Nouvelle éruption du Kilauea (Hawaii) // New eruption of Kilauea (Hawaii)

Comme on pouvait s’y attendre avec la sismicité et l’inflation du sol de ces derniers jours, une nouvelle éruption a commencé dans le cratère de l’Halema’umau du Kilauea vers 15h15 le 10 septembre 2023.
L’éruption se produit au niveau d’une fissure le long de la bordure orientale du cratère de l’Halema’uma’u. Les premières heures des éruptions sont généralement dynamiques. Les images de la webcam montrent des fissures générant des coulées de lave sur le plancher du cratère. L’activité est confinée à l’intérieur de l’Halemaʻumaʻu.
Des images en direct de l’éruption peuvent être vues à cette adresse :
https://youtu.be/tBh-ZhIB1Nk

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As could be predicted with the seismicity and ground inflation in the past days, a new eruption started at Kilauea’s Halema’umau Crater at about 3:15 pm on September 10th, 2023.

The eruption is occurring at a fissure along the eastern margin of Halemaʻumaʻu Crater. The opening phases of eruptions are usually dynamic. Webcam imagery shows fissures generating lava flows on the surface of the crater floor. The activity is confined to Halemaʻumaʻu.

Live images of the eruption can be seen at this address :

https://youtu.be/tBh-ZhIB1Nk

Désinformation sur le nouveau site de la Mer de Glace ?

A Chamonix, la Mer de Glace fond inexorablement et le spectacle offert par le glacier depuis la terrasse du Montenvers donne envie de pleurer. Je me suis rendu sur le site pour la dernière fois en septembre 2017 et les images des webcams montrent que la situation continue de se dégrader. Conscientes que la Mer de Glace allait attirer de moins en moins de touristes, la ville de Chamonix et la Compagnie du Mont Blanc ont décidé de construire de nouvelles infrastructures.

Dans une note publiée le 11 juillet 2022, j’expliquais qu’en 2025, télécabine et escalier d’accès au glacier auront disparu. La nouvelle société gestionnaire du site prévoyait quatre années de travaux de grande ampleur, débutés au printemps 2022, d’un coût de 53 million d’euros. L’autre attraction du Montenvers en 2025 devait être le Glaciorium, un centre d’interprétation du climat et des glaciers. Le bâtiment va proposer sur 800 m² une expérience immersive autour des glaciers, de leur histoire et des mutations climatiques. Le projet est censé contribuer à la prise de conscience de la fragilité des espaces naturels et de la nécessité de les préserver.

Au vu d’un article paru sur le site Reporterre le 29 août 2023, le Glaciorium est déjà ouvert au public. L’un des visiteur, docteur en Sciences de l’environnement, s’étonne du manque d’importance accordé au réchauffement climatique pour expliquer la fonte et le recul inexorables de la Mer de Glace. En outre, le scientifique a relevé « plusieurs approximations géologiques » à l’intérieur du Glaciorium. Ainsi, on peut lire sur un panneau : « Si les conditions climatiques restent défavorables (plus de fonte ou/et moins de neige) durant les deux siècles à venir, la Mer de glace reculera de quatre à cinq kilomètres, elle se rapprochera de son état minimum d’avant la dernière glaciation il y a 125 000 ans. » Or, les études scientifiques ont montré que la rapidité de la fonte est bien supérieure à celle mentionnée sur le panneau : dans un scénario optimiste de réchauffement climatique, le recul serait de 7,2 kilomètres dans moins de 80 ans. Dans un scenario plus pessimiste avec poursuite des émissions de gaz à effet de serre, la totalité de la Mer de glace aurait disparu d’ici 70 ans.

De plus, à l’intérieur du Glaciorium, il n’est jamais fait état du rôle des glaciers dans la préservation des conditions bioclimatiques (fonction de stabilisation climatique ; effet albédo ; stockage d’eau, en sachant que l’eau de fonte assure 70 % de l’eau douce dans le monde).

Plus grave, le seul panneau expliquant la fonte de la Mer de Glace fait totalement abstraction des activités humaines. Ainsi, on peut lire : « En observant le climat de ces 400 000 dernières années, où alternent périodes glaciaires et interglaciaires, les climatologues prévoient une prochaine glaciation dans 30 à 40 000 ans. Ces périodes froides et chaudes sont le résultat de l’énergie solaire reçue par la Terre. Leur intensité et durée sont rythmées par la combinaison de trois paramètres astronomiques : inclinaison de l’axe de la Terre, précession des équinoxes et variation de l’orbite de la Terre. » Quid de la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement climatique et la fonte des glaciers ? En plus de cette omission très surprenante des activités humaines, il est utile de préciser qu’aujourd’hui les climatologues ne prévoient pas de prochaine glaciation.

Au final, selon le scientifique, une visite du Glaciorium ne permet pas de sensibiliser les touristes au réchauffement climatique de nature anthropique, ni à toutes ses incidences sur la vie dans notre société .

N’ayant pas visité le nouveau Glaciorium, je me garderai de tout commentaire. Malgré tout, ce que raconte le scientifique ne me surprend guère. Au même titre que l’Aiguille du Midi, la Mer de Glace est une importante source de revenus pour la ville de Chamonix. La fonte des glaciers et le dégel du permafrost avec leurs conséquences sur le tourisme sont déjà suffisamment dommageables sans qu’on ajoute une deuxième couche d’inquiétude avec le réchauffement climatique. Cela risquerait de faire fuir les clients. La réalité climatique ne triche pas ; elle arrivera suffisamment vite pour corriger les défauts d’information….

Photo: G. Grandpey

Photos: C. Grandpey

Vue d’artiste du nouveau site du Montenvers (Source: Compagnie du Mont Blanc)

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai a totalement remodelé le plancher océanique // The Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption totally reshaped the seafloor

Le 15 janvier 2022, l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai dans l’archipel des Tonga a été l’explosion la plus puissante observée sur Terre dans l’histoire moderne. Elle a battu toutes sortes de records. Ainsi, elle a propulsé un panache de gaz et de cendres à 57 kilomètres dans la mésosphère ; c’est le plus haut panache jamais enregistré. Elle a également déclenché un tsunami qui a atteint le Pérou et un bang supersonique qui a été perçu jusqu’en Alaska.
Selon un article publié dans la revue Science le 8 septembre 2023, lorsque l’énorme panache de cendres et de poussières est retombé dans l’océan, il a remodelé les fonds marins de manière spectaculaire. Pour la première fois, des scientifiques ont reconstitué ce qui a pu se passer sous la surface du Pacifique. Selon les chercheurs, en retombant, tous ces matériaux se sont répandus sous l’eau sur des dizaines de kilomètres. De tels processus n’avaient jamais été observés auparavant. Les données recueillies indiquent qu’au moins 9,5 kilomètres cubes de matériaux – voire 10 km3 – ont été déplacés lors de l’événement cataclysmique. Il s’agit d’un volume équivalent à près de 4 000 pyramides égyptiennes.
À environ 70 kilomètres du volcan, l’éruption a coupé un câble à fibre optique au fond de la mer. Pour les Tongiens et les équipes de secours, la rupture de ce câble a constitué un problème majeur car elle a gravement perturbé le réseau Internet dans l’archipel. Pour les scientifiques, l’interruption brutale d’Internet a permis de dater le moment exact où le câble a été sectionné: l’événement s’est produit environ une heure et demie après l’éruption. La coupure a également fait comprendre aux scientifiques que l’éruption avait perturbé le plancher océanique.
Un propriétaire de bateau tongien a filmé le début de l’éruption avec la caméra d’un téléphone portable, ce qui a indiqué l’heure exacte à laquelle les matériaux volcaniques ont commencé à retomber dans l’océan. Plusieurs mois plus tard, une mission scientifique a quitté la Nouvelle-Zélande pour étudier les fonds marins et collecter des échantillons dans les dépôts laissés par les coulées de débris. Contrairement à une grande partie de l’océan, les fonds marins autour des Tonga avaient déjà été cartographiés, ce qui a permis aux scientifiques de se rendre compte des changements subis par la topographie.
Les chercheurs ont réalisé que le volcan a déplacé en quelques heures autant de matériaux qu’en déversent toutes les rivières de la planète en une année. Ces coulées gigantesques ont parcouru plus de 90 kilomètres depuis leur origine, en creusant des fossés où l’on pourrait loger des gratte-ciel.
Lorsque le volcan a explosé, il a expulsé d’énormes quantités de roches, de cendres et de gaz. Lorsque cela se produit sur Terre, on observe des coulées pyroclastiques qui détruisent tout sur leur passage. S’agissant du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, cette masse en chute libre n’avait aucun support terrestre ; elle a donc fini sa course dans la mer. Les scientifiques ont estimé que les matériaux se sont propagés à 120 km/heure depuis la source de l’éruption. Si c’est exact, c’est 50 % plus rapide que les autres coulées sous-marines étudiées ailleurs sur la planète. Les chercheurs affirment que de telles coulées sous-marines n’avaient jamais été observées auparavant.

Vous verrez sur cette page une modélisation des coulées de matériaux émises par le Hunga Tonga-Hunga Ha’apai :

https://www.bbc.com/news/science-environment-63678177
Source  : Popular Science, Yahoo Actualités, la BBC.

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On January 15th, 2022, the eruption of of Hunga Tonga-Hunga Haʻapai in the Tonga archipelago was the most powerful explosion observed on Earth in modern history and it broke all kinds of records. It shot gas and ash 57 kilometers up into Earth’s mesosphere, higher than the plume from any other volcano on record. It also unleashed a tsunami that reached Peru and a sonic boom heard as far as Alaska.

According to a paper published in Science on September 8th, 2023, when the huge volume of volcanic ash and dust fell back into the water, it reshaped the seafloor in a dramatic fashion. For the first time, scientists have reconstructed what might have happened beneath the Pacific’s violently strewn waves. According to the research, all that material flowed underwater for dozens of kilometers. Such processes had never been observed before. The gathered data indicates that at least 9.5 cubic km of material was displaced during the cataclysmic event. This is a volume equivalent to something approaching 4,000 Egyptian pyramids.

About 70 kilometers from the volcano, the eruption cut off a seafloor fiber-optic cable. For Tongans and rescuers, the broken cable was a major inconvenience that severely disrupted the islands’ internet. For scientists, the abrupt severance of internet traffic provided a timestamp of when something touched the cable: around an hour and a half after the eruption. The cut also alerted scientists to the fact that the eruption had disrupted the seafloor.

A Tongan charter boat owner had caught the initial eruption with a mobile phone camera, giving an exact time when volcanic ejecta began to fall into the water. Several months later, a mission sailed from New Zealand to survey the seafloor and collect volcanic flow samples. Unlike in much of the ocean, the seafloor around Tonga had already been mapped, allowing scientists to corroborate changes to the topography.

The researchers realised that the volcano moved as much matter in a few hours as the world’s rivers delivered into the oceans in a whole year. These truly immense flows traveled more than 90 kilomrters from their origin, carving out gullies as tall as skyscrapers.

When the volcano exploded, it spewed out immense quantities of rock, ash and gas. When this happens on earth, it triggers fast-moving pyroclastic flows that menace anything in their path. But over Hunga Tonga–Hunga Haʻapai, that falling mass had nowhere to go but out to sea. Scientists estimated the material fanned out from Hunga Tonga–Hunga Haʻapai at 120 kilometers per hour. If correct, that’s 50 percent faster than any other underwater flow recorded on the planet. The researchers say that these underwater flows had never been observed before.

You will see on this page a model of the flows of materials emitted by Hunga Tonga-Hunga Ha’apai :

https://www.bbc.com/news/science-environment-63678177

Source : Popular Science, Yahoo News, the BBC.

Source: NASA

La hausse des températures est en train de tuer les océans // Temperature rise is killing the oceans

Comme je l’ai déjà écrit à de nombreuses reprises, El Niño est de retour et devrait devenir un événement de réchauffement significatif au cours des prochains mois. Les scientifiques craignent que la hausse de température de l’océan à cause d’El Niño au large des côtes de l’Angleterre et de l’Irlande entraîne une destruction à grande échelle de la vie marine, ainsi que d’autres conséquences majeures. Il faut garder à l’esprit que les températures en Mer du Nord sont déjà supérieures de 2,7°C à la normale. Les scientifiques craignent que la vie sous la surface de l’océan soit anéantie, tout comme l’est la vie animale dans les forêts lors des incendies.
Cela fait plusieurs décennies que la Mer du Nord se réchauffe. Le mercure a atteint un niveau record au cours du printemps 2023, si l’on se réfère aux archives remontant aux années 1850. Cela ne fait que confirmer la tendance au réchauffement des océans observée au cours des trois dernières décennies.
La températures de surface de la mer autour de la planète a atteint des sommets sans précédent avec 21,1°C. Des vagues de chaleur se produisent dans des mers habituellement chaudes comme la Méditerranée, mais une anomalie thermique aussi forte n’a jamais été enregistrée dans l’Atlantique Nord.

L’eau couvre plus de 70% de la surface de la Terre et l’océan capte une grande quantité d’énergie solaire. La mer déplace cette chaleur autour du globe dans le cadre de l’équilibre climatique naturel. Toutefois, la hausse anthropique des températures surcharge le système. Les scientifiques expliquent que plus de 90% de la chaleur excédentaire est absorbée par les océans.
La chaleur stresse les organismes marins. Dans d’autres parties du monde, on a déjà assisté à plusieurs mortalités massives de plantes et d’animaux marins causées par les vagues de chaleur océaniques. Elles ont entraîné des pertes de revenus de la pêche, de stockage du carbone, des valeurs culturelles et la perte d’habitat. Le kelp (qui désigne plusieurs espèces de grandes algues brunes qui stockent le carbone), les poissons et les huîtres font partie des espèces menacées et surveillées.
Le processus de réchauffement de l’océan englobe plusieurs facteurs tels que la surchauffe planétaire et El Niño. Lors d’un événement El Niño, l’affaiblissement des alizés provoque un déplacement de l’eau vers l’est, en direction de la côte ouest des Amériques, ce qui perturbe les océans dans le monde entier. Comme cela se déroule sous la surface de l’océan, personne n’y prend garde
Les efforts pour réduire la pollution de l’air sont essentiels pour refroidir les eaux océaniques sur notre planète. Les scientifiques surveillent la banquise antarctique et effectuent d’autres mesures pour évaluer le niveau de réchauffement. Si celui des océans se poursuit tout au long de l’été, il se pourrait que nous assistions à une mortalité à grande échelle du kelp, de la végétation marine, des poissons et des huîtres.
Source  : Tesla Company, via Yahoo Actualités.

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As I put it before, El Niño has come back and is expected to be a significant warming event during the next months. Scientists are worried that an El Niño–prolonged ocean heat-up off the coast of England and Ireland will result in massive death tolls for sea life, along with other terrible outcomes. It is because temperatures in the North Sea are already 2.7°C above normal. Experts fear that sea life could be killed off like forest dwellers are destroyed during wildfires.

Ocean warming in the North Sea has been ongoing for decades. The mercury rose to a record high this spring, based on recordings dating to the 1850s. It is part of a trend of ocean warmups during the past three decades.

Sea surface temperatures around the planet have been measured at all-time highs, peaking at 21.1°C. While marine heat waves are found in warmer seas like the Mediterranean, such anomalous temperatures in this part of the north Atlantic have never been recorded before

Since water covers more than 70% of the Earth’s surface, the ocean catches a lot of solar energy. The sea can move that heat around the globe as part of the natural climate balance. But human-caused overheating is overloading the system. Experts warn that more than 90% of excess heat is absorbed in the oceans.

The heat stresses marine organisms. In other parts of the world, we have seen several mass mortalities of marine plants and animals caused by ocean heat waves. They have caused losses, in fisheries income, carbon storage, cultural values, and habitat loss. Kelp (which stores carbon), fish, and oysters are among species being monitored.

A combination of factors, including planet-wide overheating and El Niño, are involved in the orocess. During an El Niño event, weakened trade winds allow warm water to be pushed east, toward the west coast of the Americas, disrupting oceans around the world. As this is happening below the surface of the ocean, it will go unnoticed.

Efforts to reduce air pollution are key to cooling our waters. Experts are monitoring Antarctic sea ice and other metrics to gauge the warming’s severity. If ocean warming carries on through summer, we could see mass mortality of kelp, seagrass, fish, and oysters.

Source : Tesla Company, through Yahoo News.

Forêt de kelp au large de la Californie (Crédit photo : Université de Virginie)