. Ils ont découvert qu’ « environ 80 % du manteau neigeux se trouve dans des régions suffisamment froides pour résister à la hausse des températures qui a fait se réchauffer la surface de la Terre en moyenne de 1,2°C depuis le 19ème siècle. Les 20 pour cent restants se trouvent dans des régions atteignant un seuil de température où chaque degré de réchauffement au-dessus de -8°C fait disparaître une quantité plus importante de neige hivernale. »
Le sud-ouest et le nord-est des États-Unis, ainsi que l’Europe centrale et orientale, ont vu le manteau neigeux diminuer de 10 à 20 pour cent par décennie depuis les années 1980. Quatre personnes sur cinq dans l’hémisphère nord vivent dans ces régions « extrêmement vulnérables à la neige ».
Les bassins fluviaux du haut Mississippi aux États-Unis et du Danube en Europe, par exemple, qui hébergent respectivement 84 et 92 millions de personnes, ont vu leur eau de fonte du printemps diminuer de 30 et 40 pour cent en raison de la disparition du manteau neigeux. D’ici la fin du 21ème siècle, les auteurs de la nouvelle étude s’attendent à ce que la neige fasse défaut dans ces régions avant la fin mars.
Un climat plus chaud entraîne des hivers plus humides, avec plus de pluie que de neige. Les chercheurs préviennent que les conséquences humaines et écosystémiques de l’absence de neige peuvent s’étendre bien au-delà de l’hiver. Avec le passage de la neige à la pluie, les gestionnaires de l’eau doivent ouvrir les vannes des barrages et libérer de l’eau au milieu de l’hiver pour réduire les risques d’inondation. Cela signifie la perte dans l’océan d’une réserve d’eau vraiment cruciale
Outre les problèmes de sécurité de l’eau, les répercussions de l’absence de neige s’étendent aux secteurs qui dépendent de l’hiver, tels que le tourisme et le ski.
Une transition de la neige à la pluie pourrait également nuire à la santé des écosystèmes, favoriser la propagation des ravageurs et rendre les forêts plus vulnérables aux incendies de forêt provoqués par la sécheresse.
Source  : AFP et autres médias d’information.

Un article publié sur le site de la radio France Info s’attarde sur la sécheresse en Himalaya. Il ne neige plus sur les glaciers et près de deux milliards de personnes vont être impactées. J’ai attiré à plusieurs reprises l’attention sur le rôle de château d’eau joué par les glaciers de l’Himalaya. Leur eau de fonte alimente des centaines de millions d’habitants dans le sud-est asiatique. La disparition de ces glaciers rendrait la région quasiment inhabitable, avec des conséquences catastrophiques à l’échelle de la planète toute entière.

Vous pourrez lire l’article de France Info en cliquant sur ce lien :

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-est-a-nous/secheresse-en-himalaya-il-ne-neige-plus-sur-les-glaciers-et-pres-de-deux-milliards-de-personnes-vont-etre-touchees_6312102.html

Glacier en perdition : celui des Sources de l’Isère (Photo: C. Grandpey)

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Although some snow has been falling in January 2024 (but not in December 2023) on the French mountains, this does not mean everything is ok with the snowpack. Far from it ! The amount of snow that stays on the ground is rapidly dwindling due to human-caused global warming, threatening the water supply of hundreds of millions of people.

According to a new study published in the journal Nature, the increase in temperatures, which hits high mountain areas especially hard, has already reduced snowpack affecting up to 80 percent of the northern hemisphere’s population, a trend that is set to continue.

Accumulated snow is a naturally stored resource that becomes a vital reserve of fresh water as it melts in spring. The problem is that the impact of global warming on the snowpack is deceptively hard to measure due to natural year-to-year variability, and the complex interplay of temperature and precipitation. This is why some regions are seeing more snow while others are seeing less.

But the researchers warn some populations reliant on melting snowpack for water supply should prepare for a future without snow.

In the new study, researchers at Dartmouth University analysed four decades of precipitation and snowpack data across the northern hemisphere in March, when spring thaw begins to turn snow into water. The scientific team used climate models to measure the impact of changes in snowpack, with and without human influence. They found that « some 80 percent of snowpack was in regions cold enough to be resilient to rising temperatures, which has seen Earth’s surface warm on average 1.2 degrees Celsius since the 19th century. The other 20 percent occurs in regions reaching a temperature threshold where each additional degree of warming above minus 8°C depletes a larger percentage of winter snow. »

The southwestern and northeastern United States, along with central and eastern Europe have seen snowpack declines between 10 percent and 20 percent per decade since the 1980s. Four out of five people in the northern hemisphere live in these regions of « tremendous snow vulnerability.

River basins, for example, along the upper Mississippi in the US and the Danube in Europe, that home to 84 and 92 million people respectively, have seen a 30 and 40 percent decline in spring water due to snowpack loss. By the end of the 21st century, the authors of the new study expect these places to be close to snow-free by the end of March.

A warmer climate makes for wetter, more humid winters, resulting in more rain than snow. The researchers warn that human and ecosystem consequences of snow loss can extend far beyond the winter. With the shift from snow to rain, water managers have had to release water in the middle of the winter to reduce flood risk. This means releasing a really crucial water supply, and losing it to the ocean.

Apart from water security concerns, the repercussions of snow loss extend to winter-dependent economies, impacting sectors such as tourism and skiing.

A transition from snow to rain could also harm ecosystem health, encourage the spread of pests, and render forests more susceptible to drought-induced wildfires.

Source : AFP and other news media.

Fonte du glacier Blanc au fil des ans (Source: Parc National des Ecrins)

Groenland : Les Inuits face aux réchauffement climatique // Greenland : Inuits and global warming

Avec une hausse des températures plus rapide qu’ailleurs sur Terre, la calotte glaciaire arctique fond à une vitesse incroyable et les populations indigènes du Groenland sont confrontées à de nombreux problèmes.
Dans le village d’Ittoqqortoormiit, qui abrite l’une des dernières communautés de chasseurs inuits du Scoresby Sound, les 350 habitants se demandent où ils trouveront de l’eau. La calotte glaciaire du Groenland contient un douzième de l’eau douce de la planète, ce qui serait suffisant pour faire monter le niveau de la mer de sept mètres si elle venait à fondre. Malgré cela, le réchauffement climatique menace l’approvisionnement en eau du village.
Des hivers froids, une glace solide et une neige abondante sont indispensables pour assurer la nourriture et l’approvisionnement en eau des Inuits de Scoresby Sound qui vivent en relation étroite avec la Nature. Aujourd’hui, les températures dans l’Arctique augmentent jusqu’à quatre fois plus vite qu’ailleurs dans le monde.
Jusqu’à présent, les habitants d’Ittoqqortoormiit tiraient leur eau douce d’une rivière alimentée par un glacier qui fond rapidement et qui n’existera plus dans quelques années. À l’avenir, les Inuits devront probablement puiser l’eau potable dans l’océan. D’autres communautés isolées du Groenland se tournent déjà vers le dessalement de l’eau de mer.
Le Scoresby Sound, où se trouve Ittoqqortoormiit, n’est libre de glace que pendant un mois par an et les habitants dépendent de la viande apportée par les chasseurs pour survivre à la longue nuit polaire. Les navires d’approvisionnement ne jettent l’ancre à Ittoqqortoormiit qu’une fois par an en raison du danger causé par les énormes icebergs dans le fjord. C’est pourquoi le village dépend essentiellement de la viande apportée par les chasseurs.
La hausse des températures fragilise la glace, et la chasse traditionnelle au phoque, qui consiste à traquer leurs trous de respiration sur la glace, est devenue plus difficile et plus dangereuse. La faible quantité de neige rend également difficile l’utilisation des traîneaux à chiens dont dépendent les chasseurs.
Les humains ne sont pas les seuls à être confrontés à des défis. La disparition de la glace de mer pousse de plus en plus les ours polaires affamés à chercher de la nourriture dans le village. Les gens doivent donc être prudents.
Avec les montagnes voisines en toile de fond, les glaciers qui avancent dans la mer dans les territoires de chasse des Inuits sont essentiels à l’écosystème, mais il est à craindre que leur recul appauvrisse l’écosystème du Scoresby Sound. En effet, avec leur eau de fonte froide, les glaciers qui viennent vêler dans la mer déclenchent des remontées d’eaux riches en nutriments. Le problème, c’est qu’à mesure que les glaciers fondent, ils reculent vers l’intérieur des terres et l’écosystème perd ces nutriments qui alimentent le plancton qui nourrit la morue polaire, qui à son tour nourrit le phoque et l’ours dont dépendent les Inuits d’Ittoqqortoormiit.
Avec la hausse des températures et le retrait des glaciers, il y a moins de morues polaires dans la région. Cela signifie que la chaîne alimentaire sera bientôt rompue et qu’il n’y aura plus de nourriture pour les phoques, puis pour les ours polaires. La disparition de la morue polaire, et avec elle celle des phoques et des ours, pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la population locale qui dépend de ces espèces pour se nourrir grâce à la pêche et la chasse. Un mode de vie unique pourrait disparaître.
Les dernières études scientifiques donnent des résultats pessimistes quant à l’avenir des glaciers de la région. Dans le fjord qui se réchauffe, une teinte rougeâtre est apparue sur la glace ; elle a été baptisée « neige de sang ». (voir ma note du 21 juin 2021 à ce sujet). Le problème est que ce pigment rouge diminue la réflectivité de la neige et accélère sa fonte. Les chercheurs affirment que la « neige de sang » est responsable de 12 % de la fonte annuelle de la calotte glaciaire du Groenland, soit l’équivalent de 32 milliards de tonnes de glace.
Alors que les algues ont tendance à se propager, les scientifiques expliquent que nous serons pris dans un cercle vicieux également appelé « boucle de rétroaction » : la hausse des températures accélère la fonte de la glace et favorise la croissance des algues qui, à son tour, accélère encore davantage la fonte de la glace.
Source : médias d’information internationaux.

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With temperatures rising faster than anywhere else on Earth, the Arctic ice sheet is melting at an incredible speed and the native populations of Greenland are confronted with numerous problems.

In the village of Ittoqqortoormiit — home to one of the last Inuit hunting communities on the Scoresby Sound – the 350 residents worry where they will get water. Greenland’s ice sheets are said to hold one 12th of the world’s fresh water — enough to raise the sea level up seven metres if they were to melt — but global warming is already threatening the village’s watersupply.

Cold winters, robust ice and snow are vital for both food and water for the Inuit of the Scoresby Sound, who live deeply intertwined with the natural world. But temperatures in the Arctic are rising up to four times faster than the global average.

Up to now, the residents of Ittoqqortoormiit got their fresh water from a river fed by a glacier that is melting fast and that will no longer exist in a few years. In the future, the Inuits will probably have to get drinking water from the ocean. Other isolated Greenland communities are already turning to desalination.

The Scoresby Sound where Ittoqqortoormiit is located is only free of ice for a month a year, with the locals within it relying on the meat provided by the hunters to survive the long polar night. Cargo ships only get to Ittoqqortoormiit only once a year because of the danger caused by the huge icebergs in the fjord. This is why the village mainly depends on the meat brought by the hunters.

But as rising temperatures weaken the ice, traditional seal hunting by stalking their breathing holes on the ice has become more difficult and dangerous for the local hunters. Less snow also makes it difficult for the dog sleds the hunters rely on.

It is not only humans who are facing challenges. The weakening sea ice is also increasingly pushing hungry polar bears to search for food within the village, so people need to be careful.

Framed by nearby mountains, the blue walls of glaciers that rise from the sea in the Inuit hunting grounds are vital to the ecosystem. It is feared that the receding glaciers will make the Scoresby Sound a less rich ecosystem. Indeed, glaciers that terminate in the sea trigger « upwelling » which pushes the nutrient-rich water from the bottom of the fjord upwards with their cold meltwater. But as the glaciers melt, they recede inland and the ecosystem loses these nutrients for the plankton that feed the polar cod, which in turn feed the seal and bear that the Inuit of Ittoqqortoormiit rely on.

With the rising temperatures and the retreat of the glaciers, there is less polar cod in the area. This means the food chain will soon be broken with no more food for the seals and then the polar bears. The potential collapse of polar cod could have catastrophic consequences for the local population that relies on both for their food from hunting. A unique way of life might disappear.

New research gives pessimistic results about the future of the glaciers. In the warming fjord, a reddish hue is spreading across the ice ; it has been dubbed « blood snow ». (see my post of 21 June 2021 about this topic). The problem is that this red pigment lowers the reflectivity of the snow and speeds up its melting. Researchers say that the « blood snow » is responsible for 12 percent of the total annual surface melt of the Greenland ice sheet, the equivalent of 32 billion tons of ice.

With the algae seemingly spreading, scientists say we will be caught in a vicious circle also called a « feedback loop » : rising temperatures speed glacier melting and promote the growth of the algae,which further accelerates the melting.

Source : international news media.

La flèche rouge sur la carte montre l’emplacement du village de Ittoqqortoormiit

Le village d’Ittoqqortoormiit en août 2007. (Crédit photo :Hannes Grobe / Wikipedia)

Islande : la poisse ! // Iceland is really unlucky !

Après l’évacuation de Grindavik (3 500 habitants), c’est au tour des îles Vestmann d’être menacées d’évacuation. En effet, la conduite qui transporte l’eau potable vers l’archipel a été endommagée et n’est pas réparable. Bien que le tuyau soit encore pleinement opérationnel, il pourrait se briser à tout moment, privant d’eau l’île d’Heimaey (4 523 habitants). La canalisation a été endommagée il y a dix jours lorsqu’un chalutier y a malencontreusement jeté l’ancre et accroché la conduite au passage.
Les dégâts concernent une section de 300 mètres. Des images sous-marines montrent que le tuyau s’est considérablement déplacé. La possibilité d’une réparation temporaire semble difficile, voire impossible. La seule solution est d’installer un nouveau tuyau.
Une « phase de danger » est en vigueur aux îles Vestmann en raison de la situation. Un plan d’intervention prévoit la mise en place d’une nouvelle canalisation, travail qu’il faudra effectuer au plus tard l’été prochain.
Pour l’instant, la population n’a pas besoin de rationner ou de stocker l’eau. Les réservoirs de la ville disposent de 5 000 tonnes d’eau potable, ce qui pourrait suffire pour plusieurs jours ou plus d’une semaine en cas de rupture complète de la conduite. Le chauffage d’Heimaey dépend également de l’approvisionnement en eau. Les autorités locales indiquent que si la conduite d’eau endommagée se brise, la ville pourra continuer à chauffer les maisons et les bâtiments pendant deux semaines avec son stock d’eau. Si de l’eau supplémentaire est nécessaire, il est, pour le moment, prévu de la transporter depuis la grande île vers les Vestmann, plutôt que d’évacuer la population. Malgré tout, les autorités locales examinent les plans d’évacuation, au cas où…
Source  : médias d’information islandais.

Carte topographique des îles Vestmann (Source : Wikipedia)

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After the evacuation of Grindavik (pop. 3,500), it is up to the Vestmann Islands to be under the threat of an evacuation. Indeed, the pipe that transports drinking water to the archipelago has been damaged beyond repair. While the pipe is still fully functional, it could break at any moment, leaving Heimaey island pop. 4,523) without water. The pipe was damaged ten days ago when a trawler unintentionally dropped an anchor on it, which then got stuck on the pipe.

The damage to the pipe stretches across a 300-metre section. Underwater pictures show that the pipe has shifted significantly from its former location. The possibility of a temporary repair would be difficult. The only permanent solution is a new pipe.

A “danger phase” is in effect for the Westman Islands due to the situation. A response plan is in the works to lay down new piping, which will need to be done by next summer at the latest.

For the time being, there is no need for Westman Islands residents to save or store water. The town’s water tanks store 5,000 tonnes of drinking water, which could be sufficient from several days to over a week if the water pipe does break fully. The local heating is also dependent on the water supply. Local authorities indicate that if the damaged water pipe does break, the town will be able to continue heating homes and buildings for up to two weeks with its stored water. If additional water is necessary, the current plan is to transport it to the Westman islands rather than evacuate residents. The town authorities are, however, reviewing evacuation plans.

Source : Icelandic news media.

Effets d’un environnement volcanique sur la santé // Health effects of a volcanic environment

La mission scientifique sur le Mont Michael (île Sanders) a permis aux scientifiques de faire des observations intéressantes sur l’environnement volcanique. Ils avaient établi leur camp de base sur un champ de neige au pied du volcan et ils pensaient pouvoir faire fondre cette neige pour leurs besoins en eau. Malheureusement, les tests d’acidité ont révélé que l’eau n’était pas potable car la neige avait été polluée par les gaz volcaniques. Ils ont dû utiliser l’eau produite par le désalinisateur à bord du voilier qui leur avait permis d’atteindre l’île.

Cette situation vécue par l’expédition doit nous rappeler qu’environ un dixième de l’humanité vit dans un rayon de moins de 100 km d’un volcan actif, avec les risques que cela comporte. La vapeur d’eau, à laquelle se mêlent le CO2 et le SO2, constitue plus de 90% d’un panache volcanique, en sachant que la lave émet également du fluor, du chlore et du brome en s’approchant de la surface, autrement dit d’autres éléments acides.

Ce qui est observé à petite échelle sur l’île Saunders se retrouve dans des régions volcaniques plus vastes comme la Grande Ile d’Hawaii où les gaz émis par le Kilauea en période éruptive génèrent un brouillard volcanique baptisé vog – contraction de volcanic smog – qui présente des risque pour la santé. Il est recommandé aux personnes souffrant de troubles respiratoires d’éviter de sortir et de s’adonner à une activité physique. Les horticulteurs situés sous le panache de vog constatent des dégâts sur leur s plantations à cause des pluies acides.

S’agissant de l’eau en milieu volcanique, elle peut avoir des effets sur la santé si elle n’est pas traitée. Une étude très sérieuse réalisée par des chercheurs américains a montré que la population d’Ambrym au Vanuatu est exposée à la fluorose qui, comme son nom l’indique est due à un excès de fluor dans l’organisme. Cette pathologie se manifeste particulièrement au niveau des dents qui prennent une couleur marron. Selon les scientifiques, la fluorose dentaire à Ambrym est liée au dégazage du volcan dont les composés fluorés contaminent l’eau de pluie consommée par les habitants de la région. Des observations similaires ont été faites dans d’autres régions volcaniques comme celle du Kawah Ijen en Indonésie où le trop-plein du lac devient une petite rivière qui irrigue ensuite les cultures, de riz et de canne à sucre. Cette eau d’un pH de 3 à 4,5 et trop riche en fluorure est nocive pour la santé. On a remarqué que les populations autour du Kawah Ijen avaient les dents plus noires qu’ailleurs en Indonésie à cause de l’eau rejetée par le volcan.

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The scientific mission to Mount Michael on Sanders Island allowed scientists to make interesting observations on the volcanic environment. They had established their base camp on a snowfield at the base of the volcano and they believed they could melt this snow for their water needs. Unfortunately, acidity tests revealed that the water was not drinkable because the snow had been polluted by volcanic gases. They had to use the water produced by the desalinator on board the sailboat that allowed them to reach the island.
This situation experienced by the expedition should remind us that around a tenth of humanity lives within a radius of less than 100 km from an active volcano, with the risks that this entails. Water vapor, mixed with CO2 and SO2, constitutes more than 90% of a volcanic plume, without forgetting that lava also emits fluorine, chlorine and bromine, other acidic elements, as it approaches the surface.
What is observed on a small scale on Saunders Island is found in larger volcanic regions such as Hawaii Big Island where the gases emitted by Kilauea during an eruptive period generate a volcanic fog called vog which presents health risks. It is recommended that people suffering from respiratory problems avoid going out and engaging in physical activity. Horticulturists located under the vog plume observe damage to their plantations, due to acid rain.
Regarding water in a volcanic environment, it can have health effects if it is not treated. A very serious study carried out by American researchers has shown that the Ambrym population in Vanuatu is exposed to fluorosis which, as its name suggests, is due to excess fluoride in the body. This pathology particularly affects the teeth which take on a brown color. According to scientists, dental fluorosis in Ambrym is linked to degassing from the volcano, whose fluorinated compounds contaminate the rainwater consumed by residents. Similar observations have been made in other volcanic regions such as Kawah Ijen in Indonesia where the overflow from the lake becomes a small river which then irrigates crops of rice and sugar cane. This water with a pH of 3 to 4.5 and too rich in fluoride is harmful to health. It was noticed that the populations around Kawah Ijen had blacker teeth than elsewhere in Indonesia because of the water released by the volcano.

Panaches de vapeur et de gaz du Kilauea (Photos: C. Grandpey)