Tragédie de la Marmolada (Italie) : bilan revu à la baisse

Enfin une bonne nouvelle! Au cours des dernières heures, huit personnes dont on craignait la disparition après l’effondrement du glacier de la Marmolada ont été retrouvées. Le 5 juillet 2022 à 15h30, le nombre de personnes portées était donc de cinq, toutes de nationalité italienne. Les propriétaires des voitures garées à l’entrée des sentiers conduisant au glacier ont été identifiés. Tous sont sur les listes tenues par la police.
Pour l’instant, les victimes confirmées sont au nombre de sept, dont quatre sont identifiées, également toutes italiennes. Les opérations d’identification des trois autres corps sont toujours en cours.
Des membres de la famille ont reconnu le dernier des huit blessés impliqués dans l’effondrement du glacier de la Marmolada qui n’avait pas encore été identifié. Deux restent dans un état grave.
Les recherches se poursuivent à l’aide de drones. L’accès à la montagne reste interdit. car le glacier est jugé encore trop instable.

Source: presse italienne.

Crédit photo: Wikipedia

Effondrement glaciaire dans les Dolomites (dernières nouvelles)

Le détachement de sérac sur le glacier de la Marmolada au coeur des Dolomites (Italie) a eu lieu en début d’après-midi le dimanche 3 juillet, vers 13h45.
Les alpinistes impliqués étaient divisés en plusieurs cordées. Le bilan n’est malheureusement que provisoire car des randonneurs manquent à l’appel. La vidéo accessible par le lien ci-dessous montre l’ampleur de la coulée de matériaux qui s’est détachée du glacier et a dévalé la pente. Les sauveteurs travaillent dans des hélicoptères équipés de la technologie ARTVA pour localiser les disparus. Les blessés ont été hospitalisés dans plusieurs hôpitaux, à Belluno, Treviso, Trento et Bolzano.
Comme indiqué précédemment, la cause principale de l’effondrement du glacier de la Marmolada est la chaleur de ces jours. La veille du drame, on avait enregistré un record de température d’environ 10 degrés au sommet de la montagne qui culmine à 3443 mètres d(‘altitude. C’est également la température enregistrée au sommet du Mont Blanc il y a quelques jours.
Les six victimes sont trois Italiens, un Tchèque, plus un homme et une femme non encore identifiés. Dix-huit personnes qui se trouvaient dans la partie haute de Punta Rocca ont pu être évacuées et toutes celles qui se trouvaient en aval ont été priées de faire demi tour.

Les activités des sauveteurs se sont poursuivies pendant la nuit avec l’aide de drones équipés de caméras thermiques capables d’identifier la source de chaleur émise par une personne. La situation est dangereuse car il y a un risque de nouveaux effondrements.
Les témoins expliquent avoir entendu un grand bruit, typique d’un glissement de terrain, suivi d' »une sorte d’avalanche composée de neige et de glace qui est descendue à grande vitesse ».
On ne peut que renouveler les consignes de prudence à l’attention des personnes qui vont s’adonner à l’alpinisme et à la randonnée en haute montagne. La chaleur de ces derniers temps risque fort d’avoir déstabilisé glaciers et parois rocheuses. Avec le dégel du permafrost de roche qui assure leur stabilité, certaines parois rocheuses risquent de s’effondrer. De même, les glaciers qui s’accrochent aux versants pentus des montagnes – comme celui de la Marmolada – peuvent se rompre au niveau de leur front, avec des avalanches de séracs pouvant devenir meurtrières.

Une période de fortes chaleurs est à nouveau prévue dans les Alpes dans les prochains jours, alors PRUDENCE !

Source: 24 Ore.

https://www.ilsole24ore.com/art/marmolada-crolla-seracco-via-vetta-almeno-15-coinvolti-e-7-feriti-AELDvyjB?refresh_ce=1

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Dernière minute : Le bilan de l’effondrement du glacier de la Marmolada risque d’être très lourd. En effet, outre les six morts et huit blessés déjà recensés, une vingtaine de personnes sont portées disparues. Les sauveteurs sont sur place mais leur mission est périlleuse car une énorme quantité de glace non stabilisée est restée sur la montagne. Les conditions météorologiques seront déterminantes pour évaluer l’intervention directe des sauveteurs. En effet, le froid et les basses températures sont indispensables pour garantir un minimum de sécurité.

Aujourd’hui 4 juillet à 14 heures, le bilan s’élève à 8 morts et 15 disparus. Les sauveteurs indiquent que ce sera probablement le bilan définitif car il est peu probable que des survivants soient découverts. La couche de matériaux (glace, terre et rochers)  est très importante. Les recherches ont été interrompues dans la matinée à cause du mauvais temps.

Le Premier Ministre italien Mario Draghi s’est rendu sur place et a été très choqué par ce qu’il a vu. Il est vrai que les corps de certaines victimes ont été broyés, « torturés »par l’avalanche de matériaux et il faudra probablement avoir recours à l’ADN pour les identifier.

Photo: C. Grandpey

Effondrement de sérac en Italie : des morts et des blessés // Serac collapse in Italy : dead and injured

Autre conséquence du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers, un sérac s’est détaché d’un glacier italien dans l’après-midi du 3 juillet 2022, envoyant glace, neige et rochers sur un groupe de randonneurs qui se trouvait sur un sentier populaire. Au moins six personnes ont été tuées et huit autres blessées, dont deux dans un état grave. L’accident s’est produit sur la Marmolada (3300 mètres), le plus haut sommet des Dolomites orientales. Le sérac s’est détaché près de Punta Rocca, le long de l’itinéraire habituellement utilisé pour atteindre le sommet de la montagne. Les sauveteurs ont expliqué que les opérations de secours ont mobilisé au moins cinq hélicoptères et des chiens.pour rechercher les personnes ensevelies.
Il est prévu d’évacuer 18 personnes qui se trouvaient au-dessus de la zone où s’est produit l’accident. La cause du détachement de sérac réside probablement dans la vague de chaleur qui affecte l’Italie ces derniers jours. Les températures étaient supérieures à 10°C sur la montagne, ce qui est tout à fait anormal.

Des accidents similaires sont susceptibles de se reproduire pendant l’été, tant sur les glaciers que sur les pentes supérieures des montagnes. J’ai mentionné l’ouverture d’une crevasse sur la trace qui conduit au sommet du Mont Blanc. En raison de la chaleur intense, le permafrost de roche dégèle, rendant les parois rocheuses instables. Les alpinistes devront être très prudents.
Source : Journaux italiens.

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Another consequence of global warming and the melting of glaciers, the detachment of a serac fom an Italian glacier broke loose on July 3rd, 2022 in the afternoon, sending ice, snow and rock slamming into hikers on a popular trail. At least six hikers were killed and eight others were injured, two of them in a serious condition. The accident occurred on the Marmolada peak ( 3,300 meters), the highest peak in the eastern Dolomites. The chunk of ice broke off near Punta Rocca, along the itinerary normally used to reach the peak. Rescuers tweeted that the search involved at least five helicopters and rescue dogs.

18 people who were above the area where the ice struck will be evacuated by the Alpine rescue corps.

The cause of the serac detachment was probably the heat wave that has been gripping Italy in the past days. Temperatures were above 10°C on the mountain, which is quite abnormal. Similar accidents are likely to happen again during the summer, both on glaciers and on the upper slopes of the mountains. I mentioned a crevasse that appeared on the track leading to the summit of Mont Blanc. Because of the intense heat, rock permafrostis thawing, making rock walls unstable. Rock climbers had better be very careful.

Source: Journaux italiens.

Vue de la face nord de la Marmolada et son glacier (Crédit photo: Wikipedia)

« Zones de guerre » dans les hôpitaux néo-zélandais // « War zones » in New Zealand hospitals

Les blessures des victimes de l’éruption de White Island sont si horribles à voir que les médecins disent avoir l’impression de travailler dans une «zone de guerre». Je vais faire part de quelques uns de leurs témoignages de manière la plus douce possible afin de ne pas traumatiser les lecteurs de ce blog.
Un médecin urgentiste a déclaré: « Notre tâche est extrêmement difficile parce que nous savons que les patients souffrent énormément et vont se battre pour leur vie pendant les deux ou trois prochaines semaines, sans savoir s’ils réussiront à survivre. »
Alors que les chirurgiens continuent de travailler 24 heures sur 24, 29 patients sont en soins intensifs dans différents hôpitaux de Nouvelle-Zélande. Un patient a pu être transféré de Wellington, la capitale, vers l’Australie.
Lorsque les blessés sont entrés à l’hôpital régional du Waikato après l’éruption, le personnel a senti l’odeur de soufre provenant de leurs vêtements et a vu des « lambeaux de peau morte » et des « des taches de cendre  » qui se décollaient de leur corps. Les médecins ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour soulager la douleur et prévenir l’infection.
Dix des blessés seront transférés dans les provinces australiennes de Victoria et de Nouvelles Galles du Sud dans les prochaines 24 heures. Trois avions de la Royal Australian Air Force ont été mis à disposition dans le cadre de ce rapatriement.
Un médecin a déclaré que deux patients avaient subi des brûlures couvrant 90% de leur corps. Il espère qu’ils survivront et le personnel fait tout ce qu’il peut pour les soigner. Tous les patients ont eu leur corps brûlé à plus de 30% et 22 ont encore besoin d’une assistance respiratoire.
Une peau provisoire – qui peut être conservée au froid pendant une période de cinq ans – est utilisée comme pansement pour mettre les patients à l’abri d’infections et pour améliorer leur condition jusqu’à ce cette dernière permette des greffes avec de la peau prélevée sur leur propre corps. La Nouvelle-Zélande achète régulièrement de la peau aux États-Unis, mais au cours des derniers jours, il a fallu effectuer une commande supplémentaire en raison du nombre de blessés lors de l’éruption. La peau – qui est conservée à -60 degrés – est acheminée en Nouvelle-Zélande par transport spécial à très basse température.
La demande en sang et en plasma a également considérablement augmenté depuis l’éruption  mais il n’y a pas de pénurie dans ce domaine.
Les chirurgiens disent que les problèmes les plus compliqués auxquels ils sont confrontés dans le traitement des brûlures graves sont la perte de liquide, la réanimation et la protection des voies respiratoires. Une fois que se produit une perte de liquide, la tension artérielle commence à baisser et la personne entre en état de choc, donc la réanimation et une perfusion intraveineuse sont cruciales pour éviter la défaillance d’un organe. L’autre problème est la protection des voies respiratoires qui peuvent se bloquer et créer une situation très dangereuse. Il faut souvent introduire un tube dans les poumons pour maintenir ouvertes les voies respiratoires et pour que le patient puisse toujours respirer.
La gravité des brûlures est mesurée en fonction de leur pourcentage de couverture sur le corps. Chez un adulte, une brûlure couvrant 20% du corps correspond à environ aux deux bras; c’est à ce moment que la personne commence à ressentir des effets sur tout le corps ; le système immunitaire s’affaiblit, le cœur ne fonctionne pas trop bien et on se trouve rapidement en état de choc.
Source: New Zealand Herald, hôpital d’Auckland.

Toute la presse est unanime pour souligner le travail effectué par les services hospitaliers néo-zélandais pour traiter au mieux les très graves blessures subies par les victimes de l’éruption.

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The injuries of the victims of the White Island eruption are so horrible that doctors say they feel they are working in a « war zone. » I’m going to report the descriptions in a soft way in order not to traumatize the readers of this blog.

One emergency doctor said: « It’s one of the most challenging things to look at because you know the patients are in so much pain and will be fighting for their life for the next two or three weeks and even then they could die. »

As surgeons continue to work around the clock, 29 patients remain under intensive hospital care at different New Zealand hospitals. One patient was transferred from Wellington to Australia.

When patients entered Waikato Hospital after the eruption, the staff could smell the sulphur coming from their clothing and saw « bits of dead skin » and « broken ash » peeling off their bodies. Doctors did what they could to help relieve pain and prevent infection.

Ten of the injured patients will be transferred to Victoria and New South Wales within 24 hours. Three Royal Australian Air Force aircraft had been deployed to New Zealand as part of the repatriation effort.

A doctor said two patients had suffered burns covering 90 per cent of their bodies. He hopes they will survive and the staff is doing all they can to treat them. All patients had more than 30 per cent burns and 22 still require airway support.

A skin donation – which can be stored in a freezer for up to five years – is used as dressing to help patients stay infection free and improve their outcomes until they are well enough to have skin grafts taken from their own body. New Zealand sources skin donations from the US regularly but in the last few days had required additional support due to those injured in the eruption. The skin – which is kept in storage of -60 degrees – is being transported to New Zealand in special frozen storage.

The demand for blood and plasma has also increased dramatically since the eruption and is being managed as there is no shortage of blood and plasma.

Surgeons say the biggest challenge for treating severe burns is fluid loss, resuscitation and protection of the airways. Once fluid loss occurs the blood pressure starts to drop and the person will go into shock, so resuscitation and inserting an intravenous line is crucial to avoid organ failure. The other issue is inhalation and protection of the airway which can block off, creating a very dangerous situation. People often require a tube to be put down into their lungs to keep the airway open and so the patient can still breathe basically.

The severity of burns is measured by the percentage of coverage on the body. In an adult 20 per cent burns equates to about two arms; this is when you start to get all general effects on the body – your immune system weakens, your heart doesn’t work too well, and you can go into shock.

Source : New Zealand Herald, Auckland hospital.

The whole press underlines the work performed by the hospital staff to alleviate the sufferings of the people injured during the eruption.