Si on parlait des camions électriques !

Aujourd’hui, les annonces publicitaires concernant les véhicules électriques inondent radios et télévisions. Toutefois, ces annonces ne concernent que les voitures, jamais les camions. (On remarquera que le prix initial de la voiture n’est jamais communiqué, seulement le montant des mensualités à payer; c’est tout dire sur la somme à débourser pour acheter une voiture électrique!)  Ce sont pourtant les poids lourds qui occasionnent la plus grande partie de la pollution et donc d’émissions de gaz à effet de serre sur nos routes. Mais aucune publicité les concernant!

Il existe des camions électriques. C’est ce que vient de démontrer une petite PME d’Indre-et-Loire qui vient de s’équiper d’un camion électrique pour effectuer des livraisons dans la région, sur des distances ne dépassant pas quelques dizaines de kilomètres, étant donné que l’autonomie maximale de ce camion de livraison est de de 300 km. Il a coûté 325 000 euros à l’entreprise d’Indre-et-Loire, dont 50 000 d’aides de l’État. Pour l’instant, la PME possède un seul camion électrique sur les 38 que compte l’entreprise.

Source : France Info.

Le développement des camions électriques serait une bonne solution pour la préservation de la planète. Selon l’article de France Info, en théorie, un camion électrique génère six fois moins de gaz à effet de serre qu’un diesel. À noter qu’aucune mention n’est faite des batteries au lithium dont l’extraction pose de gros problèmes environnementaux.

Une firme comme Tesla propose des tracteurs pour semi-remorques avec une autonomie théorique de 800 km qui dépend, évidemment, de la charge à tracter et de différents paramètres (relief du parcours, vitesse, chauffage, etc). Si l’on reprend le chiffre cité plus haut, il est facile de calculer l’investissement financier que demanderait une flotte électrique comprenant plusieurs dizaines de semi-remorques ! Sans compter que les batteries ne sont pas éternelles. Ce n’est probablement pas demain que l’on verra les gros transporteurs internationaux basculer en grand nombre vers l’électrique. Cela suppose aussi que l’électricité soit propre, donc produite par des sources d’énergie renouvelable… !

Tesla Semi (Source: Tesla)

Points de non-retour climatiques // Climate tipping points

En raison du réchauffement climatique, la température de la planète augmente à un rythme encore jamais vu, mais il peut être difficile de savoir exactement si, où, comment et quand nous atteindrons le point de non-retour tant redouté par les scientifiques, même si ce point de basculement a probablement été atteint dans certains endroits du globe. Une agence de recherche britannique est en train de mettre au point un système qui permettrait de déterminer ce point et nous empêcher de le dépasser.
L’Agence de recherche et d’invention avancées – Advanced Research and Invention Agency (ARIA) – vient de lancer un programme « moonshot » d’une valeur de 106 millions de dollars pour développer un système d’alerte précoce permettant de savoir à quel moment la Terre se rapproche d’un point de non-retour climatique qui aurait des répercussions durables sur tout ce qui se trouve sur la planète.
Le système d’alerte est conçu pour se concentrer sur deux régions clés. La première est la calotte glaciaire du Groenland qui ferait monter considérablement le niveau de la mer si elle continuait à fondre. L’autre est l’affaiblissement du gyre de l’Atlantique Nord, un grand courant qui tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre au sud du Groenland. Les scientifiques pensent que ce courant a joué un rôle dans le Petit âge glaciaire au 14ème siècle, avec de nombreuses répercussions environnementales. (Voir mon article du 27 novembre 2024 sur la mer d’Irminger)
Au cours du plan quinquennal proposé par le programme, l’équipe scientifique espère réduire l’incertitude quant au moment où les points de non-retour pourraient se produire, leur impact et leurs effets à long terme. En développant ces systèmes d’alerte, les chercheurs « pourraient être en mesure de changer la façon dont nous concevons le réchauffement climatique et notre façon de nous y préparer ».
Le développement de ce type de programme, s’il réussit, sera d’une grande aide pour sensibiliser aux effets du réchauffement climatique et rétablir un certain équilibre avant que la situation ne s’aggrave trop. Les scientifiques ont déjà tiré la sonnette d’alarme sur l’impact de la montée du niveau des océans. Début 2024, ils ont alerté sur un événement d’extinction dans les Keys de Floride avec la disparition du cactus arbre de Key Largo (Key Largo Cactus Tree).

Source: MIT Technology Review.

Gyre de l’Atlantique Nord (Source : ESA)

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Because of global warming, global temperatures are rising at an accelerated rate, but it can be hard to know exactly where, how, and when we will hit the feared point of no return, although this tipping point has probably been reached in some places. A United Kingdom research agency is developing a system to help determine that point and hopefully prevent us from going past it.

The Advanced Research and Invention Agency (ARIA) has just launched a « moonshot » program worth $106 million to develop early warning systems to alert when the Earth gets close to a climate tipping point, which would have ongoing impacts for everything on the planet.

The warning system is designed to focus on two key areas. The first is the Greenland Ice Sheet, which would dramatically raise sea levels if it continued to melt. The other is the weakening North Atlantic Subpolar Gyre, a large current that spins counterclockwise south of Greenland. Scientists believe that current played a part in the Little Ice Age in the 14th century, which had a wide array of environmental impacts. (See my post of 27 November 2024 about the Irminger Sea)

Over the program’s proposed five-year plan, the scientific team hopes to reduce uncertainty about when these tipping points could happen, their impact, and their long-term effects. By developing these warning systems, the researchers  » might be able to change the way that we think about climate change and think about our preparedness for it. »

Developing this kind of program, if successful, will be a huge help in raising awareness about the effects of an overheating planet and hopefully bringing things back into balance before it progresses too far. Scientists have already sounded the alarm on the impact of rising sea levels, announcing earlier in 2024 that an extinction event has already occurred in the Florida Keys with the loss of the Key Largo tree cactus.

Source : MIT Technology Review.

https://www.technologyreview.com/

Construction d’une route dans la lave encore incandescente // Building a new road through the still glowing lava

Comme je l’ai déjà indiqué, la lave de la dernière éruption a recouvert la Grindavíkurvegur ou Route 43, une route de 14 kilomètres qui va de Reykjanesbraut à Vogastapi, en passant par Seltjörn et Svartsengi, avec un col entre Þorbjarn et Hagafell, avant de se terminer au port de Grindavik. Cette route est l’une des plus fréquentées du réseau routier islandais, car elle dessert non seulement Grindavík mais aussi le Blue Lagoon. Selon les chiffres de l’administration routière islandaise, environ 5 000 voitures ont circulé sur cette route quotidiennement en 2023.
Les travaux de construction d’une nouvelle Grindavíkurvegur ont commencé le 27 novembre 2024. C’est la quatrième fois que ce tronçon de route est recouvert par la lave depuis le début de l’éruption en novembre 2023.
Cette fois, la Grindavíkurvegur sera légèrement déplacée et l’ancienne route sera destinée aux « touristes qui veulent s’arrêter pour former un cercle autour de la lave ».
Un tronçon de 600 mètres doit être dégagé pour relier la route. Il faudra probablement environ deux semaines pour remettre la route en état, mais on ne sait pas quand son accès sera ouvert au public. Une dizaine de kilomètres de route ont été recouverts par la lave depuis le début du cycle éruptif. Des morceaux de lave encore incandescents sont encore visibles dans les matériaux dégagés par les engins, mais un ingénieur technicien explique que les Islandais ont acquis une expérience considérable dans l’évaluation de situations comme celle-ci. Il explique aussi que « ce sont principalement les gros blocs qui sont encore très chauds. La partie la plus longue du parcours est constituée de lave meuble, facile à déplacer. « C’est seulement la partie supérieure de la coulée de lave qui est difficile à travailler ; derrière elle, la lave est beaucoup plus lisse et plus facile à traverser. Même si la Grindavíkurvegur sera opérationnelle, cela ne signifie pas qu’elle sera immédiatement ouverte à la circulation. C’est une autre discussion qui devra avoir lieu le moment venu. »
Source : Iceland Monitor.

Que ce soit en Alaska ou en Islande, j’ai toujours admiré la réactivité des populations nordiques face à des environnements souvent hostiles. Dotés d’équipements puissants, ces gens n’hésitent pas à faire face aux éléments, que ce soit sur terre ou en mer.

C’est du brutal ! (Crédit photo : Iceland Monitor)

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As I put it before, lava from the last eruption covered the Grindavíkurvegur or Highway 43, a 14-kilometer-long highway that runs from Reykjanesbraut at Vogastapi, past Seltjörn and to Svartsengi, through a pass between Þorbjarn and Hagafell to Grindavík, where the highway ends at the harbor. The road has been among the busiest roads in the Icelandic road system, serving not only Grindavík but also the Blue Lagoon. According to figures from the Icelandic Road Administration, around 5,000 cars traveled on the road per day in 2023.

The construction of a new Grindavíkurvegur has begun. Contractors began work on it on November 27th, 2024. This is the fourth time this section of road has been laid over lava since the eruption started in November 2023.

This time, the Grindavíkurvegur will be moved slightly and the old road will be used “ for those tourists who want to stop to form a circle around the lava.”

A 600-meter section must be cleared to reconnect the road. It will probably take about two weeks to bring the road into usable condition, but it is uncertain when it will be possible to provide public access. About 10 kilometers of roads have been laid through lava since the eruption cycle began. Red-hot lava chunks can still be seen in the material being cleared, but people have gained considerable experience in assessing situations like this. A geotechnical engineer explains that “ it is primarily larger blocks that are hot. The longest part of the route is the loose lava bed. It is only this ridge that we are going through now that is high, but behind it, the lava is much smoother and easier to cross. Although the Grindavíkurvegur will be ready, it does not mean that it will immediately open to general trafic. That is another discussion that needs to be had when that time comes.”

Source : Iceland Monitor.

Whether in Alaska or Iceland, I have always admired the reactivity of Nordic populations in the face of often hostile environments. Equipped with powerful equipment, these people do not hesitate to face the elements, whether on land or at sea.

Neige, espèce en voie de disparition

Quand j’étais jeune adolescent dans ma Creuse natale, tous les hivers étaient blancs, avec une couche de neige pouvant atteindre plusieurs dizaines de centimètres. Les bonshommes de neige étaient légion. Je n’habitais pourtant pas sur le Plateau de Millevaches, mais en zone de basse altitude dans le nord-ouest du département. À l’École Primaire, les ‘grands’ en classe de Certificat d’études faisaient des glissades dans la cour de l’école, mais leur accès était strictement interdit par les instituteurs aux autres écoliers. Aujourd’hui, ce genre de divertissement a disparu et les professeurs des écoles qui l’autoriseraient risqueraient fort de se faire taper sur les doigts, avec le risque d’une mise en examen !

Météo-France vient ENFIN de reconnaître que « les paysages d’hiver couverts de neige en plaine deviennent une vision de plus en plus rare en France. Depuis environ une dizaine d’années, les épisodes de neige en plaine se font nettement moins nombreux et, lorsqu’ils ont lieu, ils sont souvent de courte durée.) Le graphique ci-dessous montre que le déclin de la neige en plaine a commencé vers 2010. Il faut toutefois se méfier des statistiques globales, car l’enneigement peut varier fortement d’une région de plaine à une autre.

 

Source : Météo-France

Selon Météo-France, « la chute de l’enneigement en plaine est en partie liée à l’augmentation des températures moyennes, une conséquence directe du changement climatique qui affecte notre pays. » Personnellement, je retirerais ‘en partie’ et je parlerais de ‘réchauffement climatique’ plus que de changement. On sait que Météo-France a mis longtemps à admettre, du bout des lèvres, l’existence du réchauffement climatique d’origine anthropique.

Le dernier hiver rigoureux accompagné d’épisodes neigeux significatifs a eu lieu en décembre 2010,

 

Neige en Limousin le 4 décembre 2021 (Photo : C. Grandpey)

Depuis, les hivers enneigés en plaine sont devenus exceptionnels et se limitent souvent à un ou deux épisodes de faible intensité où la neige ne tient généralement que quelques heures, comme ce fut le cas dans la moitié nord de la France il y a quelques jours, alors que la moitié sud bénéficiait de températures remarquablement douces, voire chaudes, pour la saison.

Météo-France ajoute : « Même si une forte variabilité entre les années continue d’être observée, les épisodes de neige en plaine, bien qu’encore présents, deviennent de plus en plus rares et éphémères, ne durant majoritairement que quelques heures. » On pourrait ajouter qu’il en va de même en montagne où les stations de sports d’hiver de basse et moyenne altitude ont intérêt à très rapidement diversifier leurs activités si elles ne veulent pas mettre la clé sous la porte.

Météo-France admet enfin que cette évolution est directement liée à l’augmentation des températures moyennes due au réchauffement climatique. « Pour que la neige puisse tomber en plaine, des conditions de froid sont requises, autant en altitude, qu’au sol. Avec des températures qui tendent à être de plus en plus douces, il devient davantage difficile d’atteindre ces conditions. »

Bien sûr, il peut y avoir des ratés et un hiver rigoureux peut venir s’intercaler entre deux saisons relativement chaudes, mais globalement, il faut s’attendre à voir la neige disparaître totalement en plaine. Selon Météo-France, « les projections climatiques indiquent une réduction continue de la durée d’enneigement en plaine d’ici à la fin du XXIe siècle. En fonction des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre, la durée d’enneigement pourrait diminuer de plusieurs semaines, voire devenir quasi inexistante dans certaines régions. » La baisse de ces émissions n’étant pas à l’ordre du jour, il faut s’attendre à voir une diminution régulière des chutes de neige aussi bien en plaine qu’en montagne.

Avec la disparition de la neige, la hausse des températures et l’humidification de l’atmosphère, les épisodes pluvieux deviennent de plus en plus intenses, avec le risque d’inondations, comme on l’a vu ces derniers mois dans plusieurs régions de France.

Météo-France fait très justement remarquer que la baisse de l’enneigement en plaine pose des questions sur notre rapport à l’hiver et a des répercussions économiques et écologiques importantes : tourisme hivernal, recharge des nappes phréatiques et conséquences sur la disponibilité en eau douce, particulièrement lors des périodes de sécheresse estivale.

Il ne fait guère de doute que les souvenirs d’hivers blancs sont en train de se transformer progressivement en images rares .Les prochaines générations devront se contenter des photos laissées par leurs parents et grands-parents pour admirer les beaux paysages du Limousin sous la neige…