La sismicité autour du détroit de Messine (Italie)

Un séisme de magnitude M4,5 a secoué l’Etna à 7h05 le mercredi 4 mars 2026. Il a déclenché une vague d’angoisse parmi les habitants des provinces de Catane, Messine et Syracuse, où la secousse a été clairement ressentie.
L’énergie libérée à une profondeur d’un peu moins de 4 kilomètres et la durée du séisme ont fortement perturbé la vie à Ragalna où les bâtiments et infrastructures publics dont la mairie ont été endommagés et les habitants ont dû se réfugier dans les rues. Des débris sont tombés dans les rues, des voitures ont été endommagées et le toit d’une maison inhabitée s’est effondré. Les dégâts les plus importants ont été constatés dans le quartier de Santa Barbara. Cependant, le séisme n’a fait aucun blessé. L’église principale de la ville, la Madonna del Carmelo a été endommagée. Son clocher, déjà protégé par des échafaudages, menace de carrément s’effondrer.

 Crédit photo : presse régionale

Selon l’INGV, le séisme, suivi de plus d’une vingtaine de répliques moins intenses, a très probablement été causé par la faille de Calcerana. Il est lié à l’Etna, mais les volcanologues estiment qu’il n’y a pas de lien avec l’explosion observée dans la Bocca Nuova le 4 mars 2026, avec un petit nuage de cendres d’environ 1,5 kilomètre d’altitude.

Par mesure de précaution, les cours ont été suspendus à Ragalna afin de permettre l’inspection des établissements scolaires. Les écoles d’autres communes ont également fermé leurs portes.

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Chaque fois qu’un séisme se produit en Sicile, tout le monde garde en mémoire celui du 28 décembre 1908, de magnitude M7,1 et le tsunami qui a suivi. Plus de 75 000 personnes ont péri et les villes de Messine et Reggio de Calabre ont été détruites.

Le détroit de Messine est une mince bande de mer séparant la Sicile de la Calabre, mais c’est aussi l’une des zones géologiquement les plus complexes et instables de la Méditerranée. Depuis le séisme de 1908, géologues et sismologues s’efforcent de comprendre quelle faille a pu provoquer ce désastre et quels processus profonds continuent d’engendrer d’autres secousses.

L’étude de la région est d’autant plus importante qu’il existe un projet très avancé d’un pont qui enjamberait le détroit de Messine. Beaucoup se demandent s’il est raisonnable de prévoir la construction d’un pont dans une région aussi fragile d’un point de vue sismique. Des études sont donc indispensables pour s’assurer que l’édifice ne sera pas un jour le siège d’une nouvelle catastrophe.

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Une étude, publiée le 26 novembre 2025 dans la revue internationale Tectonophysics et menée par une équipe de chercheurs de l’INGV, du CNR et de plusieurs universités italiennes et européennes, offre une vision claire et plus complète de la structure géologique du détroit.

L’étude, intitulée « Développement structural et sismogenèse dans le détroit de Messine révélé par la distribution des contraintes/déformations au-dessus de la bordure de la plaque calabraise », intègre des données sismologiques et géophysiques marines et analyse plus de 2 400 séismes enregistrés entre 1990 et 2019. Elle prend également en compte les données enregistrées par des systèmes de surveillance placés sur le plancher marin.
Le détroit de Messine se situe à l’intersection de deux grandes plaques tectoniques : la plaque africaine, qui se déplace vers le nord, et la plaque eurasienne, qui glisse par-dessus. Ici, la croûte terrestre se courbe, se fracture et se déplace le long d’une série de failles actives, dans un jeu complexe de compression, d’extension et de glissement latéral. Au sud-est, dans la mer Ionienne, la plaque africaine plonge sous la Calabre, formant la « subduction calabraise », où une bande de croûte océanique provenant de l’ancien océan Téthys s’enfonce lentement dans le manteau terrestre. Ce lent mouvement de subduction entraîne la croûte supérieure, générant des déformations qui remontent à la surface et façonnent la morphologie du détroit. Ce processus, qui s’est déroulé sur des millions d’années, provoque encore aujourd’hui des séismes potentiellement destructeurs.

 L’analyse des données a permis aux chercheurs d’identifier deux couches principales de la croûte terrestre où l’activité sismique se concentre :
– une couche superficielle, entre 6 et 20 km de profondeur, où se produisent les séismes les plus fréquents et sont étroitement liés à la déformation de la croûte continentale ;
– une couche plus profonde, entre 40 et 80 km, également associée aux mouvements de la plaque ionienne en subduction sous la Calabre.
Cette double structure sismogénique indique que la déformation se produit à plusieurs niveaux et selon différents mécanismes : les forces d’extension dominent dans la partie supérieure, tendant à étirer et à enfoncer la croûte, tandis que des forces de compression agissent également en profondeur, liées à la convergence entre l’Afrique et l’Europe.
L’une des découvertes les plus intéressantes de cette étude est que la déformation dans le détroit de Messine est contrôlée par un système complexe de failles interconnectées. Ces structures s’étendent à la fois sur terre et sous la mer et se déplacent de façon coordonnée, à la manière de mosaïques qui s’emboîtent et glissent les unes sur les autres.
De nouvelles images sismiques acquises sur le fond marin ont révélé des escarpements morphologiques et des dislocations dans les sédiments récents, signes indéniables d’une déformation active. Bien que nombre de ces traces soient effacées par de forts courants océaniques ou de fréquents glissements de terrain, leur présence confirme que la croûte terrestre sous le détroit est loin d’être stable.

Au cours des trente dernières années, le réseau sismologique géré par l’INGV et les systèmes de surveillance sous-marine n’ont enregistré que des séismes de faible et moyenne magnitude dans la région du détroit. Ces séquences récentes, souvent situées près de l’épicentre du séisme de 1908, présentent des mécanismes de failles cohérents avec ceux identifiés dans l’étude : de petits segments de failles orientées NE-SO qui s’activent à des profondeurs comprises entre 4 et 12 km.

Dans la conclusion de l’étude, on peut lire que le détroit de Messine n’est pas seulement une frontière entre deux régions italiennes, mais aussi la limite dynamique entre deux plaques terrestres en collision constante. Sous ces eaux se cache un système de failles actives qui témoigne de mouvements millénaires, mais aussi d’un avenir sismique que nous devons continuer à étudier attentivement.

Comprendre la géométrie et le comportement des failles sous le détroit de Messine est essentiel pour améliorer l’évaluation du risque sismique dans l’une des régions les plus densément peuplées et vulnérables d’Italie, et dans le contexte du projet de pont sur le détroit.
L’intégralité de l’étude est disponible à cette adresse :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0040195125003063?via%3Dihub

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’éruption continue sur l’île d’Ambae (Vanuatu). Selon le VAAC de Wellington, les panaches de cendres peuvent s’élever à plus de 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
https://twitter.com/i/status/2026263680942289295

L’activité à Ambae a commencé à s’intensifier fin novembre 2025, avec une forte hausse de la sismicité, des émissions de gaz et des retombées de cendres intermittentes jusqu’en décembre 2025, tandis que le volcan restait au niveau d’alerte 2. L’activité s’est intensifiée les 12 et 13 février 2026, avec une forte incandescence du cratère, une hausse des émissions de SO₂ et des retombées de cendres dans les secteurs sous le vent.

Crédit photo : VMGD

À ce moment-là, la zone à risque s’étendait sur 2 km autour des bouches éruptives actives. Le 25 février, le Département de météorologie et des risques géologiques du Vanuatu (VMGD) a relevé le niveau d’alerte à 3, ce qui correspond à une éruption mineure. La zone à risque a été étendue à 3 km autour de la bouche active dans le lac Voui.

Source : VMGD

Les autorités ont averti que les fortes pluies peuvent remobiliser les cendres accumulées dans les cours d’eau et les ravines, augmentant ainsi le risque de lahars. L’accès à la zone à risque de 3 km reste interdit.
Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) qui a commencé le 13 février 2026 se poursuit. L’OVPF indique qu’un nouveau bras de coulée a franchi le cassé des Grandes Pentes le 3 mars 2026, un peu plus au sud que la branche figée. Son activité est peu intense et ne présente pas de menace pour la RV2. Un seul site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan. Le cône mentionné précédemment est désormais fermé latéralement On observe une importante activité en tunnel de lave en aval du cône. Le débit éruptif moyen est inférieur à 10 mètres cubes par seconde.

Le 4 mars 2026 , le volume de lave émis depuis le début de l’éruption était estimé à 10 millions de mètres cubes.

Source : OVPF.

Source: OVPF

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Après la fin de l’Épisode 42 le 15 février 2026, aucune activité significative n’est actuellement observée sur le Kilauea (Hawaï). Cependant, une incandescence est visible mais irrégulière au niveau des deux bouches éruptives à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u.

Les modèles préliminaires montrent que le déclenchement des fontaines de lave de l’Épisode 43 pourrait se produire entre le 10 et le 16 mars 2026.
Source : HVO.

Il est important de rappeler que l’accès à la caldeira du Kilauea est strictement interdit. Un Hawaïen de 33 ans qui a ignoré cette interdiction est décédé après s’être aventuré sur le versant est de la caldeira. Les équipes de secours ont travaillé toute une nuit sur un terrain escarpé et instable avant de retrouver la victime le 27 février 2026. Il a été héliporté au centre médical de Hilo, où son décès a été constaté.
Dans un communiqué, le National Park Service a rappelé que la caldeira du Kilauea est un environnement dangereux, notamment avec des falaises instables et des structures volcaniques piégeuses, même en période d’absence d’activité. Il est fortement conseillé aux visiteurs de rester dans les zones autorisées et de respecter la signalisation.

Source : presse hawaïenne.

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L’éruption du Merapi (sur l’île de Java) se poursuit. Le dôme de lave sud-ouest continue de produire quotidiennement des avalanches de lave qui dévalent les flancs du volcan. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à une distance de 3 à 7 km du sommet, selon les endroits.
Comme cela se produit souvent en Indonésie, de fortes pluies le 3 mars 2026 ont déclenché un lahar dévastateur qui a déferlé le long de la ravine de la Kali Senowo, emportant au moins trois camions d’extraction de sable et une voiture. Cette coulée de boue s’est produite après plusieurs heures de fortes pluies qui ont remobilisé des dépôts de cendres et autres matériaux qui s’étaient accumulés après des semaines d’effondrement du dôme et d’activité volcanique. Aucun blessé n’a été signalé, mais les dégâts matériels sont considérables.
Voici une courte vidéo de l’événement diffusée sur les réseaux sociaux :
https://x.com/i/status/2028807308340551853

Source : CVGHM, médias indonésiens.

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Une hausse de l’activité sismique a été enregistrée ces derniers jours sur le Bulusan (Philippines). Seize événements étaient d’origine volcano-tectonique, à des profondeurs de 3 à 6 km sous les flancs nord et sud-est du volcan. Le niveau d’alerte 0 reste en vigueur. Cependant, le PHIVOLCS précise que la récente hausse de la sismicité pourrait être causée par l’activation de processus hydrothermaux sous le volcan, ce qui est susceptible de provoquer une éruption phréatique soudaine.

Crédit photo: Wikipedia

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon. Une éruption explosive de deux minutes, le 26 février 2026, a généré un épais panache de cendres qui s’est élevé à 2,5 km au-dessus du sommet. Des éclairs ont été observés au moins trois fois dans ce panache. Des projections incandescentes ont été éjectées jusqu’à 1,5 km au-dessus du cratère sommital et ont atterri jusqu’à 1 km au sud et 1,5 km au sud-est. Ces éjectas incandescents ont déclenché deux incendies en bordure de forêt, sur les flancs sud et sud-est. Des coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs est et sud-est jusqu’à 2 km de distance. Des retombées de cendres ont été signalées dans 16 villes.
Des séismes volcaniques et des épisodes de trémor ont été enregistrés les jours suivants. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est prié de rester en dehors de la zone de danger permanent (ZDP) de 4 km de rayon.

Source : Phivolcs.

Crédit photo: Phivolcs

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Une explosion soudaine s’est produite dans la Bocca Nuova de l’Etna (Sicile), le 4 mars 2026, provoquant une brève émission de cendres visibles sur les caméras de surveillance de l’INGV. Cette éruption a suivi un essaim sismique sur le flanc sud-ouest du volcan quelques heures auparavant, avec un événement de magnitude M4,5.
Le panache de cendres s’est dissipé en quelques minutes. Aucune colonne ni émission de cendres prolongée n’a été observée.

Source : INGV

Image de l’explosion du 4 mars 2026 (Source : INGV)

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L’IGP m’a adressé un message indiquant qu’une explosion avec émission d’un panache de cendres a été observée le 4 mars 2026 sur le Sabancaya (Pérou). Le panache est monté jusqu’à plus de 2000 mètres de hauteur avant de s’étirer sur une dizaine de kilomètres.

Le niveau d’alerte reste à l’Orange (niveau 3 sur une échelle de 4 couleurs) et il est demandé au public de respecter une zone de 12 km de rayon par rapport au sommet du volcan.

Source : IGP

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C’est un peu toujours la même histoire en Islande : les scientifiques du Met Office s’attendent toujours à une éruption quelque part le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, sur la péninsule de Reykjanes. Comme indiqué précédemment, avec environ 22,5 millions de mètres cubes de magma sous Svartsengi, le volume a atteint un niveau proche du record absolu enregistré entre deux éruptions depuis le début de la séquence éruptive actuelle, fin 2023. Le magma s’accumule depuis environ 210 jours.
Malgré cette pause prolongée entre les éruptions, les autorités précisent qu’une accalmie ne signifie pas nécessairement la fin de l’épisode volcanique.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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The eruption at Ambae (Vanuatu) continues. Ash plumes may rise more than 4,000 meters above sea leval, according to the Wellington VAAC.

Volcanic activity at Ambae began increasing in late November 2025, with continued seismic unrest, gas emissions, and intermittent ash release through December 2025 while the volcano remained at Alert Level 2. Activity intensified during February 12–13, 2026, when strong crater incandescence, elevated SO2 emissions, and ashfall downwind were reported.

At that time, the designated hazard zone extended 2 km from the active vents.

On February 25, the Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD) raised the Alert Level to Level 3, indicating a minor eruption state. The hazard area was expanded to 3 km around the active vent within Lake Voui (see image above).

Authorities have warned that heavy rainfall can remobilize accumulated ash into streams and drainages, increasing the risk of lahars. Entry into the 3 km hazard zone remains prohibited.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, 2026, continues. The OVPF reports that a new lava flow coming from the existing lava field crossed the Grandes Pentes rupture on March 3, 2026, slightly further south than the motionless branch. Its activity is low and does not pose a threat to the RN2 highway. Only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano. The previously mentioned cone is now laterally closed. Significant lava tube activity is observed downslope of the cone. The average eruptive flow rate is less than 10 cubic meters per second.

By 4 March 2026, about 10 million cubic meters of lava had erupted since the start of the eruption.

Source: OVPF.

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After the end of Episode 42 on February 15 2026, no significant activity is currently observed at Kilauea (Hawaii). However, incandescence is visible but irregular at both vents within Halema’uma’u Crater.

Preliminary models suggest the likely forecast window for the onset of Episode 43 lava fountaining is March 10-16.

Source : HVO.

Visitors should keep in mind that entering the Kilauea caldera is strictly prohibited. A 33-year-old Hawaii resident who ignored the interdiction died after entering the east side of the caldera. Search and rescue teams worked through the night in steep and unstable ground before locating the individual on Febryary 27, 2026. He was airlifted from the area and taken to Hilo Medical Center, where he was pronounced deceased.

In a news release, the National Park Service reiterated that the Kilauea caldera contains inherently dangerous terrain, including unstable cliff edges and volcanic features, even when volcanic activity is paused. Visitors are urged to stay within designated open areas and comply with all closures and warning signs.

Source : Hawaiian news media.

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The eruption at Merapi (on the island of Java) continues. The SW lava dome keeps producing daily lava avalanches that descended the flanks of the volcano. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

As often happens in Indonedia, heavy rainfall on March 3, 2026, triggered a destructive lahar swept through the Kali Senowo drainage, carrying at least three sand-mining trucks and one car downstream. The flow followed several hours of heavy rain that re-mobilized fresh volcanic deposits that had accumulated after weeks of dome collapse and lava-flow activity. No casualties have been reported so far, but equipment damage was considerable.

Here is a short video of the event as seen on the social media :

https://x.com/i/status/2028807308340551853

Source : CVGHM, Indonedian news media.

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Increased seismic activity has been recorded at Bulusan volcano (Philippines) in recent days. Sixteen events were classified as volcano-tectonic earthquakes occurring at depths of 3–6 km beneath the northern and southeastern flanks of the volcano. Alert Level 0 remains in effect,. However, PHIVOLCS specifies that the recent increase in seismicity may indicate that hydrothermal processes beneath the volcano are underway and could lead to a sudden phreatic eruption.

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Kanlaon (Philippines). A two-minute explosive eruption on 26 February 2026 generated a dense ash plume that rose 2.5 km above the summit. Lightning in the ash plume was visible at least three times. Incandescent ballistics were ejected as high as 1.5 km above the summit crater rim and landed as far as 1 km S and 1.5 km SE. Incandescent, hot ejecta ignited two fires along the forest margins on the upper S and SE flank. Pyroclastic flows descended the E and SE flanks as far as 2 km. Ashfall were reported in 16 cities.
Volcanic earthquakes and periods of tremor were recorded the following days. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay out of the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : Phivolcs.

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An impulsive explosion occurred at Mount Etna‘s Bocca Nuova (Sicily) on March 4, 2026, producing a short-lived ash emission observed by surveillance cameras operated by the INGV (see image above). The eruption followed a seismic swarm on the volcano’s southwestern flank earlier in the day, which included a notable M4.5 event.

The ash plume dispersed within minutes. No persistent ash column or prolonged emission was reported.

Source : INGV.

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The IGP has sent me a message indicating that an explosion with an ash plume was observed on March 4, 2026, at Sabancaya (Peru). The plume rose to a height of over 2,000 meters before drifting over approximately ten kilometers. (see image above)

The Alert Level remains at Orange (the third level on a four-color scale) and the public is asked to stay outside a 12 km radius from the summit.

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It’s always the same story in Iceland where scientists at the Met Office are still expecting an eruption somewhere along the Sundhnúkur crater row on the Reykjanes Peninsula. As indicated previously, with around 22.5 million cubic metres, magma beneath the Svartsengi area is approaching the highest level recorded between eruptions since the current eruption sequence began in late 2023. Magma has been accumulating for around 210 days.

Despite the extended pause in eruptions, authorities note that a lull does not necessarily mean the volcanic episode has ended.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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13 février 2026 – 7 heures (heure métropole) – 10 heures (heure locale) : Ce n’est pas vraiment une surprise car la sismicité persistait depuis la fin de la dernière éruptiondu 20 janvier 2026. Il semblait évident que le Piton de la Fournaise n’avait pas dit son dernier mot. Le volcan est de nouveau entré en éruption ce vendredi 13 février 2026, dans la matinée (heure locale), comme peuvent en attester les images des webcams de l’OVPF. Des coulées de lave et des panaches de fumée étaient bien visibles depuis la caméra du Piton de Bert. L’Observatoire précise que « suite à la crise sismique débutée à 09h25 heure locale le 13 février 2026, le trémor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 10h00 environ.

Premières minutes de l’éruption (webcam OVPF)

Selon l’Observatoire, « au moins deux fissures éruptives » se sont ouvertes sur la partie plutôt haute du sommet du volcan. Au début de l’éruption, le débit était d’environ 60m3/seconde, selon les données satellitaires,

Selon la préfecture de La Réunion, l’éruption se déroule au sud du cratère Dolomieu. L’accès à l’Enclos est bien sûr interdit. Le préfet de La Réunion a déclenché l’alerte 2.1 ORSEC volcan.

Image webcam Piton de Bert

Suite à l’éruption du 18-20 janvier 2026, l’activité sismique sous le Piton de la Fournaise et l’inflation de l’édifice se poursuivaient, comme le montre le graphique de déformation ci-dessous. Ces paramètres indiquaient une mise en pression du système d’alimentation magmatique superficiel. Une injection de magma vers la surface a donc eu lieu et a abouti au déclenchement de l’éruption actuelle.

Source: OVPF

De toute évidence, l’éruption a surpris tout le monde, Observatoire et randonneurs. Selon Réunion la 1ère, à 10h ce vendredi 13 février 2026, lorsque le Piton de la Fournaise est entré en éruption, plusieurs randonneurs se trouvaient au sommet du volcan et inr dû être évacués par hélicoptère. Un couple a ressenti les signes avant-coureurs de l’éruption, mais n’a pas su les interpréter. Une détonation a accompagné les premières fontaines de lave.

L’activité semble avoir beaucoup décliné. Pas sûr que cette deuxième éruption de l’année 2026 dure très longtemps.

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13 heures (heure métropole), 16 heures (heure locale) : L’OVPF vient de diffuser de nouvelles informations sur l’éruption. En fait, ce sont 4 fissures qui se sont ouvertes sous le sommet du volcan. Depuis 15h00 (heure locale), l’activité éruptive est principalement concentrée sur la fissure 4, avec encore des émissions de lave au niveau de la fissure 1. Les fissures 2 et 3 sont désormais inactives. A 13h (heure locale), le front de coulée se situait à environ 1500 m d’altitude.

Source: OVPF

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À Hawaï, le 42ème épisode éruptif du Kilauea ne saurait tarder puisque le HVO indique qu’il devrait se produire entre le 14 et le 17 février 2026. Sera-t-il aussi puissant et spectaculaire que le précédent? Seule Madame Pélé a la réponse…

En souvenir de l’Épisode 41 (Image webcam)

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Une série de coulées pyroclastiques a dévalé la ravine Mi-isi sur les flancs du Mayon (Philippines) le 9 février 2026. La longueur de la coulée la plus longue était de 4 km depuis le cratère sommital. L’activité a culminé pendant un événement de sept minutes qui a généré des nuages ​​de cendres dépassant 2 km de hauteur, avec des retombées dans plusieurs secteurs, par temps de pluie. Ces coulées pyroclastiques ont été provoquées par l’effondrement d’accumulations de lave près du cratère sommital et sur les fronts de lave actifs. Elles se sont déroulées en deux phases. Au moins 12 coulées ininterrompues ont été enregistrées lors de la seconde phase qui a duré 7 minutes, d’après les données sismiques.
Malgré la forte hausse d’activité du 9 février, cet épisode de coulées pyroclastiques n’est en réalité qu’une brève intensification de l’activité éruptive qui reste quasiment stable depuis le début de l’éruption. Voici une courte vidéo montrant l’événement du 9 février :
https://twitter.com/i/status/2021237013484315117

Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: Phivolcs

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Selon le SENAPRED et le SEGEMAR, une activité éruptive a été observée sur le Láscar (Chili) le 8 février 2026. Le réseau sismique a enregistré une hausse de l’activité volcano-tectonique, associée à la fracturation de roches. Un signal de tremor, lié à des mouvements de fluides, a été enregistré, ainsi qu’un panache de gaz et de cendres s’élevant à 1,1 km au-dessus du cratère. Malgré cette hausse d’activité, le niveau d’alerte demeure au Vert (niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).

Crédit photo: Wikipedia

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El Chichón (Mexique) est rarement mentionné dans les médias, bien qu’il soit toujours actif depuis sa dernière éruption en 1982. Aujourd’hui, l’UNAM indique qu’une activité hydrothermale persiste depuis mi-2025 sur ce volcan situé au nord du Chiapas. Cette activité se caractérise par une forte sismicité, des modifications physico-chimiques du lac de cratère et une augmentation des émissions de gaz. Cependant, aucune remontée de magma n’a été observée et les conditions actuelles ne laissent pas présager une éruption imminente. Aujourd’hui, l’activité diffère fondamentalement de la séquence éruptive de 1982 : aucune déformation, sismicité profonde, signature de gaz magmatique, caractéristiques d’une remontée de magma, n’ont été constatées. Les risques actuels se limitent à des phénomènes localisés, tels que l’exposition à des gaz toxiques et le risque d’explosions phréatiques à proximité du cratère.
Le niveau d’alerte d’El Chichón demeure Jaune (phase 1-2), indiquant une activité élevée mais non éruptive.
Source : Université nationale autonome du Mexique (UNAM).

Source : Smithsonian Institution

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En Sicile, les cratères sommitaux de l’Etna se contentent de dégazer.

Le Stromboli montre son activité strombolienne habituelle avec entre une dizaine et une vingtaine d’explosion d’intensité moyenne à faible au niveau des bouches éruptives des zones Nord et Centre-Sud.

Source : INGV.

Photo: C. Grandpey

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne est Orange pour le Sheveluch et Jaune pour le Krasheninnikov et le Bezymianny.

La croissance du dôme de lave se poursuit sur le Sheveluch. Ce processus s’accompagne d’importantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires montrent une anomalie thermique sur le volcan.

Le 5 février 2026, des explosions ont généré des panaches de cendres qui sont montés jusqu’à 9,8 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. Quelques heures plus tard, de nouvelles explosions ont généré un panache de cendres atteignant 9 km d’altitude. Quelques heures plus tard, le KVERT a abaissé la couleur de l’alerte aérienne à l’Orange en constatant l’absence de nouvelles émissions de cendres. Pourtant, de nouvelles explosions, avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 10 km, ont entraîné un nouveau passage de l’alerte aérienne au Rouge, puis à l’Orange. D’autres explosions se sont produites les jours suivants, avec des alternances entre le Rouge et l’Orange qui est la couleur du niveau d’alerte aérienne au moment de la diffusion de cette note.

Crédit photo: KVERT

L’éruption effusive du Krasheninnikov se poursuit. Des coulées de lave avancent le long du versant est du cône nord du volcan, et une émission de gaz et de vapeur est également observée à ce niveau. Les données satellitaires révèlent une importante anomalie thermique sur le volcan.

Une activité effusive se poursuit sur le Bezymianny. Elle s’accompagne d’importantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires révèlent une anomalie thermique sur le volcan.

Source : KVERT.

Activité éruptive sur le Bezymianny (Crédit photo: KVERT)

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Les observations satellitaires montrent que le volcan Big Ben sur l’île Heard (Océan Indien) reste actif, avec des coulées de lave encore observées fin janvier et février 2026. Le VAAC de Darwin a signalé que le panache de cendres a atteint 7,3 km d’altitude lors d’une brève éruption le 11 février 2026,. L’imagerie satellitaire révèle des anomalies thermiques persistantes et des coulées de lave sur plusieurs flancs. Cela confirme que le volcan demeure en phase effusive active.
L’éruption du 11 février s’est produite durant une période d’activité persistante. Des anomalies de température sont détectées au sommet et le long des flancs ouest et sud-ouest ; elles correspondent très probablement à des coulées de lave actives. D’autres anomalies, observées sur le flanc nord-est en février, ont été suivies de zones plus sombres de lave en cours de refroidissement.
L’activité éruptive du Big Ben est récurrente, avec des coulées de lave et des émissions de cendres intermittentes. Sa phase éruptive actuelle a débuté en septembre 2012 après quatre années de calme.
Source : VAAC de Darwin.

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L’éruption du Merapi (île de Java, Indonésie) se poursuit. Le dôme de lave sud-ouest produit des coulées pyroclastiques ou des avalanches de lave qui dévalent les pentes du volcan jusqu’à 1,8 km de distance. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à une distance minimale de 3 à 7 km du sommet, selon les endroits.

Source : CVGHM.

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Toujours en Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Semeru, avec des éruptions quotidiennes enregistrées par le réseau sismique. Des panaches de gaz et de cendres s’élèvent entre 300 et 1 000 mètres au-dessus du sommet. Des incandescences au sommet et sur le flanc sud-est sont parfois visibles sur les images des webcams. Le niveau d’alerte reste à 3 (niveau 2 sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à au moins 5 km du sommet et d’éviter toutes les ravines.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some information about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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13 February 2026 – 7 a.m. (Metropolitan France time) – 10 a.m. (local time): It does not come as a real surprise, as seismic activity had persisted since the end of the last eruption on January 20, 2026. It seemed clear that Piton de la Fournaise hadn’t had its last word. The volcano erupted again on Friday morning, February 13, 2026, as evidenced by images from the OVPF webcams. Lava flows and plumes of smoke were clearly visible from the Piton de Bert camera. The Observatory specifies that « following the seismic crisis that began at 9:25 a.m. local time on February 13, 2026, the volcanic tremor, indicative of magma reaching near the surface, has been recorded since approximately 10:00 a.m. »

According to the Observatory, « at least two eruptive fissures » opened on the upper part of the volcano’s summit. At the start of the eruption, the flow rate was approximately 60 cubic meters per second, according to satellite data.

According to the prefecture of Réunion, the eruption is taking place south of the Dolomieu crater. Access to the Enclos is, of course, prohibited. The préfet of Réunion has triggered the 2.1 ORSEC volcano alert.

Following the eruption of January 18-20, 2026, seismic activity beneath Piton de la Fournaise and the inflation of the volcano continued, as shown in the deformation graph above. These parameters indicated pressurization of the shallow magma supply system. In the end, magma was injected towards the surface, triggering the current eruption.

Clearly, the eruption took everyone by surprise, from the observatory to the hikers. According to Réunion la 1ère, at 10:00 AM on Friday, February 13, 2026, when Piton de la Fournaise erupted, several hikers were at the summit of the volcano and had to be evacuated by helicopter. A couple felt the warning signs of the eruption but were unable to interpret them. A loud bang accompanied the first lava fountains.

Activity appears to have declined significantly. It’s uncertain whether this second eruption of 2026 will last very long.

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1 p.m. (Metropolitan France time), 4 p.m. (local time): The OVPF has just released new information on the eruption. Four fissures have opened beneath the summit of the volcano. Since 3 p.m. (local time), eruptive activity has been primarily concentrated on fissure 4, with lava emissions still occurring at fissure 1. Fissures 2 and 3 are now inactive. At 1 p.m. (local time), the lava flow front was located at an altitude of approximately 1,500 meters.

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In Hawaii, Kilauea‘s 42nd eruptive episode is imminent as it is expected between February 14 and 17, 2026, according to the HVO forecast. Will it be as spectaculaar as the previous one ? Only Madame Pele has the answer.

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A series of pyroclastic hlows descended the Mi-isi Gully at Mayon (Philippines) on February 9, 2026, with the farthest runout reaching 4 km from the summit crater. The activity culminated in a seven-minute event that generated ash clouds exceeding 2 km in height and causing ashfall in several areas, during rainy conditions. The pyroclastic flows were generated by the collapse of lava accumulations near the summit crater and along active flow fronts. They occurred in two phases. At least 12 successive flows were recorded during yhe second one that lasted 7 minutes, according to seismic records.

Despite the intensity of the February 9 increased activity, the episode represents a brief intensification of unrest within otherwise near-steady eruptive conditions since the onset of eruption.

Here is a short video showing the eruptive event :

https://twitter.com/i/status/2021237013484315117

Source : PHIVOLCS.

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According to the SENAPRED and the SEGEMAR, eruptive activity was observed at Láscar (Chile) on 8 February 2026. The seismic network recorded increased volcano-tectonic activity associated with rock fracturing. A tremor signal, associated with fluid movement, was recorded along with a gas-and-ash plume that rose 1.1 km above the crater rim. Despite this increased activity, the Alert Level remains at Green (the lowest level on a four-color scale).

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El Chichon (Mexico) is not often mentioned in the news although the volcano has still been active sine its last eruption in 1982. Today, UNAM indicates that hydrothermal unrest at the volcano, located in northern Chiapas, has persisted since mid-2025, characterized by elevated seismicity, chemical-physical changes in the crater lake, and increased gas emissions. However, there is no evidence of magma ascent, and current conditions do not indicate an imminent eruption. The current unrest is fundamentally different from the 1982 eruptive sequence as no deformation, deep seismicity, and magmatic gas signatures typically associated with magma ascent are not observed. The current hazards are confined to localized phenomena, including toxic gas exposure and potential phreatic explosions near the crater.

El Chichon alert level remains Yellow, Phase 1–2 indicating elevated but non-eruptive activity.

Source : National Autonomous University of Mexico (UNAM).

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In Sicily, Mt Etna‘s summit craters are only releasing gas.
Stromboli is exhibiting its usual Strombolian activity, with between ten and twenty explosions of moderate to low intensity at the eruptive vents in the North and South-Central areas.
Source: INGV.

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In Kamchatka, the aviation color code is kept at Orange for Sheveluch and Yellow for Krasheninnikov and Bezymianny.

A growth of the lava dome continues on Sheveluch. This process is accompanied by powerful gas-steam emissions. Satellite data show a thermal anomaly on the volcano.

On 5 February 2026,explosions produced ash plumes that rose to 9.8 km above sea level. The aviation color code was raised to Red. A few hours later explosions generated an ash plume that rose to 9 km a.s.l. Some hours later, KVERT lowered the Aviation Color Code to Orange, noting that no new ash emissions were identified. New explosions with ash plumes rising up to 10 km caused the aviation color code to be raised again to Red before being lowered to Orange. More explosions occurred during the following days with the aviation color code geing raised to Red, then lowered to Orange where it is at the moment of this post.

The effusive eruption of Krasheninnikov continuesLava flows are travelling along the eastern slope of the Northern Cone of the volcano, and a gas-steam emission is observed at this cone. Satellite data show a large thermal anomaly on the volcano.

An effusive activity continues at Bezymianny. It is accompanied by powerful gas and steam emissions. Satellite data show a thermal anomaly on the volcano.

Source : KVERT.

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Satellite observations show that Heard Island’s Big Ben volcano (Indian Ocean) remains active, with lava flows detected through late January and February 2026. The Darwin VAAC reported that the ash plume from a brief eruption on February 11 2026 reached 7.3 km above sea level. Satellite imagery shows continued thermal anomalies and lava flows on several flanks, confirming the volcano remains in an active effusive phase.

The eruption occurred during a period of persistent activity at the volcano. Temperature anomalies are detected at the summit and along the western and south-western flanks ; they are interpreted as active lava flows. Additional anomalies on the north-eastern flank later in February were followed by darker cooling zones, consistent with recently emplaced lava.

Eruptive activity at Big Ben is recurrent, typically involving effusive lava flows and intermittent ash emissions every few years. Its current eruptive phase started in September 2012 after 4 years of quiescence.

Source : Darwin VAAC.

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The eruption at Merapi (on Java, Indonesia) continues. The SW lava dome produces pyroclastic flows or lava avalanches that descend drainages on the flanks of the volcano as far as1.8 km. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 3-7 km away from the summit, based on locations.

Source : CVGHM.

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Still in Indonesia, eruptive activity continues at Semeru, with daily eruptive events recorded by the seismic network. Gas and ash plumes rise 300-1,000 m above the summit. Incandescence at the summit and incandescent material on the SE flank is occasionally visible in webcam images. The Alert Level remains at 3 (level 2 on a scale of 1-4) and the public is asked to stay at least 5 km away from the summit, and to avoid all drainages

Source : CVGHM.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Etna (Sicile) : la Faille de Tremestieri rappelle qu’elle est active // Mount Etna (Sicily) : The Tremestieri Fault reminds us that it is active

Une étude de l’INGV et de l’Université de Catane, publiée en juillet 2025, a analysé la structure profonde de l’Etna et le lien entre l’activité sismique et la remontée du magma, révélant de nouveaux détails sur la dynamique interne du volcan. En analysant plus de 15 000 séismes sur une période d’une vingtaine d’années, les chercheurs ont retracé les structures qui entraînent la déformation de la croûte et leur interaction avec les mouvements du magma. Lors des événements éruptifs, la pression exercée par le magma dans les couches de la croûte peut activer des failles même à des distances et des profondeurs considérables des cratères sommitaux.

On peut lire dans l’étude que la dynamique du flanc oriental de l’Etna, connu pour son glissement lent et régulier vers la mer Ionienne, est particulièrement intéressante. Les recherches montrent que ce mouvement n’est pas uniforme, mais se produit le long de structures diverses, déclenchées par une combinaison de failles anciennes, de pressions magmatiques et d’affaissements de surface.

Cette étude trouve sa confirmation avec la Faille de Tremestieri, qui traverse le flanc sud du volcan de Nicolosi à Tremestieri Etneo, et présente de nouveaux signes de « fluage asismique » expression qui fait référence au déplacement de surface, mesurable le long d’une faille en l’absence de séismes notables. Des mouvements de sol lents et constants, connus depuis des années par les scientifiques, se manifestent par de nouvelles fissures dans des zones densément peuplées. Ces mouvements, liés à l’interaction entre l’activité magmatique et la collision des plaques africaine et eurasienne, deviennent préoccupants lorsqu’ils affectent le tissu urbain, déformant rues, places et même réseaux d’alimentation en eau.

Des géologues de l’INGV ont mené une inspection à Tremestieri Etneo suite aux signalements des habitants. Les microséismes des 17 et 18 novembre 2025 ont suscité l’inquiétude. Neuf secousses ont été enregistrées, d’une magnitude comprise entre M1,5 et M2,5, localisées entre Pedara et Mascalucia. Les plus fortes ont été ressenties à Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati et Gravina di Catania ; elles ont fait trembler les maisons et réveillé plusieurs familles.

Source: INGV

Des relevés de terrain ont confirmé la réactivation du système de failles au cœur de Tremestieri. Sur la place du centre éducatif « Teresa di Calcutta », d’anciennes fissures se sont déplacées latéralement de 1,5 cm. Dans d’autres secteurs de la localité, un réseau de fissures étagées a déplacé le sol d’environ 1 cm, entraînant la rupture d’une canalisation d’eau, signe évident des contraintes sous-jacentes. La déformation sur la petite place de la Via Etnea est encore plus significative avec des affaissements verticaux allant jusqu’à 0,5 cm et horizontaux de 1 cm, accompagnés de compressions qui font onduler le revêtement. Plus en amont, le long de la route SP 3/II Tremestieri–Mascalucia, une autre fracture ancienne s’est réactivée, provoquant une nouvelle fuite d’eau et des mouvements d’extension d’environ 1 cm.
Les géologues expliquent que ce ne sont pas des événements inattendus, mais ils nous rappellent que même les failles silencieuses déforment le sol, affectant les bâtiments et les infrastructures. La déformation s’atténue progressivement en amont, où des irrégularités du plan de faille ralentissent le glissement.

Dans la conclusion du rapport des experts de l’INGV, on peut lire que pour les zones habitées de l’arrière-pays etnéen, le message est clair : « une surveillance continue et des évaluations sur le terrain sont indispensables à une planification urbaine éclairée et résiliente. Dans une région où volcanisme et tectonique sont intimement liés, chaque fissure devient un signal précieux pour atténuer les risques et prévenir des dommages plus importants. »

Source : La Sicilia, INGV.

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A study by the INGV and the University of Catania, published in July 2025, analyzed the deep structure of Mount Etna and the link between seismic activity and magma upwelling, revealing new details about the volcano’s internal dynamics. By analyzing more than 15,000 earthquakes over a period of about twenty years, the researchers traced the structures that cause crustal deformation and their interaction with magma movements. During eruptive events, the pressure exerted by magma in the crustal layers can activate faults even at considerable distances and depths from the summit craters.
The study notes that the dynamics of Mt Etna’s eastern flank, known for its slow and steady slide towards the Ionian Sea, is of particular interest. Research shows that this movement is not uniform, but occurs along various structures, triggered by a combination of ancient faults, magma pressures, and surface subsidence.
This study is confirmed by the Tremestieri Fault, which runs along the southern flank of the volcano, from Nicolosi to Tremestieri, and exhibits new signs of « aseismic creep, » a term that refers to surface displacement measurable along a fault in the absence of significant earthquakes. Slow, constant ground movements, known to scientists for years, are appearing as new fissures in densely populated areas. These movements, linked to the interaction between magmatic activity and the collision of the African and Eurasian plates, become a concern when they affect the urban fabric, deforming streets, squares, and even water supply networks.
INGV geologists conducted an inspection in Tremestieri Etneo following reports from residents. The micro-earthquakes of November 17 and 18, 2025, caused concern. Nine tremors were recorded, ranging in magnitude from M1.5 to M2.5, located between Pedara and Mascalucia. The strongest were felt in Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati, and Gravina di Catania; they shook houses and woke several families. Field surveys confirmed the reactivation of the fault system in the heart of Tremestieri. In the square of the “Teresa di Calcutta” educational center, old fissures had shifted laterally by 1.5 cm. In other parts of the town, a network of stepped cracks has displaced the ground by about 1 cm, causing a water pipe to burst—a clear sign of the underlying stresses. The deformation in the small square on Via Etnea is even more significant, with vertical subsidence of up to 0.5 cm and horizontal subsidence of 1 cm, accompanied by compression that is causing the pavement to undulate. Further upslope, along the SP 3/II Tremestieri–Mascalucia road, another old fracture has reactivated, causing a new water leak and extensional movements of about 1 cm. Geologists explain that these are not unexpected events, but they remind us that even silent faults deform the ground, affecting buildings and infrastructure. The deformation gradually diminishes upstream, where irregularities in the fault plane slow the sliding.

The conclusion of the INGV experts’ report states that for inhabited areas of the Etna hinterland, the message is clear: « Continuous monitoring and on-the-ground assessments are essential for well-informed and resilient urban planning. In a region where volcanism and tectonics are closely linked, every fissure becomes a valuable signal for mitigating risks and preventing more significant damage. »
Source: La Sicilia, INGV.