Nyiragongo (RDC) : Mise au point // The real situation

Dans une note publiée le 19 octobre 2020, je posais la question « Le Nyiragongo (RDC) à nouveau une menace pour Goma ? » Je relayais en l’occurrence un article publié sur le site web Science. J’écrivais que « Dario Tedesco et ses collègues ont récemment observé le lac de lave et ont déclaré qu’il se remplissait à un rythme inquiétant. Le danger est que, comme en 2002, la lave éventre les parois du cratère et dévale les pentes du volcan. La dernière analyse des données indique que le risque maximal se situera dans 4 ans, même si l’on pense qu’un séisme est susceptible de déclencher une crise éruptive avant cette date. » J’ajoutais que « le réseau de surveillance autour du volcan montre une activité sismique élevée et plusieurs essaims profonds. Cependant, on ne sait pas si ce type d’activité est normal ou inhabituel car on manque de données de comparaison avec l’activité antérieure du volcan. Il convient de noter qu’une période de tremor intense a été enregistrée des mois avant l’éruption de 2002, mais que rien de tel n’est détecté pour le moment. » Donc pas de panique pour le moment.

Comme d’habitude, certains organes de presse se sont empressés de faire du catastrophisme, une tendance très à la mode que l’on a pu observer dans le documentaire « Planète volcans » il y a quelques jours. On a pu lire qu’une éruption du Nyiragongo était « imminente ». Ce n’est pas le cas. Contacté par l’AFP, l’un des scientifiques cités dans l’article a indiqué qu’il faut « être vigilant et surveiller attentivement le volcan à tout moment », mais « il n’y a pas d’éruption imminente« .Que les habitants de Goma se rassurent ; même si le risque éruptif est permanent dans la région où s’agite également le Nyiamuragira, aucune éruption ne semble « imminente » à l’heure actuelle.

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In a post published on October 19th 2020, I asked the question « Nyiragongo (DRC) again a threat to Goma? » « I was relaying an article published on the Science website. I wrote that “Dario Tedesco and his colleagues recently observed the lava lake and said it was filling up at an alarming rate. The danger is that, as in 2002, the lava might burst through the walls of the crater and travel down the slopes of the volcano. The latest data analysis indicates that peak hazard will be in 4 years, although it is believed that an earthquake might trigger an eruptive crisis before that date. » I added that « the surveillance network around the volcano shows high seismic activity and several deep swarms. However, one does not know whether this type of activity is normal or unusual because one lacks comparable, older data. It should be noted that sustained tremor activity was recorded months before the 2002 eruption, but nothing like that is detected for the moment. »   So there is no need to panic for the moment.
As usual, some media outlets rushed to do catastrophism, a very fashionable trend that we saw in the documentary « Planète volcans » a few days agoThey reported that an eruption of Nyiragongo was « imminent ». This is not the case. Contacted by AFP, one of the scientists quoted in the article said that one must « be vigilant and carefully monitor the volcano at all times », but « there is no imminent eruption« . The inhabitants of Goma should be reassured; although the risk of an eruption is permanent in the region where Nyiamuragira is another active volcano. No eruption seems « imminent » these days.

Crédit photo: Wikipedia

Le Nyiragongo (RDC) à nouveau une menace pour Goma? // Nyiragongo (DRC) again a threat to Goma?

Selon un article publié sur le site Science le 13 octobre 2020, le niveau du lac de lave au fond du cratère du volcan Nyiragongo (République Démocratique du Congo) s’élève dangereusement, avec une menace possible pour la ville de Goma.
En 2002, lors de la dernière éruption du Nyiragongo (3470 m), la lave a dévalé les flancs du volcan et est entrée dans la ville de Goma (599 000 habitants), à la frontière entre le Congo et le Rwanda. Environ 250 personnes sont mortes, 20% de la ville a été détruite et des centaines de milliers d’habitants ont fui. Le lac de lave dans le cratère s’est vidangé en quelques heures en donnant naissance à des rivières de lave fluide dont la vitesse atteignait parfois 60 kilomètres à l’heure. Les coulées de lave se sont empilées en couches jusqu’à 2 mètres d’épaisseur à Goma ; elles ont également édifié un nouveau delta de 800 mètres de large dans le lac Kivu.
Dario Tedesco, volcanologue à l’Université Luigi Vanvitelli de Campanie, explique que les conditions sont réunies pour que se produise une autre catastrophe. Il a commencé à observer le volcan au milieu des années 1990, au moment où les réfugiés qui fuyaient le génocide au Rwanda venaient gonfler la population de Goma. Les Nations Unies ont alors sollicité son avis sur les risques posés par le volcan.
Tedesco et ses collègues ont récemment observé le lac de lave et ont déclaré qu’il se remplissait à un rythme inquiétant. Le danger est que, comme en 2002, la lave éventre les parois du cratère et dévale les pentes du volcan. La dernière analyse des données indique que le risque maximal se situera dans 4 ans, même si l’on pense qu’un séisme est susceptible de déclencher une crise éruptive avant cette date.
Venant s’ajouter à ces inquiétudes, l’Observatoire Volcanologique de Goma (GVO), la seule station de surveillance de la région, vient de perdre son soutien financier de la Banque Mondiale. Depuis 2015, cette dernière a octroyé 2,3 millions de dollars à l’observatoire, dans le cadre d’un programme d’aide principalement destiné à reconstruire et protéger l’aéroport de la ville qui a été gravement endommagé lors de l’éruption de 2002. Mais cet apport financier est terminé.
Les volcanologues pensent que le système d’alimentation sous le Nyiragongo est peut-être en passe d’atteindre un point critique, comme il l’a fait avant l’éruption de 2002 et en 1977 auparavant. Dans les deux cas, le niveau du lac de lave s’est stabilisé plusieurs années avant l’éruption, avec la masse de la lave du lac qui  pesait sur le magma en dessous. Les éruptions ne se déclanchent pas tout de suite car le magma prend du temps pour forcer les fractures qui existent dans les parois du cratère. En supposant que le lac de lave cesse bientôt de monter, la période de danger maximal pour Goma pourrait être entre 2024 et 2027, sauf si un événement sismique majeur se produit d’ici là.
Le réseau de surveillance autour du volcan montre une activité sismique élevée et plusieurs essaims profonds. Cependant, on ne sait pas si ce type d’activité est normal ou inhabituel car on manque de données de comparaison avec l’activité antérieure du volcan. Il convient de noter qu’une période de tremor intense a été enregistrée des mois avant l’éruption de 2002, mais que rien de tel n’est détecté pour le moment.
Un problème avec la surveillance du Nyiragongo est le vandalisme, le vol et les dégâts causés par la foudre. Plusieurs sismomètres sont actuellement hors service. Les conflits qui agitent la région rendent les réparations de maintenance dangereuses. Au début de cette année, 13 gardes ont été tués dans une embuscade dans le Parc national des Virunga.
Source: Science.

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According to an article published on the website Science on October 13th, 2020, the lava lake within the crater of Nyiragongo volcano (Democratic Republic of Congo) is rising dangerously, with a possible threat to the city of Goma.

In 2002, the last time Nyiragongo (3470 m) erupted, lava rushed down its flanks and entered the city of Goma (pop. 599,000), on the border between Congo and Rwanda. About 250 people died, 20% of the city was destroyed, and hundreds of thousands fled. The lava lake within the crater drained in a matter of hours, releasing rivers of fluid lava that flowed as fast as 60 kilometres per hour. The lava piled up in layers up to 2 metres thick in Goma and created a new 800-metre-wide delta in nearby Lake Kivu.

Dario Tedesco, a volcanologist at the Luigi Vanvitelli University of Campania, explains that conditions are ripe for another disaster. He began to watch the volcano in the mid-1990s, when refugees, fleeing the genocide in nearby Rwanda, swelled Goma’s population. The United Nations sought his advice on the dangers of the volcano.

Tedesco and his colleagues have recently observed the lava lake and declared it is filling at an alarming rate. The danger is that, like in 2020, lava might burst through the crater walls and travel down the slopes of the volcano. The last analysis suggests peak hazard will arrive in 4 years, although it is believed an earthquake could trigger a crisis earlier.

Adding to the worries, the Goma Volcano Observatory (GVO), the only monitoring station in the region, is losing its financial support from the World Bank. Since 2015, the World Bank has given the observatory $2.3 million, as part of an aid package primarily intended to rebuild and protect the city airport, which was seriously damaged in the 2002 eruption. But that project has ended.

Volcanologists believe the feeding system beneath Nyiragongo may be reaching a critical point, as it did before the 2002 eruption and an earlier one in 1977. In both cases lava lake levels stabilized several years before the eruption as the mass of boiling lava weighed down on the magma below. The eruptions lagged because magma takes time to force open existing fractures. Supposing the lava lake stops rising soon, the period of peak danger for Goma might be from 2024 to 2027, unless a major seismic event occurs before..

The seismic network around the volcano shows high earthquake activity and several deep swarms. However, one does not know how unusual the activity is because one lacks comparable, older data. It should be noted that sustained tremor activity was recorded months before the 2002 eruption, but nothing like that is detected for the moment..

A problem with the monitoring of Nyiragongo is vandalism, theft, and lightning damage. Several seismometers are currently out of action. The civil unrest in the region makes repairs dangerous. Earlier this year 13 park rangers were killed in an ambush in the surrounding Virunga National Volcano Park.

Source: Science.

Crédit photo : Wikipedia

Le lac de lave du Nyiragongo (République Démocratique du Congo // The lava lake at Nyiragongo Volcano (DRC)

Le Nyiragongo fait partie des volcans les plus actifs au monde et il possède un lac de lave permanent. Lors d’une conférence à la réunion annuelle de la Seismological Society of America en mai 2018, des scientifiques ont présenté les différentes méthodes de surveillance du niveau du lac de lave.
Les chercheurs analysent les signaux sismiques et infrasonores générés par le volcan ainsi que les données recueillies par les satellites pour mesurer les fluctuations du niveau du lac de lave du Nyiragongo. Lors de l’éruption de 2002, qui a provoqué une crise humanitaire majeure, le lac s’est vidangé et la profondeur du gouffre laissé par l’évacuation de la lave a été estimée entre 600 et 800 mètres. Environ quatre mois après l’éruption, le cratère a recommencé à se remplir de nouveau. De nos jours, le plancher du cratère se trouve à environ 400 mètres en dessous de la lèvre et le lac de lave reste à un niveau élevé.
Le niveau du lac de lave est, entre autres, lié aux variations de pression à l’intérieur du système magmatique sous le volcan. En ce sens, le lac de lave représente une fenêtre sur ce système magmatique et les fluctuations de son niveau fournissent des informations sur les variations de l’alimentation.
Différentes techniques sont utilisées pour observer le lac de lave. Les données sismiques et infrasonores, collectées en continu, permettent aux chercheurs de mesurer les variations de pression dans l’activité magmatique. Au cours des dernières années, les nouvelles technologies ont permis à l’Observatoire Volcanologique de Goma de mettre en place l’un des systèmes de surveillance télémétrique en temps réel les plus performants d’Afrique. Grâce aux techniques de traitement modernes, ces nouvelles bases de données offrent des possibilités sans précédent pour étudier le comportement de ce système magmatique unique. En plus des données sismiques et infrasonores, les scientifiques utilisent les images radar à synthèse d’ouverture (RSO) à haute résolution capturées par des satellites lors de leur passage au-dessus du volcan pour mesurer directement les variations de niveau du lac de lave. Ces images mesurent la longueur de l’ombre projetée par le bord du cratère sur la surface du lac, ce qui permet de calculer la profondeur de la lave.
Source: Science Daily.

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Nyiragongo is among the world’s most active volcanoes, with a persistent lava lake. In a talk at the 2018 Seismological Society of America annual meeting, there was a discussion about the multiple methods to monitor lava lake levels at the volcano.

The researchers analyze seismic and infrasound signals generated by the volcano as well as data collected during satellite flyovers to measure Nyiragongo’s lake level fluctuations. During the eruption in 2002, which caused a major humanitarian crisis, the lava lake was drained and the depth of the remaining crater was estimated between 600 and 800 metres. About four months after the eruption, the crater started filling up again. Nowadays, the inner crater floor is about 400 metres below the rim and the lava lake remains at high level.

The lava lake level is, among other things, related to the variations of the pressure inside the magmatic system underneath the volcano. In that sense, the lava lake represents a window into the magmatic system, and its level fluctuations provide information on the recharge and drainage of the magmatic system.

Different techniques are used to observe the lava lake. The seismic and infrasound data, collected continuously, help researchers gauge pressure changes in magmatic activity. Over the past few years, new technologies allowed the Goma Volcano Observatory to deploy one of the densest modern real-time telemetered monitoring systems in Africa. Combined with modern processing techniques, these newly acquired datasets provide unprecedented opportunities to investigate the behaviour of this unique magmatic system. In combination with seismic and infrasound data, the scientists are using high resolution synthetic-aperture radar (SAR) images captured by satellites passing over the volcano to directly measure the rise and fall of the lava lake level. These images measure the length of the shadow cast by the crater’s edge on the lava lake surface, which can be used to calculate the lava depth.

Source : Science Daily.

Lac de lave du Nyiragongo (Crédit photo: Wikipedia)

Nyiragongo, voyages au centre de la Terre

Mardi soir, la chaîne de télévision USHUAIA TV diffusait le documentaire « Nyiragongo, voyages au centre de la Terre », réalisé par les amis Régis Etienne et Olivier Grünewald. Les volcanophiles doivent absolument regarder ce film ; c’est un petit bijou qui montre le volcan congolais dans toute sa force et sa splendeur. Les images sont superbes, de jour comme de nuit, avec des séquences époustouflantes. J’ai apprécié les hommages rendus aux regrettés Haroun Tazieff et Jacques Durieux qui ont permis de mieux faire connaître le Nyiragongo. Les mesures scientifiques effectuées depuis la lèvre ou à l’intérieur du cratère seront précieuses pour mieux comprendre le comportement du volcan. Même si elles ont été mentionnées, je pense que les fractures qui tranchent les flancs du Nyiragongo auraient mérité qu’on s’y attarde davantage. En effet, ce sont elles qui s’ouvriront lorsqu’elles ne pourront plus supporter la pression de la lave à l’intérieur de l’édifice volcanique. Dans une telle situation, la ville de Goma sera de nouveau en très grand danger. Pour ce qui est d’une couche de gaz qui expliquerait les variations brutales du niveau du lac de lave, je suis personnellement assez réservé. Le système d’alimentation du Nyiragongo et de son voisin Nyamulagira (également mentionné dans le documentaire) est encore mal connu. De nouvelles observations dans les prochaines années, associées aux nouvelles technologies, nous permettront peut-être de percer les secrets de ces deux volcans.
Vous trouverez les rediffusions du film à cette adresse :
http://www.ushuaiatv.fr/programmes/nyiragongo-voyages-au-centre-de-la-terre-33194

Nyiragongo-blog

Crédit photo: Wikipedia

Le Nyiragongo (République Démocratique du Congo): Un secteur à éviter

Il ne fait pas bon se rendre dans le secteur du Nyiragongo en ce moment. Les combats se poursuivent  au nord de Goma, entre les rebelles du M23 et l’armée régulière alors que les Nations unies ont prévenu qu’elles interviendraient en cas de menace sur la ville.

Ces affrontements se déroulent depuis dimanche après-midi à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma, autour des villages de Mutaho et de Kibati.

Lundi midi, le porte-parole du gouvernement avait assuré à la presse que l’armée avait « infligé de très lourdes pertes » aux rebelles. Selon lui, 120 rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) et 10 soldats avaient été tués.

Le Ministère des Affaires Etrangères confirme la dangerosité de la situation dans un communiqué en date du 16 juillet. On peut lire que « la situation étant dangereuse et volatile, il est fortement recommandé aux ressortissants français d’éviter tout déplacement au Nord-Kivu et pour ceux qui s’y trouveraient de ne pas quitter Goma. Pour rappel, l’Est de la RDC figure en zone rouge, formellement déconseillée. »

Nyiragongo (République Démocratique du Congo): le volcan n’est pas la seule menace // The volcano is not the only threat

drapeau francais   On en parle peu, mais la situation reste tendue et précaire à Goma, au pied du Nyiragongo. Le plus grave, c’est que le conflit armé et le groupe de rebelles M23 empêchent les scientifiques de contrôler l’activité du volcan. Les appareils de mesures ont été pillés par les groupes armés et tout le secteur autour du Nyiragongo a été déclaré zone interdite par les rebelles qui défendent leur position stratégique au-dessus de Goma.

Il ne faudrait pas oublier non plus le Lac Kivu et ses énormes quantités de méthane et de CO2. On sait qu’une activité sismique importante ou l’arrivée de la lave du Nyiragongo dans le lac pourraient générer une catastrophe. On a vu, au cours de la dernière éruption, que la lave pouvait faire exploser les stations-service auxquelles s’ajouteraient aujourd’hui les dépôts de munitions.

Si une éruption du Nyiragongo devait se produire, les autorités pensent que, dans le pire des cas, il faudrait évacuer les deux tiers de Goma. Un système de drapeaux (vert, rouge) a été mis en place dans ce but. Pourtant, les habitants ne font pas confiance à l’observatoire et disent qu’ils devront se débrouiller seuls si une éruption devait avoir lieu. Ils rappellent que la dernière éruption avait été annoncée par certains signes. Par exemple, la bière faite avec les bananes fermentait plus vite qu’à l’accoutumée car le sol était plus chaud. D’autre part, des enfants avaient été asphyxiés par des gaz toxiques. Les habitants de Goma ne font pas confiance non plus au gouvernement congolais. Comme le dit la propriétaire du Volcano Hotel dont le rez-de-chaussée a été envahi par la lave de la dernière éruption : « Gouvernement ? Quel gouvernement ? Il n’y a pas de gouvernement dans ce pays ! »

Source : Agence Reuters.

 

 

drapeau anglais   Little is said about it but the situation remains quite tense and uncertain in Goma, close to Nyiragongo. Even more serious, the armed conflict and the M23 rebel group prevent scientists from monitoring the volcano. Measuring instruments have been looted by the armed groups and the whole area around Nyiragongo is off-limits as rebel fighters defend their strategic positions overlooking Goma.

Lake Kivu should not be forgotten either with its enormous quantities of methane and carbon dioxide. Experts say seismic activity could release that into the atmosphere and cause a human disaster. During the last eruption, lava caused the explosion of service-stations and there are today more ammunition depots.

Should an eruption of Nyiragongo occur, the authorities think that in the worst case scenario, they would have to evacuate around two-thirds of Goma’s inhabitants. Community networks and a flag system – green for safe, red for evacuation – have been put in place for that purpose. However, the inhabitants do not trust the observatory and they say they will have to fend for themselves if an eruption happens. They remember that before the last eruption there were signs around the volcano that something was going to happen. Villagers found their banana beer fermenting far more quickly because of raised ground temperatures and some children were asphyxiated by poisonous gases. People in Goma do not trust the Congolese government either. Says the owner of the Volcano Hotel whose groundfloor was invaded by lava during the last eruption: « State, what state? The situation in this country is we don’t have a state. »

Source: Agence Reuters.

Nyiragongo-blog

Le lac de lave du Nyiragongo  (Avec l’aimable autorisation de Wikipedia)