Nouvelle crue glaciaire au glacier Mendenhall (Alaska) // New glacial outburst flood at Mendenhall Glacier (Alaska)

Dans une note publiée le 7 août 2023, j’indiquais qu’une inondation due à la vidange soudaine d’un lac glaciaire s’était produite le 5 août 2023 sur le glacier Mendenhall, près de Juneau, la capitale de l’Alaska. La crue avait entraîné de sérieux dégâts et détruit plusieurs structures. Elle était causée par la rupture de la moraine qui retient le Suicide Basin, en bordure du glacier Mendenhall (voir carte ci-dessous). Des inondations importantes ont été signalées dans des zones qui avaient été épargnées auparavant, et on a observé une érosion importante le long des berges de la rivière. Les inondations ont entraîné la fermeture de plusieurs routes de la région, y compris des ponts.
Une nouvelle crue glaciaire en provenance d’un lac retenu par le glacier Mendenhall a endommagé plus d’une centaine de maisons le 6 août 2024. Le lac s’est formé dans une cavité laissée par le recul d’un glacier voisin. Elle s’est remplie d’eau de pluie et de fonte au cours du printemps et de l’été et a créé suffisamment de pression pour se frayer un chemin à travers des chenaux creusés sous le glacier Mendenhall. Depuis 2011, le phénomène a provoqué à plusieurs reprises des inondations dans les zones habitées près du lac Mendenhall et de la rivière du même nom.
Les dégâts causés par la dernière crue glaciaire sont moins graves mais plus étendus qu’en 2023. Certaines rues ont été recouvertes par plus d’un mètre d’eau. Cependant, l’érosion semble avoir été moins importante que l’année dernière. Aucun blessé n’a été signalé. Le niveau de la rivière a rapidement baissé dans les heures qui ont suivi l’événement.
Source : journaux de l’Alaska.

 

Sources : NWC, NOAA

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In a post published on Auigust 7th, 2023, I indicated that a glacier lake outburst flood occurred on August 5th, 2023 at the Mendenhall Glacier near Juneau, Alaska’s capital. It caused serious damage, destroying several structures. The flooding was caused by an outburst flood on Suicide Basin, a side basin on the Mendenhall Glacier (see map below). Significant flooding was reported in areas that previously had not seen flooding, and there was significant erosion along the riverbanks. The flooding closed several roads in the region, including bridges.

A new outburst of flooding from a lake dammed by Juneau’s Mendenhall Glacier damaged at least 100 homes on August 6th, 2024. The lake formed in a basin that was left behind when a nearby glacier retreated. It filled with rainwater and snowmelt during the spring and summer and built enough pressure to force its way out through channels it carved beneath Mendenhall Glacier. Since 2011, the phenomenon has several times caused flooding of streets or homes near Mendenhall Lake and Mendenhall River.

The damage caused by the latest glacial outburst was less dramatic but more widespread than in 2023. Some streets at one point had more than one meter of water. However, there appeared to be less erosion than last year. No injuries were reported. The river level dropped quickly in the hours following the event.

Source : Alaskan news media.

Photo: C. Grandpey

Jeux Olympiques d’Hiver : neige de culture pour assurer l’équité entre les skieurs !

On vient de l’apprendre officiellement : les Alpes françaises accueilleront en 2030 les Jeux olympiques d’hiver. La candidature de notre pays vient d’être validée par le Comité international olympique (CIO), sous réserve de garanties financières apportées par l’État et les régions organisatrices.

Depuis le début, cette candidature suscite une levée de boucliers des défenseurs de l’environnement, qui questionnent l’enneigement à cette échéance et surtout la pérennité d’un modèle économique basé sur le ski dans un contexte de crise climatique.

A l’occasion de la confirmation de l’acceptation de la candidature de la France, un intervenant a indiqué sur France Info que l’enneigement naturel ne poserait pas de problème car la neige de culture est obligatoire pour les Jeux d’hiver. Cette affirmation me semblant surprenante, je me suis lancé dans une recherche. On peut lire dans l’article de TF1 Info qui sert de support à cette note que le possible déficit en neige « n’est pas un sujet, les compétitions se déroulant souvent sur de la neige artificielle en sus de la neige naturelle pour assurer une forme d’équité entre les sportifs, en leur garantissant les mêmes conditions d’enneigement. »

Maître dans l’art de fanfaronner, Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a affirmé que « toutes les stations choisies [pour les Jeux de 2030] sont des stations qui, avec les évaluations les plus sceptiques, auront de la neige en 2030. »

Quand on voit la liste des sites envisagés, on peut se poser quelques questions car certains d’entre eux connaissent déjà des difficultés. D’ailleurs, en février 2024, la Cour des comptes a souligné les incertitudes planant sur les stations de ski françaises en raison du réchauffement climatique et d’un modèle quasi uniquement basé sur le ski.

Si on consulte les études et projections sur l’enneigement dans les Alpes en 2030, on se rend compte que la partie est loin d’être gagnée. Ces cinquante dernières années, les Alpes ont perdu en moyenne un mois d’enneigement en hiver. Les redoux sont aussi plus fréquents, ce qui rend les conditions en montagne très changeantes. La situation ne devrait guère évoluer d’ici à 2030 car l’accélération actuelle du réchauffement climatique renforce l’incertitude. La hausse des températures peut impacter la hauteur moyenne de neige, mais aussi la durée de l’enneigement. On se rend compte que les « mauvaises années » sont de plus en plus fréquentes.

Si le déficit de neige naturelle se confirme, il faudra forcément avoir recours aux enneigeurs. Comme je l’ai indiqué plus haut, ils seront de toute façon utilisés en sus de la neige naturelle pour garantir les mêmes conditions d’enneigement à tous les skieurs. Il ne faudrait toutefois pas oublier que le fonctionnement des canons à neige suppose des températures froides, pour que l’eau se transforme en neige. Certes, il existe des enneigeurs pouvant fonctionner avec des températures relativement élevées mais qui demandent une énergie beaucoup plus grande. Bonjour l’empreinte carbone…et la hausse de la facture! On nous fait remarquer que l’eau utilisée par les canons à neige se trouve dans des réserves collinaires, mais ils créent malgré tout des conflits d’usage, avec les agriculteurs notamment, ou des risques pour la biodiversité. La station de La Clusaz vient d’être épinglée par l’Office français de la biodiversité pour avoir pompé l’eau illégalement d’une source pour fabriquer de la neige artificielle.

Source : TF1 Info.

Enneigeurs en pleine action à Sotchi (Crédit photo: CIO)

Enneigeur novelle génération (Photo: C. Grandpey)

Etna (Sicile) : Ébauche de solutions contre la cendre volcanique

Quand se produit un épisode éruptif (souvent baptisé paroxysme) sur l’Etna, c’est toujours la même galère pour les localités qui se trouvent sous le vent : elles reçoivent de pluies de cendres qu’il faut évacuer rapidement car elles peuvent poser des problèmes à la circulation, obstruer les systèmes d’évacuation des eaux pluviales, etc. Les habitants doivent sortir les balais quand une éruption se produit. Chaque événement a également un coût pour les municipalités des bourgades autour du volcan sicilien.

Le maire de Catane a récemment convoqué ses collègues de la région de l’Etna pour proposer un plan stratégique sur le long terme. Les maires présents à la réunion ont fait part des inconvénients de la cendre volcanique pour les citoyens et des énormes ressources investies jusqu’à présent par les municipalités.

Le maire de Catane a proposé une solution qui prévoit une optimisation des coûts, amortis dans le temps, en recourant à l’achat de véhicules permettant le nettoyage des rues, des regards et caniveaux, ainsi que des bâtiments scolaires. Ces véhicules seraient achetés par la métropole catanaise et leur utilisation serait coordonnée par la Protection Civile. Ils seraient équipés d’aspirateurs et de brosses, ainsi que de bennes pour collecter la cendre. Ces véhicules seraient mis à la disposition des municipalités qui en ont besoin. Les équipements destinés au nettoyage de la cendre volcanique ne seraient donc plus loués comme cela se fait actuellement. Cela permettrait aux maires d’économiser des millions d’euros et de ne plus recourir à des fonds extrabudgétaires.
Si ses collègues sont d’accord, le maire de Catane a déclaré que la métropole encouragera « un changement d’orientation substantiel et achètera, avec des fonds régionaux ou étatiques, des instruments et moyens efficaces et utiles pour lutter contre les retombées de cendres. »
Les maires des communes de l’Etna ont accueilli favorablement la proposition avancée par le premier magistrat de Catane ; ils sont conscients qu’une stratégie commune et préventive pourrait être la solution la plus adaptée pour résoudre les problèmes liés aux cendres volcaniques. Ils ont également proposé la création d’un fonds permanent « d’urgence pour les cendres », qui pourrait être utilisé à tour de rôle et immédiatement en cas de besoin.

Reste à voir si cette réunion aura les effets espérés…

Source : La Sicilia.

La cendre volcanique : un poison pour la population (Photo: C. Grandpey)

Islande : on se prépare à affronter la lave // Iceland : getting ready to face lava

Comme je l’ai écrit précédemment, le Met Office islandais s’attend à une nouvelle éruption dans les prochains jours sur la péninsule de Reykjanes. Afin d’être prêt à faire face à cet événement, de nombreux préparatifs sont en cours pour en minimiser l’impact.
Les digues de terre ont prouvé leur efficacité pour détourner le cours de la lave. Elles ont donc été renforcées et surélevées.
La stratégie utilisée à Heimaey en 1973 pourrait être utilisée pour protéger les infrastructures sur la péninsule de Reykjanes. De nouveaux équipements de refroidissement de la lave avec de l’eau sont en train d’être mis en place. Des tuyaux d’environ 25 centimètres de diamètre ont été connectés aux réserves d’eau de Svartengi et du Blue Lagoon et à des pompes, puis ont été installés le long de plusieurs des digues de terre dans le secteur de Sundhnúksgígaröðin, là où la prochaine éruption est la plus susceptible d’avoir lieu. Quatre kilomètres de ces tuyaux géants sont opérationnels, reliés à quatre pompes de 13 000 litres. Ils traversent Sýlingarfell et passent sous la Grindavíkurvegur pour atteindre la zone à protéger. Cette stratégie permettra de commencer à refroidir la lave beaucoup plus tôt et d’être beaucoup plus efficace que lors des tentatives précédentes.
Source : Iceland Review.

Opération de refroidissement de la lave à Heimaey en 1973 (Source: Wikipedia)

 

Premiers tests de refroidissement de la lave en 2024 (Crédit photo : Iceland Review)

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As I put it before, a new eruption is expected in the short term by the Icelandic Met Office on the Reykjanes Peninsula. In order to be ready to face this event, many preparations are being made to minimise the impact.

The earthen barriers have proved their efficiency to divert the course of lava. They have been reinforced and elevated.

The strategy used in Heimaey in 1973 might be used to protect infrastructure on the Reykjanes Peninsula. New lava cooling equipment is being set up to try and cool lava with water. Hoses about 25 centimeters in diameter have been connected to water sources and pumps, and then led to several of the earthen barriers already around Sundhnúksgígaröðin, where the next eruption is most likely to take place. The water sources are both Svartengi and the Blue Lagoon. Four kilometres of these giant hoses have already been laid down, stretching from four 13,000L pumps, across Sýlingarfell and under Grindavíkurvegur to reach the protected area. This will allow the lava cooling to begin much sooner, and reach much closer, than previous efforts.

Source : Iceland Review.