La COP 21 et le dilemme de l’Alaska // The Paris climate conference and Alaska’s dilemma

drapeau-francaisLe changement climatique anthropique ne se discute plus; c’est une réalité, avec des conséquences économiques, sociales et écologiques graves. Nous allons droit vers une augmentation moyenne de 5°C si nous ne faisons rien pour réduire émissions de gaz à effet de serre.
Comme les réunions de Buenos Aires, Kyoto et Copenhague, la COP 21 de Paris avait pour but de parvenir à un accord afin d’atténuer certains des effets du réchauffement climatique dans un avenir à court terme. S’il est ratifié, l’accord permettra de limiter l’augmentation de la température globale à 1,5°C. L’objectif est de parvenir à zéro émission de gaz à effet de serre d’origine anthropique dans la seconde moitié du 21ème siècle. Des normes plus strictes pourront même être adoptées, vu que l’accord sera réévalué tous les cinq ans.
Il est possible qu’une technologie soit développée pour extraire le carbone de l’air, mais un tel projet reste futuriste. Dans un proche avenir, les seuls moyens d’atteindre des résultats significatifs seront de laisser le charbon, le gaz et le pétrole dans le sol ou bien de mettre en place une taxe carbone qui réduira considérablement les profits et donc la production d’énergie à base de carbone.
L’accord de Paris sera adopté si suffisamment de pays le signent le 22 avril 2016, représentant ensemble 55% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Ces nations comprennent la Chine et les Etats-Unis qui sont les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. Les États-Unis ont déjà signé l’accord car l’administration Obama a astucieusement considéré l’accord comme une extension de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques que le Sénat américain avait ratifiée en 1992. S’il s’était agi d’un nouveau traité, il aurait eu besoin d’être ratifié par le Sénat, une éventualité peu probable étant donné le nombre important de climato-sceptiques dans cette institution !
L’Alaska est maintenant confrontée à un dilemme moral. Faut-il que l’État continue à investir massivement dans un gazoduc et encourage ses partenaires Exxon Mobil et ConocoPhillips à construire un réseau de gaz naturel qui pourrait se trouver limité par une taxe carbone dissuasive, ou qui pourrait même être inutilisable lorsque sa construction sera terminée? Ou bien faut-il que l’Alaska suive l’exemple de l’Arabie Saoudite et essaye de gagner le plus d’argent possible pendant qu’il est encore temps ?
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAnthropogenic climate change is no longer a matter of debate; it is a real phenomenon with severe economic, social and ecological consequences. We are headed for a 5°C average increase in global warming if we do nothing about greenhouse gas emissions.
Like the Buenos Aries, Kyoto and Copenhagen meetings, the Paris COP 21 was intended to reach an agreement to ameliorate some of the most severe climate-related effects of the foreseeable future. If ratified, the agreement will limit global average temperature increase to 1.5°C. The goal is to achieve zero net anthropogenic greenhouse gas emissions by the second half of the 21st century. Stricter standards indeed may be enacted, as the agreement will be reevaluated every five years.
It is possible that technology will be developed to extract carbon from air, although at this point it is futuristic. In the near future, the only ways to achieve meaningful climate change results is to either leave coal, gas and oil in the ground or enact a carbon tax that would severely reduce the profit and, hence, production of carbon-based energy.
The Paris agreement will be enacted if enough countries sign it to collectively represent 55% of current global greenhouse gas emissions by April 22nd 2016. That will include China and the U.S., the two largest emitters of greenhouse gases. The U.S. has already signed on because the Obama administration shrewdly framed the agreement as an extension of the United Nations Framework Convention on Climate Change, which the Senate ratified in 1992. As a new treaty, it would have needed to be ratified by the Senate, an unlikely event given the number of climate change deniers in that body.
Alaska now has a moral dilemma. Should we the State be spending massive dollars on a gas pipeline and encourage its corporate partners, Exxon Mobil and ConocoPhillips, to build a natural gas system that may well be restricted by a carbon tax or otherwise be inoperable by the time it is built? Should Alaska follow the example of Saudi Arabia and make money while it can?
Source : Alaska Dispatch News.

Oleoduc

Le pétrole et la pollution qu’il entraîne sont actuellement la clé de voûte de l’économie de l’Alaska.

(Photo: C. Grandpey)

1815, une année sans été ! 2015, une année sans hiver? // 1815, a year without a summer! 2015, a year without a winter?

drapeau-francaisUne fois encore, nous n’avons pas eu de Noël blanc cette année. Le thermomètre ne descend plus au-dessous de zéro comme il le faisait il y a seulement un demi-siècle dans ma Creuse natale. Cela fait plusieurs semaines que les températures restent anormalement douces. Les météorologues affirment que cette douceur inhabituelle n’est pas forcément due au changement climatique, mais à une modification des pressions au pôle Nord. Le « vortex polaire » a, jusqu’à maintenant, été mis en échec par un phénomène connu sous le nom d’Oscillation Arctique. El Niño, qui provoque le réchauffement cyclique de la température de la surface de l’Océan Pacifique, a aussi sa part de responsabilité pour ces températures de mi-décembre qui ressemblent à celles d’une mi-avril.
Le temps chaud devrait se prolonger début 2016. Beaucoup se posent la question : Aurons-nous une année sans hiver? Ce ne serait pas bon pour les stations de ski qui ont investi beaucoup d’argent pour moderniser leurs équipements.
Les historiens ne manqueront pas de remarquer une coïncidence climatique: 2015 marque le 200ème anniversaire de ce que l’on a appelé « l’année sans été ». Le 5 avril 1815, le Tambora en Indonésie se réveilla d’un sommeil séculaire. Pendant plusieurs jours, de violentes explosions à répétition ont envoyé dans l’atmosphère des colonnes de cendre et de poussière d’une taille encore jamais vue qui ont fait disparaître le soleil et provoqué une chute des températures dans la région et dans de nombreux pays à travers le monde. Les populations se posèrent des questions sur la météo pendant les mois qui ont suivi. On a beaucoup écrit sur les gelées d’août 1815 ou les somptueux couchers de soleil qui ont inspiré les peintres du 19ème siècle.
L’hiver 2015-2016 sera-t-il la copie inverse de ce qui est arrivé en 1815? Personne ne le sait car les prévisions à long terme en météorologie sont aussi peu fiables qu’en volcanologie. Coïncidant avec la COP 21, l’hiver doux actuel devrait avant tout nous rappeler que notre planète est très fragile et que l’envoi de saloperies dans l’atmosphère est susceptible de déstabiliser un équilibre déjà bien incertain.

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drapeau-anglaisOnce again, we did not have a white Christmas this year. Below-zero temperatures are a thing of the past. They have remained unseasonably mild for weeks. Experts say the blame for this unwinter weather belongs not to climate change but to a shift in air pressure at the North Pole. The “polar vortex” has so far been kept at bay by a phenomenon known as Arctic Oscillation. El Niño, the cyclical warming of the surface temperature of the Pacific Ocean, is also doing its part to make mid-December feel like mid-April.
Warm weather is forecast to last well into the New Year, raising an intriguing possibility: could this be the year without a winter? It would not be good for ski resorts that invested money to upgrade their equipment.
Historians, however, will note a climatic coincidence: 2015 marks the 200th anniversary of what has come to be known as the year without a summer. On April 5th 1815, Indonesia’s Mount Tambora awoke from a centuries-long slumber. Over the course of several days, repeated thunderous explosions hurled massive amounts of ash and dust of unprecedented size, blotting out the sun and causing temperatures to plummet in the region and in many countries around the world which were left to wonder about the strange weather over the ensuing months. A lot has been written about the freezing days in August 1815 or the sumptuous sunset that inspired many 19th century painters.
Will the winter 2015 – 2016 be a reverse copy of what happened in 1815? Nobody knows as long-term predictions in meteorology are as impossible as in volcanology. Coinciding with the Paris climate conference, the current mild winter should remind us that our planet is quite fragile and that sending rubbish into the atmosphere is likely to destabilize an uncertain balance.

Tambora-blog

Le Tambora vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Vers la mort du permafrost? // Will the permafrost die?

drapeau-francaisLes scientifiques du laboratoire du pergélisol de l’Université de l’Alaska à Fairbanks ont déclaré lors d’une conférence de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union à San Francisco que le permafrost de la région de North Slope en Alaska se réchauffe beaucoup plus rapidement que prévu.
Dans les années 1980, la température annuelle moyenne de la couche supérieure du pergélisol dans cette région de l’Alaska située le long de l’Océan Arctique était de -8°C. Cette année, elle est de -3°C et des mesures récentes ont même révélé qu’elle s’approchait de 0°C, donc du niveau de dégel. Trois décennies de mesures dans la région de North Slope montrent que la température du pergélisol évolue de pair avec la température de l’air.
L’ampleur du dégel dans les prochaines années et le degré d’affaissement des sols dépendront du niveau du changement climatique pendant le reste du 21ème siècle. Les dernières projections montrent qu’une réduction des émissions de dioxyde de carbone pourrait sauver le pergélisol de North Slope. En conséquence, si les émissions de CO2 continuent d’augmenter au rythme actuel, le réchauffement généralisé du pergélisol va également augmenter de façon spectaculaire. Si l’on prend en compte le scénario proposé par le Representative Concentration Pathway (scénario RCP 8.5), considéré comme le modèle de référence, le résultat sera que sur plus des deux tiers de la région de North Slope d’ici la fin du siècle, la température annuelle moyenne à deux mètres de profondeur sera d’environ 0°C. Selon ce même scénario, de vastes étendues de terre resteront décongelées tout au long de l’année, avec un type de sol connu sous le nom de talik. En conséquence, le sol s’affaissera à grande échelle, souvent de plusieurs mètres sur de vastes surfaces.
Toutefois, si l’on se réfère au scénario RCP 4.5 – une projection qui suppose une stabilisation des émissions de carbone vers le milieu du 21ème siècle et un niveau inférieur de réchauffement de la planète en 2100 – le pergélisol resterait relativement stable. Certes, il y aurait encore des affaissements du sol, mais ils ne dépasseraient guère une vingtaine de centimètres.
Le réchauffement provoqué par les émissions mondiales de CO2 n’est pas le seul facteur à l’origine de la fonte du permafrost de North Slope. Le développement des champs pétrolifères – en particulier les couches de gravier utilisées lors des extractions – contribuent à accélérer son réchauffement. Pour l’industrie pétrolière, le dégel du permafrost et les affaissements de terrain qu’il induit représentent de nouveaux défis. Les prévisions faites par les compagnies pétrolières reposent sur d’anciennes évaluations du pergélisol, avec un sol froid et solide, ce qui n’est plus le cas. A l’avenir, l’industrie pétrolière devra faire face à de nouveaux problèmes avec le réchauffement du sol. Il existe des solutions d’ingénierie pour y remédier, mais elles seront de plus en plus coûteuses.
Au cours de la première décennie du 21ème siècle, le pergélisol couvrait 99% des cinq unités du National Park Service du nord de Alaska. En 2050, une époque où les températures dans cette partie de l’Alaska devraient être plus chaudes de 2°C que maintenant, 89% des terres devraient avoir du permafrost sous la surface de leur sol. À la fin du siècle, seules 36% de terres auront du pergélisol.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisScientists of the permafrost laboratory at the University of Alaska Fairbanks said at a conference of the American Geophysical Union annual meeting in San Francisco that North Slope permafrost in Alaska is warming far more rapidly than previously anticipated.
In the late 1980s, the mean annual temperature of the top layer of permafrost in that region of Alaska along the Arctic Ocean was -8°C. This year, it was -3°C, and has been even warmer and closer to the thaw level in some recent measurements. Three decades of records from the North Slope show that permafrost temperatures closely track air temperatures.
Just how much will thaw in the future, and how much ground will sink as a result of thaw, depends on the degree of climate change through the rest of the 21st century. New projections show that reductions in carbon dioxide could save North Slope permafrost. Should carbon emissions continue to rise at current rates, widespread warming of the permafrost will also increase dramatically. Under what is known as the Representative Concentration Pathway (RCP 8.5 scenario) – considered the reference model – the result will be that on more than two-thirds of the North Slope region by the end of the century, mean annual temperature at two meters’ depth will be about zero degrees Celsius. Under that scenario, large sections of land will be thawed throughout the year, a type of soil known as talik. Correspondingly, land over most of the area will slump, with large sections subsiding by several meters.
But under a scenario known as RCP 4.5 – a projection that assumes a leveling off of carbon emissions by about mid-century and a lower level of global warming through 2100 – the permafrost remains largely stable. There will be ground sinking across nearly all of the North Slope area under the RCP 4.5 scenario, but most of it will be no deeper than 20 centimeters.
The warming caused by global carbon emissions is not the only factor causing North Slope permafrost to warm and edge toward thaw. Oil field development – particularly gravel pads used for oil operators – exacerbates the warming of permafrost.
For the oil industry, the expected thaw and land slumping mean new challenges. Development to date was based on past permafrost conditions, with cold and solid ground. In the future, the industry will face problems as the ground warms. There are some engineering solutions to fix it, but these solutions will be more and more expensive
In the first decade of the 21st century, permafrost covered 99% of the five National Park Service units across northern Alaska. By 2050, a time when temperatures in that part of Alaska are expected to be 2 degrees Celsius warmer than now, 89% of the land is expected to have permafrost beneath the current active soil layer. By the end of the century, only 36% will have permafrost.
Source: Alaska Dispatch News.

Drunken-forest

Les « drunken forests », forêts ivres des hautes latitudes, sont les témoins de la fonte du permafrost. Les racines des arbres ne sont plus maintenues en place par le sol gelé.  (Photo: C. Grandpey)

L’Inde et la COP 21 // India and the Paris climate conference

drapeau-francaisBien que ce ne soit pas vraiment une surprise, il semble que l’Inde soit indifférente aux conclusions de la COP 21. En effet, le pays a toujours l’intention de doubler sa production de charbon d’ici 2020 et compte bien s’appuyer sur cette ressource dans les années à venir. L’Inde vise une production de 1,5 milliard de tonnes cette décennie et affirme que le charbon fournit l’énergie la moins chère pour une industrialisation rapide qui fera sortir de la misère des millions de gens.
L’Inde, le troisième plus grand émetteur de carbone au monde, dépend du charbon pour environ les deux tiers de ses besoins en énergie et a promis de l’exploiter encore davantage pour satisfaire son économie dont les besoins en charbon sont énormes, tout en promettant d’accroître la production d’énergie propre.
Les autorités indiennes affirment qu’elles respectent scrupuleusement l’environnement, mais que la dépendance du pays envers le charbon va continuer parce qu’il n’y a pas de solutions de rechange. L’Inde prévoit de produire 30 fois plus d’énergie solaire d’ici 2022, mais l’énergie propre a ses limites et le charbon restera la source d’énergie dominante pendant des décennies.
Selon le ministre indien pour l’électricité, le charbon et l’énergie renouvelable, la contribution de l’Inde aux émissions mondiales de gaz à effet de serre est seulement de 2,5 %, avec 17% de la population mondiale, tandis que les pays développés ont produit un cinquième des émissions avec seulement 5% de la population mondiale.
Même si de nombreux chefs de gouvernements à travers le monde refusent de financer de nouveaux projets charbon et préfèrent favoriser le gaz et les énergies renouvelables, l’Inde ne devrait guère avoir de difficulté à financer des dizaines de nouvelles mines. Par exemple, la société Coal India à elle seule dispose de suffisamment de trésorerie pour générer davantage de production.
Les écologistes craignent que malgré l’engagement de l’Inde à développer l’énergie renouvelable, son utilisation croissante du charbon à un moment où de nombreux pays occidentaux rejettent les combustibles fossiles nuira à la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.
Source: Agence Reuters.

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drapeau-anglaisWithout it being a surprise, it looks as if India is indifferent to the conclusions of the Paris climate conference. Indeed, the country still plans to double its coal output by 2020 and rely on the resource for decades afterwards. It is targeting 1.5 billion tonnes this decade, saying coal provides the cheapest energy for rapid industrialisation that would lift millions out of poverty.
India, the world’s third-largest carbon emitter, depends on coal for about two-thirds of its energy needs and has pledged to mine more of the fuel to power its coal-hungry economy while also promising to increase clean energy generation.
While saying they are extremely careful about the environment, Indian authorities indicate that the country’s dependence on coal will continue because there are no other alternatives available. India has plans to add 30 times more solar-powered generation capacity by 2022, but there are limitations to clean energy and coal will remain the most efficient energy source for decades.
According to the Indian Minister for Power, Coal and Renewable Energy, India’s contribution to global greenhouse gases emissions is just 2.5 percent with 17 percent of the world’s population, while developed countries contributed a fifth of emissions with just 5 percent of the world’s population.
Even though many international lenders are refusing to finance new coal projects and favour gas and renewable energy, India should have few difficulties in financing dozens more new mines. For instance, the Coal India company alone has enough internal cash resources to drive more production.
Environmentalists worry that despite India’s commitment to renewable energy, its rising use of coal at a time when many Western nations are rejecting fossil fuel will hamper the world’s fight against climate change.
Source : Reuters press agency.

India_Coal_Production copie

Source: Wikipedia