« Zones de guerre » dans les hôpitaux néo-zélandais // « War zones » in New Zealand hospitals

Les blessures des victimes de l’éruption de White Island sont si horribles à voir que les médecins disent avoir l’impression de travailler dans une «zone de guerre». Je vais faire part de quelques uns de leurs témoignages de manière la plus douce possible afin de ne pas traumatiser les lecteurs de ce blog.
Un médecin urgentiste a déclaré: « Notre tâche est extrêmement difficile parce que nous savons que les patients souffrent énormément et vont se battre pour leur vie pendant les deux ou trois prochaines semaines, sans savoir s’ils réussiront à survivre. »
Alors que les chirurgiens continuent de travailler 24 heures sur 24, 29 patients sont en soins intensifs dans différents hôpitaux de Nouvelle-Zélande. Un patient a pu être transféré de Wellington, la capitale, vers l’Australie.
Lorsque les blessés sont entrés à l’hôpital régional du Waikato après l’éruption, le personnel a senti l’odeur de soufre provenant de leurs vêtements et a vu des « lambeaux de peau morte » et des « des taches de cendre  » qui se décollaient de leur corps. Les médecins ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour soulager la douleur et prévenir l’infection.
Dix des blessés seront transférés dans les provinces australiennes de Victoria et de Nouvelles Galles du Sud dans les prochaines 24 heures. Trois avions de la Royal Australian Air Force ont été mis à disposition dans le cadre de ce rapatriement.
Un médecin a déclaré que deux patients avaient subi des brûlures couvrant 90% de leur corps. Il espère qu’ils survivront et le personnel fait tout ce qu’il peut pour les soigner. Tous les patients ont eu leur corps brûlé à plus de 30% et 22 ont encore besoin d’une assistance respiratoire.
Une peau provisoire – qui peut être conservée au froid pendant une période de cinq ans – est utilisée comme pansement pour mettre les patients à l’abri d’infections et pour améliorer leur condition jusqu’à ce cette dernière permette des greffes avec de la peau prélevée sur leur propre corps. La Nouvelle-Zélande achète régulièrement de la peau aux États-Unis, mais au cours des derniers jours, il a fallu effectuer une commande supplémentaire en raison du nombre de blessés lors de l’éruption. La peau – qui est conservée à -60 degrés – est acheminée en Nouvelle-Zélande par transport spécial à très basse température.
La demande en sang et en plasma a également considérablement augmenté depuis l’éruption  mais il n’y a pas de pénurie dans ce domaine.
Les chirurgiens disent que les problèmes les plus compliqués auxquels ils sont confrontés dans le traitement des brûlures graves sont la perte de liquide, la réanimation et la protection des voies respiratoires. Une fois que se produit une perte de liquide, la tension artérielle commence à baisser et la personne entre en état de choc, donc la réanimation et une perfusion intraveineuse sont cruciales pour éviter la défaillance d’un organe. L’autre problème est la protection des voies respiratoires qui peuvent se bloquer et créer une situation très dangereuse. Il faut souvent introduire un tube dans les poumons pour maintenir ouvertes les voies respiratoires et pour que le patient puisse toujours respirer.
La gravité des brûlures est mesurée en fonction de leur pourcentage de couverture sur le corps. Chez un adulte, une brûlure couvrant 20% du corps correspond à environ aux deux bras; c’est à ce moment que la personne commence à ressentir des effets sur tout le corps ; le système immunitaire s’affaiblit, le cœur ne fonctionne pas trop bien et on se trouve rapidement en état de choc.
Source: New Zealand Herald, hôpital d’Auckland.

Toute la presse est unanime pour souligner le travail effectué par les services hospitaliers néo-zélandais pour traiter au mieux les très graves blessures subies par les victimes de l’éruption.

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The injuries of the victims of the White Island eruption are so horrible that doctors say they feel they are working in a « war zone. » I’m going to report the descriptions in a soft way in order not to traumatize the readers of this blog.

One emergency doctor said: « It’s one of the most challenging things to look at because you know the patients are in so much pain and will be fighting for their life for the next two or three weeks and even then they could die. »

As surgeons continue to work around the clock, 29 patients remain under intensive hospital care at different New Zealand hospitals. One patient was transferred from Wellington to Australia.

When patients entered Waikato Hospital after the eruption, the staff could smell the sulphur coming from their clothing and saw « bits of dead skin » and « broken ash » peeling off their bodies. Doctors did what they could to help relieve pain and prevent infection.

Ten of the injured patients will be transferred to Victoria and New South Wales within 24 hours. Three Royal Australian Air Force aircraft had been deployed to New Zealand as part of the repatriation effort.

A doctor said two patients had suffered burns covering 90 per cent of their bodies. He hopes they will survive and the staff is doing all they can to treat them. All patients had more than 30 per cent burns and 22 still require airway support.

A skin donation – which can be stored in a freezer for up to five years – is used as dressing to help patients stay infection free and improve their outcomes until they are well enough to have skin grafts taken from their own body. New Zealand sources skin donations from the US regularly but in the last few days had required additional support due to those injured in the eruption. The skin – which is kept in storage of -60 degrees – is being transported to New Zealand in special frozen storage.

The demand for blood and plasma has also increased dramatically since the eruption and is being managed as there is no shortage of blood and plasma.

Surgeons say the biggest challenge for treating severe burns is fluid loss, resuscitation and protection of the airways. Once fluid loss occurs the blood pressure starts to drop and the person will go into shock, so resuscitation and inserting an intravenous line is crucial to avoid organ failure. The other issue is inhalation and protection of the airway which can block off, creating a very dangerous situation. People often require a tube to be put down into their lungs to keep the airway open and so the patient can still breathe basically.

The severity of burns is measured by the percentage of coverage on the body. In an adult 20 per cent burns equates to about two arms; this is when you start to get all general effects on the body – your immune system weakens, your heart doesn’t work too well, and you can go into shock.

Source : New Zealand Herald, Auckland hospital.

The whole press underlines the work performed by the hospital staff to alleviate the sufferings of the people injured during the eruption.

Anak Krakatau : Une histoire de survie // Surviving Anak Krakatau

On peut lire sur le site web The Watchers un article très intéressant sur la récente éruption de l’Anak Krakatau. L’article est illustré de photos prises par James Reynolds de EarthUncutTV qui s’est rendu dans le secteur de l’Anak Krakatau le 10 janvier 2019, deux semaines après l’éruption et le tsunami dévastateur du 22 décembre 2018. Les photos montrent les profonds changements subis par le volcan.
Il y a également une vidéo en accéléré illustrant l’activité phréatomagmatique du 4 janvier 2019.
Une autre vidéo est l’interview d’un pêcheur indonésien qui se trouvait à proximité de l’Anak Krakatau lors de l’effondrement et du tsunami du 22 décembre. Son récit est poignant et met en lumière ce qui s’est passé sur le volcan ce jour-là. Il explique que l’éruption observée vers 20 heures était différente de celles qu’il avait vues auparavant et qu’elle a atteint son point culminant avant le tsunami. La foudre était présente sur le volcan. Il a pêché beaucoup de poissons ce jour-là, beaucoup plus que la normale. Cependant, à cause de la situation qui empirait, les pêcheurs ont décidé de rentrer chez eux plus tôt que prévu. Soudain, des vagues énormes sont arrivées sans prévenir. Le pêcheur a dit qu’il avait vu l’île de Sertung (à 3 km de l’Anak Krakatau) se faire submerger par les eaux. Il y a peut-être eu jusqu’à quatre vagues. Selon lui, l’une d’elle mesurait probablement 25 mètres de haut, car elle était plus grande que les arbres de l’île. Il pouvait voir clairement l’événement, car la lune éclairait le ciel ce soir-là.
Un autre pêcheur a confirmé que deux des vagues du tsunami étaient particulièrement grosses. Il a été jeté à la mer. L’eau s’est retirée et une autre vague a frappé. Il pensait qu’il allait mourir. Lui et son ami se sont rendus sur l’île de Sertung. Il est monté dans la forêt et il s’est attaché à un arbre avec une corde et y est resté toute la nuit, jusqu’au matin. Le lendemain matin, il s’est aperçu que quelques autres pêcheurs avaient survécu eux aussi. Ils sont restés sur l’île de Sertung pendant 5 jours. Ils avaient très faim et ont mangé des noix de coco pour survivre. La matinée du dernier jour, ils ont décidé d’essayer de nager jusqu’à l’île Sebesi, qui était la plus proche. Ils ont fabriqué un radeau é l’aide de débris d’arbres pour pouvoir s’y accrocher. Ils ont atteint Sebesi le lendemain matin. Seulement 3 d’entre eux ont réussi à atteindre l’île car un pêcheur est tombé et a péri en mer. Selon le premier pêcheur interrogé, il y avait 15 pêcheurs dans le secteur de l’Anak Krakatau le jour du tsunami. Sept sont rentrés chez eux, un est décédé et sept autres sont portés disparus.
Source: The Watchers.

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One can read on the website The Watchers a very interesting article about the recent eruption of Anak Krakatau. The article is illustrated with photos taken by James Reynolds of EarthUncutTV who visited Anak Krakatau on January 10th, 2019, two weeks after the recent eruptions and devastating tsunami of December 22nd, 2018.  The photos show the deep changes undergone by the volcano.

There is also a time lapse video that shows the phreatomagmatic activity on January 4th, 2019.

The other video is an interview with an Indonesian fisherman who was at Krakatau during the collapse and tsunami on December 22nd, 2018. His account is frightening, but also sheds important light on details on what happened at Anak Krakatau that day. He said the eruption of Krakatau climaxed before the tsunami, and that the eruption around 20:00 in the evening became different from what they had seen before. Lightning was produced by the volcano. He got a lot of fish this day, much more than normal. However, because of the condition, the fishermen decided to return home early. Suddenly, huge waves arrived without warning. The fisherman said he could see Sertung Island (3 km from Anak Krakatau) become engulfed in water. There may have been as many as four waves. He said one of them was probably 25 metres tall, as it was taller than the trees on the island. He could see the event clearly, as the moon was up that evening.

Another fisherman confirmed that two of the tsunami waves were particularly big. He was thrown out at sea. The water receded, and another wave hit. He thought he was going to die. He and his friend made it to Sertung Island. He went up the forest and he used a rope to tie himself to a tree, and stayed there all night until the morning. Next morning he found that few other fishermen had also survived. They stayed on Sertung Island for 5 days. They were starving, surviving on coconuts. On the last day in the morning, the four of them decided to try to swim to Sebesi Island, the closest inhabited island. They made a raft made of tree-debris so they could hold on to. They reached Sebesi the next morning. Only 3 of them made it, one got separated and perished at sea. According to the first fisherman in the interview,, there were 15 fishermen at Krakatau on the day of the tsunami. 7 have returned home, 1 died and 7 others are missing.

Source: The Watchers.

 L’Anak Krakatau vu depuis l’espace le 2 janvier 2019 (Source: Planet labs)