Inquiétude à Ginostra (Ile de Stromboli / Sicile) // Worries at Ginostra (Stromboli Island / Sicily)

Ginostra n’est pas seulement le titre du film de Manuel Pradal, sorti sur les écrans en 2003. C’est avant tout une petite localité située au pied du versant sud-ouest du Stromboli où vivent une quarantaine d’habitants et une dizaine de mulets.

Depuis 2004, les bateaux et les aliscaphes accostent le long d’une nouvelle jetée, mais j’ai souvenir de l’époque où les ferries devaient faire une halte à une cinquantaine de mètres de l’île et une barque venait récupérer les quelques passagers et leurs bagages.

L’intensification de l’activité éruptive du Stromboli ces derniers temps inquiète cette petite population car le petit port de Ginostra est en mauvais état, ce qui rendrait une évacuation d’urgence rapidement problématique. Les récentes tempêtes ont  endommagé encore davantage la structure du port. De plus, les feux de signalisation sur la jetée ne fonctionnent plus et doivent être rétablis du côté où accostent les aliscaphes.

Les deux conseillers municipaux de Ginostra ont alerté le préfet de Messine sur l’urgence qu’il y a à effectuer des réparations.

Source : La Sicilia.

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Ginostra is not only the title of Manuel Pradal’s film, released in 2003. It is above all a small village located at the foot of the south-west slope of Stromboli, with about forty inhabitants and a dozen mules.
Since 2004, boats and aliscaphs have docked along a new pier, but I remember the time when the ferries had to stop at about fifty metres from the island and a boat came to pick up the few passengers and their luggage.
The intensification of Stromboli’s eruptive activity in the past days worries this small population because the small port of Ginostra is in bad condition, which would make an emergency evacuation quickly problematic. Recent storms have further damaged the harbour structure. In addition, the lights on the jetty no longer work and should be changed on the side where the aliscaphs dock.
The two city councillors of Ginostra have alerted the prefect of Messina about the urgency of making repairs.
Source: La Sicilia.

Vue de Ginostra

Débarquement « à l’ancienne » en 1993

Il y a quelques années, les guides touristiques affirmaient que Ginostra était « le plus petit port au monde ». A vérifier!

(Photos: C. Grandpey)

 

Nouvelles de Martinique et de Guadeloupe

Avec le réchauffement climatique et la hausse de la température des océans, on assiste à une prolifération d’algues qui viennent s’échouer sur les rivages. Le problème est particulièrement sérieux en Guadeloupe et en Martinique qui sont envahies régulièrement par des bancs de sargasses. Lorsque ces algues se décomposent sur les rivages, elles dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S) qui présente des menaces sanitaires pour la population qui habite sur et à proximité des côtes. J’ai écrit deux articles sur ce blog le 12 juillet et le 28 août 2018 visant à attirer l’attention sur ce problème. Des mesures timides ont été prises par les autorités pour essayer de faire face à l’invasion de sargasses, mais sans grand succès jusqu’à présent.

A la Martinique, la municipalité du Robert, l’une des communes les plus affectées par l’odeur nauséabonde de la décomposition des sargasses, vient de faire l’acquisition d’une nouvelle arme contre ces algues. Il s’agit du Sargator, un navire collecteur d’algues brunes, commercialisé par une entreprise guadeloupéenne. Ce bateau au nom évocateur est équipé pour collecter les algues encore en mer. Les premiers tests (sans la présence de sargasses) de ce nouveau bateau se sont déroulés le 2 janvier 2019 sur le front de mer de la commune.

Le Sargator  présente une longueur d’une douzaine de mètres ; il est doté d’un moteur hors bord qui permettra, grâce à un tapis roulant, de collecter jusqu’à 10 tonnes d’algues, très près des côtes à moins d’1,80 m de profondeur, avant leur échouage. Cet outil a coûté près de 300 000 euros. Si les tests s’avèrent concluants, il sera piloté par trois agents ayant reçu une formation adéquate. A voir maintenant si les tests sont concluants et si le Sargator réussira a rendre la vie agréable aux Martiniquais. Si la phase d’essai est positive, les autorités locales envisagent déjà l’achat d’une deuxième machine.

Source : France Antilles.

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Pendant que les Martiniquais s’attaquaient aux sargasses, les Guadeloupéens – eux aussi concernés par ce problème – s’inquiétaient car le volcan de la Soufrière montrait une hausse de la sismicité  Les sismographes mis en place par l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe ont enregistré plusieurs essaims sismiques de très faible magnitude. Ces événements ont été localisés à une profondeur inférieure à 2,5 km, sous le sommet du dôme de la Vieille Dame.

Le dernier communiqué de l’Observatoire, émis le 24 décembre 2018 à 19 heures, se veut rassurant. On peut lire que « la séquence de séismes volcaniques qui avait débuté dans la zone du volcan de La Soufrière le 21 décembre à 21h25, heure locale a pris fin le dimanche 23 décembre. Lors de cette séquence, 88 séismes ont été enregistrés. Les séismes ont été de très faible magnitude (M < 1). Les événements sont localisés à une profondeur inférieure à 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Aucun séisme n’a été ressenti par la population. »

Le dernier bulletin global d’activité a été émis au mois de novembre 2018. Il nous explique que depuis 1992, l’activité sismique, fumerollienne, thermique, et de déformations superficielles poursuit un régime fluctuant mais globalement en augmentation, qui se traduit par une forte activité du système hydrothermal. La sismicité observée ces derniers mois n’est donc guère surprenante, avec un séisme de magnitude M 4.1 le 27 avril 2018, le plus fort enregistré depuis 1976.

L’Observatoire conclut son bulletin du mois de novembre en indiquant que « si ces phénomènes incitent l’Observatoire à la vigilance instrumentale, ils ne sont pour l’instant pas clairement associés à une anomalie des autres paramètres de surveillance qui pourrait indiquer une éventuelle remontée de magma. »

Les émanations gazeuses au niveau des fumerolles principales du sommet (Cratère Sud, Tarissan, Gouffre 1956) présentent depuis 1998 des risques avérés d’irritation et de brûlures (yeux, peau, voies respiratoires) et de projection de boue brûlante et acide. En raison de la présence de ces gaz toxiques, l’accès à certaines zones du sommet est interdit au public.

Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à la couleur Jaune (Vigilance).

Source : OVSG).

Les sargasses: un poison pour la Martinique (Photo: C. Grandpey)

Vue de La Soufrière (Crédit photo: Wikipedia)

Réchauffement climatique: Pas de neige, pas de ski ! // No snow, no skiing !

Je ne cesse de le répéter: c’est quand les gens ne pourront plus skier, faute de neige, qu’ils prendront réellement conscience de la gravité du réchauffement climatique. Le manque de neige dans nos massifs va avoir des conséquences économiques non négligeables. Faute de touristes en hiver, les stations vont voir leurs revenus fondre….comme neige au soleil. Celles qui se sont endettées lourdement pour financer les canons à neige vont se trouver dans une situation financière particulièrement difficile. Comme je l’ai indiqué dans mon livre « Glaciers en Péril », la neige de culture ne durera qu’un temps car les températures seront trop élevées pour permettre le déclenchement des enneigeurs. De plus, avec la fonte des glaciers, de nombreuses communes vont être confrontées à des problèmes d’alimentation en eau et il faudra alors utiliser celle stockée dans les réserves prévues pour les canons à neige.

Cette situation très sombre pour les années à venir en montagne est déjà en train de se profiler dans les Pyrénées où le manque de neige se fait cruellement sentir pendant ces vacances de Noël. Seules 13 stations, sur la trentaine que comptent les Pyrénées françaises, ont partiellement ouvert leurs domaines aux skieurs. Selon l’Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC), l’épaisseur de neige dans les Pyrénées pourrait diminuer de moitié et les températures maximales moyennes augmenter de 1,4 à 3,3 degrés d’ici à 2050. En 35 ans, la moitié des glaciers pyrénéens ont déjà fondu. La date d’ouverture des stations de ski a été largement retardée par rapport à quelques décennies en arrière. Ce retard atteint jusqu’à 55 jours pour les stations de basse altitude.

Les Alpes sont plus hautes et bénéficient d’un climat plus continental. Même si l’enneigement est en net déclin, la pénurie de poudreuse prendra un peu plus de temps à se faire sentir, mais elle interviendra un jour ou l’autre. Au mois d’avril dernier, une étude du Centre national de recherches météorologiques français prédisait « une réduction massive des quantités de neige naturelle sur les massifs montagneux au cours du 21ème siècle. On peut lire qu’ »au col de Porte, près de Grenoble, l’épaisseur moyenne de neige en hiver a été réduite de 40 % pour la période 1990-2017 par rapport à la période 1960-1990, pour une augmentation de la température de l’air de 1°C. Si on atteint les 2°C, l’épaisseur du manteau neigeux diminuera de près d’un tiers, et la durée d’enneigement sera raccourcie d’encore 34 jours. […] Les hivers bien enneigés seront de plus en plus rares et les hivers peu enneigés de plus en plus fréquents. » Selon l’OCDE, on peut raisonnablement penser que d’ici 2050, 80 des 300 stations de ski de moyenne montagne (situées entre 1 000 et 2 000 mètres d’altitude) sont menacées de fermeture, faute d’enneigement.

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I keep repeating it: When people can no longer ski because of the lack of snow, they will really become aware that global warming is no joke. The lack of snow in our mountains will have significant economic consequences. For lack of tourists in winter, the resorts will see their incomes melt … like snow in the sun. Those that have heavily indebted themselves to finance snow cannons will find themselves in a particularly difficult financial situation. As I mentioned in my book « Glaciers en Péril« , artificial snow will only last for a while because the temperatures will be too high to trigger the snow guns. In addition, with the melting of glaciers, many municipalities will face water supply problems and will have to use the water stored for snow cannons.
This very dark situation for years to come in our mountains is already emerging in the Pyrenees where the lack of snow is sorely felt during these Christmas holidays. Only 13 resorts, in the thirty or so of the French Pyrenees, have partially opened their domains to skiers. According to the Pyrenees Observatory of Climate Change (OPCC), snow thickness in the Pyrenees could decrease by half and average maximum temperatures increase from 1.4 to 3.3 degrees Celsius by 2050. In 35 years, half of the Pyrenean glaciers have already melted away. The opening date of ski resorts has been significantly delayed compared to a few decades back. This delay reaches up to 55 days for low altitude resorts.
The Alps have higher altitudes and enjoy a more continental climate. Although the snow is in decline, its shortage will take a little longer to be felt, but it will come one day or another. Last April, a study by the French National Meteorological Research Centre predicted « a massive reduction in the amount of natural snow on the mountain ranges during the 21st century. » One can read that « at the Col de Porte, near Grenoble , the average snow depth in winter was reduced by 40% for the period 1990-2017 compared to the period 1960-1990, for an increase of the air temperature of 1°C. If 2°C is reached, the thickness of the snow layer will decrease by almost a third, and the snow cover will be shortened by another 34 days. […] Winters with a lot of snow will be more and more rare and the dry winters more and more frequent. »According to the OECD, it is reasonable to think that by 2050, 80 out of the 300 mid-mountain ski resorts (between 1,000 and 2,000 metres above sea level) are likely to close due to the lack of snow.

A La Mongie, à 1800 mètres d’altitude, le manque de neige est évident, même sur les versants qui ne reçoivent pas le soleil. Les températures sont trop élevées pour pouvoir activer les canons à neige (Capture d’image de la webcam le 1er janvier 2018).

Islande: Des feux de joie pour les elfes // Iceland: Bonfires for the elves

En dépit de ce que l’on peut lire dans certains articles de presse qui affirment le contraire, beaucoup d’Islandais croient encore aux elfes et au petit peuple caché – le Huldufólk – avec une tradition bien ancrée de feux de joie le 31 décembre.
Les feux de joie sont allumés la veille du Nouvel An et les familles se rassemblent pour chanter des chansons sur les elfes et le Huldufólk qui, selon le folklore, se manifeste souvent à cette époque de l’année.
Les légendes islandaises racontent que les elfes apparaissent fréquemment autour de Noël, le 31 décembre et le 1er janvier. « A Noël, ils organisent des banquets et des fêtes, avec de la musique et de la danse, dans les maisons des êtres humains ou dans leurs propres demeures, et le jour du Nouvel An, ils se déplacent d’un endroit à un autre pour célébrer la nouvelle année. » Les femmes allument généralement une bougie dans chaque coin de la maison à cette époque de l’année et nettoient impeccablement le domicile. La maîtresse de maison se déplace ensuite dans les différentes pièces en disant: « Ceux qui veulent venir peuvent venir, ceux qui veulent partir peuvent partir, sans nuire à moi-même et aux miens. » Cette tradition permet de vivre en paix avec le petit peuple caché.
Source: Iceland Monitor.

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Despite numerous articles stating the opposite, it is not common for Icelanders to still believe in elves and the hidden people, with a strong tradition of bonfires on New Year’s Eve.

The bonfires are lit on New Year’s Eve with families gathering to sing songs about the elves and the hidden folk who, according to folklore, are prominent at this time of year.

Folk tales tell Icelandic people that elves are most apparent around Christmas, New Year’s Eve and New Year’s Day. « At Christmas they have banquets and parties, music and dance either in human abodes or their own elven homes, and on New Year’s they travel from one place to another, an event which they celebrate. » Women usually light a candle in every corner of the home during this time and clean the home impeccably. The mistress of the home would then walk around the home saying, « Those who want to come may come, those who want to leave may leave, without harm to myself and my people. » This was done as a means of keeping peace with the hidden people.

Source : Iceland Monitor.

Cairn à l’attention des elfes (Photo: C. Grandpey)