Eruption dans la Meradalir (Islande) : C’est bien la fin! // Meradalir eruption (Iceland) : This is the end!

Les scientifiques islandais ne l’ont pas annoncé officiellement, mais il est évident que l’éruption dans la Meradalir sur la péninsule de Reykjanes a tiré sa révérence. Depuis hier, aucune incandescence n’est visible au niveau du cratère actif. En ce matin du 21 août, les émissions gazeuses sont très faibles. Comme je l’ai écrit précédemment, il ne faut pas s’attendre à un sursaut d’orgueil de l’éruption. En effet, le tremor éruptif continue de décliner rapidement et la sismicité reste faible sur la péninsule. Les deux événements de magnitude supérieure à M 3,0 enregistrés au cours des dernières heures ont probablement une origine tectonique. Il se peut aussi qu’ils soient dus à des effondrements dans les conduits d’alimentation de l’éruption après le retrait du magma. Suite au prochain épisode, sur la péninsule…ou ailleurs sur l’île!

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Icelandic scientists have not announced it officially, but it is clear that the eruption in Meradalir on the Reykjanes peninsula has come to an end. Since yesterday, no incandescence has been visible at the active crater. On the morning of August 21st, the gaseous emissions are very low. As I put it before, we should not expect a new eruptive outbreak. Indeed, the eruptive tremor continues to decline rapidly and seismicity remains low on the peninsula. The two events with magnitudes greater than M 3.0 recorded in the past few hours probably have a tectonic origin. They may also be due to collapses in the eruption conduits after the retreat of magma. Let’s wait for the next episode, on the peninsula…or elsewhere on the island!

Plus rien à voir dans la Meradalir ce matin (image webcam)

Sismicité dans les Samoa américaines // Seismicity in American Samoa

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, m’a envoyé un message faisant état d’une hausse de la sismicité depuis fin juillet dans les îles Manuʻa des Samoa américaines (voir carte ci-dessous). Les Samoa américaines sont un territoire non incorporé des États-Unis situé dans l’océan Pacifique Sud, au sud-est de l’État indépendant des Samoa.
Selon le HVO, les secousses sismiques sont probablement dues à une activité magmatique sous les îles. L’Observatoire essaie de comprendre la source de cette sismicité et ses implications potentielles.
Les volcans des Samoa américaines sont du même type que ceux d’Hawaï, avec la plaque Pacifique qui se déplace vers le nord-ouest au-dessus du point chaud (hotspot) des Samoa. Le phénomène donne naissance à des volcans sous-marins qui finissent par émerger de l’océan sous forme d’îles. Ces îles sont les sommets de grands volcans boucliers basaltiques s’élevant à plus de 4 500 mètres au-dessus du plancher océanique
Le point chaud samoan est actuellement centré sur le volcan sous-marin (seamount) Vailuluʻu, qui a connu plusieurs éruptions historiques. Les îles Manuʻa d’Ofu, Olosega et Ta’ū, ainsi que l’île principale de Tutuila, sont toutes considérées comme potentiellement actives car elles ont connu des éruptions au cours des 10 000 dernières années.
Tutuila est l’île la plus peuplée des Samoa américaines et c’est là que se trouve la capitale Pago Pago. La plus récente éruption émergée des Samoa américaines a eu lieu sur l’île de Tutuila il y a environ 1400 à 1700 ans. Cependant, de nombreuses éruptions sous-marines se sont produites plus récemment sur les volcans à l’est de Tutuila.
Les îles Manu’a, situées à environ 100 km à l’est de Tutuila, comprennent Ofu, Olosega et Ta’ū. Ofu et Olosega, et sont séparées de Tutuila par l’étroit détroit d’Asaga. Ce sont les sommets de deux volcans boucliers. Taʻū, le plus volumineux du groupe Manuʻa, est un volcan bouclier avec des zones de faille au nord-est et au nord-ouest. En 1866, une éruption sous-marine a formé un cône entre Taʻū et Olosega.
Le volcan sous-marin Vailuluʻu, le plus jeune volcan samoan, est situé à environ 40 km à l’est de Taʻū. Son sommet se trouve à environ 600 m sous le niveau de la mer. Vailuluʻu est entré en éruption à plusieurs reprises au cours des 50 dernières années. Au cours des vingt dernières années, un jeune cône s’est édifié dans la caldeira sommitale.
Si l’on se réfère aux rapports concernant les événements sismiques ressentis et à l’activité historique, on pense que Taʻū et Vailuluʻu sont des sources probables de la sismicité récente. Il était jusqu’à présent difficile d’identifier cette source car il n’y avait pas de sismomètres suffisamment proches. Les dernières données, obtenues à partir de microsismomètres rapidement déployés, indiquent que la source est proche de Taʻū qu’Olosega, mais éloignée de Vailuluʻu. L’essaim sismique est très probablement dû au mouvement du magma sous les volcans et non à des failles tectoniques.
On ne sait pas si cette dernière activité sismique débouchera sur une éruption volcanique. Si cette dernière se produit, elle présentera très probablement des coulées de lave lentes ou des explosions de faible intensité se limitant à une petite zone. D’autres risques pourraient inclure des gaz volcaniques, des séismes et des tsunamis locaux. Une éruption comme celle du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai début 2022 est extrêmement improbable car il s’agit d’un type de volcan très différent. Les volcans des Tonga entrent en éruption de manière beaucoup plus explosive que ceux des Samoa américaines et d’Hawaï.
Source : USGS, HVO.

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has sent me a message about an increase in seismisity since late July in the Manuʻa Islands of American Samoa (see map below). American Samoa is an unincorporated territory of the United States located in the South Pacific Ocean, southeast of the independent state of Samoa.

The earthquakes are likely associated with magmatic activity beneath the islands. The Observatory is trying to better understand the source and potential hazard implications of these ongoing earthquakes.

Volcanoes in American Samoa are similar to those in Hawaii, with the Pacific Plate moving to the northwest over the Samoa hotspot and building submarine volcanoes that eventually emerge from the ocean as islands. These islands are the tops of large basaltic shield volcanoes rising over 4,500 meters from the surrounding seafloor.

The Samoan hotspot is currently centered on Vailuluʻu seamount, which has had several historic eruptions. The Manuʻa Islands of Ofu, Olosega, and Ta‘ū, along with the main island of Tutuila, are all considered potentially active as they have erupted within the last 10,000 years.

Tutuila is the most populous island in American Samoa and is where the capital city of Pago Pago is located. The youngest dated eruption in American Samoa on land is on Tutuila and occurred approximately 1400–1700 years ago. However, numerous submarine eruptions have occurred more recently at volcanoes east of Tutuila.

The Manu‘a Islands, located about 100 km east of Tutuila, include Ofu, Olosega and Taʻū. Ofu and Olosega, separated by the narrow Asaga Straight. They are the tops of two shield volcanoes. Taʻū, the largest of the Manuʻa group, is a shield volcano with rift zones to the northeast and northwest. In 1866, a submarine eruption formed a cone between Taʻū and Olosega.

The Vailuluʻu seamount, the youngest Samoan volcano, is located about 40 km east of Taʻū. It is a submarine volcano with a summit about 600 m below sea level. Vailuluʻu has erupted multiple times over the past 50 years. During the past twenty years, a young cone has grown within the summit caldera.

Based on felt reports and historic activity, Taʻū and Vailuluʻu were identified as likely possible sources for the recent seismicity. It was initially difficult to confirm the source because, until a few days ago, there were no seismometers close enough to determine the distance to the source of the earthquakes. The latest data, obtained from rapidly deployed microseismometers, indicate that the source is closer to Taʻū than Olosega and not close to Vailuluʻu. The earthquake swarm is most likely due to magma movement beneath the volcanoes and not tectonic faulting.

It is unclear if this seismic unrest will escalate to a volcanic eruption. If an eruption does occur, it will most likely include slow-moving lava flows or low-level explosions that are localized to a small area. Other hazards could include volcanic gases, ground shaking, and local tsunami. An eruption like Hunga Tonga–Hunga Ha’apai in Tonga earlier this year is extremely unlikely as it is a different type of volcano. Volcanoes in Tonga erupt much more explosively than ones in American Samoa and Hawaii.

Source: USGS, HVO.

Source: USGS

Quelques nouvelles de Yellowstone (Etats Unis) // Some news from Yellowstone (United States)

En juin 2022, des précipitations sans précédent ont provoqué d’importantes inondations, des glissements de terrain et des coulées de boue dans le Parc national de Yellowstone. Les routes, les systèmes d’approvisionnement en eau et d’évacuation des eaux usées, les lignes électriques et d’autres infrastructures essentielles ont subi de gros dégâts.
Moins de trois semaines après cette inondation majeure, les circuits routiers sud et nord du parc ont été rouverts au public. Environ 93 % des routes goudronnées sont actuellement ouvertes au public. La carte ci-dessous montre les secteurs où des travaux sont en cours et où vous serez probablement retardés.

Source: National Park Service

Yellowstone a défrayé la chronique ces derniers jours avec la découverte d’un pied à l’intérieur d’une chaussure en train de flotter sur Abyss Pool, l’une des sources chaudes du West Thumb Geyser Basin. Tout liasse à penser qu’un accident impliquant une seule personne a eu lieu le matin du 31 juillet 2022. Les responsables du Parc pensent qu’il ne s’agit pas d’un acte criminel, mais l’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances du décès.
Le West Thumb Geyser Basin et le parking ont été temporairement fermés aux visiteurs. Abyss Pool a une profondeur de plus de 15 mètres. C’est l’une des sources chaudes les plus profondes du Parc avec une température d’environ 60°C.

Abyss Pool (Photo: C. Grandpey)

Les autorités du Parc national de Yellowstone rappellent aux visiteurs de rester sur les caillebotis et les sentiers dans les zones hydrothermales et d’être extrêmement prudents. Le sol dans ces zones est fragile et mince avec de l’eau à haute température juste sous la surface.

Photo: C. Grandpey

En 2016, un homme de 23 ans de l’Oregon est décédé après avoir glissé dans une source brûlante du Norris Geyser Basin, dans un endroit interdit d’accès. L’eau était à plus de 100 degrés Celsius et très acide. Les responsables du Parc n’ont jamais pu retrouver les restes du visiteur. Ils pensent que la haute température de la source chaude, associée à sa nature acide, a dissous le corps. Seuls un portefeuille et une paire de tongs ont été récupérés.
Source : Service des parcs nationaux.

Norris Geyser Basin, l’un des sites les plus chauds et les plus dangereux de Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

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In June 2022, unprecedented amounts of rainfall caused substantial flooding, rockslides, and mudslides within Yellowstone National Park. Historic water levels caused severe damage to roads, water and wastewater systems, power lines, and other critical park infrastructure.

Less than three weeks after this major flood event, the south and north loops of the park opened to the visiting public. Approximately 93% of paved roads is currently open to the public The map below shows you where road work is underway and where you should expect delays.

Carte

Yellowstone made the headlinesduring the last days with the discovery of a partial foot inside a shoe floating on Abyss Pool. Evidence suggests an incident involving one person likely occurred on the morning of July 31st, 2022. Officials believe there was no foul play, but the investigation is continuing to determine the circumstances of the death.

The West Thumb Geyser Basin – where abyss pool is located – and parking lot were temporarily closed to visitors. Abyss Pool has a depth of more than 15 meters. It is one of the deepest hot springs in the park with a temperature of around 60°C.

Yellowstone National Park reminds visitors to stay on boardwalks and trails in thermal areas and to be extremely cautious around thermal features. The ground in hydrothermal areas is fragile and thin with scalding water just below the surface.

In 2016, a 23-year-old Oregon man died after slipping into a scalding pool at the Norris Geyser Basin while attempting to take a dip in a closed location. The pool was over 100 degrees Celsius and highly acidic. Park officials were never able to find the remains of the visitor. The consensus among the rescue team was that the extreme heat of the hot spring, coupled with its acidic nature, dissolved the body. Only a wallet and a pair of flip-flops were recovered.

Source: National Park Service.

Islande : le lent déclin de l’éruption // Iceland: the slow decline of the eruption

L’éruption continue de décliner dans la Meradalir ce 20 août 2022 au matin. Les projection ont disparu au niveau de la bouche active d’où s’échappe juste un panache de gaz bleutés. On ne voit pas, non plus, de coulées actives sur la champ de lave. Le tremor continue de décliner. La sismicité reste faible sur le péninsule de Reykjanes, même si un événement de M 3,2 a été enregistré à 5h45 le 20 août à une profondeur de 5,3 km. Comme je l’ai écrit précédemment, rien n’annonce un sursaut d’activité éruptive, mais rien ne dit, non plus, qu’un nouvel épisode éruptif ne sera pas observé d’ici quelques semaines. Ce n’est qu’une hypothèse car la prévision éruptive actuelle ne permet pas d’en savoir plus. Ce n’est pas très grave dans cette région de l’Islande où la population est clairsemée. En cas d’urgence, il serait facile de procéder à des évacuations.

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The eruption continues to decline in Meradalir on August 20th, 2022 in the morning. The projections have disappeared at the active vent that only emits a plume of bluish gases. One cannot see, either, active flows on the lava field. The tremor continues to decline. Seismicity remains low on the Reykjanes Peninsula, although an M 3.2 event was recorded at 5:45 a.m. on August 20th at a depth of 5.3 km. As I put it previously, nothing announces a new outbreak of eruptive activity, but a new eruptive episode might be observed within a few weeks. It is only a hypothesis because the current eruptive predictions do not allow to know more. It is not a problem in this region of Iceland where the population is sparse. In the event of an emergency, it would be easy to carry out evacuations.

Image webcam le 20 août 2022 au matin

Source: Met Office islandais