Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

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Le PHIVOLCS a fait passer le niveau d’alerte du Mayon (Philippines) à 3 le 6 janvier 2026, suite à une intensification des effondrements de dôme avec production de coulées pyroclastiques et d’extrusions de lave au niveau du cratère sommital. Les coulées pyroclastiques dévalent le flanc du volcan jusqu’à 2 km du cratère. D’après les médias locaux, cette hausse d’activité a entraîné l’évacuation de quelque 3000 villageois vivant dans la zone de danger sur les basses pentes du volcan.
Depuis la hausse du niveau d’alerte le 1er janvier 2026, le PHIVOLCS a enregistré 346 chutes de blocs et quatre séismes volcaniques, ainsi que des avalanches de débris atteignant jusqu’à 1 km sur le versant sud.
Ces événements se sont accompagnés d’une forte incandescence pendant la nuit, marquant le début d’une lente extrusion de lave au sommet.
Les mesures GPS ont confirmé une inflation continue de l’édifice volcanique depuis juin 2024.

 Activité sur le Mayon le 7 janvier 2026

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Dans une mise à jour publiée le 6 janvier 2026, le Met Office islandais indique que le soulèvement du sol et l’accumulation de magma à Svartsengi (Islande) se poursuivent à un rythme constant, semblable à celui des dernières semaines. Selon les modélisations, un peu plus de 19 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis la dernière éruption en juillet 2025. La probabilité d’une intrusion magmatique et d’une éruption continue donc d’augmenter, mais il est impossible de déterminer la date de la prochaine éruption. Selon le Met Office, il se peut que ce soit l’affaire de plusieurs mois.

Volume de magma accumulé sous Svartsengi depuis décembre 2023. Les barres orange représentent le volume accumulé entre les éruptions. La barre rouge représente le volume accumulé entre l’éruption de juillet 2025 et aujourd’hui.

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Pas de nouvelle éruption en vue sur l’île de la Réunion, mais avec le Piton de la Fournaise, on ne sait jamais… Dans son bulletin pour le mois de décembre 2025, l’OVPF rappelle que la réactivation du système magmatique superficiel observée depuis fin novembre 2025 s’est poursuivie en décembre 2025. Elle est à l’origine de la crise sismique du 5 décembre 2025 liée à une intrusion magmatique qui n’a pas atteint la surface.

Le processus de réactivation du système d’alimentation, avec la pressurisation du réservoir superficiel s’est poursuivi tout le mois de décembre 2025, et avec certainement un nouvel apport de magma profond observé à partir du 25 décembre 2025, mis en évidence par la reprise de la sismicité profonde.

L’OVPF rappelle que ce processus de pressurisation du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines – voire plusieurs mois – avant la rupture du toit du réservoir et éruption. Mais ce processus peut également s’arrêter sans donner lieu à une éruption.

L’Enclos est de nouveau ouvert au public (Photo: C. Grandpey)

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Aucune activité éruptive n’a été observée sur le Kīlauea (Hawaï) depuis la fin de l’Épisode 39. Une lueur intermittente est visible au niveau des deux bouches à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u, avec quelques projections au niveau de la bouche nord. La zone sommitale du Kilauea présente toujours une lente inflation. Les modèles de prévision indiquent que le début de l’Épisode 40 pourrait se situer entre le 9 et le 14 janvier 2026.

Image webcam de l’Épisode 39

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Les conditions météorologiques sur l’Etna (Sicile) ne permettent pas toujours de faire de bonnes observations, mais il semble que l’activité effusive observée ces derniers jours dans la Valle del Bove soit terminée. Le tremor volcanique reste dans des valeurs moyennes. Les coulées n’avancent plus et la lave est en cours de refroidissement. Cet arrêt de l’éruption devrait donc mettre un terme à la polémique née suite à la publication d’ordonnances imposant de sévères restrictions au visiteurs de la zone éruptive.

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Selon le dernier bulletin de l’INGV (9 janvier 2026 à 14 heures), une activité effusive modérée est observée au niveau des bouches qui se sont ouvertes le 1er janvier dans la partie supérieure de la Valle del Bove. Lors d’une visite sur le site éruptif, le personnel de l’INGV a pu voir plusieurs coulées de lave actives près du Monte Simone. Le front de lave le plus avancé se situait à une altitude de quelques dizaines de mètres en dessous de 1900 m. Un autre front de coulée, plus à l’est, se situait à quelques dizaines de mètres en dessous de 2000 m. La partie aval du champ de lave,est en cours de refroidissement.

Source : INGV.

L’activité éruptive vue par la webcam de l’association L.A.V.E.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about volcanic activity around the world.

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PHIVOLCS raised Mayon Volcano’s alert level (Philippines) to 3 on January 6, 2026, following intensified dome collapse events generating pyroclastic flows and effusive lava extrusion at the summit crater. The pyroclastic flows extended up to 2 km from the crater. According to local news media, this increase in volcanic activity on Mt Mayon has prompted the evacuation of nearly 3,000 villagers in a permanent danger zone on its foothills.

Since the previous alert raise on January 1, 2026, PHIVOLCS recorded 346 rockfall events and four volcanic earthquakes, and lava debris reaching up to 1 km down the southern upper slopes.

The events showed increased incandescence at night, marking the onset of slow extrusion of new degassed lava at the summit.

Continuous GPS, electronic tilt, and EDM measurements confirmed ongoing inflation since June 2024.

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In an update released on January 6, 2026, the Icelandic Met Office indicates that land uplift and magma accumulation at Svartsengi (Iceland) continue at a steady rate, similar to recent weeks. According to modelling results, just over 19 million cubic metres of magma have now accumulated beneath Svartsengi since the last eruption in July 2025. The likelihood of a magma intrusion and an eruption therefore continues to increase, but the timing of the next eruption remains uncertain and may range over several months.

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No new eruption is currently predicted on Réunion Island, but with Piton de la Fournaise, you never know… In its bulletin for December 2025, the OVPF notes that the reactivation of the shallow magma system observed since the end of November 2025 continued throughout December 2025. This reactivation was the cause of the seismic crisis of December 5, 2025, linked to a magma intrusion that did not reach the surface.
The reactivation process of the magma supply system, with the pressurization of the shallow reservoir, continued throughout December 2025, and likely with a new influx of deep magma observed from December 25, 2025, as evidenced by the resumption of deep seismicity.

The OVPF reiterates that this pressurization process of the shallow reservoir can last from several days to several weeks—or even several months—before the reservoir roof ruptures and an eruption occurs. But this process can also stop without resulting in an eruption.

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There has been no eruptive activity at Kilauea (Hawaii) since the end of Episode 39. Intermittent glow is seen from both vents in Halema’uma’u Crater, with some spattering visible occasionally within the north vent. The Kīlauea summit region is still showing slow inflation. Forecasting models suggest the window for the start of Episode 40 is between January 9 and 14, 2026.

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Weather conditions on Mount Etna (Sicily) did not always allow to make good observations, but it appears that the effusive activity observed in recent days in the Valle del Bove has ended. The volcanic tremor remains at medium levels. Lava flows have stopped advancing, and the lava is cooling. This cessation of the eruption should therefore put an end to the controversy that arose following the publication of decrees imposing severe restrictions on visitors to the eruptive zone.

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According to the latest INGV update (9 January 2026 at 2:00 pm), a modern effusive activity is observed at the vents that opened on January 1st in the upper part of the Valle del Bove. During a visit to the eruptive site, the INGV personnel could see several active lava flows near Monte Simone. The most advanced front was located at an altitude of a few meters below 1900 m. The other front, further east, was located slightly below 2000 m. The downslope part of the lava field is cooling.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Un Etna bientôt ‘à l’islandaise’ ?

Tard dans la soirée de l’Épiphanie, des dizaines de randonneurs et de simples curieux ont tenté d’atteindre l’altitude de 1 360 mètres dans la Valle del Bove, là où la coulée de lave s’est pratiquement arrêtée En faisant cela, ils ne respectaient pas les ordonnances émises par les maires de Fornazzo et Milo. Ils ont été accueillis par la Guardia di Finanza. Vingt-et-une personnes ont été identifiées et déférées devant la justice pour violation des restrictions imposées par la préfecture de Catane et les arrêtés municipaux de plusieurs communes riveraines de l’Etna. Le parquet décidera s’il y a lieu d’engager des poursuites contre les contrevenants. Des pièces d’identité ont été demandées à certaines personnes surprises trop près de la coulée de lave au crépuscule, ainsi qu’à celles qui tentaient de rejoindre le front de lave en pleine nuit. Un groupe de sept personnes a notamment été interpellé alors qu’il arrivait de la haute Valle del Bove, probablement en provenance de Serracozzo, au-dessus du refuge de Citelli.

Suite aux protestations des guides – qui ont entamé un mouvement de grève – et et à la polémique qui est née suite à ces restrictions d’accès au volcan, les autorités ont réagi et la situation semble avoir évolué au cours des dernières heures. Une réunion a été organisée par le nouveau président du Parc de l’Etna et a rassemblé les différentes parties concernées. Il ressort de cette réunion une nouvelle approche du volcan ‘à l’islandaise’. Ainsi, la Préfecture sera invitée, dès les prochains événements liés au volcan, à identifier des « points d’observation facilement accessibles à tous et bien balisés d’où les visiteurs pourront avoir une « belle vue » sur le volcan en toute liberté. Sur ces points d’observation, les guides seront autorisés à accompagner des groupes de visiteurs plus près de la zone éruptive, à une distance qui variera en fonction de l’évolution de l’événement, mais que l’INGV, par exemple, a récemment estimée à 50 mètres.

Source : La Sicilia.

De telles mesures font sourire ceux qui, comme moi, ont connu l’époque où on pouvait naviguer librement sur l’Etna. Le tourisme de masse et l’appât du gain ont tout tué. Aujourd’hui, je reste à la maison et je regarde mes photos dans lesquelles la lave de l’Etna coule à quelques mètres de moi.

À noter que Boris Behncke (INGV Catane) a exprimé, à titre personnel, sa désapprobation devant les ordonnances promulguées par certaines communes de l’Etna. Il a été désapprouvé et lâché par l’Institut, y compris par le siège à Rome.

À titre personnel, je suis solidaire de Boris dont la compétence n’est plus à prouver et suscite probablement pas mal de jalousie. L’avalanche de restrictions sur l’Etna est une erreur et ne pourra que dissuader les visiteurs de se rendre sur le volcan sicilien en période éruptive. On parle de plateformes d’observation. J’ai des doutes sur  l’efficacité de cette solution. L’Etna n’est pas le Kilauea !

Plus d’exceptions à la fonte des glaciers // No more exceptions to glacial melt

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril : les effets du réchauffement climatique », j’explique que la plupart des glaciers fondent à une vitesse alarmante à travers le monde, à l’exception de deux d’entre eux : le mont Shasta en Californie et le Perito Moreno en Argentine, qui ont fait preuve d’une certaine résilience jusqu’à présent. Or, il semble aujourd’hui que ces deux glaciers ne soient plus des exceptions et fondent au même rythme que leurs homologues.
Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Climate Change estime que nous perdons environ 1 000 glaciers par an, un chiffre qui risque d’augmenter d’ici le milieu du siècle. Avec la mort de chaque glacier, ce sont des écosystèmes vulnérables qui disparaissent également.
Si cette disparition constante des glaciers constitue une tendance préoccupante à l’échelle de la planète, il existe une région du monde où, pendant des décennies, cette déglaciation a semblé s’inverser. La calotte glaciaire de Kon-Chukurbashi, située en haute altitude dans les monts Pamir, principalement au Tadjikistan, en Asie centrale, culmine à 5 810 mètres d’altitude. Alors que le reste des glaciers du monde fondaient et disparaissaient, cette calotte glaciaire progressait, et les scientifiques cherchent à comprendre la cause de cette résilience surprenante.
Début 2025, une équipe internationale de scientifiques s’est rendue sur la calotte glaciaire de Kon-Chukurbashi pour y prélever deux carottes de glace d’au moins 100 mètres de long. La première carotte a été transportée jusqu’en Antarctique à la Fondation pour la Mémoire de la Glace (Ice Memory Foundation). La seconde a été acheminée à l’Institut des Sciences des Basses Températures de l’Université d’Hokkaido à Sapporo (Japon), où des chercheurs ont tenté de comprendre cette anomalie.
La mission prévoyait initialement de prélever des échantillons du célèbre glacier Vanch-Yakh, anciennement connu sous le nom de glacier Fedchenko, qui est le plus long glacier en dehors des régions polaires, mais l’accès à la zone par hélicoptère s’est avéré trop difficile.

Malgré tout, le glacier Kon-Chukurbashi est loin d’être négligeable, car ses innombrables couches de poussière recèlent jusqu’à 30 000 ans d’informations sur les conditions atmosphériques, les chutes de neige et les températures du passé dans l’une des chaînes de montagnes les moins étudiées au monde.
Malheureusement, les données qui pourront être extraites de ces échantillons risquent d’arriver trop tard pour de nombreux glaciers, notamment ceux du Pamir. Début 2025, une étude menée par des scientifiques de l’Institut des sciences et technologies d’Autriche a révélé que la diminution récente des chutes de neige dans le Pamir compromet sa résilience légendaire. Les chercheurs ont même écrit: « Quelle que soit la méthode d’analyse du modèle, nous avons constaté un point de basculement important au plus tard en 2018 », en référence au glacier Kyzylsu, un autre glacier du Pamir.
Cela montre que même le dernier refuge des glaciers ne peut résister au réchauffement climatique d’origine anthropique.
Source : Popular Mechanics.

 Source : Wikipedia

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In my conference « Glaciers at risk, the effects of global warming », I explain that most glaciers are melting at an incredible speed around the world, but there were two exceptions : Mount Shasta in California and Perito Moreno in Argentina that showed some resilience. However, it seems today that both are no longer exceptions and are malting just like their counterparts.

A new study published in the journal Nature Climate Change estimates that we are losing roughly 1,000 glaciers a year, a number that is likely to increase as we reach mid-century. With each glacier lost, vulnerable ecosystems are disappearing too,

While this steady disappearance of glaciers is an overwhelming global trend, there is at least one part of the world where, for decades, this inevitable deglaciation appeared to be in reverse. The Kon-Chukurbashi high-altitude ice cap in the Pamir Mountains, located primarily in the central Asian country of Tajikistan, rests at 5,810 meters. While the rest of the world’s glaciers are melting and disappearing, this ice cap actually has been growing in size, and scientists want to understand this unexpected resilience.

Earlier this year, an international team of scientists traveled to the ice cap to secure two ice core samples measuring at least 100 meters in length. The first core traveled to an underground sanctuary in Antarctica called the Ice Memory Foundation. The other core traveled to the Institute of Low Temperature Science at Hokkaido University in Sapporo where researchers tried to understand this particular ice cap’s anomaly.

This mission originally planned to extract samples from the famous Vanch-Yakh Glacier, previously known as the Fedchenko Glacier, which was the longest glacier that survived outside of the world’s polar regions, but the mission proved too difficult for helicopters to access the area.

However, the Kon-Chukurbashi is by no means second-rate, as the untold layers of compacted dust will tell scientists up to 30,000 years of information regarding past atmospheric conditions, snowfall, and temperature for one of the least-studied mountain ranges in the world.

Sadly, whatever data can be derived from the samples may come too late for many glaciers, including the Pamir region itself. Earlier this year, a study led by scientists at the Institute of Science and Technology Austria revealed that recent snowfall decrease in the Pamir region is undermining its storied resiliency, even stating that “whichever way we analyzed the model, we saw an important tipping point in 2018 at the latest,” in reference to the Kyzylsu Glacier, another glacier in the Pamir Mountains.

It turns out even the world’s last refuge for glaciers can’t withstand the rapid warming driven by anthropogenic global warming..

Source :Popular Mechanics.

Réchauffement climatique : grandes marées et inondations // Global warming : high tides and floods

Ces derniers jours, de fortes marées et des pluies torrentielles ont inondé certaines parties de la baie de San Francisco, entraînant des fermetures de routes et des opérations de sauvetage de personnes piégées dans leurs véhicules. Ce phénomène, qui survient lors des grandes marées, risque de devenir de plus en plus fréquent.
Un article publié sur le site Climate Central explique que le niveau de la mer a augmenté d’environ 20 centimètres depuis 1900 et que les trois quarts de cette hausse sont imputables au réchauffement climatique d’origine anthropique. L’article ajoute que cette élévation du niveau de l’océan a entraîné une augmentation de la fréquence des inondations côtières aux États-Unis, en particulier au cours de la dernière décennie.
Les inondations côtières de moindre ampleur, non liées à des tempêtes, ont fortement augmenté ces dix dernières années aux États-Unis. Même sans dégâts matériels importants, ces inondations récurrentes entraînent la fermeture de routes côtières, la saturation des égouts et endommagent les infrastructures du littoral. Une analyse de Climate Central portant sur 27 stations de mesure le long des côtes américaines sur cette période montre que le réchauffement climatique a eu un impact sur 76 % des jours d’inondation.
Les grandes marées se produisent lorsque la Terre, la Lune et le Soleil sont parfaitement alignés, ce qui maximise l’attraction gravitationnelle sur l’eau. Dans de nombreuses localités des côtes atlantiques et du golfe du Mexique, elles ont lieu chaque année en octobre. Dans certains endroits, l’influence humaine est particulièrement marquée : dans 11 localités, de Key West (Floride) à Wilmington (Caroline du Nord), plus de 80 % des jours d’inondation mineure sur cette période de 10 ans sont attribuables à l’élévation du niveau de la mer d’origine humaine. À Honolulu (Hawaï) et à Fernandina Beach (Floride), la totalité des jours d’inondation mineure (138 et 16 jours respectivement) entre 2004 et 2015 ont été rendus possibles par le réchauffement climatique. Les projections scientifiques annoncent une élévation du niveau de la mer de 90 centimètres supplémentaires d’ici la fin du siècle. Avec une telle hausse, les grandes marées actuelles pourraient ressembler à de simples marées hautes dans les décennies à venir. Les émissions de gaz à effet de serre que nous continuons de rejeter dans l’atmosphère vont provoquer des changements encore plus spectaculaires de nos littoraux. Si les températures globales sont limitées à seulement 2 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle, l’élévation du niveau de la mer pourrait atteindre 6 mètres à l’échelle mondiale, du fait de ce réchauffement.
Source : Climate Central.

Photo: C. Grandpey

Le problème ne se limite pas aux États-Unis. Avec le réchauffement climatique, l’élévation du niveau de la mer est observée partout dans le monde, avec des conséquences dramatiques sur l’érosion côtière. La France, avec son long littoral, est également concernée. Plusieurs zones habitées sont menacées par la montée des eaux et leurs habitants devront bientôt être relogés. Des enrochements ont été installés en de nombreux endroits, mais les vagues ont déjà prouvé qu’elles étaient capables de les détruire, de la même manière qu’elles ont déplacé les blockhaus construits par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Photo: C. Grandpey

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High tides and heavy rains have flooded parts of the Bay Area in the past days, prompting road closures and rescues of people trapped in cars. The problem occurs during king tides and is likely to become more and more frequent.

An article published on the website Climate Central explains that sea level around the globe has risen about 20 centimeters since 1900, and three-quarters of that rise can be traced to human-caused global warming. The article adds that this rise has brought an increase in the frequency of coastal flooding to the U.S., especially in the last decade.

Relatively smaller coastal floods that do not involve storms have sharply increased in the last 10 years across the U.S. Even in the absence of overwhelming property damage, these recurring floods still close coastal roads, overwhelm drainage systems and damage coastal infrastructure. A Climate Central analysis of 27 U.S. coastal gauges over that time shows that global warming has had an impact on 76 percent of those flood days.

King tides occur when the earth, moon and sun are in perfect alignment, maximizing the gravitational pull on the water. For many locations along the Atlantic and Gulf of Mexico coasts, they happen every October. For some spots, the human influence is particularly dramatic: in 11 places, ranging from Key West, Florida to Wilmington, North Carolina., more than 80 percent of nuisance flood days in that 10-year span can be attributed to human-caused sea level rise. And in both Honolulu, Hawaii and Fernandina Beach, Florida., all of the nuisance flood days (138 days and 16 days, respectively) between 2004-2015 were made possible by global warming.

With scientific projections of an additional 90 centimeters of sea level rise by the end of the century, today’s king tides may resemble regular high tides in the decades to come, meaning the current king tides provide a glimpse into a watery future. The greenhouse gas emissions we continue to pump into the atmosphere today are committing us to more dramatic changes in our coastlines. If global temperatures are restricted to even just 2°C higher than the pre-industrial average, sea level rise could eventually reach 6 meters, globally, as a result of the added heat.

Source : Climate Central.

https://www.climatecentral.org/

The problem is not limited to the U.S. With global warming, sea level rise is observed all around the world with dramatic impacts on seashore erosion. France with its long seashores is also concerned. Several populated areas are under the threat of the waves and will soon have to be relocated. Rip-raps have been set up in many places but the waves have already proved that they are able to destroy them, in the same way that they have displaced the bunkers built by the Germans during WWII.