Réchauffement climatique : des rivières virent à l’orange en Alaska // Global warming : some rivers are turning orange in Alaska

Voici une autre conséquence inattendue du réchauffement climatique et du dégel du pergélisol dans l’Arctique. Une étude publiée dans la revue Communications: Earth & Environment explique que les rivières et les ruisseaux de l’Alaska changent de couleur, passant d’un beau bleu à un orange rouille, en raison des métaux toxiques libérés par le dégel du pergélisol.
La situation a surpris les chercheurs du National Park Service, de l’Université de Californie à Davis et de l’US Geological Survey (USGS), qui ont effectué des analyses dans 75 sites le long de cours d’eau de la chaîne de montagnes Brooks (Brooks Range) en Alaska. Au cours des cinq à dix dernières années, les rivières et ruisseaux de la région ont pris la couleur de la rouille, avec une eau devenue trouble.
À mesure que le pergélisol dégèle, la décoloration et la nébulosité de l’eau sont dues à des métaux tels que le fer, le zinc, le cuivre, le nickel et le plomb, dont certains sont toxiques pour les écosystèmes fluviaux. Le phénomène a déjà été observé dans certaines parties de la Californie et dans des secteurs des Appalaches qui ont un passé minier. Il s’agit d’un processus classique qui se produit dans les rivières qui connaissent des activités minières depuis les années 1850, mais il est très surprenant de le voir dans des régions sauvages éloignées de tout, sans activités minières à proximité.
Les chercheurs ont utilisé l’imagerie satellite pour déterminer à quel moment le changement de couleur s’est produit dans les rivières et les ruisseaux. À plusieurs endroits, la décoloration la plus significative a eu lieu entre 2017 et 2018 et a coïncidé avec les années les plus chaudes jamais enregistrées. Cette décoloration a provoqué un déclin spectaculaire de la vie aquatique, suscitant des inquiétudes quant à la façon dont le dégel continu du pergélisol affectera les localités qui dépendent de ces cours d’eau pour boire et pêcher.
L’Alaska n’est pas le seul État à connaître ce phénomène. Une étude publiée un mois avant celle concernant cet État, détaille comment les montagnes Rocheuses du Colorado subissent des effets identiques du réchauffement climatique. L’étude, publiée par Water Resources Research, note une augmentation des concentrations de métaux comme le sulfate, le zinc et le cuivre dans 22 ruisseaux de montagne du Colorado au cours des 30 dernières années. Les chercheurs ont découvert que la réduction du débit des cours d’eau représentait la moitié de cette augmentation, tandis que l’autre moitié provenait du dégel du sol, ce qui permet aux minéraux de s’échapper du substrat rocheux.
Des études similaires ont été réalisées par le passé en dehors des États-Unis. Des recherches sur l’augmentation des concentrations de métaux et d’éléments rares dans les rivières et ruisseaux de montagne ont été menées dans les Andes chiliennes, les Alpes européennes et les Pyrénées du nord de l’Espagne. Bien que certaines de ces zones aient été exposées à des sites miniers, avec des concentrations de métaux dans les rivières et les ruisseaux au fil des années, les augmentations constatées soulèvent des questions sur la manière dont le réchauffement climatique continuera à avoir un impact sur les sources d’eau des montagnes.
Source : CNN, Yahoo Actualités.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

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Here is another unexpected consequence of global warming ansd the ensuing thawing of the permafrost in the Arctic. A study published in the journal Communications: Earth & Environment explains that rivers and streams in Alaska are changing color, from a clean, clear blue to a rusty orange, because of the toxic metals released by thawing permafrost.

The situation comes as a surprise for researchers from the National Park Service, the University of California at Davis and the US Geological Survey, who conducted tests at 75 locations in the waterways of Alaska’s Brooks Range. The rivers and streams in the range appeared to rust and became cloudy and orange over the past five to 10 years.

As permafrost thaws, the discoloration and cloudiness are being caused by metals such as iron, zinc, copper, nickel and lead, some of which are toxic to the river and stream ecosystems. The phenomenon was observed in parts of California, parts of Appalachia which have a mining history. This is a classic process that happens in rivers that have been impacted for over 100 years since some of the mining rushes in the 1850s, but it is very startling to see it on some of the most remote wilderness, far from a mine source.

Researchers used satellite imagery to determine when the change in color happened at different rivers and streams. At several locations, the most drastic increases were between 2017 and 2018 and they coincided with the warmest years on record at that point. This discoloration has caused dramatic declines in aquatic life, raising concerns about how the continued thawing of permafrost will affect communities that rely on those waterways for drinking and fishing.

Alaska is not the only state experiencing this phenomenon. Another study, published just a month before researchers in Alaska made their findings public, details how Colorado’s Rocky Mountains are seeing similar effects a warming climate.The study, published by Water Resources Research, notes an increase of metal concentrations – namely sulfate, zinc and copper – across 22 of Colorado’s mountain streams in the past 30 years. Researchers found that a reduced streamflow accounted for half of the increase, while the other half is from the thawing of frozen ground that allows for minerals to leach out of the bedrock.

Similar studies have been made beyond the US in the past. Research on increases in metal and rare earth element concentrations in mountain rivers and streams has been done in the Chilean Andes, the European Alps and the Pyrenees in northern Spain. Although some of these areas have been exposed to mining sites and thus have seen metal concentrations in rivers and streams over the years, the noted increases raise questions about how global warming will continue to impact mountain water sources.

Source : CNN, Yahoo News.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes (Islande) avec trois bouches actives le long de la fissure éruptive, mais l’activité diminue lentement, ainsi que le tremor volcanique. La lave a continué à s’écouler dans la carrière Melhólsnáma et l’a maintenant remplie. Elle s’épaissit également près des bouches actives.
Les mesures GPS de ces derniers jours indiquent un soulèvement continu du sol dans le secteur de Svartsengi, mais à un rythme plus lent qu’auparavant. Cela laisse supposer que le magma continue de s’accumuler dans le réservoir sous Svartsengi malgré l’éruption en cours.
Des niveaux élevés de SO2 ont été mesurés à Hafnir et Grindavík ces derniers jours. Cette concentration est considérée comme très malsaine et la population est susceptible de ressentir des gênes respiratoires en cas d’exposition. Il est important de rester à l’intérieur, de fermer les fenêtres et d’arrêter la climatisation.

A cause de la pollution par les gaz, le Blue Lagoon restera fermé au moins jusqu’au 1er avril 2024.
Source : Met Office.

Image webcam montrant les bouches actives le 27 mars 2024 au matin

 

Les zones hachurées sont celles où des changements se sont produits sur le champ de lave entre le 20 et le 26 mars 2024. La partie rayée en rouge est celle où la lave n’avait pas coulé auparavant lors de cette éruption. Les zones en violet clair sont celles envahies par la lave lors des éruptions de février et janvier. (Source : Met Office)

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Une brève activité explosive a été détectée sur le complexe volcanique de l’Atka (Aléoutiennes / Alaska) le 27 mars 2024. L’explosion a pour origine le cratère sommital Korovin, l’un des nombreux édifices appartenant à ce complexe. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à Advisory (surveillance conseillée).
La dernière éruption de ce volcan a duré de novembre 2006 à mars 2007.
Source : AVO.

L’AVO indique également que la lente émission de lave se poursuit dans le cratère sommital du Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska). Une image satellite montre une coulée de lave active sur le flanc nord-ouest du volcan. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.

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Une activité éruptive modérée se poursuit sur l’île Fernandina (Galapagos). Des anomalies thermiques sont détectées quotidiennement sur les images satellite. Les émissions de SO2 atteignaient 158 tonnes le 20 mars, 720 tonnes le 24 mars et 790 tonnes les 25 et 26 mars.
Source : Instituto Geofisico.

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En Indonésie, l’éruption du Dukono (Halmahera) se poursuit avec des nuages de vapeur et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 450 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

L’éruption du Merapi (île de Java) se poursuit. La sismicité reste à des niveaux élevés. Le dôme de lave SO génère de nombreuses avalanches qui dévalent le flanc SO jusqu’à 1,8 km de distance. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à une distance de 3 à 7 km du sommet, en fonction des secteurs.

L’activité éruptive continue sur le Semeru (île de Java). Les explosions génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent de 500 à 1 200 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est prié de rester à au moins 5 km du sommet dans toutes les directions, à 13 km du sommet au SE, à 500 m de la ravine de la Kobokan jusqu’à 17 km du sommet, et d’éviter les autres ravines en raison des risques de lahar, d’avalanche de matériaux et de coulée pyroclastique.
Source : PVMBG.

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L’INSIVUMEH indique que l’activité éruptive se poursuit sur le Fuego (Guatemala) avec les explosions habituelles qui envoient des matériaux incandescents à 100-300 m au-dessus du sommet. Elles génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du cratère. De fréquentes avalanches de blocs sont également observées dans plusieurs ravines. Elles atteignent parfois la végétation. Des retombées de cendres sont signalées dans les zones sous le vent.

L’INSIVUMEH indique également que l’activité éruptive se poursuit sur le complexe de dômes du Santiaguito avec une extrusion de lave et des avalanches au niveau du dôme Caliente. Les explosions génèrent des panaches de cendres, de gaz et de vapeur qui s’élèvent jusqu’à 900 m au-dessus du sommet. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs localités.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

The eruption is going on on the Reykjanes Peninsula (Iceland) with three active vents along the eruptive fissure, but activity is slowly declining, as well as the volcanic tremor. Lava has continued to flow into Melhólsnáma and has now filled it. It is also thickening near the active vents.

GPS measurements in recent days indicate ongoing land rise in Svartsengi, with a slower rate than before. This suggests that magma continues to accumulate in the reservoir beneath Svartsengi despite the ongoing eruption.

High levels of SO2 have been measured in Hafnir and Grindavík the past few days. This concentration is considered very unhealthy, and people are likely to experience respiratory symptoms if exposed. It is important to stay indoors, close windows, and turn off air conditioning.

Because of gas pollution, the Blue Lagoon will remain closed at least until April 1st, 2024

Source : Met Office.

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A small explosion was detected at the Atka volcanic complex (Central Aleutians / Alaska) on March 27th, 2024. The explosion originated from the summit crater of Korovin, one of several volcanoes within the Atka volcanic complex. The Aviation Color Code was raised to Yellow and the Volcano Alert Level to Advisory.

The last eruptive period at this volcano lasted from November 2006 to March 2007.

Source : AVO.

AVO also indicates that slow lava effusion continues in Great Sitkin’s summit crater (Aleutians / Alaska). A satellite image showed an active lava flow on the NW flank of the volcano. The Volcano Alert Level remains at Watch and the Aviation Color Code at Orange.

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Moderate eruptive activity continues at Fernandina (Galapagos). Daily thermal anomalies are detected in satellite images. SO2 emissions were measured at 158 tons on 20 March, 720 tons on 24 March, and 790 tons during 25-26 March.

Source : Instituto Geofisico.

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In Indonesia, the eruption of Dukono (Halmahera) continues with steam and ash clouds that rise as high as 450 m above the summit. The Alert Level remains at 2, and the public is asked to remain outside of the 3-km exclusion zone.

The eruption at Merapi (on Java) continues. Seismicity remains at high levels. The SW lava dome produces numerous avalanches that descend the SW flank as far as 1.8 km. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

Eruptive activity continues at Semeru (on Java). Explosions generate ash plumes that rise 500-1,200 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay at least 5 km away from the summit in all directions, 13 km from the summit to the SE, 500 m from the banks of the Kobokan drainage as far as 17 km from the summit, and to avoid other drainages due to lahar, avalanche, and pyroclastic flow hazards.

Source : PVMBG.

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INSIVUMEH rindicates that eruptive activity continues at Fuego (Guatemala) with the usual explosions that send incandescent material 100-300 m above the summit. They generate ash plumes rising as high as 1 km above the crater. Frequent block avalanches are also observed in various drainages. They sometimes reach the vegetation. Ashfall is reported in downwind areas.

INSIVUMEH also indicates that eruptive activity continues at the Santiaguito lava dome complex with a lava extrusion and avalanches at the Caliente dome. Explosions generate ash, gas, and steam plumes that rise as high as 900 m above the summit Ashfall has been reported in several communities.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Alaska, des signes d’activité éruptive sont toujours enregistrés sur le Gareloi (Aléoutiennes). La sismicité reste élevée. De petites émissions de vapeur sont identifiées sur les images webcam et satellite. Le niveau d’alerte volcanique reste à Advisory (surveillance conseillée – niveau 2 sur une échelle de quatre niveaux) et la couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs).

Toujours en Alaska, une lente émission de lave se poursuit dans le cratère sommital du Great Sitkin (îles Andreanof). Les émissions de vapeur sont visibles sur les images satellite et la webcam. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch (Vigilance – niveau 3 sur une échelle de quatre niveaux) et la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.
Source : AVO.

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Dans une mise à jour (20 février 2024), le Met Office islandais indiquait que les modélisations montrent que l’accumulation de magma dans la région de Svartsengi (péninsule de Reykjanes / Islande) atteindra fin février ou début mars un niveau semblable à ce qu’il était avant la dernière éruption. Une nouvelle éruption sera alors susceptible de se produire.

Dans un nouveau bulletin émis le 22 février, le Met Office confirme que l’éruption pourrait avoir lieu « dès la semaine prochaine » (entre le 26 février et le 4 mars). Les scientifiques islandais déconseillent fortement de rester dormir à Grindavik car les éruptions se produisent pratiquement sans prévenir, seulement une demi-heure ou une heure avant leur déclenchement.

Eruption du 8 février 2024 (image webcam)

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En Indonésie, l’éruption du Dukono (Halmahera) se poursuit. Les panaches de cendres s’élèvent généralement de 150 à 750 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion de 2 km.

Toujours en Indonésie, l’éruption au niveau du cratère Laki-laki du Lewotobi (île de Florès) se poursuit. La coulée de lave sur le flanc NE est toujours active. Elle a progressé de 100 m du 3 au 20 février pour atteindre une longueur totale de 4,2 km. Un survol de drone le 20 février a confirmé la position du front de coulée. Le niveau d’alerte reste à 3 (niveau 2 sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion.

L’éruption du Merapi (île de Java) se poursuit. La sismicité reste à des niveaux élevés. Le dôme de lave SO produit de nombreuses avalanches qui dévalent les flancs S et SO jusqu’à 1,7 km de distance. Plusieurs coulées pyroclastiques ont également été observées. Les changements morphologiques du dôme de lave sud-ouest sont dus aux effondrements de matériaux. La dernière température la plus élevée enregistrée sur le dôme est de 254,3°C, inférieure à la température relevée précédemment. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à une distance de 3 à 7 km du sommet, en fonction des secteurs.

Toujours à Java, l’activité éruptive se poursuit sur le Semeru avec des panaches de cendres s’élevant de 400 à 1 000 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 sur une échelle de 1 à 4.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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Le CENAPRED indique que l’activité éruptive se poursuit sur le Popocatépetl (Mexique). Des panaches de vapeur et de gaz sont souvent observés, avec parfois de petites quantités de cendres. Les panaches peuvent s’élever jusqu’à 6 km au-dessus du niveau de la mer, avec des retombée sur certaines localités. Le niveau d’alerte reste au Jaune, Phase 2 et le public est prié de rester à 12 km du cratère.
Voici une vidéo montrant un épisode éruptif du Popocatepetl le 20 février 2024 :
https://www.bbc.com/news/av/world-latin-america-68358476

Image extraite de la vidéo

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
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Here is some news of volcanic activity around the world :

In Alaska, signs of eruptive activity are still recorded at Gareloi (Aleutians). Seismicity remains elevated. Minor steaming is identified in webcam and satellite images. The Volcano Alert Level remains at Advisory (level 2 on a four-level scale) and the Aviation Color Code remains at Yellow (level 2 on a four-color scale)

Still in Alaska, slow lava effusion continues in Great Sitkin‘s summit crater (Andreanof Islands). Steam emissions are visible in satellite and webcam images The Volcano Alert Level remains at Watch (level 3 on a four-level scale) and the Aviation Color Code remains at Orange.

Source : AVO.

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In its latest update (February 20th, 2024) the Icelandic Met Office indicates that model calculations suggest magma accumulation in the Svartsengi area (Reykjanes Peninsula / Iceland) will reach similar level as was noted prior to last eruption by the end of February or beginning of March. A new eruption is likely to occur again by that time.

In a new report issued on February 22nd, the Met Office confirms that the eruption could take place « as early as next week » (between February 26th and March 4th). Local scientists think it is unadvisable to stay overnight as the warnings of an eruption are always getting shorter and shorter, only 30 to 60 minutes before the start of the event.

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In Indonesia, the eruption at Dukono (Halmahera) continues. Ash plumes usually rise 150-750 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 2-km exclusion zone.

Still in Indonesia, the eruption at Lewotobi’s Laki-laki crater (Flores Island) continues. The lava flow on the NE flank is still active, advancing 100 m during 3-20 February to a total length of 4.2 km. A drone overflight on 20 February confirmed the position of the end of the lava flow. The Alert Level remains at 3 (level 2 on a scale of 1-4) and the public is asked to stay outside the exclusion zone

The eruption at Merapi (on Java) continues. Seismicity remains at high levels. The SW lava dome produces numerous lava avalanches that descend the S and SW flanks as far as 1.7 km. Several pyroclastic flows have also been observed. Morphological changes to the SW lava dome are due to continuing effusion and collapses of material. The highest recorded temperature on the dome is 254.3°C, lower than the previous highest temperature. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

Still on Java, eruptive activity continues at Semeru with ash plumes rising 400-1,000 m above the summit. The Alert Level remains at 3 on a scale of 1-4.

Source : CVGHM.

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CENAPRED indicates that eruptive activity continues at Popocatépetl (Mexico). Steam-and-gas plumes are often observed,sometimes containing minor amounts of ash. The plumes may rise up to 6 km above sea level. With asfall on some municipalities. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two and the public is asked to stay 12 km away from the crater.

Here is as video showing an eruptive episode of Popocatepetl on February 20th, 2024 :

https://www.bbc.com/news/av/world-latin-america-68358476

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Les larmes des caribous // The tears of the caribou

Lorsque l’on voyage en voiture dans le nord de la Scandinavie, du Canada et de l’Alaska, on a de fortes chances de voir des caribous sur le bord de la route, et parfois même sur la chaussée. Ces animaux sont appelés ‘rennes’ par les Scandinaves et ‘caribous’ sur le continent américain.

Le problème, c’est que leur nombre a chuté drastiquement au cours des dernières décennies, probablement en grande partie à cause du réchauffement climatique.

En Alaska dans les années 1990, la harde de caribous de l’Arctique de l’Ouest comprenait quelque 500 000 têtes qui parcouraient un territoire grand comme les 4/5e de la France, offrant aux populations autochtones une source de nourriture régulière.

Entre 1990 et 2021, le nombre de caribous en Alaska a chuté de moitié et la réduction est beaucoup plus globale et affecte tout l’Arctique. Entre la fin des années 1990 et 2018, le nombre de caribous en Alaska, mais aussi au Canada, en Norvège et en Russie a chuté de 56%, passant de d’environ 5 millions à 2 millions d’individus. La baisse n’a cessé de se poursuivre après 2018.

Les causes de cette disparition massive des rennes et des caribous sont encore mal définies, même si on pense que la hausse des températures a joué un rôle déterminant. Par exemple, la neige que l’on observait autrefois pendant l’hiver arctique est souvent remplacée par des pluies verglaçantes qui piègent la nourriture des animaux sous une couche de glace impénétrable, entraînant famine et mort des caribous. De plus, avec la hausse des températures, les été s’allongent avec la multiplication des parasites et des incendies de végétation, de plus en plus nombreux dans la toundra.

On a accusé le loup de tuer trop de caribous, mais les chasseurs sont eux aussi responsables. En fait, c’est surtout l’exploitation minière qui, a côté du réchauffement climatique, pourrait expliquer la chute du nombre de caribous. Plusieurs études ont montré que le développement industriel perturbe le comportement de ces animaux. Ils perçoivent les routes et les oléoducs comme des obstacles qui entravent leurs voies migratoires et leurs modes d’alimentation. L’exploitation minière dans les Territoires du Nord Ouest des Etats Unis n’est pas près de s’arrêter car elle fournit des emplois à la population et des millions de dollars de revenus. Avec le réchauffement climatique, la fonte des glaces et le dégel du permafrost arctiques, de nouveaux gisements vont devenir exploitables comme vient de le démontrer l’accord signé par Joe Biden dans le nord de l’Alaska.

La situation actuelle risque fort de se solder par une perte d’identité du caribou dont le mode de vie se trouve bouleversé. Ce bouleversement d’un mode de vie affecte également les populations autochtones habituées à puiser dans la nature les ressources nécessaires à leur alimentation. Les denrées acheminées depuis l’extérieur par avion coûtent beaucoup plus cher.

Source : National Geographic.

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When you travel by car in northern Scandinavia, Canada and Alaska, you are likely to see caribou on the side of the road, and sometimes even on the roadway. These animals are called ‘reindeer’ by the Scandinavians and ‘caribou’ on the American continent.
The problem is that their numbers have dropped drastically in recent decades, probably largely due to global warming.

In Alaska in the 1990s, the Western Arctic caribou herd comprised some 500,000 heads that roamed an area four fifths of France, providing indigenous populations with a regular food source.
Between 1990 and 2021, the number of caribou in Alaska fell by half and the reduction is much more global, affecting the entire Arctic. Between the end of the 1990s and 2018, the number of caribou in Alaska, but also in Canada, Norway and Russia, fell by 56%, from around 5 million to 2 million individuals. The decline continued after 2018.
The causes of this massive disappearance of reindeer and caribou are still poorly understood, although it is believed that rising temperatures played a determining role. For example, the snow once seen during the Arctic winter is often replaced by freezing rain that traps animal food under an impenetrable layer of ice, leading to caribou starvation and death. In addition, with rising temperatures, summers are getting longer with the multiplication of parasites and wildfires which are more and more numerous in the tundra.
The wolf has been accused of killing too many caribou, but hunters are also responsible. In fact, it is mainly the mining industry which, alongside global warming, could explain the fall in caribou numbers; Several studies have shown that industrial development disrupts the behavior of these animals. They perceive roads and oil pipelines as obstacles that hinder their migratory routes and their feeding methods. Mining in the Northwest Territories of the United States is not about to stop as it provides jobs to the population and millions of dollars in revenue. With global warming, melting ice and thawing of Arctic permafrost, new deposits will become exploitable as has just been demonstrated by the agreement signed by Joe Biden in northern Alaska.
The current situation is likely to result in a loss of identity for the caribou whose way of life is disrupted. This disruption of a way of life also affects indigenous populations accustomed to drawing from nature the resources necessary for their food. The food transported from outside by air costs much more.
Source: National Geographic.

Caribous en Alaska (Photo: C. Grandpey)