COVID-19 : le retour de la Nature? Pas si sûr ! // COVID-19 : Nature’s comeback? Not so sure !

Avec le confinement qui accompagne la pandémie de COVID-19, les gens ne sortent plus et le silence a de nouveau envahi les campagnes. Des animaux sauvages comme les renards ou les chevreuils ont été aperçus dans les rues de certaines villes. Très logiquement, la plupart des gens pensent que la pandémie sera très profitable à la faune.
Oui, mais cela dépend où. Malheureusement, les images d’animaux dans les rues se limitent au monde minoritaire des pays industrialisés. Il ne faudrait pas oublier que la majeure partie de la biodiversité à travers le monde se trouve dans les pays à faible revenu et les économies émergentes où les impacts économiques de la pandémie risquent d’être catastrophiques pour la Nature.
La différence réside dans la façon dont les gens réagissent face à la perte de leurs moyens de subsistance. De nombreuses économies industrialisées ont mis en place des filets de sécurité sociale qui protègent de la misère les pauvres et les plus vulnérables. L’importance de l’État providence n’a jamais été aussi évidente que pendant la pandémie que nous vivons en ce moment. En France, par exemple, le gouvernement garantit que les personnes en chômage forcé recevront 84% de leurs salaires. A l’inverse, les citoyens vivant dans les pays en voie de développement ne disposent pas d’un tel soutien de la part de leur gouvernement, ce qui les rend incroyablement vulnérables. Pour beaucoup de ces personnes, ce sont la forêt et l’océan qui fournissent le filet de sécurité. Quand les gens se retrouvent sans rien, ils peuvent toujours trouver quelque chose à manger ou à vendre dans la forêt. Ainsi, les agriculteurs souffrant de la sécheresse peuvent se retourner vers la forêt pour produire du charbon de bois ou pour pratiquer une agriculture sur brûlis. D’autres se rendent en mer pour pêcher, mais faute de compétences et d’équipements nécessaires, ils ont souvent recours à des techniques destructrices comme la pêche au poison. Les impacts peuvent être dévastateurs pour la biodiversité.
En Inde, des millions de travailleurs migrants ont perdu leur emploi dans les villes et sont retournés vivre avec leurs familles dans les villages, provoquant un mouvement de masse jamais observé depuis la partition du pays en 1947. Une situation similaire se produit à Madagascar, mais aussi partout en Afrique et probablement dans une grande partie des tropiques. Personne ne sait quels seront les impacts de cet exode rural sans précédent, mais il est clair que beaucoup de personnes se retrouveront encore plus pauvres, en proie à la famine et beaucoup plus proches de la faune exploitable qu’elles ne l’étaient il y a quelques semaines, avant le début de la pandémie.
Dans le même temps, la surveillance et la gestion des sites sauvages seront considérablement affaiblies. Les gouvernements donnent naturellement priorité à la santé publique ; de ce fait, les lois sont moins appliquées dans les zones rurales. De plus, la mise à l’arrêt du tourisme prive de revenus des milliers de zones protégées comme les parcs naturels ou animaliers. Il n’y a donc plus d’argent pour lutter contre le braconnage et d’autres activités illégales.
Pire encore, une baisse à long terme des revenus touristiques peut radicalement changer les mentalités des personnes vivant à proximité de la faune. Des millions de personnes cohabitent avec des animaux aux abords des parcs et réserves africains, mais cette cohabitation n’est pas toujours harmonieuse. Les animaux sauvages endommagent souvent les cultures, attaquent le bétail et tuent parfois des gens. Les revenus du tourisme peuvent compenser une partie des coûts occasionnés et inciter à la conservation, mais cette coexistence fragile au sein de la nature peut ne pas durer si les touristes ne viennent plus.
Source: The Conversation, via Yahoo News.

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With the lockdown that accompanies the COVID-19 pandemic, people no longer go out and a new silencae has invaded the countryside. Wild animals like foxes or roebucks have been seen roaming the streets of some cities. Quite logically, most people think that the pandemic will be very good for wildlife.

Yes, but it depends where. Unfortunately, the above pictures are limited to the minority world of industrialised nations. Most of the world’s biodiversity is found in the low-income countries and emerging economies where the economic impacts of the pandemic are likely to be devastating for the natural world.

The difference lies in how people respond to the economic shock of losing their livelihood. Social safety nets are a widespread feature of many industrialised economies, keeping the poor and vulnerable from destitution, and the importance of the welfare state has never been more obvious than during the pandemic. In France, for example, the government guarantees that people unable to work will receive 80% of their income. But citizens of many low-income countries simply don’t have such back-up from their governments, leaving them incredibly vulnerable. For many, the forest and the ocean will provide their safety net. When people are left with nothing, they can always find something to eat or sell in the forest. Farmers suffering from drought may head to the forest to produce charcoal, or to practice “slash-and-burn” agriculture. Others head to the coast to fish, but lacking the necessary skills and equipment, they rely on destructive techniques like poison fishing. The impacts can be devastating for biodiversity.

In India, millions of migrant workers have lost their jobs in cities and returned to their family villages, a mass movement of people not seen since partition in 1947. A similar thing is happening in Madagascar too, as it is throughout Africa and probably much of the tropics. Nobody knows what impacts this unprecedented rural exodus will have, but it is clear that many more people will be finding themselves poorer, hungrier, and much closer to exploitable wildlife than they were a few weeks ago.

At the same time, the surveillance and management of wild places will be considerably weakened. Governments are understandably preoccupied with public health, so there is less law enforcement in rural areas. Moreover, the shutdown of global tourism is preventing money from reaching thousands of protected areas, leaving them without an operational budget for anti-poaching surveillance and other activities.

Worse still, a long-term drop in tourism revenues may radically change the incentives for people living close to wildlife. Millions of people coexist with animals around the edges of African parks and reserves, but it is not always harmonious. Wild animals often raid crops, attack livestock, and even kill people. Revenues from tourism can offset some of the costs local people pay and provide an incentive for conservation, but this fragile coexistence may not last if visitors stay away.

Source: The Conversation, via Yahoo News.

Dans le parc du Ngorongoro… (Photo: C. Grandpey)

De la planète Mars au Kilauea (Hawaii) // From Mars to Kilauea Volcano (Hawaii)

La NASA vient d’annoncer que la mission Mars 2020 avec son rover* Perseverance devrait prendre la direction de la planète Mars le 17 juillet 2020, avec des objectifs scientifiques prioritaires dont une étude astrobiologique majeure sur le potentiel de vie sur la planète rouge. L’Administration américaine a annoncé que le rover serait doté d’un hélicoptère. Ce sera donc « le premier vol à puissance contrôlée sur une autre planète. »
La NASA explique que la mission du rover de la mission Mars 2020 fait partie d’ « un programme plus vaste qui comprend des missions sur la Lune afin de se préparer à l’exploration humaine de la planète rouge. »

Dans une vidéo montrant ses réalisations au cours des dernières années et sa collaboration avec d’autres pays, la NASA explique que la dernière éruption du Kilauea à Hawaii a été analysée par un imageur thermique de conception japonaise installé sur le satellite Terra. L’éruption du 3 mai a provoqué l’ouverture d’un certain nombre de fractures le long de l’East Rift Zone.

Dans cette image dont les couleurs ne sont pas celles de la réalité, les zones rouges correspondent à la végétation, les zones noires et grises à d’anciennes coulées de lave. Les zones jaunes superposées à l’image montrent des points chauds détectés par les bandes infrarouges thermiques du satellite. Le 6 mai 2018, ces points chauds représentaient les fractures ouvertes récemment, ainsi que la nouvelle coulée de lave.

Cette photo, également acquise le 6 mai 2018, montre les panaches de SO2 en jaune et jaune-vert, dont une partie se déplace au-dessus de l’océan.
Source: Jet Propulsion Laboratory de la NAS

* Dans le domaine de l’astronautique le terme rover désigne un véhicule, parfois télécommandé depuis la Terre, disposant d’une certaine autonomie, conçu pour explorer une autre planète ou un corps céleste.

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NASA has just announced that the Mars 2020 mission with its Perseverance rover is set to venture Mars on July 17th, 2020, aiming to address high-priority scientific goals, including major astrobiology questions about the potential for life on Mars. It has been announced that a helicopter has been attached to the rover, which will be “the first-ever power-controlled flight on another planet.”

NASA explains that the Mars 2020 Perseverance rover mission is part of “a larger program that includes missions to the Moon as a way to prepare for human exploration of the Red Planet.”

In a video explaining NASA’s achievements in the last years and the collaboration with other nations, NASA explains that the recent eruption of Kilauea Volcano in Hawaii was captured by a Japanese-built thermal imager on NASA’s Terra spacecraft. The May 3rd eruption triggered a number of additional fissure eruptions along the East Rift Zone.

In the first image (see above), the red areas are vegetation, and the black and grey areas are old lava flows. The yellow areas superimposed over the image show hot spots that were detected by the satellite’s thermal infrared bands. These hot spots are the newly formed fissures and new lava flow as of May 6th, 2018.

The second photo, also acquired on May 6th, 2018 shows the SO2 gas in yellow and yellow-green, including a massive plume of it moving over the ocean.

Source: NASA’s Jet Propulsion Laboratory

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, au vu des derniers rapports de la Smithsonian Institution.

Le Semeru (Indonésie) est toujours très actif avec l’éjection de matériaux incandescents à une vingtaine de mètres au-dessus du cratère Jonggring-Seloko. Des blocs se détachent des fronts de coulées de lave et roulent jusqu’à 750-1 500 m du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: PVMBG.

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L’incandescence est visible de nuit dans le cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). Plusieurs événements explosifs ont été enregistrés par le réseau sismique. Les panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du cratère et des matériaux incandescents sont éjectés à 300-500 m de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux).
Source: JMA.

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Dans un rapport spécial publié le 6 avril 2020, INSIVUMEH signale une évolution dans le schéma éruptif du Fuego (Guatemala) signalée par les données sismiques et acoustiques. La lave issue du sommet avance sur environ 400 m dans la ravine Ceniza. Des avalanches de matériaux dévalent le flanc du volcan sur un kilomètre et atteignent  la végétation. Comme précédemment, les explosions génèrent des grondements, des ondes de choc et des panaches de cendres qui s’élèvent à 1,1 km au-dessus du sommet. De petites retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones sous le vent
Source: INSIVUMEH.

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L’OVSICORI indique que des explosions hydrothermales sont enregistrées périodiquement sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica)

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Les panaches de vapeur s’échappent toujours du Main Crater du Taal (Philippines), mais aucune augmentation de l’activité éruptive n’a récemment été observée. PHIVOLCS a abaissé le niveau d’alerte à 1 (sur une échelle de 0 à 5) le 19 mars 2020 et a recommandé de ne pas pénétrer sur Volcano Islande, définie comme zone de danger permanent.
Source: PHIVOLCS.

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Dès qu’un événement un peu inhabituel se produit sur un volcan, l’information se propage sur les réseaux sociaux à la vitesse de la lumière. C’est ce qui s’est passé le 15 avril 2020 lorsqu’un glissement de terrain a été observé sur la Sciara del Fuoco du Stromboli (Sicile). Selon le Laboratorio Geofisico Sperimentale, l’événement s’est produit le matin et a duré une vingtaine de minutes. Il a été enregistré par le réseau sismique et était visible sur la webcam. Le reste du temps, l’activité du Stromboli se caractérise par des explosions stromboliennes riches en scories, avec des émissions de cendres sporadiques, essentiellement au niveau du cratère NE.

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Comme je l’ai écrit précédemment, un événement éruptif a été observé sur l’Anak Krakatau (Indonésie) le 10 avril 2020. Il a généré des panaches de cendres qui sont montés jusqu’à 2 km au-dessus du sommet. Cet événement s’est accompagné d’une activité strombolienne qui a éjecté des matériaux incandescents sur le plancher du cratère et la zone sommitale. Une vidéo a révélé la présence d’éclairs dans le panache de cendres. Le VAAC de Darwin a indiqué le 11 avril que le panache éruptif était monté à 14,3 km au-dessus du niveau de la mer, mais cette observation n’est pas vraiment fiable en raison d’une confusion possible avec les nuages d’orage déjà présents dans la zone. Le niveau d’alerte de l’Anak Krakatau reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public doit rester en dehors de la zone de danger d’un rayon de 2 km du cratère.
Source: PVMBG.
Une photo prise par le satellite Landsat 8 de la NASA le 13 avril 2020 montre un volumineux panache de gaz et de vapeur en train de s’élever au-dessus du cratère de l’Anak Krakatau. La marque rouge indique la détection infrarouge d’une possible présence de lave.

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Here is some news of volcanic activity around the world according to the Smithsonian Institution’s latest reports.

Semeru (Indonesia) is still quite active with incandescent material ejected 20 m above the Jonggring-Seloko Crater. Collapses at the lava flow fronts generate block falls that may go as far as 750-1,500 m from the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: PVMBG.

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Incandescence is visible at night at the Minamidake Crater on Sakurajima (Japan). Several exp^losive events are recorded by the seismic network. Ash plumes rise as high as 2 km above the crater rim and material is ejected 300-500 m away from the crater. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale).

Source : JMA.

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In a special report released on April 6th, 2020, INSIVUMEH reported a change in the eruptive pattern at Fuego (Guatemala) indicated by seismic and acoustic data. Lava from a summit travels 400 m down the Ceniza drainage. Avalanches of material descend the flank as far as 1 km, reaching vegetated areas. Explosions cause rumbling, shock waves, and ash plumes that rise 1.1 km above the summit. Minor ashfall is reported in several downwind areas

Source: INSIVUMEH.

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OVSICORI indicates that periodic hydrothermal explosions are recorded at Rincón de la Vieja (Costa Rica)

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Steam plumes are still rising above Taal’s Main Crater (Philippines) but no increase in eruptive activity has recently been observed. PHIVOLCS lowered the Alert Level to 1 (on a scale of 0-5) on March 19th, 2020 and recommended no entry onto Volcano Island, the area defined as the Permanent Danger Zone.

Source : PHIVOLCS.

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As soon as something unusual happens on a volcano, the information spreads on social networks at the speed of light. This is what happened on April 15th, 2020 when a landslide was observed on Stromboli’s Sciara del Fuoco (Sicily). According to the Laboratorio Geofisico Sperimentale, the event occurred in the morning and lasted about 20 minutes. It was recorded by the seismic network and could be seen on the webcam. The rest of the time, activity at Stromboli is characterized by scoria-rich strombolian explosions, with sporadic ash emissions, located at the NE crater.

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As I put it before, an eruptive event was observed at Anak Krakatau (Indonesia) on April 10th, 2020. It generated ash plumes that rose as high as 2 km above the summit. The events were followed by Strombolian activity that ejected incandescent material onto the crater floor and summit areas; a video revealed lightning in the ash cloud. The Darwin VAAC issued a notice on 11 April stating that an eruption plume had risen to 14.3 km above sea level, but noted low confidence in the altitude due to the possible mixing of the eruption plume with meteorological storm clouds. The Alert Level for Anak Krakatau remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked warned to remain outside of the 2-km-radius hazard zone from the crater.

Source : PVMBG.

A photo taken by NASA’s Landsat 8 satellite on April 13th, 2020 reveals an extensive plume of gas and water vapour rising above Anak Krakatau’s crater. The red markings indicate an infrared detection of possible lava.

Source: NASA

Effondrements sur la Sciara del Fuoco le 15 avril au matin (webcam INGV)

A méditer… // Something to ponder about…

Longyearbyen n’est pas la ville la plus connue dans le monde. Avec ses quelque 2000 habitants, elle est la capitale administrative du Svalbard, dans l’archipel du Spitzberg, au nord de la Norvège. Par son isolement et des conditions de vie rendues difficiles par la climat, la ville a des lois un peu particulières. Ainsi, depuis 1950, il est interdit d’y mourir. Les personnes en fin de vie sont envoyées à Oslo, la capitale de la Norvège. Cette mesure est justifiée par les températures extrêmement froides qui règnent – ou régnaient – toute l’année dans cette partie du globe et empêchent la décomposition des corps des personnes décédées. Par ailleurs, Longyearbyen n’accepte pas les nouveaux habitants et personne ne peut y naître, faute d’hôpital. Lorsqu’elles sont enceintes, les femmes sont transférées sur le continent bien avant le terme afin d’accoucher en toute sécurité, avant de revenir sur l’île.

A plusieurs reprises, j’ai mis en garde sur ce blog sur les risques que fera courir la fonte du permafrost – ou pergélisol – dans les prochaines années. Outre les émissions de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone et le méthane, la fonte du sol gelé peut redonner vie à des microbes et des virus jusque là inconnus. On voit à quel point la pandémie de COVID-19 peut être meurtrière. Rien ne dit que de nouvelles épidémies ne seront pas provoquées par des bactéries jusqu’à présent congelées dans le sol.

Voici une histoire qui fait froid dans le dos.

En septembre 1918, sept jeunes pêcheurs et fermiers norvégiens embarquent à destination du Spitzberg où ils ont l’intention de se faire un peu d’argent dans les mines de charbon. A bord du bateau qui les conduit à leur destination,  ils contractent le virus de la Grippe Espagnole qui a tué plus de 20 millions de personnes au cours de cette même année. Ils décèdent au bout de quelques jours et sont enterrés en catastrophe dans le petit cimetière de Longyearbyen.

En août 1997, en prenant moult précautions, une équipe scientifique exhume les corps et effectue des prélèvements de tissus provenant des poumons, du cerveau, des reins. Les organes sont relativement bien conservés, ce qui suppose que le terrible virus l’est lui aussi ! Les échantillons de tissus prélevés sont envoyés dans quatre laboratoires aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre et en Norvège. Certains virologues critiquent cette opération qui pourrait s’avérer dangereuse. Il ne faudrait pas que le virus s’échappe dans les couloirs d’un laboratoire !

Les travaux en laboratoire ont révélé que le virus responsable de la Grippe Espagnole était né de la combinaison d’une souche humaine (H1), provenant de la grippe saisonnière H1N8, en circulation entre 1900 et 1917, avec des gènes aviaires de type N1. Ainsi naquit, en 1917 ou 1918, une souche H1N1, lointain ancêtre de la variante qui fit trembler le monde en 2009, et

10.000 fois plus virulente. La première vague de Grippe Espagnole, au printemps 1918, fut assez peu meurtrière. La seconde, à l’automne suivant, à la suite d’une probable mutation, s’avéra bien plus agressive, notamment, contre les jeunes adultes âgés de 25 à 29 ans.

Source, Libéraion, Le Figaro, la presse américaine.

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Longyearbyen is not the best known city in the world. With 2,000 inhabitants or so, it is the administrative capital of Svalbard, in the Spitsbergen archipelago, in the north of Norway. By its isolation and living conditions made difficult by the climate, the city has somewhat special laws. Since 1950, it has been forbidden to die there. People at the end of their life are sent to Oslo, the capital of Norway. This measure is justified by the extremely cold temperatures which prevail – or prevailed – throughout the year in this part of the globe and prevent the decomposition of the corpses. In addition, Longyearbyen does not accept new residents and no one can be born there, for lack of a hospital. When pregnant, women are transferred to the mainland well in advance to deliver safely before returning to the island.
I have repeatedly warned on this blog about the risks of melting permafrost in the coming years. In addition to greenhouse gas emissions such as carbon dioxide and methane, the melting of the frozen soil can revive previously unknown microbes and viruses. We can see how deadly the COVID-19 pandemic can be. There is nothing to prove that new epidemics will not be caused by bacteria so far frozen in the ground.
Here is a story that is cold in the back.
In September 1918, seven young Norwegian fishermen and farmers embarked for Spitsbergen where they planned to make some money in the coal mines. On board the boat that took them to their destination, they contracted the Spanish fFu virus which killed more than 20 million people during the same year. They died after a few days and were hastily buried in the small cemetery of Longyearbyen.
In August 1997, taking a lot of precautions, a scientific team exhumed the bodies and took samples of tissues from the lungs, the brain and the kidneys. The organs were relatively well preserved, which means that the terrible virus was too! The tissue samples collected were sent to four laboratories in the United States, Canada, England and Norway. Some virologists criticized this operation, which could prove to be dangerous. The virus should not escape into the corridors of a laboratory!
Lab work has revealed that the virus responsible for the Spanish Flu was born from the combination of a human strain (H1), originating from the seasonal flu H1N8, circulating between 1900 and 1917, with avian genes of the N1 type. Thus was born, in 1917 or 1918, a strain H1N1, a distant ancestor of the variant which made the world tremble in 2009, and
10,000 times more virulent. The first wave of Spanish Flu, in the spring of 1918, was not very deadly. The second wave, the following autumnl, due to a probable transfer, proved to be much more aggressive, in particular, among young adults aged 25 to 29.
Source, Libéraion, Le Figaro, the American press.

Cimetière de Longyearbyen (Crédit photo: Wikipedia)

Vue de Longyearbyen. Il faut désormais naviguer très loin pour atteindre la glace (Crédit photo: Wikipedia)