Un lac de lave à la surface de Io, la lune de Jupiter // A lava lake on Io’s surface, Jupiter’s moon

Une nouvelle animation réalisée à partir de données fournies par la sonde spatiale Juno de la NASA montre un impressionnant lac de lave à la surface de Io, l’une de lunes de Jupiter. Juno a s’est approchée à seulement 1 500 kilomètres de la surface de Io en décembre 2023 et janvier 2024. Ces survols ont permis d’observer de plus près la lune de Jupiter qui héberge des centaines de volcans actifs. Selon la NASA, leurs éruptions sont parfois si puissantes qu’elles peuvent être observées avec des télescopes sur Terre.
Les nouvelles images montrent Loki Patera, un lac de lave de 200 km de large à la surface de Io. Les scientifiques l’observent depuis des décennies. Il se trouve au-dessus des réservoirs magmatiques sous la surface de Io. La lave en cours de refroidissement au centre du lac est entourée de magma possiblement en fusion sur les bords.
L’analyse des données révèle que certaines parties de la surface de Io sont aussi lisses que du verre, rappelant ainsi l’obsidienne sur Terre.
Les instruments à bord de Juno montrent que la surface de Io est plus lisse que celle des trois autres lunes de Jupiter (Europe, Ganymède et Callisto). Io est légèrement plus grande que notre Lune et les surfaces qui ne sont pas constituées de lave en fusion sont en grande partie recouvertes de soufre à la belle couleur jaune et de dioxyde de soufre.
Juno continue de survoler Jupiter et collecte des données sur les spectaculaires cyclones au niveau des pôles. Chacun d’eaux est aussi grand que les États-Unis. La sonde spatiale mesure également les niveaux d’oxygène et d’hydrogène dans l’atmosphère de Jupiter. Elle effectuera un 61ème survol de Jupiter le 12 mai 2024.
Source : NASA, Live Science.

Les données fournies par Juno ont permis de créer une animation du relief de « Steeple Mountain » (la montagne clocher) et du lac de lave Loki Patera :
https://youtu.be/GsbEpYNVTFc

Image du lac de lave extraite de l’animation

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A new animation performed with NASA Juno spacecraft data reveals an enormous lava lake on the surface of Jupiter’s moon Io. Juno swept within 1,500 kilometers of the volcanic surface of Io in December 2023 and January 2024. These flybys provided the closest look ever at Jupiter’s moon. Io hosts hundreds of active volcanoes. According to NASA, their eruptions are sometimes so powerful that they can be seen with telescopes on Earth.

The new images show Loki Patera, a 200-km-wide lava lake on Io’s surface. Scientists have been observing this lava lake for decades. It sits over the magma reservoirs under Io’s surface. The cooling lava at the center of the lake is ringed by possibly molten magma around the edges.

Analysis of the data suggests parts of Io’s surface are as smooth as glass, reminiscent of volcanically created obsidian glass on Earth.

Juno‘s instruments have determined that Io’s surface is smoother than the surfaces of Jupiter’s three other Galilean moons (Europa, Ganymede and Callisto). Io is slightly larger than Earth’s moon, and the surfaces that aren’t molten are largely covered with yellow sulfur and sulfur dioxide.

Juno continues to fly over Jupiter, collecting data about its dramatic polar cyclones, each of which is the width of the continental U.S. The mission is also measuring levels of oxygen and hydrogen in Jupiter’s atmosphere. The spacecraft will complete its 61st flyby of Jupiter on May 12th, 2024.

Source : NASA, Live Science.

Juno spacecraft data has been used to create an animation of « Steeple Mountain » and the lava lake Loki Patera :

https://youtu.be/GsbEpYNVTFc

Nouvelle éruption à court terme en Islande ? // New eruption in the short term in Iceland ?

Alors que l’éruption qui a débuté le 16 mars 2024 se poursuit à Sundhnúksgígaröð, le Met Office islandais prévient qu’une nouvelle éruption pourrait commencer très prochainement dans la même zone. C’était l’un des scénarios imaginés par les volcanologues islandais il y a quelques jours.
L’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes montre qu’une éruption pourrait se produire à tout moment. Les scientifiques pensent qu’elle interviendra plus ou moins dans le même secteur que les éruptions précédentes.
Un soulèvement du sol est de nouveau observé à Svartsengi depuis début avril, signe évident d’une accumulation de magma sous la surface. Le Met Office explique que la hausse a atteint un niveau tel qu’une éruption est désormais possible à tout moment. Cependant, il est peu probable qu’elle se produise ailleurs sur la péninsule. L’éruption pourrait avoir lieu près de Grindavík ou de Svartsengi.

Image webcam de l’éruption le 21 avril 2024 au matin. Les projections sont moins intenses depuis quelques jours dans la bouche active. Pas sûr que le projet d’ouverture du site aux touristes tienne la route si une nouvelle éruption se déclenche…!

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While the eruption that started on March 16th, 2024 is still going on at Sundhnúksgígaröð, the Icelandic Met Office warns that another eruption might start very soon in the same area. It was one of the scenarios imagned by the Met Office a few days ago.

Seismic activity in Reykjanes is giving every indication that an eruption could occur at any moment. Scientists believe it will go off at roughly the same location as before.

Ground uplift has been again observed at Svartsengi since early April, a typical sign of magma gathering beneath the surface. The Met Office explains that the rising has reached a level where now an eruption is predicted to occur at any moment. However, it is unlikely that it will occur anywhere else but where it already is. As such, it may erupt near Grindavík or Svartsengi.

Où sont passés les avions renifleurs de cendre volcanique ? // Where are the volcanic ash detecting planes ?

En raison de l’éruption du Ruang, l’aéroport Sam Ratulangi de Manado, en Sulawesi du Nord, sera fermé au moins jusqu’au dimanche 21 avril 2024 à 12h00 (heure locale). La prolongation de l’arrêt d’activité a été décrétée pour des raisons de sécurité. Les autorités locales expliquent qu’il serait très dangereux que des cendres volcaniques entrent en contact avec les avions. En conséquence, des dizaines de vols en provenance et à destination de Manado et d’autres aéroports voisins ont dû être annulés en raison de la présence des cendres volcaniques provoquées par l’éruption du Ruang. Actuellement, des panaches de cendres s’élèvent encore du volcan jusqu’à une altitude de 4 500 mètres, ce qui peut potentiellement endommager les moteurs des avions. Afin de minimiser les pertes pour les passagers, les compagnies aériennes rembourseront tous les billets jusqu’à ce que l’aéroport de Manado soit de nouveau opérationnel.
On remarquera que la situation du trafic aérien ne s’est pas améliorée depuis l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010, événement qui a cloué au sol les avions qui devaient voler dans l’espace européen. À l’époque, certaines compagnies avaient promis d’installer à bord des appareils des équipements permettant de détecter les cendres dans le ciel, mais aucune mesure n’a vraiment été prise. On se souvient que des sacs de cendres de l’Etna ont été déversés au-dessus du Golfe de Gascogne et que des avions ont traversé ces cendres, mais quelques mois plus tard, lorsque le volcan sicilien est véritablement entré en éruption, aucun avion ne s’est aventuré à l’intérieur des nuages de cendres ! En 2014, alors que je voyageais vers l’Alaska depuis Londres à bord d’un Boeing 767 de la British Airways, j’ai aperçu la fumée noire de l’éruption dans l’Holuhraun au-dessus du nord de l’Islande. J’ai demandé à un steward d’informer le pilote de l’événement. Le pilote est venu me voir et m’a dit qu’il n’avait jamais entendu parler de cette éruption et que, de toute façon, il n’y avait pas de système de détection de cendres à bord de l’avion… Je pense que ce n’est pas demain que les compagnies aériennes accepteront de mettre en danger la vie de milliers de passagers dans un texte contexte éruptif. C’est une sage décision quand on se souvient des catastrophes aériennes évitées de justesse lors des éruptions du Galunggung (Indonésie) en 1982 et du Redoubt (Alaska) en 1989. Ces deux incidents sont indirectement responsables des perturbations causées au trafic aérien au printemps 2010 par l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande. En effet, ils ont largement été évoqués pour justifier le principe de précaution et l’annulation de nombreux vols.

Panaches de cendres sur l’Etna (Photo: C. Grandpey)

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Because of the Mt Ruang eruption the Sam Ratulangi Airport in Manado, North Sulawesi, will be closed at least until Sunday at 12:00 p.m. local time. The extension was made considering safety concerns. Local authorities explain that it would be very dangerous if volcanic ash were attached to the aircraft. As a consequence, dozens of flights from and to Manado and other nearby airports had to be canceled due to the spread of volcanic ash from the eruption of Mount Ruang. Currently, ash clouds are still observed at an altitude of 4,500 meters, which has the potential to damage aircraft engines during flight. To minimize the losses for the passengers, the airlines have refunded all tickets until Manado Airport resumes operations.

It should be noticed that the situation of air traffic has not improved since the 2010 eruption of Eyjafjallajökull in Iceland that brought planes to a standstill in the European airspace. At the time, there were promises by some air companies that equipment would be installed aboard the aircraft to detect ash in the sky, but nothing has really happened since that time. One can remember that bags of ash from Mt Etna were poured above the Bay of Biscay with planes flying across it, but a few months later, when the Sicilian volcano really erupted, no plane ventured inside the ash clouds ! In 2014, while travelling to Alaska on board a British Airways Boeing 767, I could see the dark smoke from the Holuhraun eruption over northern Iceland. I asked a steward to inform the pilot about the vent. The pilot came to me and told me he had never heard about the eruption and that there was no ash detection system aboard the plane… I think air companies are not ready to endanger the lives of thousands of passengers during an eruptive period.  It is a wise decision when we remember the air disasters narrowly avoided during the eruptions of Galunggung (Indonesia) in 1982 and Redoubt (Alaska) in 1989. These two incidents are indirectly responsible for the disruptions caused to air traffic in spring 2010 by the eruption of Eyjafjallajökull in Iceland. Indeed, they have been widely cited to justify the precautionary principle and the cancellation of numerous flights.

Islande : soulèvement du sol à Svartsengi et évolution possible de la situation // Iceland : ground uplift at Svartsengi and possible evolution of the situation

L’éruption qui a débuté le 16 mars 2024 au niveau du cratère Sundhnúkur sur la péninsule de Reykjanes, se poursuit à un rythme constant avec un débit de lave d’un peu plus de 3 mètres cubes par seconde. Depuis le 5 avril, un seul cratère est actif sur la fracture éruptive.
Lorsque l’éruption a commencé en mars, le soulèvement du sol à Svartsengi a considérablement ralenti et s’est presque arrêté. Cela indiquait qu’il existait un équilibre entre l’arrivée de magma dans le réservoir magmatique sous Svartsengi et le débit éruptif au niveau de la chaîne de cratères de Sundhnúkur.
Début avril, le soulèvement du sol a recommencé à augmenter à Svartsengi, et le volume de magma qui s’évacue maintenant à Sundhnúkur est identique à celui qui s’accumule dans le réservoir sous Svartsengi. Cela provoque une augmentation de la pression magmatique et donc un soulèvement du sol.

Soulèvement du sol à Svartsengi (Source: Met Office)

L’évolution actuelle est différente de celle des éruptions passées. Avec l’éruption actuelle, on a un débit de lave relativement stable au niveau du cratère Sundhnúkur et, en même temps, un soulèvement du sol à Svartsengi. On ne sait donc pas comment va évoluer la situation. Aujourd’hui, on ne peut exclure une montée du magma vers la surface avec une activité éruptive qui s’ajouterait à l’éruption en cours.
Si l’accumulation de magma se poursuit au même rythme, la probabilité d’une autre propagation du magma vers la surface augmentera dans les jours ou semaines à venir, même si l’éruption actuelle continue. Une telle situation n’a jusqu’à présent jamais été observée sur la péninsule de Reykjanes.
Dans son dernier rapport, le Met Office envisage plusieurs scénarios si la propagation du magma vers la surface coïncide avec l’éruption actuelle :
1) Le magma pourrait quitter le réservoir magmatique sous Svartsengi et atteindre la chaîne de cratères de Sundhnúkur, comme cela s’est produit au cours des six dernières éruptions.
2) Suite à l’arrivée d’un nouveau magma, de nouvelles fractures éruptives pourraient s’ouvrir dans la zone située entre Stóra-Skógfell et Hagafell et le cratère éruptif actuel pourrait s’agrandir en raison d’une augmentation soudaine du débit de lave.
3) Il est également possible que la propagation du magma vers la surface ne se produise pas, mais que le débit de l’éruption actuelle commence à augmenter régulièrement jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre soit atteint entre l’arrivée de magma et le débit éruptif en surface. Cependant, si l’arrivée de magma en surface entraîne l’ouverture d’une nouvelle fracture éruptive ailleurs que dans la zone située entre Stóra-Skógfell et Hagafell, un tel scénario s’accompagnera très probablement d’une sismicité intense et d’une déformation beaucoup plus visible que lors des éruptions précédentes.
Source : Met Office.

Jusqu’à présent, l’accès au site de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes était interdit, mais la situation pourrait bientôt changer. L’Office islandais du tourisme a mis en place un groupe de travail chargé de faire le nécessaire pour ceux qui souhaiteraient assister à l’éruption.
L’idée est d’ouvrir une zone près de Svartsengi avec accès par la Grindavíkurvegur du côté est. Des discussions sont en cours avec les propriétaires fonciers et, si elles aboutissent, le groupe de travail prévoit de créer un parking payant pour les visiteurs. C’est une bonne idée, mais l’éruption est beaucoup moins intense qu’il y a quelques semaines.

Source : Iceland Review.

Vue de l’éruption le 19 avril 2024 (image webcam)

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The eruption that started on March 16th, 2024 at the Sundhnúkur crater row on the Reykjanes Peninsula is going on at a steady rate with a lava flow just over 3 cubic meters per second. Since April 5th, only one crater has erupted.

When the eruption started in March, ground uplift at Svartsengi slowed down considerably and almost stopped. This indicated an equilibrium between magma inflow into the magma reservoir beneath Svartsengi, and to the surface at the Sundhnúkur crater row.

At the beginning of April, ground uplift began to increase again at Svartsengi, and a similar volume of magma is now being erupted at Sundhnúkur as is accumulated in the reservoir beneath Svartsengi, causing increased magma pressure, and thus ground uplift.

The current development is different from the past eruptions. With the current one, there is a relatively stable lava flow at Sundhnúkur crater row and, at the same time,ground uplift in Svartsengi. Therefore, there is more uncertainty now than before about the possible development of the event. Today, one cannot exclude a magma propagation to the surface during the ongoing eruption.

If magma accumulation continues at a similar rate, the likelihood of another magma propagation increases in the coming days or weeks, even though an eruption is still ongoing. This kind of situation has thus far not been seen before in the area.

In its latest report, the Met Office predicts deveral robable scenarios if magma propagation coincides with the current eruption:

  1. Magma might propagate from the magma reservoir beneath Svartsengi to the Sundhnúkur crater row, as has happened in the last six times.
  2. Following the magma propagation, new eruptive fissures could open in the area between Stóra-Skógfell and Hagafell and the current eruptive crater could be enlarged due to a sudden increase of lava flow.
  3. It is also possible that magma propagation will not occur, but that the flow of the current eruption will begin to increase steadily until a new equilibrium between the inflow of magma from below and flow to the surface from the crater is reached. However, if magma propagation results in a new eruptive fissure opening elsewhere than in the area between Stóra-Skógfell and Hagafell, such a scenario would very likely be accompanied by intense seismicity and deformation with considerably more notice than previous eruptions.

Source : Met Office.

Up to now, access to the eruption site on the Reykjanes Peninsula was prohibited, but the situation might change soon. The Icelandic Tourist Board leads a workgroup that has the task of preparing facilities for those who want to view the volcanic eruption.

The idea is to open an area near Svartsengi with access through Grindavíkurvegur road on the eastern side. Contracts are underway with land owners and if they are completed, the workgroup plans to make a parking space for those who want to witness the eruption. Visitors will be charged for access to the parking space. This is a good idea, but the eruption is far less intense than a few weekks ago.

Source : Iceland Review.