Chaîne des Cascades : Les petits volcans de l’Oregon // Cascade Range : Oregon’s small volcanoes

S’étirant du sud de la Colombie-Britannique jusqu’au nord de la Californie, en passant par les Etats de Washington et de l’Oregon, la Chaîne des Cascades longe la côte ouest de l’Amérique du Nord. Elle comprend de nombreux volcans potentiellement actifs, dominés par les 4 392 m du Mont Rainer. Toutes les éruptions des États-Unis contigus au cours des 200 dernières années ont eu lieu sur la Chaîne des Cascades. Les deux plus récentes ont secoué le Lassen  Peak de 1914 à 1921, et le Mont St. Helens en 1980. D’autres éruptions, de moindre importance, du Mont St. Helens se sont également produites de 2004 à 2008.
Dans un article récent, le journal local de l’Oregon, The Oregonian, a rappelé à ses lecteurs que les éruptions volcaniques ont façonné le paysage du centre de l’Oregon, avec des sommets bien connus tels que le Mont Hood, le Newberry et les Three Sisters.

Cependant, une étude récente du Département des Sciences de la Terre de l’Université de l’Oregon explique que ces édifices volcaniques majeurs représentent moins de 1% de tous les volcans de la Chaîne des Cascades. L’étude a identifié 2 835 volcans dans la chaîne, dont environ 400 dans le centre de l’Oregon. La partie canadienne de la chaîne – qui comprend la région du Mont Garibaldi – n’a pas été incluse dans l’étude.
La plupart des volcans identifiés dans le centre de l’Oregon sont des collines et des buttes – comme Lava Butte – situées dans la région de Bend et des Three Sisters, et dans le Newberry National Volcanic Monument. Selon l’un des auteurs de l’étude, à quelques exceptions près, chaque petite colline autour de la ville de Bend est un volcan. Chacun des quelque 3000 volcans identifiés dans l’étude est entré en éruption au moins une fois au cours des 2,6 millions d’années écoulées. 231 sont actifs et se sont manifestés au cours des 10 000 dernières années. D’une manière générale, le volcanisme de l’Oregon est actif depuis 40 millions d’années. Un chercheur a déclaré: « Cela semble une longue période, mais d’un point de vue volcanique ou de la Chaîne des Cascades en général, ce n’est pas très long. »
L’étude ne fait pas de prévisions sur les futures éruptions, mais elle permettra aux scientifiques de comprendre quand et où la prochaine pourrait avoir lieu dans les Cascades. Les chercheurs ont utilisé des données satellitaires pour cartographier l’ensemble de la Chaîne des Cascades. Les informations ont ensuite été compilées dans une base de données, ce qui n’avait jamais été fait auparavant.
Le relief de l’Oregon a fait l’objet de plusieurs études volcaniques. En 2018, l’USGS a publié une étude qui s’attardait sur quatre volcans de l’Oregon – le Mont Hood, les Three Sisters, le Newberry et Crater Lake. Ils figurent parmi les18 volcans des Cascades susceptibles de connaître une éruption majeure.
Les auteurs de l’étude ne s’attendent pas à l’éruption d’un des grands volcans de l’Oregon ; ils pensent davantage que la prochaine éruption « jaillira du sol et créera une colline de cendres et de lave.» Ce serait la confirmation que les Cascades sont effectivement dominées par de petites éruptions.
Source: L’Oregonian.

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Extending from southern British Columbia through Washington and Oregon to Northern California, the Cascade Range is a major mountain range of western North America. It includes many potentially active volcanoes, the highest of which is Mount Rainier (4,392 m). All of the eruptions in the contiguous United States over the last 200 years have been from Cascade volcanoes. The two most recent were Lassen Peak from 1914 to 1921 and Mount St. Helens in 1980. Minor eruptions of Mount St. Helens have also occurred since, most recently from 2004 to 2008.

In a recent article, Oregon’s local newspaper The Oregonian reminded its readers that volcanic eruptions millions of years ago shaped the Central Oregon landscape, with well-known summits such as Mount Hood, Newberry Volcano and the Three Sisters.

However, a recent study from the University of Oregon Department of Earth Sciences explains that those large mountains only represent less than 1% of all the volcanoes in the Cascade Range that have erupted in the past. The study found 2,835 volcanoes in the Cascades, including about 400 in Central Oregon. The Canadian portion of the mountain range – which includes the Mount Garibaldi area – was not included in the study.

Many of the identified volcanoes in Central Oregon are hills and buttes found in the Bend and Three Sisters area and in the Newberry National Volcanic Monument. According to one of the authors of the research, every small hill surrounding Bend is a volcano, with very few exceptions. Each of the nearly 3,000 volcanoes identified in the study have erupted at least once within the past 2.6 million years. Of those, 231 are active and have erupted within the last 10,000 years. Globally, Oregon’s entire landscape has been active for 40 million years. Said one researcher: “It is a long time, but from the standpoint of a volcano or the Cascade Range in general, it’s actually not a very long time.”

The study does not predict future eruptions, but it will help scientists understand when and where the next Cascade eruption could take place. The research team used satellite data to map the entire Cascade Range throughout the United States. The information was then compiled in a database, which had never been done before.

Oregon’s landscape has been the focus of several volcanic studies. The U.S. Geological Survey released a study in 2018 that listed four Oregon volcanoes — Mount Hood, the Three Sisters, Newberry Volcano and Crater Lake — among 18 that pose a “very high threat” of a dangerous eruption.

The authors of the study believe that rather than one of the large mountains erupting, it is more likely the next eruption will sprout from the ground and create a hill of ash and lava. It would be the confirmation that the Cascades are dominated by small eruptions.

Source: The Oregonian.

Voici les images de quelques volcans de la Chaîne des Cascades :

Source : USGS

Le Mont Baker…

Le Mont Adams…

Le Mont Hood…

Les Three Sisters…

Lava Butte…

Lassen Peak.

Photos : C. Grandpey

La Grande Coulée d’Obsidienne (Oregon / Etats Unis) // The Big Obsidian Flow (Oregon / United States)

La première fois que j’ai vu de l’obsidienne, c’était sur l’île de Lipari, dans les îles Éoliennes (Italie), où l’on peut observer l’une des plus belles coulées de ponce et d’obsidienne au monde. Elle est apparue sur les pentes du Monte Pilato entre 650 et 850 après J.C.
On peut admirer et visiter une autre belle coulée d’obsidienne aux Etats-Unis à l’intérieur du Newberry National Volcanic Monument, dans l’Etat d’Oregon. Agée de seulement 1300 ans, The Big Obsidian Flow est la plus jeune coulée de lave de l’Oregon. Elle couvre environ 2,5 kilomètres carrés près de la caldeira de Newberry qui s’est formée lorsque le cône du volcan s’est effondré il y a environ 500 000 ans. La coulée fut l’étape finale d’une plus grande éruption ; elle s’est formée quand le magma pauvre en gaz s’est frayé un chemin vers la surface et s’est refroidi, donnant naissance à l’obsidienne. Elle a l’aspect d’un verre sombre qui s’est formé quand la lave s’est refroidie sans cristalliser. Les humains ont utilisé l’obsidienne en poterie, pour façonner les pointes de flèches et même les scalpels chirurgicaux car elle est extrêmement dure et tranchante. Dans l’Oregon, il y a d’autres importants gisements d’obsidienne dans la Malheur National Forest et dans les bien nommées Glass Buttes, au sud-est du Newberry Monument.
J’ai visité la Grande Coulée d’Obsidienne il y a quelques années au cours d’un périple qui m’a conduit tout le long de la Chaîne des Cascades, depuis le Mont Garibaldi au Canada jusqu’à Lassen Peak en Californie, avec une extension vers la Faille de San Andreas. The Big Obsidian Flow est facile à repérer au cœur du Newberry National Volcanic Monument, à une soixantaine de kilomètres de Bend. La couleur sombre de l’obsidienne tranche avec le bleu des lacs et le vert des forêts qui l’entourent.

Il est facile de s’approcher de l’obsidienne. Un trajet rapide en voiture fait aboutir à un grand parking et au point de départ d’un sentier. Après avoir gravi un escalier, on suit le sentier qui serpente à travers l’obsidienne et la pierre ponce. Il passe devant plusieurs points de vue dominant la coulée, avec Paulina Peak au sud-ouest, et Paulina et East Lakes dans la caldeira au nord.
Le long du chemin, on peut admirer plusieurs gros blocs d’obsidienne qui brillent au soleil. Cependant, l’obsidienne n’est pas aussi pure que celle de Lipari. Il est malgré tout interdit de prélever des échantillons et de les rapporter à la maison en guise de souvenirs. On est prié de les laisser là où ils sont. Si on veut prélever de l’obsidienne, mieux vaut se diriger vers Glass Buttes où on peut le faire en toute légalité.
Une fois que vous aurez visité The Big Obsidian Flow, je vous conseille de monter jusqu’au sommet de Paulina Peak (attention, la route est à la fois étroite et très pentue) où vous bénéficierez d’une superbe vue à 360° sur la coulée d’obsidienne et sur toute la région.

Source: The Oregonian.

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The first time I saw obsidian was on the island of Lipari in the Aeolian Islands (Italy) where you can observe one of the most beautiful pumice and obsidian flows in the world. It travelled along the slopes of Monte Pilato between 650 and 850 A.D.

Another nice obsidian flow can be visited in the United States at Newberry National Volcanic Monument in Oregon. At just 1,300 years old, the Big Obsidian Flow is the youngest lava flow in Oregon. It covers about 2.5 square kilometres near the Newberry caldera which was formed when the volcano’s cone collapsed about 500,000 years ago. The flow was the final stage of a bigger eruption, formed as magma containing little gas made its way to the surface and cooled, creating obsidian. It is a dark, natural glass, formed when lava cools without crystallizing. Humans have used it for pottery, arrowheads and even surgical scalpels. In Oregon, there are other large deposits in the Malheur National Forest and in the Glass Buttes just southeast of the Newberry Monument.
I visited the Big Obsidian Flow during my journey all along the Cascade Range a few years ago. This trip had taken me from Mt Garibaldi in Canada down to Lassen Peak in California, with an extension to the San Andreas Fault. The Big Obsidian Flow stands out in the middle of the Newberry National Volcanic Monument, about 60 kilometres from Bend. The impressive flow of black obsidian is in stark contrast to the blue lakes and the vast green forest that surrounds it.

Getting close to the obsidian is very easy. A quick drive takes you to a large parking lot and trailhead, where a paved trail leads a short way to the flow. After climbing a flight of stairs, the trail becomes a rocky pathway through the obsidian and pumice. It winds around and eventually loops past several viewpoints looking out over the flow, toward Paulina Peak in the southwest, and at Paulina and East Lakes in the caldera to the north.
Along the way, there are several big chunks of exposed obsidian, which glisten in the light. However, the obsidian here is not as pure as the one you can find at Lipari. Even so, you are not allowed to bring samples back home. It is important to leave it be. If you want to collect obsidian, head down the road to Glass Buttes, where you can do so legally.

Once you have explored the Big Obsidian Flow, I would advise you to drive up to the top of Paulina Peak (be careful; the road is both narrow and steep) where viewpoints give you a birds-eye view of the flow.

Source : The Oregonian.

Voici quelques vues de la Grande Coulée d’Obsidienne:

Vue de Paulina Lake depuis le sommet de Paulina Peak:

Photos: C. Grandpey

 

Chaîne des Cascades (Etats Unis): Le Newberry // Cascade Range (United States): Newberry volcano

drapeau-francaisLe Newberry n’est sûrement pas le volcan le plus populaire de la Chaîne des Cascades. Il est pourtant le plus étendu avec une superficie d’environ 3100 km2. Façonné par des éruptions répétées au cours des 400.000 dernières années, le Newberry a pris la forme d’un vaste bouclier. Tout au long de son histoire éruptive, le volcan a produit des nuages de cendres et des tephra, des écoulements pyroclastiques et des coulées de lave dont la composition va du basalte à la rhyolite. Il y a environ 75 000 ans, une éruption explosive et un effondrement majeur ont donné naissance à une vaste dépression volcanique dans la zone sommitale du volcan qui héberge maintenant deux lacs de caldeira. La dernière éruption du Newberry a eu lieu il y a environ 1 300 ans et de nos jours des sources chaudes et des coulées de lave géologiquement jeunes indiquent que le Newberry est encore un volcan actif.
Il y a environ 7000 années, un système de fractures de 35 kilomètres de long s’est ouvert au nord-ouest de la caldeira pour former la Rift Zone Nord-Ouest. Des éruptions ont donné naissance à plusieurs cônes dont Lava Butte, un superbe cône de cendre qui a émis une coulée de lave qui a fait obstacle temporairement à la rivière Deschutes. En certains endroits, la lave fluide a entouré des arbres qui se sont consummés en laissant des moules creux, comme ceux que l’on peut découvrir dans la Lava Cast Forest dont je recommande fortement la visite.
La caldeira actuelle du Newberry mesure 6,5 km sur 8, avec à l’intérieur deux très beaux lacs, Paulina Lake et East Lake, très recherchés pour la pêche, la navigation de plaisance, la baignade et le camping. On trouve des sources chaudes sur les berges de ces deux lacs, avec des températures qui atteignent 57° C. En 1987, des températures supérieures à 260° C, à une profondeur de 900 mètres, ont été relevées dans un trou de forage effectué par l’USGS au coeur de la caldeira. Ces mesures de température indiquent qu’un système magmatique actif se cache sous le Newberry.
L’éruption la plus récente du Newberry, de type explosif, il y a environ 1300 ans, a produit des panaches de tephra et des coulées pyroclastiques suivies de l’émission de la Big Obsidian Flow, la structure volcanique la plus jeune du Newberry. Elle couvre un peu plus de 2,6 km2
Cela fait plus de 30 ans que des explorations sont effectuées afin de savoir si le volcan de Newberry présente un potentiel géothermique. Des températures élevées ont été enregistrées, mais la production de fluide a été jugée insuffisante pour générer de l’électricité. À l’automne 2012, un puits profond a fait l’objet d’une expérience de fracturation sous le volcan pour vérifier si l’eau injectée dans le puits pouvait être chauffée en profondeur et envoyée à la surface pour produire de l’énergie (voir mes notes des 1er juin 2008, 29 août 2011, 12 octobre 2012 et 30 novembre 2014). Cette expérience a suscité de nombreuses réactions au sein de la population qui craignait que la sismicité induite réveille le volcan.
Source: USGS.

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drapeau anglaisNewberry is by no means the most popular volcano in the Cascade Range. However, it is the largest one and covers an area of about 3100 km2. Newberry was built into the shape of a broad shield by repeated eruptions over the past 400,000 years. Throughout its eruptive history, the volcano has produced ash and tephra, pyroclastic flows, and lava flows that range in composition from basalt to rhyolite. About 75,000 years ago a major explosive eruption and collapse event created a large volcanic depression at its summit that now hosts two caldera lakes. Newberry last erupted about 1,300 years ago, and present-day hot springs and geologically young lava flows indicate that it is still an active volcano.
About 7,000 years ago, a 35-kilometre-long fissure system extending northwest from the caldeira opened up to form the Northwest Rift Zone. Eruptions issued from numerous vents including the nice Lava Butte, a cinder cone which emitted a lava flow that temporarily dammed the Deschutes River. In places, fluid lavas surrounded trees, which burnt and left behind hollow molds including those found along the trail at Lava Cast Forest.
The present Newberry caldeira is 6.5 by 8 km and holds two beautiful lakes, Paulina Lake and East Lake, popular for fishing, boating, swimming, and camping. Both lakes have hot springs with temperatures as high as 57°C. In 1987, temperatures higher than 260°C at a depth of 900 metres were found in a USGS drill hole in the centre of the caldera. These temperature measurements indicate that an active magma system lies beneath Newberry Volcano.
The most recent eruption at Newberry, about 1,300 years ago, produced explosive plumes of tephra and pyroclastic flows followed by the slower effusion of the Big Obsidian Flow, the youngest volcanic feature at Newberry. It covers just over 2.6 km2 .
Newberry Volcano has been explored as a potential source for geothermal energy for more than three decades. High temperatures have been encountered, but fluid production has been inadequate for generating power. In fall of 2012, a deep well was the focus of an experiment to open fractures beneath the volcano and test whether water circulated down the hole can be heated and brought to the surface to produce energy (see my notes of 1 June 2008, 29 August 2011, 12 October 2012 and 30 November 2014). The experiment triggered reactions among the population who feared that the accompanying seismicity might wake up the volcano.
Source: USGS.

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Lava Butte, coulée de lave et moules de troncs d’arbres:

Newberry 01

Newberry 02

Newberry 03

Newberry 04

Newberry 05

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Tunnel de lave à proximité de Lava Bute:

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Caldeira du Newberry, avec Paulina Lake et East Lake:

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Big Obsidian Flow:

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 Newberry 14

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Photos: C. Grandpey

Système Géothermique Stimulé dans l’Orégon // Enhanced Geothermal System in Oregon

drapeau francaisDans plusieurs notes écrites sur ce blog en 2008, 2011 et 2012, j’ai expliqué qu’il existait un projet d’exploitation de l’énergie géothermique dans le secteur du volcan Newberry, au cœur de l’Oregon. Aujourd’hui, le projet est en passe de devenir réalité. Il est censé produire une énorme quantité d’énergie aux États-Unis. La société AltaRock Energy exploite la chaleur de la terre à trois kilomètres de profondeur et la transforme en une électricité fiable et rentable.
Quand les gens évoquent la géothermie, ils pensent en général à des ressources hydrothermales situées dans les zones volcaniques le long de plaques tectoniques. En fait, le potentiel de la géothermie est beaucoup plus vaste et géographiquement dispersé. Il existe un énorme potentiel pour les Systèmes Géothermiques Stimulés (SGS ou EGS) à travers les États-Unis et toute la planète.
Un système SGS fonctionne en forant le sol et en injectant de l’eau dans un système en boucle fermée destiné à créer des fractures dans la roche. On ajoute de l’eau pour absorber la chaleur émise par la roche, ce qui entraîne une production de vapeur qui remonte vers la surface et actionne une turbine.

Le Massachusetts Institute of Technology Group (MIT) qui a supervisé le projet recherchait une méthode pour produire 100 000 MW aux Etats-Unis par le SGS. Les chercheurs ont remarqué que la qualité de la ressource géothermique repose sur trois facteurs fondamentaux:
1) La relation température-profondeur (également appelée gradient géothermique), autrement dit la profondeur à laquelle il faut forer pour obtenir la chaleur nécessaire.
2) La perméabilité et la porosité de la roche réservoir. C’est un facteur important car cela concerne la zone de surface à laquelle l’eau (qui absorbe la chaleur nécessaire) est exposée.
3) La saturation en fluide. (La quantité de fluide dans la roche susceptible d’absorber la chaleur)
Comme le fait remarquer le rapport du MIT, le SGS est intéressant pour plusieurs raisons, notamment parce qu’il fournit de l’électricité pratiquement sans carbone et la roche source est abondante aux Etats-Unis.

Le groupe d’étude a indiqué que le potentiel de ce type de ressource géothermique était énorme et très rentable: Avec un investissement privé/public se situant entre 800 millions et un milliard de dollars sur une période de 15 ans, la technologie SGS pourrait être déployée commercialement sur une échelle de temps qui produirait plus de 100 000 MW d’ici 2050.
La technologie SGS est très différente de l’hydrofracturation pour le gaz naturel. On n’a pas besoin de percer latéralement, ni d’utiliser des produits chimiques ou du sable pour ouvrir les fractures dans la roche. En outre, aucune eau usée n’a besoin d’être éliminée. C’est la différence de température entre l’eau froide et la roche très chaude qui provoque les fractures. Ces fractures à leur tour aboutissent à une augmentation de surface pour le transfert thermique ultérieur de la roche vers l’eau. Une préoccupation du public a été la possibilité de voir apparaître des séismes, ce que l’on appelle la « sismicité induite ». Mais comme l’a démontré AltaRock en utilisant des mesures obtenues lors du projet Newberry, les stimulations provoquées par la technologie SGS déclenchent une «sismicité inférieure aux vibrations que subit un stade de football rempli de spectateurs lors d’un grand match de la NFL » (National Football League aux Etats-Unis).
Une autre différence est que la fracturation pratiquée par AltaRock utilise une boucle fermée. Une fois que le réservoir est initialement chargé, il n’est plus nécessaire d’ajouter d’eau, et les centrales peuvent alors produire de l’énergie pendant des décennies.

Dans l’Oregon, AltaRock est en train de construire l’une des centrales les plus importantes des États-Unis La société a foré jusqu’à 3.000 mètres dans la roche sèche et chaude, à 300 ° C, avec presque pas de perméabilité à la base, et elle a utilisé sa propre technologie pour créer un réservoir géothermique.
L’entreprise a un coût: 40 millions de dollars viennent d’investisseurs privés, complétés par 21,5 millions de dollars du Ministère de l’Énergie. Le projet est également soutenu par plusieurs institutions universitaires et scientifiques.
Il comporte plusieurs étapes (voir schéma ci-dessous). La première consiste à forer le premier puits d’exploration et d’injection. Ce puits fournit des informations concernant les températures de fond de forage et c’est le puits dans lequel l’eau est injectée pour fracturer la roche et créer le réservoir géothermique. Une fois que le réservoir est créé, d’autres puits de production sont forés ; ils seront reliés au premier puits de telle sorte que l’eau se déplace de l’un à l’autre. L’eau surchauffée (à environ 300 ° C) va remonter le long des puits de production vers la surface et la vapeur qui en résulte va passer par un générateur afin de produire de l’électricité.
En l’état actuel des choses, le projet Newberry a déjà vu l’achèvement du puits d’injection, la stimulation de la ressource, et la création de la perméabilité. La prochaine étape consistera à forer des puits de production qui auront une «communication» avec l’eau injectée dans le premier puits, créant ainsi un réseau en boucle fermée.
La géothermie haute température par stimulation pourrait devenir une technologie essentielle pour répondre aux besoins futurs des Etats-Unis en électricité, et elle peut être utilisée dans tout le pays.

Sources : Forbes.com & The Oregonian.

On pourra consulter un site en français qui explique fort simplement le principe des systèmes géothermiques stimulés:

http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/geothermie-haute-temperature-par-stimulation

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drapeau anglaisIn several notes written on this blog in 2008, 2011 and 2012, I explained that there was a project to exploit geothermal energy at Newberry volcano, in central Oregon. Today, the project is in a fair way to become reality. It is said to hold the promise to producing an enormous amount of energy in the United States. The AltaRock Energy company is mining the earth’s heat three kilometres down and turning it into a reliable and cost-effective supply of electricity.

When most people think of geothermal, they envision the hydrothermal resources that are located in volcanic zones along tectonic plates, but the potential for geothermal is much larger and geographically dispersed. In fact, there is enormous potential for heat mining Enhanced Geothermal Systems (EGS) throughout the U.S. and the world.

EGS works by drilling a hole into the ground, and pumping water into a closed loop system to create fractures in the rock. Additional water is added to absorb heat from the rock, which turns to steam at the surface and drives a turbine.

The Massachusetts Institute of Technology (MIT) group which supervised the project was specifically looking at what would be necessary to produce 100,000 MW of EGS in North America, which would represent about 10% of overall US generating capacity. They noted that the quality of the geothermal resource is affected by three basic factors:

1)   The temperature-depth relationship (also referred to as the geothermal gradient), in other words, how deep you have to drill to obtain the requisite heat.

2)   The reservoir rock’s permeability and porosity. This matters because it affects the surface area that the water (which absorbs the necessary heat) is exposed to.

3)   The amount of fluid saturation. (How much fluid in the rock that can absorb the heat)

As the MIT report noted, EGS is attractive for several reasons, including the fact that it provides virtually carbon free electricity and the source rock resource exists widely throughout the United States.

The study group indicated that the potential of this resource was enormous and cost-effective: With a combined public/private investment of about $800 million to $1 billion over a 15-year period, EGS technology could be deployed commercially on a timescale that would produce more than 100,000 MW of new capacity by 2050.

EGS is a very different technology than hydro-fracking for natural gas. One doesn’t have to drill sideways, nor use chemicals or sand to open up fractures in the rock. Also, no wastewater is produced that needs to be disposed of. Rather, it’s the temperature differential between cold water and hot rock that creates the fractures. These fractures in turn result in enhanced surface area for subsequent heat transfer from the rock to the water. Another public concern has been the potential for creating earthquakes, referred to as “induced seismicity.” But as Altarock highlights using measured data from the Newberry project, EGS stimulations result in « seismicity that is lower than a packed football stadium during a big NFL game ».

Another difference from fracking is that AltaRock is using a closed loop. Once the reservoir is initially charged, no more additional water is needed, and the plants can then produce power for decades.

In Oregon, AltaRock is building one of the most important power plants in the U.S. The company has drilled 3,000 metres into hot dry rock, at 300°C, with almost no permeability at the bottom and used its own technology to create a geothermal reservoir.

The undertaking is not cheap: 40 million dollars are coming from private investors, complemented by a $21.5 million from the Department of Energy. The project is also supported by several university and scientific institutions.

It involves several stages (see image below). The first element involves drilling the initial exploratory and injection well. This well provides information concerning downhole temperatures and is the well into which the water is introduced to fracture the rock and create the geothermal reservoir. Once the reservoir is created, additional vertical production wells are drilled, and they will have connectivity to the first well so that water moves from one to the other. The superheated water (at about 300°C) will rise up the production wells to the surface and the resulting steam will course through a generator to create electricity.

At this point, the Newberry Volcano project has already seen completion of the injection well, stimulation of the resource, and the creation of permeability. The next step is to drill the producer wells that will have ‘communication’ with the water injected into the first well, creating the closed loop network.

Enhanced geothermal can be a critical technology in meeting the U.S. future electric energy requirements. And it can be located all across the country.

Sources : Forbes.com & The Oregonian.

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Source: AltaRock