Approche LIDAR de la dernière éruption du Kilauea (Hawaii) // LIDAR approach of Kilauea’s last eruption (Hawaii)

Depuis la fin de l’activité éruptive en 2018, les scientifiques du HVO ont déployé de gros efferts pour analyser la surface du sol sur le Kilauea, afin de mieux comprendre les changements provoqués par l’éruption dans le District de Puna ainsi que l’effondrement de la zone sommitale du volcan. Cela permettra d’apporter des réponses plus précises aux volumes de lave émis et au volume d’affaissement du sommet. Les nouvelles études permettront également d’effectuer des comparaisons avec les ensembles de données altimétriques numériques précédemment acquises par le LIDAR (light detection and ranging) depuis l’hélicoptère et à l’aide de drones
Les nouvelles données seront acquises par un hélicoptère qui survolera une grande partie du sommet du Kīlauea et de l’East Rift Zone à 390 mètres au-dessus du sol. L’appareil volera un peu comme une tondeuse à gazon, en avant et en arrière, dans une direction nord-est-sud-ouest. Certaines zones plus petites du Kilauea, notamment sur l’East Rift Zone et sur la zone de rift sud-ouest, ainsi que sur la caldeira sommitale, seront survolées à moins de 150 mètres de hauteur. Ces vols en hélicoptère seront effectués entre le 13 et le 30 juin 2019, si la météo le permet. L’ hélicoptère est préféré à l’avion pour procéder aux relevés car il peut voler plus lentement et acquérir des images LIDAR haute résolution. L’hélicoptère peut également voler même s’il y a une couverture nuageuse en haute altitude.
La technologie LIDAR utilisée est capable d’envoyer des centaines d’impulsions laser par seconde. Cela devrait permettre au moins 30 impulsions laser par mètre carré. Les vols à basse altitude permettront une couverture d’au moins 100 impulsions par mètre carré. La collecte d’images LIDAR haute résolution permettra de détecter et de cartographier les parties verticales du relief comme les fractures dans le sol en tout lieu, ou les fissures dans la Lower East Rift Zone et dans les parois de la caldeira sommitale du Kilauea.
La nouvelle analyse de surface obtenue grâce au LIDAR pourra être utilisée pour modéliser les secteurs où de nouvelles coulées de lave sont susceptibles de se déplacer en cas de nouvelle éruption dans la Lower East Rift Zone. Du point de vue de la gestion des risquess, il fut important de disposer de ces modèles lors des prises de décisions pendant l’éruption du Kīlauea en 2014-15 et 2018. Le modèle altimétrique sur terre nue (avec suppression numérique de toute végétation) constitue un véritable intérêt pour les géologues car il révèle des caractéristiques géologiques telles que des failles.et des fissures qui ne sont pas encore cartographiées. Malgré tout, les données LIDAR contiennent également d’autres paramètres, telles que le type de végétation et sa densité. Cela pourrait être une mine d’or pour les biologistes qui cartographient la flore du Kilauea. Outre les données LIDAR, l’hélicoptère peut collecter simultanément des images numériques à quatre bandes (rouge-vert-bleu, ou RVB, plus le proche infrarouge). Ces images multispectrales sont également utiles pour détecter les caractéristiques géologiques et classifier la végétation.
Les résultats de cette étude – un modèle altimétrique numérique accompagné d’images détaillées couvrant les zones analysées – seront rendus publics et devraient être disponibles d’ici la fin de l’année 2019.
Source: HVO.

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Since the end of 2018’s volcanic activity, HVO scientists have wanted to resurvey Kilauea Volcano’s ground surface to document changes brought about by the Puna eruption and summit collapse. Doing so will allow more accurate answers to questions about the total volumes of erupted lava and summit subsidence that occurred in the summer 2018. A new survey will also allow comparison to earlier digital elevation data sets acquired by both helicopter LIDAR (light detection and ranging) and by UAS (unmanned aerial systems) imagery.
The new data will be acquired by a helicopter flying over much of Kīlauea’s summit and East Rift Zone at an altitude of 390 metres above ground level. The aircraft will fly in a lawn-mowing pattern, back and forth in a northeast-southwest direction. A few smaller areas on Kīlauea, namely parts of the East Rift Zone and the upper Southwest Rift Zone, and the summit caldera, will be flown at a lower altitude of 150 metres. These helicopter flights are planned for the period of June 13th to 30th, 2019, weather permitting. A helicopter, rather than a fixed-wing aircraft, will be used for the survey because it can fly slower and acquire high-resolution LIDAR. The helicopter can also work even if there is high-altitude cloud cover.
The survey will use LIDAR technology capable of sending out hundreds of laser pulses per second. This should allow coverage of at least 30 laser pulses per square metre. The lower elevation flights will allow coverage of at least 100 pulses per square metre. Collecting the LIDAR with such high-resolution will allow to detect and map vertical features, from ground cracks everywhere, to fissures in the lower East Rift Zone (LERZ) and caldera walls at Kilauea’s summit.
The new LIDAR surface from this survey can be used to model where new lava flows may travel if renewed volcanic activity occurs in the LERZ. From an emergency management perspective, having these models was important during Kīlauea eruption responses in 2014-15 and 2018. The bare-earth elevation model (digitally stripped of all vegetation) is the main interest of geologists because it will reveal geological features such as faults and cracks that are not yet mapped. However, the LIDAR data will also contain other data, such as vegetation type and density. This could be a goldmine for biologists mapping flora on Kilauea. Along with LIDAR data, the helicopter will simultaneously collect four-band digital imagery (red-green-blue, or RGB, plus near-infrared). These multispectral images will also be useful to help detect geological features and classify vegetation.
The final products of this survey, a digital elevation model and detailed imagery covering surveyed areas, will be made public and should be available by late 2019.
Source: HVO.

Source: USGS / HVO

Un nom pour le nouveau volcan de Mayotte // A name for the new volcano of Mayotte

Le 16 mai dernier, pas moins de quatre ministères français annonçaient fièrement la naissance d’un nouveau volcan sous-marin à une cinquantaine de kilomètres de Mayotte, à une profondeur de 3500 mètres. Cette découverte permettait enfin d’expliquer la sismicité qui secouait et angoissait les Mahorais depuis un peu plus d’un an. Personnellement, j’aurais aimé un peu plus de modestie de la part de nos autorités et une intervention un peu plus rapide pour expliquer ce phénomène naturel. Mais Mayotte, c’est loin de la métropole!…
Suite à la découverte de ce volcan, on aprrend par le Journal de l’Ile de la Réunion que le préfet a acté avec le vice-rectorat le laancement d’un concours auprès des écoles primaires et des collèges de Mayotte pour nommer le nouvel édifice avant la fin de l’année scolaire. Ce sont ainsi plusieurs milliers d’enfants qui vont pouvoir faire jouer leur imagination afin de proposer un nom au volcan de Mayotte et, par la même occasion, mieux comprendre ce phénomène naturel grâce à leurs professeurs. Des proposition seront faites à un comité de sélection qui se réunira pour procéder au choix définitif.

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On May 16th, 2019, no less than four French ministries proudly announced the birth of a new submarine volcano about fifty kilometres from Mayotte, at a depth of 3500 metres. This discovery finally explained the seismicity that shook and anguished the Mahorais for a little over a year. Personally, I would have liked a little more modesty on the part of our authorities and a slightly faster intervention to explain this natural phenomenon. But Mayotte is far from Paris!…
Following the discovery of this volcano, we can read in the Journal de l’Ile de la Réunion that the prefect has organised with the vice-rectorate a contest among the primary schools and colleges of Mayotte to name the new volcano before the end of the school year. Thus, several thousand children will be gien the opportunity to use their imagination to propose a name to the volcano of Mayotte. At the same time, they will be able to better understand this natural phenomenon through their teachers. Proposals will be made to a selection committee that will meet to make the final selection.

Source: BRGM

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Le Pas de Bellecombe !

Je ne suis pas certain que tous les randonneurs qui empruntent le sentier d’accès à l’Enclos Fouqué au Pas de Bellecombe savent que le nom de ce site a été donné en hommage à l’ancien gouverneur Guillaume Léonard de Bellecombe. De la même façon, peu de gens ont conscience que la célèbre caldeira en fer à cheval a reçu le nom du géologue français Ferdinand André Fouqué.

Dans quelques jours, ceux qui pénétreront dans l’Enclos se rendront compte que le Pas de Bellecombe a reçu le nom de Pas de Bellecombe-Jacob, en hommage à l’esclave qui serait le premier descendu dans l’Enclos. C’est ce que nous apprend un article paru dans l’excellent Journal de l’Ile de la Réunion.

Le changement de nom du Pas de Bellecombe devrait être voté le samedi 4 mai 2019 par le conseil municipal de Sainte-Rose. La moitié de l’Enclos étant située sur la commune de Sainte-Rose, Pas de Bellecombe compris, rien n’empêche la mairie de décider d’en changer le nom. L’intérêt est d’abord historique, avec la volonté de participer à réécrire l’histoire au plus près de la vérité.

L’esclave Jacob est celui qui aurait le premier découvert le « Pas » et serait ensuite descendu dans l’Enclos lors de l’expédition de 1768 qui deviendra le réel point de départ à la découverte du sommet du volcan. C’est ce même chemin qu’empruntent aujourd’hui plus de 100 000 marcheurs chaque année. Même si un doute persiste toujours sur l’identité du premier homme à être descendu dans l’Enclos, l’histoire raconte que l’Enclos a servi de refuge aux marrons en fuite.

Le nom du Pas de Bellecombe subira donc une légère modification, mais il n’est pas question pour autant d’effacer le nom de Bellecombe, ce dernier ayant également fait partie de l’expédition et son nom étant désormais associé au volcan pour les Réunionnais. La nouvelle dénomination est un deuxième hommage à Jacob. En effet, le piton édifié lors de l’éruption de 2016 porte déjà son nom, avec le risque de le voir disparaître sous de futures coulées !

En votant le changement de nom le 4 mai prochain, la commune de Sainte Rose souhaite que tous les panneaux faisant référence à l’ancienne dénomination soient réactualisés d’ici à la prochaine édition de « Jours de feu », en septembre. La mairie a déjà son idée pour le futur panneau qui accueillera les visiteurs : « Commune de Sainte-Rose – Pas de Bellecombe-Jacob ».

Source : Journal de l’Ile.

Source: Wikipedia

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Le volcan inquiète l’Observatoire // OVPF worries about the volcano

Suite à la forte augmentation observée au cours des dernières heures, l’intensité du tremor éruptif reste très élevée, ce qui est à mettre en relation avec l’ouverture des deux nouvelles fissures les 5 et 7 mars dernier. Le débit de surface a lui aussi augmenté de manière significative avec une moyenne sur les dernières 24 heures se situant aux alentours de 20-25 mètres cubes par seconde. Ces augmentations de débit de surface ont favorisé une progression rapide des coulées. D’après les observations visuelles depuis la RN2 et les images de la webcam du Piton des Cascades, le front de coulée actif a pu être estimé à 650 – 700 mètres d’altitude le 9 mars 2019 à 8h. Le front de coulée a ainsi parcouru environ 1 km en 24heures et se situait ce matin entre 2,5 et 3 km de la RN 2.

Les stations de l’OVPF situées sur le pourtour de l’Enclos Fouqué ont détecté pour la journée du 8 mars des émissions de SO2 dans l’air 3 à 4 fois plus importantes que celles enregistrées au début de l’éruption.

Les concentrations en CO2 dans le sol en champ proche (secteur Gîte du Volcan) semblent chuter depuis le 9 mars au matin, ce qui indiquerait une accélération du transfert du magma entre le réservoir profond et la surface.

Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été enregistrée. .

Sur les dernières 36 heures, plus d’une centaine de séismes volcano-tectoniques superficiels (à moins de 2,5 km de profondeur) ont été enregistrés sous la zone sommitale, mais ce nombre est largement sous estimé du fait de la difficulté à les comptabiliser compte tenu de l’intensité du tremor.

A noter que cette forte sismicité sous la zone sommitale ne cesse d’augmenter depuis 48 heures avec souvent des mécanismes en compression à la source, qui pourraient correspondre à des effondrements du toit de la chambre magmatique superficielle due à sa vidange importante. Cette sismicité est suivie de près par l’OVPF ; en effet, en cas de propagation de cette sismicité vers la surface (ce qui n’est pas le cas actuellement), cela pourrait engendrer la formation d’un pit-crater, comme cela a déjà été observé par le passé au Piton de la Fournaise, par exemple en Décembre 2002.

L’OVPF conclut son derner bulletin en expliquant que, compte tenu de l’ensemble des paramètres développés ci-dessus, l’ouverture de nouvelles fissures éruptives au niveau du site éruptif actuel ou ailleurs, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Enclos, n’est pas exclue.

La situation doit donc être surveillée très attentivement.

Source : OVPF.

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Following the strong increase observed during the last hours, the intensity of the eruptive tremor remains very high, which is related to the opening of the two new fissures on March 5th and 7th. The surface flow output has also increased significantly with an average of about 20-25 cubic metres per second over the last 24 hours. This increase of the surface flow output favoured a rapid progression of the flows. Based on visual observations from RN2 and images provided by the Piton des Cascades webcam, the active flow front was estimated at 650-700 metres a.s.l. on 9 March 2019 at 8 am. The flow front travelled about 1 km in 24 hours and was this morning between 2.5 and 3 km from the RN 2.
For the day of March 8th, OVPF stations located around the Enclos Fouqué have detected SO2 emissions in the air 3 to 4 times greater than those recorded at the beginning of the eruption.
CO2 concentrations in the near-field soil (Gîte du Volcan area) appear to have dropped since the morning of 9 March, indicating an acceleration of magma transfer between the deep reservoir and the surface.
No significant deformation of the volcanic edifice has been recorded. .
Over the past 36 hours, more than 100 shallow volcano-tectonic earthquakes (less than 2.5 km deep) have been recorded under the summit area, but this number is largely underestimated because of the intensity of the tremor.
It should be noted that this strong seismicity under the summit area has been increasing for 48 hours, often with mechanisms in compression at the source, which could correspond to a collapses of the roof of the shallow magma chamber due to a significant drainage. This seismicity is followed monitored by OVPF; indeed, in the event of a propagation of this seismicity towards the surface (which is not currently the case), this could lead to the formation of a pit-crater, as has already been observed in the past at Piton de la Furnace, for example in December 2002.
OVPF concludes its latest bulletin by explaining that, considering all the above-mentioned parameters, the opening of new eruptive fissures at the current eruptive site or elsewhere, inside or outside the Enclos, is not excluded.
The situation must therefore be monitored very carefully.
Source: OVPF.

La hausse significative du tremor montre que le Piton de la Fournaise n’a pas dit son dernier mot. Vigilance! (Source: OVPF)

L’éruption est visible sur quatre webcams ce soir!