Islande vs. Hawaii : qui gagnera le match de l’éruption ? // Iceland vs. Hawaii : who will win the eruption game ?

En Islande et à Hawaii, les observatoires (le Met Office et le HVO) expliquent qu’il faut s’attendre à une éruption dans les prochains jours. Tous les paramètres semblent réunis pour que la lave perce la surface.

En Islande, c’est sur la péninsule de Reykjanes qu’une nouvelle éruption est susceptible de se produire, à l’image de celles du 18 décembre 2023 et du 14 jaanvier 2024. Ces derniers événements ont été brefs. En sera-t-il de même pour le prochain ? Personne ne le sait. Personne ne sait, non plus où la lave sortira : dans le secteur de la centrale géothermique de Svartsengi ? A proximité de Grindavik ? Mystère !

Comme je l’ai indiqué précédemment, plusieurs paramètres montrent que le magma continue de s’accumuler sous terre depuis la mi janvier. Les derniers modèles indiquent qu’environ 6,5 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous la région de Svartsengi. C’est quasiment le même volume qu’avant l’éruption de janvier 2024.
Le soulèvement du sol près de la centrale de Svartsengi et du Lagon Bleu atteignait 8 millimètres par jour ces derniers temps, ce qui est un peu plus rapide qu’avant l’éruption du 14 janvier. La chambre magmatique sous Svartsengi est probablement en expansion et pourrait finir par provoquer une éruption ou donner naissance à une intrusion magmatique comme celle qui s’est produite sous la ville de Grindavík fin 2023.

L’éruption du 14 janvier 2024 (image webcam)

A Hawaii, le HVO enregistre toujours un essaim sismique sous le Kilauea. La plupart des événements se produisent sous la zone de faille de Koa’e, à 8-12 km au sud-ouest de la caldeira sommitale.
Les inclinomètres de Sand Hill et au niveau de la falaise d’Uēkahuna continuent de montrer des mouvements du sol dans des directions et des vitesses constantes. On constate que la zone sommitale se dégonfle à mesure que le magma se déplace de ce secteur vers le sud-ouest.
Une importante intrusion de lave, estimée à 30 millions de mètres cubes, s’est produite au sud et au sud-ouest de la caldeira du Kilauea depuis le 27 janvier 2024. Le HVO explique que, tant que l’intrusion se poursuit, il existe un risque que l’éruption se produise à l’intérieur ou au sud-ouest de la caldeira, sans prévenir longtemps à l’avance.

La lave va-t-elle réapparaître dans le cratère de l’Halema’uma’u? (Image webcam)

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Dernière minute : Dans une mise à jour publiée le 3 février 2024 au matin, le HVO indique que la sismicité et la déformation du sol depuis le sommet du Kīlauea en direction du sud-ouest, le long du système de failles de Koa’e, ont considérablement diminué au cours des dernières 24 heures. L’intrusion magmatique dans cette zone semble avoir ralenti et la probabilité d’une éruption semble s’éloigner. Le niveau d’alerte volcanique a été abaissé de WATCH (Vigilance) à ADVISORY (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne a été réduite d »ORANGE à JAUNE.
Source : HVO.

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In Iceland and Hawaii, the observatories (the Met Office and the HVO) explain that an eruption is expected in the coming days. According to the parameters, lava is likely to break through the surface.

In Iceland, a new eruption might occur on the Reykjanes Peninsula, like on December 18th, 2023 and January 14th, 2024. These events were short-lived. Will it be the same for the next eruption? No one knows. Nobody knows where lava will come out either: in the area of the Svartsengi geothermal power plant? Close to Grindavik? It is a mystery ! As I indicated previously, several parameters show that around 6.5 million cubic meters of magma have accumulated beneath the Svartsengi region since mid-January.

Land by the Svartsengi Power Plant and the Blue Lagoon has risen by up to 8 millimetres per day in recent days, slightly faster than before the January 14th eruption outside the town of Grindavík. This indicates that the magma chamber beneath Svartsengi is likely expanding and could eventually cause an eruption or form a magma intrusion like the one that occurred beneath the town of Grindavík at the end of 2023. An eruption might occur with little advanced warning.

In Hawaii, HVO is still recording a seismic swarm with most earthquakes occurring beneath the Koaʻe fault zone, 8-12 km southwest of the Kilauea caldera.

Tiltmeters at Sand Hill and Uēkahuna bluff continue to show ground motion at consistent directions and rates, suggesting that the summit region is deflating as magma moves from this region to the southwest.

A significant lava intrusion (30 million cubic meters) has occurred south and southwest of the Kīlauea caldera since January 27th, 2024. HVO explains that as long as the intrusion continues, there is a chance that an eruption could occur within or southwest of the caldera with little advanced warning.

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Last minute : In an update released on February 3rd, 2024 in the morning, HVO indicates that earthquake and ground deformation rates extending from Kīlauea summit southwest along the Koa‘e fault system have decreased significantly over the past 24 hours. The intrusion of magma into this area appears to have slowed, and the likelihood of an eruption has decreased. The Volcano Alert Level was lowered from from WATCH to ADVISORY and the Aviation Color Code from ORANGE to YELLOW.

Source : HVO.

 

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Selon une scientifique du Met Office islandais, une nouvelle éruption pourrait se produire dès la semaine prochaine sur la péninsule de Reykjanes. Le soulèvement du sol dans le secteur de ,Svartsengi est plus rapide qu’avant l’éruption de janvier 2024. [N.B  : ma prévision personnelle était une éruption à la mi-février,….mais je peux avoir tout faux ! En fait, personne ne sait.]
Les derniers modèles (1er février 2024) basés sur les données GPS indiquent qu’environ 6,5 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous la région de Svartsengi. Cela signifie que le magma atteindra bientôt le même volume qu’avant l’éruption de janvier 2024.
Le soulèvement du sol près de la centrale de Svartsengi et du Lagon Bleu atteignait 8 millimètres par jour ces derniers temps, ce qui est un peu plus rapide qu’avant l’éruption du 14 janvier à l’extérieur de Grindavík. Cela indique que la chambre magmatique sous Svartsengi est probablement en expansion et pourrait finir par provoquer une éruption ou donner naissance à une intrusion magmatique comme celle qui s’est produite sous la ville de Grindavík fin 2023.
La scientifique ajoute qu’une éruption pourrait se produire sans préavis. Il faut garder à l’esprit que l’activité sismique n’a augmenté qu’une heure avant l’éruption de décembre 2023 à Sundhnúkagígar.
Source: Met Office, Iceland Review.

La dernière éruption a permis d’admirer de belles fontaines de lave (image webcam)

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La lente émission de lave se poursuit dans le cratère sommital du Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska). La couleur de l’alerte aérienne reste à Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Watch (Vigilance). La coulée de lave reste concentrée au centre du dôme.sommital Cette activité a été confirmée par des images radar. Les webcams et les données sismiques ont été perturbées en raison d’une panne de courant liée à un orage.
Source : AVO.

Crédit photo : AVO

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Le 31 janvier 2024, le HVO m’a envoyé un message indiquant que le Kilauea (Hawaï) n’était pas en éruption, mais qu’une activité sismique intense et un soulèvement significatif du sol étaient observées au sommet du volcan. Ces événements étaient les signes d’un mouvement du magma dans le sous-sol. Le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne ont été respectivement relevés à WATCH (Vigilance) et à la couleur ORANGE en raison de cette activité.
Au moment du message, le HVO ne pouvait pas dire avec certitude si cette activité déboucherait sur une éruption ; elle pouvait rester sous terre. Cependant, une éruption sommitale à l’intérieur du Parc national, et loin des infrastructures, était une possibilité. En effet, la hausse de la sismicité et la déformation se limitent à la région sommitale et aucune activité particulière n’a été observée sur la zone de Rift Est ou la zone de Rift Sud-Ouest.
Source : HVO.

Le cratère de l’Halema’uma’u (image webcam du 1er février 2024) est actuellement inactif, mais peut-être pas pour très longtemps… (Image webcam)

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L’activité éruptive de l’Ibu (île Halmahera / Indonésie) se poursuit avec de fortes explosions au niveau du cône de scories au sein de la caldeira sommitale. Le PVMBG a enregistré deux éruptions significatives le 31 janvier 2024, avec des colonnes atteignant 4,5 km de hauteur. .
Tout au long du mois de janvier, l’Ibu a maintenu une activité éruptive, avec des émissions quotidiennes de cendres allant du blanc et gris au gris et au brun, avec des panaches s’élevant de 200 à 1 300 m au-dessus du sommet. Des explosions font parfois vibrer les vitres des localités proches du volcan.
Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de quatre niveaux). Le public est prié de rester au-delà d’un rayon de 2 km et de 3,5 km dans le secteur nord du cratère actif.
Source : PVMBG.

Activité éruptive de l’Ibu en mai 2022

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Dans la matinée du 25 janvier 2024, une petite éruption phréatique dans le cratère du Poás (Costa Rica) a généré un panache de vapeur qui s’est élevé à plus de 500 m de hauteur. C’est le panache le plus haut enregistré depuis le 30 septembre 2019. L’événement a entraîné la réduction du nombre de personnes autorisées à se tenir sur la plate-forme d’observation. Seules 56 visiterus à la fois sont désormais acceptés et ils foivent porter des casques. Dans l’après-midi du 26 janvier, une éruption phréatique encore plus importante a éjecté des matériaux à 300 m au-dessus de la surface du lac et a produit un panache de gaz et de vapeur qui s’est élevé à 700 m de hauteur. Les 26 et 27 janvier, un dégazage quasi constant accompagné de bouillonnements a été observé sur le lac.
Source : OVSICORI.

Crédit photo : Wikipedia

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Dans un bulletins spécial, le PHIVOLCS a signalé une hausse de la sismicité sur le Bulusan (Philippines), avec un total de 126 secousses enregistrées par le réseau sismique au cours la journée du 28 janvier 2024. Les événements avaient des magnitudes comprises entre M 0,3 et M 2,2, avec des hypocentres situés à des profondeurs de 1 à 9 km sous les flancs N et NO. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et il est rappelé au public de ne pas entrer dans la zone de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 4 km.

Source : PHIVOLCS.

Crédit photo : Wikipedia

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Du 13 au 23 janvier 2024, des coulées de lave étaient émises par des bouches dans le pit cratère Sud de l’Erta Ale (Éthiopie). Au vu des images satellitaires, elles ont parcouru environ 500 m vers le sud, 200 m vers le nord-ouest et 250 m vers le sud-sud-ouest. Des visiteurs du volcan ont pris des photographies et réalisé des vidéos de petites fontaines de lave jaillissant d’un cône et de coulées de lave pahoehoe. L’activité s’est sensiblement accrue dans la matinée du 27 janvier. Aucune mention n’est faite d’un lac de lave dans le cratère.
Source : Copernic, Aventure et Volcans.

Activité éruptive dans le cratère sud de l’Erta Ale

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

According to a scientist at the Icelandic Met Office, another eruption could occur as soon as next week on the Reykjanes Peninsula. Land uplift at Svartsengi is observed at a faster rate than prior to the January 2024 eruption in the area. [N.B : my personal prediction was an eruption by mid February, ….but I may be wrong ! Actually, nobody knows.]

Land by the Svartsengi Power Plant and the Blue Lagoon has risen by up to 8 millimetres per day in recent days, slightly faster than before the January 14th eruption outside the town of Grindavík. This indicates that the magma chamber beneath Svartsengi is likely expanding and could eventually cause an eruption or form a magma intrusion like the one that occurred beneath the town of Grindavík at the end of 2023.

The scientis adds that an eruption could occur with little notice One should keep in mind that seismic activity only increased one hour before the December eruption at Sundhnúkagígar.

Source : Iceland Review.

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The slow eruption of lava continues in the summit crater of Great Sitkin (Aleutians / Alaska).. The Aviation Color Code remains at Orange and Alert Level at Watch. The lava flow is concentrated at the center of the dome. This activity was confirmed through radar images. Local webcams and seismic data communications have been disrupted due to a storm-related power failure.

Source : AVO.

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On January 31st, 2024, HVO sent me a message indicatinfg that Kilauea (Hawaii) was not erupting, but increased earthquake activity and inflationary ground deformation were observed at the summit of the volcano. These events were the signs of movement of magma in the subsurface. The volcano alert level and the aviation color code were respectively raised to WATCH and ORANGE due to this activity.

At the time of the message, HVO could not say with certainty if this activity would lead to an eruption; the activity might remain below ground. However, a summit eruption within Hawaii Volcanoes National Park and away from infrastructure, was one potential outcome. Indeed, ncreased seismicity and deformation remain restricted to the summit region and no unusual activity has been noted in the East Rift Zone or Southwest Rift Zone.

Source : HVO.

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Eruptive activity at Ibu ( Halmahera Island / Indonesia) continues with strong explosions from the cinder cone within the summit caldera. PVMBG recorded two significant eruptions on January 31st, 2024, with as columns up to 4.5 km. .

Throughout January, Ibu maintained a state of eruption, with daily ash emissions ranging in color from white-and-gray to gray-to-brown, rising 200 – 1 300 m above the summit. Explosions sometimes vibrate the windows in municipalities close to the volcano.

The Alert Level remains at 2 (on a four-tier scale). The public is asked to stay beyond a 2 km radius and 3.5 km from the northern sector of the active crater.

Source : PVMBG.

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In the morning of 25 January, 2024, a small phreatic eruption at Poás (Costa Rica) produced a steam plume that rose more than 500 m high. The event produced the tallest plume recorded since 30 September 2019. The event resulted in the restriction of the number of people allowed to stand on the viewing platform to 56 at a time and visitors were required to wear hardhats. In the afternoon of 26 January a more significant phreatic eruption ejected material 300 m above the lake’s surface and produced a gas-and-steam plume that rose 700 m high. During 26-27 January, near constant degassing accompanied by bubbling was observed in the lake.
Source : OVSICORI.

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In a special advisory, PHIVOLCS reported increased seismicity at Bulusan (Philippines), characterized by a total of 126 volcanic-tectonic earthquakes recorded by the seismic network during 28 January, 2024. The events had magnitudes Between M 0.3 and M 2.2 and were located at depths of 1-9 km beneath the N and NW flanks.The Alert Level remains at 1 and the public is reminded not to enter the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

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During 13-23 January, 2024, lava flows were emited by vents in Erta Ale’s S pit crater (Ethiopia) and traveled about 500 m S, 200 m NW, and 250 m SSW based on satellite images. Visitors to the volcano took photographs and video of low lava fountaining at a cone and advancing pahoehoe flows. Activity increased notably during the morning of January 27th. No mention was made of a lava lake within the crater.

Source : Copernicus, Aventure et Volcans.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Le pouvoir destructeur des coulées de lave // The destructive power of lava flows

Un récent article « Volcano Watch » diffusé par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (le HVO) explique que la dernière éruption en Islande, en janvier 2024, est un rappel des dangers liés aux coulées de lave. Les scènes de destruction observées en Islande ressemblent à celles subies par les habitants d’Hawaii, à plus grande échelle, lorsque leur vie a été bouleversée par l’éruption dévastatrice du Kilauea en 2018, avec la destruction de quelque 700 structures.

 

Crédit photo: HVO

Un scénario identique s’est déroulé en janvier 2024 en Islande. Une éruption a débuté le 14 janvier sur la péninsule de Reykjanes, avec une menace pour le port de pêche de Grindavik. Des fissures se sont ouvertes à quelques centaines de mètres en amont de la ville. Elles ont émis une coulée de lave qui est entrée dans une zone habitée et a détruit plusieurs maisons.

 

Image webcam

Le lendemain, le front de coulée s’est arrêté et l’éruption a pris fin. Le système magmatique a immédiatement provoqué un nouveau soulèvement du sol, signe qu’une nouvelle éruption pourrait se produire dans un avenir proche.
Ce n’est pas la première fois que l’Islande est confrontée à des coulées de lave destructrices. En 1973, une éruption a envoyé de la lave à travers Heimaey, dans les îles Vestmann, et la coulée a atteint le rivage. Cette éruption a été particulièrement remarquable par l’utilisation de canons à eau pour tenter de refroidir la lave et d’arrêter sa progression avant qu’elle ne bloque l’entrée du port de pêche. Près de la moitié de la ville a été détruite et aujourd’hui, il existe un « cimetière » de maisons à la surface de la coulée de lave de 1973, avec des bornes en pierre, illustrées d’un petit croquis, pour indiquer l’emplacement de chacune des habitations.

 

Crédit photo : HVO

L’éruption de janvier 2024 en Islande n’est pas la seule activité éruptive récente dans ce pays. Au cours des trois dernières années, cinq éruptions se sont produites sur la péninsule de Reykjanes. La plupart d’entre elles ont eu lieu loin des zones habitées. Des milliers de touristes ont pu admirer de très près les fontaines de lave.

 

Image webcam

Malheureusement, les données géologiques montrent que d’autres éruptions sont susceptibles de se produire dans un avenir proche sur la péninsule. La dernière phase éruptive dans cette partie de l’Islande s’est produite il y a 800 ans, avec des phases éruptives qui ont duré des décennies ou plus. Les éruptions des cinq dernières années pourraient n’être que le début d’une activité qui pourrait persister pendant plusieurs années. Cette perspective ne peut qu’angoisser encore davantage les habitants de Grindavik.

 

Crédit photo: Iceland Review

D’une certaine manière, la dernière activité éruptive sur la péninsule de Reykjanes n’est pas sans rappeler celle observée sur le Kilauea. La caldeira sommitale de ce volcan est dans une phase de remplissage qui fait suite à l’effondrement et à l’affaissement du plancher de la caldeira lors de l’éruption de 2018. Cinq éruptions ont eu lieu depuis 2020. La différence avec l’Islande, c’est que sur le Kilauea, cette phase éruptive est restée confinée à la caldeira sommitale, sans menace pour les zones habitées.
L’éruption de 2024 en Islande et celle du Kilauea en 2018 sont deux exemples récents qui mettent en évidence la nature destructrice des coulées de lave. En 2021, l’éruption du Cumbre Vieja à La Palma, dans les îles Canaries, a , elle aussi, produit des fontaines et des coulées de lave qui ont atteint l’océan, en traversant des zones habitées et en détruisant plus d’un millier de bâtiments.

 

Eruption de la Cumbre Vieja (image webcam)

Plus tôt la même année, une éruption latérale du Nyiragongo, en République Démocratique du Congo, a envoyé des coulées de lave dans plusieurs villages, détruisant environ un millier de maisons et tuant 32 personnes. Des milliers d’habitants ont été déplacés.
Que ce soit en Islande, à Hawaï, aux îles Canaries ou au Congo, l’impact des éruptions s’étend bien au-delà des seules coulées de lave. De nombreux habitants ont été déplacés et leur vie a été gravement perturbée, même si la lave a épargné leurs biens. Il faut du temps pour s’adapter à un paysage modifié. Les effets des coulées de lave peuvent persister des années après la fin de l’éruption.

Photo: C. Grandpey

Les progrès en matière de surveillance et de prévision de l’activité éruptive ont, certes, amélioré notre capacité à avertir les populations, mais les zones habitées restent vulnérables. Que la dernière éruption ait eu lieu il y a 800 ans ou 5 ans, il est important de connaître les aléas volcaniques susceptibles d’impacter les habitants qui doivent prendre les mesures nécessaires pour se protéger eux-mêmes, mais aussi leur famille et de leurs biens.
Source : USGS/HVO.

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A recent ‘Volcano Watch‘ article by the Hawaiian Volcano Observatory explains that Iceland’s recent eruption is a reminder of lava flow hazards. The scenes of destruction observed in Iceland are similar to those suffered by Hawaii residents, at a larger scale, when their lives were affected by the destructive 2018 eruption of Kilauea, with the destruction of 700 structures or so.

A similar scenario occurred in January 2024 in Iceland. A new eruption on the Reykjanes Peninsula began on January 14th, threatening the small fishing village of Grindavik. Fissures opened just a few hundred meters upslope of the town, sending a lava flow into residential areas. The flow inched into the edge of town and destroyed several houses.

By the next day, the flow front had stalled, and the eruption was ending. But the magmatic system has been reinflating beneath the surface, indicating another eruption could happen in the near future.

This is not the first time that Iceland has dealt with destructive lava flows. In 1973, an eruption sent lava right through Heimaey in the Vestmann Islands, with the flow creeping into the nearby bay. That eruption was most notable for the use of water cannons to try to cool the flow and arrest its advance before it blocked the entrance to the fishing harbor. Nearly half of the town was destroyed and today, a house “graveyard” is present on the surface of the 1973 lava flow that covered the town, with stone markers showing the location of each owner’s house accompanied by a small sketch of the residence.

The eruption of January 2024 in Iceland has not been the only recent eruptive activity there. Over the last three years, five different eruptions have occurred on the Reykjanes Peninsula. Most of these have been a safe distance from residential areas. Thousands of tourists were drawn to the up-close views of spectacular lava fountaining.

Unfortunately, the geologic record suggests that more eruptions could occur in the near future on the peninsula. The last eruptive phase in this part of Iceland occurred 800 years ago, but eruptive phases have lasted decades or longer. This suggests that the past five eruptions may be just the start of activity that could persist for years. This adds to the anxiety of Grindavik residents.

In a way, this recurrent eruptive phase in the Reykjanes Peninsula is reminiscent of the current era that is observed at Kilauea. The summit caldera of the volcano has been in a multi-year phase of crater refilling, following the collapse and subsidence of the caldera floor during the 2018 eruption. Five eruptions have occurred since 2020. However, at Kilauea, this multi-year eruptive phase has been safely contained within the summit caldera, with no threat to residential areas.

The 2024 eruption in Iceland and the 2018 Kilauea eruption are just two of several recent examples that highlight the destructive nature of lava flows. In 2021, the eruption of Cumbre Vieja at La Palma, in the Canary Islands, produced lava fountains and flows that reached the ocean, cutting through residential areas and destroying over a thousand buildings.

Earlier that same year, a flank eruption of Nyiragongo volcano, in the Democratic Republic of the Congo, sent lava flows through several villages, destroying about a thousand homes and killing 32 people. Thousands of residents were displaced.

In each of these places, whethze in Iceland, in Hawaii, in the Canary Islands, or in Congo, the impact of the eruption extends far beyond the margins of the lava flow. Large numbers of nearby residents have been displaced, and their lives severely disrupted, even if the flow spared their property. Residents and communities take time to adjust to a changed landscape. The effects of the lava flows can linger for years after the eruption ends.

While advances in monitoring and forecasting of eruptive activity have improved our ability to provide warning to stakeholders before an eruption; residential areas around the world are still vulnerable. Whether it’s been 800 years or 5 years since the last eruption where you live, it is important to know the volcanic hazards that could impact you and make a plan for taking care of yourself, your family, and your property.

Source : USGS / HVO.

Kilauea (Hawaii) : l’éruption de 1974 dans la zone de rift sud-ouest // The 1974 eruption in the Southwest Rift Zone

Le Kilauea n’est pas en éruption ces jours-ci. Toutefois, on assiste à la poursuite de l’activité sismique et de déformation liée à l’intrusion magmatique qui a commencé début octobre 2023 au sud-ouest du sommet. Le HVO explique que cette activité est susceptible de s’intensifier ou diminuer en fonction des arrivées de magma dans l’intrusion. « Une activité éruptive pourrait survenir dans un avenir proche sans prévenir ou presque. »
En attendant la prochaine éruption, le HVO s’attarde sur la dernière éruption observée sur la Zone de Rift Sud-Ouest en 1974. Au cours des dernières années, la majorité des éruptions du Kilauea se sont produites au sommet (2008-2018 et 2020-2023), dans la Middle East Rift Zone au niveau du Pu’uO’o (1983-2018) ou dans la Lower East Rift Zone (éruption de 2018).
La Zone de Rift Sud-Ouest n’a pas connu d’éruption depuis le 31 décembre 1974. Cette année-là, le Kīlauea est entré en éruption à trois reprises ; deux fois au sommet en juillet et septembre et une fois dans la Zone de Rift Sud-Ouest en décembre.
Immédiatement après l’éruption sommitale de septembre 1974, cette même région sommitale a commencé à connaître une inflation significative. La sismicité a augmenté au sommet et dans l’Upper East Rift Zone au cours du mois qui a précédé l’éruption de décembre. Dans la soirée du 30 décembre, le sommet et la partie supérieure de la Zone de Rift Sud-Ouest ont connu une activité sismique à raison de 2 à 4 événements par minute.
Juste après minuit, à 0 h10 le 31 décembre, les inclinomètres ont enregistré une forte déflation et on a observé une hausse du tremor indiquant que le magma était en train de quitter la région sommitale.
Le HVO n’a pas eu longtemps à attendre : les premières fontaines de lave ont été observées à 2 h 56 du matin le 31 décembre dans la région du Désert de Ka’ū, à l’intérieur du Parc national. Ces fontaines de lave atteignaient une quarantaine de mètres de hauteur, avec quelques projections de bombes jusqu’à 100 mètres de haut.
Plus de 10 fissures se sont ouvertes au cours de la première heure de l’éruption, en direction de l’est-nord-est et l’ouest-sud-ouest, formant un rideau de lave quasi continu sur plus de 4 kilomètres de longueur.
La hauteur des fontaines de lave a commencé à diminuer rapidement pendant la matinée et l’éruption a pris fin à 8h50.
Au cours des quelque six heures d’éruption, la lave a parcouru une douzaine de kilomètres depuis sa source. Il a été surprenant de constater que la coulée de lave était très peu épaisse – moins de 90 centimètres – et a couvert une vaste surface de la partie supérieure de la Zone de Rift Sud-Ouest.
Source : USGS/HVO.

L’éruption en début de matinée le 31 décembre 1974 (Crédit photo : USGS)

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Kilauea is not erupting these days. However, the seismic and deformation unrest associated with the intrusion that began in early October 2023 southwest of the summit continues. HVO explains that this unrest could continue to wax and wane with changes to the input of magma into the area. « Eruptive activity could happen in the near future with little or no warning. »

Waiting for the next eruption, HVO lingers on the last eruption on the Southwest Rift Zone in 1974. Over the past years, a majority of the Kilauea eruptions occurred at the summit (2008–2018 and 2020–2023), in the middle East Rift Zone at Pu’uO’o (1983–2018) or lower East Rift Zone (2018 eruption).

The Southwest Rift Zone has not erupted since New Year’s Eve 1974. Kīlauea erupted three times in 1974; twice at the summit in July and September and once in the Southwest Rift Zone in December.

Immediately following the September 1974 summit eruption, the summit region started undergoing very high rates of inflation. Seismicity increased in the summit and upper East Rift Zone regions for the month leading up to the December eruption. By the evening of December 30th, the summit and upper Southwest Rift Zone were experiencing earthquakes at a rate of 2–4 per minute.

Just after midnight, at 12:10 a.m. on December 31st, the tiltmeters recorded sharp deflation and increased tremor indicated magma was on the move out of the summit region.

HVO staff did not have long to wait, with the first lava fountains observed at 2:56 a.m. on New Year’s Eve in the Kaʻū Desert region of the National Park. These lava fountains reached average heights of about 40 meters, but on rare occasions threw lava bombs up to 100 meters high.

More than 10 fissures eventually opened during the first hour of the eruption, to the east-northeast and west-southwest, forming a near-continuous fountain of lava that stretched more than 4 kilometers long.

Lava fountain heights started to rapidly decline throughout the morning and the eruption was over by 8:50 a.m.

During the six hours or so the eruption lasted, lava travelled about 12 kilometers from its source, emplacing an uncommonly thin – less than 90 centimeters – lava flow across a large area of the upper Southwest Rift Zone.

Source : USGS / HVO.