Hekla (Islande) : Une bombe à retardement ? // Mt Hekla (Iceland) : A time bomb ?

On peut lire dans la base de données de la Smithsonian Institution que l’Hekla, l’un des volcans les plus actifs d’Islande, se trouve près de l’extrémité méridionale de la zone de rift Est. Au cours de son histoire, il a émis des andésites basaltiques, contrairement aux basaltes tholéiitiques que l’on rencontre généralement sur les volcans de zone de rift en Islande. Les tephras de l’Hekla sont généralement riches en fluor qui présente un risque pour les animaux dans les pâturages. Les nombreuses coulées de lave émises pendant les éruptions historiques – qui remontent à 1104 de notre ère – couvrent une grande partie des flancs du volcan.
Certains volcanologues pensent que l’Hekla a un cycle éruptif de dix ans. C’est vrai si l’on prend en compte les éruptions les plus récentes, mais au vu de l’histoire du volcan, un tel cycle n’existe pas vraiment. Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, la notion de cycle en volcanologie n’a jamais été vraiment prouvée. Voici le lien vers une liste des éruptions de l’Hekla sur le site web de la Smithsonian Institution:
https://volcano.si.edu/volcano.cfm?vn=372070

Situé dans le sud de l’Islande, l’Hekla attire les touristes. Cependant, gravir ce volcan n’est pas sans risque car les éruptions se déclenchent très rapidement, sans prévenir.
N’importe qui peut l’escalader car l’ascension ne présente pas de difficultés techniques. Une fois au sommet, on a une vue magnifique sur les environs ; elle est appréciée par des foules de gens chaque année, mais très peu d’entre eux sont conscients des risques qu’ils courent en gravissant la montagne.
Comme je l’ai écrit plus haut, l’Hekla est entré assez fréquemment en éruption au cours du 20ème siècle. Les derniers événements ont eu lieu en 1947, 1970, 1980, 1991 et 2000. Ce qui caractérise l’Hekla, c’est le peu de temps – généralement moins d’une heure – qui s’écoule avant une éruption. Cette dernière commence en général par une séquence explosive au sommet, suivie grandes coulées de lave sur les flancs du volcan.
En conséquence, on peut se demander si les randonneurs qui se trouvent près du sommet en cas d’explosion parviendront à se mettre en sécurité à temps. D’importantes retombées de cendre volcanique au début d’une éruption peuvent blesser les touristes. Des avalanches de cendre chaude et de vapeur d’eau peuvent également se produire et dévaler les pentes de la montagne en quelques minutes. Les gaz toxiques qui accompagnent une éruption, peuvent constituer un autre risque majeur pour l’homme et les animaux.
Les mesures actuelles montrent que la pression dans la chambre magmatique de l’Hekla dépasse ce qu’elle était en l’an 2000. Cela donne à penser que le volcan est prêt à entrer en éruption, bien que personne ne sache à quel moment un tel événement pourrait se produire. Ce pourrait être demain…ou dans 50 ans. J’explique au cours de mes conférences que notre capacité à prédire les éruptions est très faible. S’agissant de l’Hekla, tout ce que l’on sait, c’est que les randonneurs n’auront qu’une heure pour quitter les lieux. Personne ne pouvant dire quand aura lieu la prochaine colère du volcan, il reste ouvert à la randonnée. Les touristes doivent juste être conscients du risque qu’ils courent.
La Protection Civile islandaise a installé un panneau au pied de l’Hekla pour rappeler le risque. En outre, un système d’alerte est en place. En cas de danger imminent, un SMS sera envoyé à toutes les personnes présentes dans la zone. La question est de savoir combien de temps il faudra aux gens pour prendre note de leur message et combien de temps il leur faudra pour quitter la zone dangereuse. Il faut juste espérer que personne ne se trouvera sur le volcan la prochaine fois qu’il se réveillera….
Source: Iceland Monitor.

————————————————–

According to the Smithsonian Institution’s data base, Mount Hekla, one of Iceland’s most active volcanoes, lies near the southern end of the eastern rift zone. It has produced basaltic andesites, in contrast to the tholeiitic basalts typical of Icelandic rift zone volcanoes. Hekla tephras are generally rich in fluorine and are consequently very hazardous to grazing animals. Extensive lava flows from historical eruptions, which date back to 1104 CE, cover much of the volcano’s flanks.

Some volcanologists think that Hekla has a ten-year eruptive cycle. This is true if we take into account the most recent eruptions, but if we look at the volcano’s past history, such a cycle does not really exist. As I have put it several times, the notion of cycle in volcanology has never been clearly proved. Here is the link to a list of Hekla’s eruptions on the Smithsonian Institution’s website:

https://volcano.si.edu/volcano.cfm?vn=372070

Located in South Iceland, Mount Hekla is a great tourist attraction. However, hiking up the mountain comes with a risk, as this volcano’s eruptions are triggered very rapidly, without warning.

Anyone is allowed to hike up the mountain and technically, it is not a difficult hike. You get a great view from the top and it is enjoyed by many people every year. Most likely, though, very few people are aware of the risk they take by climbing the mountain.

As I put it above, Mt Hekla erupted rather frequently during the 20th century. The last events occurred in 1947, 1970, 1980, 1991 and 2000.What makes Mt Hekla unique is the short time leading up to its eruption, usually less than an hour. An eruption begins with an explosive onset at the top, followed my large lava flows.

As a consequence, one may wonder whether hikers who are standing near the top of the mountain in the event of an explosion will make it to safety in time. Large showers of volcanic ash at the onset of an eruption could injure hikers. Floods of hot ash and water could also occur, flowing down the slopes of the mountain in a matter of minutes. Poisonous gases, which accompany an eruption, would also pose a major risk to people and animals.

Current measurements show that pressure in Mt Hekla’s magma chamber already exceeds what it was in the year 2000, suggesting that the volcano is ready for an eruption, although no one knows when such an event might occur. All we know is that hikers would only get an hour’s notice. It could be tomorrow; it could also be 50 years from now. Nobody knows. I explain during my conferences that our ability to predict eruptions is very low. As nobody can predict Mt Hekla’s eruptions, the volcano is not closed to hikers; they just need to be aware of the risk they take.

Iceland’s Department of Civil Protection has installed a sign at the base of the mountain to point out the risk. Furthermore, a response system is in place, whereby an SMS would be sent to everyone in the area when it is clear that an eruption is imminent. The question is to know how long it takes people to notice their message and how much time they will have to make an escape. Next time Hekla wakes up, let’s hope no one will be on the mountain.

Source : Iceland Monitor.

Vue de l’Hekla (Crédit photo: Wikipedia)

Séisme aux Philippines: L’Indonésie repousse l’alerte tsunami américaine // Earthquake in the Philippines: Indonesia refutes the US tsunami warning

Quelques jours après avoir mal évalué la menace de tsunami dans le Détroit de la Sonde suite à l’effondrement du flanc SO de l’Anak Krakatau, les autorités indonésiennes ont refusé de prendre en compte une alerte tsunami émise par les Américains.
Le samedi 29 décembre 2018, le Centre d’alerte des tsunamis dans le Pacifique (il est basé à Hawaii) a lancé une alerte tsunami pour les Philippines et l’Indonésie suite au puissant séisme d’une magnitude de M 6,9 ​​enregistré à proximité de l’île de Mindanao, à une profondeur de 10 km. Le bulletin d’alerte indiquait qu’un tsunami était susceptible d’atteindre les côtes situées à moins de 300 km de l’épicentre du séisme.
L’Agence indonésienne de météorologie, de climatologie et de géophysique (BMKG) a fait état le même jour d’un séisme de magnitude M 7,1 dans la partie nord de Talaud, dans le nord de l’île Sulawesi, à une profondeur de 69 km, mais l’Agence n’a pas émis d’alerte au tsunami. Le responsable de la division tsunami et séisme au BMKG a déclaré que le séisme ne déclencherait pas de tsunami. Selon lui, il était « conseillé aux habitants des îles Sangihe et Talaud de rester calmes et à ne pas prêter attention à des propos irresponsables, car le séisme n’avait pas le potentiel de déclencher un tsunami en Indonésie ».
A noter que Mindanao se trouve à 201 km de Talaud et à 288 km de Sangihe, au nord de Sulawesi.

Source: The Jakarta Post.

NDLR : Un tel désaccord entre des agences de ce type est fort regrettable car il peut aboutir à des situations catastrophiques. Aucun tsunami significatif ne s’est produit suite au séisme à Mindanao, mais il est indispensable que les agences parlent d’une seule voix et mettent en garde la population, même s’il ne se passe rien.

—————————————————

A few days after misinterpreting the tsunami in the Sunda Strait, the Indonesian authorities have disapproved a tsunami warning issued by the Americans.

On Saturday, December 29th, 2018, the US Pacific Tsunami Warning Center issued a tsunami warning for the Philippines and Indonesia following a powerful M 6.9-earthquake that struck near the island of Mindanao in the Philippines, with a depth of 10 km. The warning stated that tsunami waves were possible for coasts located within 300 km of the earthquake’s epicentre.

Indonesia’s Meteorology, Climatology and Geophysics Agency (BMKG) announced on that same day that an M 7.1 earthquake occurred at the northern part of Talaud, North Sulawesi, at a depth of 69 kilometres, but did not issue a tsunami warning. The head of the tsunami and earthquake division at the BMKG said that the earthquake would not trigger tsunami. In his opinion, “the Sangihe and Talaud Islands residents are encouraged to remain calm and not be provoked by irresponsible issues, because the earthquake has no potential for a tsunami in Indonesia.”

Mindanao lies 201 kilometres from Talaud and 288 kilometres from Sangihe, North Sulawesi.

Source: The Jakarta Post.

Personal note: Such disagreement among agencies of this type is highly regrettable as it can lead to disastrous situations. No significant tsunami occurred following the earthquake in Mindanao, but it is essential that the agencies speak with one voice and warn the population, even if nothing happens.

Zones habitées potentiellement menacées par le séisme de Mindanao (Source: PTWC).

Un système automatique d’alerte éruptive sur l’Etna (Sicile) // An automatic eruptive alert system on Mt Etna (Sicily)

Selon la presse sicilienne, un système automatique destiné à alerter la population en cas d’éruption a été testé avec succès sur l’Etna  pendant 8 ans, de 2008 à 2016. Il a pu détecter 57 des 59 épisodes éruptifs une heure à l’avance. Basé sur un réseau de capteurs acoustiques, le système a été mis au point par un groupe de scientifiques de l’Université de Florence. Les résultats des tests ont été publiés dans le Journal of Geophysical Research.
Les scientifiques ont placé des capteurs sonores à environ 6 kilomètres du plus haut volcan actif d’Europe. Ces capteurs sont capables d’envoyer des signaux d’avertissement par le biais de messages et de courriers électroniques. À l’aide de ce système, le gouvernement italien a pu mettre au point en 2015 un plan d’alerte prêt à être déclenché une heure avant une éventuelle éruption.

Les chercheurs expliquent que les volcans génèrent des ondes sonores de basse fréquence qui ne peuvent pas être entendues par l’oreille humaine avant une éruption. Ces infrasons peuvent parcourir des milliers de kilomètres à l’intérieur du volcan et sont plus étroitement liés à une éruption que les ondes sismiques.
L’un des scientifiques a fait remarquer que la plupart des 1 500 volcans actifs dans le monde ne sont pas surveillés en temps réel. L’étude des ondes sismiques liées aux mouvements du magma est souvent insuffisante ; elle devrait être accompagnée d’une alerte automatique capable d’accélérer les procédures et réduire les risques. Après les premiers tests positifs sur l’Etna, les capteurs seront également testés sur d’autres volcans. L’objectif est de créer un réseau mondial de surveillance.

Source : Presse sicilienne.

—————————————————

According to the Sicilian press, an automatic system intended to alert the population in the event of an eruption has been successfully tested for 8 years on Mount Etna, from 2008 to 2016. It was able to detect 57 of the 59 eruptive episodes one hour in advance. Based on a network of acoustic sensors, the system was developed by a group of scientists from the University of Florence. The test results were published in the Journal of Geophysical Research.
Scientists set up sound sensors about 6 kilometres from the highest active volcano in Europe. These sensors are capable of sending warning signals through messages and emails. Using this system, the Italian government could develop in 2015 an alert plan ready to be triggered one hour before an eruption.
The researchers explain that volcanoes generate low frequency sound waves that can not be heard by the human ear before an eruption. These infrasounds can travel thousands of kilometres inside the volcano and are more closely related to an eruption than the seismic waves.
One of the scientists pointed out that most of the 1,500 active volcanoes in the world are not monitored in real time. The study of seismic waves related to the movements of magma is often insufficient; it should be accompanied by an automatic alert capable of speeding up procedures and reducing risks. After the first positive tests on Mt Etna, the sensors will also be tested on other volcanoes. The goal is to create a global surveillance network.
Source: Sicilian newspapers.

Photo: C. Grandpey

Quelques nouvelles du Mayon (Philippines) // Some news of Mayon Volcano (Philippines)

Le Mayon reste très actif, malgré une accalmie au cours des derniers jours. Le PHILVOCS indique que la lave avance toujours sur 4,3 km le long de la ravine Bonga-Buyuan et 3,2 km dans la ravine Miisi. Cette accalmie a incité les autorités à rapatrier, le 2 février, quelque 60 000 personnes hébergées dans des centres d’évacuation de la province d’Albay. Les personnes évacuées, soit environ 70% des 84 543 qui s’entassent dans différents camps d’évacuation dans la province, vivaient à l’intérieur de la zone de danger étendue à 9 km autour du volcan. Les autorités ont déclaré que le rapatriement des personnes évacuées avait pour but de décongestionner les 70 centres d’évacuation.
Malgré l’accalmie, le PHILVOCS a maintenu le niveau d’alerte à 4 et demande à nouveau au public de s’abstenir d’entrer dans la zone de danger de 8 km de rayon.
L’Institut a déclaré que l’éruption du volcan Mayon durera au moins deux à trois mois et envisage deux scénarios. 1) Le Mayon continue à émettre doucement de la lave avec quelques petites phases éruptives au sommet du volcan.  2) Le Mayon connaît une éruption majeure avec des coulées pyroclastiques qui peuvent dévaler ses pentes et dévaster des zones habitées dans les villages entourant le volcan.
Pour le moment, l’activité volcanique correspond au scénario 1, autrement dit une éruption de lave continue qui peut durer jusqu’à trois mois. La probabilité du scénario 2, avec évolution vers une éruption explosive, est plus faible.
Si l’on se réfère à l’histoire éruptive du Mayon, on se rend compte que les éruptions ont duré au moins deux à trois mois, voire quatre mois.
Source: PHILVOCS & Manila Bulletin.

———————————-

Mayon is still quite active, despite a lull over the past several days. PHILVOCS indicates that lava is still flowing 4.3 km along the Bonga-Buyuan Gully and 3.2 km in the Miisi Gully. The lull prompted the authorities to send home on February 2nd some 60,000 people who had taken shelter in evacuation centers in Albay province. The evacuees, about 70 percent of the 84,543 people crowding various evacuation camps in Albay, lived inside the 9-km extended danger zone around the volcano. The authorities said that sending home the evacuees was meant to decongest the 70 evacuation shelters in Albay.

Despite the lull, PHILVOCS has kept the alert level at 4 and reiterates its advisory to the public to refrain from entering the 8 km-radius danger zone

The Institute said the eruption of Mayon Volcano will last at least two to three months and describes two scenarios. 1) Mayon may continue to ooze lava with small eruption in between or 2) Mayon may go through a major eruption with pyroclastic flows that may glide down the slope and devastate residential areas in the villages surrounding the volcano.

For the time being, the volcano is exhibiting scenario one, which is the continued lava eruption that may last until three months, but the probability of scenario 2, or the progression into explosive eruption, has the lower probability.

If one refers to historical accounts, Mayon’s eruptions lasted for at least two to three months or even at least four months.

Source: PHILVOCS & Manila Bulletin.

Crédit photo: PHILVOCS

Mt Agung (Bali) : Le Président indonésien discrédite les volcanologues ! // Indonesian President discredits volcanologists !

Voici quelques titres de journaux indonésiens aujourd’hui: « L’Indonésie lève le niveau d’alerte à Bali » (The Jakarta Post); « Le président annule l’état d’urgence du Mont Agung » (Antara News). Pendant ce temps, le niveau d’alerte officiel pour le volcan, sur le site Web du VSI, est toujours au maximum (4 – AWAS).
Comme je l’ai écrit précédemment, la peur d’une éruption de l’Agung affecte profondément le tourisme à Bali. Plusieurs pays comme l’Australie ont dissuadé leurs ressortissants de passer leurs vacances sur l’île.
En réaction à cette situation, « le Président a décidé d’annuler le niveau d’alerte et Bali est maintenant prête à accueillir de nouveau les touristes. » C’est ce qu’a déclaré un membre du gouvernement indonésien après une réunion de Cabinet présidée par le président Joko Widodo à Denpasar.
Parmi les pays qui ont diffusé des mises en garde à l’attention des voyageurs, la Chine a interdit à ses citoyens de se rendre à Bali du 27 novembre 2017 au 4 janvier 2018. Malgré cela, le nombre d’arrivées de touristes à Bali connaît actuellement une certaine hausse, avec 12 300 visiteurs par jour. Ce nombre avait chuté à 2000 visiteurs par jour après le réveil de l’Agung le 29 novembre dernier. En temps normal, le nombre moyen de visiteurs est de 15000.
Malgré l’annonce du Président, plus de 60 000 habitants vivant habituellement dans la zone dangereuse de 10 km de rayon se trouvent encore dans des centres d’hébergement temporaires.
D’un point de vue scientifique, il est indéniable que les volcanologues indonésiens ont été incapables de faire des prédictions fiables sur l’éruption du Mont Agung. Leurs homologues américains et européens n’auraient probablement pas fait mieux. Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique. Pour le moment, la lave a rempli environ un tiers du cratère mais personne ne sait ce qui va se passer ensuite.
En ce qui me concerne, au vu des différents paramètres diffusés sur le site web de VSI, je ne pense pas que nous nous dirigions vers une éruption majeure avec les coulées pyroclastiques tant redoutées. Il faudrait d’abord qu’un dôme remplisse le cratère. Le vrai risque pour le moment est une accumulation de gaz sous pression sous la lave dans le cratère avec une explosion, comme cela se produit de temps en temps sur le Popocatepetl au Mexique. Les projections de matériaux couvriraient probablement les pentes du volcan et constitueraient une menace pour les villageois qui ont décidé de revenir travailler dans leurs fermes malgré l’interdiction officielle. Cependant, la menace serait beaucoup plus faible que les coulées pyroslastiques.
Seul le volcan sait ce qui va se passer dans les jours et semaine à venir!

——————————————

Here are some headlines of today’s Indonesian newspapers: “Indonesia lifts Bali’s alert status” (The Jakarta Post); “President removes Mount Agung emergency status” (Antara News). Meantime, the official alert level for the volcano on VSI’s website is still at its highest (4 – AWAS).

As I put it before, the fear of Mt Agung’s eruption deeply affects tourism in Bali. Several countries like Australia have warned their citizens against spending their holidays on the island.

As a reaction to this situation, « the President has decided to revoke the alert status. Bali is now ready to welcome tourists again, » said an Indonesian official after a limited Cabinet meeting led by President Joko Widodo in Denpasar.

Among countries that issued travel advisories, China banned its citizens from travelling to Bali from November 27th 2017 to January 4th 2018. However, the number of tourist arrivals to Bali has gradually recovered to 12,300 visitors per day, recently. The number had plunged to as low as 2,000 visitors per day after Mt. Agung erupted on November 29th. On normal days, the average number of visitors is 15,000.

Despite the President’s announcement, tens of thousands of residents living in the 10-km-radius danger zone are still living in shelters.

From a scientific point of view, we can’t deny that Indonesian volcanologists have been unable to make reliable predictions about Mt Agung’s eruption. U.S. and European experts would probably have not done a better job. As I put it several times, we are not able to predict a volcanic eruption. For the time being, lava has filled about one third of the crater but nobody knows what will happen next.

As far as I am concerned, judging from the different parameters on VSI’s website, I do not think we are not heading for a major eruption with the dreaded pyroclastic flows. A dome would first need to fill the crater for that. The real risk for the moment is an accumulation of gas pressure beneath the lava in the crater with an explosion that would shatter it, like this happens from time to time on Popocatepetl Volcano in Mexico. Ejections of material would probably cover the volcano’s slopes and become a threat to the villagers who have decided to return to their farms despite the official interdiction. However, the threat would be much lower than pyroslastic flows.

Only the volcano knows what will happen in the coming days and weeks!

Les gros nuages de cendres qui ont perturbé le trafic aérien ont, pour le moment, disparu. Bienvenue aux touristes à Bali! (Image webcam)

Sinabung (Sumatra / Indonésie): Nouvel épisode éruptif // New eruptive episode

Selon l’agence de presse chinoise Xinhua, le Sinabung a connu un nouvel épisode éruptif aujourd’hui 18 décembre 2017, avec apparition de coulées pyroclastiques, comme lors des épisodes précédents. L’éruption a eu lieu à 13h02, avec cinq minutes d’activité sismique autour du volcan. Les coulées pyroclastiques se sont déplacées sur 2 500 mètres vers l’est-sud-est et sur 3 500 mètres vers le sud.
Il est demandé à la population de rester à l’écart de la zone rouge autour du volcan car d’autres éruptions pourraient avoir lieu dans un proche avenir. Les habitants doivent également rester vigilants car des lahars peuvent dévaler les flancs du volcan au moment des fortes pluies observées en ce moment.

Le niveau d’alerte est maintenu à 4 (AWAS), le maximum.
La dernière éruption avant l’événement de lundi a eu lieu le 29 novembre 2017, avec une colonne de cendre et des coulées pyroclastiques. Plus de 2 000 personnes ont été déplacées depuis le début de l’éruption du Sinabung.

—————————————

According to the Chinese press agency Xinhua, Mt Sinabung erupted again on Monday, December 18th 2017, spewing hot clouds. The eruption took place at 13:02 p.m., with five minutes of tremors around the area. Hot clouds were seen travelling 2,500 metres to the east-southeast and 3,500 metres to the south.

People have been advised to stay away from areas declared red zones around the volcano as more eruptions are expected to take place in the near future. People were also told to remain alert for possible lahars from the volcano amid the intensifying rains nowadays.

The alert level is still at its highest, 4 (AWAS).

The last eruption prior to Monday’s event took place on November 29th 2017, with an ash column and pyroclastic flows. Over 2,000 people were displaced from the ongoing Sinabung volcanic activities.

Crédit photo: J.P. Vauzelle

Les systèmes d’alerte autour du Mont Agung // Mt Agung’s warning systems

Des systèmes d’alerte seront activés si le Mt Agung entre en éruption. Le volcan, qui se dresse à 70 kilomètres de Kuta, connaît une forte hausse de la sismicité depuis le mois d’août et menace d’entrer en éruption pour la première fois depuis 1963. Comme je l’ai mentionné dans un article précédent, les craintes d’une éruption ont déjà un impact sur l’industrie touristique de l’île de Bali.
La semaine dernière, les autorités ont installé des sirènes dans plusieurs localités à proximité du volcan. Le but de ce système d’alerte, qui sera déclenché manuellement lorsque le volcan entrera en éruption, est de donner aux habitants le temps de fuir.
Personne ne sait quand l’éruption aura lieu. Ce pourrait être dans les dix prochaines minutes. Ou au cours de la prochaine heure. Ce pourrait être jamais. Cependant, les dernières observations montrent que la probabilité d’une éruption continue d’augmenter.
Les sirènes utilisées pour protéger les gens présentent un défaut majeur: leur rayon d’action est de seulement 2 kilomètres, ce qui est très insuffisant. Les habitants du secteur reprochent au système d’alerte volcanique d’être trop compliqué et difficile à identifier. La description d’une description de l’Agung par les autorités justifierait un système à plus grande échelle et plus performant. Les coulées pyroclastiques et les lahars sont des phénomènes dévastateurs.
Compte tenu de la possibilité d’une éruption majeure du Mt Agung, les systèmes d’alerte actuels semblent dérisoires. Les séismes volcaniques sont ressentis par la population autour de l’Agung et du Batur, et certaines secousses sont même ressenties jusqu’à Denpasar et Kuta. Les survivants se souviennent de l’éruption de 1963. Un témoin raconte que les gens voyaient un « énorme nuage au-dessus de la montagne. Ce nuage s’est écroulé sur terre en morceaux. C’était comme si un grand nombre de bombes explosaient. » L’éruption a tué 1 100 personnes.
Source: New Zealand Herald.

——————————————–

Warning systems will be activated if Mt Agung erupts. The volcano, 70 kilometres from the resort hub of Kuta, has been shaking since August and threatening to erupt for the first time since 1963. As I put it in a previous post, fears that it will blow are already impacting the island’s tourism industry.

Officials last week installed warning sirens in several townships beneath the volcano. The aim of the special warning system, which will be triggered manually when the volcano erupts, is to give residents enough time to flee.

Nobody knows when the eruption will take place. It could be in the next ten minutes. Or the next hour. It could be not at all. However, the latest evidence collected by Indonesian officials shows the likelihood continues to increase.

The sirens used to protect people have one potentially fatal flaw: their radius is only 2 kilometres, which is too small. Local residents complain that early warning systems for volcanoes are too complicated and not easy to identify. What authorities have predicted justifies the need for a bigger and better system because, despite the unknown nature of the impact of Mt Agung’s eruption, the visuals are quite terrifying. The potential route of pyroclastic flows and lahars would be devastating.

Taking into account the possibility of a major eruption of Mt Agung, the current warning systems nearly look useless. Volcanic earthquakes are being felt by people around Agung and Batur areas, and some of the biggest earthquakes are even felt in Denpasar and Kuta areas. Survivors can remember the 1963 eruption. One witness said that people saw a “huge cloud above the mountain. That cloud fell to the earth in lumps. It sounded like lots of bombs going off.” The eruption killed 1,100 people.

Source: New Zealand Herald.

Source: Wikipedia