Conférences 2026 !

Plusieurs conférences sont au programme de l’année 2026.

Je présenterai « La Campanie, des Champs Phlégréens à Pompéi » le 30 avril 2026 au Palais des Congrès de Rochefort (Charente-Maritime)

Au départ de Pouzzoles, je conduis le spectateur à travers la Campanie avec une première étape dans la Solfatara, une cocotte-minute prête à exploser. Puis, nous escaladons les pentes du Vésuve dont la prochaine éruption pourrait être dévastatrice. Nous déambulons ensuite dans les rues de Herculanum et Pompéi, détruites par le volcan en l’an 79.
La conférence est illustrée par des photos que j’ai prises sur les différents sites. Elle se poursuit, comme les précédentes présentations, par un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, intitulé « La Java des Volcans ». Il fait voyager à travers l’île indonésienne de Java qui héberge plusieurs volcans aussi explosifs que le Vésuve.

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Je présenterai « Volcans et Risques Volcaniques »  le 7 mai 2026 à 15 heures à la Salle de la Gomière à Châtellerault (Vienne).

Séismes et volcans sont souvent associés dans la pensée populaire. Il est malheureusement impossible de prévoir les tremblements de terre.
Le but de la conférence « Volcans et Risques volcaniques  » est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé.
Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu? Sommes nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaye de répondre.
La conférence s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé intitulé « L’Etna, de glace et de feu ».

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Je présente à partir de 2026 une nouvelle conférence intitulée « Contes, mythes et légendes volcaniques. » Elle aura lieu le 26 novembre 2026 à 14h30 au Centre Universitaire Maurice Faure de Cahors (Lot).

Stromboli, Etna, Kilauea, Krakatau…. Autant de noms qui font rêver mais suscitent aussi la crainte. Malgré le risque éruptif, les volcans les plus actifs de la planète ont toujours fasciné les hommes. Les contes et légendes abondent, comme si l’homme essayait, à travers ces récits, de se rassurer devant les forces de la Nature.

Le but de ma conférence est de faire voyager le public à travers le monde, de l’Islande à Hawaï, non pas en décrivant le phénomène éruptif, mais en se plongeant dans des contes, mythes et légendes racontés souvent par des peuples qui n’avaient pas notre connaissance scientifique pour expliquer les événements auxquels ils assistaient.

Comme pour mes conférences précédentes, celle-ci sera suivie d’un diaporama en fondu-enchaîné, d’une vingtaine de minutes, intitulé Hawaï, le Feu de la Terre.

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J’ai présenté ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique » à Parthenay (Deux-Sèvres) le 6 janvier 2026. Elle est disponible pour d’autres dates.

Lors de mes voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers.
Aucun continent n’est épargné, pas plus l’Afrique avec le Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Le but de ma conférence « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique  » est de sensibiliser la population à une catastrophe annoncée. Elle s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé illustrant la situation glaciaire en Alaska.

Photos: C. Grandpey

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Si votre association ou votre comité d’entreprise sont intéressés par les sujets proposés, leurs responsables peuvent me contacter par mail à claude.grandpey@orange.fr

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

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Dans un bulletin diffusé le 9 janvier 2026, l’OVPF indique que l’activité sismique sous le Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) se poursuit. Depuis l’intrusion magmatique du 1er janvier 2026, une moyenne de trente séismes volcano-tectoniques superficiels par jour est enregistrée sous le sommet du volcan. De plus, la sismicité volcano-tectonique profonde persiste, mais avec une faible intensité. .

L’inflation de l’édifice volcanique a repris fin décembre, juste avant l’intrusion magmatique du 1er janvier 2026. Depuis cette intrusion, l’inflation persiste, indiquant que la mise en pression du réservoir magmatique superficiel se poursuit. Ce processus de pressurisation du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines, voire plusieurs mois et se solder – ou pas – par une éruption.

Le niveau d’alerte est ‘Vigilance’ et l’Enclos est ouvert au public avec des restrictions quant à l’utilisation des sentiers.

Source : OVPF.

Photo: C. Grandpey

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Les fontaines de lave de l’Épisode 40 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) ont mis beaucoup de temps à ce déclencher. À partir du 10 janvier 2026, elles ont été précédées de nombreux et spectaculaires débordements, principalement de la bouche sud. L’une des coulées issues de ces débordements a couvert une distance de 1 km dans le cratère de l’Halema’uma’u.

C’est la bouche nord qui a donné naissance aux fontaines de lave qui ont commencé à jaillir à 8 h 22 (heure locale) le 12 janvier 2026. Leur hauteur a augmenté progressivement pour culminer à environ 250 mètres.

Les coulées de lave ont recouvert environ la moitié, voire les deux tiers, du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Les fontaines de lave de l’Épisode 40 ont produit 5,5 millions de mètres cubes de lave. Le débit éruptif moyen était d’environ 190 mètres cubes par seconde.

Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 40

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Le 14 janvier 2026 en soirée, un essaim sismique a débuté sous le cratère de l’Halemaʻumaʻu, au sommet du Kīlauea. L’activité sismique, initialement élevée, a progressivement diminué en fréquence et en intensité sur une période de 40 minutes. Les épicentres de ces séismes étaient répartis sur une vaste zone sous le côté est de l’Halemaʻumaʻu et la caldeira sud. Tous les séismes avaient des magnitudes inférieures à M2.0 et, la plupart avaient des magnitudes de M1,0 ou moins.
Il s’agit du troisième essaim sismique de faible intensité sous le cratère de l’Halemaʻumaʻu depuis la fin de l’Épisode 40.
La plupart de ces séismes sont des événements volcano-tectoniques liés à l’ouverture de fissures sous l’effet de la pression magmatique. Aucune activité sismique d’une telle intensité n’avait été observée au sommet depuis le début de l’éruption en décembre 2024.
Reste à savoir si ces essaims sismiques, après l’Épisode 40, auront un impact sur l’activité de fontaines de lave à venir
Source : HVO.

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Au cours de la semaine écoulée, deux séquences éruptives modérées ont été observées sur le Sabancaya (Pérou), avec des panaches de cendres et de gaz jusqu’à 2 100 mètres au-dessus du sommet du volcan, ainsi qu’une activité sismique liée au mouvement de fluides magmatiques et à des fracturations à l’intérieur du volcan.

Le niveau d’alerte volcanique reste à la couleur Orange.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Le nombre de séismes longue période (LP) a augmenté sur le Pavlof (péninsule d’Alaska) depuis le matin du 14 janvier 2026. Aucune activité éruptive ni émission de cendres ou de gaz n’a été observée au sommet. Cette activité sismique étant supérieure à la normale, l’Observatoire volcanologique d’Alaska a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à ‘Advisory’ (surveillance conseillée). Ce type d’activité sismique a déjà précédé des éruptions, mais s’est aussi parfois terminé sans qu’aucune éruption ne se produise.

Source : AVO.

Crédit photo: AVO

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Dans un bulletin diffusé le 12 janvier 2026, l’INGV indiquait que de faibles lueurs étaient observées occasionnellement sur l’Etna (Sicile) au niveau des bouches effusives dans la partie supérieure de la Valle del Bove. De faibles lueurs étaient également visibles au niveau de la bouche qui s’était ouverte sur le flanc est de la Voragine le 27 décembre 2025. Aucune coulée de lave active n’était observée à proximité des bouches effusives. D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du tremor volcanique continuait d’osciller entre des valeurs moyennes et faibles.

Un nouveau bulletin émis le 13 janvier 2026 confirmait ce qui précède et indiquait que l’éruption était définitivement terminée.

Source : INGV.

Crédit photo: Boris Behncke

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L’activité éruptive se poursuit sur le Mayon (Philippines). Les extrusions de lave et les effondrements au niveau du dôme sommital produisent de nombreuses coulées pyroclastiques, des chutes de blocs, des panaches de cendres, des avalanches de matériaux incandescents et les prémices de coulées de lave. Bien que le gonflement du flanc Est du volcan se poursuive depuis juin 2024, aucune accélération de la déformation n’a été observée malgré la hausse récente de la sismicité. Les émissions de SO₂ restent à leur niveau de base. Les panaches de cendres s’élèvent parfois jusqu’à 900 m au-dessus du sommet.
Le 12 janvier 2026, 4 092 personnes (soit 1 116 familles) étaient hébergées dans 14 centres d’accueil, et 48 autres personnes (15 familles) étaient hébergées chez des amis ou des proches.
Le niveau d’alerte du Mayon demeure à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et il est rappelé à la population de rester à l’écart de la zone de danger permanent (ZDP) de 6 km de rayon autour du volcan.

Activité sommitale sur le Mayon (Crédit photo: Phivolcs)

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive du Kanlaon se poursuit. Le réseau sismique enregistre quotidiennement des séismes d’origine volcanique. Des panaches de gaz, de vapeur et de cendres s’élèvent jusqu’à 1,2 km au-dessus du cratère. Le 14 janvier 2026, le PHIVOLCS a publié un rapport spécial signalant une hausse de la sismicité, avec 45 séismes volcano-tectoniques enregistrés à des profondeurs de 0 à 13 km sous le flanc nord-ouest du volcan. Les émissions de SO₂ atteignent en moyenne 1 767 tonnes par jour depuis le 1er janvier. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5). Il est demandé au public de rester en dehors de la zone de danger permanent (ZDP) de 4 km de rayon.
Source : PHIVOLCS.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Krasheninnikov et le Sheveluch et Jaune pour le Bezymianny.

Source : KVERT.

Vue du Krasheninnikov (Crédit photo: KVERT)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about volcanic activity around the world.

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In a bulletin released on January 9, 2026, the OVPF indicated that seismic activity beneath Piton de la Fournaise (Réunion Island) continues. Since the magma intrusion of January 1, 2026, an average of thirty shallow volcano-tectonic earthquakes per day have been recorded beneath the volcano’s summit. Furthermore, deep volcano-tectonic seismicity persists, albeit at a low intensity.
Inflation of the volcanic edifice resumed at the end of December, just before the magma intrusion of January 1, 2026. Since this intrusion, inflation has continued, indicating that the pressurization of the shallow magma reservoir is ongoing. This pressurization process can last from several days to several weeks, or even several months, and may or may not result in an eruption.

The alert level is ‘Vigilance,’ and the Enclos is open to the public with restrictions on the use of the trails.

Source: OVPF.

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The lava fountains of Episode 40 of the Kilauea eruption (Hawaii) took a long time to start. Beginning on January 10, 2026, they were preceded by numerous spectacular overflows, primarily from the south vent. One of the flows covered a distance of 1 km within Halemaʻumaʻu Crater.
The lava fountains were emitted by the north vent which began erupting at 8:22 a.m. (local time) on January 12, 2026. The fountains’ height gradually increased, culminating at approximately 250 meters.
The lava flows covered about half to two-thirds of the floor of Halemaʻumaʻu Crater. The lava fountains of Episode 40 produced 5.5 million cubic meters of lava. The average eruptive flow rate was approximately 190 cubic meters per second.
Source: HVO.

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On January 14, 2026 in the evening a swarm of earthquakes began beneath Halemaʻumaʻu crater at the summit of Kīlauea. Elevated seismic activity gradually died down in frequency of occurrence and intensity, over the course of 40 minutes. Locations of these earthquakes are spread broadly beneath east side of Halemaʻumaʻu crater and the south caldera. All of the detected earthquakes have been less than magnitude-2, with most being magnitude-1 or smaller.

This is the third small swarm of earthquakes beneath Halemaʻumaʻu crater since the end of episode 40.

Most of the earthquakes are volcano-tectonic events that accompany crack opening due to magmatic pressure. Elevated seismic activity of these intensities have not been seen at the summit since the start of the eruption in December 2024.

It is yet to be determined if these swarms after Episode 40 will have an impact on lava-fountaining activity at the surface.

Source : HVO.

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Over the past week, two moderate eruptive sequences were observed at Sabancaya (Peru), with ash and gas plumes reaching up to 2,100 meters above the volcano’s summit, as well as seismic activity linked to the movement of magmatic fluids and fracturing within the volcano.
The volcano alert level remains at Orange.
Source: IGP.

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The rate of long-period earthquakes has increased at Pavlof Volcano (Alaska Peninsula) since the morning of January 14, 2026. No eruptive activity or emissions from the summit have been observed. The seismic activity represents an increase from background levels, therefore the Alaska Volcano Observatory is raising the Aviation Color Code and Alert Level to YELLOW/ADVISORY. This type of earthquake activity in the past has preceded eruptions, but also has ended without an eruption occurring.

Source : AVO.

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In a bulletin issued on January 12, 2026, the INGV reported that a faint glow was occasionally observed on Mount Etna (Sicily) at the effusive vents in the upper part of the Valle del Bove. A faint glow was also visible at the vent that opened on the eastern flank of the Voragine on December 27, 2025. No active lava flows were observed near the effusive vents. From a seismic perspective, the average amplitude of the volcanic tremor continued to fluctuate between medium and low values.

A further bulletin issued on January 13, 2026, confirmed the above and indicated that the eruption was definitively over.
Source: INGV.

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Eruptive activity continues at Mayon (Philippines). Effusion and collapses at the summit dome produce numerous pyroclastic flows, rockfalls, ash plumes, avalanches of incandescent material, and the beginnings of lava flows. Though inflation at the E flank had been ongoing since June 2024, there were no corresponding increases in deformation along with the increased seismicity. SO2 emissions remain at background levels. Ash plumes may rise as high as 900 m above the summit.

By 12 January 2026,a total of 4,092 people (1,116 families) had moved to 14 evacuation shelters, and an additional 48 people (15 families) were staying with friends or relatives.

The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale) and residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Kanlaon. The seismic network records daily volcanic earthquakes. Gas-and-steam and ash plumes rise as high as 1.2 km above the crater. On 14 January 2026, PHIVOLCS issued a special report stating that seismicity had increased, with 45 volcano-tectonic earthquakes recorded at depths of 0-13 km beneath the NW flank. SO2 emissions have averaged 1,767 t/d since 1 January. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5). The public is asked to stay out of the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

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In Kamchatka, the aviation color code is kept at Orange for Krasheninnikof and Sheveluch. It remains at Yellow for Bezymianny.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Islande, Hawaï, Etna : 3 approches de l’activité éruptive

Quand l’activité éruptive est apparue en Islande en 2020-2021 dans la Geldingadalir et la Meradalir, les autorités ont tout de suite compris que l’éruption pourrait devenir une attraction touristique, un bonus économique et une source de revenus, surtout après l’épidémie de Covid. Une campagne publicitaire a même été lancée pour inciter les touristes étrangers à venir admirer l’éruption. Sur place, tout a été fait pour faciliter l’accueil des visiteurs : parking, toilettes, bornes wifi, etc. et sentiers balisées pour accéder au spectacle.

Un afflux de touristes en Islande pour assister à l’éruption signifiait également plus de personnes à risque. Même si l’éruption semblait inoffensive, il existait des risques non négligeables. Il a été déconseillé – mais jamais interdit ! – aux enfants, aux femmes enceintes, aux personnes âgées et à celles souffrant de problèmes respiratoires de se rendre sur le site de l’éruption.

Certains touristes ont ignoré les mises en garde et se sont aventurés entre les coulées de lave, avec le risque de se trouver encerclés, mais personne n’a parlé d’arrestation, ni même de verbalisation. Ce genre de sanction ne fait pas partie de l’état d’esprit islandais.

La police a mis en garde à plusieurs reprises sur les risques occasionnés par les gaz volcaniques, mais les avertissements ont souvent été ignorés. Là encore, aucune intervention et aucune verbalisation. Cette même politique est adoptée sur la plage de sable noir de Reynisdjara où des touristes se mettent régulièrement en danger et où certaines personnes ont perdu la vie. Les Islandais ont fait le nécessaire pour prévenir du danger, mais aucune intervention policière n’est prévue, ni aucune sanction.

Cela ne veut pas dire que les Islandais laissent tout faire. S’il y a danger sur autrui, c’est différent. La vitesse est étroitement contrôlée sur les routes et vous devrez mettre la main au portefeuille si vous êtes en infraction. De la même façon, les agressions, l’usage de la drogue sont sévèrement réprimandés.

L’éruption islandaise : un succès populaire (Crédit photo: Iceland Review)

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Aux États Unis, c’est à Hawaï que le spectacle d’une éruption est en ce moment le plus intéressant. Depuis la fin de l’année 2024, le Kilauea entre régulièrement en activité, avec de très prectaculaires épisodes de fontaines de lave. Le 40ème épisode ne devrait d’ailleurs pas tarder à se déclencher. L’éruption se trouve à l’intérieur du Parc National des Volcans où plusieurs plateformes d’observation ont été aménégées. Attention ! C’est là et pas à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u qu’il faut rester pour admirer le spectacle. Si vous ne respectez pas les conditions imposées par les autorités, cela risque de vous coûter très cher. Le non-respect de la loi aux États Unis peut vite vous conduire en prison.

Site d’observation de l’éruption à Hawaï (Crédit photo: NPS)

Il en va de même sur d’autres sites éruptifs aux États Unis, comme Yellowstone, par exemple. Des sentiers avec caillebotis sont souvent prévus pour s’approcher des sources chaudes. Si vous ne respectez pas ces sentiers et si vous essayez de vous approcher encore davantage, vous êtes presque certain de vous faire harponner par un ranger en faction à proximité. Vous aurez droit, au mieux, à une sévère remontrance et l’affaire risque vite de tourner au vinaigre en cas de contestation.

Connaissant la rigidité de l’état d’esprit américain et son côté procédurier, je me suis débrouillé pour obtenir un permis de travail à l’intérieur du Parc des Volcans d’Hawaï. Contrairement à ce qui se passe en France, les autorités américaines ont accepté d’examiner mes travaux sur Vulcano, l’Etna et le Stromboli, même si je ne suis pas scientifique de formation. Elles m’ont octroyé l’autorisation que j’avais sollicitée pour travailler sur le processus de refroidissement de la lave. Je dois ajouter que mon bilinguisme français-anglais a bien facilité les choses.

Au chevet des coulées de lave (Photo: C. Grandpey)

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En Sicile, l’Etna est un autre monde. J’ai eu la chance de le fréquenter à une époque où le principe de précaution n’avait pas encore envahi notre société et où il était relativement facile de déambuler sur le volcan. Haroun Tazieff avait grandement facilité mon contact avec les guides et leur chef, le regretté Antonio Nicoloso est devenu un de mes amis intimes. Je pouvais faire ce qui me plaisait sur le volcan.

Au cours de la longue éruption de 1991-93, la situation était plus délicate car la lave menaçait la bourgade de Zafferana Etnea. Il fallait montrer patte blanche pour s’en approcher. Une lettre de recommandation de Tazieff (Garouk avait été très sensibles aux travaux que j’effectuais à Vulcano) m’a permis de faire des approches intéressantes. Un jour, les carabiniers ont même accepté de me redescendre à mon lieur d’hébergement à bord de leur véhicule !

Aujourd’hui, les portes se sont refermées. Chaque accès de colère du volcan s’accompagne d’ordonnances balancées par les maires des localités etnéennes. La Guarda di Finanzia verbalise à tour de bras (Elle l’a fait sur l’île de Vulcano au cours de la dernière hausse d’activité). Il faudrait jouer en permanence au chat et à la souris pour s’approcher d’une coulée de lave. Ce type d’approche d’un site éruptif n’est pas ma tasse de thé. De toute façon, le monde le la photo n’a plus le charme d’autrefois ; il a été, lui aussi, bouleversé par l’arrivée du numérique et des smartphones qui permettent de mitrailler sans fin. Je reste donc à la maison et me contente des images, parfois très belles, proposées par les webcams.

On parle aujourd’hui d’adopter en Sicile une autre politique qui permettrait aux touristes d’assister à une éruption en toute sécurité. C’est bien, mais l’Etna n’est pas le Kilauea et la mentalité sudiste sicilienne n’a rien à voir avec celle nordique de l’Islande.

Comme le disent si bien les Anglo-saxons : Wait and see !

Au plus près de l’éruption de 1991-1993 (Photo: C. Grandpey)

Polémique sur l’Etna (Sicile) : quelques précisions

Boris Behncke, volcanologue et chercheur à l’INGV de Catane, a publié un message sur les réseaux sociaux pour résumer ce qu’il avait vu sur l’Etna «en ces jours de folie et d’idiotie». Voici ce que Boris a déclaré (propos rapportés par le journal La Sicilia)  : «Parmi toutes les éruptions de l’Etna ces dernières années, aucune n’a été aussi inoffensive que l’éruption actuelle. Je ne comprends pas ce qui a bien pu passer par la tête de ceux [ NDLR : les maires de Milo et Fornazzzo] qui ont jugé utile de promulguer ces arrêtés, dans une région qui a besoin de bien plus d’interventions pour servir la communauté et cet environnement qui nous accueille et nous nourrit. J’ai déjà entendu dire que plusieurs personnes qui comptaient visiter l’Etna ont renoncé en prenant conscience de la situation. C’est le résultat de décisions irréfléchies, motivées par la paresse et la peur d’assumer ses responsabilités. Mais presque tout a déjà été dit ; il nous appartient désormais à tous de travailler à de meilleures solutions pour l’avenir, afin que cette éruption et la réaction des autorités ne se transforment pas en deuil. Un deuil pour la liberté d’explorer, de comprendre et d’apprécier la montagne qui a créé et qui continue de créer la Terre sur laquelle nous vivons.» Boris a précisé : «Je n’écris pas ceci en tant que volcanologue de l’INGV, mais à titre personnel.»

Cette déclaration n’a pas plu du tout à l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV). Quelques heures plus tard, un communiqué de presse de l’Institut , au nom de son président Fabio Florindo, a été publié : «L’Institut se désolidarise totalement des propos tenus par Boris Behncke, publiés sur son profil Facebook et tenus à titre personnel, concernant la gestion de l’éruption actuelle de l’Etna dans la Vallée del Bove, et notamment les critiques formulées à l’encontre des arrêtés pris par les maires des communes riveraines de l’Etna touchées par le phénomène. L’INGV précise que ces arrêtés sont le fruit d’une évaluation approfondie menée par l’ensemble des services de la Protection civile, sous la coordination de la Préfecture de Catane, au regard de l’état du volcan tel que rapporté par l’Osservatorio Etneo.» Poussé par le siège national de l’INGV à Rome [NDLR : on n’aime pas les vagues en haut lieu!], le président de l’INGV à Catane souligne également l’importance et le caractère essentiel de ces actions, et réaffirme le plein accord de l’Institut avec les autres instances concernées.

Boris Behncke est allemand et vit en Sicile depuis 1997, année où nous sommes rencontrés pour la première fois. Il travaille à l’INGV depuis 2005. Il est probablement l’un des meilleurs spécialistes de l’Etna, voire le meilleur. Polyglotte, il est très présent sur les réseaux sociaux et ailleurs, où il réalise un travail de vulgarisation scientifique largement apprécié, mais qui attise probablement la jalousie dans le milieu scientifique sicilien.

Boris n’est pas le seul à avoir critiqué les récentes interdictions imposées par la Préfecture et la Protection civile. En signe de protestation, les guides de l’Etna ont mené une grève historique, interrompant toutes les visites guidées le 6 janvier. Le même jour, la Guardia di Finanza a mené un raid nocturne sur la coulée de lave, à 1 360 mètres d’altitude, et a signalé aux autorités judiciaires 21 personnes surprises en infraction. Motif : elles avaient dépassé la limite de 200 mètres par rapport à la coulée, ou elles s’étaient aventurées sans guide agréé.
Suite à la critique de ses propos, Boris Behncke avait déclaté : «Il faudrait peut-être réfléchir davantage à la mise en place d’un système de signalisation pour baliser le sentier (afin d’éviter que les promeneurs ne se perdent en terrain inconnu), et déployer les forces de l’ordre non pas pour bloquer l’accès sans discernement, mais pour garantir la sécurité des randonneurs.»
Ces idées rejoignent celles proposées par les guides de l’Etna qui travaillent, en accord avec le Parc national et en collaboration avec les guides naturalistes, à un protocole contenant de nouvelles directives pour les prochaines éruptions, et qui sera soumis à la Préfecture et à la Protection civile.

Comme je l’ai expliqué dans une note précédente, on semble s’orienter vers la mise en place de plateformes d’observation en période éruptive, depuis lesquelles les touristes pourraient admirer l’activité en toute sécurité. Les guides seraient autorisés (moyennant finance, probablement) à conduire des visiteurs plus près des coulées….mais pas trop près tourt de même. L’INGV recommande une distance de sécurité de 50 mètres. J’me marre !

Pour le moment, l’Etna a mis tout le monde d’accord. Il n’y a plus rien à voir dans la Valle del Bove. L’éruption est en phase terminale.

Boris Behncke conserve tout mon soutien et toute mon amitié.

Observation des coulées de lave à 50 mètres de distance? Très peu pour moi!