Tungurahua & Reventador (Equateur): L’activité reste élevée // Activity is still high

drapeau francaisDans un bulletin spécial diffusé le 30 janvier, l’Institut Géophysique indiquait que le Tungurahua connaissait une hausse de l’activité sismique, ponctuée de quelques explosions de faible intensité. Plusieurs événements longue période, révélateurs de mouvements de fluides à l’intérieur de l’édifice, étaient également enregistrés. Des observateurs faisaient état de retombées de cendre fine et de couleur noire dans plusieurs secteurs autour du volcan.

Suite à ce rapport, la situation a quelque peu évolué. L’IG indique que le niveau d’activité volcanique reste élevé. Plusieurs émissions de cendre ont été effectivement observées, avec des panaches qui montaient jusqu’à 2 ou 3 km au-dessus du sommet le 31 janvier. L’Institut ajoute que deux explosions d’intensité moyenne suivies d’une troisième plus importante ont été enregistrées le samedi 1er février, avec des coulées pyroclastiques qui ont dévalé sur environ 500 mètres les flancs du volcan, en particulier dans la ravine Achupashal où elles ont bloqué une route d’accès à Baños. La colonne de cendre est montée jusqu’à 8 km. au-dessus du volcan.

Dans le même temps, le Reventador montre lui aussi une activité relativement élevée, difficilement observable la plupart du temps à cause de la couverture nuageuse. L’IG fait état de 81 événements longue période, 11 explosions et 9 épisodes de tremor pour la journée du 31 janvier.

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drapeau anglaisIn a special bulletin released on January 30th, the Geophysical Institute indicated that there was an increase in seismic activity at Tungurahua, together with a few low-intensity explosions. Several LP events indicating movements of fluids within the edifice were also recorded. Observers reported the fall of thin and black ash over several areas around the volcano.

The situation has changed a little since the report. IG indicates that the level of activity remains elevated. Several ash emissions have been observed, with ash plumes up to 2-3 km above the summit on January 31st. The Institute also reports that two moderate explosions on Saturday, Februery 1st  were followed by a third of greater size, and pyroclastic flow stretched 500 meters down its flank. The blasts created an 8-kilometre column of ash above the volcano. Lava reached the lower part of the Achupashal ravine, blocking a route to Baños.

Meantime, activity at Reventador remains fairly high but cannot often be observed because of the cloud cover. IG reports 81 LP events, 11 explosions and 9 episodes of tremor for January 31st.

Le Sinabung: Un nouveau volcan tueur! // Mount Sinabung: Another killer volcano!

drapeau francaisTriste journée autour du Sinabung! Comme je l’écrivais en début d’après-midi,  trois hommes ont été admis ce samedi dans le service de soins intensifs d’un hôpital pour y être traités suite à des graves brûlures. Ils ont été surpris par une coulée pyroclastique lors d’un violent épisode éruptif du Sinabung qui s’était calmé depuis la mi-janvier. Le volcan a émis des panaches de cendre jusqu’à 2 km de hauteur et recouvert la région de cendre grise.

Un homme et son fils se sont fait surprendre alors qu’ils se rendaient dans le village de Sukameriah, à 2,7 km au sud du cratère du Sinabung (donc en zone interdite) afin de se recueillir devant les tombes de parents. Un autre homme qui était venu dans le village pour s’assurer qu’il n’y avait rien d’anormal dans la maison qu’il avait quittée depuis longtemps fut, lui aussi, victime de la coulée pyroclastique.

On apprend maintenant par la presse indonésienne qu’au moins 14 personnes ont été tuées lorsque le Sinabung a émis de nouvelles  coulées pyroclastiques ce samedi. Les corps des 14 morts ont tous été trouvés en différents points autour du village de Suka Meriah qui est situé dans un rayon de 3 kilomètres du volcan. Trois autres corps n’ont pas encore été retrouvés. Les sauveteurs ont dû arrêter les recherches en raison du risque d’éruption.

Il s’agit des premières victimes directes de l’éruption du Sinabung. Avant samedi, l’éruption en cours avait déjà coûté la vie à 31 personnes évacuées, suite à diverses affections telles que des difficultés respiratoires, la dépression, l’asthme et l’hypertension. 122 autres sont hospitalisées actuellement pour de tels problèmes.
Selon certains habitants, certaines des victimes seraient des étudiants de Medan venus étudier la région autour du volcan.
Le Sinabung est entré en éruption à 3 reprises samedi. Le premier épisode s’est produit à 10h30 et a duré huit minutes trente. La deuxième éruption a eu lieu à 10h38 et a duré un peu plus de quatre minutes, suivie d’une autre éruption à 11h27 pendant 84 secondes.

On ne le répétera jamais assez: Toutes ces victimes se trouvaient à l’intérieur de la zone de danger n°1, la plus exposée aux nuées ardentes. Cela ne signifie pas que l’éruption a redoublé d’intensité, seulement que ces personnes n’auraient jamais dû se trouver là! Selon le Jakarta Post, ces jeunes et leur professeur voulaient voir le cratère de plus près! C’est un peu comme dans nos Alpes avec le hors-piste. Les skieurs se font surprendre par des avalanches de neige à plusieurs degrés au-dessous de zéro. En Indonésie, ce sont des avalanches de cendre à plusieurs centaines de degrés au-dessus de zéro!  L’imprudence a son prix!

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drapeau anglaisIt was a sad day around Mount Sinabung! As I put it previously, three men were treated in the intensive care unit of a hospital for burn injuries on Saturday after being engulfed in a pyroclastic flow from Mount Sinabung in its biggest eruption in recent days. The volcano had shown a reduction of activity since mid-January, but it erupted again on Saturday morning, sending hot rocks and ash up to 2,000 metres into the air, blanketing the surrounding countryside with grey dust. The man and his son were caught by the clouds when they went to Sukameriah village, 2.7 kilometres south of Sinabung crater (thus within the danger zone) to pay respect at the graves of their relatives. Another man, who came to the village to check his long-abandoned house, was also trapped and injured by the deadly clouds which swamped the village.

We are now informed by the Indonesian press that at least 14 people were killed when Mount Sinabung spewed ash again on Saturday. The bodies of the 14 fatalities have all been found in a number of areas in Suka Meriah village, which is located within a 3-kilometer radius of the volcano, while three others had yet to be found. Rescuers had to stop the evacuation process due to fears of more eruptions.

This is the first direct impact of the Mount Sinabung eruption. Before the Saturday incident, the ongoing eruption had already claimed the lives of 31 evacuees, as a result of various illnesses such as breathing difficulties, depression, asthma and hypertension. 122 evacuees are currently in hospital for similar problems.

According to some residents, some of the fatalities are believed to be students from Medan who were conducting a survey of the area around the volcano.

Mount Sinabung erupted three times on Saturday, at 10:30 a.m. and lasted for eight-and-a-half-minutes. The second eruption took place at 10:38 a.m. for just over four minutes, followed by another eruption at 11:27 a.m. for 84 seconds.

We need to repeat it again and again: All the victims were inside the danger zone n°1, the most exposed to the pyroclastic flows. This does not mean the eruption has become more powerful, only that they should not have been there! According to The Jakarta Post, the victims were reportedly wanted to see the crater from a closer range! It’s like the people in the Alps who ski off piste. They may get caught in avalanches with snow a few degrees below zero. In Indonesia, the hot avalanches have several hundred degrees above zero. Carelessness has a cost!

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Shiveluch (Kamchatka): Encore et toujours…

drapeau francaisL’événement n’a rien d’extraordinaire mais il est toujours spectaculaire! Ce mardi matin, le Shiveluch a émis un panache de cendre qui est monté jusqu’à 8,5 km d’altitude. Le nuage s’est dirigé vers le SO, en direction des villes de Klyuchi et Kozyrevsk mais les zones habitées n’ont pas fait état de retombées de cendre et elles ne sont pas menacées par l’éruption.

Source : KVERT.

drapeau anglaisThe event is by no means extraordinary but it is always dramatic!  Shiveluch Volcano emitted on Tuesday morning an ash cloud that reached 8.5 km a.s.l.  The ash cloud stretched southwest, towards the towns of Klyuchi and Kozyrevsk but populated localities did not report any ash falling. There are no threats to the populated areas either.

Source: KVERT.

Le GPS et la hauteur du panache éruptif // GPS and height of the eruptive plume

drapeau francaisDepuis l’éruption de l’Eyjafjöll en 2010 et la panique générale qu’elle a déclenchée dans le trafic aérien en Europe, les chercheurs essayent de trouver des solutions pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas. On a beaucoup parlé (et, me concernant, émis des réserves !) d’un système embarqué à bord des avions et qui serait capable de détecter la densité des nuages de cendre. La revue Nature Geoscience nous apprend aujourd’hui que le GPS pourrait permettre d’évaluer la hauteur du panache éruptif et donc, lui aussi, apporter des solutions aux problèmes rencontrés par le trafic aérien en cas d’éruption.

Ce sont des volcanologues islandais qui font part de cette information. Cette fois, ce n’est pas l’Eyjafjöll qui est concerné, mais le Grimsvötn, un volcan qui se cache sous la glace du Vatnajökull. Il est entré en éruption en 2011, avec un panache de cendre de 20 km de hauteur qui a perturbé le trafic aérien au Royaume Uni.

Selon les scientifiques islandais, le GPS aurait un double avantage : il permettrait non seulement de prévoir les éruptions, mais aussi de déterminer la hauteur du panache de cendre qu’elles génèrent.

L’univers de glace du Grimsvötn  rend difficile l’installation d’instruments de mesure. Par chance, les volcanologues islandais avaient pu placer un équipement GPS sur un petit éperon rocheux rendu accessible grâce à une fumerolle. Une heure avant l’éruption du Grimsvötn en 2011, le GPS a révélé un déplacement significatif du sol de plus de 50 centimètres. En mettant en oeuvre les équations qui décrivent les caractéristiques physiques d’une chambre magmatique, les scientifiques ont traduit les données GPS sur les mouvements du sol en variations de pression à l’intérieur de la chambre. Le résultat donnait une indication sur la hauteur probable du panache éruptif. Les volcanologues islandais comparent le phénomène à un ballon qui serait rempli d’eau. Quand on comprime ses parois, l’eau jaillit et la hauteur du jet dépend de la pression exercée sur les parois du ballon. Dans le cas d’un volcan, les sismographes indiquent qu’une éruption est susceptible de se produire, mais seul le GPS est capable de donner une idée de la taille de l’éruption.

L’installation de balises GPS sur des volcans difficiles d’accès, comme ceux des Iles Aléoutiennes par exemple, pourraient donner des indications sur la hauteur des panaches de cendre dans une région empruntée par les vols entre l’Amérique et l’Asie. Le principal problème reste le coût d’installation de stations GPS performantes à une époque où les fonds alloués aux observatoires rétrécissent comme peau de chagrin. De plus, il faudrait tester à nouveau le système lors d’une prochaine éruption pour s’assurer de sa fiabilité.

drapeau anglaisSince the eruption of Eyjafjöll in 2010 and the panic it triggered in European air traffic, researchers have tried to find solutions to avoid a similar mishap. Many comments (and reservations, as far as I’m concerned!) have been made about a system on board the planes that would be able to detect the density of the ash clouds. When reading the Nature Geoscience review, we learn that GPS could help estimate the height of the ash plume and, as such, bring solutions to the problems encountered by air traffic during an eruption.

The piece of news comes from Icelandic scientists. In their opinion, GPS might have a dual advantage: It would not only allow to predict eruptions, but also the height of the ash plumes they generate.

The icy universe of Grimsvötn makes it difficult to set up measuring instruments. Fortunately, Icelandic volcanologists had managed to install a GPS system on a rocky outcrop that was made accessible thanks to a fumarole. One hour before the start of the 2011 eruption, GPS had revealed a significant shift of the ground which had moved by more than 50 centimetres. By resorting to the equations that describe the physical characteristics of a magma chamber, the scientists could translate the GPS data about ground movement into changes in pressure inside the chamber. The results gave indications about the height of the eruptive plume. Icelandic volcanologists compare this phenomenon with a balloon filled with water. When you squeeze the walls of the balloon, then the height of the water coming out of the balloon correlates with how hard you were squeezing. On a volcano, seismographs indicate that an eruption is likely to happen, but the GPS system is the only one able to give an idea of the size of the eruption.

Setting up GPS systems on remote volcanoes like on the Aleutians could help indicate the height of the ash plumes in an area where air traffic between America and Asia is quite heavy. The main problem remains the cost of installing reliable GPS systems at a time when the funds allocated to observatories are being reduced year after year. Moreover, the system will need to be tested again during a future eruption so as to confirm its reliability.

Grimsvotn-blog

Image satellite du Grimsvötn le 22 mai 2011  (Crédit photo: NASA)