Le lithium, une grave menace pour l’environnement en Amérique du Sud // Lithium, a serious threat to the environment in South America

On peut lire sur le site de la radio française France Info un article qui fait écho à une note que j’avais diffusée sur ce blog le 12 mai 2017. On y apprend que l’exploitation intensive du lithium sur les salars d’Amérique du Sud et en particulier de Bolivie fait peser de lourdes menaces sur l’environnement.

France Info s’appuie sur le salar d’Uyuni, un des joyaux naturels de l’Amérique du Sud. Niché à 3 650 mètres d’altitude en Bolivie, le salar d’Uyuni est le plus grand désert de sel du monde. L’eau du lac s’est retirée il y a 14 000 ans, laissant une vaste croûte de sel derrière elle.

Longtemps, le tourisme fut la seule richesse du salar d’Uyuni, mais les paysages immaculés sont aujourd’hui transformés pour faire place à l’exploitation du lithium, métal indispensable pour les téléphones portables, les ordinateurs et les batteries de voitures électriques. Sous son désert de sel, la Bolivie possède les plus grandes réserves mondiales de lithium, 40% du stock de la planète.

Des tonnes de saumure pompées dans les nappes phréatiques du désert sont acheminées dans d’immenses bassins. C’est cette saumure qui contient le lithium. L’évaporation de l’eau des bassins est un processus naturel qui dure douze mois. On obtient des sels riches en minéraux de toutes sortes. La Bolivie a investi un milliard d’euros dans cette exploitation, considérant que le lithium sera à la voiture électrique ce que le pétrole est à la voiture à essence. Les autorités veulent faire de la Bolivie l’Arabie saoudite du Lithium. Mais pour l’heure, la Bolivie est moins productive que ses voisins. La tonne se vend 20 000 € et les prix continuent d’augmenter.

Les conséquences environnementales de l’exploitation du lithium pourraient être considérables. Dans cette région déjà désertique, la consommation en eau nécessaire à la production du lithium est gigantesque. Les rivières environnantes sont déjà à sec. Les cultivateurs de quinoa, principale ressource agricole de la région, sont les plus touchés par cette sécheresse. Au nom d’une énergie jugée propre, la course au lithium est en train d’assécher des régions entières de la cordillère des Andes.

Source : France Info.

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On the French Radio France Info website, one can read an article that echoes a note I posted on this blog on May 12th, 2017. We learn that the intensive exploitation of lithium on the American salars of South America and in particular Bolivia poses a serious threat to the environment.
France Info gives the example of the salar of Uyuni, one of the natural jewels of South America. Nestled at 3,650 meters above sea level in Bolivia, the Uyuni Salar is the largest salt desert in the world. The lake’s water retreated 14,000 years ago, leaving a vast crust of salt behind it.
For a long time, tourism was the only wealth of the Uyuni salar, but these immaculate landscapes are today transformed to make room for the exploitation of lithium, an indispensable metal for mobile phones, computers and batteries of electric cars. Under its salt desert, Bolivia has the world’s largest reserves of lithium, 40% of the planet’s stock.
Tons of brine pumped into the desert water tables are transported in huge ponds. It is this brine that contains lithium. The evaporation of the brine is a natural process that lasts twelve months. One obtains salts rich in minerals of all kinds. Bolivia has invested a billion euros in this operation, considering that lithium will be to the electric car what crude oil is to the car depending on petrol. The authorities want to turn Bolivia  into the Saudi Arabia of lithium. But for the moment, Bolivia is less productive than its neighbours. The ton is selling for  20,000 euros and prices continue to rise.
The environmental consequences of lithium mining could be significant. In this already desert region, the consumption of water necessary for the production of lithium is gigantic. The surrounding rivers are already dry. Quinoa growers, the main agricultural resource in the region, are the most affected by this drought. In the name of clean energy, the lithium race is drying up entire regions of the Andes.
Source: France Info.

Photos: C. Grandpey

Si vous aimez la Montagne Pelée…

Si vous aimez la Montagne Pelée, je vous conseille la lecture du roman de Daniel Picouly Quatre-vingt-dix secondes, paru en août 2018 aux éditions Albin Michel.

90 secondes, c’est le temps qu’il a fallu en 1902 à la « Vieille Dame » pour faire passer de vie à trépas quelque 29 000 habitants de l’île de la Martinique et transformer la ville de Saint Pierre en décor d’apocalypse.

Avec le volcan comme toile de fond, des intrigues romanesques se développent, à commencer par l’un des nombreux duels qui se déroulaient dans le décor du Jardin des Plantes. Au fil des pages, le lecteur découvre une histoire d’amour et des manigances politiques locales, jusqu’à la fin de la partie, sifflée par la Montagne Pelée en personne.

A l’occasion de la Foire du Livre de Brive, j’ai eu une discussion fort intéressante avec l’auteur qui m’a posé une foule de questions sur l’éruption de 1902. Je lui ai fait remarquer que l’arrière-plan volcanique tel qu’il le décrivait était intéressant et que l’idée de donner la parole à la Montagne Pelée était particulièrement originale. Je pense toutefois que, pour bien apprécier le roman, il faut s’être plongé, au travers d’autres ouvrages, dans l’ambiance qui régnait au début du 20ème siècle dans la Perles des Antilles.

En marge de ce livre, vous pourrez lire une note que j’ai rédigée il y a quelques mois sur ce blog et intitulée « Y a-t-il une malédiction de la Montagne Pelée ? »

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/04/11/y-a-t-il-une-malediction-de-la-montagne-pelee-is-there-a-curse-of-montagne-pelee/

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, résumées dans le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution. Il n’y a pas eu d’événements majeurs au cours de la semaine écoulée, sauf sur le Fuego.

Fuego (Guatemala): Voir ma note du 7 novembre 2018.

L’activité de l’Etna (Sicile) à la fin octobre et au début novembre était marquée par des émissions de gaz au niveau des cratères sommitaux, avec une activité strombolienne périodique à partir de bouches dans la Bocca Nuova, le cratère nord-est (CNE), le cratère SE (CSE) et le nouveau cratère sud-est (NCSE). Les explosions stromboliennes dans le NCSE sont entrecoupées de longues pauses allant de quelques minutes à quelques heures. Les explosions produisent parfois des émissions de cendre qui se dispersent rapidement. Les émissions de gaz dans la Voragine, au niveau d’une bouche située dans la partie orientale du cratère sont moins intenses que pendant les mois précédents.
Source: INGV.

Un événement de 37 secondes a été enregistré sur l’Anak Krakatau (Indonésie) à 6h23 le 6 novembre 2018, avec un panache de cendre de 500 mètres de hauteur. À 10 heures, un nouveau panache de cendre s’est élevé à 600 mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Il est demandé aux touristes de ne pas s’approcher du volcan à moins de 2 km du cratère.

Entre le 26 octobre et le 1er novembre 2018, le dôme de lave dans le cratère sommital du Merapi (Indonésie) a augmenté lentement à un rythme de 2 900 mètres cubes par jour, donc moins vite que la semaine précédente. Le 31 octobre, le volume du dôme (en se basant sur des photos prises depuis le secteur SE), atteignait environ 248 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source: VSI.

Une petite séquence explosive a eu lieu le 7 novembre 2018 sur le Planchón-Peteroa (Chili) à 10h24 (heure locale). Il s’agit de la première éruption de ce volcan depuis 2011.
Un nuage de cendre s’est élevé jusqu’à 4,2 km d’altitude, soit 1,3 km au-dessus du cratère.
Le niveau d’alerte reste à 2, sur une échelle de 1 à 4. Ce niveau d’alerte existe depuis le 10 juillet 2017, après qu’une hausse de la sismicité enregistrée depuis le 8 juillet.
La dernière éruption significative a eu lieu entre le 17 février et le 27 juin 2011, avec un VEI de 3.
Source: SERNAGEOMIN.

Le dôme de lave continue de croître dans le cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili). La sismicité se caractérise par des épisodes modérés de tremor et des événements longue période, souvent associés à des signaux d’explosions. Les explosions éjectent parfois des matériaux qui se déposent autour du cratère. La nuit, on observe une incandescence provenant du dôme de lave et des matériaux expulsés par les explosions. Le niveau d’alerte reste à la couleur Orange et les habitants sont priés de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 3 km. .
Source: SERNAGEOMIN.

L’activité du Sabancaya (Pérou) n’a pas beaucoup évolué ces derniers jours, avec une moyenne de 30 explosions par jour.
Source: IGP, INGEMMET.

On observe des émissions continues de cendre sur le Turrialba (Costa Rica). Les panaches s’élèvent à environ 500 mètres au-dessus du cratère. La sismicité se caractérise par des épisodes de tremor, des événements longue période et des séismes volcano-tectoniques de faible amplitude. Des retombées de cendre ont été signalées à Coronado.
Source: OVSICORI.

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Here is some news about volcanic activity around the world, as summarized in the Smithsonian Institution’s weekly report. There have been no major events during the past week, except at Fuego Volcano.

Fuego (Guatemala): See my post of November 7th, 2018.

Activity at Mt Etna (Sicily) in late October and early November was characterized by gas emissions at the summit craters, with periodic strombolian activity from vents in Bocca Nuova, Northeast Crater (NEC), SE Crater (SEC), and New Southeast Crater (NSEC). Strombolian explosions at NSEC were interspersed with long pauses from a few minutes to a few hours. The explosions sometimes produced ash emissions that quickly dispersed. Gas emissions at Voragine Crater from a vent on the E rim of the crater were less intense compared to previous months.

Source: INGV.

 A 37-second-long event at Anak Krakatau (Indonesia) at 02:23 on November 6th, 2018 generated an ash plume that rose 500 metres. At 10:00 a dense ash plume rose 600 metres above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4); visitors are warned not to approach the volcano within 2 km of the crater.

Between October 26th and November 1st, the lava dome in Merapi’s summit crater (Indonesia) grew slowly at a rate of 2,900 cubic metres per day, slower than the previous week. By October 31st, the volume of the dome, based on photos from the SE sector, reached an estimated 248,000 cubic metres. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are warned to remain outside of the 3-km exclusion zone.

Source: VSI.

A small explosive eruption took place at Planchón-Peteroa volcano (Chile) at 10:24 (local time) on November 7th, 2018. This is the first eruption of this volcano since 2011. The eruption sent volcanic ash up to 4.2 km a.s.l., or 1.3 km above the crater. The alert level for the volcano remains at 2, on a scale 1- 4. This alert level has been kept  since July 10th, 2017, after elevated seismicity had been recorded since July 8th. The last significant eruption took place between February 17th and June 27th, 2011, with a VEI 3.

Source: SERNAGEOMIN.

The lava dome keeps growing in Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile). Seismicity is characterized by moderate levels of long-period and tremor events, often associated with explosion signals. The explosions sometimes eject material that is deposited around the crater. At night incandescence emanates from the lava dome as well as from ejected ballistics. The Alert Level remains at Orange and residents are reminded not to approach the crater within 3 km.  .

Source: SERNAGEOMIN.

Activity at Sabancaya (Peru) has not much changed during the past days, with an average of 30 explosions per day.

Source: IGP, INGEMMET.

One observes continuous ash emissions at Turrialba (Costa Rica). They rise about 500 metres above the crater rim. Seismicity was characterized by episodes of volcanic tremor, long-period earthquakes, and low-amplitude volcano-tectonic earthquakes. Ashfall has been reported in Coronado.

Source: OVSICORI.

Emissions de cendre sur le Turrialba (Webcam OVSICORI)

Les activités touristiques reprennent sur le Kilauea (Hawaii) // Tourist activities are restarting on Kilauea (Hawaii)

Bien que l’éruption du Kilauea n’ait pas encore été officiellement déclarée terminée, les activités touristiques reprennent progressivement dans le Parc National des Volcans d’Hawaï. Le Volcano House Hotel vient de redémarrer son service de restauration après des mois de fermeture à la suite de l’éruption.
L’hôtel avait été contraint de fermer temporairement en même temps que le ¨Parc à cause de la très forte activité sismique au sommet du volcan. Lorsque le Parc a rouvert ses portes fin septembre, certaines parties de l’hôtel ont également rouvert, mais les services de cuisine n’ont pas pu reprendre immédiatement.
Après les réparations nécessaires, le restaurant de l’hôtel, The Rim, a pu, dans un premier temps, proposer le dîner. Il servira désormais le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner à ses heures habituelles, tandis que l’Uncle George’s Lounge, également situé au sein de l’hôtel, sera ouvert uniquement pour les boissons.
L’hôtel espère également rouvrir le camping Namakanipaio dans la première semaine de décembre. Dans le même temps, le Parc a rouvert le camping Kulanaokuaiki et une partie de Hilina Pali Road le 19 octobre. Les randonneurs et les cyclistes peuvent emprunter Hilina Pali Road pour accéder au Hilina Pali Overlook et aux sentiers à proximité.
Source: West Hawaii Today.

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Even though the Kilauea eruption has not yet been officially declared over, tourist activities progressively resume in the Hawaiian Volcanoes National Park. The Volcano House Hotel has just restarted its restaurant service after months of closure following the eruption.

The hotel was forced to temporarily close at the same time as the Park during the increased seismic activity at the summit of the volcano. When the Park reopened in late September, parts of the hotel reopened as well, but kitchen services could not resume immediately.

After the necessary repairs, the hotel’s restaurant, The Rim, has been able to resume dinner service. It will serve breakfast, lunch and dinner at its usual hours, while Uncle George’s Lounge, also within the hotel, will be open for beverages only.

The hotel also expects to reopen Namakanipaio Campground in the first week of December. Meanwhile, the Park reopened Kulanaokuaiki Campground and part of Hilina Pali Road on October 19th. Hikers and bicyclists can use Hilina Pali Road to access Hilina Pali Overlook and nearby trails.

Source: West Hawaii Today.

La déesse Pele est de nouveau présente dans la Volcano House (Photo: C. Grandpey)