L’avenir sombre des ours polaires // The dark future of polar bears

La glace de mer fond dans l’Arctique et les ours polaires sont les grandes victimes du réchauffement climatique. Ils sont répertoriés comme « menacés » sur la liste des espèces en danger. Les responsables politiques réunis à Glasgow pour la COP 26 ont-ils évoqué l’avenir des ours polaires ? Rien n’est moins sûr.
Le destin des ours polaires et celui de la glace de mer arctique sont étroitement liés. La glace de mer – autrement dit l’eau de mer gelée – rétrécit pendant l’été à mesure qu’elle se réchauffe, puis se forme à nouveau pendant les longs mois d’hiver. C’est lorsqu’on se rend compte à quel point elle rétrécit que le réchauffement climatique entre en jeu. Plus la glace de mer rétrécit en été, plus elle s’amincit aussi. Cela fait longtemps que les chercheurs tirent la sonnette d’alarme et avertissent que les étés sans glace de mer sont inévitables. La Terre connaîtra très bientôt un été avec moins d’un million de kilomètres carrés de glace de mer dispersée en minuscules morceaux à travers l’Arctique. Les derniers chiffres du NSIDC n’incitent guère à l’optimisme. La réduction linéaire de l’étendue de glace de mer sur les données satellitaires montrait une tendance de 82 100 kilomètres carrés par an en octobre 2021, soit 9,8 % par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010. Globalement, depuis 1979, le mois d’octobre a perdu 3,45 millions de kilomètres carrés de glace, ce qui équivaut à deux fois la taille de l’État d’Alaska.
La grande question est de savoir quand l’Arctique ressemblera à « un océan bleu » totalement dépourvu de glace. Peut-être dès les années 2030, très probablement dans les années 2040 et presque assurément dans les années 2050. L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste du monde. Au cours de certaines saisons, il s’est réchauffé trois fois plus vite que le reste du globe. La cause est «l’amplification arctique». Le mécanisme est facile à comprendre : la surface blanche de la glace arctique réfléchit la chaleur. Lorsque la glace fond, la mer de couleur sombre absorbe beaucoup plus de chaleur, ce qui réchauffe l’eau encore plus rapidement.

S’agissant des ours polaires, il existe 19 sous-populations différentes dans l’Arctique. Certaines sont vraiment en difficulté, en particulier les plus au sud, tandis que d’autres montrent une certaine stabilité. Leur survie d’un endroit à l’autre est fortement liée à la présence de la glace de mer. En été, les ours polaires sortent sur la glace pour chasser et se nourrir. C’est la période où ils prennent du poids pour survivre à l’hiver. Ils préfèrent les zones recouvertes à plus de moitié de glace car ce sont les terrains de chasse les plus productifs. Plus il y a de glace, plus ils peuvent se déplacer et plus ils peuvent manger.
Il y a à peine 30 ou 40 ans, les ours faisaient un festin de phoques et de morses sur la glace. Dans les années 1980, les mâles étaient énormes, les femelles se reproduisaient régulièrement et les oursons survivaient bien. Bref, la population avait l’air en bonne forme. Avec la perte de glace, les ours ne se portent plus aussi bien. Un signe ne trompe pas; c’est la proportion plus élevée d’oursons qui meurent avant leur premier anniversaire.
Les ours polaires sont des mammifères terrestres qui se sont adaptés à la mer. Les animaux qu’ils mangent – phoques et morses pour la plupart – sont aquatiques. Les ours s’en sortent mieux lorsqu’ils peuvent chasser dans des eaux peu profondes, généralement proches de la terre ferme. Mais ces dernières années, la glace de mer s’est retirée vers le large pendant la plupart des étés. Cela a forcé les ours à dériver sur la glace et atteindre des eaux profondes – parfois de 1 000 mètres de profondeur – dépourvues de leurs proies habituelles. Les ours sont alors obligés de nager longtemps et finissent épuisés. Ils maigrissent et se mettent en danger.
Au large de l’Alaska, les ours polaires de la mer de Beaufort et de la mer des Tchouktches offrent un contraste saisissant. Si on va à 40 ou 60 kilomètres au large de Prudhoe Bay dans la mer de Beaufort, on est sûr de trouver des eaux très pauvres en nourriture pour les ours. Plus au sud dans la mer des Tchoukches, l’eau est moins profonde, ce qui permet aux morses de prospérer. Ils fournissent de la nourriture aux ours polaires. En conséquence; les ours des Tchouktches semblent se porter plutôt bien grâce à cette nourriture abondante. En revanche, les ours de Beaufort donnent un aperçu de ce qui attend l’espèce dans les prochaines années.
Les dirigeants mondiaux qui se sont réunis en Écosse étaient censés prendre des mesures pour tenter de freiner le réchauffement climatique, mais il est probablement déjà trop tard pour les ours polaires. Si la COP 26 avait abouti à des mesures positives, notre planète aurait pu retrouver un Arctique avec une importante surface de glace de mer à la fin de ce siècle et au 22ème siècle. Mais ce rêve a peu de chances de se réaliser et l’espoir est en train de fondre avec la glace de mer.
Source : Yahoo News.

Vous aurez accès à une présentation interactive de la situation dans l’Arctique en cliquant sur ce lien :
https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

—————————————————

In the Arctic, sea ice is melting and polar bears are the victims of global warming. They are marked as “threatened” on the endangered species list, Did the world leaders who met in Glasgow for COP 26 thought about the future of polar bears? Not so sure.

The fates of polar bears and Arctic sea ice are closely connected. Arctic sea ice – frozen ocean water – shrinks during the summer as it gets warmer, then forms again in the long winter. How much it shrinks is where global warming kicks in. The more the sea ice shrinks in the summer, the thinner the ice is overall. Researchers warn that summers without sea ice are inevitable. The Earth will soon see a summer with less than 1 million square kilometers of sea ice scattered in tiny bits across the Arctic. The latest NSIDC fifures do not incite to be optimistic. The downward linear trend in October 2021 sea ice extent over the satellite record is 82,100 square kilometers per year, or 9.8 percent per decade relative to the 1981 to 2010 average. Overall, since 1979, October has lost 3.45 million square kilometers of ice, based on the linear trend. This is equivalent to twice the size of the state of Alaska.

The big question is when the Arctic will look like « a blue ocean. » Maybe as early as the 2030s, most likely in the 2040s and almost assuredly by the 2050s. The Arctic has been warming twice as fast as the rest of the world. In some seasons, it has warmed three times faster than the rest of the globe. The cause is “Arctic amplification.” The mechanism is easy to understand: white ice in the Arctic reflects heat. When it melts, the dark sea absorbs much more heat, which warms the oceans even more quickly.

As far as polar bears are concerned, there are 19 different subpopulations in the Arctic. Some are really in trouble, especially the southernmost ones, while others are pretty close to stable. But their survival from place to place is linked heavily to sea ice.

In the summertime, polar bears go out on the ice to hunt and eat. This is the period when they put on weight to sustain them through the winter. They prefer areas that are more than half covered with ice because they are the most productive hunting and feeding grounds. The more ice, the more they can move around and the more they can eat.

Just 30 or 40 years ago, the bears feasted on a buffet of seals and walrus on the ice. In the 1980s, the males were huge, females were reproducing regularly and cubs were surviving well. In short, the population looked good. With ice loss, the bears have not been doing as well. One sign is that av higher proportion of cubs are dying before their first birthdays.

Polar bears are land mammals that have adapted to the sea. The animals they eat – seals and walruses mostly – are aquatic. The bears fare best when they can hunt in shallow water, which is typically close to land. But in recent years the sea ice has retreated far offshore in most summers. That has forced the bears to drift on the ice into deep waters – sometimes 1,000 metres deep – that are devoid of their prey. The bears are forced to swim a long time and are exhausted in the end. ,

Off Alaska, the Beaufort Sea and Chukchi Sea polar bears provide a telling contrast. If you go 40 to 60 kilometers offshore from Prudhoe Bay in the Beaufort Sea and you are sure to find very unproductive waters. Further south in the Chukchi, the water is shallower, which allows bottom-feeding walruses to thrive. That provides food for polar bears. The bears in the Chukchi seem to be faring pretty well because of that additional productivity. But the bears of the Beaufort give us a real good early warning of where this is all coming to

The world leaders who met in Scotland were supposed to take measures to try to curb climate change, but it is probably too late for the polar bears. If COP 26 had produced something positive, the world might have seen once again an Arctic with significant sea ice in the summer late this century and in the 22nd century. But this dream is unlikely to come true and hope is melting with the sea ice.

Source: Yahoo News.

You will have accessto an interactive presentation of the situation in the Arctic by clicking on this link:

https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

Photos: C. Grandpey

COP 26 : L’ouverture de l’Arctique et ses enjeux // COP 26 : The opening of the Arctic and its challenges

Le Conseil de l’Arctique est un forum intergouvernemental traitant des problèmes rencontrés par les gouvernements des États ayant une partie de leur territoire dans l’espace arctique et par les peuples autochtones de la région. La dernière réunion du Conseil à eu lieu le 20 mai 2021 en Islande. Elle a débouché sur une déclaration commune sur la nécessité de préserver la paix et de lutter contre le réchauffement climatique. Cette déclaration commune pleine de promesse n’est en réalité qu’une façade car les rivalités ne cessent de grandir dans cette région. Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes sur ce blog, elle est devenue le pôle de toutes les convoitises.

Lors de la réunion à Reykjavik, la Russie, les États-Unis, le Canada, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Norvège et l’Islande ont parlé développement durable, coopération pacifique et protection des populations autochtones menacées par le réchauffement climatique qui est trois fois plus rapide dans l’Arctique que sur le reste de la planète. Au cours de la réunion, rien n’a été dit sur les tensions géopolitiques ou de la militarisation du Grand Nord,

En théorie, le Conseil de l’Arctique n’a pas vocation à traiter des questions de sécurité militaire.Pourtant, elles servent de toile de fond de ce sommet qui se déroule tous les deux ans. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a rappelé fermement que l’Arctique était une zone d’influence légitime de Moscou et il a dénoncé « l’offensive » occidentale dans la région. De son côté, Antony Blinken, Secrétaire d’Etat américain en visite au Danemark, avait pointé du doigt « l’augmentation de certaines activités militaires dans l’Arctique ».

Depuis 2010, la Russie a construit ou modernisé 14 bases militaires datant de l’époque soviétique et multiplié les exercices militaires.

De son côté, l’OTAN fait également des démonstrations de force avec des exercices militaires de plus en plus fréquents. En 2018, l’un d’eux en Norvège avait rassemblé des troupes des 29 pays membres, rejointes par celles de la Suède et de la Finlande. Cette manœuvre de grande ampleur avait provoqué la fureur du Kremlin.

Source: Le Monde Diplomatique

Longtemps perçu comme un territoire hostile et inaccessible, l’Arctique est aujourd’hui convoité par les grandes puissances et le réchauffement climatique y est pour beaucoup. L’Institut polaire norvégien révèle que, pour la première fois depuis le début de ses constatations en 1972, le passage du Nord-Ouest est entièrement ouvert à la navigation. Selon les experts du Giec, avec la hausse des températures, la banquise pourrait totalement disparaître en été d’ici 2030, ouvrant de nouvelles voies maritimes, notamment le passage du Nord-Est. En regardant une carte, on comprend l’intérêt de cette nouvelle situation. Le passage du Nord-Est (en rouge) forme le chemin maritime le plus court pour relier l’Europe à l’Asie, soit 12 jours de moins que par la route habituelle (en bleu) qui passe par le canal de Suez.

L’Arctique est une aubaine économique pour les pays concernés car la région regorge de trésors : nickel, plomb, zinc, uranium, platine, etc. Selon une étude de l’USGS, la zone arctique recèlerait plus de 22 % des réserves mondiales d’hydrocarbures non encore découvertes et contiendrait plus de 10% des réserves mondiales de pétrole et près de 30% des réserves de gaz naturel.

Une grande majorité de ces hydrocarbures est située dans la zone économique exclusive russe, et Vladimir Poutine mise beaucoup sur cet eldorado polaire. Symbole de ces aspirations : la gigantesque usine de liquéfaction de gaz de Sabetta dans la péninsule de Yamal, conçue en collaboration avec la Chine et le groupe français Total.

Le revers de la médaille, c’est que l’ouverture de ces passages dans l’Arctique risque de se solder par un désastre écologique, mais aucun des pays concernés ne fait mention de cet aspect de la question lors des réunions. On le sait, mais on ne dit rien.

Ces nouvelles routes maritimes sont aussi un enjeu géostratégique et pourraient devenir source de conflits. Il est facile d’imaginer que la Russie, qui détient le plus de frontières avec l’Arctique, décide de bloquer ces routes en cas de tensions avec les pays occidentaux. Toutefois, à l’heure actuelle, aucun pays arctique n’a intérêt à développer un conflit armé dans la région car l’instabilité ferait fuir les investisseurs.

Depuis plusieurs années, la Chine ne cache pas son attrait pour l’Arctique qui est pourtant situé à 1400 km de ses côtes. Ce regain d’intérêt s’est matérialisé dès 2004 par la construction d’une station scientifique sur l’archipel norvégien du Svalbard. La Chine s’est peu à peu imposée comme un partenaire scientifique majeur mais aussi comme un partenaire économique. En 2013, l’Islande est devenue le premier pays européen à signer un accord de libre-échange avec Pékin. La même année, la Chine a fait son entrée au Conseil de l’Arctique avec un statut de pays observateur.

En janvier 2018, la Chine a présenté pour la première fois sa politique arctique et se définit désormais comme un « État proche-Arctique. »

Source: France 24.

En observant la politique de la Russie et de la Chine dans l’Arctique, on comprend mieux pourquoi leurs présidents ne sont pas présents à la COP 26 de Glasgow.

——————————————-

The Arctic Council is an intergovernmental forum dealing with the problems faced by the governments of the states having part of their territory in the Arctic space and by the indigenous peoples of the region. The last Council meeting took place on May 20th, 2021 in Iceland. It resulted in a joint declaration on the need to preserve peace and fight against global warming. This joint declaration full of promise is in reality only a facade because rivalries continue to grow in this region. As I indicated in several posts on this blog, it has become a pole of interests.
During the meeting in Reykjavik, Russia, the United States, Canada, Denmark, Sweden, Finland, Norway and Iceland spoke about sustainable development, peaceful cooperation and the protection of indigenous populations threatened by global warming. which is three times faster in the Arctic than anywhere else on the planet. During the meeting, nothing was said about geopolitical tensions or the militarization of the Far North,
In theory, the Arctic Council is not meant to deal with military security issues, yet they serve as the backdrop for this biennial summit. Sergey Lavrov, the Russian Foreign Minister, firmly recalled that the Arctic was an area of legitimate influence of Moscow and he denounced the Western « offensive » in the region. For his part, Antony Blinken, US Secretary of State visiting Denmark, had pointed out « the increase in certain military activities in the Arctic ».
Since 2010, Russia has built or modernized 14 military bases dating from the Soviet era and increased military exercises.
For its part, NATO is also making demonstrations of force with increasingly frequent military exercises. In 2018, one of them in Norway had gathered troops from 29 member countries, joined by those from Sweden and Finland. This large-scale maneuver had provoked the Kremlin’s fury.
Long perceived as a hostile and inaccessible territory, the Arctic is now coveted by the great powers and global warming has a lot to do with it. The Norwegian Polar Institute has revealed that, for the first time since the start of its findings in 1972, the Northwest Passage is « entirely open to navigation. According to IPCC experts, with the rise in temperatures, the ice sheet could completely disappear in summer by 2030, opening up new maritime routes, in particular the Northeast Passage. Looking at a map, one understands the interest of this new situation. The Northeast Passage forms the most important maritime route. short to connect Europe to Asia, 12 days less than the usual route, which passes through the Suez Canal (see map above).
The Arctic is an economic boon for the countries concerned because the region is full of treasures: nickel, lead, zinc, uranium, platinum, etc. According to a USGS study, the Arctic zone contains more than 22% of the world’s undiscovered hydrocarbon reserves and contains more than 10% of the world’s oil reserves and nearly 30% of the natural gas reserves.
A large majority of these hydrocarbons are located in the Russian exclusive economic zone, and Vladimir Putin is betting heavily on this polar El Dorado. Symbol of these aspirations: the gigantic Sabetta gas liquefaction plant on the Yamal peninsula, designed in collaboration with China and the French group Total.
The flip side is that the opening of these passages in the Arctic could end in ecological disaster, but none of the countries concerned mentioned this aspect of the matter at the meetings. They know it, but they say nothing.
These new maritime routes are also a geostrategic issue and could become a source of conflict. It is easy to imagine that Russia, which holds the most borders with the Arctic, decides to block these routes in the event of tensions with the Western countries. However, at present, no Arctic country has an interest in developing armed conflict in the region because instability would scare investors away.
For several years, China has not hidden its interest in the Arctic, although it is located 1,400 km from its coast. This renewed interest materialized in 2004 with the construction of a scientific station on the Norwegian archipelago of Svalbard. China has gradually established itself as a major scientific partner but also as an economic partner. In 2013, Iceland became the first European country to sign a free trade agreement with Beijing. In the same year, China entered the Arctic Council with observer status.
In January 2018, China first presented its Arctic policy and now defines itself as a « near arctic state. »
Source: France 24.

Looking at the policy of Russia and China in the Arctic, it is easy to understand why their presidents are not attending COP26 in Glasgow.

Le dégel du pergélisol, une bombe à retardement

J’ai regardé hier soir sur la chaîne Ushuaia TV un excellent documentaire très récent puisqu’il a été réalisé en 2021. Tourné majoritairement au Svalbard, il met en évidence les conséquences du dégel du permafrost (ou pergélisol), en particulier au niveau sanitaire, avec le risque de voir apparaître de nouveaux virus. J’ai abordé ce sujet à plusieurs reprises sur ce blog. En particulier, j’ai alerté sur la conservation du virus de la grippe espagnole dans les corps de jeunes mineurs norvégiens enterrés au Svalbard en 1918. J’ai aussi expliqué comment des éleveurs de rennes en Sibérie avaient été contaminés par une épidémie d’anthrax provoquée par une carcasse de renne suite au dégel du permafrost.

Dégel du pergélisol : Une nouvelle découverte inquiétante // Permafrost thawing : Another disturbing discovery

Vous trouverez la bande-annonce de ce documentaire ainsi que les dates des prochaines diffusions en cliquant sur ce lien:

https://ushuaiatv.fr/programmes/d%C3%A9gel-du-perg%C3%A9lisol-une-bombe-%C3%A0-retardement-93697

Arctique : fonte de la glace de mer et projet de course à la voile // Arctic : sea ice melting and a sailing race

La saison de fonte de l’Arctique touche à sa fin. Sans surprise, l’année 2021 se termine avec le plus vaste minimum de glace de mer depuis 2014
Selon la NASA et le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), le minimum de 2021 couvre une superficie de 4,72 millions de kilomètres carrés. C’est près d’un million de kilomètres carrés de plus que le minimum de 2020 qui est actuellement le 2ème plus bas jamais enregistré. Cette année, on enregistre près de 500 000 kilomètres carrés de plus que le minimum de 2019. Au final, 2021 se classe comme la 12ème étendue minimale depuis le début des relevés en 1978, et c’est la plus grande étendue minimale de glace de mer observée depuis 2014.
Chaque année, la glace de mer occupe l’Océan Arctique pendant l’hiver, puis elle fond pendant l’été. L’étendue maximale d’hiver est généralement observée en mars, tandis qu’elle atteint son étendue minimale généralement en septembre. La taille exacte de l’étendue minimale varie d’une année à l’autre. Cependant, sous l’influence du réchauffement climatique, ces minimums estivaux ont diminué au fil du temps.
En 2012, les satellites ont enregistré la plus faible étendue minimale de tous les temps. À l’époque, elle ne couvrait que 3,39 millions de kilomètres carrés dans l’océan Arctique. C’est moins de la moitié de ce qu’elle était il y a seulement 30 à 40 ans.
Selon le NSIDC, les 15 dernières années ont vu les 15 plus faibles étendues de glace de mer dans les données satellitaires.
Attention! L’étendue minimale de glace de mer cette année est plus grande que celles des dernières années , mais cela n’est, en aucun cas, un signe de reprise pour l’Arctique. Plus il y a de glace de mer à la fin de la saison de fonte, moins la surface de l’océan absorbe la lumière du soleil.

Un facteur est très inquiétant: la vieille glace pluriannuelle – celle que l’on appelle « la vieille glace de mer » (voir ma note du 23 janvier 2021) – beaucoup plus résistante, continue de disparaître à un rythme alarmant. Il ne faut pas oublier que plus nous perdons de vieille glace pluriannuelle, plus nous nous rapprochons du moment où l’Océan Arctique sera complètement libre de glace pendant l’été.
La tendance à la baisse de l’étendue minimale de glace de mer entre 1979 et 2021 est de 13 % par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010. La perte de glace de mer est d’environ 80 600 kilomètres carrés par an, ce qui équivaut à la taille d’un pays comme l’Autriche chaque année.
Source : Yahoo News.

°°°°°°°°°°°°

Afin de sensibiliser au réchauffement climatique et à son impact désastreux dans l’Arctique, un groupe sportif français a annoncé son intention de lancer une course à la voile dans l’Arctique canadien au cours de la péiode de fonte de la glace de mer Avec un départ prévu en 2023, la North Pole Race fera naviguer les bateaux entre Québec et Vancouver en empruntant le célèbre passage du Nord-Ouest. Les équipages navigueront sur des bateaux en aluminium spécialement conçus pour affronter les eaux polaires. Les embarcations devront être suffisamment rapides pour effectuer la traversée en deux mois, car la fenêtre avec de l’eau libre de glace n’est pas grande, entre la période estivale et le retour des précipitations hivernales.
Selon les organisateurs, The North Pole Race sensibilisera la population mondiale au développement durable et à l’importance d’agir dès maintenant pour sauver notre planète. La course réunira des équipages de 10 pays, dont le Canada, la Chine, la Russie, la France et le Danemark. Chaque équipage sera composé d’un scientifique, d’un skipper expérimenté et de citoyens du pays qu’il représente.
En empruntant le passage du Nord-Ouest, les navires pourraient économiser environ 7 000 kilomètres de distance entre l’Europe et l’Asie. Mais le manque d’infrastructures, l’éloignement des services d’urgence et la cartographie limitée de l’Océan Arctique rendent la navigation dans ces eaux très périlleuse en ce moment.
On comprend aisément pourquoi certains pays sont impatients de voir disparaître la glace de mer dans cette partie du monde. La navigation dans les passages du Nord-Ouest, mais aussi du Nord-Est permettrait aux entreprises d’économiser énormément d’argent.
Source : Médias d’information canadiens.

——————————————————–

The Arctic melt season is coming to an end. With no surprise, the 2021 season ends with largest sea ice minimum since 2014

According to NASA and the National Snow and Ice Data Center (NSIDC), the 2021 minimum covers an area of 4.72 million square kilometres. This is nearly a million square kilometres larger than the 2020 minimum which is currently the 2nd lowest on record. This year’s is nearly half a million square kilometers larger than the minimum in 2019. Overall, it ranks as the 12th lowest minimum extent since record-keeping began in 1978, and it is the largest minimum extent seen since 2014.

Each year, sea ice spreads across the Arctic Ocean during the winter and then it melts away during the summer. The maximum winter extent is typically seen in March, while it reaches its minimum extent usually sometime in September. The exact size of the minimum extent varies from year to year. However, under the influence of global warming, these summer minimums have been getting smaller over time.

In 2012, satellites recorded the lowest minimum extent on record. At the time, it covered just just 3.39 million square kilometres of the Arctic Ocean. This is less than half the size it used to be, on average, just 30 – 40 years ago.

According to the NSIDC, the last 15 years are the lowest 15 sea ice extents in the satellite record.

This year’s minimum extent being larger than those of the past few years is, by no means, a sign of recovery for the Arctic. The more sea ice there is at the end of the melt season, the less open ocean surface there is to absorb sunlight. What is all the more worrying is that the multi-year ice, which is much more resilient, is still disappearing at an alarming rate. The more multi-year ice we lose, the closer we come to years when the Arctic Ocean is completely ice-free during the summer.

The overall downward trend in the minimum extent from 1979 to 2021 is 13.0 percent per decade relative to the 1981 to 2010 average. The loss of sea ice is about 80,600 square kilometers per year, equivalent to losing the size of Austria annually.

Source: Yahoo News.

 °°°°°°°°°°°°

In order to raise awareness of global warming and its disastrous impact in the Arctic, a French sports group has announced plans to launch a sailing race in the thawing Canadian Arctic. Due to kick off in 2023, the North Pole Race will see ships sailing from Quebec to Vancouver along the famous Northwest Passage. Crews will sail on special aluminum boats designed for polar waters. The ships will have to be fast enough to make the crossing in two months, because the window with ice-free water is not large, between the summer period and the return of winter precipitation.

According to the organizers, The North Pole Race will make the world population aware of sustainable development and the importance of acting now to save our environment.

The race will bring together teams from 10 countries, including Canada, China, Russia, France and Denmark. Each team will consist of a scientist, an experienced skipper and citizens of the country it is representing.

Navigating along the Northwest Passage would save ships approximately 7,000 kilometers of distance between Europe and Asia. But the lack of infrastructure, the remoteness of emergency services and the limited cartography of the Arctic Ocean make navigation in these waters very perilous at the moment.

It is easy to understand why some countries are impatient to see sea ice disappear in that part of the world. Navigating in both the North-East and North-West passages would save companies a huge amount of money.

Source: Canadian news media. .

Minimum de glace de mer en septembre 2021 (Source: NSIDC)