Et en plus elle ment!

Dans une note diffusée le 26 décembre 2019 et intitulée « Ségolène Royal snobe le Conseil de l’Arctique »,  j’indiquais que l’ambassadrice chargée des négociations internationales pour les pôles Arctique et Antarctique était convoquée devant l’Assemblée Nationale pour donner des explications sur son absence à l’ensemble des réunions officielles du Conseil de l’Arctique. Il est bon de rappeler que le Conseil de l’Arctique est une instance intergouvernementale qui réunit 8 États membres, des organisations de peuples autochtones, des scientifiques et des pays observateurs comme la France. Certaines ont lieu tous les six mois, d’autres tous les deux ans.

Ségolène Royal a affirmé que son absence aux réunions du Conseil de l’Arctique ne posait pas de problème, et que son prédécesseur Michel Rocard ne s’y était rendu qu’une fois en sept ans. C’est faux ! Contrairement à ce qu’affirme Madame Royal, Michel Rocard, décédé en 2016, s’est bel et bien rendu trois fois aux réunions du Conseil de l’Arctique, en 2009, 2011 et 2013. Sa présence est mentionnée sur les listes d’émargement, accessibles en ligne sur le site du Conseil de l’Arctique.

L’absence de Ségolène Royal à ces réunions est fort regrettable. En effet, elle aurait pu faire entendre la voix de la France et s’opposer aux Etats Unis qui ne voulaient pas qu’il y ait dans le document final la moindre référence à la COP 21, au changement climatique ou aux 2°C. Un spécialiste des pôles a souligné que « la France avait un boulevard » pour « incarner un leadership climatique » et que cette occasion a été gâchée par l’absence de Madame Royal aux différentes réunions.

Source : France Info.

Ségolène Royal snobe le Conseil de l’Arctique !

Souvenez-vous : En 2017, Ségolène Royal est devenue « ambassadrice chargée des négociations internationales pour les pôles Arctique et Antarctique. » Après avoir échoué à prendre la direction du programme des Nations Unies pour le développement ; après s’être vue refuser un poste de ministre par le nouveau Président de la République, l’ancienne députée des Deux-Sèvres avait évoqué de multiples pistes de reconversion, notamment chroniqueuse télé… Au final, elle est en charge de la préservation de la banquise sur laquelle je doute fort qu’elle ait jamais mis les pieds. En 2009, Nicolas Sarkozy avait créé à l’attention de Michel Rocard un poste d’ « ambassadeur en charge de la négociation internationale aux pôles Arctique et Antarctique. » Depuis la mort de l’ancien Premier Ministre socialiste en 2016, le poste était resté vacant et confié à des diplomates. C’est donc Madame Royal qui a été nommée pour assurer cette charge. A noter qu’elle n’est pas rémunérée. Pour l’assister, trois collaborateurs sont en revanche pris en charge par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Transition écologique et solidaire.

A l’initiative de deux députés, Ségolène Royal va être convoquée devant l’Assemblée Nationale pour rendre des comptes sur la charge qui lui a été confiée. Une demande d’audition devrait également lui être adressée par la Commission des Affaires Etrangères.

Les députés veulent entendre ses explications sur « son absence à l’ensemble des réunions officielles du Conseil de l’Arctique qui se sont tenues depuis sa nomination » et « ses interventions médiatiques quasiment hebdomadaires sur la politique nationale. »

En novembre 2019, des enquêtes avaient attiré l’attention sur le comportement de Ségolène Royal. Il lui était reproché de se servir de sa fonction  et de ses trois collaborateurs pour promouvoir des activités personnelles. Comme à son habitude, Madame Royal avait déclaré avec l’aplomb qu’on lui connaît que ces « insinuations » étaient « calomnieuses. » Elle avait dénoncé des « attaques » lancées « comme par hasard au moment où (elle) apparaît dans les sondages la mieux placée pour relever le défi de la gauche à l’élection présidentielle » en 2022.

Il faudra quand même qu’elle justifie ses absences à répétition aux réunions du Conseil de l’Arctique ! A l’heure où Emmanuel Macron prétend être un défenseur de la planète  – en brillant par son absence à la COP 25 de Madrid – le peu d’intérêt que porte Ségolène Royal à la fonte de l’Arctique fait quelque peu désordre !

Source : France Info,

Le Conseil de l’Arctique : Un désastre écologique en vue ! // The Arctic Council : An impending environmental disaster !

Au cours de ma conférence Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique, j’explique que la fonte de la calotte glaciaire du Groenland va avoir des conséquences de grande envergure. Le Groenland va devenir une « terre promise ». En disparaissant, la glace permet un accès facile aux ressources minérales qu’elle dissimulait jusqu’à présent.

Sans glace de mer, les passages du nord-est et du nord-ouest vont s’ouvrir à la circulation maritime. Inutile de dire que les intérêts environnementaux ne pèseront pas lourd devant les intérêts économiques et financiers.

Mes craintes semblent justifiées si l’on se réfère au discours délivré par Mike Pompeo, secrétaire d’État américain et ancien directeur de la CIA, à l’occasion du 11ème Conseil de l’Arctique qui vient de se tenir à Rovaniemi en Finlande. Les représentants des huit États de l’Arctique se sont réunis pour approuver les travaux effectués sous la présidence finlandaise qui a duré deux ans. Le but du Conseil de l’Arctique est d’ »améliorer le développement durable et la protection de l’environnement dans l’Arctique. »

Rovaniemi est bien connue des enfants car elle est, pour les petits Européens, la demeure du Père Noël. Toutefois, Mike Pompeo n’est pas venu faire de cadeaux à la planète.

Lors d’un discours très remarqué, il a estimé que la fonte des glaces dans l’Arctique représente « une opportunité économique exceptionnelle. » Il a ajouté : « S’agissant des possibilités et des richesses, l’Arctique occupe une place de choix. Il abrite 13 % des réserves pétrolières inexploitées de la planète, 30 % de ses réserves gazières, de l’uranium, des terres rares, de l’or, des diamants en abondance, et des millions de kilomètres carrés de ressources inexplorées, y compris dans le domaine de la pêche.»

Selon lui, le passage par l’Arctique « pourrait réduire d’environ vingt jours le temps de trajet entre l’Asie et l’Occident. » Il souhaite que les routes de l’Arctique deviennent « les canaux de Suez et de Panama du 21ème siècle. »

Dans son intervention, le secrétaire d’État s’en est ouvertement pris à la Chine et à la Russie, selon lui trop entreprenants dans l’Arctique. Il a prévenu les deux pays de la présence des États-Unis dans une région devenue « un espace de pouvoir mondial et de concurrence » à cause du réchauffement climatique, qui ouvre la voie au développement d’une route commerciale reliant l’Asie à l’Europe plus rapidement.

Par ailleurs, les 8 états membres du conseil de l’Arctique n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la déclaration finale du sommet. Les États-Unis ayant refusé de mentionner le terme de “changement climatique” dans le texte.

Comme disait ma grand-mère, tous les porcs ne sont pas restés dans la porcherie !

Source : Courrier International.

C’est au tour de l’Islande de prendre pour deux ans la présidence du Conseil de l’Arctique, mais il n’est pas sûr que cela apporte grand-chose de nouveau. Il est à noter que depuis quelques années de nombreux investisseurs chinois viennent s’installer en Islande. Je crains qu’ils ne soient pas venus pour  admirer la beauté des paysages, mais plutôt pour établir une base qui leur permettra d’aller plus facilement exploiter les ressources du Groenland une fois que la glace aura disparu. Ne soyons pas naïfs… !

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During my conference Glaciers at risk, the effects of global warming, I explain that the melting of the Greenland icecap will have far-reaching consequences. Greenland will become a « promised land ». The ice loss will allow easy access to the mineral resources it hid until now.
Without sea ice, the northeastern and northwestern passages will open up to shipping. Needless to say, environmental interests will not weigh heavily on economic and financial interests.
My fears seem justified if one refers to the speech delivered by Mike Pompeo, US Secretary of State and former director of the CIA, on the occasion of the 11th Arctic Council that has just been held in Rovaniemi, Finland. Representatives of the eight Arctic states met to approve work completed under the two-year Finnish presidency. The goal of the Arctic Council is to « improve sustainable development and environmental protection in the Arctic. »
Rovaniemi is well known to children as it is, for little Europeans, the home of Santa Claus. However, Mike Pompeo did not come to give gifts to the planet.
In a much-talked-about speech, he said that the melting ice in the Arctic represents “an exceptional economic opportunity”. He added: “In terms of opportunities and wealth, the Arctic is a prime location. It is home to 13% of the world’s untapped oil reserves, 30% of its gas reserves, uranium, rare minerals, gold, diamonds in abundance, and millions of square kilometres of unexplored resources, including in the field of fisheries.”
According to him, shipping through the Arctic “could reduce the travel time between Asia and the West by about twenty days.” He wants the Arctic roads to become “the Suez and Panama canals of the 21st century.”
In his speech, the Secretary of State blatantly attacked China and Russia, which he said were too enterprising in the Arctic. He warned both countries of the US presence in a region that has become “an area of ​​global power and competition” because of global warming, which paves the way for the development of a trade route linking Asia to Europe in a faster way.
In addition, the eight member states of the Arctic Council have failed to agree on the final declaration of the summit. The United States refused to mention the term « climate change » in the text.
As my grandmother said, not all pigs stayed in the pigsty!
Source: International Courier.
It is now up to Iceland to chair the Arctic Council for two years, but I am not sure that it will bring much new. It should be noted that in recent years many Chinese investors have moved to Iceland. I’m afraid they did not come to admire the beauty of the landscape, but rather to establish a base that will allow them to more easily harness Greenland’s resources once the ice is gone. Let’s not be naive …!

Le Passage du Nord-Est (en bleu) et la route maritime actuelle par le Canal de Suez (en rouge. [Source : Wikipedia]