Les insuffisances de la COP26 à propos de l’Arctique // The inadequacies of COP26 regarding the Arctic

Bien que la région se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète, l’Arctique a été largement mis de côté pendant les discussions de la COP26 qui était censée trouver des solutions au réchauffement climatique.
Un panel de chercheurs et d’analystes de l’Arctique appartenant à la Woods Hole Oceanographic Institution et au Woodwell Climate Research Center souhaite maintenant se faire entendre devant les décideurs internationaux et alerter sur la gravité du réchauffement climatique. Ces scientifiques demandent que soient effectuées plus de recherches, et une plus grande intégration du réchauffement polaire dans les discussions et la modélisation du changement climatique. Ils insistent sur le fait qu’il existe dans l’Arctique un équilibre délicat de la vie aux extrêmes, mais que l’intégrité de la région perd cet équilibre à cause du changement climatique d’origine anthropique.

Ainsi, la perte de réflectivité de l’Arctique à mesure que la glace de mer et la couverture neigeuse disparaissent signifie qu’une plus grande partie de l’énergie solaire est absorbée par la mer et par la terre. De plus, les modifications subies par les courants dans la mer et l’atmosphère entraînent un réchauffement de la température de l’eau et de l’air dans l’Arctique qui a enregistré des températures record de 37°C en certains endroits en août 2020.
Alors que les négociateurs de la COP26 se demandaient comment éviter une augmentation de 1,5°C de la température moyenne de la planète, un glaciologue de l’OMSI a souligné lors d’une conférence qu’il ne faut que quelques dixièmes de degré de différence de température pour passer de la glace à l’eau, et que la glace du Groenland est extrêmement sensible à ces changements.
Alors que la disparition de glaciers relativement petits fait la une des journaux, ils représentent des réservoirs d’eau douce relativement réduits par rapport à la calotte glaciaire du Groenland qui couvre une superficie d’environ trois fois la taille du Texas et mesure jusqu’à près de cinq kilomètres d’épaisseur
Jusqu’à récemment, la calotte glaciaire du Groenland était relativement stable. La perte de glace et de neige chaque été était compensée par l’accumulation hivernale. Mais en 1990, cet équilibre s’est rompu; avec sa fonte, la glace plus humide est plus foncée et absorbe plus de chaleur du soleil, ce qui amplifie la fonte.
En conséquence, la perte annuelle de glace de la calotte du Groenland s’est accélérée, passant de moins d’une gigatonne par an dans les années 1990 à 345 en 2011, selon une étude réalisée en 2019 par un panel international de scientifiques spécialistes des régions polaires. La calotte glaciaire du Groenland disparaît à un rythme proche de celui envisagé par le GIEC dans son scénario le plus pessimiste. Alors que la Terre entre dans une ère glaciaire tous les 100 000 ans, le réchauffement dû aux émissions de gaz à effet de serre a retiré la Terre de ce cycle.
La disparition de la calotte glaciaire du Groenland a des conséquences sur le niveau de la mer. La fonte totale du Groenland pourrait entraîner une élévation de la mer de plus de 6 mètres, selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC). Deux cent trente millions de personnes vivent actuellement à moins d’un mètre en dessous des lignes de marée haute ; 190 millions d’autres seront en péril dans le scénario à faibles émissions de carbone; 630 millions seront menacées si l’on se réfère au calcul prévoyant des émissions élevées.
Les chercheurs ont découvert que les espèces marines vivant dans des eaux plus chaudes se sont déplacées vers les régions polaires, et que les espèces arctiques se sont déplacées encore plus au nord. Bien que cela puisse être bénéfique dans certains cas, comme l’augmentation des captures de saumons dans les eaux du nord de l’Alaska, cela peut également avoir des conséquences profondément négatives comme la propagation d’algues qui produisent des saxitoxines et de l’acide domoïque susceptibles de tuer les humains et anéantir la vie marine.
Les scientifiques s’inquiètent également des impacts du réchauffement des températures sur le pergélisol qui est présent dans 22% de la masse continentale de la Terre. Le pergélisol fait à la fois partie intégrante du paysage et des écosystèmes, en particulier dans la zone boréale arctique, mais contient également des quantités importantes de matière organique provenant de la flore en décomposition. Un dégel complet du pergélisol pourrait libérer dans l’atmosphère deux fois la quantité de carbone contenue dans tous les arbres de la planète. Selon un récent rapport du GIEC sur la cryosphère et les océans, si seulement 10 % du dioxyde de carbone du pergélisol se retrouve dans l’atmosphère, cela ajoutera une quantité équivalente à la moitié des émissions totales de l’homme au cours du siècle dernier.
De plus, le pergélisol est le fondement du paysage boréal arctique. Son dégel provoque un affaissement des sols, envoie des sédiments dans les rivières et affecte l’écoulement et la rétention des eaux souterraines. Une telle situation peut provoquer des changements significatifs dans les écosystèmes locaux, créant des zones humides et des déserts. Les chercheurs s’attendent à voir disparaître entre un quart et les trois quarts du pergélisol d’ici la fin de ce siècle. Toutefois, l’ampleur du problème n’est pas connue car la région occupée par le pergélisol est vaste et éloignée de tout. La science arctique n’en est qu’à ses débuts et seul un petit pourcentage des modèles d’émissions de carbone utilise des données sur le pergélisol. Aucun n’utilise d’estimations concernant le nombre et l’étendue de plus en plus grande des incendies dans l’Arctique lors du dégel du pergélisol.
Afin de sensibiliser les décideurs politiques à la situation préoccupante dans l’Arctique, des scientifiques, dont des chercheurs de l’OMSI et de Woodwell, plaident pour un dialogue à l’échelle internationale sur la cryosphère. Ils demandent que soit lancée une discussion internationale structurée entre scientifiques et décideurs politiques sur des questions telles que le pergélisol et la calotte glaciaire du Groenland. Ils espèrent que leur demande sera satisfaite avant l’été 2022. En particulier, les chercheurs expliquent que le dernier rapport du GIEC a fait une estimation préliminaire de l’impact du dégel progressif du pergélisol, mais n’a pas tenu compte du dégel rapide ou des incendies

Source: Yahoo News.

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Although the region is warming at three times the global rate, the Arctic has largely been left out of the COP 26 climate change discussions on how to ease global warming.

A panel of Arctic researchers and policy analysts from the Woods Hole Oceanographic Institution and the Woodwell Climate Research Center now want to state their case before international climate change policy makers. They are asking for more research and greater incorporation of polar warming into climate change discussions and modeling. They insist that there is in the Arctic a delicate balance to life at the extremes of what can be endured, but the region’s integrity is rapidly coming undone by human-induced climate change.

Loss of reflectivity, as the region’s sea ice and snow cover disappear, means more of the sun’s energy is absorbed into its seas and land. Plus changes in currents in the sea and atmosphere bring warmer water and air temperature to the Arctic which saw record-breaking 37°C temperatures in some locations in August 2020.

While negotiators at COP 26 haggled over how to avoid a 1.5 degree Celsius increase in global mean temperature, a WHOI glaciologist pointed out during a conference that it only takes a few tenths of a degree difference in temperature to go from ice to water, and the ice across Greenland is extremely susceptible to these changes.

While the disappearance of relatively small glaciers makes for front-page news, those are relatively small reservoirs of freshwater when compared with the Greenland ice sheet which covers an area roughly three times the size of Texas and is nearly five kilometers high at its thickest point.

Until recently, Greenland’s ice cap was relatively stable. Ice and snow loss each summer was offset by winter accumulation. But in 1990, it became unbalanced, Wetter ice is darker ice and absorbs more of the sun’s heat, amplifying the melt.

As a result, the Greenland ice sheet annual ice loss has accelerated from less than one gigatonne per year in the 1990s to 345 by 2011, according to a 2019 study by an international panel of polar scientists. The Greenland ice sheet is disappearing at a rate close to that used by the international Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) in its worst-case scenario. While the earth enters an ice age every 100,000 years, the warming due to human greenhouse gas emissions has removed the earth from that cycle.

The disappearance of the Greenland ice sheet has sea-level consequences. A complete melt could lead to over 6 meters of sea rise, according to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC). Two hundred and thirty million people currently live less than a meter below current high tide lines; 190 million more will be imperiled under the low carbon emissions scenario and 630 million projected using the high emissions calculation.

Researchers have found that warmer water marine species have expanded into the polar regions and the Arctic species moved even farther north. While that may be beneficial in some instances, like increased catches of salmon in northern Alaskan waters, it can also have profoundly negative consequences like the spread of algae that produce saxitoxins and domoic acid that can kill people and marine life.

Scientists are also worried by the impacts of warming temperatures on permafrost which is present in 22% of the Earth’s landmass. Permafrost is both integral to the landscape and ecosystems, particularly in the Arctic Boreal Zone, but also contains massive amounts of organic matter from decomposed plant life. A complete thaw could unleash twice the amount of carbon into the atmosphere contained in all the trees on the planet. According to a recent IPCC report on the cryosphere and oceans, if just 10% of the carbon dioxide in permafrost ends up in the atmosphere, it could add an amount equivalent to half the total emissions from humans over the past century.

Plus, permafrost is the foundation of the Arctic boreal landscape. Thawing causes massive slumping of land, releases sedimentation into rivers, and affects groundwater flow and retention to the point where it can cause dramatic local ecosystem changes, creating wetlands and deserts. Researchers expect to see the loss of between one-quarter to three-quarters of permafrost by the end of this century. But the full extent of the problem is not known because the permafrost region is vast and remote. With Arctic science still evolving, only a small percentage of carbon emission models use permafrost data. And none use estimates of the increasing number and breadth of arctic fires in permafrost thawing.

In order to make policy makers aware of the worrying situation in the Arctic, scientists including researchers from WHOI and Woodwell are advocating for an international cryosphere dialogue; an international structured discussion among scientists and policy makers around issues like permafrost and the Greenland ice sheet. They are hoping that will happen this summer.

The researchers explain that the last IPCC report did make a preliminary estimate of the impact of gradual permafrost thawing, but didn’t account for rapid thaw or fires.

Source: Yahoo News.

Photos: C. Grandpey

L’avenir sombre des ours polaires // The dark future of polar bears

La glace de mer fond dans l’Arctique et les ours polaires sont les grandes victimes du réchauffement climatique. Ils sont répertoriés comme « menacés » sur la liste des espèces en danger. Les responsables politiques réunis à Glasgow pour la COP 26 ont-ils évoqué l’avenir des ours polaires ? Rien n’est moins sûr.
Le destin des ours polaires et celui de la glace de mer arctique sont étroitement liés. La glace de mer – autrement dit l’eau de mer gelée – rétrécit pendant l’été à mesure qu’elle se réchauffe, puis se forme à nouveau pendant les longs mois d’hiver. C’est lorsqu’on se rend compte à quel point elle rétrécit que le réchauffement climatique entre en jeu. Plus la glace de mer rétrécit en été, plus elle s’amincit aussi. Cela fait longtemps que les chercheurs tirent la sonnette d’alarme et avertissent que les étés sans glace de mer sont inévitables. La Terre connaîtra très bientôt un été avec moins d’un million de kilomètres carrés de glace de mer dispersée en minuscules morceaux à travers l’Arctique. Les derniers chiffres du NSIDC n’incitent guère à l’optimisme. La réduction linéaire de l’étendue de glace de mer sur les données satellitaires montrait une tendance de 82 100 kilomètres carrés par an en octobre 2021, soit 9,8 % par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010. Globalement, depuis 1979, le mois d’octobre a perdu 3,45 millions de kilomètres carrés de glace, ce qui équivaut à deux fois la taille de l’État d’Alaska.
La grande question est de savoir quand l’Arctique ressemblera à « un océan bleu » totalement dépourvu de glace. Peut-être dès les années 2030, très probablement dans les années 2040 et presque assurément dans les années 2050. L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste du monde. Au cours de certaines saisons, il s’est réchauffé trois fois plus vite que le reste du globe. La cause est «l’amplification arctique». Le mécanisme est facile à comprendre : la surface blanche de la glace arctique réfléchit la chaleur. Lorsque la glace fond, la mer de couleur sombre absorbe beaucoup plus de chaleur, ce qui réchauffe l’eau encore plus rapidement.

S’agissant des ours polaires, il existe 19 sous-populations différentes dans l’Arctique. Certaines sont vraiment en difficulté, en particulier les plus au sud, tandis que d’autres montrent une certaine stabilité. Leur survie d’un endroit à l’autre est fortement liée à la présence de la glace de mer. En été, les ours polaires sortent sur la glace pour chasser et se nourrir. C’est la période où ils prennent du poids pour survivre à l’hiver. Ils préfèrent les zones recouvertes à plus de moitié de glace car ce sont les terrains de chasse les plus productifs. Plus il y a de glace, plus ils peuvent se déplacer et plus ils peuvent manger.
Il y a à peine 30 ou 40 ans, les ours faisaient un festin de phoques et de morses sur la glace. Dans les années 1980, les mâles étaient énormes, les femelles se reproduisaient régulièrement et les oursons survivaient bien. Bref, la population avait l’air en bonne forme. Avec la perte de glace, les ours ne se portent plus aussi bien. Un signe ne trompe pas; c’est la proportion plus élevée d’oursons qui meurent avant leur premier anniversaire.
Les ours polaires sont des mammifères terrestres qui se sont adaptés à la mer. Les animaux qu’ils mangent – phoques et morses pour la plupart – sont aquatiques. Les ours s’en sortent mieux lorsqu’ils peuvent chasser dans des eaux peu profondes, généralement proches de la terre ferme. Mais ces dernières années, la glace de mer s’est retirée vers le large pendant la plupart des étés. Cela a forcé les ours à dériver sur la glace et atteindre des eaux profondes – parfois de 1 000 mètres de profondeur – dépourvues de leurs proies habituelles. Les ours sont alors obligés de nager longtemps et finissent épuisés. Ils maigrissent et se mettent en danger.
Au large de l’Alaska, les ours polaires de la mer de Beaufort et de la mer des Tchouktches offrent un contraste saisissant. Si on va à 40 ou 60 kilomètres au large de Prudhoe Bay dans la mer de Beaufort, on est sûr de trouver des eaux très pauvres en nourriture pour les ours. Plus au sud dans la mer des Tchoukches, l’eau est moins profonde, ce qui permet aux morses de prospérer. Ils fournissent de la nourriture aux ours polaires. En conséquence; les ours des Tchouktches semblent se porter plutôt bien grâce à cette nourriture abondante. En revanche, les ours de Beaufort donnent un aperçu de ce qui attend l’espèce dans les prochaines années.
Les dirigeants mondiaux qui se sont réunis en Écosse étaient censés prendre des mesures pour tenter de freiner le réchauffement climatique, mais il est probablement déjà trop tard pour les ours polaires. Si la COP 26 avait abouti à des mesures positives, notre planète aurait pu retrouver un Arctique avec une importante surface de glace de mer à la fin de ce siècle et au 22ème siècle. Mais ce rêve a peu de chances de se réaliser et l’espoir est en train de fondre avec la glace de mer.
Source : Yahoo News.

Vous aurez accès à une présentation interactive de la situation dans l’Arctique en cliquant sur ce lien :
https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

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In the Arctic, sea ice is melting and polar bears are the victims of global warming. They are marked as “threatened” on the endangered species list, Did the world leaders who met in Glasgow for COP 26 thought about the future of polar bears? Not so sure.

The fates of polar bears and Arctic sea ice are closely connected. Arctic sea ice – frozen ocean water – shrinks during the summer as it gets warmer, then forms again in the long winter. How much it shrinks is where global warming kicks in. The more the sea ice shrinks in the summer, the thinner the ice is overall. Researchers warn that summers without sea ice are inevitable. The Earth will soon see a summer with less than 1 million square kilometers of sea ice scattered in tiny bits across the Arctic. The latest NSIDC fifures do not incite to be optimistic. The downward linear trend in October 2021 sea ice extent over the satellite record is 82,100 square kilometers per year, or 9.8 percent per decade relative to the 1981 to 2010 average. Overall, since 1979, October has lost 3.45 million square kilometers of ice, based on the linear trend. This is equivalent to twice the size of the state of Alaska.

The big question is when the Arctic will look like « a blue ocean. » Maybe as early as the 2030s, most likely in the 2040s and almost assuredly by the 2050s. The Arctic has been warming twice as fast as the rest of the world. In some seasons, it has warmed three times faster than the rest of the globe. The cause is “Arctic amplification.” The mechanism is easy to understand: white ice in the Arctic reflects heat. When it melts, the dark sea absorbs much more heat, which warms the oceans even more quickly.

As far as polar bears are concerned, there are 19 different subpopulations in the Arctic. Some are really in trouble, especially the southernmost ones, while others are pretty close to stable. But their survival from place to place is linked heavily to sea ice.

In the summertime, polar bears go out on the ice to hunt and eat. This is the period when they put on weight to sustain them through the winter. They prefer areas that are more than half covered with ice because they are the most productive hunting and feeding grounds. The more ice, the more they can move around and the more they can eat.

Just 30 or 40 years ago, the bears feasted on a buffet of seals and walrus on the ice. In the 1980s, the males were huge, females were reproducing regularly and cubs were surviving well. In short, the population looked good. With ice loss, the bears have not been doing as well. One sign is that av higher proportion of cubs are dying before their first birthdays.

Polar bears are land mammals that have adapted to the sea. The animals they eat – seals and walruses mostly – are aquatic. The bears fare best when they can hunt in shallow water, which is typically close to land. But in recent years the sea ice has retreated far offshore in most summers. That has forced the bears to drift on the ice into deep waters – sometimes 1,000 metres deep – that are devoid of their prey. The bears are forced to swim a long time and are exhausted in the end. ,

Off Alaska, the Beaufort Sea and Chukchi Sea polar bears provide a telling contrast. If you go 40 to 60 kilometers offshore from Prudhoe Bay in the Beaufort Sea and you are sure to find very unproductive waters. Further south in the Chukchi, the water is shallower, which allows bottom-feeding walruses to thrive. That provides food for polar bears. The bears in the Chukchi seem to be faring pretty well because of that additional productivity. But the bears of the Beaufort give us a real good early warning of where this is all coming to

The world leaders who met in Scotland were supposed to take measures to try to curb climate change, but it is probably too late for the polar bears. If COP 26 had produced something positive, the world might have seen once again an Arctic with significant sea ice in the summer late this century and in the 22nd century. But this dream is unlikely to come true and hope is melting with the sea ice.

Source: Yahoo News.

You will have accessto an interactive presentation of the situation in the Arctic by clicking on this link:

https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

Photos: C. Grandpey

COP 26 : L’ouverture de l’Arctique et ses enjeux // COP 26 : The opening of the Arctic and its challenges

Le Conseil de l’Arctique est un forum intergouvernemental traitant des problèmes rencontrés par les gouvernements des États ayant une partie de leur territoire dans l’espace arctique et par les peuples autochtones de la région. La dernière réunion du Conseil à eu lieu le 20 mai 2021 en Islande. Elle a débouché sur une déclaration commune sur la nécessité de préserver la paix et de lutter contre le réchauffement climatique. Cette déclaration commune pleine de promesse n’est en réalité qu’une façade car les rivalités ne cessent de grandir dans cette région. Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes sur ce blog, elle est devenue le pôle de toutes les convoitises.

Lors de la réunion à Reykjavik, la Russie, les États-Unis, le Canada, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Norvège et l’Islande ont parlé développement durable, coopération pacifique et protection des populations autochtones menacées par le réchauffement climatique qui est trois fois plus rapide dans l’Arctique que sur le reste de la planète. Au cours de la réunion, rien n’a été dit sur les tensions géopolitiques ou de la militarisation du Grand Nord,

En théorie, le Conseil de l’Arctique n’a pas vocation à traiter des questions de sécurité militaire.Pourtant, elles servent de toile de fond de ce sommet qui se déroule tous les deux ans. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a rappelé fermement que l’Arctique était une zone d’influence légitime de Moscou et il a dénoncé « l’offensive » occidentale dans la région. De son côté, Antony Blinken, Secrétaire d’Etat américain en visite au Danemark, avait pointé du doigt « l’augmentation de certaines activités militaires dans l’Arctique ».

Depuis 2010, la Russie a construit ou modernisé 14 bases militaires datant de l’époque soviétique et multiplié les exercices militaires.

De son côté, l’OTAN fait également des démonstrations de force avec des exercices militaires de plus en plus fréquents. En 2018, l’un d’eux en Norvège avait rassemblé des troupes des 29 pays membres, rejointes par celles de la Suède et de la Finlande. Cette manœuvre de grande ampleur avait provoqué la fureur du Kremlin.

Source: Le Monde Diplomatique

Longtemps perçu comme un territoire hostile et inaccessible, l’Arctique est aujourd’hui convoité par les grandes puissances et le réchauffement climatique y est pour beaucoup. L’Institut polaire norvégien révèle que, pour la première fois depuis le début de ses constatations en 1972, le passage du Nord-Ouest est entièrement ouvert à la navigation. Selon les experts du Giec, avec la hausse des températures, la banquise pourrait totalement disparaître en été d’ici 2030, ouvrant de nouvelles voies maritimes, notamment le passage du Nord-Est. En regardant une carte, on comprend l’intérêt de cette nouvelle situation. Le passage du Nord-Est (en rouge) forme le chemin maritime le plus court pour relier l’Europe à l’Asie, soit 12 jours de moins que par la route habituelle (en bleu) qui passe par le canal de Suez.

L’Arctique est une aubaine économique pour les pays concernés car la région regorge de trésors : nickel, plomb, zinc, uranium, platine, etc. Selon une étude de l’USGS, la zone arctique recèlerait plus de 22 % des réserves mondiales d’hydrocarbures non encore découvertes et contiendrait plus de 10% des réserves mondiales de pétrole et près de 30% des réserves de gaz naturel.

Une grande majorité de ces hydrocarbures est située dans la zone économique exclusive russe, et Vladimir Poutine mise beaucoup sur cet eldorado polaire. Symbole de ces aspirations : la gigantesque usine de liquéfaction de gaz de Sabetta dans la péninsule de Yamal, conçue en collaboration avec la Chine et le groupe français Total.

Le revers de la médaille, c’est que l’ouverture de ces passages dans l’Arctique risque de se solder par un désastre écologique, mais aucun des pays concernés ne fait mention de cet aspect de la question lors des réunions. On le sait, mais on ne dit rien.

Ces nouvelles routes maritimes sont aussi un enjeu géostratégique et pourraient devenir source de conflits. Il est facile d’imaginer que la Russie, qui détient le plus de frontières avec l’Arctique, décide de bloquer ces routes en cas de tensions avec les pays occidentaux. Toutefois, à l’heure actuelle, aucun pays arctique n’a intérêt à développer un conflit armé dans la région car l’instabilité ferait fuir les investisseurs.

Depuis plusieurs années, la Chine ne cache pas son attrait pour l’Arctique qui est pourtant situé à 1400 km de ses côtes. Ce regain d’intérêt s’est matérialisé dès 2004 par la construction d’une station scientifique sur l’archipel norvégien du Svalbard. La Chine s’est peu à peu imposée comme un partenaire scientifique majeur mais aussi comme un partenaire économique. En 2013, l’Islande est devenue le premier pays européen à signer un accord de libre-échange avec Pékin. La même année, la Chine a fait son entrée au Conseil de l’Arctique avec un statut de pays observateur.

En janvier 2018, la Chine a présenté pour la première fois sa politique arctique et se définit désormais comme un « État proche-Arctique. »

Source: France 24.

En observant la politique de la Russie et de la Chine dans l’Arctique, on comprend mieux pourquoi leurs présidents ne sont pas présents à la COP 26 de Glasgow.

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The Arctic Council is an intergovernmental forum dealing with the problems faced by the governments of the states having part of their territory in the Arctic space and by the indigenous peoples of the region. The last Council meeting took place on May 20th, 2021 in Iceland. It resulted in a joint declaration on the need to preserve peace and fight against global warming. This joint declaration full of promise is in reality only a facade because rivalries continue to grow in this region. As I indicated in several posts on this blog, it has become a pole of interests.
During the meeting in Reykjavik, Russia, the United States, Canada, Denmark, Sweden, Finland, Norway and Iceland spoke about sustainable development, peaceful cooperation and the protection of indigenous populations threatened by global warming. which is three times faster in the Arctic than anywhere else on the planet. During the meeting, nothing was said about geopolitical tensions or the militarization of the Far North,
In theory, the Arctic Council is not meant to deal with military security issues, yet they serve as the backdrop for this biennial summit. Sergey Lavrov, the Russian Foreign Minister, firmly recalled that the Arctic was an area of legitimate influence of Moscow and he denounced the Western « offensive » in the region. For his part, Antony Blinken, US Secretary of State visiting Denmark, had pointed out « the increase in certain military activities in the Arctic ».
Since 2010, Russia has built or modernized 14 military bases dating from the Soviet era and increased military exercises.
For its part, NATO is also making demonstrations of force with increasingly frequent military exercises. In 2018, one of them in Norway had gathered troops from 29 member countries, joined by those from Sweden and Finland. This large-scale maneuver had provoked the Kremlin’s fury.
Long perceived as a hostile and inaccessible territory, the Arctic is now coveted by the great powers and global warming has a lot to do with it. The Norwegian Polar Institute has revealed that, for the first time since the start of its findings in 1972, the Northwest Passage is « entirely open to navigation. According to IPCC experts, with the rise in temperatures, the ice sheet could completely disappear in summer by 2030, opening up new maritime routes, in particular the Northeast Passage. Looking at a map, one understands the interest of this new situation. The Northeast Passage forms the most important maritime route. short to connect Europe to Asia, 12 days less than the usual route, which passes through the Suez Canal (see map above).
The Arctic is an economic boon for the countries concerned because the region is full of treasures: nickel, lead, zinc, uranium, platinum, etc. According to a USGS study, the Arctic zone contains more than 22% of the world’s undiscovered hydrocarbon reserves and contains more than 10% of the world’s oil reserves and nearly 30% of the natural gas reserves.
A large majority of these hydrocarbons are located in the Russian exclusive economic zone, and Vladimir Putin is betting heavily on this polar El Dorado. Symbol of these aspirations: the gigantic Sabetta gas liquefaction plant on the Yamal peninsula, designed in collaboration with China and the French group Total.
The flip side is that the opening of these passages in the Arctic could end in ecological disaster, but none of the countries concerned mentioned this aspect of the matter at the meetings. They know it, but they say nothing.
These new maritime routes are also a geostrategic issue and could become a source of conflict. It is easy to imagine that Russia, which holds the most borders with the Arctic, decides to block these routes in the event of tensions with the Western countries. However, at present, no Arctic country has an interest in developing armed conflict in the region because instability would scare investors away.
For several years, China has not hidden its interest in the Arctic, although it is located 1,400 km from its coast. This renewed interest materialized in 2004 with the construction of a scientific station on the Norwegian archipelago of Svalbard. China has gradually established itself as a major scientific partner but also as an economic partner. In 2013, Iceland became the first European country to sign a free trade agreement with Beijing. In the same year, China entered the Arctic Council with observer status.
In January 2018, China first presented its Arctic policy and now defines itself as a « near arctic state. »
Source: France 24.

Looking at the policy of Russia and China in the Arctic, it is easy to understand why their presidents are not attending COP26 in Glasgow.

Le dégel du pergélisol, une bombe à retardement

J’ai regardé hier soir sur la chaîne Ushuaia TV un excellent documentaire très récent puisqu’il a été réalisé en 2021. Tourné majoritairement au Svalbard, il met en évidence les conséquences du dégel du permafrost (ou pergélisol), en particulier au niveau sanitaire, avec le risque de voir apparaître de nouveaux virus. J’ai abordé ce sujet à plusieurs reprises sur ce blog. En particulier, j’ai alerté sur la conservation du virus de la grippe espagnole dans les corps de jeunes mineurs norvégiens enterrés au Svalbard en 1918. J’ai aussi expliqué comment des éleveurs de rennes en Sibérie avaient été contaminés par une épidémie d’anthrax provoquée par une carcasse de renne suite au dégel du permafrost.

Dégel du pergélisol : Une nouvelle découverte inquiétante // Permafrost thawing : Another disturbing discovery

Vous trouverez la bande-annonce de ce documentaire ainsi que les dates des prochaines diffusions en cliquant sur ce lien:

https://ushuaiatv.fr/programmes/d%C3%A9gel-du-perg%C3%A9lisol-une-bombe-%C3%A0-retardement-93697