Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (Royaume des Tonga / Pacifique Sud) : Histoire de la naissance d’une île // The birth of an island

Fin décembre 2014, un volcan sous-marin est entré en éruption dans le Royaume des Tonga (Pacifique Sud), avec des panaches de vapeur et de cendre, ainsi que des projections de matériaux. Les panaches de cendre sont montés jusqu’à 9 kilomètres dans le ciel, occasionnant des perturbations au trafic aérien. Quand la cendre a finalement cessé de retomber en janvier 2015, la nouvelle île et son sommet de 120 mètres de hauteur était bien installée entre deux îles plus anciennes, et les trois édifices purent être observés par les satellites.
On pensait généralement que la nouvelle île des Tonga, baptisée Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, ne subsisterait que quelques mois. Selon une nouvelle étude de la NASA, on lui prévoit aujourd’hui une durée de vie de 6 à 30 ans.
Hunga Tonga-Hunga Ha’apai est la première île de ce type à sortir de l’océan et à persister depuis le début des observations satellitaires. Elle offre aux scientifiques depuis l’espace une image extraordinaire de son évolution depuis sa naissance. La nouvelle étude de la NASA offre un aperçu de sa longévité et de l’érosion qui façonne les nouvelles îles. Comprendre ces processus pourrait également fournir des informations intéressantes sur des structures similaires dans d’autres parties du système solaire, y compris la planète Mars.
L’île des Tonga est la troisième île volcanique « surtseyenne » à avoir émergé et persisté pendant plus de quelques mois au cours des 150 dernières années. (Surtsey a commencé à se former au cours d’une éruption explosive similaire au large des côtes islandaises en 1963.)
Depuis la naissance de l’île, son évolution a été suivie par des observations mensuelles à l’aide de radars et de capteurs optiques haute résolution, capables de voir à travers les nuages. Les scientifiques de la NASA ont utilisé les satellites pour observer l’île dès la fin de l’éruption. En utilisant cette imagerie, ils ont réalisé des cartes tridimensionnelles de la topographie de l’île, ont étudié les changements subis par son littoral, ainsi que son volume au-dessus du niveau de la mer.
L’équipe de chercheurs a proposé deux scénarios possibles concernant la durée de vie de la nouvelle île.  Le premier suppose une érosion accélérée par l’effet abrasif des vagues, ce qui déstabiliserait le cône de tuf en six ou sept ans, ne laissant qu’un pont terrestre entre les deux îles adjacentes plus anciennes. Le deuxième scénario suppose une vitesse d’érosion plus lente, ce qui préserverait le cône de tuf pendant environ 25-30 ans.
Les changements les plus spectaculaires de l’île ont eu lieu au cours des six premiers mois. Au début, la nouvelle île était de forme relativement ovale et rattachée à l’île voisine à l’ouest. Cependant, en avril 2015, l’analyse des images satellitaires a révélé que sa forme avait radicalement changé. En mai, le rebord sud-est de la paroi interne du cratère a été emporté par les vagues du Pacifique, exposant le lac de cratère aux assauts de l’océan. À ce stade, les scientifiques de la NASA ont pensé que ce pourrait être la mort de l’île. Ce ne fut pas le cas car en juin l’imagerie satellitaire a montré qu’une barre de sable s’était formée et fermait le cratère. L’île continua à évoluer et devint plus stable à la fin de l’année 2016.
La nouvelle île est perchée sur le bord nord d’une caldeira, au sommet d’un volcan sous-marin qui s’élève à près de 1400 mètres au-dessus du plancher océanique. Sous l’eau, la base du nouveau dôme volcanique qui a formé l’île s’étend à environ 1 kilomètre du rivage, jusqu’à l’intérieur du plancher de la grande caldeira qui présente un diamètre d’environ cinq kilomètres.
Source: NASA.

Le site web de la NASA présente deux vidéos montrant la naissance et l’évolution de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai :
https://www.nasa.gov/feature/goddard/2017/nasa-shows-new-tongan-island-made-of-tuff-stuff-likely-to-persist-years

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In late December 2014, a submarine volcano in the South Pacific Kingdom of Tonga erupted, sending a violent stream of steam, ash and rock into the air. The ash plumes rose as high as 9 kilometres into the sky, diverting flights. When the ash finally settled in January 2015, a newborn island with a 120-metre summit nestled between two older islands – visible to satellites in space.

The newly formed Tongan island, unofficially known as Hunga Tonga-Hunga Ha’apai after its neighbours, was initially projected to last a few months. Now it has a 6- to 30-year lease on life, according to a new NASA study.

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai is the first island of this type to erupt and persist in the modern satellite era, it gives scientists an unprecedented view from space of its early life and evolution. The new study offers insight into its longevity and the erosion that shapes new islands. Understanding these processes could also provide insights into similar features in other parts of the solar system, including Mars.

The Tongan island is the third “surtseyan” volcanic island in the last 150 years to emerge and persist for more than a few months. (Surtsey began forming during a similar kind of explosive eruption off the coast of Iceland in 1963.)

From the Tongan island’s beginning, it was tracked by monthly, high-resolution satellite observations, both with optical sensors and radar, which sees through clouds. NASA scientists directed satellites to observe the island as soon as the eruption ended. Using this imagery, the research team made three-dimensional maps of the island’s topography and studied its changing coastlines and volume above sea level.

The team has calculated two potential scenarios affecting its lifetime. The first is a case of accelerated erosion by wave abrasion, which would destabilize the tuff cone in six to seven years, leaving only a land-bridge between the two adjacent older islands. The second scenario presumes a slower erosion rate, which leaves the tuff cone intact for about 25-30 years.

The most dramatic changes to the island occurred in its first six months. Initially, the new island was relatively oval and attached to its neighbouring island to the west. However, by April 2015 analysis of satellite imagery found that its shape had changed dramatically. In May, the southeastern rim of the interior crater wall was washed over by the Pacific Ocean, opening the crater lake to the ocean. At this point NASA scientists thought this might be the end of the island. But by June, satellite imagery showed that a sandbar had formed, closing off the crater. While the island continued to evolve, it was more stable by late 2016.

The new island is perched on the north rim of a caldera on top of an underwater volcano that stands nearly 1,400 metres above the surrounding the sea floor. Underwater, the base of the new volcanic dome that formed the island extends about 1 kilometre from the shoreline into the floor of the larger caldera, which is about five kilometres across.

Source: NASA.

The NASA website offers two videos showing the birth and the evolution of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai:

https://www.nasa.gov/feature/goddard/2017/nasa-shows-new-tongan-island-made-of-tuff-stuff-likely-to-persist-years

Vue de l’archipel des Tonga (Source: Wikipedia)

 Vue de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en juin 2017 (Crédit photo: NASA)

Skjaldbreiður (Islande / Iceland) : Sismicité mais pas d’éruption en vue // Seismicity but no eruption in sight

Ceux qui consultent la carte sismique de l’Islande sur le site de l’Office Météorologique Islandais (IMO) ont bien sûr remarqué qu’un essaim a été enregistré dans le secteur du Skjaldbreiður, un volcan en sommeil situé au sud-ouest du glacier Langjökull.
Plus de 100 séismes ont été détectés dans cette région le 10 décembre au matin. Le plus significatif, avec une magnitude de M 3,8, a été enregistré à 8h53, à une profondeur de 5,5 km, à l’ENE de Skjaldbreið.
Plusieurs visiteurs de mon blog m’ont demandé si une éruption allait avoir lieu. La réponse à cette question est donnée par l’IMO: Malgré ces nombreux séismes, il n’y a aucun signe d’éruption et d’autres changements seraient nécessaires pour annoncer un tel événement.

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Those who have a look at Iceland’s seismic map on the Iceland Met Office (IMO) website probably noticed that a swarm of earthquakes occurred at Skjaldbreiður, a dormant volcano which is located to the SW of the Langjökull Glacier (see map below). Over 100 quakes were detected on December 10th in the morning. The largest with a magnitude of M 3.8 was registered at 8:53, at a depth of 5.5 km, ENE of Skjaldbreið.

Several visitors of my weblog asked me if an eruption was about to take place. The answer to the question is given by IMO: Despite these numerous earthquakes, there is no sign of an eruption and more changes would be necessary to announce such an event.

Sismicité récente dans la région du Skjaldbreiður (Source : IMO)

Nouvelle éruption du Fuego (Guatemala) // New eruption of Fuego Volcano (Guatemala)

L’INSIVUMEH indique qu’une nouvelle phase éruptive a débuté sur le Fuego le 10 décembre 2017. C’est la 12ème éruption effusive de cette année.
L’Institut signale des explosions modérément fortes qui génèrent des colonnes de cendre jusqu’à 5 000 mètres d’altitude. Les matériaux incandescents projetés par le volcan atteignent une hauteur de 500 mètres au-dessus du cratère. Ils alimentent trois coulées de lave qui parcourent 500 mètres le long dans la ravine de Santa Teresa, 800 mètres dans celle de Ceniza et à 300 mètres dans celle de Taniluyá.
Des retombées de cendre sont signalées dans les zones sous le vent. Les autorités avertissent qu’il existe une possibilité de coulées pyroclastiques et demandent à la population et aux visiteurs de ne pas s’approcher des ravines.
La phase d’éruption effusive précédente en 2017 a commencé le 5 novembre et s’est terminée le 7 novembre.

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INSIVUMEH indicates that a new eruptive phase started on Fuego Volcano.on December 10th, 2017. It is the 12th effusive eruption this year.

The Institute reports moderately strong explosions which generate ash columns up to 5,000 metres above sea level. Incandescent material is reaching a height of 500 metres above the crater, feeding three lava flows that travel 500 metres down the Santa Teresa drainage, 800 metres down the Ceniza, and 300 metres down the Taniluyá.

Ashfall is reported in downwind areas. Authorities warn there is a possibility of pyroclastic flows, urging residents and the public not to approach the ravines.

The previous effusive eruption phase in 2017 began on November 5th and ended on November 7th.

Le tracé sismique ne laisse guère de doute sur l’intensité de l’éruption du Fuego (Source: INSUVUMEH)

Vers une baisse du niveau d’alerte de l’Agung (Bali / Indonésie)? // Toward a reduction of Mt Agung’s alert level?

On peut lire sur le site d’Antara News une interview intéressante du directeur du Centre de Volcanologie et de Gestion des Risques Géologiques (PVMBG). Le dimanche 10 décembre 2017, il a déclaré qu’il n’était pas impossible que l’activité volcanique de l’Agung soit en train de diminuer. Après avoir émis à 17 reprises des panaches de vapeur et de cendres jusqu’à 1500 mètres de hauteur, le volcan a produit des nuages de cendre grise qui se sont élevés jusqu’à 2000 mètres au-dessus du cratère samedi matin. À son avis, ce type d’activité révèle que l’arrivée de lave dans le cratère pourrait diminuer.
Lorsqu’on lui a demandé si le niveau d’alerte du Mont Agung serait abaissé, il a dit qu’il était susceptible d’être réduit une fois que l’on aurait observé la quantité de cendre vomie par le cratère, ainsi que le nombre d’événements enregistrés par les sismographes. « Avant d’abaisser le niveau d’alerte du Mont Agung, nous allons recueillir plus d’informations au cours de la semaine prochaine. » Il faut noter que le nombre d’événements sismiques basse fréquence a diminué ces derniers jours : 50 le 8/12, 40 le 9/12 et 35 le 10/12.
Le directeur du PVMBG a ajouté que l’activité tectonique locale sur le volcan restait faible. La plupart des séismes se produisent à la surface du cratère, et aucune nouvelle lave n’a été émise par la chambre magmatique. Selon lui, « la cendre volcanique libérée aujourd’hui (dimanche) provient d’une ancienne activité magmatique à cinq ou dix kilomètres sous le cratère. »
Le 30 novembre dernier, l’activité de l’Agung a diminué, mais elle s’est à nouveau intensifiée du 7 au 9 décembre, comme l’a confirmé la grande quantité de cendre émise par le cratère. Le directeur du PVMBG a fait remarquer que « par rapport à l’éruption du 25 au 29 novembre, la quantité de cendre a diminué […] Suite aux éruptions phréatiques, la déformation continue sur le volcan, mais l’activité volcanique a maintenant légèrement diminué par rapport à la période du 25 – 29 novembre. »
Source: Antara News.

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One can read on the Antara News website an interesting interview of the head of the Volcanology and Geological Hazard Mitigation Center (PVMBG). On Sunday, December 10th, he said that the volcanic activity on Mount Agung might decrease. After emitting 17 times steam and ash plumes that rose up to 1,500 metres, the volcano erupted and released grey volcanic ash which rose up to 2,000 metres from the crater on Saturday morning. In his opinion, these activities indicated that the number of lava flowing to the crater may drop.
Asked if the alert level of Mt Agung would be lowered, he said that it could be degraded after observing the amount of ash spewed from the crater, as well as the number of tremors recorded by the seismographs. « Before lowering the alert status of Mount Agung, we will collect more information for the next one week, » he noted.
He added that the local tectonic activity on the volcano remained low. Judging from the seismographs, most tremors occur on the surface of the crater, and no new lava flow was seen released from the magma chamber. « The volcanic ash released today (Sunday) is generated from the old magma activity five to 10 kilometres beneath the crater, » he remarked.
On November 30th, the volcanic activity on Mount Agung had decreased, but it became active on December 7th – 9th, as indicated by the large amount of volcanic ash released from the crater. « Compared to the eruption on November 25th – 29th, the number of ash has decreased now. […] Following the phreatic eruptions, the deformation is still occurring on the volcano. However the volcanic activity now has slightly decreased compared to the records on November 25th – 29th, » he stressed.

Source : Antara News.

Image webcam de l’Agung le 11 décembre 2017