Un supervolcan dans l’est de l’Angleterre ? // A supervolcano in the east of England ?

Une ancienne structure volcanique a été découverte sous la partie orientale de l’Angleterre. Cependant, bien que le volcan ait sans aucun doute connu au moins une éruption majeure, la plupart des scientifiques estiment que les preuves sont insuffisantes pour la qualifier de supervolcan.
L’ancien volcan est tellement érodé qu’il a fallu trois décennies aux chercheurs pour reconstituer sa morphologie et son passé explosif. Les vestiges de la caldeira se situent sous le Wash et les comtés anglais du Norfolk et du Lincolnshire.

 Dans une analyse récente, publiée le 29 avril 2026 dans le Bulletin de la Société géologique d’Amérique, des scientifiques ont examiné des cristaux de zircon prélevés il y a 80 ans dans des forages dans le Norfolk et le Lincolnshire. Les cristaux de zircon contiennent de l’uranium qui se désintègre en isotopes de plomb à un rythme connu, permettant ainsi aux chercheurs de dater précisément les éruptions. Les résultats ont révélé une correspondance d’âge entre les cristaux de zircon provenant du Norfolk et du Lincolnshire (il y a environ 454.4 million d’années) et provenant du même volcan, et ceux prélevés dans les téphras de Kinnekulle, une épaisse couche de cendres volcaniques recouvrant la Scandinavie et la région baltique. Ceci signifie que le panache de cendres du volcan situé dans l’actuelle Angleterre orientale a traversé la mer de Tornquist, une étendue d’eau ayant existé durant l’Ordovicien (de 488,3 à 443,7 millions d’années), et s’est déposé sur ce qui est aujourd’hui la Scandinavie.

Des couches de cendres volcaniques provenant du super volcan The Wash sont visibles dans le paysage norvégien, témoignant de la puissance de son éruption.

Les chercheurs savaient déjà que les téphras de Kinnekulle s’étaient formés lors d’une éruption volcanique majeure. Mais cette analyse récente montre pour la première fois la distance parcourue par les cendres et, par conséquent, l’ampleur réelle de l’éruption. Celle-ci a probablement produit d’immenses coulées pyroclastiques.

La dernière éruption de cette ampleur remonte à l’événement d’Oranui à Taupo, en Nouvelle-Zélande, il y a plus de 26 000 ans.

Cependant, bien que l’explosion ait probablement été impressionnante, les scientifiques estiment que la définition de supervolcan est vague et qu’il existe de meilleures façons de décrire ce qui s’est passé. Dans ce cas précis, il serait plus pertinent de qualifier l’éruption anglaise d’ultraplinienne. Les éruptions ultrapliniennes sont les plus violentes ; elles projettent plus de 1 000 kilomètres cubes de matériaux. Il est difficile de décrire exactement l’aspect de l’éruption à l’origine des téphras du Kinnekulle, mais elle a probablement duré de quelques jours à plusieurs semaines et elle a généré des nuages de cendres de plus de 40 km d’altitude qui ont atteint la stratosphère.
Les géologues ont tendance à ne pas accepter le terme « supervolcan » car il est imprécis : ils préfèrent décrire les éruptions par le volume de matériaux émiss. Très peu de matériaux éjectés lors de l’éruption ultraplinienne en Angleterre subsistent aujourd’hui, car la majeure partie a été érodée ou enfouie. Selon la dernnière étude, « les archives géologiques sont loin d’être complètes, il est donc très difficile de se prononcer sur le volume des éruptions de volcans très anciens. »
Source : Live Science via Yahoo News.

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An ancient volcanic structure has been found hiding beneath eastern England. But experts say there is not enough evidence to call it a super volcano.

The ancient volcano is so eroded that it took researchers three decades to piece together its enormous size and explosive past. What remains of the caldera system is centered under The Wash and beneath the English counties of Norfolk and Lincolnshire.

However, while the volcano undoubtedly produced at least one huge-scale eruption, some experts don’t think there is enough evidence for the structure to be called a super volcano.

In a recent analysis, published on April 29, 2026 in the Geological Society of America Bulletin, scientists examined zircon crystals collected in Norfolk and Lincolnshire. Zircon crystals are smaller than the diameter form within molten magma underground before a volcano erupts. They contain uranium that decays into lead isotopes at a known rate, enabling researchers to precisely date eruptions.

The results showed an age match between the zircon crystals from Norfolk and Lincolnshire (about 454.4 million years ago) and were from the same volcano. and counterparts taken from the Kinnekulle tephra, a thick layer of volcanic ash covering Scandinavia and the Baltic region. This suggests the ash plume from the volcano in what is now eastern England blew across the Tornquist Sea, a body of water that existed during the Ordovician period (488.3 million to 443.7 million years ago), and settled on what is now Scandinavia.

Researchers already knew that the Kinnekulle tephra was formed during a massive volcanic eruption. But the recent analysis shows for the first time how far the ash traveled and, therefore, how big the eruption really was. The eruption probably produced huge pyroclastic flows,

The last eruption of this kind of scale was the Oranui event at Taupō in New Zealand, over 26,000 years ago.

However, while the explosion was probably impressive and equivalent to the force of thousands of atomic bombs, experts said the definition of a super volcano is vague and there are better ways to describe what happened. In this case it might be more relevant to describe the eruption as an ultraplinian eruption.

Ultraplinian eruptions are the most violent type of volcanic explosions, ejecting more than 1 ,000 cubic kilometers of material. It’s difficult to say exactly what the eruption that formed the Kinnekulle tephra looked like, but it likely lasted days to weeks and formed ash clouds taller than 40 km that reached into the stratosphere.

Geologists tend to reject the term super volcano because it is imprecise, instead preferring to describe eruptions by the volume of material they eject.Very little of the material ejected in England’s ultraplinian eruption remains today, because most of it was eroded or buried. « The geological record is far from complete so it can be very difficult to say much about these eruption volumes with very old volcanoes.

Source : Live Science via Yahoo News.

Les larmes des caribous // The tears of the caribou

Lorsque l’on voyage en voiture dans le nord de la Scandinavie, du Canada et de l’Alaska, on a de fortes chances de voir des caribous sur le bord de la route, et parfois même sur la chaussée. Ces animaux sont appelés ‘rennes’ par les Scandinaves et ‘caribous’ sur le continent américain.

Le problème, c’est que leur nombre a chuté drastiquement au cours des dernières décennies, probablement en grande partie à cause du réchauffement climatique.

En Alaska dans les années 1990, la harde de caribous de l’Arctique de l’Ouest comprenait quelque 500 000 têtes qui parcouraient un territoire grand comme les 4/5e de la France, offrant aux populations autochtones une source de nourriture régulière.

Entre 1990 et 2021, le nombre de caribous en Alaska a chuté de moitié et la réduction est beaucoup plus globale et affecte tout l’Arctique. Entre la fin des années 1990 et 2018, le nombre de caribous en Alaska, mais aussi au Canada, en Norvège et en Russie a chuté de 56%, passant de d’environ 5 millions à 2 millions d’individus. La baisse n’a cessé de se poursuivre après 2018.

Les causes de cette disparition massive des rennes et des caribous sont encore mal définies, même si on pense que la hausse des températures a joué un rôle déterminant. Par exemple, la neige que l’on observait autrefois pendant l’hiver arctique est souvent remplacée par des pluies verglaçantes qui piègent la nourriture des animaux sous une couche de glace impénétrable, entraînant famine et mort des caribous. De plus, avec la hausse des températures, les été s’allongent avec la multiplication des parasites et des incendies de végétation, de plus en plus nombreux dans la toundra.

On a accusé le loup de tuer trop de caribous, mais les chasseurs sont eux aussi responsables. En fait, c’est surtout l’exploitation minière qui, a côté du réchauffement climatique, pourrait expliquer la chute du nombre de caribous. Plusieurs études ont montré que le développement industriel perturbe le comportement de ces animaux. Ils perçoivent les routes et les oléoducs comme des obstacles qui entravent leurs voies migratoires et leurs modes d’alimentation. L’exploitation minière dans les Territoires du Nord Ouest des Etats Unis n’est pas près de s’arrêter car elle fournit des emplois à la population et des millions de dollars de revenus. Avec le réchauffement climatique, la fonte des glaces et le dégel du permafrost arctiques, de nouveaux gisements vont devenir exploitables comme vient de le démontrer l’accord signé par Joe Biden dans le nord de l’Alaska.

La situation actuelle risque fort de se solder par une perte d’identité du caribou dont le mode de vie se trouve bouleversé. Ce bouleversement d’un mode de vie affecte également les populations autochtones habituées à puiser dans la nature les ressources nécessaires à leur alimentation. Les denrées acheminées depuis l’extérieur par avion coûtent beaucoup plus cher.

Source : National Geographic.

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When you travel by car in northern Scandinavia, Canada and Alaska, you are likely to see caribou on the side of the road, and sometimes even on the roadway. These animals are called ‘reindeer’ by the Scandinavians and ‘caribou’ on the American continent.
The problem is that their numbers have dropped drastically in recent decades, probably largely due to global warming.

In Alaska in the 1990s, the Western Arctic caribou herd comprised some 500,000 heads that roamed an area four fifths of France, providing indigenous populations with a regular food source.
Between 1990 and 2021, the number of caribou in Alaska fell by half and the reduction is much more global, affecting the entire Arctic. Between the end of the 1990s and 2018, the number of caribou in Alaska, but also in Canada, Norway and Russia, fell by 56%, from around 5 million to 2 million individuals. The decline continued after 2018.
The causes of this massive disappearance of reindeer and caribou are still poorly understood, although it is believed that rising temperatures played a determining role. For example, the snow once seen during the Arctic winter is often replaced by freezing rain that traps animal food under an impenetrable layer of ice, leading to caribou starvation and death. In addition, with rising temperatures, summers are getting longer with the multiplication of parasites and wildfires which are more and more numerous in the tundra.
The wolf has been accused of killing too many caribou, but hunters are also responsible. In fact, it is mainly the mining industry which, alongside global warming, could explain the fall in caribou numbers; Several studies have shown that industrial development disrupts the behavior of these animals. They perceive roads and oil pipelines as obstacles that hinder their migratory routes and their feeding methods. Mining in the Northwest Territories of the United States is not about to stop as it provides jobs to the population and millions of dollars in revenue. With global warming, melting ice and thawing of Arctic permafrost, new deposits will become exploitable as has just been demonstrated by the agreement signed by Joe Biden in northern Alaska.
The current situation is likely to result in a loss of identity for the caribou whose way of life is disrupted. This disruption of a way of life also affects indigenous populations accustomed to drawing from nature the resources necessary for their food. The food transported from outside by air costs much more.
Source: National Geographic.

Caribous en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Vers une valorisation des sargasses?

A l’issue de plusieurs voyages à la Martinique, j’ai attiré l’attention sur la prolifération des sargasses dans la Caraïbe. Ces algues brunes dont les échouements sont de plus en plus fréquents se propagent rapidement à la surface de l’océan dont la température augmente à cause du réchauffement climatique. Au départ observées uniquement sur la façade atlantique, les sargasses ont atteint le côté caraïbe. Elles entraînent des problèmes économiques et sanitaires. J’ai expliqué que l’hydrogène sulfuré attaque les peintures à l’intérieur des maisons et incommode fortement la population qui souffre de maux de tête, picotements de gorge, larmoiements et évanouissements dans les cas les plus extrêmes. Des médecins du CHUM (Centre Hospitalier Universitaire de Martinique) viennent de mener une étude auprès de certains habitants d’un quartier du François afin de connaître l’impact des sargasses sur la santé des personnes. Toujours au François, l’une des zones les plus impactées, les sargasses perturbent le marché immobilier. Il est difficile de vendre un bien dans un secteur victime d’une pollution visuelle et olfactive.

Les algues venues s’échouer sur le rivage sont évacuées de temps en temps, mais lors de mon dernier voyage avant la crise sanitaire personne n’a su me dire où elles étaient entreposées. Un habitant m’a fait remarquer qu’on devait pouvoir les traiter et en faire des engrais. L’idée me semblait effectivement intéressante.

Aujourd’hui les sargasses sont au coeur d’un projet de recherche et de valorisation, le Save C. Alors que dans le Nord de l’Europe ou au Mexique, elles sont déjà traitées et utilisées comme biomatériaux, en France l’industrie de transformation est presque inexistante.

La valorisation des sargasses est prouvée scientifiquement. Elles peuvent entrer dans la construction des maisons, dans des systèmes d’isolation de bâtiments ou encore des panneaux solaires capables de capturer le dioxyde de carbone. La composition de ces algues marines permet de les transformer en fibres, un éco-matériau déjà utilisé dans certains pays du Nord de l’Europe qui se servent des sargasses échouées pour la fabrication de maisons ou de toits de bâtiment. De manière presque paradoxale, la Hollande va créer une culture de sargasses.

Le projet Save C aux Antilles vise essentiellement deux secteurs de valorisation des sargasses, la production de biomatériaux et l’agriculture où ces algues peuvent être utilisées comme biostimulants. En Martinique, un centre funéraire se prépare à exploiter les sargasses pour la fabrication de cercueils en bio-carton.

La transformation industrielle de ces algues brunes demande d’importants financements et l’identification de secteurs qui peuvent utiliser de la matière sargasse. C’est l’autre mission du projet Save C.

Source: Martinique la 1ère.

Photo: C. Grandpey

Fonte des glaciers en Scandinavie // Glacier melting in Scandinavia

Comme le reste de l’Arctique, la Scandinavie n’échappe pas au réchauffement climatique. Des inventaires des glaciers scandinaves ont été réalisés en 1969, 1973 et en 1988 pour confectionner un Atlas. 1627 glaciers ont été répertoriés en Norvège avec une superficie totale de 2 595 kilomètres carrés. Dans ce pays, les glaciers se présentent principalement sous forme de calottes glaciaires, glaciers émissaires, cirques glaciaires et glaciers de petites vallées. La plus grande calotte glaciaire, Jostedalsbreen, couvrait 487 kilomètres carrés lors du dernier inventaire. Sa fonte est spectaculaire, comme le montre le Briksdal , glacier émissaire de cette calotte. Un couple d’amis actuellement en voyage en Scandinavie m’a fait parvenir les deux photos ci-dessous. On se rend compte de la vitesse de fonte et de recul de ce glacier en 46 ans seulement.

Depuis le «Petit âge glaciaire», époque où les glaciers ont atteint leur plus grande superficie dans les temps historiques, ceux de Norvège ont reculé presque continuellement et les avancées ont été relativement rares. On a observé une petite progression des glaciers au cours de la première partie du 20ème siècle, mais un recul majeur a commencé vers 1930. Les mesures systématiques des glaciers norvégiens ont commencé à la fin du 19ème siècle. Une chose est certaine : Ils fondent. Le recul le plus significatif est celui du Gråfjellsbreen à Folgefonna, qui a perdu 117 mètres en 2016.

En Suède, les glaciers fondent à un rythme rapide eux aussi. Dans le massif de Kebnekaise, deux glaciers ont reculé très rapidement : Le glacier de Rabot a rétréci d’environ 80 mètres, tandis que le glacier de Rágujiekna, qui s’étendait auparavant entre la Norvège et la Suède, a complètement disparu du côté suédois.

Les derniers automnes au Spitzberg, à l’intérieur du Cercle Polaire arctique, à l’est du Groenland, n’ont ressemblé en rien à leurs prédécesseurs. Le thermomètre a souvent affiché une dizaine de degrés au-dessus de la normale pour cette période de l’année. Il pleut beaucoup pendant les mois d’octobre et de novembre, ce qui est inhabituel à cette latitude. Ces anomalies climatiques inquiètent fortement les habitants de Longyearbyen, le principal centre administratif du Svalbard ; ils se posent des questions sur leur avenir.

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Like the rest of the Arctic, Scandinavia is not immune to global warming. Inventories of Scandinavian glaciers were carried out in 1969, 1973 and in 1988 to produce an Atlas. 1627 glaciers have been recorded in Norway with a total area of ​​2595 square kilometres. In this country, glaciers occur mainly in the form of ice caps, outlet glaciers, glacial cirques and small valley glaciers. The largest ice cap, Jostedalsbreen, covered 487 square kilometers when last counted. Its melting is spectacular, as shown by Briksdal, an outlet glacier of this cap. A couple of friends currently travelling in Scandinavia sent me the two photos below. We realize the speed of melting and retreat of this glacier, in 46 years only.
Since the « Little Ice Age », when glaciers reached their greatest extent in historical time, those in Norway have retreated almost continuously and advances have been relatively rare. A small glacier advance was observed during the first part of the 20th century, but a major retreat began around 1930. Systematic measurements of Norwegian glaciers began in the late 19th century. One thing is certain: They melt. The most significant retreat is that of Gråfjellsbreen in Folgefonna, which lost 117 meters in 2016.

In Sweden, glaciers are melting at a rapid rate too. In the Kebnekaise massif, two glaciers have retreated very rapidly: The Rabot glacier has shrunk by about 80 meters, while the Rágujiekna glacier, which previously stretched between Norway and Sweden, has completely disappeared on the Swedish side .

The last autumns in Spitsbergen, inside the Arctic Circle, east of Greenland, were nothing like in the past. Temperatures were often ten degrees above normal for this time of year. It rains a lot during the months of October and November, which is unusual at this latitude. These anomalies are of great concern to the inhabitants of Longyearbyen, the main administrative center of Svalbard; they wonder about their future.

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Voici le glacier Briksdal (Norvège en 1976….

…et en 2022 !

Photos: Jean-Luc Mélot