Les glaciers antarctiques sous la menace de tourbillons sous-marins // Underwater eddies threaten Antarctic glaciers

En Antarctique de l’ouest, le Thwaites est un vaste glacier qui se jette dans la baie de Pine Island à une vitesse de surface dépassant les 2 kilomètres par an près de sa ligne d’échouage. Il est fortement affecté par le réchauffement climatique et constitue l’un des exemples les plus frappants du recul glaciaire. Le glacier Thwaites fait l’objet d’une surveillance étroite en raison de son potentiel d’élévation du niveau de la mer.

Une nouvelle étude, publiée en novembre 2025 dans Nature Geoscience, nous apprend que des « tempêtes sous-marines tourbillonnantes » provoquent « une fonte agressive des plateformes glaciaires » devant les glaciers Pine Island et Thwaites, avec des conséquences potentiellement importantes sur l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale.

Source : Antarctic Glaciers

Au cours des dernières décennies, ces immenses glaciers ont connu une fonte rapide, accélérée par le réchauffement des eaux océaniques, notamment à l’endroit où ils remontent des fonds marins et forment des plateformes glaciaires. La nouvelle étude est la première à analyser systématiquement la fonte des plateformes glaciaires sur une échelle de temps de quelques heures ou quelques jours, et non en fonction des saisons ou des années.
Les auteurs expliquent que ces tourbillons sous-marins se comportent, un peu comme lorsqu’on remue de l’eau dans une tasse. Cependant, dans l’océan, ils sont beaucoup plus vastes et peuvent couvrir une dizaine de kilomètres. On peut lire dans l’étude : « Ils se forment lorsque des eaux chaudes et froides se rencontrent. Pour reprendre l’analogie de la tasse, c’est le même principe que lorsqu’on verse du lait dans une tasse de café et qu’on observe de minuscules tourbillons qui mélangent le tout. » Ce phénomène ressemble également à la formation des tempêtes atmosphériques qui résultent de la collision d’air chaud et d’air froid ; comme les tempêtes atmosphériques, ces tourbillons peuvent être très dangereux.

Source : Antarcyic Glaciers

Les tourbillons se forment en haute mer et s’engouffrent sous les plateformes glaciaires. Pris en étau entre la base de la plateforme et le fond marin, ils font remonter à la surface des eaux plus chaudes, ce qui accélère la fonte lorsqu’elles rencontrent la glace de la plateforme..
Les scientifiques ont utilisé des modèles informatiques ainsi que des données provenant d’instruments océanographiques pour analyser l’impact de ces tempêtes sous-marines. Ils ont constaté que, combinées à d’autres processus de courte durée, elles ont causé 20 % de la fonte du Thwaites et du Pine Island sur une période de neuf mois.
Les chercheurs ont également mis en évidence une boucle de rétroaction positive inquiétante. Lorsque ces tempêtes sous-marines font fondre la glace, elles augmentent la quantité d’eau froide et douce qui se déverse dans l’océan. Cette eau se mélange à l’eau plus chaude et plus salée située en dessous, ce qui génère davantage de turbulence océanique et accélère ainsi la fonte de la glace. Les chercheurs ajoutent que cette boucle de rétroaction positive pourrait s’intensifier avec le réchauffement climatique.
Les conséquences de ce phénomène pourraient être dramatiques car les plateformes glaciaires jouent un rôle de rempart essentiel en retenant les glaciers en amont et en ralentissant leur écoulement vers l’océan. Le glacier Thwaites, à lui seul, contient suffisamment d’eau pour faire monter le niveau de la mer de plus de 60 centimètres. Mais, comme il retient également l’immense calotte glaciaire antarctique, sa fonte pourrait à terme entraîner une élévation du niveau de la mer d’environ 3 mètres. Comme je l’ai expliqué dans une note précédente, les différents systèmes glaciaires de l’Antarctique occidental sont interconnectés.

Source: BAS

De grandes incertitudes persistent autour des causes du réchauffement de l’Antarctique occidental. Les plateformes glaciaires antarctiques figurent parmi les endroits les moins accessibles de la planète, ce qui oblige les scientifiques à s’appuyer la plupart du temps sur des simulations. Des études comme celle-ci reposent en grande partie sur des modèles informatiques. Il faudra beaucoup plus de données réelles, récoltées sur le terrain, pour bien comprendre l’impact de ces tourbillons, ainsi que d’autres phénomènes météorologiques océaniques.
Source : CNN via Yahoo News.

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In West Antarctica, Thwaites is a broad and vast glacier that flows into Pine Island Bay at surface speeds which exceed 2 kilometres per year near its grounding line. It is adversely affected by global warming, and provides one of the more notable examples of the retreat of glaciers.Thwaites Glacier is closely monitored for its potential to elevate sea levels.

A new study, published in November 2025 in Nature Geosciences explains that swirling underwater “storms” are aggressively melting the ice shelves of both Pine Island and Thwaites glaciers, with potentially “far-reaching implications” for global sea level rise.

Over the past few decades, these huge glaciers have experienced rapid melting driven by warming ocean water, especially at the point where they rise from the seabed and come afloat as ice shelves.

The new study is the first to systematically analyze how the ocean is melting ice shelves over just hours and days, rather than seasons or years.

The authors of the study explain that swirling underwater “storms” – or eddies – are « like little water twirls that spin around really fast, kind of like when you stir water in a cup.” However, in the ocean, these eddies are much larger and can span up to around 10 kilometers. « They form when warm and cold water meet. To return to the cup analogy, it’s the same principle as when you pour milk into a cup of coffee and see tiny swirls spinning around, mixing everything together. »

The phenomenon is similar to how storms form in the atmosphere, when warm and cold air collide ; like atmospheric storms, they can be very dangerous.

The eddies spin up in the open ocean and race underneath ice shelves. Sandwiched between the, rough base of the ice shelf and the seafloor, the eddies churn up warmer water from deeper in the ocean, which enhances melting when it “hits” vulnerable ice.

The scientists used computer models as well as data from ocean instruments to analyze the impact of these underwater storms. They found that, together with other short-lived processes, the storms caused 20% of the melting at the two glaciers over a nine-month period.

The researchers also highlighted a worrying feedback loop. As the storms melt the ice, they increase the amount of cold, fresh water entering the ocean. This mixes with warmer, saltier water beneath, generating more ocean turbulence, which in turn increases ice melting.They add that this positive feedback loop could gain intensity in a warming climate.

The consequences could be grave as the ice shelves play a vital role holding back the glaciers, slowing their flow into the ocean. Thwaites Glacier alone holds enough water to raise sea levels by more than 60 centimeters. But, because it also acts as a cork holding back the vast Antarctic ice sheet, its collapse could ultimately lead to around 3 meters of sea level rise. As I explained in a previous post, the different glacial systems in West Antarctica are interconnected.

There are still huge uncertainties. Antarctic ice shelves are among the least accessible places on Earth, meaning scientists have to rely heavily on simulations. Studies like this one largely rely on computer models. Much more real-world data will be needed to really understand the impact of these eddies, along with other ocean weather features.

Source : CNN via Yahoo News.

Cher Antonio…

Cher Antonio…

Depuis le 14 décembre 2007 où tu nous as quittés, je ressens un grand vide chaque fois que je vois apparaître ton nom qui s’ajoute à ceux de Garouk (Haroun Tazieff) et Fanfan (François Le Guern), eux aussi disparus et avec qui j’avais tissé de solides liens d’amitié.

Tu as guidé mes premiers pas sur l’Etna, m’accompagnant ou me laissant aller seul après m’avoir conseillé. Tu m’as incité à pénétrer dans des sites où je n’aurais jamais osé m’aventurer : diaphragme entre la Bocca et la Voragine (il fallait être complètement fou!), grotte de soufre à l’intérieur du Nouveau Cratère Sud-Est secouée par des explosions…

Ta plus grande folie à toi fut de descendre faire une petite promenade sur le plancher de la Bocca Nuova…

https://www.facebook.com/watch/?v=274030789671573

En ce mois de décembre 2025, je ne peux m’empêcher de penser à toi et à son frère Orazio, mais aussi aux guides de l’Etna avec lesquels j’ai passé des moments inoubliables.

Je ne retourne plus sur l’Etna. Le volcan m’a gâté et j’y ai laissé trop de souvenirs…

Photo: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

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Après six ans de fermeture, le refuge Brunek, situé à 1 450 mètres d’altitude sur le versant nord de l’Etna (Sicile), rouvre ses portes. C’est un lieu emblématique et très apprécié des passionnés de montagne.
La première version du refuge avait été construite en 1950. On l’appelait alors la « Maison des Français. »

En 1986, le refuge a été reconstruit grâce à un financement régional et rebaptisé Brunek, du nom de l’entreprise qui a supervisé sa rénovation.

De 1987 à 2019, la gestion a été assurée par la société Stel. Mais il y a six ans, la municipalité de Linguaglossa, propriétaire du site, a résilié la concession pour non-paiement de loyer.
En 2023, la municipalité de Linguaglossa a obtenu 58 000 € de financement de l’Office régional du tourisme pour la réhabilitation du refuge. Une fois les travaux terminés, elle a lancé un appel d’offres.

Le refuge, désormais aux mains de trois gestionnaires devrait rouvrir demain samedi 20 décembre 2025.

Source : La Sicilia.

 

Photo : C. Grandpey

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Toujours en Sicile, l’activité éruptive se poursuit sur le Stromboli à partir de cinq bouches dans la zone Nord, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et d’au moins deux bouches dans la zone Centre-Sud sur la terrasse cratèrique. Les bouches de la zone N produisent des explosions de faible à moyenne intensité à un rythme de 10 à 21 événements par heure, avec projection de lapilli et de bombes à moins de 150 m de hauteur. Des explosions de faible à moyenne intensité projettent des téphras à partir de deux bouches dans la zone C-S à un rythme de 0 à 3 événements par heure. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : INGV.

Source: INGV

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L’éruption sommitale du Kīlauea (Hawaï) est en pause. Une lueur intermittente est visible dans la bouche sud, avec, de temps à autre, des pics de tremor indiquant un mouvement de piston par les gaz à l’intérieur de la bouche. Le début de l’Épisode 39 est prévu entre le 22 et le 27 décembre 2025.
Source : HVO.

Courbe Kilauea

Souvenir de l’Épisode 38

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Selon l’agence Copernicus, des images satellites récentes montrent que l’éruption sur Barren Island (Inde) se poursuit, avec des coulées de lave sur le flanc ouest du volcan. Les images acquises les 2, 5, 10 et 15 décembre montraient que la partie inférieure des coulées était chaude et active. Des anomalies thermiques au-dessus de deux bouches sommitales ont également été identifiées sur ces images.

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Le PHIVOLCS indique que l’activité se poursuit sur le Mayon (Philippines). Le réseau sismique enregistre des événements causés par des chutes de blocs ou d’origine volcanique. Les émissions de SO₂ s’élèvent en moyenne à 307 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5).

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Le Service géologique colombien (SGC) indique qu’une activité éruptive est toujours observée sur le Puracé (Colombie). La sismicité est marquée par de brefs épisodes de trémor, des signaux longue période (LP) indiquant des mouvements de fluides, et des périodes de trémor continu. La sismicité se situe à moins de 1 km de profondeur et est liée aux mouvements internes de gaz ainsi qu’aux émissions en surface. Des séismes indiquant une fracturation de roches ont été localisés à moins de 3 km du cratère, à des profondeurs de 1 à 3 km. Des émissions de gaz et de cendres s’élèvent à 700-800 m au-dessus du sommet. Des températures élevées sont toujours détectées dans la zone du cratère et sont probablement associées aux émissions de gaz à haute température. De faibles retombées de cendres et une légère odeur de soufre sont parfois signalées dans plusieurs localités. Le niveau d’alerte reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).

Source: Servicio Geologico Colombiano (SGC)

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En Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Semeru, avec des événements enregistrés par le réseau sismique. Des panaches de vapeur et de cendres sont observés presque quotidiennement jusqu’à 1 100 m au-dessus du sommet. Une incandescence au sommet et sur le flanc sud-est est parfois visible la nuit sur les images des webcams. Le niveau d’alerte reste à 3 et le public est prié de se tenir à au moins 5 km du sommet dans toutes les directions, et à 13 km du sommet sur le flanc sud-est le long de la vallée de la Kobokan, et à 500 m des berges de cette rivière jusqu’à 17 km au sud-est du sommet, en raison des risques de coulées pyroclastiques et de lahars lors de fortes pluies.

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Toujours en Indonésie, dans l’ouest de Sumatra, une hausse de la sismicité est signalée sur le Talang depuis septembre 2024, et des événements sismiques indiquant des mouvements de magma sont observés depuis début décembre 2025. Du 1er au 9 décembre 2025, la sismicité a été marquée par 101 séismes VT, deux séismes ressentis d’intensité I à III sur l’échelle de Mercalli et 14 séismes tectoniques profonds. Un séisme tectonique (M 4,7) survenu le 10 décembre a été localisé à environ 222 km au nord ; il a été suivi, au cours des six heures suivantes, par 227 séismes VT. Le même jour, le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il a été demandé aux visiteurs et aux touristes de se tenir à au moins 2 km du cratère Sud et du cratère principal. Le PVMBG précise que le Talang se trouve dans la zone centrale de grande faille de subduction de Sumatra et est donc soumis à l’activité tectonique.

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Le niveau d’alerte reste inchangé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) pour le Dukono, l’Ibu, le Lewotolok et le Marapi, et à 3 pour le Merapi.

Source : PVMBG.

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Aucune information récente significative n’est signalée concernant le Piton de la Fournaise (La Réunion). La crise sismique du 5 décembre a été de courte durée, mais a alerté l’Observatoire et la Préfecture qui ont craint une éruption imminente. Cependant, rien ne s’est produit et, après avoir été fermé, l’Enclos a rouvert au public.
L’OVPF insiste néanmoins sur la nécessité de rester vigilant, car la sismicité et le lent gonflement de la zone sommitale persistent. « Ceci suggère une mise en pression du réservoir magmatique superficiel. Ce processus de pressurisation du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant la rupture du toit du réservoir, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et potentiellement à une éruption, mais peut également s’arrêter sans donner lieu – à brève échéance – à une éruption. »

Tout est possible mais personne ne sait…

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about volcanic activity around the world.

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After a six-year closure, the Brunek refuge, located at an altitude of 1,450 meters on the northern slope of Mount Etna (Sicily), is reopening. It is an iconic and much-loved spot for mountain enthusiasts.
The first version of the refuge was built in 1950. It was then called the « House of the French. »
In 1986, the refuge was rebuilt thanks to regional funding and renamed Brunek, after the company that oversaw its renovation.
From 1987 to 2019, management was handled by the Stel company. But six years ago, the municipality of Linguaglossa, which owns the site, terminated the concession for non-payment of rent.
In 2023, the municipality of Linguaglossa obtained €58,000 in funding from the Regional Tourism Office for the rehabilitation of the refuge. Once the renovations were completed, it launched a call for tenders.
The shelter, now managed by three operators, is expected to reopen tomorrow Saturday, December 20, 2025.
Source: La Sicilia.

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Still in Sicily, eruptive activity continues at Stromboli from five vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco, and from at least two vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low- to medium-intensity explosions at a rate of 10-21 per hour, ejecting lapilli and bombs less than 150 m above the vents. Low- to medium-intensity explosions eject tephra from two vents in Area C-S at a rate of 0-3 times per hour. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-level scale).

Source : INGV.

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The summit eruption at Kīlauea (Hawaii) is paused. Intermittent glow can be seen in the south vent accompanied by tremor spikes indicative of gas pistoning. The onset of Episode 39 is likely to occur between December 22 and 27.

Source : HVO.

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According to the Copernicus agency, recent satellite images showed that the eruption on Barren Island (India) is going on, with lava flows on the orth flank of the volcano Satellite images acquired on 2, 5, 10, and 15 December showed that the lower half of the flows were hot and active. Thermal anomalies over two vents at the summit were also identified in the images.

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The PHIVOLCS indicates that activity continues at Mayon (Philippines). The seismic network is recording events caused by rockfalls or volcanic earthquakes. SO2 emissions average 307 tonnes per day. The Alert Level remains at 1 (on a 0-5 scale).

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The Servicio Geologico Colombiano (SGC) indicates that eruptive activity is still observed at Puracé (Colombia). Seismicity is characterized by brief episodes of tremor, long-period signals indicating fluid movement, and periods of continuous tremor. The seismicity is located at depths less than 1 km and is related to internal movement of gases as well as emissions. Earthquakes indicating rock fracturing are located within 3 km of the crater at depths of 1-3 km. Gas-and-ash emissions can be seen rising 700-800 m above the summit. Elevated temperatures in the crater area continue to be detected and are possibly associated with the emissions of hot gases. Minor ashfall and a weak sulfur odor are sometimes reported in several communities. The Alert Level remains at Orange (the second level on a four-color scale).

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In Indonesia, eruptive activity continues at Semeru with daily events recorded by the seismic network. Steam and ash ash plumes are observed almost daily rising up to1,100 m above the summit. Incandescence at the summit on the upper SE flank can sometimes be seen at night in webcam images. The Alert Level remains at 3 and the public is asked to stay at least 5 km away from the summit in all directions, and 13 km from the summit on the SE flank along the Kobokan drainage, and 500 m from the banks of the Kobokan drainage as far as 17 km SE of the summit because of the risks of pyroclastic flows and lahars during periods of heavy rain.

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Still in Indonesia, in western Sumatra, increased seismicity has been reported at Talang since September 2024, and seismic events indicative of magma movement since early December 2025. During 1-9 December 2025 seismicity was characterized by 101 VT earthquakes, two felt earthquakes ranging I-III on the Modified Mercalli Intensity scale (MMI), and 14 deep tectonic earthquakes. A tectonic earthquake (M 4.7) on 10 December was located about 222 km N; this was followed over about the next six hours by 227 VT earthquakes. On that same day, the Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) and visitors and tourists were askd to stay away 2 km from both South Crater and Main Crater. PVMBG specifies that Talang is located along the central zone of the active Great Sumatran Fault and influenced by tectonic activity.

Source : PVMBG.

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The alert level remains unchanged at 2 (on a scale 1-4) for Dukono, Ibu, Lewotolok, Marapi, and at 3 for Merapi.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily) from five vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco, and from at least two vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low- to medium-intensity explosions at a rate of 10-21 per hour, ejecting lapilli and bombs less than 150 m above the vents. Low- to medium-intensity explosions eject tephra from two vents in Area C-S at a rate of 0-3 times per hour. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-level scale).

Source : INGV.

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No significant recent news from Piton de la Fournaise (Reunion Island). The seismic crisis of December 5th was short-lived but alerted both the Observatory onand the Prefecture for fear of an imminen eruption. However nothing happened ans after being closed to the public, the Enclos was opened again.

However the OVPF insists that one should remain cautious because seismicity and the slow inflation of the summit area continue. This suggests pressurization of the shallow magma reservoir. This pressurization process can last from several days to several weeks before the reservoir roof ruptures, resulting in magma being injected towards the surface and potentially triggering an eruption, but it can also stop without leading to an eruption in the short term.

Anything is possible, but nobody knows for sure…

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Un robot sous l’Est Antarctique // A robot beneath East Antarctica

Grâce à un robot d’exploration sous-marine, les océanographes de l’Organisation de recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (CSIRO) ont obtenu les toutes premières données recueillies sous les vastes plateformes glaciaires de l’Antarctique oriental.
Dans le cadre du projet Argo, le robot autonome a passé plus de deux ans et demi à dériver sur environ 300 km dans les courants océaniques qui bordent le Continent Blanc. Durant cette période, il a effectué près de 200 missions qui ont permis d’accumuler des données sur la température, la pression et la salinité de l’eau, ainsi que sur les niveaux d’oxygène, de pH et de nitrates. Le robot s’est également aventuré sous les plateformes glaciaires Denman et Shackleton, où il a passé huit mois à collecter des données dans cette région de la planète jusqu’alors inexplorée.
L’équipe scientifique qui a piloté la mission Argo affirme que « ces observations sans précédent apportent un nouvel éclairage sur la vulnérabilité des plateformes glaciaires ».
Les conclusions de l’équipe scientifique ont été publiées dans la revue Science Advances ; elles apportent des éléments nouveau à notre compréhension de l’état de santé des plateformes glaciaires. La plateforme Shackleton (Shackleton Ice Shelf), la plus septentrionale de l’Antarctique oriental, reste à l’abri des eaux plus chaudes susceptibles de la faire fondre par en dessous, comme cela se passe dans l’Antarctique occidental. En revanche, le glacier Denman est dans une situation bien plus précaire. Sa disparition à elle seule contribuerait à une élévation du niveau des mers de près de 1,50 mètre. Malheureusement, le glacier Denman est désormais exposé à des eaux plus chaudes, ce qui pourrait accélérer sa fonte et engendrer un recul glaciaire significatif.
La fonte des plateformes glaciaires de l’Est Antarctique dépend largement du comportement de l’océan au sein d’une couche limite d’environ 10 mètres d’épaisseur située directement sous la plateforme glaciaire. Le robot Argo est conçu pour mesurer différents éléments à l’intérieur de cette couche limite. Jusqu’à présent, aucun robot n’avait passé autant de temps à proximité d’une plateforme glaciaire. Dans des conditions extrêmement difficiles, il a fourni une mine d’informations précieuses.
Les chercheurs espèrent que le robot du projet Argo ne sera pas le dernier à explorer les plateformes glaciaires de l’Est Antarctique et d’autres régions du continent. Ce type de robot fournit des données essentielles qui contribuent à améliorer les modèles informatiques climatiques et à réduire les incertitudes liées à l’élévation du niveau de la mer. Un chercheur a déclaré : « Le déploiement de davantage de robots le long de la banquise antarctique ferait avancer notre compréhension de la vulnérabilité des plateformes glaciaires aux changements océaniques.»
Source : Popular Science via Yahoo News.

Carte montrant le parcours du robot en Antarctique oriental (Source : CSIRO)

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Thanks to Argo, an underwater survey robot, oceanographers at the Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) are getting the first-ever readings collected from underneath East Antarctic’s vast ice shelves.

Part of the ongoing Argo survey project, the autonomous device has spent over two-and-a-half years drifting through roughly 300 km of frigid ocean currents. In that time, the device has amassed almost 200 reports containing data on water temperature, pressure, and salinity, as well as oxygen, pH, and nitrate levels. The robot also journeyed underneath the Denman and Shackleton Ice Shelves, where it spent eight months collecting readings from a never-accessed region of the planet.

The scientific team that piloted thethe Argo mission say that « these unprecedented observations provide new insights into the vulnerability of the ice shelves. »

The team’s findings, detailed in a study published in the journal Science Advances, both reinforce and update our current understanding of icy shelf health. The Shackleton Ice Shelf is the furthest north in the East Antarctic and remains unexposed to warmer waters that might melt it from below. However, the Denman Glacier is in a more precarious state. Denman’s disappearance alone would contribute to a nearly 1.50 meter rise in global sea levels. Unfortunately, Denman is now exposed to some warmer waters, which could accelerate melt rates and facilitate a more unstable ice retreat.

This melting is largely dependent on the ocean’s state within a nearly 10-meter-thick boundary layer that exists directly underneath the ice shelf itself. The Argo robot is designed to measure various elements inside this boundary layer. Until now, no robot had spent such an extensive amount of time near one. Under incredibly hard conditions, the tiny instrument has delivered a wealth of invaluable information.

Researchers hope Argo won’t be the last to visit these and other ice shelves. These types of robots offer vital data that helps improve climate computer models and reduce uncertainties about sea level rise. Said one researcher : “Deploying more robots along the Antarctic continental shelf would transform our understanding of the vulnerability of ice shelves to changes in the ocean.”

Source : Popular Science via Yahoo News.