Coup de chaud à Chamonix (Haute Savoie)

Vous avez des doutes sur le réchauffement climatique ? Vous faites partie des climato-sceptiques ? Alors, un conseil : allez à Chamonix, au pied du Mont Blanc, et vos doutes seront levés. La douceur de l’hiver est en train de devenir exceptionnelle et elle commence à inquiéter les scientifiques. Un record a de nouveau été atteint cette année. Un météorologue de Météo France indique qu’au plus froid de l’hiver la température minimale a été de seulement -8.3°C. Sur novembre, décembre, janvier, le mercure n’est jamais descendu sous la barre des -10°C, une situation jamais observée auparavant.

Le graphique publié par Météo France (voir ci-dessous) est très révélateur. Depuis 1944, Météo France mesure le nombre de jours avec des températures inférieures ou égales à -10°C. Pour l’instant, en 2019-2020, il n’y en a aucun. Le précèdent record était détenu par l’hiver 1995-1996 ; entre le 1er octobre et le 31 janvier, les -10°C avaient alors été atteints à quatre reprises.

Par ailleurs, on comptait 42 journées avec des températures inférieures à -10°C entre octobre 1962 et janvier 1963. En moyenne, entre 1981 et 2010, la température chutait sous -10°C 19 jours par an. Depuis 2011, aucun hiver n’a dépassé cette moyenne. La tendance est clairement au réchauffement !

Il ne faudrait pas oublier que Chamonix se trouve à quelques encablures de glaciers comme les Bossons et le Taconnaz. La Mer de Glace n’est pas très loin. Il est facile d’imaginer les effets de ces températures anormales sur les rivières de glace.

Chamonix est aussi le point de départ du téléphérique pour accéder à l’Aiguille du Midi où la fonte du permafrost de roche a récemment fait s’écrouler un pan entier de l’Arête des Cosmiques. 300 à 400 m3 de roches sont partis dans le vide le 22 août 2018. Les assises des pylônes qui supportent les câbles du téléphériques sont contrôlées très régulièrement et tout s’arrêterait à la moindre alerte.

Graphique montrant le nombre de jours où la température a été inférieure ou égale à -10°C entre le 1er octobre et le 31 janvier à Chamonix sur la période 1944-2020 (Source : Météo France)

On va avoir soif cet été !

Je suis toujours surpris de voir les présentateurs des bulletins météo se réjouir quand une longue période de grand beau temps se profile à l’horizon, alors que nous traversons en Limousin une période de sécheresse qui risque de se prolonger au cours des prochains mois.

N’ayez pas la mémoire courte ! L’automne et l’hiver 2017-2018 avaient été copieusement arrosés et, malgré cela, la chaleur de l’été 2018 commençait à poser des problèmes. Le niveau du lac de Vassivière avait beaucoup baissé car il fallait compenser le faible débit de la Vienne pour refroidir les réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux. Comme on le dit volontiers dans notre région, il faut mille vaches pour alimenter six veaux….

Voici les chiffres de pluviométrie fournis par la station météo de Limoges-Bellegarde pour la période octobre 2017 – mars 2018 d’une part, et pour la période octobre 2018 – mars 2019 d’autre part. Vous allez vite réaliser pourquoi je sui pessimiste.

Octobre 2017 : 38,7 mm  / Octobre 2018 : 31,1 mm

Novembre 2017 : 89,7 mm  /  Novembre 2018 : 74,3 mm

Décembre 2017 : 141,1 mm  /  Décembre 2018 : 132,2 mm

Janvier 2018 : 195,7 mm  /  Janvier 2019 : 82,3 mm

Février 2018 : 66,8 mm  / Février 2019 : 38,8 mm

Mars 2018 : 137,8 mm  /  Mars 2019 : 68,3 mm

Par rapport à la période précédente, nous sous trouvons actuellement avec un déficit de 242,8 mm, ce qui est considérable.

Lorsqu’il a plu ces derniers temps, le niveau des ruisseaux a rebaissé très vite, ce qui montre que les sources n’ont pas un débit abondant. Cette situation a été confirmée par les agriculteurs qui craignent des semaines difficiles pour leur bétail.

Les climatologues misent sur un été 2019 chaud car El Niño a refait surface dans le Pacifique oriental. Cette situation génère en général des étés chauds en Europe occidentale.

Contrairement aux idées reçues, le Limousin et son Plateau de Millevaches (mille sources) ne sont pas un immense château d’eau. Les ressources sont superficielles et de plus en plus fragiles, notamment à cause des sécheresses à répétition. Les autorités locales commencent à se poser des questions sur les solutions à adopter pour faire face à une pénurie d’eau dans les années à venir.

Une solution pourrait être d’interconnecter les différents réseaux d’eau ou bien procéder à de nouveaux captages. On se rend compte aujourd’hui que le réseau d’eau est vétuste et demande à être modernisé afin de réduire les pertes. Certains suggère la mise en place de nouvelles réserves, voire un nouveau barrage.

Le temps presse. Les effets du changement climatique se font déjà sentir en Limousin et en Creuse en particulier. Alors que le mois d’avril n’a pas encore commencé, le département a été placé par la préfecture en vigilance sécheresse il y a une dizaine de jours.

Source : Météo France, presse locale.

Relevés de la station météo de Limoges-Bellegarde pour le mois de mars. On remarque le très net déficit pluviométrique.