Vêlage en Islande // Calving in Iceland

Comme je l’explique au cours de ma conférence « Glaciers en péril », en glaciologie le ‘vêlage’ est la production d’icebergs par un glacier lorsque des masses de glace se détachent de son front et s’écroulent dans une étendue d’eau. On peut observer ce phénomène dans des pays comme le Groenland, l’Islande, l’Argentine, ou encore en Alaska.

Le vêlage est un phénomène normal pour un glacier qui se forme par accumulation de neige. Cette dernière se tasse et devient de la glace qui s’écoule sous son propre poids jusque dans la mer. Normalement, la quantité de neige qui tombe sur la zone d’accumulation compense à l’échelle annuelle la perte de masse par vêlage. Or, ce n’est plus le cas aujourd’hui du fait du changement climatique. Le vêlage est un phénomène normal ; le problème est la fréquence du vêlage.

La presse vient de faire état du vêlage du Breidamerkurjökull, un glacier islandais qui est une attraction touristique. Ce glacier s’est effondré devant une quinzaine de touristes accompagnés de leur guide. La chute des énormes blocs de glace dans le lagon glaciaire a provoqué plusieurs vagues impressionnantes qui se sont dirigées vers le rivage. Par prudence, le guide a demandé à ses clients de s’éloigner et aucune personne n’a été blessée.

Dire que ce seul vêlage est causé par le réchauffement climatique, comme l’ont affirmé certains, est aller un peu vite en besogne. Ce n’est pas au vu d’un seul événement que l’on peut tirer des conclusions globales. Il n’empêche que les glaciers fondent à une vitesse impressionnante en Islande. S’agissant du glacier Breidamerkurjökull, les glaciologues pensent qu’il pourrait complètement disparaître d’ici 200 ans.

Voici une petite vidéo montrant le vêlage de ce glacier.

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/islande-un-glacier-s-effondre-devant-des-touristes_3262063.html

Source : Plusieurs organes de presse, dont France Info.

J’ai eu l’occasion d’assister à plusieurs vêlages en Alaska. C’est vrai qu’il faut se montrer prudent car les vagues générées par ces effondrements sont spectaculaires et pourraient menacer une embarcation qui se trouverait trop près du glacier. Voici une petite vidéo que j’ai réalisée devant le glacier Sawyer, au sud de Juneau en Alaska.

https://www.youtube.com/watch?v=jZtvNMxoxdY&t=1s

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As I explain in my conference “Glaciers at Risk”, in glaciology the word ‘calving’ refers to the production of icebergs by a glacier when masses of ice break off from its front and collapse into the water. This phenomenon can be observed in countries such as Greenland, Iceland, Argentina and Alaska.
Calving is a normal phenomenon for a glacier that is formed by snow accumulation. The latter settles and becomes ice that flows under its own weight into the sea. Normally, the amount of snow that falls on the accumulation area compensates for the calving mass loss on an annual scale. This is no longer the case today because of climate change. Calving is a normal phenomenon; the problem is its frequency.
The press has just reported the calving of Breidamerkurjökull, an Icelandic glacier which is a tourist attraction. This glacier collapsed in front of fifteen tourists accompanied by a guide. The fall of huge blocks of ice in the glacial lagoon caused several impressive waves that rushed toward the shore. As a precaution, the guide asked his clients to walk away and no one was injured.
Saying that this calving was caused by global warming, as some have said, is going a little fast. It is not in the light of a single event that one can draw global conclusions. Still, glaciers are melting at an impressive speed in Iceland. Regarding the Breidamerkurjökull glacier, glaciologists think that it could completely disappear within 200 years.
Here is a short video showing the calving of this glacier.
https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/islande-un-glacier-s-effondre-devant-des-touristes_3262063.html

Source: Several media outlets, including France Info.

I had the opportunity to watch several calvings in Alaska. It is true that one must be cautious because the waves generated by these collapses are spectacular and could threaten a boat that wiuld be too close to the glacier. Here is a short video I made in front of Sawyer Glacier, south of Juneau, Alaska.
https://www.youtube.com/watch?v=jZtvNMxoxdY&t=1s

Episode de vêlage sur le Columbia Glacier en Alaska (Photo: C. Grandpey)

La situation sismique à Mayotte (suite) // The seismic situation in Mayotte (continued)

Dans son bulletin mensuel du mois de mars, l’OVPF fait le bilan de la situation sur le Piton de la Fournaise, mais donne aussi des nouvelles de la sismicité sur l’île de Mayotte. Comme indiqué précédemment, cette sismicité a débuté au début du mois de mai 2018. Elle consiste en essaims sismiques dont les épicentres se situent à 30 à 60km à l’est de la côte de Mayotte. La grande majorité de ces séismes est de faible magnitude, mais plusieurs évènements de magnitude modérée (avec un maximum de M 5,9) ont été ressentis par la population et ont endommagé certaines constructions.

Depuis le mois de juillet l’activité sismique a diminué mais une sismicité persiste et certains événements sont ressentis par les habitants. Cette situation m’a été confirmée par des Mahorais à l’occasion du Salon du Livre de Paris. Mars 2019 a été particulièrement actif avec notamment 24 séismes de magnitude supérieure ou égale à M 4 comptabilisés par le BRGM entre le 1er et le 24 mars. A noter que le 28 mars, lendemain de la publication par le BRGM de son bulletin mensuel évoquant une stabilité des secousses sismiques, les habitants ont été réveillés vers 4h40 par un événement de M 4,6. L’épicentre a été localisé à environ 60 kilomètres de Mamoudzou.

Les données des stations GPS du réseau Teria installées sur l’île de Mayotte indiquent depuis le mois de juillet un déplacement d’ensemble vers l’est d’environ 15 cm et une subsidence d’environ 6-12 cm suivant les sites au cours de cette même période. Pour les 3 derniers mois, la source à l’origine de ces déplacements a pu être localisée à une trentaine ou quarantaine de km à l’est de Mayotte et à environ 35 km de profondeur. Cela laisse supposer que des transferts de fluides dans la croûte se poursuivent toujours dans le secteur de l’essaim sismique.

Source : OVPF, Outremer News, Le Journal de Mayotte.

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In its monthly bulletin of March, OVPF explains the situation on Piton de la Fournaise, but also gives news of seismicity on the island of Mayotte. As mentioned previously, this seismicity began in early May 2018. It consists of seismic swarms whose epicentres are located 30 – 60km east of the coast of Mayotte. The vast majority of these earthquakes are of low magnitude, but several events of moderate magnitude (with a maximum of M 5.9) have been felt by the population and have damaged some buildings.
Since the month of July, seismic activity has decreased but seismicity persists and certain events are felt by the inhabitants. This situation was confirmed to me by Mahorais at the Paris Book Festival. March 2019 was particularly active, with 24 earthquakes with magnitudes greater than or equal to M 4 recorded by BRGM between March 1st and 24th. It should be noted that on March 28th, the day after the publication by BRGM of its monthly bulletin evoking a stability of the earthquakes, the inhabitants were awakened around 4.40am by an M 4.6 event. The epicentre was located about 60 kilometres from Mamoudzou.
Data from the Teria network of GPS stations installed on the island of Mayotte have indicated since July an overall displacement to the east of about 15 cm, and a subsidence of about 6-12 cm according to the sites during this same period. For the last 3 months, the source at the origin of these displacements could be located about thirty or forty kilometres east of Mayotte and about 35 km deep. This suggests that fluid transfers in the crust are still continuing
in the sector of the seismic swarm.
Source: OVPF, Outremer News, Le Journal de Mayotte.

Déplacements (en mètres) enregistrés sur 4 stations GPS localisés à Mayotte et au nord de Madagascar à Diego Suarez  sur les composantes est (en haut), nord (au milieu) et vertical (en bas) entre avril 2018 et mars 2019 (Source : OVPF, IPGP)

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On va avoir soif cet été !

Je suis toujours surpris de voir les présentateurs des bulletins météo se réjouir quand une longue période de grand beau temps se profile à l’horizon, alors que nous traversons en Limousin une période de sécheresse qui risque de se prolonger au cours des prochains mois.

N’ayez pas la mémoire courte ! L’automne et l’hiver 2017-2018 avaient été copieusement arrosés et, malgré cela, la chaleur de l’été 2018 commençait à poser des problèmes. Le niveau du lac de Vassivière avait beaucoup baissé car il fallait compenser le faible débit de la Vienne pour refroidir les réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux. Comme on le dit volontiers dans notre région, il faut mille vaches pour alimenter six veaux….

Voici les chiffres de pluviométrie fournis par la station météo de Limoges-Bellegarde pour la période octobre 2017 – mars 2018 d’une part, et pour la période octobre 2018 – mars 2019 d’autre part. Vous allez vite réaliser pourquoi je sui pessimiste.

Octobre 2017 : 38,7 mm  / Octobre 2018 : 31,1 mm

Novembre 2017 : 89,7 mm  /  Novembre 2018 : 74,3 mm

Décembre 2017 : 141,1 mm  /  Décembre 2018 : 132,2 mm

Janvier 2018 : 195,7 mm  /  Janvier 2019 : 82,3 mm

Février 2018 : 66,8 mm  / Février 2019 : 38,8 mm

Mars 2018 : 137,8 mm  /  Mars 2019 : 68,3 mm

Par rapport à la période précédente, nous sous trouvons actuellement avec un déficit de 242,8 mm, ce qui est considérable.

Lorsqu’il a plu ces derniers temps, le niveau des ruisseaux a rebaissé très vite, ce qui montre que les sources n’ont pas un débit abondant. Cette situation a été confirmée par les agriculteurs qui craignent des semaines difficiles pour leur bétail.

Les climatologues misent sur un été 2019 chaud car El Niño a refait surface dans le Pacifique oriental. Cette situation génère en général des étés chauds en Europe occidentale.

Contrairement aux idées reçues, le Limousin et son Plateau de Millevaches (mille sources) ne sont pas un immense château d’eau. Les ressources sont superficielles et de plus en plus fragiles, notamment à cause des sécheresses à répétition. Les autorités locales commencent à se poser des questions sur les solutions à adopter pour faire face à une pénurie d’eau dans les années à venir.

Une solution pourrait être d’interconnecter les différents réseaux d’eau ou bien procéder à de nouveaux captages. On se rend compte aujourd’hui que le réseau d’eau est vétuste et demande à être modernisé afin de réduire les pertes. Certains suggère la mise en place de nouvelles réserves, voire un nouveau barrage.

Le temps presse. Les effets du changement climatique se font déjà sentir en Limousin et en Creuse en particulier. Alors que le mois d’avril n’a pas encore commencé, le département a été placé par la préfecture en vigilance sécheresse il y a une dizaine de jours.

Source : Météo France, presse locale.

Relevés de la station météo de Limoges-Bellegarde pour le mois de mars. On remarque le très net déficit pluviométrique.

La fonte rapide des glaciers d’Amérique du Nord // The rapid melting of North American glaciers

Selon une nouvelle étude publiée dans les Geophysical Research Letters, les glaciers de l’ouest de l’Amérique du Nord fondent quatre fois plus vite que pendant la décennie écoulée. Les modifications intervenues dans le comportement du jet-stream ont accentué les effets à long terme du changement climatique. Les auteurs de l’étude ont travaillé à partir de données fournies par les images satellites des glaciers entre 2000 et 2009 et entre 2009 et 2018.
Le recul glaciaire n’est pas partout le même aux États-Unis et au Canada. En particulier, les glaciers de la Chaîne des Cascades dans le nord-ouest des Etats-Unis (sur le Mt Baker, le Mt Rainier, le Mt Shasta) ont été en grande partie épargnés par la tendance au recul. Les pertes de masse glaciaire ont été moindres car, du fait de leur situation géographiques et leur exposition aux masses d’air humide du Pacifique, ils ont reçu d’abondantes chutes de neige.

Le jetstream – courant d’air rapide qui circule dans l’atmosphère et qui influe sur les conditions météorologiques – s’est déplacé, provoquant davantage de chutes de neige dans le nord-ouest des États-Unis et moins dans le sud-ouest du Canada. Les variations du jetstream dans l’hémisphère nord sont de plus en plus étroitement liées au réchauffement de la planète. Ce réchauffement dû à la combustion anthropique d’énergies fossiles devrait continuer à faire fondre les glaciers, même si on devait assister à une réduction des émissions de gaz à effet de serre.
La situation des glaciers de l’Alaska est beaucoup plus préoccupante en Amérique du Nord, car cet Etat se réchauffe plus rapidement que le reste des États-Unis. Par exemple, la neige du Mont Hunter, dans le Parc National du Denali, fond 60 fois plus vite qu’il y a 150 ans.
Les glaciers nord-américains présentés dans la nouvelle étude sont beaucoup plus petits que ceux d’Alaska ou d’Asie et leur fonte ne contribue guère à l’élévation du niveau de la mer. Les chercheurs expliquent qu’ils offrent des indications précieuses en matière de gestion de l’eau, au niveau de la pêche et de la prévention des inondations. Avec la diminution des glaciers, moins d’eau sera disponible pour les réseaux hydrographiques qu’ils alimentent lorsque les précipitations seront faibles. Ainsi, dans certaines régions du monde, en particulier en Amérique du Sud, des millions de personnes pourraient perdre leurs principales sources d’approvisionnement en eau. Dans le nord-ouest des États-Unis, si les glaciers fondaient complètement, le débit de certains bassins versants pourrait être réduit d’environ 15% pendant les mois secs d’août et de septembre. De plus, la hausse de température de l’eau pourrait poser des problèmes aux poissons. Les sédiments qui accompagnent la fonte des glaciers pourraient s’accumuler au fond des lits des rivières, favorisant leur débordement lors des fortes pluies.
Source: The Guardian.

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According to a new study released in Geophysical Research Letters, glaciers in western North America are melting four times faster than in the previous decade, with changes in the jet stream exacerbating the longer-term effects of climate change. The authors got their data by comparing satellite images of glaciers from 2000 to 2009 and from 2009 to 2018.

The retreat has not been equal in the US and Canada. The glaciers in the Cascade Range (Mt Baker, Mt Rainier, Mt Shasta) in the north-west US have largely been spared from the trend. Because of their geographical situation and their exposure to the humid air masses from the Pacific Ocean, the losses there were reduced because the mountains got a lot of additional snow.

The jet stream – the current of fast-flowing air in the atmosphere that affects weather – has shifted, causing more snow in the north-western US and less in south-western Canada. Changes in the northern hemisphere jet stream are increasingly firmly linked to global warming. That warming from humans burning fossil fuels is also expected to continue to melt alpine glaciers, even under scenarios for more moderate greenhouse gas levels.

Alaskan glaciers get much of the attention in North America because Alaska is warming faster than the rest of the US. For instance, Mount Hunter in Denali National Park, is seeing 60 times more snow melt than it did 150 years ago.

The North American glaciers analyzed in the new study are far smaller than those in Alaska, Asia and elsewhere, so they won’t contribute much to sea-level rise as they melt. The authors say they offer critical lessons for water management, fisheries and flood prevention. With shrinking glaciers, less water will be available for nearby river systems when rainfall is low. In some parts of the world, millions of people could lose their primary water supplies. In the Pacific north-west US, if glaciers melted entirely, that could reduce the flow of certain watersheds by up to about 15% in dry months of August and September.

Moreover, changes in water temperature could pose problems for fish. And the sediment that comes with melting glaciers could fall to the bottoms of riverbeds, making them overflow during heavy rains.

Source : The Guardian.

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Les glaciers du Mt Baker et du Mt Shasta fondent moins vite. S’agissant de ceux du Mont Rainier, j’ai remarqué qu’ils avaient reculé de manière significative au cours des dernières années.

Mt Baker

 

Mt Shasta

Mt Rainier

Dans les Rocheuses canadiennes, la fonte glaciaire est spectaculaire, en particulier dans le Columbia Icefield où des repères permettent de se rendre compte du recul du glacier Athabasca.

 Angel Glacier

Athabasca Glacier

En Alaska, la fonte des glaciers est incroyable. On s’en rend compte en visitant à quelques années d’intervalle le Columbia dans le Prince William Sound, près de Valdez ou le Sawyer dans le Tracy Fjord, près de Juneau.

Columbia Glacier

Sawyer Glacier

(Photos: C. Grandpey)

Le recul des glaciers de Heard Island // The retreat of glaciers on Heard Island

Heard Island est une île montagneuse de 368 kilomètres carrés qui fait partie du Territoire australien des îles Heard et McDonald. Elle se trouve à environ 4 100 km au sud-ouest de Perth et à 3 845 km au sud-ouest du Cap Leeuwin en Australie. 41 glaciers recouvrent les montagnes et 80% de l’île sont occupés par la glace. Heard Island est dominée par Mawson Peak, un complexe volcanique de 2 745 mètres d’altitude qui fait partie du massif du Big Ben. Une image satellite datant de juillet 2000 fournie par l’Université d’Hawaï montrait une coulée de lave active de 2 km de long partant du sommet de Big Ben.
Ce qui nous intéresse ici, ce sont les glaciers de l’île. D’une manière générale, nous savons que la fonte des glaciers façonne de nouveaux paysages et crée parfois de nouvelles opportunités pour la faune. C’est ce qui se passe à Heard Island où les glaciers Winston, Brown et Stephenson ont tous reculé considérablement depuis 1947, année où les premières cartes fiables ont localisé leurs fronts avec exactitude.
Le recul des glacier Stephenson et Winston (voir la carte ci-dessous) a été documenté de 2001 à 2018, ainsi que l’agrandissement de la lagune qui en a résulté.
Le recul du glacier Stephenson a commencé en 1971, date à laquelle son front s’est éloigné d’un kilomètre de la côte sud et de plusieurs centaines de mètres du côté nord.
En 1980, ce recul a entraîné la formation du lagon Stephenson.
En 2001, le glacier Stephenson avait deux branches distinctes se terminant dans deux lagons distincts, le Doppler au sud et le Stephenson à l’est. Il y avait de nombreux icebergs dans le lagon Doppler mais aucun dans le lagon Stephenson, preuve que le recul était en cours. Le glacier Winston terminait sa course là où le lagon s’élargissait.
En 2008, les deux lagons devant le glacier Stephenson étaient reliées dans la partie est par un étroit chenal ; ils étaient remplies d’icebergs suite à l’effondrement de la partie terminale du glacier.
En 2010, le glacier Stephenson n’atteignait plus le lagon Stephenson et, comme le glacier Winston en 2001, il se terminait dans le point étroit où le glacier entrait dans le lagon principal.
En 2018, le glacier Stephenson n’entrait plus dans le lagon principal. Le bras nord du glacier avait connu un recul de 1,8 km entre 2001 et 2018 et le bras sud s’était retiré de 3,5 km. Le lagon était dépourvu de glace pour la première fois depuis plusieurs siècles, voire plusieurs millénaires. La période de recul rapide due au vêlage d’icebergs dans le lagon était terminée et le glacier reculait maintenant plus lentement.
Le glacier Winston a reculé de 600 mètres entre 2001 et 2018. L’agrandissement global du lagon a été limité car le glacier s’est retiré dans une crique d’une largeur de 500 mètres.
La population de manchots royaux a fortement augmenté entre les années 1940 et le 21ème siècle, tandis que les effectifs de gorfous sauteurs, de manchots papous et de gorfous macaronis ont diminué au cours de la même période.
L’expansion des lagons Stephenson et Winston a été importante pour la faune, les manchots royaux et des cormorans ont également été observés. Le recul de ces glaciers sur Heard island suit un schéma de recul identique à celui d’autres glaciers situés sur des îles de la région antarctique: la Calotte glaciaire Cook à Grande Terre, l’île principale de l’archipel des Kerguelen ; les glaciers Hindle et Neumayer en Géorgie du Sud.
Source: AGU 100.

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Heard Island is a 368-square-kilometre bleak and mountainous island which belongs to the Australian Territory of Heard Island and McDonald Islands. It is located approximately 4,100 km southwest of Perth and 3,845 km southwest of Cape Leeuwin, Australia. Its mountains are covered by 41 glaciers and the island is 80% covered with ice. It is dominated by Mawson Peak, a 2,745-metre-high complex volcano which forms part of the Big Ben massif. A July 2000 satellite image provided by the University of Hawaii showed an active 2-kilometre-long lava flow travelling from the summit of Big Ben.

What interest us here is the glaciers of the island. More generally, we know that the melting of glaciers shapes new landscapes and sometimes creates new opportunitiess for the wildlife. This is what is happening on Heard Island where the Winston, Brown and Stephenson Glacier have all retreated substantially since 1947, a year when the first good maps of their terminus are available.

The retreat of the Stephenson Glacier and the Winston Glacier (see map below) has been studied from 2001 to 2018, together with the consequent lagoon expansion.

The retreat of the Stephenson Glacier began by 1971 when it retreated 1 km from the south coast and several hundred meters on its northern side.

This retreat by 1980 caused the formation of Stephenson Lagoon.

In 2001, the Stephenson Glacier had two separate branches terminating in two separate lagoons, Doppler to the south and Stephenson to the east. There were numerous icebergs in Doppler lagoon but none in Stephenson Lagoon, indicating the retreat was underway. Winston Glacier terminated where the lagoon widened.

In 2008, the two lagoons in front of the Stephenson Glacier were joined with a narrow eastern channel; the lagoons were filled with icebergs as a terminus collapse was underway.

By 2010, the Stephenson Glacier had retreated from the main Stephenson Lagoon, and like the Winston Glacier in 2001 terminated at narrow point where the glacier entered the main lagoon.

By 2018, the Stephenson Glacier had retreated from the main lagoon, the northern arm of the glacier experienced a 1.8 km retreat from 2001 to 2018 and the southern arm a 3.5 km retreat.  The lagoon was free of ice for the first time in several centuries if not several millennia. The period of rapid retreat due to calving of icebergs into the lagoon was over and the retreat rate would now be slower.

The Winston Glacier retreated 600 metres from 2001-2018.  The overall lagoon expansion has been limited as the glacier retreated up an inlet that is 500 metres wide.

The population of king penguins increased sharply from the 1940s into the 21st century, while rockhopper, gentoo and macaroni penguin numbers declined over the same period.

The expansion of both the Stephenson Lagoon and the Winston Lagoon has been important for wildlife, king penguins, and cormorants have also been observed.  The retreat of these glaciers follows the pattern of glacier retreat at other glaciers on islands in the circum-Antarctic region: Cook Ice Cap on Kerguelen Island,  Hindle Glacier and Neumayer Glacier in South Georgia

Source: AGU 100.

Vue de Heard Island et de ses glaciers (Source : Australian Antarctic Division)

Images fournies par le satellite Landsat et montrant le recul des glaciers Stephenson et Winston au cours des dernières années.

Le recul des glaciers en images // Images of the glacial retreat

Voici une animation fort intéressante qui montre les avancées et retraits des glaciers alpins durant la dernière période glaciaire. Réalisée par le glaciologue Julien Seguinot, elle  permet d’observer le recul des glaciers dans les Alpes depuis 120 000 ans. Réalisée à partir des traces de glaces prélevées sur le terrain et d’un modèle numérique sur la physique des glaciers, l’animation témoigne de la vaste étendue des glaciers pendant la dernière période glaciaire et de leur retrait progressif jusqu’à aujourd’hui. On remarquera en particulier qu’il y a environ 25000 ans, les glaciers alpins remplissaient la plupart des vallées et s’étendaient même dans les plaines

https://vimeo.com/320693650

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Here is a very interesting timelapse video showing the advances and retreats of alpine glaciers during the last ice age. Directed by glaciologist Julien Seguinot, it shows the retreat of glaciers in the Alps for 120,000 years. Based on ice traces taken from the field and a digital model on glacier physics, the video shows the vast expanse of glaciers during the last ice age and their gradual retreat until today. It should be noted that about 25,000 years ago, alpine glaciers filled most valleys and even spread over the plains

https://vimeo.com/320693650

En Suisse, les glaciers Aletsch et du Rhône reculent de façon spectaculaire (Photos: C. Grandpey)

CO2 dans l’atmosphère : Ça continue ! // More and more CO2 in the atmosphere

Ce n’est pas une surprise, mais c’est une mauvaise nouvelle pour le climat et pour les glaciers. Les émissions mondiales de CO2 ont de nouveau augmenté en 2018, tirées par une consommation d’énergie toujours plus forte. C’est ce que viennent de révéler des données publiées par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). Après avoir stagné entre 2014 et 2016, la dynamique a changé en 2017 et 2018. Selon l’Agence, la croissance économique « n’a pas été obtenue grâce à une meilleure efficacité énergétique, les technologies bas carbone ne se sont pas développées aussi rapidement que la croissance de la demande d’énergie », qui a atteint 2,3%, sa plus rapide progression en une décennie. Ainsi l’an dernier, les émissions de CO2 liées à la production et à la combustion de toutes les énergies (pétrole, gaz, charbon, électricité renouvelable, etc.) ont progressé de 1,7% à un niveau « historique » de 33,1 gigatonnes (soit 33,1 milliards de tonnes).

La Chine, l’Inde et les Etats-Unis sont responsables de 85% de cette hausse. Cette progression est en effet essentiellement due à la consommation de charbon en Asie pour produire de l’électricité. La situation est d’autant plus inquiétante pour l’avenir que les centrales à charbon y ont une moyenne d’âge de 12 ans, alors que leur durée de vie est d’environ 50 ans.

A l’inverse, les émissions ont diminué au Royaume-Uni et en Allemagne, du fait de l’expansion des énergies vertes. Elles ont également chuté au Japon, grâce notamment à la remise en service de réacteurs nucléaires. La France a également des résultats encourageants grâce à de bons niveaux de production des barrages hydroélectriques et des centrales nucléaires.

Malgré une croissance à deux chiffres de l’éolien et du solaire, ce sont encore les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) qui ont assouvi l’appétit mondial en énergie. Sa consommation s’est accrue l’an dernier du fait de la croissance économique et des besoins plus importants pour le chauffage et la climatisation dans certaines régions du monde.

Dans la conclusion de son rapport, l’AIE écrit que ces données démontrent une nouvelle fois qu’une action plus urgente est nécessaire sur tous les fronts,  que ce soit le développement des solutions d’énergie propre ou dans le domaine des innovations, notamment dans la capture et le stockage du carbone.

La courbe de Keeling, tracée au vu des concentrations se CO2 au sommet du Mauna Loa (Hawaii), confirme cette hausse des émissions de dioxyde de carbone. Depuis plusieurs semaines elles dépassent le seuil de 410 ppm, ce qui est considérable et inquiétant.

Source : France Info.

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This does not come as a surprise, but it is bad news for the climate and the glaciers. Global CO2 emissions increased again in 2018, driven by ever-increasing energy consumption. This is what has been revealed by data just published by the International Energy Agency (IEA). After stagnating between 2014 and 2016, the situation accelerated in 2017 and 2018. According to the Agency, economic growth « has not been achieved through better energy efficiency, low carbon technologies have not developed as quickly as the growth in energy demand « , which reached 2.3%, its fastest growth in a decade. Last year, CO2 emissions from the production and combustion of all forms of energy (oil, gas, coal, renewable electricity, etc.) increased by 1.7% to a « historic » level of 33,1 gigatonnes (33.1 billion tonnes).
China, India and the United States are responsible for 85% of this rise. This increase is essentially due to the consumption of coal in Asia to produce electricity. The situation is all the more worrying for the future as coal-fired power plants have an average age of 12, while their lifespan is around 50 years.
Conversely, emissions decreased in the United Kingdom and Germany due to the expansion of green energy. They also fell in Japan, partly thanks to the reactivation of nuclear reactors. France also has encouraging results thanks to good production levels of hydroelectric dams and nuclear power plants.
Despite double-digit growth in wind and solar energy, fossil fuels (coal, oil, gas) continued to fuel the global energy appetite. Consumption increased last year as a result of economic growth and increased heating and cooling requirements in some parts of the world.
In the conclusion of its report, the IEA writes that these data demonstrate once again that more urgent action is needed on all fronts, whether the development of clean energy solutions or in the field of innovations, in particular in carbon capture and storage.
The Keeling Curve, drawn in the light of CO2 concentrations at the summit of Mauna Loa (Hawaii), confirms this rise in carbon dioxide emissions. For several weeks they have exceeded the threshold of 410 ppm, which is considerable and worrying.
Source: France Info.

Source: Scripps Institution of Oceanography