Hekla (Islande) : Une bombe à retardement ? // Mt Hekla (Iceland) : A time bomb ?

On peut lire dans la base de données de la Smithsonian Institution que l’Hekla, l’un des volcans les plus actifs d’Islande, se trouve près de l’extrémité méridionale de la zone de rift Est. Au cours de son histoire, il a émis des andésites basaltiques, contrairement aux basaltes tholéiitiques que l’on rencontre généralement sur les volcans de zone de rift en Islande. Les tephras de l’Hekla sont généralement riches en fluor qui présente un risque pour les animaux dans les pâturages. Les nombreuses coulées de lave émises pendant les éruptions historiques – qui remontent à 1104 de notre ère – couvrent une grande partie des flancs du volcan.
Certains volcanologues pensent que l’Hekla a un cycle éruptif de dix ans. C’est vrai si l’on prend en compte les éruptions les plus récentes, mais au vu de l’histoire du volcan, un tel cycle n’existe pas vraiment. Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, la notion de cycle en volcanologie n’a jamais été vraiment prouvée. Voici le lien vers une liste des éruptions de l’Hekla sur le site web de la Smithsonian Institution:
https://volcano.si.edu/volcano.cfm?vn=372070

Situé dans le sud de l’Islande, l’Hekla attire les touristes. Cependant, gravir ce volcan n’est pas sans risque car les éruptions se déclenchent très rapidement, sans prévenir.
N’importe qui peut l’escalader car l’ascension ne présente pas de difficultés techniques. Une fois au sommet, on a une vue magnifique sur les environs ; elle est appréciée par des foules de gens chaque année, mais très peu d’entre eux sont conscients des risques qu’ils courent en gravissant la montagne.
Comme je l’ai écrit plus haut, l’Hekla est entré assez fréquemment en éruption au cours du 20ème siècle. Les derniers événements ont eu lieu en 1947, 1970, 1980, 1991 et 2000. Ce qui caractérise l’Hekla, c’est le peu de temps – généralement moins d’une heure – qui s’écoule avant une éruption. Cette dernière commence en général par une séquence explosive au sommet, suivie grandes coulées de lave sur les flancs du volcan.
En conséquence, on peut se demander si les randonneurs qui se trouvent près du sommet en cas d’explosion parviendront à se mettre en sécurité à temps. D’importantes retombées de cendre volcanique au début d’une éruption peuvent blesser les touristes. Des avalanches de cendre chaude et de vapeur d’eau peuvent également se produire et dévaler les pentes de la montagne en quelques minutes. Les gaz toxiques qui accompagnent une éruption, peuvent constituer un autre risque majeur pour l’homme et les animaux.
Les mesures actuelles montrent que la pression dans la chambre magmatique de l’Hekla dépasse ce qu’elle était en l’an 2000. Cela donne à penser que le volcan est prêt à entrer en éruption, bien que personne ne sache à quel moment un tel événement pourrait se produire. Ce pourrait être demain…ou dans 50 ans. J’explique au cours de mes conférences que notre capacité à prédire les éruptions est très faible. S’agissant de l’Hekla, tout ce que l’on sait, c’est que les randonneurs n’auront qu’une heure pour quitter les lieux. Personne ne pouvant dire quand aura lieu la prochaine colère du volcan, il reste ouvert à la randonnée. Les touristes doivent juste être conscients du risque qu’ils courent.
La Protection Civile islandaise a installé un panneau au pied de l’Hekla pour rappeler le risque. En outre, un système d’alerte est en place. En cas de danger imminent, un SMS sera envoyé à toutes les personnes présentes dans la zone. La question est de savoir combien de temps il faudra aux gens pour prendre note de leur message et combien de temps il leur faudra pour quitter la zone dangereuse. Il faut juste espérer que personne ne se trouvera sur le volcan la prochaine fois qu’il se réveillera….
Source: Iceland Monitor.

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According to the Smithsonian Institution’s data base, Mount Hekla, one of Iceland’s most active volcanoes, lies near the southern end of the eastern rift zone. It has produced basaltic andesites, in contrast to the tholeiitic basalts typical of Icelandic rift zone volcanoes. Hekla tephras are generally rich in fluorine and are consequently very hazardous to grazing animals. Extensive lava flows from historical eruptions, which date back to 1104 CE, cover much of the volcano’s flanks.

Some volcanologists think that Hekla has a ten-year eruptive cycle. This is true if we take into account the most recent eruptions, but if we look at the volcano’s past history, such a cycle does not really exist. As I have put it several times, the notion of cycle in volcanology has never been clearly proved. Here is the link to a list of Hekla’s eruptions on the Smithsonian Institution’s website:

https://volcano.si.edu/volcano.cfm?vn=372070

Located in South Iceland, Mount Hekla is a great tourist attraction. However, hiking up the mountain comes with a risk, as this volcano’s eruptions are triggered very rapidly, without warning.

Anyone is allowed to hike up the mountain and technically, it is not a difficult hike. You get a great view from the top and it is enjoyed by many people every year. Most likely, though, very few people are aware of the risk they take by climbing the mountain.

As I put it above, Mt Hekla erupted rather frequently during the 20th century. The last events occurred in 1947, 1970, 1980, 1991 and 2000.What makes Mt Hekla unique is the short time leading up to its eruption, usually less than an hour. An eruption begins with an explosive onset at the top, followed my large lava flows.

As a consequence, one may wonder whether hikers who are standing near the top of the mountain in the event of an explosion will make it to safety in time. Large showers of volcanic ash at the onset of an eruption could injure hikers. Floods of hot ash and water could also occur, flowing down the slopes of the mountain in a matter of minutes. Poisonous gases, which accompany an eruption, would also pose a major risk to people and animals.

Current measurements show that pressure in Mt Hekla’s magma chamber already exceeds what it was in the year 2000, suggesting that the volcano is ready for an eruption, although no one knows when such an event might occur. All we know is that hikers would only get an hour’s notice. It could be tomorrow; it could also be 50 years from now. Nobody knows. I explain during my conferences that our ability to predict eruptions is very low. As nobody can predict Mt Hekla’s eruptions, the volcano is not closed to hikers; they just need to be aware of the risk they take.

Iceland’s Department of Civil Protection has installed a sign at the base of the mountain to point out the risk. Furthermore, a response system is in place, whereby an SMS would be sent to everyone in the area when it is clear that an eruption is imminent. The question is to know how long it takes people to notice their message and how much time they will have to make an escape. Next time Hekla wakes up, let’s hope no one will be on the mountain.

Source : Iceland Monitor.

Vue de l’Hekla (Crédit photo: Wikipedia)

Essaim sismique à proximité de l’Hekla (Islande) // A seismic swarm near Mt Hekla (Iceland)

Un essaim sismique a été enregistré le 27 janvier 2019 à quelques kilomètres à l’ouest du Torfajokull et à une quinzaine de kilomètres à l’est de l’Hekla. On a dénombré une trentaine d’événements d’une magnitude variant globalement entre M 1 et M 3,7, entre 3 et 7 km de profondeur.

Etant donné la proximité de l’Hekla, la situation mérite d’être surveillée. Il est bon de rappeler que la dernère éruption de ce volcan a eu lieu fin février 2000, précédée d’un bref épisode sismique d’une heure vingt. Après un début intense, l’éruption s’est essoufflée et s’est terminée dans les premiers jours du mois de mars.

Les éruptions précédentes au 20ème siècle se sont produites en mars-avril 1948, mai-juillet 1970, août 1980 et janvier-mars 1991.

Elles se caractérisent souvent par ne première phase explosive violente suivie d’une activité moins intense, avec des coulées de lave et d’abondantes émissions de cendre.

Certains scientifiques affirment que l’Hekla aurait un cycle éruptif décennal, mais l’examen des éruptions au cours des âges montre que ce cycle n’existe pas vraiment. On remarquera que 19 années se sont déjà écoulées depuis la dernière éruption. D’une manière plus générale, la notion de cycle éruptif n’a jamais été vraiment prouvée sur les volcans actifs.

Source : IMO, Smithsonian Institution.

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A seismic swarm was recorded on January 27th, 2019 a few kilometres west of Torfajokull and about fifteen kilometres east of Mt Hekla. There were about thirty events with a magnitude generally ranging between M 1 and M 3.7, between 3 and 7 km deep.
Given the proximity of Mt Hekla, the situation deserves to be monitored. It is worth remembering that the last eruption of this volcano took place at the end of February 2000, preceded by a brief seismic episode of one hour and twenty minutes. After an intense start, the eruption declined and ended in the first days of March.
Previous eruptions in the 20th century occurred in March-April 1948, May-July 1970, August 1980 and January-March 1991.
They are often characterized by a first violent explosive phase followed by a less intense activity, with lava flows and abundant ash emissions.
Some scientists claim that Mt Hekla has a ten-year eruptive cycle, but the review of eruptions over the ages shows that this cycle does not really exist. It should be noted that 19 years have passed since the last eruption. More generally, the notion of eruptive cycle has never really been proven on active volcanoes.
Source: IMO, Smithsonian Institution.

Source: IMO

Découverte d’un nouveau minéral sur l’Hekla (Islande) // Discovery of a new mineral on Mt Hekla (Iceland)

En janvier 1991, l’Hekla a été secoué par une éruption qui a duré deux mois.
Six mois après l’éruption, un géologue danois a entrepris d’étudier certaines fractures dans la lave. À l’intérieur de ces fractures, la température atteignait 170°C et des gaz toxiques s’échappaient encore du volcan. Le scientifique a recueilli des incrustations jaunâtres dans les fractures afin de les analyser dans son laboratoire de l’Université de Copenhague.
Aujourd’hui, 25 ans plus tard, les recherches conduisent les scientifiques à conclure que les matériaux analysés contiennent un minéral inconnu décrit dans le dernier numéro de la revue Mineralogical Magazine. Les chercheurs ont choisi de le baptiser Topsøeite, par référence à la famille Topsøe dont les membres ont beaucoup apporté à la science.
La Topsøeite est l’un des sept nouveaux minéraux découverts en Islande depuis 2009. Il est constitué d’éléments de fer et de fluor, ainsi que de molécules d’eau. Les scientifiques avaient déjà observé cette structure chimique, mais c’est sa première identification sous forme minérale.
Il existe environ 5 200 minéraux connus sur Terre. Toute découverte doit passer par l’International Mineralogical Association (IMA) avant d’être officiellement reconnue comme nouveau minéral. Une centaine de nouveaux minéraux sont enregistrés chaque année. On observe une augmentation du nombre de nouveaux minéraux ces dernières années. La moitié des minéraux connus aujourd’hui ont été découverts depuis 1980. C’est dû au fait que nous disposons de nouvelles méthodes qui permettent de décrire plus facilement les minéraux et d’identifier leur composition chimique.
Récemment, une étude américaine a montré que les activités humaines ont entraîné un changement spectaculaire dans les minéraux sur Terre.

Source : Science Nordic

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In January 1991, Mt Hekla went through an eruption that lasted for two months.

Six months after the eruption, a Danish geologist set out to study some of the cracks in the lava. Inside the cracks, temperatures reached 170°C and toxic gases were oozing out from the volcano. The scientist collected some of yellowish encrustations inside the cracks and took them to the laboratory at the University of Copenhagen, where they were studied carefully.

Now, 25 years later, these investigations have led scientists to conclude that the volcanic material contained a previously unknown mineral described in the latest issue of the journal Mineralogical Magazine. The researchers chose to name the new mineral Topsøeite, after the Topsøe family which has given many important people to science.

Topsøeite is one of seven new minerals discovered in Iceland since 2009. It is formed by the elements iron and fluorine, along with water molecules. Scientists have seen this chemical structure before, but this is the first identification of it in mineral form.

There are approximately 5,200 known minerals on Earth. Any new discovery has to go through the International Mineralogical Association (IMA) before it is officially recognised as a mineral. About 100 new minerals are registered every year. There has been an increase in the number of new minerals in recent years. Half of the minerals we know today were discovered since 1980. It is because we have new methods that make it easier to describe minerals and identify their chemical composition.

Recently, an American study showed that human activities have led to a dramatic change in the Earth’s minerals.

Source: Science Nordic.

Crédit photo : Université de Copenhague

 

Beaucoup de bruit autour des volcans islandais // Much noise around Icelandic volcanoes

drapeau-francaisDepuis pas mal de temps, plusieurs mois en fait, les volcanologues islandais préviennent, à travers le site web Iceland Review, que quatre volcans de leur pays sont prêts à entrer en éruption. Ainsi, selon le géophysicien Páll Einarsson, «ils montrent de plus en plus d’activité et se préparent pour une nouvelle éruption. Le Katla est plus actif qu’il ne l’a jamais été depuis quatre décennies. Il montre des signes d’activité depuis l’automne.»Les autres volcans qui montrent une hausse d’activité sont l’Hekla, le Grímsvötn et le Bárðarbunga. Soit dit en passant, ce même volcanologue affirmait il n’y a pas si longtemps que le Bárðarbunga n’allait pas entrer en éruption prochainement car il fallait que sa chambre magmatique se remplisse depuis la dernière éruption de 2015 et la coulée qu’il a envoyée dans l’Holuhraun.
Je ne suis pas sur le terrain pour effectuer des mesures mais à en juger par l’activité sismique actuelle, aucune éruption ne semble sur le point de se produire sur ces volcans. Les derniers événements sismiques sur le Katla ont été vraiment très peu profonds, une centaine de mètres ou moins, ce qui signifie que leur origine n’était pas volcano-tectonique. Ils ont été probablement causés par des mouvements de la glace à la base du glacier Myrdalsjökull, ou par des mouvements de fluides hydrothermaux sous l’édifice volcanique, phénomène assez fréquent sur les volcans islandais. En outre, aucune augmentation significative du tremor n’a été observée et les températures ne semblent pas avoir augmenté non plus car aucune hausse de niveau n’a été observée récemment dans les rivières qui sortent du glacier.
Ci-dessous, une carte montrant l’activité volcanique actuelle en Islande, avec très peu d’événements sur les volcans mentionnés par Páll Einarsson.

Pourquoi tant de bruit autour de quatre volcans islandais? Je pense que les volcanologues islandais ne veulent pas être pris au dépourvu par une éruption et ils ne veulent pas être tenus pour responsables des dégâts qu’une éruption pourrait causer (nuages de cendre, inondations soudaines, etc.). En anticipant une éruption, même si elle se produit pas à court terme, ils obligent les autorités en charge de la protection de la population (police et protection civile) à se tenir sur leurs gardes et anticiper les mesures à prendre. Ainsi, ils ne risquent pas d’être accusés et poursuivis en justice comme leurs homologues italiens au moment du séisme de L’Aquila en 2009. Malheureusement, aucune mesure ne pourra être prise si l’un de ces volcans envoie de volumineux panaches de cendre dans le ciel. Aucun progrès significatif n’a été réalisé sur les avions et il est probable que nous serons témoins de la même panique qu’en 2010, au moment de l’éruption de l’Eyjafjallajökull!

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drapeau-anglaisFor quite a long time, several months actually, Icelandic volcanologists are warning the public through the website Iceland Review that four volcanoes in their countries are ready to erupt. For instance, according to geophysicist Páll Einarsson, they “are showing increased amounts of activity in preparation for another eruption. Katla is the most active that it’s ever been in four decades. It has been unrestful since this autumn. » The other volcanoes showing increased activity are Hekla, Grímsvötn and Bárðarbunga.

I am not on the field to perform measurements but judging from the current seismic activity, no eruption seems about to happen on these volcanoes. The latest seismic events on Katla were very shallow indeed, 100 metres deep or even less, which means their origin was not volcano-tectonic. They were probably caused by movements of the ice at the bottom of the Myrdalsjökull Glacier, or by the movements of geothermal fluids beneath the volcanic edifice, a phenomenon which is quite frequent on Icelandic volcanoes. Besides, no significant increase in the tremor ha s been observed and temperatures do not seem to have increased either as no flooding was recently observed in the rivers coming out of the glacier.

Then, why so much noise about four Icelandic volcanoes? I think that Icelandic volcanologists do not want to be caught off their guard by an eruption and they do not want to be held responsible for any damage an eruption might cause (ash clouds, flash floods and so on). By anticipating an eruption, even if it happens in the long term, they force those in charge of public protection (police and Civil Defence) to anticipate the measures to be taken. Thus, they won’t be sued like their Italian colleagues after the L’Aquila earthquake in 2009. Unfortunately, nothing will be done if one of the volcanoes sends huge ash clouds into the sky. No significant progress has been made with the planes nd it is likely we will witness the same panic as in 2010 when Eyjafjallajökull erupted!

Here is a map showing the current volcanic activity in Iceland, with very few events on the volcanoes mentioned by Páll Einarsson.

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Source: Icelandic Mat Office.

La surveillance de l’Hekla (Islande) // The monitoring of Mt Hekla (Iceland)

drapeau francaisL’Hekla est l’un des volcans les plus actifs d’Islande. Au cours du dernier millénaire, il est entré en éruption à 23 reprises. L’éruption la plus récente a eu lieu en février 2000, avec l’émission d’un panache de cendre, de gaz et de vapeur d’eau jusqu’à 10-12 km de hauteur pendant environ deux heures. L’éruption majeure la plus récente s’est produite en 1947 ; elle a généré un panache qui est monté à une trentaine de kilomètres dans la stratosphère. Selon les conditions météorologiques au moment de l’éruption, les nuages de cendre peuvent monter à une altitude élevée et affecter le trafic aérien international.
Depuis 1970, l’Hekla est entré en éruption à peu près tous les 10 ans (1970, 1980-1981, 1991 et 2000). C’est la raison pour laquelle le volcan est aujourd’hui considéré comme «en retard», vu que la dernière éruption a eu lieu il y a plus de 16 ans. Il convient toutefois de remarquer qu’avant 1970, l’Hekla se manifestait moins fréquemment, avec des périodes de repos allant jusqu’à 120 ans. Comme je l’ai écrit précédemment, j’ai de grands doutes quant à l’activité cyclique d’un volcan. S’agissant de l’Hekla, un laps de temps de 30 ans est loin d’être suffisant pour décider qu’un volcan a un cycle éruptif.

Le Met Office islandais (IMO) est en charge de la surveillance de l’Hekla. Depuis le début de la surveillance instrumentale du volcan dans les années 1970, les signaux pré-éruptifs ont été détectés seulement quelques dizaines de minutes avant le démarrage d’une éruption. De gros efforts sont faits pour mettre en place un réseau de surveillance efficace sur et autour du volcan afin de détecter les premiers signaux éruptifs. Le but est d’optimiser l’observation et l’interprétation des signaux disponibles et de donner, en temps opportun, des informations sur l’activité volcanique. Comme en 1991 et 2000, la prochaine éruption de l’Hekla sera probablement précédée d’un épisode mesurable d’ascension du magma vers la surface. Les séismes qui accompagnent cette ascension du magma peuvent et doivent être détectés en temps quasi réel. Le réseau sismique a été amélioré en 2012 avec l’installation de deux sismomètres temporaires à large bande à 11 km du volcan; ils viennent s’ajouter au réseau permanent. Le réseau sismique actuel est capable de détecter des séismes beaucoup plus faibles que ceux détectés automatiquement avant l’éruption de l’an 2000; de plus, il devrait pouvoir localiser ces événements avec plus de précision.
Une augmentation de l’activité sismique de l’Hekla entraînerait automatiquement l’apparition de signaux radio dans la salle de contrôle de l’IMO à Reykjavík, qui est opérationnelle 24 heures sur 24, tous les jours de l’année. Le système d’alerte, utilisé pour toutes les régions d’Islande, est basée sur la magnitude et le nombre de séismes, ainsi que sur l’énergie libérée, en fonction de seuils prédéfinis. En plus de l’alerte audio, une alerte est envoyée par sms au personnel de surveillance de l’IMO et aux autorités de la protection civile. Le tremor éruptif est également surveillé et une alerte est transmise chaque fois que le tremor enregistré à l’une des stations dépasse un seuil qui pourrait indiquer une éruption à court terme.
Trois paramètres principaux sont actuellement contrôlés par l’IMO: sismicité, déformation de surface, et émissions de gaz. Les plupart des mesures de déformation récentes montrent une tendance globale d’inflation sur le long terme. Le niveau de l’éruption de l’an 2000 a même été dépassé à certains moments entre 2007 et 2009.
Les mesures de gaz n’ont révélé aucune concentration détectable de SO2 sur l’Hekla depuis le début des mesures en 2014.
Il est clair que, depuis l’éruption de l’an 2000, d’importantes améliorations ont été apportées aux réseaux de surveillance du volcan. Toutefois, en raison des conditions environnementales difficiles, ainsi que des problèmes pouvant survenir lors du transfert et du traitement des données, une prévision précise à court terme ne peut pas être garantie. La prochaine éruption de l’Hekla pourrait se produire avec peu ou pas de préavis, en dépit de tous les systèmes de surveillance et d’alerte actuellement opérationnels. Compte tenu de l’amélioration des capacités de surveillance, et en se référant au comportement de l’Hekla en 1991 et 2000, l’imprévisibilité du volcan est telle que l’IMO pourrait disposer de moins d’une heure pour la mise en place des alertes dans des conditions optimales.
Source: Icelandic Met Office

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drapeau anglaisMount Hekla is one of the most active volcanoes in Iceland. During the last millennium, it has erupted 23 times. The most recent eruption was in February 2000, when the volcano emitted a 10 to 12-km-high plume of ash, gas and water vapour that lasted a couple of hours. The most recent major eruption of Hekla in 1947 generated a plume that rose to about 30 km in the stratosphere. Depending on weather conditions at the time of the eruption, the ash clouds can rise to high elevation and affect international air travel.

Since 1970, Mt Hekla has erupted roughly every 10 years (1970, 1980-81, 1991 and 2000). This is one reason why the volcano is now considered to be ‘overdue’, as the last eruption occurred more than 16 years ago. However, it should be noted that before 1970, Hekla erupted less frequently, with repose intervals up to 120 years in past centuries. This is the reason why – as I put it previously – I have great doubts about the cyclical activity of this volcano. Besides, a time span of 30 years is by no means sufficient to decide that a volcano has an eruptive cycle.

The Icelandic Met Office (IMO) is in charge of the monitoring of Mt Hekla. Since instrumental monitoring of the volcano began in the 1970s, pre-eruptive signals have been detected only tens of minutes before an eruption commenced. Great efforts are made to expand a robust monitoring network on and around the volcano for the purpose of detecting precursory eruptive signals. The goal is to optimize the observation and interpretation of the available signals to allow a timely warning about volcanic activity. As in 1991 and 2000, the next eruption of Hekla should be preceded by the measurable propagation of magma towards the Earth’s surface. Earthquakes accompanying the ascent of magma should be detected in near-real-time. The seismic network was improved in 2012 with the installation of two temporary broadband seismometers within 11 km of the volcano; they were added to the permanent network. The present network is able to detect much smaller earthquakes than would have been detected automatically immediately before the 2000 eruption; moreover, their location and accuracy is expected to be greatly improved.

Increased earthquake activity at Hekla results in an automated audio warning in IMO’s monitoring room in Reykjavík, which is staffed around the clock every day of the year. The warning system, which is used for all regions in Iceland, is based on earthquake size, earthquake rate and energy release relative to predefined thresholds. In addition to an audio alert for Hekla, an SMS alert is sent to IMO monitoring coordinators and Civil Protection authorities. Seismic tremor is also monitored and a warning is issued every time the tremor at any station exceeds a threshold which might indicate an eruption in the short term.

Three main parameters are currently monitored by IMO: seismicity, surface deformation, and gas emissions. The most recent deformation measurements show a broadly constant, long-term inflation trend signal. The 2000 eruption level was exceeded sometime between 2007 and 2009.

Gas measurements have seen no detectable concentrations of SO2 at Mt Hekla since measurements began in 2014.

It is clear that since the 2000 eruption of Hekla, significant improvements have been made to IMO’s monitoring networks around the volcano. However, due to harsh environmental conditions around the volcano, together with the potential for data-transfer and handling problems, a definite, short-term forecast cannot be guaranteed. The next eruption of Mt Hekla could occur with little or no forewarning, despite having all monitoring and warning systems fully functional. Taking into account IMO’s improved monitoring capabilities, and based on the behaviour of Hekla in 1991 and 2000, the unpredictability of the volcano is such that the warning-time under optimal conditions could be less than an hour.

Source : Icelandic Met Office.

Hekla-blog

Crédit photo: Wikipedia.

Hekla tilt

Graphique montrant l’évolution de la déformation de l’Hekla entre 1985 et aujourd’hui. On remarquera la déflation de l’édifice qui a accompagné les éruptions de 1991 et 2000 lorsque le magma s’est évacué. Le tilt présente une hausse globale depuis 2000 et a même dépassé le niveau d’avant cette dernière manifestation du volcan. (Source: Icelandic Met Office)

Islande et prévision volcanique

4 mars 2015 !! Voici une date que j’attendais avec impatience puisque c’est aujourd’hui même que devait prendre fin l’éruption dans l’Holuhraun ! C’est du moins ce qu’affirmait le  volcanologue islandais Haraldur Sigurðsson au mois d’octobre 2014 (voir ma note du 14 de ce même mois). Son pronostic s’appuyait sur l’évolution de l’affaissement de la caldeira du Bárðarbunga. Il expliquait que l’affaissement répondait à une évolution en ligne, pas en courbe, ce qui voulait dire que l’affaissement de la caldeira allait progressivement ralentir. Son petit-fils, Gabriel Sölvi, avait utilisé une formule prédisant que l’éruption dans l’Holuhraun prendrait fin 173 jours après le 12 septembre.

Aujourd’hui 4 mars, l’éruption est officiellement terminée depuis le 28 février.  La prévision du volcanologue islandais est donc relativement exacte.

Lorsque Haraldur Sigurðsson a fait part de sa prévision au mois d’octobre, je l’ai accueillie avec beaucoup de scepticisme car une éruption n’est pas une science exacte et de nombreux facteurs peuvent intervenir pour perturber son déroulement. Dans le cas présent, il semble que la poche magmatique qui a alimenté l’éruption se soit vidée très progressivement et très régulièrement, de sorte que la théorie de l’« évolution en ligne » de l’affaissement de la caldeira du Barðarbunga a bien fonctionné. La prévision de Haraldur Sigurðsson pourrait être utilisée à l’avenir pour essayer de déterminer la durée d’une éruption du même type en Islande, sur le Krafla, par exemple, en sachant qu’aucune éruption ne ressemble vraiment à une autre. .

Il faut tout de même relativiser la prévision de Haraldur Sigurðsson qui concerne la durée d’écoulement de la lave et non la prévision éruptive. Il ne faudrait pas oublier les tergiversations (auxquelles a participé Sigurðsson) dont elle a fait l’objet à partir du moment où les instruments ont commencé à s’affoler. Personne ne savait ce qui allait se passer : Eruption du Barðarbunga semblable à celle de l’Eyjafjallajökull en 2010 ? Sortie de lave à la limite du glacier ? Eruption avortée sans émission de lave ? Contact de la lave avec celle de l’Askja ? Au final, les scientifiques n’ont pu que constater la sortie de la lave dans la plaine désertique de l’Holuhraun !

Tant que nous sommes en Islande, remontons au 18 mars 2014. Ce jour-là, j’écrivais dans mon blog que selon Páll Einarsson, professeur de géophysique à l’Université d’Islande, la chambre magmatique sous l’Hekla était maintenant presque remplie, ce qui signifiait que le volcan «pourrait bientôt entrer en éruption» et qu’il était fortement déconseillé d’escalader la montagne car une éruption avait pour habitude de démarrer rapidement. La police avait même recommandé aux personnes ayant l’intention de grimper sur l’Hekla de ne pas oublier leurs téléphones portables afin de pouvoir être contactées rapidement en cas d’urgence volcanique. Pour le moment, comme aurait dit le regretté Robert Lamourueux, « le canard est toujours vivant » et aucune éruption n’est venue le plumer !

Plaisanterie à part, l’Holuhraun et l’Hekla montrent que nous sommes encore démunis en matière de prévision volcanique. Ces volcans sont truffés d’équipements et ne figurent pas parmi les plus dangereux de la planète. Notre capacité à prévoir est encore plus faible pour les volcans gris comme est venue nous le rappeler l’éruption du Mont Ontake et sa soixantaine de victimes.

Hekla-blog

L’Hekla en 2014  (Crédit photo:  Wikipedia)

Nouvelles islandaises // News from Iceland

drapeau francaisSelon Páll Einarsson, professeur de géophysique à l’Université d’Islande, la chambre magmatique sous l’Hekla est maintenant presque remplie, ce qui signifie que le volcan «pourrait bientôt entrer en éruption» et qu’il est fortement déconseillé d’escalader la montagne .
Au cours de la dernière éruption de 2000, 79 minutes seulement se sont écoulées entre le premier séisme et le déclenchement de l’éruption, un laps de temps plus long que lors des éruptions précédentes .
Suite à la déclaration du professeur, la police de Rangarvallasysla a recommandé aux personnes qui ont l’intention de grimper sur l’Hekla de ne pas oublier leurs téléphones portables de sorte que si les signaux sismiques montrent qu’une éruption est imminente, ils pourront être contactés par sms .
Les paroles prononcées par Pall Einarsson ne constituent pas vraiment un scoop! En effet,  on s’attend à une éruption de l’Hekla depuis 2006 ! On peut se demander ce qu’il entend par « bientôt » ! Une question de jours ? de semaines ? de mois ? On apprécie la précision de la prévision! Autant dire « il se pourrait qu’il pleuve bientôt » en voyant un ciel encombré de nuages!
Vous pourrez attendre l’éruption de l’Hekla en jetant un coup d’œil à la webcam à cette adresse:
http://www.livefromiceland.is/webcams/hekla/

Pendant ce temps, les visiteurs de Geysir doivent savoir qu’ils devront désormais payer un droit d’entrée de 4 euros pour admirer le geyser de renommée mondiale.
L’introduction de cette taxe a été largement débattue. En effet, la décision a été prise par les propriétaires locaux alors que le Ministère des Finances prétend que la terre à l’intérieur de la zone clôturée est détenue par l’Etat suite à un accord datant de 1935. Le gouvernement estime donc que les propriétaires n’ont pas le droit de prendre une décision unilatérale sur la mise en œuvre d’une taxe.

Quelle que soit la décision finale au sujet de Geysir, les visiteurs de l’Islande devront mettre la main au portefeuille !
Un système de pass pour la protection de la nature sera mis en œuvre au début de l’année prochaine. Il vous en coûtera coûtera 13 euros pour une visite de 4 jours, 19 euros pour un mois et 32 ​​euros pour cinq ans.
L’idée derrière cette mesure est de collecter des fonds pour le développement et la maintenance des attractions touristiques.
Compte tenu du nombre de touristes qui visitent chaque année l’Islande, le pass représentera une source de revenus intéressante pour l’état islandais !

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drapeau anglaisAccording to Páll Einarsson, professor in geophysics at the University of Iceland, the magma chamber under Hekla is now almost full, which means the volcano « could erupt soon » and that people should not climb the mountain.

During the last eruption, in 2000, it took just 79 minutes from the first quake until eruption, a time lapse that was longer than in previous eruptions.

As a consequence of the professor’s statement, the police in Rangárvallasýsla recommend that people who intend to hike up Hekla take their mobile phones with them so that if measurements show that an eruption is imminent, they can be contacted via sms.

Páll Einarsson’s words are by no means a scoop !  Indeed, geologists have been expecting an eruption since 2006. We may wonder what is meant by « soon » ! A matter of days ? weeks ? months ? The prevision is not up too much! In the same way, one might say « it could rain soon » when seeing a sky full of clouds!

You can wait for Hekla’s eruption by having a look at the webcam at this address :

http://www.livefromiceland.is/webcams/hekla/

Meantime, visitors to Geysir need to know that they will now have to pay an entrance fee of 4 euros to watch the world-famous geyser

The introduction of a fee has been widely debated. Indeed, the decision was made by local landowners whereas the Ministry of Finance pretends the land within the fenced area is owned by the state as set out in an agreement from 1935. The government therefore considers it unlawful for the landowners to make a unilateral decision about implementing a fee.

Whatever the final decision about Geysir, visitors to Iceland will have to pay !!

A nature pass system will be implemented at the beginning of next year. The pass will cost 13 euros for four days, 19 euros for one month and 32 euros for five years.

The idea behind the nature pass is to collect funds for the development and maintenance of tourist attractions.

Considering the number of tourists who visit Iceland every year, the pass will be good money for the country !

Source : Iceland Review.

Geysir-blog

(Photo:  C.  Grandpey)