L’éruption cataclysmale du volcan Huaynaputina (Pérou) // The cataclysmal eruption of Huaynaputina volcano (Peru)

Comme je l’ai indiqué dans les derniers bulletins d’activité volcanique dans le monde, la situation est relativement calme actuellement. Faute de munitions, certains médias se tournent vers le passé. C’est le cas du National Geographic qui vient de rappeler qu’en 1600 un volcan péruvien a connu une éruption cataclysmique qui a perturbé le climat de la planète, ave un hiver volcanique en Russie.

En l’an 1600, dans le sud du Pérou, le volcan Huaynaputina entre en éruption, dévaste la région et détruit une dizaine de villages. A partir de l’analyse géologique des dépôts éruptifs et de l’étude des chroniques de l’époque, une équipe de chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD, ex-Orstom) et de l’Institut Géophysique du Pérou (IGP) a pu reconstituer cette éruption qui est la plus importante que les Andes aient connues depuis la conquête espagnole.

Le volcan Huaynaputina se trouve sur le bord d’un haut plateau du sud du Pérou, à 75 kilomètres de la ville d’Arequipa qui se trouve elle-même sous la menace du volcan Misti. Du 19 février au 15 mars, des pluies de cendres et de lapilli, suivies par de nombreuses coulées pyroclastiques, ensevelirent au moins dix villages, faisant quelque 1500 victimes, et chamboulèrent le paysage sur un rayon de 30 à 60 kilomètres autour du volcan.

Les chercheurs distinguent trois phases majeures dans l’éruption du Huaynaputina.

– La première, de type plinien, est la plus considérable par son intensité et par ses conséquences. Le 19 février, un panache s’éleva au-dessus du volcan jusqu’à une hauteur estimée à 35 kilomètres ; en s’écroulant, ce panache fit s’accumuler près de 8 kilomètres cube de dépôts en dix-neuf heures environ. Cette retombée  de matériaux fut observée par des témoins de l’époque jusqu’à 600 kilomètres au nord-ouest du volcan et reste encore identifiable aujourd’hui jusqu’à 350 kilomètres de sa source.

– Après une période d’accalmie, l’activité explosive reprit du 24 au 27 février et des séismes d’origine volcanique détruisirent la cathédrale d’Arequipa à 75 kilomètres de là. Lors de cette phase, de type ignimbritique, des coulées pyroclastiques riches en ponces, furent canalisées jusqu’à 40 kilomètres de leur point de départ dans le canyon du Rio Tambo et les nombreuses vallées qui cisaillent le haut plateau sur lequel s’élève le volcan.

– Du 28 février au 15 mars, une nouvelle série de coulées pyroclastiques cendreuses, associées à des explosions hydromagmatiques, fut à l’origine de dépôts que l’on peut actuellement observer jusqu’à plus de 60 kilomètres du volcan. Certaines de ces coulées pyroclastiques s’engouffrèrent dans le canyon du Rio Tambo, créant des barrages à l’origine de lacs temporaires. Lorsque ces barrages cédèrent, des lahars dévastèrent cette vallée sur 120 kilomètres jusqu’à l’océan Pacifique.

Au cours des mois qui suivirent l’éruption, des coulées pyroclastiques secondaires apparurent sur les pentes les plus abruptes du volcan. Certaines chroniques rapportent que le ciel resta obscurci par la poussière près de neuf mois après le début du cataclysme.

Dans leur étude, les chercheurs de l’IRD et de l’IGP ont essayé d’expliquer la magnitude de cette éruption du Huaynaputina. Selon eux, elle s’esplique par au moins deux phénomènes. D’une part, lors de son ascension, le magma est entré en contact avec de l’eau provenant d’un système hydrothermal superficiel, ce qui a contribué à accroître la fragmentation du magma et l’intensité de l’explosion. D’autre part, un magma légèrement plus acide a été émis depuis le réservoir magmatique lors de la phase ignimbritique et des phases postérieures. Cela a entretenu le caractère très explosif de cette éruption et a permis au volcan de vomir un volume d’environ 13 km3 de matériaux.

Les scientifiques précisent que ce type d’éruption est vraisemblablement exceptionnel dans l’histoire du Huaynaputina qui n’aurait connu qu’une seule autre éruption de ce type il y a 9 700 ans environ.

Le National Geographic nous apprend que ce cataclysme et l’obstruction solaire qui l’a accompagné ont provoqué un hiver volcanique en Russie où ce fut l’hiver le plus rude des 6 derniers siècles, avec les températures estivales en dessous de 0°C pendant la nuit.

Près de deux millions de personnes, soit le tiers de la population russe à l’époque du tsar Boris Godounov, moururent de la famine qui s’ensuivit. Ce sombre épisode précipita la chute du tsar.

Source : IRD.

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As I have indicated in volcanic activity reports around the world, the situation is relatively calm these days. Due to lack of ammunition, some media are looking to the past. This is the case of the National Geographic which has just recalled that in 1600 a Peruvian volcano experienced a cataclysmic eruption which disrupted the climate of the planet, with a volcanic winter in Russia.
In 1600, in southern Peru, the Huaynaputina volcano erupted, devastated the region and destroyed a dozen villages. From the geological analysis of the eruptive deposits and the study of chronicles of the time, a team of researchers from the Research Institute for Development (IRD, ex-Orstom) and the Geophysical Institute of Peru (IGP) was able to reconstruct this eruption which has been the most important in theAndes since the Spanish conquest.
The Huaynaputina volcano is located on the edge of a high plateau in southern Peru, 75 kilometres from the city of Arequipa which itself is under the threat of the Misti volcano. From February 19th to March 15th, rains of ash and lapilli, followed by numerous pyroclastic flows, buried at least ten villages, causing some 1,500 victims, and turned the landscape upside down over a radius of 30 to 60 kilometres around the volcano.
Researchers distinguish three major phases in the eruption of Huaynaputina.
– The first, of the Plinian type, was the most impressive in its intensity and its consequences. On February 19th, a plume rose above the volcano to an estimated height of 35 kilometres; as it collapsed, this plume spread nearly 8 cubic kilometres of deposits in about nineteen hours. This fallout of materials was observed by witnesses of the time up to 600 kilometres north-west of the volcano and remains identifiable today up to 350 kilometres from its source.
– After a period of calm, explosive activity resumed from  February 24th to 27th and volcanic earthquakes destroyed the cathedral of Arequipa, 75 kilometres away. During this phase, of ignimbritic type, pyroclastic flows rich in pumice, were channeled up to 40 kilometres from their starting point in the canyon of Rio Tambo and the numerous valleys which slash the high plateau on which the volcano rises.
– From February 28th to March 15th, a new series of ashy pyroclastic flows, associated with hydromagmatic explosions, caused the accumulation of deposits that can currently be observed up to 60 km from the volcano. Some of these pyroclastic flows rushed into the canyon of the Rio Tambo, creating dams at the origin of temporary lakes. When these dams collapsed, lahars devastated this valley over 120 kilometres to the Pacific Ocean.
In the months following the eruption, secondary pyroclastic flows appeared on the steepest slopes of the volcano. Some chronicles report that the sky remained obscured by dust almost nine months after the start of the cataclysm.
In their study, IRD and IGP researchers tried to explain the magnitude of this eruption of Huaynaputina. They think it was caused by at least two phenomena. On the one hand, during its ascent, the magma came into contact with water coming from a shallow hydrothermal system, which contributed to increase the fragmentation of the magma and the intensity of the explosion. On the other hand, a slightly more acidic magma was emitted from the magmatic reservoir during the ignimbritic phase and the later phases. This maintained the highly explosive nature of this eruption and allowed the volcano to vomit a volume of about 13 km3 of material.
Scientists point out that this type of eruption is probably exceptional in the history of Huaynaputina which probably went through only one other eruption of this type about 9,700 years ago.
The National Geographic informs us that this cataclysm and the solar obstruction which accompanied it caused a volcanic winter in Russia where it was the harshest winter of the last 6 centuries, with summer temperatures below 0°C at night.
Nearly two million people, one third of the Russian population during the time of Tsar Boris Godunov, died of the ensuing famine. This dark episode precipitated the fall of the Tsar.
Source : IRD.

Vue du cratère du Huaynaputina et des environs (Crédit photo : Wikipedia)

Sécheresse : du jamais vu dans le sud-ouest des Etats-Unis // A drought never seen before in southwestern U.S.

Conséquence du changement et du réchauffement climatiques, le sud-ouest des États-Unis connaît une sécheresse d’une intensité encore jamais vue.
Une étude récemment publiée dans la revue Science confirme que le sud-ouest des États-Unis est aux prises avec une ‘méga-sécheresse’ qui dure depuis une vingtaine d’années. Cette période sans la moindre pluie favorise les incendies de végétation, assèche les réservoirs et pose des problèmes d’approvisionnement en eau dans les Etats de la région.
Les conséquences de cette sécheresse sont visibles partout, dans les zones d’accumulation de neige des montagnes, le niveau des réservoirs, l’agriculture, les nappes phréatiques et la mortalité des arbres. Les chercheurs ont comparé le taux d’humidité du sol entre 2000 et 2019 à d’autres épisodes de sécheresse des 1200 dernières années. Ils ont constaté que la période actuelle est pire que les cinq anciennes périodes de sécheresse extrême – sauf une –  répertoriées dans leur étude. .
Contrairement aux épisodes de chaleur extrême du passé – causés par les variations climatiques sur Terre – la  sécheresse actuelle a été influencée dans des proportions de 30 à 60% par le changement climatique anthropique qui a «transformé ce qui aurait été une sécheresse modérée dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord en une sécheresse de grande ampleur.»
Selon la NASA, 19 des 20 années les plus chaudes ont été enregistrées depuis 2001. Si rien n’est fait, le changement climatique frappera de plein fouet le sud-ouest des Etats Unis. Une préoccupation majeure concernant la sécheresse actuelle est son impact sur l’approvisionnement en eau. La consommation a connu une très forte augmentation car la moitié des États dont le développement est le plus rapide se trouvent dans le sud-ouest. Leur alimentation en eau a été rendue possible par des projets pharaoniques de détournement de cours d’eau et la construction d’énormes réservoirs.
Au cours des deux dernières décennies, le niveau des rivières a baissé à cause de la sécheresse et la croissance démographique. Cela a entraîné une forte baisse de niveau dans deux des plus grands réservoirs du pays, le Lac Mead et le Lac Powell, dont dépendent des dizaines de millions de personnes pour leur alimentation en eau.
Pour la première fois de l’histoire, l’eau en provenance du fleuve Colorado est rationnée cette année. La sécheresse s’est également manifestée au 21ème siècle par des incendies d’une ampleur jamais observée auparavant. En 2018, un incendie tempétueux a détruit en partie une ville du nord de la Californie, et presque toute la localité de Paradise où 85 personnes ont trouvé la mort.
Source: Yahoo News.

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 A consequence of climate change and global warming, the south-west of the United States is going through a severe drought with an intensity never seen before.

A recent study published in the journal Science confirms that the south-western US is in the grip of a 20-year megadrought, a period of severe aridity that is stoking fires, depleting reservoirs and putting a strain on water supplies to the states of the region.

The impacts of the drought can be seen everywhere, in snowpacks, reservoir levels, agriculture, groundwater and tree mortality. Researchers compared soil moisture records from 2000-2019 to other drought events from the past 1,200 years. They found that the current period is worse than all but one of five megadroughts identified in the record.

Unlike past megadroughts – caused by natural fluctuations in the Earth’s climate – the study explains that the current drought has been influenced in proportions of 30-60% by human-induced climate change, “turning what would have been a moderate drought in south-western North America into megadrought territory.”

Accordingto NASA, 19 of the 20 warmest years on record have occurred since 2001. Climate change, if unchecked, will hit the American south-west particularly hard. A major concern is the current drought is its impact on water supplies in the region. It has experienced explosive growth – half of the nation’s fastest-growing states are in the south-west – made possible by elaborate river diversion projects and massive reservoirs.

Over the past two decades, drought-depleted rivers, and population growth has led to steep declines in two of the nation’s largest reservoirs, Lake Mead and Lake Powell, on which which tens of millions of people depend.

Water deliveries from the Colorado River are also being rationed this year, for the first time. Moreover, the drought has manifested itself in furious 21st-century fires never seen before. In 2018, a fire tornado destroyed part of one northern California town, and almost the entire community of Paradise, California, was wiped out by a fire that claimed 85 victims.

Source : Yahoo News.

Vues du lac Powell (Photos : C. Grandpey)

La Suisse veut exporter son CO2 en Norvège // Switzerland wants to export its CO2 to Norway

Dans une note publiée le 17 juin 2016, j’abordais le projet CarbFix lancé en Islande à côté d’une centrale géothermique dans la périphérie de Reykjavik. Cette centrale exploite une source de vapeur produite par le magma à faible profondeur, en sachant que du CO2 et des gaz soufrés d’origine volcanique sont émis en même temps que la vapeur. Le but est de capter le gaz et de le réinjecter dans le sous-sol. Vous pourrez lire cette note en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/17/islande-de-la-geothermie-au-stockage-du-co2-iceland-from-geothermal-energy-to-the-storage-of-co2/

La Suisse s’intéresse elle aussi au stockage du gaz carbonique. C’est ainsi que les usines de retraitement des déchets appellent la Confédération à créer un vaste réseau de pipelines pour exporter leur CO2 vers la Norvège, où il serait stocké dans d’anciens gisements de gaz naturel sous la mer du Nord.

Les 30 usines suisses de retraitement des déchets produisent chacune plus de 100 000 tonnes de CO2 par an. Deux d’entre elles, celle de Monthey (Valais) et de Linth (Glaris), ont lancé des projets pilotes visant à éliminer ces émissions et elles veulent piéger le gaz carbonique à l’aide de filtres.

Les 30 usines suisses de traitement des déchets rejettent plus de 4 millions de tonnes de CO2 par an, soit 4,5% des émissions totales de la Suisse. Par le passé, des canalisations évacuaient et traitaient les eaux usées. Aujourd’hui, il serait souhaitable de créer un réseau pour évacuer le CO2. Ce réseau pourrait être relié à d’autres grands émetteurs de CO2 comme les cimenteries ou l’industrie chimique. Selon le président de l’Association suisse des exploitants d’installations de traitement des déchets (ASED),« sans capture du CO2 à grande échelle, nous ne parviendrons pas à atteindre les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris. »

Comme la Suisse ne dispose pas de capacité de stockage suffisante, les incinérateurs veulent relier leurs usines à un réseau de pipelines qui permettrait d’exporter ce gaz carbonique vers le nord de l’Europe et plus particulièrement la Norvège. Le pays stocke déjà avec succès du CO2 dans d’anciens gisements de gaz naturel sous la mer du Nord depuis 1996 et il s’apprête d’ici 2024 à ouvrir de nouveaux réservoirs pour y enfouir du CO2 européen.

L’enfouissement du CO2 dans des couches géologiques profondes est toutefois contesté. Selon Greenpeace, « il n’est pas encore prouvé que le CO2 qu’on envoie dans ces couches géologiques y reste; on n’est pas sûr qu’il n’y ait pas de fuite. Or, du CO2 qui s’échapperait dans la mer mettrait en danger l’écosystème marin. »

Malgré ces risques, la Confédération helvétique a déjà assuré son soutien au projet des usines d’incinération.

Exporter du CO2 à l’étranger est toutefois aujourd’hui encore interdit. Pour que la Suisse puisse stocker son CO2 sous la mer, elle devra ratifier les modifications de la Convention de Londres, un accord international qui protège les mers de la pollution.

Source : Radio Télévision Suisse (RTS).

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In a post released on June 17th, 2016, I referred to the CarbFix project launched in Iceland next to a geothermal power plant outside Reykjavik. This plant basically taps a source of steam above Iceland’s shallow magma chambers, but some volcanic CO2 and sulphur gas come along with it. The goal is to capture that gas and stick it back underground. That’s done with an injection well drilled down into basalt bedrock. You can read my post by clicking on this link:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/17/islande-de-la-geothermie-au-stockage-du-co2-iceland-from-geothermal-energy-to-the-storage-of-co2/

Switzerland too is interested in storing carbon dioxide. The waste reprocessing factories are calling on the Confederation to create a vast network of pipelines to export their CO2 to Norway, where it would be stored in former natural gas fields under the North Sea.
The 30 Swiss waste reprocessing plants each produce more than 100,000 tonnes of CO2 per year. Two of them, Monthey (Valais) and Linth (Glaris), have launched pilot projects to eliminate these emissions and they want to trap carbon dioxide by using filters.
The 30 Swiss waste treatment plants emit more than 4 million tonnes of CO2 per year, or 4.5% of Switzerland’s total emissions. In the past, pipes evacuated and treated wastewater. Today, a good idea would be to create a network to remove CO2. This network could be linked to other large CO2 emitters such as cement factories or the chemical industry. According to the president of the Swiss Association of Waste Treatment Plant Operators (ASED), « without large-scale CO2 capture, we will not be able to meet the commitments made under the Paris agreement. »
As Switzerland does not have sufficient storage capacity, the incinerators want to connect their factories to a network of pipelines which would allow this carbon dioxide to be exported to the north of Europe and more particularly to Norway. The country has already successfully stored CO2 in former natural gas fields under the North Sea since 1996 and is preparing to open new storage capacities by 2024 to bury European CO2 there.
The burial of CO2 in deep geological layers is however disputed. According to Greenpeace, « it is not yet proven that the CO2 that we pump in these geological layers remains there, we are not sure that there is no leak. The CO2 that would escape in the sea would endanger the marine ecosystem. »
Despite these risks, the Swiss Confederation has already provided support for the incineration plant project.
However, exporting CO2 abroad is still prohibited today. Fot Switzerland to be allowed to store its CO2 under the sea, the country will have to ratify the modifications of the London Convention, an international agreement which protects the seas from pollution.
Source: Radio Télévision Suisse (RTS).

La centrale géothermique islandaise impliquée dans le projet CarbFix (Photo : C. Grandpey)

Pollution au mazout dans l’Arctique : Un désastre écologique majeur // Diesel pollution in the Arctic : a major environmental disaster

Comme je l’ai écrit précédemment, le président russe Vladimir Poutine a déclaré l’état d’urgence à Norilsk (Sibérie) le 4 juin 2020, à la suite du déversement de 20 000 tonnes de mazout dans cette région située au-dessus du cercle polaire arctique. Pour  le World Wildlife Fund (WWF), la catastrophe est la deuxième plus importante de la Russie moderne après la marée noire de 1994 dans la région de Komi au nord-ouest du pays. Greenpeace Russie a comparé l’événement à la marée noire causée par le pétrolier Exxon Valdez en 1989.
La pollution s’est produite lorsqu’un réservoir de combustible d’une centrale électrique près de Norilsk s’est effondré le 29 mai. Vladimr Poutine s’est mis en colère et a demandé à l’entreprise pourquoi il n’avait été informé de l’accident que deux jours plus tard
Des centaines de personnes ont été déployées pour essayer d’endiguer la pollution, mais elles n’ont réussi à récupérer que 340 tonnes de mazout à ce jour. Le combustible, facilement identifiable par sa couleur rouge, s’est répandu dans la rivière Ambarnaya les 31 mai et 1er juin. Cette rivière se jette dans le lac Pyasino, un important plan d’eau et la source de la rivière Pysaina.
Le déversement du mazout est probablement dû à la rupture des piliers qui soutiennent le réservoir de stockage en raison de la fonte du pergélisol. Il y a quelques jours, j’ai indiqué que des températures normalement douces étaient enregistrées en Sibérie. La fonte du permafrost est bien sûr liée au réchauffement climatique et a déjà provoqué d’autres problèmes, notamment des dégâts aux routes et aux maisons, ainsi que des perturbations à l’agriculture et à l’élevage dans toute la Sibérie.
Ce n’est pas la première fois que la société Norilsk Nickel provoque une catastrophe environnementale. Elle a déjà été responsable de la « rivière de sang » en Sibérie en 2016, avec pour conséquence une immense zone aquatique morte à cause d’une pollution par des déchets métallurgiques.
Selon le coordinateur des projets de l’Arctique pour le WWF Russie, l’accident actuel a aura conséquences catastrophiques pendant plusieurs années. On observera inévitablement des poissons morts, des oiseaux avec le plumage englué et des animaux empoisonnés. Le vice-ministre russe des ressources environnementales a déclaré qu’il faudrait au moins 10 ans pour que l’écosystème local retrouve un équilibre.
Source: The Watchers, WWF.

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As I put it previously, President Vladimir Putin declared a state of emergency in Norilsk, Siberia, on June 4th, 2020, following a 20,000 tonne-oil spill in the region which is locates above the Arctic Circle. The World Wildlife Fund (WWF) described the disaster as the second largest in modern Russian history since the 1994 oil spill in the north-western region of Komi. Greenpeace Russia compared it to the 1989 Exxon Valdez tanker spill.

The spillage occurred when a fuel tank at a power plant near the city collapsed on May 29th. Putin criticized the company, questioning why he was only informed of the spill two days later

Hundreds of personnel have been deployed to clean up the spill but they have gathered only around 340 tons so far. The oil, which is identified by a red streak, could clearly be seen in the Ambarnaya River on May 31st and June 1st. This river flows into Lake Pyasino, a major body of water and source of the Pysaina River.

The leakage was most probably due to the collapse of the pillars that support the storage tank because of the melting of permafrost. A few days ago, I indicated that normally mild temperatures are recorded in Siberia. Permafrost thawing is of course linked to climate change and has triggered issues, including damage to roads and houses, as well as disruptions to agriculture and herding throughout Siberia.

The Norilsk Nickel company is not new to environmental disasters. They were already responsible for the « blood river » in Siberia in 2016, a huge dead zone in the water due to metallurgical waste.

According to the coordinator of Arctic projects for WWF Russia, the current incident has led to catastrophic consequences that will last for years. Dead fish, polluted plumage of birds, and poisoned animals will inevitably be observed. The Russian deputy minister of national resources and the environment said that it would take at least 10 years for the local ecosystem to recover.

Source: The Watchers, WWF.

La pollution vue par le satellite Sentinel-2 de l’ESA