Un exemple à ne pas suivre (suite)

Hier dans ma note « Volcans du monde », je concluais le chapitre consacré à l’éruption sur la péninsule de Reykjanes en rappelant que le site de l’éruption est fermé au public et l’accès à la zone active est hyper compliqué. Il est formellement conseillé par les autorités islandaises de ne pas s’y aventurer.

J’indiquais le lien vers une vidéo montrant « l’exemple à ne pas suivre », avec un article publié sur le site web Iceland Monitor qui donne plus de détails sur la scène en question.

https://www.instagram.com/reel/C_dsijbgnRi/?utm_source=ig_embed&ig_rid=59f0e264-3efb-49e7-ae64-2c92dff8d832

On y voit un jeune homme en chaussures basses, vêtu légèrement, sans équipement particulier, sans gants ni masque à gaz, en train de déambuler autour de l’une des bouches actives de l’éruption, tout en filmant à l’aide de son sacrosaint smartphone. Ayant entendu un drone s’approcher de lui, il le salue aimablement, comme s’il s’agissait d’une personne de sa connaissance.

Dans l’article de l’Iceland Monitor, le pilote français du drone – qui lui, se trouve en sécurité loin de la scène – se dit scandalisé par ce qu’il voit. De toute évidence, la personne est en réel danger et ne semble pas en être consciente.

Le pilote du drone s’est inquiété pour ce visiteur inattendu de l’éruption et la scène l’a mis en colère. Il y a de quoi : « Il a commencé à marcher en arrière, mais bien sûr, il a dû traverser la nouvelle lave et avec le drone, j’ai pu voir la lave incandescente tout autour de lui. À un moment donné, je l’ai vu trébucher et la lave sous lui s’est brisée, de sorte qu’il a failli tomber dessus. Puis tout d’un coup, il s’est mis à courir partout. » Le pilote du drone espère qu’il est revenu sain et sauf.

Il a ensuite appelé la police pour raconter ce qu’il avait vu et filmé, mais on lui a répondu que la police ne pouvait rien faire. Elle serait intervenue si le jeune homme avait demandé de l’aide, ce qui n’était pas le cas.
En fin de compte, le pilote du drone s’étonne qu’il n’y ait pas plus de conséquences pour les personnes qui ont ce genre de comportement. « Les gens ne sont pas verbalisés. Je pense que lorsque la police reçoit cette information, elle devrait venir sur place, attendre l’homme et lui infliger une amende. » Je ne suis pas loin de penser la même chose. Je sais d’avance que certains visiteurs de mon blog ne seront pas d’accord avec moi, même s’ils ont subi de sérieuses brûlures en s’aventurant dans des zone dangereuses en Islande, en Nouvelle Zélande, à Hawaï ou sur le Lengai en Tanzanie. J’ai des noms !

On remarquera que la politique adoptée par les Islandais dans ce genre de situation est très différente de celle mise en place sur l’Ile de la Réunion ou à Hawaï où les sites éruptifs sont interdits au public dès le début de l’éruption, avec verbalisation si non respect de l’interdiction. De plus, les contrevenants doivent mettre la main au portefeuille en cas d’évacuation par hélicoptère. Il ne faudrait pas oublier, non plus, qu’une opération de sauvetage sur un site éruptif peut mettre les intervenants en danger.

J’ai indiqué plus haut le lien Instagram pour montrer ce qu’il ne faut pas faire. J’espère que les images d’un imbécile n’inciteront pas d’autres à l’imiter. Pour terminer, je ferai remarquer que l’endroit où se trouve le jeune homme n’est pas le meilleur pour voir et photographier ce qui se passe à l’intérieur des bouches actives. Seules les approches aériennes sont capables d’en rendre compte.

A noter tout de même que tout n’est pas autorisé en Islande. Les routes aux abords des agglomérations (Reykjavik en particulier) sont truffées de radars, et pas forcément sur des portions dangereuses. Si vous dépassez la vitesse autorisée, amende garantie. Cherchez l’erreur.

Les deux bouches éruptives vues par le drone d’Isak Finnbogason

°°°°°°°°°°

Ce qui vient de se passer sur l’île hawaïenne d’Oahu montre que les États-Unis ont une politique de sécurité bien différente de celle de l’Islande. Aux États-Unis, dès qu’un danger se profile, le site est fermé et son accès est interdit. Si vous enfreignez la loi, vous êtes sûr d’avoir une amende. C’est pareil en France. Dans les deux pays, dès que vous enfreignez la loi, vous devez payer.
Comme je l’ai expliqué dans le texte ci-dessus, l’Islande procède différemment. Les autorités n’interdisent pas officiellement l’accès au site dangereux (dans le cas présent celui de l’éruption). Elles précisent seulement qu’il est dangereux et recommandent de ne pas s’y rendre. Si un accident se produit, elles envoient des secouristes… qui peuvent être amenés à intervenir au péril de leur vie !

14 randonneurs ont été arrêtés pour avoir escaladé illégalement les Haʻikū Stairs, aussi connues sous le nom d’Escalier vers le Ciel ou Échelle Haʻikū. Il s’agit d’une structure en acier très pentue qui est actuellement en cours de démantèlement sur l’île d’Oahu. Elle permettait un accès piétonnier aux anciennes installations de communication de la marine américaine avec plus de 3 000 marches le long de la chaîne de montagnes de Ko’olau. Aujourd’hui, le sentier n’est plus ouvert au public et son accès est interdit.
Ces derniers jours, la presse hawaïenne a expliqué que lorsque les autorités d’Honolulu ont commencé en avril 2024 le processus de démantèlement des Haiku Stairs pour empêcher les randonneurs d’accéder à la zone, les locaux ont poussé un soupir de soulagement. Le sentier, qui offre ce que beaucoup considèrent comme la meilleure vue d’Hawaï, avait apporté des années d’intrusions dans des propriétés privées, de vandalisme et de trop grande fréquentation du site
Cependant, la suppression des escaliers n’a été que le début d’une controverse, qui se poursuit aujourd’hui puisque 14 randonneurs ont été arrêtés cette semaine après avoir accédé illégalement à la zone.
Bien que la démolition des escaliers ait commencé en avril, le démantèlement de l’ensemble du site est actuellement suspendu en raison d’un litige. Le Département des Terres et des Ressources Naturelles (DLNR) explique que plusieurs modules de fixation de l’escalier au flanc de la colline ont déjà été retirés par hélicoptère, ce qui rend la tentative d’ascension extrêmement périlleuse. Les randonneurs arrêtés auraient utilisé des cordes pour accéder à cette zone.
Les autorités hawaïennes ont déclaré que les randonneurs « ne tiennent pas compte non seulement des risques qu’ils prennent, mais aussi des risques auxquels les équipes de secours sont confrontées lorsqu’elles doivent apporter de l’aide à des personnes qui enfreignent la loi ». Le sentier est interdit au public depuis 1987 en raison de la trop grande fréquentation et du vandalisme. Malgré cette interdiction, la randonnée illégale continue d’être un problème. Les randonneurs, les touristes, les Instagrammers et les Youtubeurs risquent une amende de 1 000 dollars s’ils pénètrent sans autorisation sur le site. Les intrus ont escaladé des clôtures et traversé les propriétés privées pour y accéder, laissant parfois des déchets sur leur passage.
Source : Presse hawaïenne.

++++++++++

What has just happened on the Hawaiian island of Oahu shows that the U..S. has a safety policy far different from the one used in Iceland. In the U.S., as soon as a danger is looming, the site is colsed and its access is forbiden. If you break the law, you are sure to be fined. It is the same in France. In both countries, as soon as you break the law, you have to pay.

As I explained in the above text, Iceland is proceeding differently. Authorities do not officially forbid access to the dangerous site (here, of the eruption). They only specify it is dangerous and recommened not to visit it. If an accident happens, they send rescuers… who may have to intervene at the risk of their lives !

14 hikers have been arrested for illegally climbing the Haʻikū Stairs, also known as the Stairway to Heaven or Haʻikū Ladder. It is a steep, steel step structure that is currently being dismantled and removed on the Hawaiian island of Oahu. It provided pedestrian access to former U.S. Navy communication facilities with more than 3,000 steps along the Ko’olau mountain range. Today, the pathway is not open to the public and its access is forbidden.

Today, the Hawaiian newspaers explain that when Honolulu officials began the process of removing the Haiku Stairs to prevent hikers from accessing the area back in April 2024, local residents breathed a sigh of relief. The hiking trail, which offers what many consider to be the best view in Hawaii, had brought years of trespassing, vandalism and overcrowding to the area.

However, the removal of the stairs was only the beginning of the controversy, which continues as 14 hikers were arrested this week after illegally gaining access to the area.

Though demolition of the stairs started back in April, the deconstruction of the entire stairs is currently on hold due to litigation. However, the Department of Land and Natural Resources (DLNR) explains that several modules that secure the stair modules to the hillside have already been removed by helicopter, making it extremely hazardous to attempt. The arrested hikers had reportedly used ropes to pass that area.

Hawaiian authorities said the hikers « fail to consider not only the risks they’re taking, but the risks emergency teams face when having to rescue people who are breaking the law.”

The hiking trail has been off-limits to the public since 1987 due to overcrowding and vandalism. Despite the interdiction, illegal hiking has continued to be a problem, with hikers, tourists, Instagrammers and Youtubers risking the $1000 fine for trespassing on the land. Trespassing hikers have scaled fences and crossed people’s backyards for access, sometimes leaving trash in their wake.

Source : Hawaiian newspapers.

Vers des restrictions d’accès aux grottes de glace en Islande // Access restrictions to ice caves soon in Iceland

L’accident survenu dans la grotte du glacier Breiðamerkurjökull risque d’avoir un impact sur les excursions organisées par les agences de tourisme en Islande. Tout le monde avait gardé le silence avant le week-end dernier, mais maintenant les langues se délient. Un glaciologue et professeur à l’Université d’Islande, estime qu’il est « extrêmement dangereux » de proposer des excursions dans des grottes de glace pendant l’été. Ces grottes changent constamment pendant l’été car le glacier bouge davantage. Les agences devraient attendre l’automne pour organiser de telles excursions. À une certaine époque, elles n’étaient organisées qu’en octobre ou novembre, lorsque la fonte est terminée et que les glaciers sont plus stables, mais aujourd’hui, l’afflux de touristes a changé la donne et a entraîné la mort d’une personne et une autre gravement blessée pendant le week-end.
Une paroi de la grotte dans le glacier Breiðamerkurjökull s’est effondrée sur des touristes qui l’exploraient. Heureusement que l’accident n’a pas eu lieu alors que tout le groupe était à l’intérieur de la grotte. Cela aurait été une catastrophe. Quoi qu’il en soit, l’accident confirme le danger que représentent les excursions dans les grottes de glace en été.
De plus, l’agence de tourisme qui a organisé l’excursion a donné à la police de fausses informations sur le nombre de personnes dans le groupe. Au début, on pensait que 25 personnes étaient présentes alors qu’il y en avait 23. L’opération de sauvetage a mobilisé 250 personnes qui ont travaillé dur, dans des conditions difficiles. Une énorme quantité de glace a été brisée, plus ou moins à la main, pour rien au final.
L’agence de voyage qui a organisé l’excursion appartient à deux Américains et se vante sur son site Internet d’être l’une des rares agences en Islande à proposer des visites de grottes de glace en été. Elle est également critiquée pour son marketing, qui affirme que « En Islande, le glacier est votre terrain de jeu ». Bien que le Vatnajökull et ses langues glaciaires se trouvent dans un parc national, certaines agences de voyage investissent dans des infrastructures privées, comme des ponts et des cordes de guidage, pour améliorer les visites qu’elles organisent. Bien qu’ils soient situés sur des terres publiques, ces projets privés représentent un investissement important pour les agences, ce qui entraîne des conflits avec la concurrence.
Une enquête sur les circonstances de l’accident du weekend dernier est en cours, mais la police indique qu’il est peu probable que des poursuites soient engagées. Cependant, des restrictions vont probablement être établies pour réglementer les visites des grottes de glace au cours de l’année.
Un rapport publié en 2017 par un professeur de géophysique de l’Université d’Islande présentait déjà une évaluation des risques liés aux visites des grottes de glace dans le parc national du Vatnajökull. Le rapport précisait également de manière simple et claire les périodes où les grottes de glace pouvaient être visitées en toute sécurité. Les auteurs ont créé un système basé sur le vert et le rouge, en fonction des risques. Tout l’été était rouge.
Source : Iceland Monitor et Iceland Review.

°°°°°°°°°°

Dernière minute : Le Parc national de Vatnajökull a temporairement suspendu les visites des grottes de glace suite à l’accident mortel survenu le week-end dernier sur le Breiðarmerkurjökull.
Les autorités du Parc envisagent également d’imposer une règlementation plus stricte aux organismes qui conduisent des touristes dans la zone. Ces mêmes autorités regrettent sincèrement que les mesures appropriées n’aient pas été prises suite au rapport commandé par le Parc national de Vatnajökull en 2017 où il était stipulé que les grottes de glace ne devraient pas être visitées pendant les mois d’été.
Après l’accident dans la grotte de glace, le gouvernement islandais a décidé de créer un groupe de travail pour s’assurer que tous les aspects de l’accident soient pris en compte. Le groupe de travail fera part de ses conclusions au cabinet du Premier ministre, au ministère de la Justice, au ministère du Tourisme et au ministère de l’Environnement.
Source : Médias d’information islandais.
Il y a de fortes chances pour que la visite des grottes de glace en été soit interdite et que des réglementations plus strictes soient appliquées concernant les activités sur les glaciers islandais.

Vue aérienne du Breiðamerkurjökull (Crédit photo :/Ljósm. Snaevarr Guðmundsson)

Grotte de glace dans le Vatnajökull (Photo: C. Grandpey)

————————————————-

The accident at the cave within Breiðamerkurjökull glacier is likely to have an impact on the excursions organised by tourism companies in Iceland. Nothing was said before the last weekend, but now tongues are loosened. A glaciologist and professor at the University of Iceland, believes that it is extremely dangerous to offer trips to ice caves during the summer. The caves are constantly changing during the summer when the glacier is moving more. Agencies should wait until autumn to organise such trips. For a short time, they were only done in October or November, when the melting is over and there is more stability, but today the influx of tourists has changed the situation and has led to the death of one person and another severely injured during the weekend.

A wall in the ice cave in Breiðamerkurjökull glacier fell on tourists while exploring it. It is lucky that the collapse did not happen while the whole group was inside the cave. It would have been a disaster. Anyway, the fatal accident confirms the danger to life that comes with ice cave trips in the summer.

What is more, rescuers were provided with wrong information about the number of tourists in the group. The tourism company that organized the trip to Breiðamerkurjökull glacier gave the police false information about the number of tourists in the group. At first, it was thought that 25 people had been on the trip when there were 23. The rescue operation involved 250 persons who worked hard, in difficult conditions, An enormous amount of ice was broken, more or less by hand, for nothing in the end.

The travel company that organized the trip is owned by two Americans and on the company’s website it boasts of being one of the few companies in Iceland that offers ice cave tours in the summer. It is also criticized for its marketing, which states that “In Iceland, the Glacier is your playground.” While Vatnajökull glacier and its glacial tongues are within a national park, some tour companies invest in private infrastructure, such as bridges and guide ropes, to enhance their operations. Despite being on public land, these private developments represent a significant investment for the companies, leading to uncertainty and conflict when other tour providers access and use these improved sites.

An investigation into the circumstances of the accident is currently underway, but the police says it is unlikely that anyone will be prosecuted in the case. However, restrictions are likely to be enforced to regulate the visits of ice caves during the year.

A report published in 2017 by a geophysics professor at the University of Iceland featured a risk assessment of ice cave tours in Vatnajökull National Park. The report also included simple, clear guidelines regarding when the ice caves could be safely viewed. The authors created a system based on green and red, according to the risks. The entire summer was Red.

Source : Iceland Monitor and Iceland Review.

°°°°°°°°°°

Last minute : Vatnajökull National Park has temporarily suspended ice cave tours following the fatal accident on Breiðarmerkurjökull last weekend.

The park iauthorities are also considering imposing stricter requirements on operators working within the area. They have expressed regret that the appropriate action had not been taken in response to a report commissioned by Vatnajökull National Park in 2017 insisting that ice caves should not be visited during the summer months.

Following the accident in the ice cave, the Icelandic government has decided to establish a task force to ensure all aspects of the accident would be thoroughly examined. The task force will report to the Prime Minister’s Office, the Ministry of Justice, the Ministry of Tourism, and the Ministry of the Environment.

Source : Icelandic news media.

The odds are that visits to the ice caves in summer will be forbidden and that stricter regulations will be enforced abour activities on the Icelandic glaciers.

 

 

Le Fuego, une roulette russe au Guatemala// Fuego Volcano, Russian roulette in Guatemala

Les gens ont toujours été fascinés par les volcans car les éruptions leur montrent en direct la naissance de la Terre. Ces derniers temps, la hausse d’activité du volcan Fuego au Guatemala a fait monter en flèche le nombre d’excursions sur le volcan, mais elle les a également rendues plus dangereuses. Selon un professeur de volcanologie et climatologie à l’Université de Bristol, « ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un se fasse tuer. »

Deux volcans, l’Acatenango et ie Fuego – se dressent à la périphérie d’Antigua, l’ancienne capitale du Guatemala, sans oublier le magnifique cône de l’Agua dont le nom fait référence à une coulée de boue dévastatrice qui a dévalé ses flancs le 11 septembre 1541 et a détruit la première capitale du Guatemala.

Photos: C. Grandpey

Gravir l’Acatenngo et le Fuego est considéré comme un rite de passage pour les voyageurs qui visitent le Guatemala. C’est surtout le Fuego qu’ils viennent voir car il peut se manifester jusqu’à 200 fois par jour. Les nombreuses agences de voyages qui conduisent les groupes à proximité du cratère actif misent sur ce spectacle de la nature pour engranger de l’argent. On a vu certains visiteurs s’approcher à moins de 100 mètres de la lèvre du cratère Ces gens inconscients – et stupides – ont tendance à oublier que le Fuego est un tueur.

Il y a six ans, une soudaine hausse d’activité volcanique a eu des conséquences tragiques. Le 3 juin 2018, une puissante éruption a surpris tout le monde, y compris les volcanologues de l’INSIVUMEH. Les autorités ont admis qu’un défaut de communication entre la CONRED (agence qui gère les catastrophes) et l’institut volcanologique a retardé les évacuations quand les coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs du Fuego (voir mes notes du 4 et 14 juin 2018). Elles ont enseveli la ville de San Miguel Los Lotes sous des amas de cendres et de roches. Le bilan officiel de l’éruption s’élève à 218 morts, mais les habitants affirment que jusqu’à 3 500 personnes ont disparu ce jour-là.

San Miguel Los Lotes avant et après la destruction de la localité par les coulées pyroclastiques (Source: Conred)

Aujourd’hui, la randonnée jusqu’au Fuego est plus populaire que jamais. Les guides locaux estiment que 200 à 400 personnes visitent i’Acatenango et le Fuego chaque jour, avec jusqu’à 1 000 visiteurs lors d’un vendredi ou d’un samedi chargé. Le tourisme est un énorme moteur économique pour Antigua en particulier et pour le Guatemala en général. En 2018, il a rapporté plus de 838 millions de livres sterling au gouvernement guatémaltèque.

Au final, ce sont ce sont ceux qui gagnent leur vie en guidant des groupes vers les volcans qui sont les plus menacés, car ils passent beaucoup plus de temps dans la zone dangereuse que la plupart des autres visiteurs. Les autorités guatémaltèques insistent sur le fait qu’il est extrêmement dangereux de s’approcher trop près du Fuego. La terrasse de l’Acatenango voisin offre une bonne vue sur les éruptions spectaculaires du Fuego et les gens sont suffisamment en sécurité. Tous les circuits font visiter l’Acatenango en premier, avec une halte dans un camp de base. Les plus courageux et aventureux continuent leur route vers le Fuego. Le professeur de l’Université de Bristol ne comprend pas pourquoi des groupes de touristes continuent de se rendre sur un volcan actif aussi redoutable.

Crédit photo: INSIVUMEH

L’INSIVUMEH publie quotidiennement des bulletins en espagnol sur Facebook, X et son site Internet (voir ma dernière note « Volcans du monde »). Ces bulletins mettent en garde contre les risques de blessures ou de mort pour ceux qui s’approchent trop près du cratère du Fuego. Cependant, comme l’ascension du Fuego n’est pas illégale, l’INSIVUMEH ne peut qu’avertir des risques et n’a pas le pouvoir d’empêcher les visiteurs de grimper sur le volcan. S’agissant des autorités locales, il n’est pas évident de savoir qui gère l’Acatenango et le Fuego. Les municipalités autour de ces deux volcans facturent des frais d’entrée pour différents secteurs de chacun d’eux. Quoi qu’il en soit, le tourisme volcanique est « une vache à lait » pour les autorités locales et le gouvernement central n’a pas assez d’autorité pour imposer de quelconques restrictions.

Source : La BBC.

——————————————–

People have always been fascinated with volcanoes because eruptions show them Earth’s birth. Recent increased activity at Guatemala’s Fuego Volcano has sent the popularity of the tours skyrocketing, but it has also made them more dangerous. According to a Professor of Volcanoes and Climate at the University of Bristol, “it’s only a matter of time before someone gets killed.”

Twin volcanoes – Acatenango and Fuego – sit on the outskirts of Antigua, the ancient capital of Guatemala, without forgetting the beautiful cone of Mount Agua. .

Climbing them is considered a rite of passage for travellers visiting Guatemala, and it is Fuego in particular that they come to see as this active volcano can erupt 200 times a day. It is precisely what attracts the attention of tourists. Capitalising on this feat of nature are the numerous tour companies which take groups perilously close to Fuego’s active crater. Some visitors have been seen going within 100 meters from its rim.

These reckless – and stupid – people tend to forget that Fuego is a killer. Six years ago, a sudden increase in volcanic activity had tragic consequences. On June 3rd, 2018, a powerful eruption caught much of the surrounding area by surprise. Authorities have admitted that a communication breakdown between CONRED and INSIVUMEH delayed evacuations as pyroclastic flows cascaded down the volcano (see my posts of June 4th and 14th 2018). It buried the entire town of San Miguel Los Lotes under ash and rock. The official death toll from the eruption was 218 people, but locals say as many as 3,500 people disappeared that day.

Today, the hike to Fuego Volcano is more popular than ever. Local guides estimate that 200 to 400 people visit Acatenango and Fuego every day, jumping to as many as 1,000 on a busy Friday or Saturday. Tourism is a huge economic driver for Antigua in particular and Guatemala in general. In 2018, the tourism industry brought over £838 million to the Central American nation’s coffers.

And it is those who derive their livelihoods from guiding groups up the volcanoes that are the most at risk as they spend far more time in the danger zone than most others.

Guatemala’s authorities insist that getting too near Fuego is extremely dangerous The terraces of neighbouring Acatenango offer a spectacular view of Fuego’s lava shows and people are saafe enough. All tours hike Acatenango first, resting in a base camp there. Those who are feeling adventurous then continue on to Fuego. The professor at Bristol University is baffled that tour groups continue to go the active volcano.

INSIVUMEH issues daily bulletins in Spanish on Facebook, X and its website (see my latest post « Volcanoes of the world) warning of risks of injury or death to those who go too close to Fuego’s crater. However, as climbing Fuego is not illegal, INSIVUMEH can only warn of the risks and lacks the power to stop visitors from going there.

As far as local authorities are concerned, it is not obvious who is in charge. Local municipalities charge entry fees for various portions of each volcano and the surrounding area. As such, volcano tourism is “a cash cow” for local authorities and the central government is not strong enough to impose any restriction.

Source : The BBC.

Islande : dernières nouvelles de l’éruption // Iceland : latest news of the eruption

Dans ma dernière note faisant le point sur l’activité éruptive sur la péninsule de Reykjanes, j’indiquais que la lave s’était accumulée et avait épaissi le champ de lave près de Grindavík, en particulier vers le sud. Les médias islandais nous informent aujourd’hui (28 avril 2024) que de la lave a ouvert une brèche dans l’une des digues de terre édifiées pour protéger Grindavík. Il n’y a cependant aucun danger immédiat pour Grindavík ou d’autres zones habitées.
La brèche a été constatée le 27 avril au niveau d’une digue au nord de Grindavík. La lave se déplace très lentement et en faible quantité. La situation est surveillée en permanence, tout comme le reste de la zone de l’éruption.
Comme je l’ai déjà écrit certains signes montrent qu’une nouvelle éruption est peut-être imminente. Le soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi a atteint un niveau équivalent à ce qu’il était au moment du déclenchement de l’éruption actuelle à la mi-mars.

Source: Met Office

Il est demandé aux gens de rester à l’écart du site de l’éruption, d’autant plus que le soulèvement du sol indique une accumulation de magma, ce qui pourrait conduire à l’ouverture d’une deuxième fissure à l’endroit ou à proximité de l’éruption actuelle. Le Met Office islandais et la police demandent aux gens de ne pas se rendre à pied jusqu’à l’éruption au niveau de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar. En effet, si une autre éruption se produit, elle sera probablement si soudaine qu’il n’y aura pas le temps de demander aux gens d’éviter la zone.
Personne ne sait quelles conséquences une nouvelle éruption pourrait avoir sur les digues de terre qui, en certains endroits, retiennent déjà une quantité considérable de lave. Il convient de garder à l’esprit que la lave avance par des chenaux ouverts et par un réseau de tunnels qui l’empêchent de se refroidir.

———————————————–

In my latest post updating eruptive activity on the Reykjanes Peninsula, I indicated that lava had accumulated and thickened the lava field near Grindavík, particularly towards the south. Icelandic news media inform us today (April 28th, 2024) that some lava has breached one of the earthen walls built to protect Grindavík. There is not, however, any immediate danger to Grindavík or other human settlements.

The breach was noticed on April 27th at a wall north of Grindavík. It is moving very slowly, and there is not a great deal of lava. However, the situation is being monitored continuously, just like the rest of the eruption area.

As I put it before,, there have been indications of another eruption on the way soon. Ground uplift in the Svartsengi area has reached a level equivalent to what it was at the start of the current eruption in mid-March. People have been reminded to stay away from the eruption site, especially as ground surface rising indicates accumulating magma, which may lead to a second fissure at or near the location of the current eruption. The Icelandic Met Office and the police are asking people not to go on foot to the volcanic eruption at the Sundhnúkagígar crater row. Indeed, if another eruption occurs, it will likely be so sudden that there will not be enough time to warn people to avoid the area.

Nobody knows what a new eruption could mean for defensive walls which, in some parts, are already holding back a considerable amount of lava. It should be kept in mind that lava is mostly advancing through both open channels and a network of tubes that prevent it from cooling.